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Permanent Vacation : Le retour de l'été sans fin

Posté par Maxence le 31.12.07 à 14:48 | tags : disco, électro, label, myspace, soul

"Le retour de l'été sans fin", quel drôle de titre pour une chronique écrite au cœur de l'hiver ! Et bien justement, oublions un peu l'hiver et profitons des moments que nous passons tous un peu plus longtemps sous la couette pour nous remémorer les merveilleux instants d'oubli et de détente vécus cet été. Il faut dire que l'invitation ne vient pas de moi mais de Permanent Vacation le sympathique label autrichien à qui l'on doit Miss Diamond To You, le bel album de Kathy Diamond produit par Maurice Fulton en juin dernier (encore un que vous aviez oublié, allez, avouez !). Pas très loin des émanations psychédélico-balnéaires de Lindstrom ou Prins Thomas, nos vikings disco favoris, assez proches aussi des arômes italo 80 de Glass Candy ou The Chromatics du label Italians do it Better, ce volume 2 de Permanent Vacation s'amuse avec les clichés nostalgiques souvent attachés à la fin de l'été, et mieux encore, aux souvenirs que l'on en garde les premiers froids venus. Ici les bribes de synthétiseurs nous parviennent de loin, comme portées par le vent, tandis que le rythme se fait nonchalant, comme alangui après une trop longue exposition à l'astre du jour. Un voile de brume s'élève, on peut y aller, car cette compilation est une vraie invitation au voyage.

 

Tout commence par des vagues bien sûr, un ressac qui introduit le très pop et romantique "On the Beach" (rien à voir avec Neil Young ici, quoique) de l'Anglais Nick Nicely, promoteur d'une pop psychédélique largement influencée par le modèle The Beatles/The Byrds/Syd Barrett. Si ces tendances clairement affichées sur son profil myspace sont évidentes à la première écoute, Nicely qui porte décidément bien son nom, nous offre pourtant avec "On the Beach" un morceau aérien beaucoup plus électro, qui évoque autant Dennis Wilson (le "Beach Boys maudit") qu'une version beaucoup plus 80 d'un été sans fin vocoderisé. Si je m'étends un peu sur ce morceau c'est qu'il introduit merveilleusement cette compilation nonchalante toute de douceur et de groove balearic. Et de fait, suivent une douzaine de morceaux languides au groove liquide, ou gazeux c'est selon, portée parfois par un accord de guitare ou un pied house un peu plus énergique ("Flamingo" de Tomboy, "Losing The Will to Survive" de Findlay Brown, sont de bons exemples) mais l'ensemble reste toujours rêveur et estival (Michoacan - "Walk Away", Home Video - "Penguin", Only Fools and Horses - "Spectacle Wins") pour ne pas dire caribéen (Bostro Pesopeo - "Bisogna"), tandis que certains morceaux vocaux viennent ajouter une touche italo new wave (les désormais incontournables Glass Candy et leur "Rolling Down The Hill", "In The Morning" de Junior Boy remixé par Hot Chip) ou electro pop, du meilleur effet à l'ensemble ("Coming Up For Air" de Parker Lewis). Le plus étonnant étant ce remix de "Kindling For The Master" de l'ex-Pavement Stephen Malkmus* par Hot Chip, décidément très présent. Une incontestable réussite et un pur moment de bonheur, Permanent Vacation 2, c'est vraiment l'été en plein hiver !

 

*Malkmus dont on apprend qu'il sort donc un maxi de nu electro disco aux côtés de The Empereur Machine, Hot Chip et Polmo Polpo !

Permanent Vacation 2 selected and mixed by Tom Bioly & Benji Frölich (Permanent Vacation/Nocturne)

http://www.myspace.com/permanentvacationrecords




Radiohead : L'Empereur Est Nu ?

Posté par 2goldfish le 31.12.07 à 11:34 | tags : rock, web

Aujourd'hui In Rainbows de Radiohead vient de sortir en CD chez nous et, à minuit, alors que nous ferons probablement presque tous autre chose, sur Radiohead.tv le groupe jouera l'intégralité de l'album live dans leur studio d'Oxford...en differé, bien sûr, comme Arthur sur TF1 parce qu'eux aussi ont mieux à faire. Il est temps pour un petit retour de bâton non ?

 

Alors que le CD est maintenant disponible dans le supermarché le plus près de chez vous, que tout le monde ou presque a placé In Rainbows dans son top de fin d'année au moins par prudence ou pour saluer le "geste" de Thom et ses amis, que devient la petite aventure du "It's Up To You" ? Eh bien elle disparaît. Si vous voulez In Rainbows maintenant, vous payez une quinzaine d'euros pour un CD ou une dizaine pour des mp3 sur iTunes. Viva La Revolucìon !

 

L'initiative de Radiohead n'était pas de nous faire payer ce que nous voulions pour son dernier album mais plutôt de faire casquer les fans pour le leak. Pourquoi pas après tout... Il aurait juste fallu prévenir avant, comme pour le coup des 160 kbps : les fans hardcore qui ont payé le prix fort pour ce qu'ils croyaient être le véritable nouvel album de leur groupe préféré devraient l'avoir mauvaise maintenant qu'ils vont devoir payer pour un second CD de bonus pas génial (paraît-il) et une qualité audio plus correcte. Sauf que Radiohead cultive sa mystique, Radiohead a le culte du secret et ne communiquera pas non plus les résultats de l'expérience. "C'est comme notre linge sale" confiait Yorke à David Byrne chez Wired. Dommage pour les groupes qui souhaiteraient les imiter, ils vont devoir se lancer à l'aveuglette.

 

Rien de tout ça n'est si grave, juste regrettable. L'important, c'est la musique, non ?

Depuis le 10 Octobre le net me semble pris de folie. D'un côté, le monde entier qui semble amoureux de In Rainbows, de l'autre moi et toutes les personnes que je connais réellement en vrai qui sommes loin d'être impressionnés. Pourquoi ne lit-on que l'avis de ces personnages probablement fictifs ? Je ne reviendrais pas sur un album déjà traité sur Playlist en temps normal mais après trois mois de ce régime, je me dis qu'il est temps de parler pour nous, les schtroumfs grognons.

 

Moi aussi j'ai plutôt bien aimé l'album aux premières écoutes. Je tapais sur mon clavier en l'écoutant distraitement et ses textures m'ont plutôt plu. Puis je suis monté dans un train avec l'album dans les oreilles et rien d'autre à faire que l'écouter attentivement. Un album comme ça méritait une véritable écoute sérieuse, tout de même. Qu'ai-je entendu ? Rien. Rien de plus que ces jolies ambiances que l'écoute distraite m'avait révélées. Des paroles cryptiques et surtout vides marmonnées ou gémies avec le même désintérêt que depuis trop longtemps par un Thom Yorke qui a oublié comment chanter autrement (le summum du ridicule étant atteint sur "Videotape", une ode aux petits bonheurs familiaux chantée comme un râle d'agonie. Ne me dites pas qu'il ironise, ce serait pire). Des chansons qui ne vont nulle part, sans refrain, sans pont, sans progression. On parle du "génie" d'un groupe qui se serait libéré de la structure traditionnelle de la chanson, comme si ça n'avait pas déjà été fait un million de fois auparavant (je sais pas... Bo Didley, ça vous dit quelque chose ?). Moi j'entends un groupe infoutu de composer et qui habille ses jams en dimanche.

 

Ils jouent bien, certes, ils ont plusieurs bonnes idées d'arrangement et on a vu beaucoup de groupes vieillir plus mal. Si Radiohead avait continué dans sa course à l'ambition au lieu de lever le pied comme sur In Rainbows, il aurait pu nous commettre un de ces glorieux et graves accidents du rock, un double concept album sur lequel il se serait essayé à la samba et à la cithare électrique. Au lieu de ça In Rainbows est juste un peu chiant, un peu charmant, comme un vieux qui radote. J'aurais probablement préféré un drame, je suis jeune et j'ai encore un millier de groupes excitant à écouter et j'aurais apprécié le spectacle. Vous savez, "It's Better to burn out than to fade away" etc... On aurait pu en tout cas attendre une résurrection post-traumatique. Au lieu de ça In Rainbows promet plutôt de bonnes siestes à venir.







Palmares 2007 : Une année électro

Posté par Maxence le 30.12.07 à 12:26 | tags : egographie, électro, top

Foin de longs discours, 2007 aura été un grand cru ! Une foule de bons albums, un déluge de mixes et de compilations de qualité, des morceaux emblématiques à la pelle, bref, largement de quoi tenir tout une année et même plus. Vous vous en doutez il n'a pas été facile d'établir un top en se tenant à 10 titres et uniquement 10 (n'est-ce pas môssieur Traske… je rigole !) Si difficile en fait, que le résultat final a même été bousculé en dernière minute et ce n'est pas 1, mais 2 disques de l'année que je me suis permis d'élire ici. Pourtant, nulle véritable surprise dans le fait que, comme beaucoup de mes confrères, je plébiscite l'excellent Sound of Silver de LCD Soundsystem, mais on ne pouvais pourtant décemment passer à côté du magnifique album de techno psychédélique de Fairmont, Coloured in Memory. Vous les retrouvez donc côtes à côtes dans ce top 10. Pour le reste, c'est à l'avenant, l'inoubliable Burial bien sûr, mais aussi notre chouchou Mark E. Smith et ses deux souris martienne, la funky fresh d'International Pony, la minimal (qui fait le maximum) de Gui Boratto, l'electronica très pop d'Apparat (grand oublié des tops, quel dommage pour une album aussi exceptionnel), j'en passe et des bien mieux encore (si, si, c'est possible). Une manière détournée en fait, de vous souhaitez à tous de bonnes fêtes et un passage aussi doux que possible de 2007 à 2008. A l'année prochaine !

 

Albums :

 

1. LCD Soundsystem - Sound of Silver (EMI/Labels) ex aequo avec Fairmont - Coloured In Memory (Border Community/Sokadisc) !
2. International Pony - Mit Dir Sind Wir Vier (Mule Electronic/Nocturne)
3. Fujiya & Miyagi - Transparent Things (Tirk/La Baleine)
4. Gui Boratto - Chromophobia (Kompakt/Nocturne)
4. Ricardo Villalobos - Fizheuer Zieheuer (Playhouse/Nocturne)
5. Burial - Untrue (Hyperdub/Differ-Ant)
6. Von Südenfed - Tromatic Reflexxions (Domino/Pias)
7. Uusitalo - Karhunainen (Huume/La Baleine)
8. Rodion - Romantic Jet Dance (Gomma/Discograph)
9. Apparat - Walls (Shitkatapult/La Baleine)
10.False - 2007 (Minus/La Baleine)

 


Mix & compilations :

 

1. Lo Recordings present Milky Disco (Lo Recordings/La Baleine)
2. Prins Thomas Presents - Cosmo Galactic Prism (Eskimo Records/La Baleine)
3. Radio Slave - Mish Mash vol. 4 (Nocturne/La Baleine)
4. VA After Dark - Italians Do it Better (Italians Do it Better/Import)
5. Dirty Space Disco - s/t (Tigersushi/Discograph)

6. VA M_Nus - Nothing Much + Something More (M_Nus/La Baleine)
7. Jazzanova - Computer Incarnation for World Peace (Sonar Kollektiv/Nocturne)
8. Cadenza Contemporary 01 (Cadenza/Nocturne)
9. Headman - V/A Relish (Relish/Nocturne)
10.V/A - Tirk 01 (Tirk/La Baleine)

 

Morceaux ou single :

 

1. Smith N' Hack "Falling Star"
2. Rub n' Tug "The Main Thing"
3. Manthraxx "I Feel the Love"
4. Aeroplane "Aeroplane"
5. Reverso 68 "Tokyo Disco"
6. LCD Soundsystem] "Someone Great"
7. Bo'tox : "Babylon by Car"
8. Ronny & Renzo "Big smack of flies"
9.The Mungolian Jet Set "It Ain`t Necessarily Evil (A Mung`s Portrayal Of The Traditional Norwegian Suoivean Idjagie Dance)"
10. Fujiya & Miyagi "Ankle Injuries"

 

(tous ces morceaux sont en écoute sur le myspace des artistes cités)

 

Meilleur espoir 2007 :

 

Guillaume & The Coutu Dumonts - Face à l'Est (Risquée Musique/Nocturne)




Pour l'euthanasie des chansons

Posté par 2goldfish le 29.12.07 à 12:14 | tags : pop, rigolo, top, vidéos musicales, youtube

The A.V. Club nous gratifie pour une fois d'une liste d'un véritable intérêt public : 23 chansons qu'il ne faudrait plus jamais reprendre. Vous n'avez pas des envies d'euthanasie vous, quand vous entendez quelqu'un reprendre "Imagine", "Respect" ou n'importe quel tube de Burt Bacharach ? Le seul problème de cette liste, bien sûr, c'est qu'elle est beaucoup trop courte. Il manque "When Doves Cry", "Smells Like Teen Spirit" et beaucoup d'autres. Prenez "Can't Help Falling In Love" d'Elvis c'est plutôt une bonne chanson. Tapez son titre dans youtube pourtant et, horreur, vous vous retrouvez avec des reprises signées Andrea Boticelli, Celine Dion, UB40, un groupe de surfeur coréens et (je vous ai gardé le pire pour le blog) A*TEENS. Attention, cette vidéo peut vous donner envie de frapper un chiot.

 




Les tops de fin d'année de Flu et de Radiohead

Posté par LovelyRita le 28.12.07 à 14:50 | tags : flu, top

Chez Radiohead, l'heure est aussi au bilan. Thom Yorke et Ed O'Brien ont dévoilé dans les Inrocks, leur album de l'année, il s'agit de celui qu'a sorti Burial.
Voilà ce qu'ils en disent dans le mag :
 
Thom : J’adore Burial, j’adore ses deux albums, ils sont putain de merveilleux.
 
Ed : Thom m’a offert l'album Untrue il y a quelques semaines, juste avant sa sortie officielle. Et c’est la première fois depuis longtemps que je trouve un disque aussi beau, que je suis autant touché par un album.
 
Thom : Burial a fait un remix pour un des morceaux de mon album Eraser. Je crois qu’il aime bien les morceaux de Radiohead et il fera sans doute un remix pour un morceau de In Rainbows. Ce que j’aime chez lui, c’est l’attention portée aux détails, aux atmosphères. Et sa manière de travailler est incroyable : c’est Kieran Hebden (Fourtet) qui me l’a raconté : les logiciels qu’il utilise sont impossibles !
 
Radiohead ne sont pas les seuls à avoir aimé Untrue, à Flu l'album de Burial n'est pas passé inaperçu, on l'aurait même qualifié de somptueux, pour lire la chronique de Untrue, c'est par là.
Tout ça, non pas dans le but de comparer Radiohead à Flu, mais pour introduire nos tops de fin d'année en musique, cinéma, livres...Le top musique 2007, c'est ici.
Et bientôt sur le blog, d'autres top en tous genres



Incroyable mais glauque !

Posté par 2goldfish le 28.12.07 à 11:22 | tags : rigolo, top

Avec la fin de l'année les tops et autres listes se multiplient sur tous les sites et blogs musicaux du monde. On apprend que tout le monde aime LCD Soundsystem, que trop de monde aime The National, que peu de monde aime Menomena ou Saul Williams autant que moi et que personne n'a écouté de hip hop cette année (ou presque). Je pourrais ironiser mais je trouve réellement ça intéressant.

Je présume cependant avec un certain optimisme que la plupart d'entre vous a une vie et des centres d'intérêt plus sains. Je vous invite donc à jeter un oeil à cette liste de dix enregistrements incroyables qui, mince alors, ne fait pas mentir un seul instant son titre. Il y a le seul castrat jamais enregistré, la plus mauvaise chanteuse lyrique du monde, un exorciste russe qui fout les jetons, les dernières minutes de la secte de Jonestown en plein suicide collectif et le premier enregistrement d'une voix humaine au monde, entre autres. Ai-je mentionné le fait que certains de ces enregistrements sont très glauques ?

(Via La Blogothèque)




Rigole encore et toujours avec Robert Smith...

Posté par Myosotis le 27.12.07 à 16:29 | tags : rigolo, youtube
 
Les Cure, qui ne sont PAS gothiques (répétons-le), ont fait au temps de leur gloire commerciale passée (au milieu des années 80) l'objet de multiples satires, imitiations ou tentatives de parodies plus ou moins réussies et ce jusque dans l'Hexagone (Les Inconnus). Celle-ci réalisée Outre-Manche, alors que le groupe du gros Bob enchaînaît les titres ultralight et se rachetait une espérance, figure parmi les plus célèbres et les plus marrantes, compte tenu de sa durée (une petite minute).
 
La chanson interprétée s'intitule "The laughing Policeman" et parle de la rencontre de Robert Smith et d'un gros flic tout rouge qui patrouillait dans sa rue. Sur le fond on s'en moque, mais "qu'est-ce que c'est drôle". Aaaah aaahhh. Après 5 jours de répétition, je n'ai, pour ma part, toujours pas réussi à reproduire exactement le rire abdominal.



Bonus de Noël (5) : Everything's gonna be cool this Christmas - Eels

Posté par Myosotis le 27.12.07 à 10:23 | tags : pop, rock, youtube
 
Tout le monde se moque aujourd'hui de ce que font les Eels, pourtant l'un des groupes les plus intéressants et créatifs de la sphère pop. Beautiful Freak qui a dix ans maintenant n'a pas pris une ride et le best-of rétro qui sortira en janvier nous rappelle qu'il y a des pépites pop innombrables sur leurs disques successifs. Souvent assez habiles pour revisiter les standards et faire dérailler les mythes culturels de leur beau pays, E et ses amis reprennent ici d'une façon énergique et vivifiante une chanson "Everything's gonna be cool this Christmas", composée au milieu des années 80 par leur leader, à l'époque (comme souvent) seul et dépressif. La confrontation de la solitude et de l'ambiance de Noël donne un titre à la fois plein d'espoir et de désolation qui mériterait une intégration aux standards du genre. Comme souvent avec Eels, les paroles sont d'une simplicité et d'une beauté fulgurantes. Ces types sont des princes de la pop et des bêtes de scène.
 
 
"Remember last year when you were on your own? / You swore the spirit couldn't be found December rolled around /
 
And you were counting on it to roll out / Well, everything's gonna be cool this Christmas /
 
Everything's gonna be cool this Christmas / Everything's gonna be cool this Christmas / Well, everybody's lookin' for you down at the house /
 
The tree is looking so inspired There's a Yuletide groove waitin' for you to move / I'll go and throw another log on the fire /
 
Everything's gonna be cool this Christmas (x3) / "Baby Jesus: Born to rock!" /
 
As days go by, the more we need friends And the harder they are find / If I could have a friend like you all my life /
 
Well, I guess I'd be doin' just fine / Everything's gonna be cool this Christmas (x3)"
 
Là encore, c'est beau, universel, net et précis, ce qu'on demande aux chansons de Noël.  



Devo ? -> Mutato !

Posté par 2goldfish le 26.12.07 à 17:32 | tags : à lire, new wave, politique, rock

Il doit bien rester quelques personnes qui se demandent encore ce qu'est devenu Devo. Pour ceux-là : Devo est devenu Mutato. Il y a justement dans le L.A. Weekly un long portrait de Mark Mothersbaugh, fondateur de Devo et de Mutato et vous feriez bien de le lire. Devo était un groupe satirique qui exposait l'absurdité de la société de consommation. Selon eux, elle nous entraine sur le chemin de la dévolution, une régression à l'état de singe, en gros. Mutato, c'est une société qui produit de la musique pour la télévision, le cinéma et surtout la publicité. Leur spécialité, c'est de produire une musique "quirky" : légèrement excentrique, amusante et étonnante mais pas trop. Il faut attirer le téléspectateur en étant original mais ne pas l'être trop pour ne pas le faire fuir.

Mothersbaugh explique aujourd'hui volontiers Devo (le concept était assez transparent de toute façon) mais comment réconcilie-t-il son passé de rockeur subversif avec le fait d'être aujourd'hui à la solde du grand capital ? D'une part il y a le fait que l'argent récolté lui permet de financer ses autres projets (un livre de montage photo "mutato", la fabrication de tapis bizarres et de nombreuses collections ésotériques). D'autre part, on sait que Devo n'a jamais cru au concept de contre-culture. Ils célébraient la dévolution de l'intérieur : en jouant du rock sur MTV. On peut se demander où est la subversion dans une petite musique à peine audible dans le fond d'une pub Apple. Comment est-on subversif sans mots, d'abord ?

Peut-être est-ce à nous d'aller chercher le message. Après tout, on nous dit depuis toujours que la société moderne nous abrutit, ça ne nous a jamais fait faire demi-tour. La musique de Mutato est bizarre... légèrement bizarre. Celle de Devo l'était aussi, ils ont pourtant, pendant un temps, été très populaires. Aujourd'hui, le genre de new wave que le groupe jouait il y a vingt-cinq ans est devenu le mode par défaut du groupe de rock faussement alternatif qui rêve d'être le nouveau Bloc Party. La musique de Mutato est bizarre, elle est aussi infantile. Plutôt, elle est dévolué. Oui, elle est fun, elle est stupide, c'est de la pop music. C'est ça que nous voulons. C'est ça que de riches industriels demandent à Mutato. Mutato nous le met dans les oreilles et la question qui se pose, silencieusement, c'est... "veut-on vraiment en arriver là ?". Si la réponse est oui -et à en juger par le succès de Fergie, c'est le cas- qui est Mothersbaugh pour nous le refuser ?




Bonus de Noël (4) : le White Christmas de Berlin au Flaming Lips

Posté par Myosotis le 26.12.07 à 10:43 | tags : noel, pop, rock, youtube
 
Les Flaming Lips sont les plus assidus à produire chaque année des chants de Noël. Entre l'excellent "A Change At Christmas", il y a quelques années, et diverses reprises, le groupe de Wayne Coyne est l'un des groupes les plus doués pour exprimer la magie de Noël. Cette vidéo de 1999 est l'occasion d'une superbe interprétation du standard archi-connu "White Christmas" de Irving Berlin. Composé au tout début des années 40 (alors que les boys venaient de débarquer en Europe pour se battre contre le Reich), "White Christmas" s'est imposée dès son premier enregistrement significatif (en 1942 par Bing Crosby) comme un classique instantané. En pleine nuit, Berlin aurait réveillé sa secrétaire pour lui demander de prendre en note les arrangements d'un titre qui lui serait venu alors qu'il se reposait dans l'Arizona, dans une sorte de spa pour célébrités. Selon la légende, il l'aurait appelée et lui aurait dit tout simplement : "Grab your pen and take down this song. I just wrote the best song I've ever written - hell, I just wrote the best song that anybody's ever written !" (soit "attrape ton stylo et note cette chanson. C'est la meilleure chanson que j'ai jamais écrite. P***, je crois que c'est la meilleure chanson qui a jamais été écrite tout court !".
 
L'intuition n'était pas mauvaise et Berlin ne se trompait pas. "White Christmas" a été depuis reprise par à peu près tout le monde, d'Elvis, à Sinatra, en passant par Ella Fitzgerald, les Flaming Lips donc, mais aussi Bob Marley, Destiny's Child, Michael Bolton et... Mireille Mathieu. Autant dire qu'on aura entendu depuis 65 ans, ces quelques notes à toutes les sauces, des versions brillantes et d'autres carrément affligeantes. Difficile néanmoins, et même dans le pire des cas, de ne pas se prendre à la figure à l'écoute de n'importe quelle version, l'imagerie de Noël dans toute sa splendeur : la neige, la forêt de sapins, la cheminée feu de bois et les cadeaux enrubannés de papier rouge. C'est simple, c'est parfait, à la fois joyeux et nostalgique et ça se chante (et se souhaite) sans fin, ni modération.
 
I'm dreaming of a white Christmas
Just like the ones I used to know
Where the treetops glisten,
and children listen
To hear sleigh bells in the snow

I'm dreaming of a white Christmas
With every Christmas card I write
May your days be merry and bright
And may all your Christmases be white

I'm dreaming of a white Christmas
With every Christmas card I write
May your days be merry and bright
And may all your Christmases be white



Bonus de Noël (3) : Christmas (horrible) avec Mike Love

Posté par Myosotis le 25.12.07 à 15:23 | tags : pop, rock, youtube
 
Composer une chanson de Noël, c'est comme marcher au bord d'un précipice avec des chaussures à hauts talons : on a toutes les chances de se rétamer et d'y perdre sa dignité. J'ai beaucoup de tendresse pour cette apparition kamikaze du Beach Boys, Mike Love, dans un show télé pour les gamins. Pas facile de soutenir le playback monstrueux, dur-dur de considérer avec autre chose que de la curiosité le regard mi-éteint, mi-concupiscent du vieux Love qui se pose sur la gamine, lorsqu'il entre dans la pièce. Mais la voix est là et cela aura toujours été l'atout principal du cousin des Wilson. Membre fondateur du groupe, Love est avec Brian Wilson l'une des deux voix principales du groupe (lead singer, comme disent les Anglais). C'est lui qu'on entend le mieux sur "Surfin USA", "California Girls", "I Get Around", "Little Deuce Coupe" et..."Kokomo". Mike Love est, derrière sa voix d'ange, l'un des leaders noirs du groupe, le principal opposant aux expérimentations de Wilson et le premier à essayer de prendre le contrôle du groupe lorsque son leader perd pied. Love lutte d'arrache-pied pour que Pet Sounds ne ressemble pas à... Pet Sounds, et refuse de se laisser embarquer dans le radeau à la dérive qu'est le projet Smile. Il fait virer Van Dyke Parks à qui il reproche ses textes ambigus et est à l'origine de la transformation de "Hang to Your Ego" (trop abstrait et qui contenait certaines références au LSD) en "I Know There's An Answer".
 
Après la période de domination de Carl Wilson, c'est Love qui reprend le lead et amène les Beach Boys à devenir ce groupe dinosaure et cette grosse caravane à hits qu'il reste aux yeux de beaucoup. Mais Love est aussi un heureux gestionnaire (il affrontera, la plupart du temps avec succès, les autres membres du groupe en justice pour un tas de motifs fumeux) et un homme fin : il accompagne les Beatles lors de leur fameux séjour de Méditation Transcendantale, en Inde, au début 1968, et en reste aujourd'hui un fervent disciple. Love (dont c'est le vrai nom, la classe) collectionne les vieux manuscrits et les belles voitures. Consécration (et parce qu'il faut respecter la vieille règle selon laquelle, il n'y a pas de bon billet sans citation de Morrissey, ou The Fall), Mike Love est éreinté salement par Mark E. Smith dans une chanson intitulée "Mike's Love Xexagon", tirée de The Real New Fall LP et qui dit de Mike Love, en un raccourci saisissant, qu'il était : "the worm in the bacon of Beach Boys". Pas mal vu.



Bonus de Noël (2) : Shane Mac Gowan et son conte de NY

Posté par Myosotis le 24.12.07 à 15:10 | tags : pop, vidéos musicales, youtube
 
On pourrait vous la faire chaque année mais "Fairytale" of New York reste, 20 ans après, la chanson de Noël par excellence. Composée en 1987 donc par le duo Shane Mac Gowan et Jem Finer pour l'album If I Should Fall From Grace with God, "Fairytale" se plaça pour la période des fêtes en première place du top irlandais et en 2ème place des charts anglais. La chanson repose sur le duo Mac Gowan, Kirsty Mc Coll et élève l'Irish Folk a un niveau d'intensité rarement égalé. La chanson d'un classicisme revendiqué ne donne qu'une idée réduite de l'originalité des Pogues à cette époque qui inventaient partout ailleurs en direct un genre nouveau : le folk punk irlandais. Le dispositif narratif de "Fairytale" consiste en un monologue intérieur d'un homme à demi saoûl (devinez qui) qui raconte comment il a échoué dans la quête du Graal que représentait la fortune aux Etats-Unis. Emerveillé par New-York, l'homme s'est abîmé dans l'alcool et a dû remiser (pour un temps) ses rêves de gloire et perdu la femme qu'il aime. Kirsty Mc Coll répond à Mc Gowan en l'insultant copieusement, il le lui rend assez bien, au point que la BBC avait composé une version rare du titre "expurgée" de certaines insultes (notamment le "cunt" et le "you, lousy faggot !", en reprise de couplet). La chanson, qui s'est immédiatement imposée comme un chef d'oeuvre et elle le mérite quoi qu'en pensent ceux qui lui trouvent un air dégoulinant, est ressortie en single par la suite à plusieurs reprises. En 2000 notamment, la (re)sortie du single sert à financer l'enquête menée autour de la mort de Kirsty Mc Coll percutée par un scooter des mers ou un bateau ultrarapide alors qu'elle faisait de la plongée sous-marine (au tuba) à Mexico. En 2005, les Pogues la reprennent sur scène pour la 1ère fois depuis 17 ans, avec la chanteuse Katie Melua. Le clip original, avec Matt Dillon, occasionnel copain de sniffette avec Mc Gowan, est un petit miracle d'opportunisme et de roublardise. En attendant, il reste très difficile d'aller au bout de ce titre sans pleurer de bonheur et avoir envie de reprendre avec eux le meilleur passage :

You're a bum
You're a punk
You're an old slut on junk
Lying there almost dead on a drip in that bed
You scumbag, you maggot
You cheap lousy faggot
Happy Christmas your arse
I pray God it's our last

Joyeux Noël.




James Brown, c'était il y a un an...

Posté par LovelyRita le 24.12.07 à 11:27 | tags : à lire, cimetière, funk, soul
Noël 2006, on découvrait nos cadeaux au pied du sapin et en allumant la télé ou la radio on apprenait cette triste, trop triste nouvelle. James Brown, the Godfather of Soul venait de mourir. Il avait 73 ans et est mort le jour de Noël, le jour de la naissance de Jésus. Une date de mort hautement symbolique pour ce chanteur qui était, avant même son décès, culte. Des albums à en pleuvoir, des standards plein le tiroir-caisse pour ce chanteur de soul-funk aimé de tous (ou presque ?!). A plus de 60 ans, James Brown avait encore la patate sur scène à en rendre jaloux les plus jeunes artistes. Aujourd'hui 25 décembre 2007, Fluctuat vous souhaite un Joyeux Noël et rend un hommage à JB !    
 
Pour en savoir plus sur le Godfather, sa jeunesse, sa carrière, son succès et son influence dans le rap, lire la bio de James Brown.
 



The Jingler : Le Joujou Musical de Noël

Posté par 2goldfish le 24.12.07 à 10:39 | tags : mp3, noel, rigolo, web

Vous vous êtes déjà demandé ce que donnerait une chanson de Noël de Radiohead, Motörhead ou Aphex Twin ? The Jingler a la réponse ! Ce site génialement idiot vous propose d'uploader un mp3 et il se charge tout seul de le transformer en chanson de Noël, en ajoutant des grelots, des cloches et un peu de "ho ho ho". Ca fonctionne surtout sur les titres plutôt minimalistes où il reste un peu de place pour les grelots (j'ai essayé sur du Animal Collective, c'était pas beau) et les titres avec une base rythmique stable (encore une fois, Burial... pas beau). Spoon et les productions des Neptunes passent par contre plutôt bien. J'ai aussi été agréablement surpris par ce petit Deerhunter de Noel que je vous mets en exemple sur le blog. Bon en fait c'est un peu horrible, c'est toujours un peu horrible. Je vous laisse à vos expériences, faut que je trouve un mp3 de Boards Of Canada là...

 

 


 




Les Webradios de Fluctuat aiment IE

Posté par LovelyRita le 22.12.07 à 14:07 | tags : news, radio, radioflu

Je n'aime pas Internet Explorer, mais j'ai en affection ses utilisateurs. Depuis le lancement de nos webradios, les internautes (ceux qui utilisaient IE) ont pu rencontrer quelques problèmes pour profiter de notre programmation musicale. Voilà, maintenant c'est rétabli, IE et les webradios de Fluctuat sont compatibles. Les webradios de Flu, c'est une radio pop-rock, une radio dub, une radio hip-hop, une radio reggae...

 

Tiens, vous avez raté l'enchaînement Marianne Faithfull/Koçani Orkestar ! Oui, Radio Flu, c'est la radio chamboultou, la radio où l'on trouve tout et qui s'écoute maintenant partout sous Mozilla et IE !




DJ Hell dans l'enfer de l'italo

Posté par Maxence le 21.12.07 à 18:02 | tags : disco, électro, label, myspace

2007 année italo ? On dirait bien, et ce n'est certainement pas près de s'arrêter. Dernier exemple en date, l'incontournable DJ Hell qui, rappelons-le, fut l'un des plus fervents défenseurs du genre depuis ses débuts (et ceux de son label International Deejay Gigolo). Au rayon "X" de l'histoire de l'electro, il est d'ailleurs impossible de passer à côté de la structure d'Helmut Geier, alias DJ Hell. Fondé en 1997, Gigolo Records incarne un non-conformisme trashy-punky qui trouve sa source dans la jeunesse mouvementée de son fondateur. Punk de la première heure et provocateur né, Hell est un peu l'équivalent techno d'un mélange de John Waters, le cinéaste américain couronné roi du trash, et génial auteur de Pink Flamingos, Hairspray et autres Polyester et d'Andy Warhol. Là où Waters et Warhol cartographient la beauferie et le consumérisme d'un pays dont l'esthétique semble à la fois les horrifier et les amuser, Hell affiche avec bonheur tous les symboles de cette kitscherie, mulette et santiags au vent, tout en retournant l'idée comme une chaussette. La simplicité et l'art populaire peuvent aussi exprimer des idées d'avant-garde, semble ainsi dire la Gigolo Crew et son saint patron.

 

Nul étonnement donc, à voir DJ Hell réunir ces classiques surannés et retro-kitsch de l'italo disco, genre "simplissime et populaire" par excellence, sur ce Hellboys Mixed d'anthologie. L'Allemand se fait plaisir et nous contente avec près de 80 minutes de sucreries synthétiques, au glamour aussi dégoulinant et riche en calories que le glacis pur sucre d'un gâteau d'anniversaire (ou d'une belle bûche au beurre, c'est de saison). On y retrouve tous les classiques : "Take a Chance" de Mr. Flagio, "Chase" de Giorgio Moroder, Alexander Robotnick et ses "Problemes d'amour (Ah Ou Ah version)" ou Trans-X qui rêve de "Vivre sur vidéo". La part belle est faite à l'italo italien, bien sûr, mais pas seulement puisqu'on croise également le Canadien Gino Soccio, les Japonais d'YMO, le Français Cerrone ("Supernature"). Particulièrement inspiré par ce qui doit lui rappeler des souvenirs de jeunesse munichoise, DJ Hell suit sa "disco route" sans dévier, de "Livin' Up" de B.W.H au "Spacer Woman" de Charlie, en passant par "Magnifique part 1" de Magnifique, "Dirty Talk" de Klein & M.B.O et autres titres typiques de toute une époque, groove synthétique, soul glacée, voix blanches vocoderisées et paroles idiotes mais tellement plaisantes. On s'extasie surtout devant cet étalage d'harmonies intemporelles, toutes de pulsations de synthé spatial et de boites à rythme séquencées (l'italo étant l'un des rares styles musical où la mélodie est tenue par la rythmique !) Dans le genre la version du "I Feel Love" de Moroder/Summer proposée par Hell est exemplaire. Ici remixée par Patrick Cowley dans une version de 7 minutes délirantes, Cowley y essaye TOUS les effets disponibles sur son synthétiseur grande marque en tentant le grand écart entre hymne disco international et séance de vaudou electro ! Et que dire des mélodies pop et naïves d'Hypnosis sur le space disco "Pulstar" !? A noter que, loin d'être uniforme le mix de Hell commence italo pour finir subtilement electro (les deux écoles étant profondément liées). L'Allemand réussi donc à nous caser un "Control" de son cru, ainsi que l'electro élastique de "Transeurpa Express" de PL, en guise de clin d'œil à Kraftwerk. Pour finir? ajoutons que même si la nostalgie joue en plein dans cette sélection, l'auditeur curieux et ouvert y trouvera certainement son plaisir. Et qui sait, c'est peut-être même le début d'une grande passion ?!

 

Hellboys mixed by DJ Hell (International Dee Jay Gigolo/Nocturne)




Electro : CLONE NIGHT au Triptyque samedi !

Posté par Maxence le 21.12.07 à 15:33 | tags : agenda, électro, techno

 

Nouvelle soirée Skylax au Triptyque. Hardrock Striker, le big boss de ce label californien précusseur de l'électro rock invite Legowelt et Dexter à se produire en live. Legowelt, aka Danny Wolfers est américain. Il a commencé la musique au début des années 90's en s'inspirant des légendes techno de Detroit et de la house de Chicago. Depuis il a sorti une douzaine de projets, dont l'incroyable tube electro "Disco Rout" en 2002, salué par la presse spécialisée allemande. De son côté, Dexter balance une électro riche en basse, moderne et funky. Ils représentent tous les deux le label de Rotterdam, Clone Records, indispensable bastion de l'electro classic. A ne pas manquer !

Electro Samedi 22 Décembre au Tryptique - 12€ - minuit - guest list ici (valable pour une entrée gratuite avant 1h30)




Le concours de cadeaux

Posté par 2goldfish le 21.12.07 à 12:54 | tags : folk, mp3, noel, pop

Avec la saison des fêtes, il semble que tous les artistes du monde ont décidé d'offrir au moins une chanson sur internet. C'est ce qui se fait maintenant, on aurait tort de se plaindre, non ? Nous avons donc à ma droite un mini album de Sounds Familyre avec Danielson, Woven Hand et Sufjan Stevens, un EP d'Atlas Sound (nouveau projet du leader de Deerhunter) et tout un tas d'autres cadeaux dont Stereogum a gentiment dressé une liste dont on retiendra surtout le noël italo-disco de Sally Shapiro.

 

C'est vraiment généreux et tout. Quand votre gamin vous offre un collier de nouilles pour la fête des pères, c'est touchant. Sauf quand il a vingt-sept ans. Or il faut bien le dire, la plupart de ces artistes sont capables de beaucoup mieux et plutôt que de nous confectionner un beau cadeau, ils ont été cherché au fond de leurs tiroirs les vieux morceaux dont ils ont décidé que finalement ils ne feraient rien. Est-ce ce genre de cadeaux qu'ils offrent à leurs proches ? Pourquoi donc les fans n'auraient droit qu'a un cadeau au rabais ? On leur demande pas de nous enregistrer un double album mais avant de lâcher une nouvelle chanson sur le net, de la soumettre au public, même gratuitement, on devrait se demander si ça en vaut la peine, non ?

 

Les seuls qui semblent s'être véritablement donné de la peine, ce sont les excellents Okkervil River qui offrent sur leur site une mixtape d'une dizaine de titres, presque exclusivement des reprises, certes, mais pas bâclées du tout. Le choix des reprises est impeccable en plus : il y a du John Cale, du Randy Newman, du Serge Gainsbourg... Là, d'un coup, on se sent bête : leur a-t-on fait un cadeau, à Okkervil River, nous ?

 




M.I.A. : All I Wanna Do Is...

Posté par 2goldfish le 21.12.07 à 10:41 | tags : hip hop, vidéos musicales, youtube

M.I.A. vend des avions en papiers, des papiers pour prendre l'avion, vole The Clash et lui tire dessus, prend son argent et plutôt que d'aller droit en enfer elle pose dessus une mélodie aérienne et entêtante pour nous annoncer que l'avion dans lequel nous sommes tous va très bientôt se cracher mais ça va, vive l'hédonisme, nous nous sentons tous plutôt bien et tout le monde donne à Maya Arulpragasam une place dans son top ten 2007 parce que tout le monde aime le Clash et le son de la bouteille de coca vide de Straight To Hell c'est tellement M.I.A., peu importe que Diplo l'ait pas samplé et parce que tout le monde aime la controverse et les converse panthère et le beat de Diplo et parce que LCD Soundsystem c'est bien mais ça nous fait nous sentir vieux alors que M.I.A. nous fait croire que 2007 c'est encore le futur.

 

 




Soulwax : ça gratte ou ça tape ?

Posté par Maxence le 20.12.07 à 18:20 | tags : disco, électro, myspace, rock

Un peu des deux mon Colonel ! Les frères Dewaele, en effet, ne sont pas spécialement connus pour leur délicatesse et leurs petits pieds. Dans la famille electro-rock, ce serait plutôt les jumeaux brise-fer vous voyez ? Ceux qui dérangent et qui démangent. Attention, on parle quand même des types qui révolutionnèrent un temps l'art du mix avec leur projet 2 Many DJ's en inventant la bastard pop, tout en chamboulant la conception que nous avions des rapports qu'entretiennent rock et techno avec leur projet Soulwax, et ce, bien avant Mr.James Murphy et DFA ! On effectuera donc une révérence devant Most of The Remixes..., un double CD bourré jusqu'à la gueule d'hymne à danser et de remixes désormais mythiques. Parmi ceux-là on retrouve évidemment le bouillant "Standing In The Way Of Control" de Gossip. En tant que morceau d'ouverture, il faut avouer que c'est bluffant. Le trio emmené par la forte en gueule Beth Ditto est littéralement balancé cul par-dessus tête par les deux frangins et leur acolytes à grand renfort d'effet "hélicoptère", une saccade rythmique très particulière dont les frangins usent et abusent dans quasiment tous leurs remixes. Et de fait c'est... tuant ! Il faut bien l'avouer, le procédé peut parfois sembler répétitif, mais quelle efficacité. Pour ma part, j'ai vu des danseurs mourir sous le coup d'une rupture d'anévrisme sur ce morceau ! Votre serviteur a d'ailleurs eu du mal à s'en remettre lui-même, lors de ladite soirée.

 

Le pire c'est que forcément, Most Of The Remixes... comme son nom l'indique, regorge de ce genre de bombes pour dancefloor imparables. Prenons "Daft Punk is Playing in My House" de LCD Soundsystem. Un pur moment de transe urbaine et frénétique, porté par une sirène hurlante, sa montée torride qui part en vrille à la troisième minute et des poussières, la voix de Murphy utilisée à profit pour vous faire goûter la progression démoniaque du morceau !! C'est simple, que ce soit à la première ou à la 100ème écoute, on a des frissons sur les bras et on est déjà malade rien qu'à l'idée du headbanging qu'on va se payer. C'est le syndrome heavy metal qui resurgit dans l'electro. Passé ces deux exemples, la culture musicale des Dewaele brothers est assez vaste pour varier les ambiances. Ainsi, sur le CD 1, ils triturent merveilleusement le "Gravity's Rainbow" des Klaxons, oscillant entre bitch disco tout de strass et paillettes et acid house revival Madchester 90's, tout comme ils affinent la grosse electro de Justice. C'est simple dans leurs mains, même les palichons Robbie Williams et Kylie Minogue ("Can't Get You Out Of My Head" pour l'une et "Lovelight" pour l'autre), se transforment en implacables machines à danser. Vous imaginez alors aisément ce dont ils sont capables avec le "Robot Rock" de Daft Punk (orgasmique), le "Make It Happen" de Playgroup (break break break) ou le "Seventeen" de Ladytron (obsessionnel) ! Signalons aussi que les fans de bastard pop trouveront leur bonheur avec le "Six Days" de DJ Shadow qui croise le fer avec les B-52's.

 

Sur le CD2, Soulwax propose ni plus ni moins qu'une soirée Soulwax chez vous. "Soulwax is playing in your house" en somme, mixant tous leurs remixes dans un grand mouvement circulaire et trépidant. Comme le disait un collègue récemment, sur la longueur "on peut se lasser de l'effet tambour d'une machine à laver" mais force est de constater aussi que leurs versions survitaminées sont dotées d'une force centrifuge dont on ne ressort par indemne et l'ensemble clôt opportunément une année électro décidément très "rock" !

 

Soulwax - Most Of The Remixes... (Parlophone/EMI, oct 2007)

http://www.myspace.com/soulwax




Bonus de Noël (1) : I Want You par les Inspiral Carpets et Mark E. Smith

Posté par Myosotis le 20.12.07 à 15:17 | tags : rock, uk, youtube
 
Les Inspiral Carpets feront l'objet d'un "Oubliés de la pop" un de ces jours. Natifs d'Oldham dans la grande banlieue de Manchester, ils ont porté à eux seuls au tout début des années 90, un revival psychédélique imparable, emmenés par un clavier et un orgue Farfisa délirants et ultraspeedés. L'album Life de 1990 reste l'un des LP les plus précieux et méconnus de la période avec ces singles "Directing Traffic", "She Comes in The Fall" ou encore "Real Thing". Reformés depuis quelques années, ils assurent en Angleterre essentiellement des tournées qu'on raconte plutôt pas mal mais sans avoir, pour le moment, mûri le projet de réenregistrer sérieusement. Leur dernier album, le bon Devil Hopping, remonte à 1994.
 
Notre cadeau de Noël spécial date d'ailleurs de cette époque. Le single "I Want You" se classe lors de sa sortie en 18ème position des charts britanniques et permet pour la première fois à Mark E. Smith, notre chouchou mésestimé, qui y apparaît pour assurer une mumbling party qu'il affectionne (les notes en main pour ne pas se rater) de faire sa première prestation devant une audience nationale familiale et massive (le fameux Top of The Pops). La chanson reste ainsi dans les annales et elle le mérite. Son refrain peut s'apprécier dans son canapé ou avant de sortir en boîte (bourré si possible) avec des amis ou encore en formule karaoké :
"No one ever says it gonna be easy / a pain to tease me, the barrier's broken / climbing aboard on a white knucke, ride / churns my insides and the wheels are in motion / i want you, right now and forever (x3) / the barrier's broken (x4) and i want you"



Albums Cultes des Géants du Normal #3 : The Zombies - Odessey & Oracle

Posté par 2goldfish le 20.12.07 à 11:17 | tags : culte et normal, pop

On en fait beaucoup aujourd'hui de la british invasion et des débuts des Beatles, Stones ou The Kinks. Sans la suite cependant, seuls les lecteurs de Rock'n'Folk discuteraient encore de cette courte période où par un curieux concours de circonstances les Etats-Unis se sont mis à écouter des gamins anglais qui les imitaient. Un phénomène pop à peine moins anecdotique que le succès de Jean Reno au Japon.

Ces groupes anglais des sixties n'ont commencé à être véritablement intéressants que quand ils se sont éloignés du blues américain qu'ils copiaient religieusement et qu'ils ont commencé à incorporer des influences européennes : le clavecin de "In My Life", la flûte à bec de "Ruby Tuesday"... Les Zombies ont toujours eu une longueur d'avance sur leurs contemporains puisqu'au R&B ils ont toujours préféré le jazz, la musique de chambre et la pop pré-Beatles la plus classique.

 

On s'étonne encore aujourd'hui que, malgré quelques succès dont celui de leur incroyable premier single "She's Not There", les Zombies n'ont jamais vraiment cartonné. Contrairement aux Turtles, un groupe assez comparable, ils n'ont pas un single immortel comme "Happy Together" pour les rappeler à nos esprits via la pub ou le cinéma et ils sont restés dans un oubli relatif des années durant. Aujourd'hui encore, malgré des redécouvertes successives d'Odessey And Oracle par plusieurs générations de journalistes enthousiastes, ils n'ont toujours pas obtenu la même réhabilitation post-mortem qu'un groupe comme Love. Les Zombies errent dans les limbes de la reconnaissance, ni tout à fait oubliés ni largement célébrés. Tout juste entendrons nous un peu plus parler d'eux au printemps lorsqu'ils se reformeront pour jouer leur album en intégralité lors de quelques dates à Londres.

 

Leur seul véritable album (les autres ne sont que des compilations de singles), Odessey And Oracle aurait été enregistré par un groupe qui savait sa dernière heure venue. Pourtant la chanson "Care Of Cell 44" est l'introduction la plus exaltante qui soit, notamment grâce à un génial plan choral façon The Beach Boys (qui s'y connaissait en exaltation) et d'autres morceaux comme "Friends Of Mine", "This Will Be Our Year" communiquent une joie irrésistible. Même les chansons tristes comme "A Rose For Emily" sont d'une beauté précieuse et délicate beaucoup trop affectée pour susciter plus grave émoi qu'une exquise mélancolie. On pourrait facilement exagérer une veine sombre qui parcourt l'album : "Cell 44" parle de la joie... de sortir de prison, l'optimisme pour l'année à venir d'Our Year laisse penser que celle qui vient de passer n'était pas des plus heureuses et puis le narrateur de "Friends Of Mine" qui célèbre le bonheur de ses amis en couple, ne serait-il pas secrètement aigri, d'abord ? En fait, seule "Butcher's Tale" (une chanson qui a du beaucoup impressionner Colin Meloy des Decemberists) est réellement sombre. Vraisemblablement, les Zombies étaient juste conscients comme tout un chacun que la vie n'est pas toujours rose.

Les Zombies étaient cinq jeunes hommes bien éduqués qui n'ont eu aucun problème pour trouver de bons jobs à la mort du groupe. Ils ne s'étaient pas formés avec de grandes ambitions de toute façon : ce n'est qu'après avoir gagné un concours du type "battle of the bands" qu'ils ont commencé à prendre leur carrière au sérieux. Odessey & Oracle a donc sans doute été enregistré par des types décidés à donner le meilleur d'eux-mêmes non pas parce qu'ils savaient que c'était là leur dernière chance mais bien leur dernière fois. Ils ont donné le meilleur d'eux même, sans arrière pensée, et ont pondu un chef d'oeuvre de pop 60's optimiste et aventureuse qui mérite sa place parmi les meilleurs albums d'une époque où tout le monde semblait sortir un disque historique..




Pram : Le rock de l'amibe

Posté par Maxence le 19.12.07 à 18:13 | tags : électro, myspace, pop, psychédélique

Crustacés, mollusques, protozoaires et planctons, Bob l'Eponge, son pote Patrick et tous nos amis des profondeurs marines vont pouvoir se réjouir : Pram, le groupe favori des habitants du fond des océans, de la mer des Sargasses au Triangle des Bermudes, sort un nouveau disque ! Pram, vous vous souvenez ? Ce groupe originaire de Birmingham signé chez Too Pure et émule d'un post-rock psychédélique électronique et renversant (pour ne pas dire renversé, à plat ventre sur la moquette même) aux côtés de formations non moins oubliées comme Laïka, Th' Faith Healers, Moonshake et même un temps, des stars indés comme Mouse On Mars et Stereolab ? Non ? Normal, ils ne sortent qu'un disque tous les 3 ou 4 ans et ne furent pas les plus frénétiques de l'écurie Too Pure, loin s'en faut. Chez Pram, on est plutôt gentiment apathique. Et puis le groupe est un peu une affaire de famille, loin de la pression. Hormis Rosie Cuckston et Matt Eaton qui se connaissent depuis l'école, les autres membres vont et viennent à leur guise. Reste qu'ils fascinèrent longtemps un fan base de Krautrocker moderne et de post-rocker addicts, avec leur musique aquatique et ondoyante qui doit autant aux dérives allemandes des 70's qu'au psychédélisme farfisa des 60's quand ce n'est pas au free jazz ou à l'exotica. Le résultat ? Une musique forcément hybride, faussement gentille et souvent traître parce qu'agitée de violents courants marins.

 

The Moving Frontier récemment signé chez Domino, ne déroge pas à la règle. Enfin, "la règle", c'est beaucoup dire. Disons qu'on y retrouve la flamboyance discrète de l'orchestre ivre, clabotant doucettement sur le pont du "fameux trois-mâts fin comme un oiseau" (Hisse et ho ! Hic !) Les bluettes chantonnées de la voix blanche typique de Rosie, entre folk et berceuses pour grands enfants ("Salt and Sand", la mer toujours, "The City Suveyor" qui pourrait être la B.O. d'un film d'Ed Wood, le soft jazz de "Salva"), la guitare lysergique de Matt ("Moonminer", un hommage à My Bloody Valentine ? Ou l'exotique "The Silk Road"), les envolées magnifiques ("The Empty Quarter") dont on dirait qu'elles les dépassent après un retour au calme étonné, comme si le groupe se disait "Oups, sorry, ça nous a échappé". Les ritournelles de boites à musique electronica ("Iske", "Sundew", "Hums Around Us"). On aime aussi les instants en apesanteur qui donnent l'impression de faire la planche sur une mer d'huile ("Beluga") ou les plans grand orchestre à la Sun Ra ("Blind Tiger"). "Les frontières sont mouvantes" en effet chez Pram, c'est une musique fluctuante, une musique de l'âme. Ce n'est pas un lac, mais bien un océan. L'écho des vies et les souvenirs des myriades de créatures qui y vivent, et y vécurent, nous parviennent ici dans un millier de mélodies, complexes comme un kaléidoscope dont les motifs seraient trop éblouissants pour être distingués avec précision. Avec The Moving Frontier, Pram signe encore une fois un disque hors du monde et hors du temps. Tout bonnement parfait. Merci Rosie, merci Matt.

 

PRAM - The Moving Frontier (Domino/PIAS)

http://www.myspace.com/pushthepram




Dubstep : Skull Disco au Nouveau Casino jeudi !

Posté par Maxence le 19.12.07 à 10:41 | tags : agenda, dub, électro

Que vous soyez aficionado où juste curieux des nouvelles tendances de la musique urbaine vous ne pouvez manquer ce rendez-vous dubstep de grande qualité. Le label Skull Disco et ses deux producteurs emblématiques Shakleton et Applebim, adulés par les dubstepers ainsi que découvert par les amateurs de techno minimale à travers l'épique remix réalisé par Ricardo Villalobos du "Blood in my hands" de Shakleton. Tablas et grosse basse seront au rendez vous ce jeudi soir, le tout encadré par l'un des premiers représentants français de la scène dubstep : Subrider !

Jeudi 20 Décembre : Melting Point présente SKULL DISCO (Dubstep) au Nouveau Casino - 8€ - minuit




Glass Candy & Chromatics : Heart of Glass

Posté par Maxence le 18.12.07 à 17:31 | tags : électro, label, myspace, pop

Au delà de la hype qui se profile à l'horizon depuis quelques mois autour du label (américain comme son nom ne l'indique pas) Italians do it better, les albums de Glass Candy et Chromatics sont surtout symptomatiques de la façon dont toute une génération redécouvre rétrospectivement l'incroyable richesse d'une décennie souvent décriée et mésestimée. Le début des années 80 avec ses divers bouleversements des valeurs morales, économiques et esthétiques, est pourtant emblématique d'une période de grande remise en question, d'expérience et de quête. Alors que la disco tend à devenir commerciale et que la new wave explose littéralement les charts, le hip hop effectue ses premiers pas hors du Bronx sous la houlette d'Afrika Bambaataa et de Grandmaster Flash. De leurs côtés, des valeurs sûres de l'underground s'épanouissent et disparaissent aussi rapidement qu'elles ont éclos au sein des scènes no wave (à New York) et post-punk (quasiment partout). De New York encore, arrive l'electro-funk drivé par Arthur Baker, tandis que l'italo disco envahit l'Europe pour le meilleur et pour le pire. La plupart des groupes innovants délaissent les guitares et s'emparent de nouveaux instruments. C'est le règne des synthétiseurs. Le clinquant côtoie la grisaille des jeunes hommes en impers. Les filles chantent faux dans des robes à pois. On danse, mais on est désenchanté. Tout ce bouillonnement, cette énergie, ces mélanges, se dérouleront durant à peine 4 années hautement emblématiques, soit de 1977 à 1981.

 

Il est également facile de faire un parallèle entre cette époque extrêmement riche et le début des années 90. Période qui vit également l'explosion de la techno grand public puis en réaction, celle de l'electronica plus cérébrale, par le biais des nouvelles technologies de productions musicales (home studio, PC portables, logiciels, programmation, etc). Les tendances sont cycliques, on le sait. Il est donc normal de voir à nouveau une génération qui a baigné dans la musique hi-tech se passionner aujourd'hui pour les technologies vintage et les sons rétro futuristes. Une passion à laquelle les albums respectifs de Glass Candy et Chromatics font remarquablement écho. B/E/A/T/B/O/X et Night Drive, cultivent en effet assez de distance et de nécessaire ironie, tout en faisant preuve d'assez de savoir-faire et de respect, pour réellement toucher l'auditeur qui souhaiterait se laisser prendre au jeu de la nostalgie et du clin d'oeil. Et que demander de plus à deux groupes incarnant le revival d'une époque où l'authenticité était justement une valeur en baisse ? En ce sens Glass Candy et The Chromatics incarnent parfaitement la superficialité feinte et le glamour outrancier qui semblaient régner sur le début des 80's. Les deux groupes, qui partagent un membre en la personne de Johnny Jewel (dont le pseudo à lui seul symbolise toute une époque) ont quasiment suivi le même chemin vers l'italo disco et la new wave romantique, après des débuts plutôt dark et no wave. Difficile de nier qu'ils partagent également les mêmes charmes vénéneux : vagues synthétiques évoquant Moroder pour mélodies pop mélancoliques et sucrées portées par la voix blanche d'Ida No sur B/E/A/T/B/O/X de Glass Candy, electro pop en mode nostalgique, guitares rachitiques et mélopée mi-plaintives, mi-extatiques sur Night Drive de Chromatics. Certains diront qu'il y a plus de John Carpenter dans Chromatics (voir le sinistre "The Killing Spree"), oui, mais il y a aussi cette reprise éloquente du "Running up that Hill" de Kate Bush. D'autres verront plus de Donna Summer chez Glass Candy, oui mais il y a aussi cette reprise pop adolescente du "Computer Love" de Kraftwerk. Moroder, John Carpenter, Kraftwerk, Donna Summer, Kate Bush, ils sont tous là. Finalement, Glass Candy et The Chromatics, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. On est en 1980. Et c'est très agréable.

 

Glass Candy - B/E/A/T/B/O/X (Italians do it better, janv 2008)
Chromatics - Night Drive (Italians do it better, déc 2007)

 

http://www.myspace.com/italiansdoitbetterrecords
http://www.myspace.com/glasscandy
http://www.myspace.com/chromaticsmusics

A lire aussi notre chronique estivale d'After Dark, la compilation du label Italians do it Better.




Holosonic, le haut parleur non polluant

Posté par 2goldfish le 18.12.07 à 15:13 | tags : geek, rigolo

Holosonics, c'est le nom de la technologie qui pourrait bien révolutionner notre expérience de la musique dans les années à venir. Il s'agit d'un nouveau type de haut parleur qui n'émet de son que dans une zone très limitée. Vous pourriez ainsi écouter de la musique sans que votre voisin ne le soupçonne. Un peu comme avec un casque, sauf que les aplications sont plus larges : on peut ainsi imaginer un club dans lequel le plus gros du bruit serait limité à la piste pour qu'on puisse enfin se parler quand on ne danse plus. Dans un restaurant ou un bar, on pourrait avoir un haut parleur pour chaque table avec musique et volume au choix... Un tas d'autres applications seront certainement développées par des gens plus imaginatifs que moi. Des haut-parleurs holosonic ont déjà été installés dans des musées, des librairies, des salons et d'autres endroit où on juge important de limiter la pollution sonore. La technologie a aussi été pour la première fois utilisée dans la rue à New York pour une publicité qui apparemment fait très peur.

 

La théorie est assez simple : les ultra-sons, inaudibles normalement pour l'homme, se déforme naturellement en passant à travers l'air comme n'importe quel autre son. Cette déformation les amène progressivement dans des fréquences audibles. Les hauts parleurs holosonic calculent cette déformation et émettent les ultra-sons qu'il faut pour que ceux-ci une fois arrivés dans la zone pré-définie se soient déformés pour devenir les sons audibles désirés. La technologie serait dérivée des canons à ultra-sons développés par l'armée américaine.

 

Si vous aimez vos fenêtres ouvertes et votre death métal fort, vous risquerez pendant quelques années encore de vous faire trainer par votre voisin au tribunal ou dans le pire des cas chez Julien Courbet mais le système devrait se généraliser dans les lieux publics assez rapidement. D'ici quatre ou cinq ans il y aura un holosonic dans tous les bars branchés des grandes villes selon ma propre estimation un peu totalement hasardeuse.




Quizz Spécial : Les cheveux longs dans le rock

Posté par Myosotis le 18.12.07 à 10:51 | tags : concours, rigolo, top


Parmi les 7 plaies du rock moderne (on a déjà parlé des solos de guitare et on évoquera les autres à l'occasion), les cheveux longs figurent en bonne place. Ceux qui ont vu les vidéos du Dinosaur Jr reformé sauront de quoi je parle, Jay Mascis ressemblant désormais à un croisement génétique de Michel Polnareff babylissé et d'un fantôme japonais.
Afin de formuler des voeux de disparition de cet atti(ff)ail horrible pour 2008, voici un mini-quizz ultrasimple en 5 photos, pour gagner le nouvel album de The Clientele et un autre disque à déterminer :
Trouver les noms, identités et/ou groupes de ces 5 illustres personnages. (j'en ai déjà cité un juste au dessus)
Le premier qui a tout bon remporte la mini-mise. (c'est tout de même plus simple que le superjeu de Noël sur Dylan mais ça rapporte un peu moins).



Fairmont : Confessions d'un automate mangeur d'opium

Posté par Maxence le 17.12.07 à 18:20 | tags : électro, myspace, pop, techno

Oh mais non, non, NON ! Déjà 1 mois que j'ai fini la sélection de mon top 10 électro de l'année et voilà que débarque le Coloured in Memory de Fairmont ! Non, c'est pas vrai ! Je fais quoi moi maintenant ? Le Canadien ne peut pas être absent de mon classement, c'est impossible !!! Bon, en même temps c'est très agréable de voir ainsi ses certitudes bousculées au derniers moment d'une année 2007 décidemment parmi les plus riches que l'on ait vécu en matière de musique transgenres, d'electro, de pop ou de rock (ou d'electro-pop-rock). C'est décidé, c'est donc Jake Farley alias Fairmont sur Coloured in Memory, qui "chamboultout" (Dereck, j'espère que tu apprécieras le clin d'œil) sur la dernière ligne droite et m'oblige à revoir mon classement electro 2007 !

 

Mais revenons à ce Coloured in Memory d'exception et à son créateur, Jake Farley. Jusqu'alors plus connu pour son projet dancefloor sous le pseudonyme Jake Fairley, auquel on doit de nombreux maxis sur Sender, Kompakt ou Dumb Unit, entre 2000 et aujourd'hui, ce jeune producteur nord américain né en 1977 officie également très tôt sous le nom de Fairmont. Certains se souviennent peut-être de Paper Stars sur Traum Schallplaten, en 2002 ? Sur cet album hypnotique, et malgré des climats contrastés allant d'une deep techno limite ambiant à des tracks trancey et cotonneux à souhait, on pouvait déjà déceler les talents exceptionnels de mélodiste electro hors pairs qu'il affiche désormais clairement sur Coloured in Memory. Un talent qu'il sait exprimer en club puisque c'est avec "Gazebo" que Fairmont remporte la palme des meilleurs titres d'after de 2005, un an après que Nathan Fake et son "The Sky Was Pink" ne s'impose comme un véritable manifeste. On ne s'étonne plus alors de voir James Holden signer Farley sous son pseudo Fairmont sur son label Border Community, le label par qui le renouveau psychédélique arrive. Au minimalisme austère de ces cinq dernières années, Border Community opposait en effet avec "The Sky Was Pink", une certaine idée de la transe electro techno, teintée de pop mais aussi d'electronica très 90's.

 

Fan de rock (et de hip hop) Farley découvre l'electro au milieu des années 90. Une décennie symbolique à laquelle il rend hommage sur Coloured in Memory avec "1995", track qui célèbre l'année où il découvrit la techno, mais aussi Boards of Canada et "I care because I do" d'Aphex Twin. Mais il n'oubliera jamais ses premiers émois. C'est donc logiquement qu'il nous offre ici un album de techno psychédélique sombre et ambiguë, qui plaira même à ceux qui n'aiment pas la techno. Car Coloured in Memory est empli d'ambiances évaporées, de réminiscences new wave et shoegazer (on pense parfois à Ride ou aux Spacemen 3, allez savoir pourquoi) qui appellent inévitablement à la nostalgie d'une époque révolue. Un spleen palpable surtout quand le Canadien développe une techno vocale et lysergique, portée par un chant détaché mais plein d'une émotion introspective et finalement très "rock". Dans leur genre les titres sont également évocateurs : "Sedative for the sentimental", pour un morceau contemplatif et glougloutant, "I Need Medecine", franchement space-rock pour le fond, même si complètement électronique dans sa forme. Réalisé à partir d'antiques synthés analogiques, Coloured in Memory y gagne une patte antique, psychédélique et pop complètement hantée. Sur "Fade and Saturate" la mélodie est comme prise de léthargie, tout à fait dans l'esprit des productions de Fake et Holden, tandis que "Darling's Waltz" affiche un romantisme glacé derrière lequel on sent une dureté sous-jacente, quant à "Flight of The Albatros", c'est un morceau complexe et saturé de détails. Une pièce miroitante et mouvante, comme le reflet du soleil sur une rivière au crépuscule. Une magie totale qui opère d'un bout à l'autre de l'album, jusqu'à l'éponyme "Coloured in Memory", nouvel hommage aux musiques planantes d'hier et ultime coup d'œil dans le rétroviseur sur plus de 50 années de musiques électroniques ET psychédéliques. Magnifique ! L'album de l'année pas moins, ex-aequo avec... bah, vous verrez très bientôt.

 

Ne ratez surtout pas "Fade and Saturate" proposé à l'écoute sur le profil myspace de l'artiste, tout comme "Flight of The Albatros" et "Gazebo" !

 

Fairmont - Coloured in Memory (Border Community/Sokadisc, nov 2007)




Alizee vs Lorie : le sexmatch des Lolita

Posté par Myosotis le 17.12.07 à 13:03 | tags : chanson française, people, pop
Quand une Lolita vieillit, elle a tendance à coucher avec une ministar de la chanson (Garou, Jérémy Chatelain), à vouloir rénover son "staille" et à raccourcir un peu plus la taille de sa minijupe, histoire de cacher les premières pattes d'oie qui apparaissent dans l'entrecuisse. Heureusement pour nous, Lorie et Alizée n'en sont pas encore là, même si, à respectivement 23 et 25 ans, Alizée Jacotey et Laure Pester sont de vieilles routières du showbusiness, elles n'en ont pas pour autant perdu leur fraîcheur et leur enthousiasme. Alors que la jeune Corse amorce son virage arty (chaud) par un album plus sophistiqué, electro-pop, l'autre se tourne définitivement vers le dance-floor de quartier pour servir (théoriquement, seulement, parce qu'à part un ou deux titres, cela ne saute pas aux oreilles) la tektonik sur un plateau aux masses ados provinciales.

 

Puisqu'on va encore m'accuser de tirer sur les ambulances et de m'intéresser à ce que je ne devrais pas, je me contenterais pour une fois d'un constat lapidaire : les deux albums ne valent pas grand chose et ne mériteraient pas d'être écoutés s'ils n'étaient promis tous les deux à un succès populaire, se transformant de fait en (sic) "outils de compréhension du monde moderne". Cela n'empêche pas qu'on puisse les trouver sympathiques et écouter avec un plaisir coupable un ou deux titres qui sortent du lot. Côté Alizée, l'album est intimiste et pop. Le single Melle Juliette donne une assez bonne image de ce que veut faire l'ex-Lolita à savoir une pop léchée, intelligente et si possible entêtante. Psychédélices est bien produit, bien outillé, mélangeant des sonorités électro de bonne facture avec des guitares bienvenues, une vraie recherche de composition et des tas de références incongrues. Melle Juliette parle de Commedia dell' arte, des Montaigu et Capulet, du bon William, on trouve plus loin une chanson baptisée "Mon Taxi Driver" ainsi que sur "Fifty Sixty" des mentions de Lou Reed et de Nico, ou encore de la Motown sur Lilly Town. On peut aimer ces rimes typiquement françaises, ces jeux de mots à la Raymond Devos ou les trouver carrément cheap ("tu bois le calice jusqu'à l'hallali" sur Psychédélices; "mon lover goûte la saveur sous mon pull-over") mais le fait est qu'il y a eu du boulot et que cela se sent. Malheureusement, il reste difficile de s'enthousiasmer pour un album dont n'émergent que quelques titres (le single, "Lonely List" et "Idéaliser") et qui, le reste du temps, se traîne un peu. Jamais plus ressemble à un bon titre de Mylène Farmer. "Décollage" démarre bien mais vire à l'insupportable et enchaîne les métaphores astronomiques jusqu'à l'overdose. L'effet aurait pu faire un beau final amoureux si le morceau était un peu moins long et gardait sa vivacité jusqu'au bout. Les paroles accusent le coup "c'est toi qui m'as fait un peu divine"...juste un peu alors. Ne devrait-on pas dire d'ailleurs..."faite un peu divine" ?

 

 

Lorie n'évolue pas du tout sur le même registre, au point qu'on se demande si les réunir dans un même article est pertinent (non de toute évidence, sauf à assumer un fond de pédophilie - aujourd'hui dépassé par l'état civil des damoiselles). Alors qu'Alizée parle de sa vie, de ses amours, de son "intériorité", la jeune Pester semble se contenter d'approches plus superficielles. Les textes sont clairement moins précis, les termes souvent génériques et les préoccupations moins subtiles : Lorie danse, va vite, fait oeuvre de bons sentiments, mais ne fait clairement pas dans la chanson d'analyse psychologique... Les chansons perdent en force et en émotion mais permettent en revanche à un auditoire de les interpréter à sa guise, voire de récupérer ses mots d'ordre et de les prendre à son compte. Brodant sur son propre personnage et sur son parcours, Lorie développe en réalité le thème fort intéressant de l'identité troublée, du passage de la femme à l'enfant. Cela donne des chansons un rien schizophrènes où des interrogations métaphysiques ("nul ne sait vraiment qui je suis vraiment, la femme ou l'enfant. L.O.R.I.E..je n'ai rien d'une poupée de son, de cire au musée" sur le très bon single "2lor en moi") ou des étalages de bons sentiments qui font sourire ("la planète se déchire pour le chacun pour soi." sur "Le Bonheur").

 

Le son évolue entre une electro assez primitive et plutôt efficace ("2Lor en moi", "L'accalmie" et son démarrage tektoniko-fête du tuning). Parfois, la découverte d'un problème "important du monde moderne" conduit à une révélation épatante et émouvante à la fois. La chanson "1 Garçon" sur un petit ami qui devient pédé (Billy Crawford ?) est tout à fait juste : "est-ce que je perdrais la raison parce que t'aimes un garçon ?"). Entre Indochine et Taxi Girl, le morceau assez enlevé, plus rock, affiche quelques belles qualités et constitue le morceau le plus écoutable de l'album. Le reste sonne souvent toc et trop étudié pour être honnête :" je suis aujourd'hui comme j'ai envie. Je suis pas un ange qu'on échange pour l'une ou l'autre.", sur "Pas un Ange". Lorie trouve quelques belles formules ("j'ai mis des années à apprendre à voler. J'ai mis des années à apprendre qui j'étais." sur On ne grandit vraiment jamais, mais peine à mener une chanson au bout. On retiendra une autre thématique évidente : celle de la vitesse dans un univers libéral. Lorie croit en l'individualisme et à la capacité de prendre son destin en main. C'est une femme pressée sur Je vais vite "je vais vite. Je m'entraîne à ne pas perdre une seconde" "Appuie sur play. Le son va t'emporter. Il ne faut pas s'arrêter.", sur "Play". Lorie, l'ancienne égérie de Raffarin (qui trouvera ici une inspiration sans fin "tu crois que le monde n'appartient qu'à ceux qui maîtrisent leur destin. Avance encore malgré les éclats du sort", Jean-Pierre sur "Avance encore") a un côté James Dean des familles, une dimension suicidaire qui la pousse à consommer ou consumer sa jeunesse à toute allure. Ca s'échauffe sur la fin avec des titres au contenu plus explicite comme "L'amour autrement" ("tu me fais l'amour autrement. C'est ça que j'aime", espérons que Garou ne soit pas sodomite) ou le plutôt bon "La Reine", ultrarapide et offensif :" Je veux la nuit, je veux le jour, je veux l'amour". Yeah.

 

 

On terminera très sobrement sur cette belle citation de Lorie : "tu as l'énergie et la force d'avancer. Il suffit de la trouver". Confucius tremble et nous avec. Ce qui fait peine ici, c'est qu'on se sent hors du coup si cette musique est vouée à s'imposer dans la durée ou à être jugée un jour comme une musique estimable; car on n'en perçoit pas les qualités. En vieillissant, les lolitas perdent leurs attraits sexuels premiers et doivent se recomposer entièrement. Cette mutation irremédiable est à la fois fascinante et désolante lorsqu'elle libère une nouvelle créature dont le talent est... absent. Il est un peu trop tôt pour dire ce qu'il adviendra des 2 misses (l'industrie du disque bataillera pour les maintenir en vie le plus longtemps possible et tant qu'elles rapportent) mais on a peur pour elles.

 

 




Albums cultes des géants du bizarre #27 : Cabaret Voltaire – Voices of America

Posté par Maxence le 15.12.07 à 12:17 | tags : contemporaine, culte et bizarre, électro, punk
The "Cab", un terme dont les plus jeunes d'entre vous ignorent le sens. Et pourtant, que serait la musique électronique aujourd'hui sans Cabaret Voltaire ? "Nag Nag Nag", "The Set Up", "Yashar", "Here To Go", autant de morceaux cultes et d'hymnes entêtants qui préfigurent la musique industrielle des 80's, puis la techno. Mute, le célèbre label à la Grey Area, ne s'y est pas trompé et réédite régulièrement albums et compilations rétrospectives de ce trio légendaire. Toujours actifs, ces pionniers de la musique électronique - et même, de l'électroacoustique - continuent à produire séparément des œuvres passionnantes et originales. Le prolifique Richard H. Kirk propose une musique électronique matinée de dub, d'industrial, de world et de punk sur son propre label ou chez ses très pointus confrères, Warp, Cocosolidciti, Soul Jazz, et bien d'autres. Le discret Chris Watson, s'engagera un temps dans The Hafler Trio et propose aujourd'hui des documents sonores ethnographiques sous forme de field recordings (enregistrements live, pris sur le vif) et de l'ambient. De son côté, Stephen Mallinder, l'ex-préposé aux vocaux scandés, puis au chant dans la période "mainstream" du groupe, émigre en Nouvelle Zélande après le split dans les 80's et formera, entre autre, un groupe avec Dave Ball (de Soft Cell). Chaotique et créative, c'est ainsi que se présente cette "généalogie du désordre", à laquelle ont largement participé Stephen Mallinder, Richard H. Kirk et Chris Watson sous le nom emblématique de Cabaret Voltaire.

 

Difficile de faire un choix dans l'œuvre plus que complète des trois de Sheffield, mais c'est sur Voices of America que je jette mon dévolu sans hésiter. Pourquoi ? Simplement parce qu'il s'agit de leur premier véritable album et que c'est principalement sur ce disque complexe que Cabaret Voltaire croise le fer avec la musique industrielle tout en incluant des réminiscences rock. Définissant ainsi ce que devrait être le post-punk et plus tard, la new wave. Soit une musique expérimentale, profondément imbibée de conscience politique et sociale. Les échos de la fin de l'ère industrielle sont particulièrement retentissants, en effet, dans le nord de l'Angleterre. Sheffield vit au rythme des licenciements, de l'inflation et du chômage. Dans ce contexte social chaotique Cabaret Voltaire propose une réflexion sur ce que doit être l'art en général, et la musique en particulier, à l'orée des 80's. Dès le début Cabaret Voltaire se situe dans la mouvance expérimentale, usant des technologies de leur époque, trafiquant les bandes audios, pratiquant le collage et le détournement d'actualités enregistrées en ondes courtes sur leur radio. L'usage de documents sonores les place dans l'héritage direct de personnalité comme l'écrivain outsider William S. Burroughs, manipulateur de mots et de sons, co-inventeur du concept de cut-up et d'Electronic Guerrilla.

 

Toutes ces idées et ces techniques sont présentes sur Voices of America "The Voice of America / Damage is Done" et "Obsession" sont des dubs industriels lents, portés par une basse élastique glissant sur les éclats de verre pilée de la guitare de Kirk, jouée d'une manière à la fois délicate et bruitiste. "Décharnée" serait le mot juste. "Stay Out of It" et "Messages Received", sonnent comme des reprises garage rock anémiées et annoncent des morceaux comme le mythique "Nag Nag Nag". "This Is Entertainment" se présente comme un funk bancal, basse en avant et cris de clarinette presque free jazz, accompagnés des vocaux scandé d'un horrible accent du Yorkshire par Mallinder qui répète : "This Is Entertainment, This Is Fun" d'une voix tendue qui en dément complètement l'optimisme idiot, tandis que "Premonition" s'abandonne dans la mélancolie non sans une certaine inquiétude. "If The Shadows Could March?" et "Partially Submerged" l'aspect le plus expérimental de Cabaret Voltaire, sonnant comme une electronica electrocutée, saturée de percussions rouillées et de grésillements de machines en déroute. Culte mais franchement bizarre...

 

Cabaret Voltaire - Voices of America (Rough Trade, 1980)




The Motorik sound of Pilooski Edits

Posté par Maxence le 14.12.07 à 17:25 | tags : électro, funk, myspace, rock

Petite séance de vocabulaire. "Motorik" en allemand désigne le son répétitif, parfois hypnotique et souvent psychiquement excitant, de certaines formations du krautrock allemand des 70's. C'est par exemple le jeu de batterie caractéristique du batteur de Can, Jackie Liebezeit, ou les rythmes saccadés des compositions de Neu! ou de Faust sur leur album So Far. Vocabulaire, suite : Un "edit" désigne le résultat d'un re-editing, une technique dérivée des expériences des DJ new yorkais de la fin des années 70, qui oeuvraient au Paradise Garage ou au Loft, et découpaient méticuleusement le groove en tranches sur des morceaux funk, soul ou disco originaux pour les transformer en version extended play, ou "version longue". Assez longues en tout cas, pour faire danser le public jusqu'au bout de la nuit. Qui rallongeait la partie rythmique, qui ajoutait des effets, qui encore, rajoutait des beat. L'edit n'est donc pas à proprement parlé un "remix", rien n'est vraiment ajouté au morceau qui n'existait déjà sur le titre original. Le producteur ne fait qu'allonger la durée afin de générer une ambiance propice à la transe et la danse, tout en restant très cérébral.

 

Ce rythme si particulier, c'est justement celui qu'affectionne le Français Pilooski, "l'éditeur venu de l'est" comme le nommait à juste titre, Philippe Azoury, mon collègue de Tsugi, le mois dernier (Cédric Pilooski, puisque c'est son vrai nom, ayant des origines polonaises). De fait, qu'il s'agisse de Prince ou d'Alan Parsons Project, chaque morceau approché par Pilooski semble soudain avoir été écrit et composé par Can, ou Suicide. C'est particulièrement évident sur cette compilation à tirage limitée (1000 exemplaires en tout et pour tout) qui réunit une partie des maxis collectors du Français. Sur Dirty Edits vol. 1, on retrouve sa version du "Send Him Back" joyeusement frénétique des The Pointer Sisters, quelques interludes poétiques et étranges. Un cut de la "La Nuit du Chasseur" en intro, classe. "Le Petit Chevalier" une comptine parfaitement glaçante, ou l'inénarrable reprise de "Black Hole Sun" de Soundgarden, "Franck Sinatra-isée" par Steve and Eydie, mais surtout, des edits cultes du signor Pilooski, comme son travail sur "The Brain of Oscar Panizza" de Michael Bundt, un morceau rendu véritablement cosmique dans une total défonce krautrock, tout comme le "I Robot" d'Alan Parsons ou le "Get Up" du funkateer Edwin Star où l'on croirait entendre Alan Vega jammant avec James Brown ! Bien évidemment, Pilooski ne pouvait pas ignorer Can, et quand il s'attaque à "Mothersky", ses guitares suraiguës (la cinquième minute, gniiiiii !!), ses toms en furies, c'est véritablement l'heart attack qui nous guette ! Pour finir, l'album offre une version à la fois émouvante et hilarante de "The Wicked Game" de Chris Isaac par Les Reines Prochaines. Si vous ne connaissiez pas, c'est le moment de vous y mettre. Bref, il n'y a rien à jeter sur ce volume 1 des Dirty Edits et ceux qui s'étaient rués sur les maxis vinyles avant tout le monde le savent bien. Les autres devraient se dépêcher, il n'y en aura pas pour tout le monde. Quant à nous, on attend la suite avec impatience...

 

A propos, surveillez avec attention le profil myspace du bonhomme pour écouter ses nouveau travaux souvent proposés en ligne en avant première, et taper "Pilooski" sur le site Hype Machine qui répertorie tous les blogs musicaux qui proposent gratuitement ses édits.

 

Pilooski - Dirty Edits Vol.1 (Tigersushi/Discograph)




Ricardo Villalobos ce soir au Studio 88 (Aix)

Posté par Maxence le 14.12.07 à 10:31 | tags : agenda, électro, techno

http://www.grossomodo.net présente vendredi 14 décembre l'événement !

 

Communiqué de presse : Ricardo Villalobos (Playhouse-Perlon) DJ
Enfin Ricardo ! Après son faux-bond en mai (un problème de santé : les DJ's ne sont pas des robots !) il débarque au 88 ! Un événement ! On doit au maestro germano-chilien l'avènement de la "minimale" dans laquelle il a mis tout son génie, pulvérisant les barrières et repoussant les limites du genre. Ce performer hors normes (d'Ibiza à Berlin, il est une sorte de messie) met dans la musique toute son insatiable créativité. Après l'accession au statut de référence de la plupart de ses maxis sur Playhouse ou Perlon, Ricardo a décrété qu'il ne composerait plus au sens conventionnel du terme mais que sa création sortirait désormais exclusivement de ses remixes (comme celui invraisemblable pour le "Blood on My Hands" de Shakelton) et de ses DJ sets marathons... C'est ainsi le cas pour l'hallucinant nouveau volume de la prestigieuse série de compilations mixées Fabric ! C'est à un de ces moments de mix privilégiés que le Studio 88, club des clubs sudistes, vous invite !

 

Avec aussi Sarah Goldfarb (Treibstoff-Dumb Unit/Marseille) live. Le Marseillais n'en finit plus de monter dans la galaxie minimale avec ses tracks toujours plus hypnotiques, toujours plus stratosphériques... & Gallel Da Bitch et Little Sugar.

 


Ouverture exceptionnelle : 23h
Résident : Loac
Ticket 20 € avec conso




Radiohead à Bercy en juin, c'est maintenant ou presque !

Posté par LovelyRita le 13.12.07 à 21:17 | tags : agenda, news, pop, rock

 

 

Tout est dans la photo sauf la date et le lieu ! Radiohead sera en France en juin 2008 pour une série de concerts événement. Pour le moment, 2 dates à Paris-Bercy (9 et 10 juin) et un passage à Nimes le 14 juin sont calés, on parle aussi d'une date à Arras dans le cadre du festival Main Square Festival en juillet 2008. Les places seront en vente dès vendredi 14, soit aujourd'hui, à partir de 10h dans notre nouvelle rubrique sortir billeterie. Les places vont partir comme des fusées, inutile de le dire ! 

Voir les concerts de Radiohead

 

 




Soul Jazz Singles : Radio Babylon

Posté par Maxence le 13.12.07 à 18:34 | tags : dub, électro, label, punk

Le label Soul Jazz, fondé par Stuart Baker en 1992, "parle en langues". Dans un cadre religieux, cette expression est employée pour désigner une personne soudainement capable de parler toutes les langues existantes sur cette planète, et même d'autres, totalement inconnues. Ce phénomène aussi appelé "glossolalie" est particulièrement opérant dans les moments de transe. "Parler toutes les langues existantes", tous les langages musicaux, ou tout du moins les plus intéressants, c'est exactement ce que fait ce curieux label anglais basé à Londres. Du reggae dub le plus traditionnel (mais toujours novateur) aux dernières mutations dubstep, du free jazz éthiopien à l'avant-garde No Wave new-yorkaise de 1978 à 1988, en passant par les expérimentations bruitistes les plus extrêmes et les pièces électroniques finement ciselées de producteurs contemporains, sans oublier les multiples mutations post-punk, new wave, pop ou disco des origines à nos jours, Soul Jazz explore le large spectre de la musique du monde, dans le sens contemporain, urbain et pertinent du terme, depuis près de 15 ans. Et comme la musique vivante se joue dans les clubs, Soul Jazz a inauguré il y a deux ans une série de singles réunis ici sous la forme d'un double CD bourré jusqu'à la gueule de pépites dansantes, trépidantes et rêveuses.

 

Imaginez la radio idéale compilée sur deux CD de plus de 77 minutes chacun (mode random conseillé) et vous avez, peu ou prou, une idée juste de ce que donne Soul Jazz Singles. Une sélection hyper éclectique donc, qui relie le post-funk d'ESG (le fameux "Insane") à l'electronica de Kit Clayton, le space disco tout en arpegiatos de Subway (le tunnel motorick de "Sattelites" et la saga cosmique de "44110"), l'incroyable reprise de "I Will Survive" malicieusement glissée au sein du ragga "Dem a Bomb We" par les filles Ladybug, les clicks et les cut housey de Sutekh ("Kill The Monkey"), le trip hop jazzy de Soul 223, l'acid house de Capracara (excellent "Opal Ruch"), l'electro classic de Private Lives, le funk'n'dub de Mathias Aguayo ("Uno"), etc. Comme la passion originelle de Soul Jazz est avant tout le reggae et le dub (le label tourne d'ailleurs dans le monde entier sous le forme d'un sound system), il était évident de voir Stuart Baker, son patron, se pencher sur le cas dubstep. C'est pourquoi on retrouve également ici la crème du genre, Digital Mystikz, Kode 9 et Skream. Soul Jazz s'est d'ailleurs fendu de deux fameux volumes explorant le sujet, Box of Dub (sous titré "dubstep and future dub") mais c'est une autre histoire sur laquelle nous reviendrons bientôt. Stay tuned !

 

V/A - Soul Jazz Singles (Soul Jazz/Discograph)

http://www.myspace.com/souljazzrecords




Décès d'Ike Turner

Posté par LovelyRita le 13.12.07 à 17:36 | tags : blues, cimetière, news, rock
C'est en Californie, à son domicile, que le musicien Ike Turner est décédé mercredi 12 décembre. Il avait 76 ans, avait été marié à la chanteuse tigresse Tina Turner et s'était vu décerné un chouette titre de la part des historiens de la musique. Son titre "Rocket 88" écrit en 1951 a été qualifié par les grands chercheurs, docteurs et analystes du rock comme le premier titre de l'histoire du rock'n'roll jamais écrit. Un putain d'honneur, même si on admet qu'il y a plusieurs pères du rock'n'roll (Elvis, Chuck Berry, Little Richard...). Grâce à ce "Rocket 88", Ike et son band les Kings of Rythm sont devenus célèbres dans la ville de St Louis et le reste de sa carrière sera surtout lié à une rencontre. Alors qu'il a 16 ans, il fait la connaissance d'une chanteuse, Anna Mae Bullock, qui est en fait la future Tina Turner. Leur rencontre aboutira à la formation du groupe Ike & Tina Turner et à un mariage qui a fait parler de lui et qui a été rompu en 1976. A part "Rocket 88", il faut ajouter d'autres titres à l'oeuvre de Turner : "River Deep", "Mountain High" ou encore "Nutbush City Limits". Plus près des années 2000, on avait vu Ike Turner participer à un album de Gorillaz et remporter en 2007 un Grammy Awards pour son album "Risin’With the Blues".



Bob Dylan n'est pas là

Posté par 2goldfish le 13.12.07 à 14:58 | tags : folk, pop, rock

Avant tout, je dois vous dire que je n'ai pas encore vu I'm Not There et que je ne vais vous parler ici que de la bande originale en toute ignorance de cause. Cette bande originale, c'est deux CD bourrés à ras bord de reprises de Dylan par tout un tas d'artistes extrêmement cools (ou qui font un effort honorable pour l'être). A l'échelle de ce que nous avons été habitués à attendre de ce genre de disque (deux trois bons morceaux, beaucoup de choses moyennes, quelques horreurs incompréhensibles et finalement un oubli très rapide) I'm Not There est une réussite absolue, un chef d'oeuvre inespéré. A l'échelle des disques sortis cette année, il est dans les "plutôt sympathiques".

 

I'm Not There, c'est le nom d'une chanson de Dylan, une des nombreuses Basement Tapes enregistrées avec le Band en 1968. Elle clôt cette compilation et c'est la première fois qu'elle paraît officiellement, qui plus est dans une version plus "pure" que celle qui circulait en bootleg depuis toujours, retrouvée dans les archives de Neil Young. Musicalement c'est un morceau typique de ces enregistrements, assez proche du plus célèbre "Tears Of Rage". Les paroles par contre sont parmi les plus énigmatiques du répertoire de Dylan, et ce n'est pas peu dire. Que veulent dire ces vers disjoints, indéchiffrables, ces phrases à moitié terminées, ces marmonnements incompréhensibles ? Cela pourrait être juste un passionnant coup d'oeil qui nous est offert sur un travail en cours, une simple esquisse jamais finie d'une chanson d'amour amère. Ca pourrait bien aussi être une chanson sur l'incapacité à communiquer, sur un blocage artistique et mental. Sur le désengagement, sur le détachement, sur la drogue... Dylan le blagueur qui se fout une fois de plus de nous ou le voleur qui a encore piqué les paroles de vieux blues que lui seul connaît. Il doit y avoir une voie de sortie. Lui s'en fout, il n'est pas là.

 

Les trente trois autres chansons de la compilation oscillent entre tout ça : Stephen Malkmus joue à Dylan 1965 et se fout de nous et on adore parce qu'il est juste trop cool, même chose pour Cat Power qui est juste parfaite sur "Stuck Inside Of Mobile", les vieux Roger McGuinn et Willie Nelson font des merveilles accompagnés de Calexico et nous tirent des larmes. Une foule d'artistes s'occupe du reste de la playlist, excellente même si elle privilégie les morceaux relativement obscurs aux tubes (Mark Lanegan, The Hold Steady, Yo La Tengo, etc...).

 

Ceux qu'on remarque le plus cependant, ce sont les Million Dollar Bashers, groupe monté pour l'occasion composé de Stve Shelley et Lee Ranaldo de Sonic Youth, de Nels Cline de Wilco, Tom Verlaine et deux trois autres. Ils jouent derrière plusieurs de ces chanteurs, du moins surtout pour les blues les plus sauvages et ils sont pour beaucoup dans la cohésion et la qualité du disque. Certes, Eddie Vedder, Sufjan Stevens, Charlotte Gainsbourg et une poignée d'autres artistes ont complétement raté leur participation et plombent un peu ces deux disques mais, dans l'ensemble, I'm Not There et à la fois le meilleur tribute et la meilleur bande originale de film à être sorti cette année.




Celui par qui tout à commencé, ce soir au Batofar !

Posté par Maxence le 13.12.07 à 11:24 | tags : agenda, électro, pionnier, techno

Dans le cadre des soirées Technorama, le Batofar accueille ni plus ni moins que le pionnier des pionniers : JUAN ATKINS (Metroplex, R&S, Tresor - Detroit) accompagné de DJ JEE (Technorama, Tsugi, Topplers - Paris) et OXYD (Technorama, Triangle Fm - Paris) et c'est CE SOIR (21h à l'aube / Entrée : 12€ & 10€ avant 22h) !

 

Technorama est de retour au Batofar et reçoit l'une des légendes de la musique électronique Américaine. Né en 1962 à Detroit, Juan Atkins est l'un des pères fondateurs de l'électro aux côtés de Derrick May et Kevin Saunderson. Bercé aussi bien par les productions de Funkadelic ou Parliament que par les groupes européens de pop synthétique comme Kraftwerk, Telex ou Devo, Juan a parfaitement su digérer ses influences qu'il retranscrit à merveille dans ses émissions de radio et dans ses sets. On le retrouve en tant que producteur sous les pseudos de Infiniti, Model 500, et sur les projets Cybotron, X-Ray ou Frequency. Son escale à Paris nous promet deux heures de dj set mémorable. Il sera accompagné par les dj's du collectif Technorama, à savoir Dj Jee et Oxyd. Enjoy tonight !

 

More infos & mailing list :
http://www.myspace.com/technoramaparties
www.myspace.com/68657561 - www.myspace.com/djjee
http://www.myspace.com/oxyd313






Dan Deacon : Le roi de la déconne

Posté par Maxence le 12.12.07 à 18:37 | tags : électro, myspace, punk, rigolo, vidéos musicales, youtube
C'est mercredi, c'est donc le jour des petits. Ça tombe plutôt bien parce que je vais vous présenter Dan Deacon. Cet Américain originaire de Baltimore, la ville du cinéaste trash John Waters, est un cas ! Gras du bide, habillé comme un sac, il incarne un genre de professeur Tournesol de l'electro expert en enfantillages, auquel viendraient s'ajouter un humour informe et souvent limite, une touche d'hystérie et un don inné pour transformer toutes ses débilités en instants de pure magie pop. Prenons par exemple "Woody Woodpecker", le titre qui ouvre le bal folledingue de son Spiderman of The Rings. Tout commence par quelques notes de vibraphones doucettement égrenées et puis tout part en sucette avec l'arrivée inopinée du fameux ricanement de l'oiseau agaçant qui donne son nom au morceau. Pourtant derrière la répétition illimitée et insupportable des cris de ce personnage de cartoon idiot, la mélodie se poursuit comme si de rien n'était dans un parfait exercice de schizophrénie musicale. On oscille alors entre l'horreur totale, le fou rire ou la béatitude devant tant d'ingéniosité - et d'ingénuité - régressive.
 

Tout l'album est de cette trempe. Deacon y maltraite allègrement ses machines (pour la plupart récupérées dans les poubelles de sa ville) et réussit a accoucher de véritable hymnes pop punk comme le terrible "The Crystal Cat", trois minutes de plaisir pur évoquant le croisement incroyable de Suicide, Zig Zig Sputnik et Yo La Tengo, de petites douceurs electronica enlevées comme "Snake Mistakes" ou de mini-symphonies de 11 minutes de poésie electro lo-fi ("Wham City") dédiées à Baltimore, où l'Américain s'accompagne au chœur avec de joyeux gogols, déclamant à tue-tête leur impatience de voir la race humaine disparaître de la surface de la planète pour laisser la place "aux gentils animaux des champs zz'é des prairies". Car en plus d'être bien secoué, Deacon adore les animaux, d'où de nombreuses références dans ses morceaux. A me lire, il ne faudrait pas pourtant que vous imaginiez Spiderman of The Rings comme une de ces sympathiques excentricités inécoutables et juste bonnes à faire rigoler sur les pages d'un blog. Ce serait vraiment injuste parce que vraiment, Dan Deacon au sommet de sa forme, produit une musique à la fois enjouée et angoissée, mélodique et bordélique, pop et punk, souvent foutraque mais qui vaut largement Aphex Twin dans ses moments les plus inspirés (soit "Pink Batman", "Big Milk", "Okie Dokie", "Trippy Green Skull"), c'est dire le talent du bonhomme. Alors, rendez service à l'humanité, achetez Spiderman of The Rings, offrez-le à vos amis, passez-le dans vos soirées, alleeeez !

 

 

Dan Deacon - Spiderman of The Rings (Carpark/La Baleine)

Faites un tour sur son profil myspace et pour juger sur pièce, Flu' vous offre cette vidéo de "The Crystal Cat", un concentré d'enthousiasme et de folie furieuse :

 

 

http://www.myspace.com/dandeacon




Kylie Minogue : X, album de série Z

Posté par Myosotis le 12.12.07 à 15:38 | tags : électro, pop

 

 

Après Vanessa Paradis, Jenifer et avant Lorie et Alizée, me revoici sur le chemin des voix érotiques avec cet album du retour pour l'australienne Kylie MiniMinogue, enfin guérie d'un affreux cancer qui l'avait éloignée des scènes pendant quelques années (mais pas des supérettes puisqu'elle en avait profité pour fourguer un DVD live et une ou deux vieilleries). A presque 40 ans, la Lilliputienne revient avec un album de jouvencelle, tourné vers la fête, le sexe et la bam bam music, un album où l'érotisme est omniprésent au point d'en devenir rasoir et effrayant. La Kylie ingénue et mutine de "I Should Be So Lucky" (1987-88), de "Especially For You" (ft Jason Donovan, souvenez-vous), la Kylie presque arty qui se faisait éclater la tête par Nick Cave à l'endroit "Where the Wild Roses Grow" (1995) est bien loin aujourd'hui. Reste un monstre au cul bombé et entrouvert comme une bouche, une blondeur suspecte et une hypersensualité qui ressemble à un plan marketing plutôt qu'à une intention véritable. Pourquoi est-ce qu'une fille de 40 ans, plutôt bien faite de sa personne, et certes plaquée par l'odieux Olivier Martinez, en voudrait à notre corps à ce point ? C'est toute l'histoire de cet album...

 

X est un album pour la dance, le sexe du samedi soir pour lequel Kylie Minogue a embauché et débauché une armada de collaborateurs tels que DJ Mylo, les Scissor Sisters, les Suédois de Groove Armada ou encore un puceau découvert sur Myspace du nom de Calvin Harris. Tout est bon dans le cochon : les beats, le big beat, le funk, du moment que cela fait remuer les cuisses. "2 Hearts" ouvre le bal sur une rythmique basique et répétitive soutenue par des "hun, hun" (le sexe) et des "hou hou" (l'amour") incandescents. Le titre fonctionne assez bien malgré des paroles désolantes : "Two hearts are beating together, i'm in love. Is it forever?" Il manque un peu de corps pour en faire un single imparable, même si Kylie a le bonheur d'arrêter le morceau au bout des 3 minutes au delà desquelles il aurait fini par nous ennuyer sévère. "Like A drug" poursuit sur un mode similaire et une construction musicale très madonnesque. Kylie soupire, expire et se pose en créature ultrasexy, au point de s'en évanouir de plaisir à nos pieds. "You got me hooked, gotten me on the floor." Moi ? "I got my radar on you. Let's be physical." "In My Arms" replonge dans un univers dance très 80s mais un rien daté. Kylie allume toujours autant l'auditeur mais d'une voix assez désagréable, presque nasillarde parfois et qui rappelle les minauderies de Vanessa Paradis. Le titre n'en reste pas moins efficace et léger. L'interrogation existentielle atteint son paroxysme lorsque la chanteuse questionne : "How does it feel in my arms ? Do you need it ? Do you feel it ?". Après 3 assauts de cette nature, on commence en effet à la sentir. "Speakerphone" offre enfin un peu d'originalité, réussissant sur le modèle sonore du "Numb" de U2 une parfaite alliance des sonorités organiques et électro.

L'électropop a toujours été le point fort de Kylie Minogue mais un point fort qu'elle a souvent été tenté de délaisser pour rattraper la concurrence plus musclée des sexy troopers. "Sensitized" introduit un sample du Bonnie et Clyde de Gainsbourg qui sera assez mal rentabilisé. Le battement originel est abandonné trop tôt et le morceau s'enfonce dans une chanson pop médiocre avec couplet en roue libre. Le travail de production reste, comme souvent ces derniers temps, le seul intérêt de ce type de morceau. "Heart Beat Rock" étonne par sa simplicité : une boîte à rythmes, un clavier électronique et l'on se croirait dans du Pink ou du L5 expérimental. Sur un son à la Spice Girls, le morceau fonctionne bien avant de s'avachir sur sa propre longueur. Avec "The One", Kylie se paie une introduction à la New Order et un chant transformé qui fait penser au "Pocket Calculator" de Kraftwerk en moins bien. Côté positionnement ("Love Me, i'm the One" x4), on est toujours dans l'offrande sexuelle absolue. L'effet cumulatif donne le tournis et fait de cet album, justement nommé, une sorte de téléthon du sexe, un fantasme total ou Kylie devient l'Isis Blonde de la luxure, l'étoile polaire d'une nouvelle cosmogonie. Pouah ! Les 5 dernières chansons ne parviennent pas à relever un travail plutôt passe-partout et qui manque d'éclat. "No More Rain" tente un démarrage quasi-acoustique mais se vautre sur un mixage de la voix trop aiguë. "All I See" est un hit dance-floor assez mainstream et interminable. Stars cherche son refrain, tandis que "Wow", le meilleur morceau du dernier tiers, trouverait parfaitement sa place après un titre de Début de Soirée dans une soirée mousse à Saint Etienne. "Nu-di-ty" tutoie (et épelle) le ridicule, quand "Cosmic" nous livre un dernier exemple de crooning sexy pathétique.

 

Trop de sophistication nuit à l'émotion. A l'inverse d'une Madonna qui tient une ligne tonique, Minogue peine à définir un style qui lui convienne. Heureusement pour son X; son entourage maquille suffisamment bien le manque de choses à chanter et d'homogénéité artistique pour que l'on se trouve face à un désastre total. Quelques titres accrocheurs pris isolément sont susceptibles de faire croire que Kylie existe toujours sur le terrain de la dance pop, quand bien même on se fait du souci pour elle. Il n'est pas certain, du reste, que la petite Australienne ait jamais fait autre chose que d'enrober 1 ou 2 bons titres dans de la mélasse. Auquel cas, elle est ici à son niveau.

 

http://www.kylie.com/




Hot Chip prêt à enflammer la piste

Posté par LovelyRita le 12.12.07 à 11:34 | tags : électro, news, pop, uk, vidéos musicales, youtube
2007 n'est pas encore fini, que nous rêvons tous de passer à autre chose, d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté en 2008. Si seulement je pouvais choper une Delorean, aller dans le futur et me retrouver en plein mois de février, le 4, très précisément, pour la sortie de Made in the dark, nouvel opus des Anglais de Hot Chip... Un disque auto-produit dans leur home-studio à Londres, qui contient 13 titres et ce fabuleux, mais fabuleux "Ready for the floor". Les fidèles du groupe s'y retrouveront et les non-initiés ne pourront réister longtemps à la voix fluette d'Alexis Taylor qui chante "I'm hoping with chance, you might take this dance" et à la surdose de pop qui dope ce titre pour en faire un potentiel number one hit de 2008 !
 



Le thé au Harem de Guillaume & The Coutu Dumonts

Posté par Maxence le 11.12.07 à 18:03 | tags : électro, funk, techno

Ecoutez. Ça commence par la lecture d'une sourate, un passage du Coran pour le Salaat (l'appel à la prière) et puis le rythme arrive, une grosse bourrasque de percussions légères suivies d'une ligne de basse vibrante comme le Semoun, ce vent chaud qui vient du désert et qui fait résonner le sable. Womb, womb. Une nappe enfin, vient rafraîchir l'atmosphère, et c'est bon ! Cette ambiance immédiatement prenante est le fruit du travail de Guillaume & The Coutu Dumonts, un producteur globe-trotter qui se destinait à devenir ethnologue avant de commencer la musique. Passionné d'ethnomusicologie, même s'il réfute "l'ethno-techno" et ces parodies de musique indienne ou arabisantes accompagnées d'un gros beat techno, Guillaume s'avoue également fasciné par l'orient et surtout transformé par un récent voyage en Afrique au côtés d'un groupe de jazz dans lequel il jouait des percussions. Un art qu'il doit d'ailleurs à une formation en percussions latines, discipline qu'il exerça à l'instar de Ricardo Villalobos (avec qui Coutu Dumonts partage de nombreux points communs) juste avant de se familiariser avec la musique électroacoustique. C'est certainement ce parcours peu orthodoxe qui fait de Face à l'Est, son premier album signé sur Musique Risquée, le label d'Akufen et Vincent Lemieux, un disque unique, à la fois frais et extrêmement abouti.

 

Normal, puisque si Guillaume & The Coutu Dumonts est un nouveau projet, ce transfuge du fameux festival Festival Mutek de Montréal et protégé de son directeur artistique, Alain Mongeau, n'est pas moins à la tête d'un nombre étonnant d'initiatives, dont Egg (avec Julien Roy), Luci (avec David Fafard), Chic Miniature (avec Ernesto Ferreyra), Flabbergast (avec Vincent Lemieux) et j'en oublie. Sur Face à l'Est, l'exotisme des influences moyen-orientales ou africaines a beau être présent, le producteur privilégie constamment la subtilité. Ces influences sont plutôt là en filigrane, comme un souffle, uniquement audibles à celui qui sait écouter. Une exception pourtant sur "Les Gans", largement inspiré par la musique éthiopienne, où Coutu Dumonts réunit minimal house et jazz, et qui est une vraie réussite. Sa musique est à la fois très organique et très précise, presque mathématique, mais de ces mathématiques du chaos à la Villalobos (qui joue d'ailleurs régulièrement les maxis du Canadien). Elle joue sur les échos, la polyrythmie et les sons microscopiques. Sur ses morceaux les plus hypnotiques, Coutu Dumonts crée des espaces en apesanteur et des mélodies sous forme de nappes ou de bleep electronica. Des variations qui utilisent également les voix, donnant une teinte housey à des compositions qui gagnent alors en chaleur et surtout en sens, même si c'est souvent de manière subliminale. A ce propos, le Québécois m'expliquait récemment en interview : "L'Occident a les yeux rivés sur l'Orient (et le Moyen-Orient). Pour plein de raisons, je crois que nous courrons vers une confrontation si la machine ne se renverse pas. Parfois je crois que la musique électronique est un peu trop dépourvue de sens. Il n'est pas facile de passer un message lorsqu'il n'y a pas de paroles (quoique l'on retrouve du texte sur l'album). Sans vouloir passer un message politique... j'aime penser que le titre donne le ton à l'album. Pose une question en sourdine...Pour moi les artistes ne doivent pas faire de la politique mais une de leur fonctions est de poser des questions. Sagesse et transcendance, intelligence et goût du risque, réunis sur un même album, décidemment ce Coutu Dumonts est un cas ! Meilleur espoir 2007, pas moins.

 

A écouter sur son profil myspace "Don't Cheet With Concrete", "Yenon" et "They Only Come Out, tous trois tirés de Face à l'Est.

 

Guillaume & The Coutu Dumonts - Face à l'Est (Musique Risquée/Nocturne)




Toi aussi, remplace Pete Doherty sur scène....

Posté par Myosotis le 11.12.07 à 15:49 | tags : live, people, rigolo, top, uk, youtube
 

Après le no-show spécialité maison qui consiste à ne pas venir à ses propres concerts et conduit souvent à une... annulation du spectacle sans préavis, Pete Doherty et l'un de ses amis des Babyshambles ont initié une nouvelle forme formule : le no-show with free substitute (soit le "je viens pas mais je me fais remplacer") qui permet de faire face à tous les imprévus. En matière de musique live, le NSFS est l'équivalent du livre dont vous êtes le héros dans l'univers de la fantasy. Vous achetez (cher) un billet pour les Babyshambles (cette fois, il s'agissait d'un show à Londres pour une quelconque remise de prix organisée par le NME) et attendez quelques dizaines de minutes que Pete Doherty, malade ou ayant une quelconque excuse béton (un pantalon sale, un accident de voiture, un deal à terminer, une cure à entamer) se fasse porter pâle. Là, et au lieu d'annuler tout simplement le spectacle, vous demandez à un fan (il y en a plein en réserve, d'ailleurs, ils sont venus pour vous voir) de venir sur scène et de remplacer le leader du groupe SUR TOUTE LA DUREE DU CONCERT. Généreusement, vous lui filez même la guitare ce qui lui permet d'assurer et les voix et la mélodie. Et vous n'avez pas à rembourser......

Le NSFS a été inaugurée par les Babyshambles à Londres et pourrait être étendu à d'autres groupes. Mark E. Smith, leader de The Fall, anime au sein de sa structure un groupe de travail sur ce thème qui pourrait aboutir dans les prochains mois : comment faire quand je suis trop bourré pour continuer à chanter après 12 minutes de concert ? The Pogues se seraient dits intéressés et il se raconte que Milli Vanilli et Seal, les fakes les plus célèbres de l'histoire du rock, soient en passe de reprendre du service pour remplacer qui, nul ne le sait ?

En ce qui concerne les Babyshambles, qui seront bientôt en France (on est contents pour eux), le tour de passe-passe n'aura duré qu'une... dizaine de chansons. Certains spectateurs (arrivés en retard ?) ont juré ne pas avoir vu la différence. En vidéo, il ne faut pas être difficile et aimer la musique passée au compacteur. Si le "joyeux remplaçant" tente de chanter comme Doherty et même de gratouiller comme lui, il manque d'autorité sur le groupe pour se faire entendre. J'en profite pour vous donner mon

 

Top 5 des meilleures "conneries" de Pete Doherty de l'année 2007 :

1. Le chat au krach (ça c'est fort, mais pas prouvé)

2. la décision de la juge amoureuse de lui accorder une remise de peine parce qu'il était clean

3. la vente de dessins au sang pour 7 000 euros pièce

4. le NSFS (voir ci-dessus)

5. la transcription de son journal de cure sur le net où il développe style "développement personnel" les avantages et les inconvénients de continuer à se droguer.

(6. la projection de sang avec une seringue sur une caméra tenue par des journalistes allemands ?)

(7. la vidéo de Doherty en train de se piquer dans les coulisses des MTV Awards ou alors celle de la vidéo de lui en train de piquer une fan mineure ?)

Possible que j'en ai oubliées....




Duran Duran se prend le pied dans sa Red Carpet

Posté par Myosotis le 11.12.07 à 11:19 | tags : pop, rock, uk

En course pour le titre de "pochette la plus crade de l'année", les Duran Duran re-reviennent après leur premier re-retour en 2004 et l'album Astronaut (pas si mal) pour un Red Carpet Massacre qui, globalement, porte assez bien son titre : du glam, du massacre (musical), mais aussi de quoi se...réjouir d'être toujours en vie.

 

Avec eux et cette fois encore, c'est la luxure et la classe qu'on assassine. Duran Duran fait partie de ces groupes connus dont on ne sait pas trop s'il faut les aimer ou les haïr, les mépriser ou les adorer pour ce qu'ils auront réussi à faire et à défaire tout au long d'une carrière démarrée maintenant il y a 30 ans autour de John Taylor et Nick Rhodes. Le miracle du groupe (Rhodes, les 3 Taylor dont seul Andy est absent pour cette fois et l'improbable chanteur Simon Le Bon) aura été de parvenir à incarner entre 1983 et 1984, une certaine idée du fashion univers, d'avoir porté sur eux une sophistication vestimentaire, musicale et comportementale dont l'influence (la poule et l'oeuf) peut être tracée aussi bien dans la presse féminine, les séries TV que dans la littérature (on pense à Brett Easton Ellis et à ce mélange de jetset et de rock attitude). Fer de lance du mouvement des New Romantics monté sur l'alliance contre-nature du synthé, de la coupe mulet soufflée au zef force 10, du pantalon jaune à soie et de la cravate corsaire, les Duran Duran sont avant tout une curiosité culturelle dont la survie (la survivance) continue d'étonner. Comment est-il possible aujourd'hui d'aimer ce genre de trucs ? Comment ne pas se rendre compte que Simon Le Bon a toujours eu une voix... horrible ? Il y a bien des gens, me direz-vous, qui achètent l'intégrale de Miami vice - Deux flics à Miami en DVD.... On peut concevoir que certains prennent plaisir à sniffer aujourd'hui de l'Ovomaltine en chantant "Hungry Like the Wolf", à baiser sur un remix de "The Reflex", ou à rêver d'amour en écoutant le très très bon "Girls on Film". Le récent best-of nous avait confirmé qu'on pouvait, en cherchant bien, trouver quelques qualités à une petite douzaine de titres de ces trente dernières années. Il n'est pas certain qu'on puisse en dire autant de ce qui vient, même si on a l'impression que tant que Duran Duran existera, il restera toujours l'espoir d'un monde meilleur....

 

L'album démarre avec un titre curieux et pénible. The Valley est assez sombre, sans mélodie, ni rythme et défiguré par d'affreuses parties de guitares dégoulinantes. Les paroles sont absurdes et idiotes "yes, i need it, i can see it, i believe it". D'une certaine façon, on dirait du Radiohead pour Thé Dansant dominical : un morceau effrayant et qui donne le ton. Ambition quand tu nous tiens.... Le titre éponyme est tout aussi surprenant : voilà que Le Bon se met à chanter comme Damon Albarn (le mimétisme est étonnant) et nous sert une belle chanson pop au refrain enlevé et au thème ultrarabâché : stars, paillettes, on est à peu près dans ce que le groupe fait de mieux. L'effet Albarn marche à fond et on se dit que les choses s'arrangent. Nite Runner nous ramène à la raison : Le Bon feule comme un castor en rut tandis que le groupe sauce l'électropop qui structure le titre d'un nappage indigeste RnB. Comme les paroles sont toujours au ras des pâquerettes (can i get my hands on you tonight ? non, merci...), on se croirait dans un Macumba en train de se faire mettre la main dans la culotte par un vieux dragueur. Malheureusement pour nous, les 3 titres qui suivent ("Falling Down", "Box Full O' Honey" et "Skin Divers") ne sont guère meilleurs. Le premier ressemble à du New Order sans entrain : trop long, trop gland. Why has the sky turned grey ? Because i'm falling. Le deuxième rappelle Ryan Adams, sorte de rock romantique FM, qui parle solitude et usurpation du succès. Les textes ne sont pas loin d'être bons : "Are you laughing at me now ? in that circonstance when i wear your crown ?" Le troisième est un décalque des Pet Shop Boys en moins bien, assorti d'un rap hallucinant (et ridicule) pour... vendeurs d'aspirateurs. Que dire de plus ? "Tempted" et "Tricked Out" sont de beaux morceaux dans la débandade. Le premier est assez bourrin mais incisif, façon "fête du tuning sur la ZAC de quartier" avec un son énorme et des voix qui font "ouh, ouh". Le second s'appuie sur une belle montée instrumentale mi-électrique, mi-électro qui déménage. On tombe ensuite sur le meilleurs morceaux de l'ensemble : She's Too Much, où 5 minutes et quelques où les Duran Duran créent enfin de l'émotion dans leur registre de prédilection : amour, solitude, douleur, ou le malheur des petits hommes beaux et riches. Le personnage féminin a... trop la pression et se plaint. Pour la première fois depuis longtemps, Simon Le Bon chante comme un Dieu et réussit à nous faire croire à ce qu'il raconte. Les guitares sont belles à pleurer et les nappes synthétiques se débarrassent de leurs sonorités kitsch pour nous faire l'effet madeleine escompté. Cela fait évidemment peu pour un album de 12 titres mais "She's Too Much" prendra sa place en temps utile dans le best-of des chansons préférées du groupe. "Dirty Great Monster", avec un chant à la Oasis (!) abuse du saxo pour faire torturé mais n'est pas si mal. Ce qui n'est pas le cas du final bravache, "Last Man Standing", pas insupportable mais assez anodin.

De ce parcours en Duran Duranerie, on retiendra qu'il est dur d'être après avoir été, mais encore plus dur d'être après n'avoir pas totalement.... été, que l'on ne fait pas toujours les meilleures soupes dans les vieux pots, ni les vieilles soupes dans les meilleurs...pots. Le groupe a beau avoir été le groupe préféré de la princesse Diana à son époque, il est peu probable qu'il réussisse aujourd'hui à emballer autre chose que des vieilles peaux à la Massimo Gargia. Cela n'enlève rien à la séduction d'un ensemble qui peut toujours s'appuyer sur ses qualités naturelles : une forme de simplicité dans la réussite, la belle gueule de Rhodes, de John Taylor et de Simon Le Bon, et un back catalogue devenu mythique. Assister à un concert de Duran Duran doit ressembler à un voyage exaltant dans sa propre existence (je connais des gens qui ont campé devant l'hôtel des Duran Duran dans les années 80 et qui sont encore en vie). Ecouter leur nouveau disque chez soi ressemble à un mauvais trip dont on n'est pas certains de sortir intacts... Mieux vaut y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans ce genre d'expériences.

http://www.duranduran.com

 

 




Subtle : Une subtile dislocation des normes

Posté par Maxence le 10.12.07 à 18:16 | tags : électro, hip hop, myspace, rock

En 2006 nous étions (j'étais en fait) totalement passé à coté de For Hero : For Fool, deuxième album du supergroupe Subtle composé du gratin des desperados du hip hop indé US, soit Dose One et Jel, accompagnés de quelques outsiders aventureux dont Alexander Kort, Marty Dowers, Jordan Dalrymple et le malheureux Dax Pierson victime d'un accident de bus durant une de leur tournée. C'est assez incroyable d'ailleurs, car avec For Hero : For Fool, Subtle fut certainement la sensation hip hop rock de l'été 2006. Oserais-je même dire largement au-delà du second TV On The Radio par exemple. D'ailleurs, l'écho généré par cet album ne trompe pas : une note de 8.0 chez Pitchfork, de très bon retours de la presse internationale et finalement une signature chez EMI. Alors évidemment, ceux qui comme moi avaient adoré A New White, leur premier album, furent quelque peu désarçonnés par l'agressivité et la vigueur de ce For Hero : For Fool. Bardé de break monstrueux, bourré d'effets électroniques qui sonnaient pour une fois réellement synthétiques et pas "fait à la maison sur un 4 pistes", d'une complexité mélodique hors du commun, ce deuxième album avait tout d'un slow comer, et pourtant quel bonheur dès qu'on y prêtait vraiment l'oreille. Ceux qui l'ont écouté attentivement se souviennent certainement du fabuleux pastiche des Pixies sur l'intro de "Middleclass Stomp" (où Dose chante comme Frank Black), du dynamisme des rimes de Dose, des hymnes pop soigneusement cachés dans des volutes de beat et de bleep, des morceaux à tiroirs enchâssés compilant folk, rock, pop, electronica et hip hop dans un véritable kaléidoscope de son. Tout comme on n'oublie pas "Call to Dive" et "The Ends", deux sublimes excursions dans le monde de Subtle (plus de 7 minutes chacune). Comme souvent quand il s'agit des transfuges d'Anticon, il était plus question d'indie rock que de hip hop proprement dit, mais quelle importance, c'était un album pour les héros, pour les fous !

 

Tout ça pour dire que ceux qui avaient eu l'oreille fine à l'époque ne seront pas déçus par Yell & Ice, nouvel album sur lequel le groupe nous offre les relectures de For Hero : For Fool par quelques complices de longue date et quelques petits nouveaux. On retrouve donc les inévitables The Notwist (avec lesquels Dose One mène le projet 13&God), mais aussi Wolf Parade, TV On The Radio (quand on parle du loup) ainsi que tous les membres de cLOUDDEAD réactivé pour l'occasion. Signé sur Lex cette fois Subtle se lâche, un peu à la manière de leur mini album de remixes de A New WhiteWishingbone (qui invitait déjà The Notwist, Hrvatski, Mike Patton et une cohorte de collaborateurs éclairés). Du coup, Yell & Ice s'impose comme le parfait crossover entre le Subtle lo-fi de A New White et celui plus énergique de For Hero : For Fool. De la ritournelle pop de "Falling" (feat cLOUDDEAD) aux envolées de "Islandmind", "Requiem for A Dive" ou "The Cut Yell", trois pièces sublimes sur lesquelles on retrouve l'aisance mélodique de Dose One dont les harmonies rappellent parfois Love ou The Beach Boys, en passant par l'indie folk rock de "Middleclass Haunt" (feat. Wolf Parade), les décalages ambiant soul de "Deathfull" (feat. TV On The Radio) ou l'electronica de "Sinking Pinks" (feat. The Notwist), Subtle n'a de cesse d'élargir sa palette. Le groupe se permet aussi des morceaux encore plus expérimentaux, comme "The Pits Within Pits" où l'on entend clairement chanter Markus Acher de Notwist, même s'il n'est pas crédité sur ce track. Au final, on sort encore une fois abasourdi par la virtuosité de ce supergroupe mariant avec aisance des influences multiples pour accoucher des paysages sonores cohérents et d'une richesse sans commune mesure, qu'ils nous offrent sur ce Yell & Ice. Tout simplement virtuose !

 

Subtle - Yell & Ice (Lex Records/Differ-ant)

http://www.myspace.com/subtlesix




Quinze fois trop de Last FM

Posté par 2goldfish le 10.12.07 à 15:51 | tags : geek, web 2.0

Last FM propose un widget à mettre sur votre blog, profil facebook ou autre et j'ai décidé aujourd'hui de le tester pour vous. Pour tout vous dire, la raison d'être de ce billet c'est ma jalousie quand j'ai réalisé que Maxence avait pensé à vous faire un mix Deezer avant moi. Malheureusement pour moi Last FM ne tient pas vraiment la comparaison : vous êtes obligé de sélectionner au moins quinze titres dans votre playlist (ce qui fait que personne ne va l'écouter jusqu'au bout) et la sélection est limitée aux titres mis à disposition par les artistes sur Last FM (il y en a beaucoup, certes, mais évidemment quand vous avez une super inspiration, c'est toujours là que vous faites chou blanc) et enfin vous pouvez laisser tomber l'idée de faire un véritable mix puisque l'ordre de lecture est aléatoire. Vous pourriez chosisir de faire une playlist thématique sur un genre, une humeur ou un mot... seulement pour ce genre d'exercie, quinze titres c'est encore une fois beaucoup trop (faites moi confiance, vous n'avez pas envie d'écouter ma playlist "quinze tranches de mope rock" ou "quinze chansons qui parlent d'hotels").

On en vient donc à choisir quinze morceaux qui ont pour seul point commun d'être cools et à espérer que le tirage au sort ne nous joue pas de mauvais tour comme ici d'enchaîner New Order et Fiona Apple. Bon, je me plains mais ce petit widget est tout de même fort sympathique et j'en ai établi la playlist avec amour, chers lecteurs, vous me feriez honneur en l'écoutant un peu.
 


 



Oddmusic : machinphones et orgues-à-truc

Posté par 2goldfish le 10.12.07 à 10:54 | tags : geek, rigolo

Mon nouveau site préféré du monde de la semaine s'appelle Oddmusic. On y trouve référencés tous les instruments les plus étonnants du monde avec photos et, le plus souvent, mp3 à l'appui. On peut ainsi s'émerveiller du son de l'orgue marin de Croatie, être épaté par le design du tambour Hang suisse ou subir l'affreux son du géant Uberorgan. Il y a aussi l'étrange orgue à bulle, la jolie roue-harpe, la rigolote guitar-machine, le terrifiant Violimba et beaucoup trop d'autres instruments formidables.




Stockhausen est mort, la musique contemporaine perd le Kontakt

Posté par Maxence le 08.12.07 à 12:36 | tags : cimetière, contemporaine, électro

Coïncidence macabre, mercredi 5 décembre dernier alors que je rédigeais un post fustigeant les tenants prétentieux de l'avant-garde à "œillères", Karlheinz Stockhausen, véritable outsider de la musique contemporaine, s'éteignait dans sa maison de campagne de Kürten. De quoi se sentir coupable... Plus sérieusement, au vu de l'importance de l'œuvre de ce compositeur incontournable sa disparition ne pouvait pas passer inaperçu sur Flu' et c'est avec modestie et respect que nous lui rendons hommage.


Stockhausen étudia avec les plus grands, Frank Martin et les français Olivier Messiaen et Darius Milhaud. En 1953, il participe à la fondation du Studio de musique électronique expérimentale de la Westdeutscher Rundfunk. Profondément influencé par l'œuvre d'Anton Webern, Stockhausen est de toutes les avant-gardes. Il évolue rapidement du style pointilliste au sérialisme extrême ("Kontra-Punkte", "Klavierstücke I-IV"). Entre 1955 et 1956 il réalise les premiers chef-d'œuvres de la musique électronique. C'est "Gesang der Jünglinge" ou "Kontakte", premier morceau sur 4 pistes jamais enregistré. Des pièces qui illustrent les fulgurances d'un esprit curieux si ce n'est aventurier. L'anecdote veut que pour cette pièce, c'est Stockhausen lui même qui bricola un système de speaker rotatif passant régulièrement devant les 4 micros disposés en cercle. C'est je crois, à la lumière de ce genre d'inventions, de celles qui dénotent d'une passion qui va plus loin que la recherche de la simple perfection technique, que l'on reconnaît le génie visionnaire. Une assertion qui vaut aussi bien pour la musique contemporaine ou électronique que pour le rock et la pop.

Des musiques "populaires" que le compositeur allemand ne renie d'ailleurs pas, lui qui s'avouait fasciné par le Jefferson Airplane, et à qui les Beatles rendront hommage sur Sgt Peppers en glissant son visage parmi les nombreuses personnalités qui figurent sur la célèbre pochette. Franck Zappa se réclamera lui aussi de l'oeuvre électronique de Stockhausen. Et tandis que celui-ci explore les possibilités de l'indétermination et de l'usage du hasard et de l'improvisation (un voyage qui l'emmènera jusqu'aux confins d'une musique dite "intuitive") Stockhausen s'implique parallèlement toujours plus dans la diffusion de ses idées auprès des plus jeunes. On retrouve d'ailleurs Irmin Schmidt et Holger Czukay, parmi ses anciens élèves. Ceux là même qui formeront plus tard, un des groupes emblématique du krautrock allemand : Can. Par ailleurs, à partir des années 1960, les œuvres de Stockhausen prennent de l'ampleur sur la durée et se font volontiers méditative, dans le sillage des compositeurs minimalistes Terry Riley, Steve Reich ou La Monte Young. C'est l'époque de "Stimmung" (1968) et plus tard, "Mantra" (1970), une œuvre de 70 minutes, construite sur différentes sonorisations d'un même accord.


Le paradoxe veut que ces compositeurs, qui eux aussi ont une importance extrême dans le développement de la musique contemporaine, étaient d'anciens disciples de Stockhausen. On peu alors dire que le maître ne figure plus réellement dans le peloton de tête des grands découvreurs mais qu'importe, il a déjà défriché le terrain pour une cinquantaine d'années et n'a plus rien à prouver. A ce propos, Holger Czukay dira : "C’est sans doute le plus grand inventeur musical. Il a développé tellement de pistes qui sont aujourd’hui récupérés par les artistes de l’électronique. A l'heure actuelle, beaucoup de musiciens travaillent comme lui, mais Stockhausen allait bien plus loin que la plupart d’entre eux, et c’était il y a quarante ans !" Plus qu'aucun autre compositeur contemporain, c'est certain, Stockhausen et sa musique complexe ont influencé la jeune génération de producteurs électronique. Il n’y a qu’à écouter Aphex Twins, Oval, Microstoria ou Autechre, pour s’en rendre compte. Une nouvelle génération qui laissait cependant papy Stockhausen un peu sceptique. Il déclarerait dans Art Press en 1998 : "Je regrette qu’ils ne soient pas plus expérimentateurs"

Quoiqu'il en soit, le grand homme nous a donc quitté, laissant derrière lui tout un pan de la création contemporaine encore à explorer et une œuvre profondément originale et novatrice, qui a marqué la création musicale pour toujours. Aujourd'hui, celui qui déclarait "Et maintenant, chaque compositeur est fier de demander au public de vivre des moments de silence, jusqu'a deux ou trois minutes, dans un morceau de musique" (voir notre fiche) va être satisfait, durant les semaines à venir les minutes de silence vont être innombrables.



Egographie #4 : Oops I did it again !

Posté par Maxence le 07.12.07 à 18:11 | tags : egographie

Soyons clair, je suis le rédacteur de la rubrique "Culte et Bizarre", mais je n'ai que mépris pour ceux qui se revendiquent avec arrogance comme les tenants de l'underground et de l'expérimental. Précisons que ce mépris n'est pas dirigé vers les artistes concernés par ces deux catégories, au contraire (et ceux qui me lisent le savent bien) Et pourquoi ? Tout simplement parce que la plupart des musiciens - ou artistes en général - expérimentaux ou d'avant-garde n'avaient même pas la conscience de l'être quand ils agissaient en conséquence. Prenez Pierre Schaeffer, pensez-vous qu'il se considérait comme d'avant-garde ? Certainement pas. Et pourtant, avec la musique concrète, ce Français est à l'origine d'une des théories parmi les plus importantes dans le domaine musical du 20ème siècle, si ce n'est pas LA plus importante. Prenez Chuck Berry ou Lee Perry, Sun Ra ou Jonathan Richman, prenez Joy Division ou The Cure, Afrika Bambaataa ou Grandmaster Flash, pensez-vous qu'ils se vantaient d'être d'avant-garde ? Non, ils se contentaient d'œuvrer dans leur coin à une nouvelle forme d'art, vaguement conscients peut-être de faire quelque chose d'unique, mais ne disposant pas du recul nécessaire pour se rendre compte de la portée révolutionnaire de leur travail.

 

Mon mépris va donc surtout à ceux qui, par ignorance, ou à cause des œillères qui les aveuglent, cataloguent la musique en en prônant uniquement la complexité, l'abstraction, la difficulté, oblitérant par là même une des bases principales de la culture pop, le mélange de la haute culture et de la culture de masse. Ceux-là, sous prétexte d'étaler ce qu'ils pensent être leurs différences, oublient que la simplicité aussi peut-être d'avant-garde. Le blues est une musique simple, bâtie à l'origine sur quelques accords, un instrument et un interprète, parfois anonyme, et ce fut pourtant une musique d'avant-garde. La musique de Giorgio Moroder est tout aussi expérimentale que celle de Sun Ra. La musique des Talking Heads est tout aussi subversive et d'avant-garde, sinon plus, que celle des Ramones. L'univers de Roxy Music aussi riche que celui de Brian Eno en solo. La liste est longue. A la lumière de ces exemples authentifiés par l'histoire, je reste foncièrement persuadé qu'il n'existe nul besoin d'afficher de manière ironique, agressive ou véhémente, une opinion tranchée en musique, l'ouverture et la curiosité suffisent. Cela peut se faire très simplement, sans pour autant confondre, manipulation médiatique et talent, opportunisme et sincérité, produit de consommation et art véritable. C'est ce qui différenciera toujours Britney Spears et Abba: le travail, l'apprentissage, la sincérité (les 4 Suèdois composaient leur musique, eux !) en opposition au marketing, au culte de l'image et à l'avènement de la pop star ultime, celle qui ne fait rien qu'être là pour elle-même.

 

Et à propos de sincérité, le débat qui suivit la publication d'un extrait du live de Daft Punk est exemplaire. Beaucoup, même parmi ceux qui, je le sais, aiment sincèrement la musique, confondent simplicité et populisme, à l'aune de leur sensibilité personnelle. C'est dommage. La musique est avant tout histoire de feeling, de passion, de moment, de contexte aussi. Daft Punk live (que je n'ai jamais eu la chance de voir) doit être aussi impressionnant dans son genre que ce petit bout de femme de PJ Harvey debout seule sur scène avec son batteur, que j'ai eu la chance de voir à Paris en 1991. Et puis dénigrer Daft Punk au profit de Joy Division ou du disco, c'est oublier qu'à une autre époque, l'un comme l'autre furent considérés comme des musiques de merde.

Bref, à notre époque de métissage et de fusion omniprésents, le véritable amateur de musique doit savoir ouvrir son cœur et ses oreilles aux paysages infinis de "la musique", afin que d'avant-garde ou commerciale, expérimentale ou populaire, il ne reste qu'elle. Personnellement c'est ce que j'aime sur Fluctuat, cette ouverture, ses pistes multiples, ses dossiers thématiques variés. Le combat contre l'élitisme, ce n'est pas rien. Et soyez sûr qu'on y reviendra, en exemples et en vidéos. Stay Tuned !