Archives > Janvier 2008French Modern Psychedelic Music : Voyage et Aqua Nebula Oscillator
Et puisque l'on parle de mystique, parlons phénomènes de hantise. Certains le savent, le psychédélisme est un gaz, un élément délétère et incontrôlable venu du passé qui souffle de manière diffuse dans notre présent et continue de hanter la musique actuelle avec la constance de celui qui revient constamment d'entre les morts, inconscient de sa disparition. On dira alors que que la plupart des artistes présents sur Voyage : Facing the History of French Modern Psychedelia sont possédés. Ils revivent la grande époque du psychédélisme, en y ajoutant les fruits de leurs expériences et en adaptant cette musique de l'esprit, cette musique transcendante, aux expériences contemporaines et à l'époque dans laquelle ils vivent. Car tous ces artistes ou presque (15 au total) sont liés à d'autres projets et d'autre scènes. Wolf Rayet (le folk d'outre-tombe "I Was Down") pose des sons sur des installations d'art contemporain, Etienne Jaumet est la moitié du duo italo-kraut-post-punk Zombie Zombie, Ulysse, fan de Neu! et de LA Dusseldörf, est le fils du cinéaste Nicolas Klotz, One Switch to Collision et Juan Trip enfin, sont d'anciens acteurs de la French Touch. Tous furent contaminés à un moment de leur existence par cette musique rampante et quasi-religieuse, kidnappés par le trip psychédélique en somme. Parmi les titres les plus prometteurs de ces apprentis sorciers on notera l'ascensionnel "Smokes" de One Switch to Collision et l'hypnotique cavalcade de "The Dog" par Service, l'étrange et poétique "The Countess's Smile" d'Ulysse, Etienne Jaumet et son "Doudouk" dadaïste, Turzi bien sûr (une valeur sûre), ou encore Chicros et Mogadishow. Pris séparément les artistes de cette sélection ne sont peut-être pas tous exceptionnels (même si beaucoup le sont) mais il faut avouer que pris dans son ensemble, Voyage, en est vraiment un. De ceux que l'on fait les yeux fermés allongé sur la moquette dans un appartement surchauffé. Normal puisque dans le langage psychédélique, un voyage est un "trip", au sens propre, comme au figuré.
Voyage : Facing the History of French Modern Psychedelia
http://www.myspace.com/paneuropeanrecording Qui tenait les seins de Janet Jackson ?Qui a tiré le rayon qui passe dans le prisme de Dark Side of the Moon ? A qui appartiennent les fesses de la pochette de Is this it ? Pourquoi le White Album est-il blanc ? Si vous vous êtes déjà posés ces questions, vous ne trouverez pas la réponse dans ce concours photoshop "extended album art". Vous feriez mieux d'arrêter de vous les poser. Vous prenez tout ça beaucoup trop au sérieux. Vous devriez voir un médecin. Albums cultes des géants du bizarre #30 : Autechre - Chiastic Slide
On n'a pas fini de s'émerveiller devant le paradoxe que représente Chiastic Slide. Un disque sur lequel Brown et Booth semblent avancer en terrain accidenté, donnant l'impression de trébucher à chaque pas, labourant les mélodies naissantes tout en faisant naître d'autre images plus saisissantes encore. Des visions de territoires désolés sur lesquels règne en apparence le plus profond chaos. En apparence seulement car en vérité, le duo sait très bien où il va. Fini les clins d'œil à Detroit généralement utilisés par les inventeurs de ce que l'on appelait alors "l'intelligent techno", exit les gimmicks electro trop faciles, il ne reste ici que les visions post-apocalyptiques et futuristes de la musique industrielle du début des années 80, mais ce n'est pas tout. En créant cette musique à la fois puissante et fragile, basses lourdes et nappes éphémères sur cliquetis cristallins et craquements microscopiques, Autechre s'approche de la musique contemporaine, oblitérant les répétitions de rigueur dans la musique électronique de la seconde moitié des années 90, cassant la structure des morceaux en utilisant les breaks pour créer de nouveaux passages et lancer des passerelles inédites. Sur Chiastic Slide, Autechre est en chantier. Le duo agit un peu comme un rouleau compresseur doublé d'une foreuse, il aplanit et fore dans un même élan, tout en construisant des ponts. Pas de doute, on est à Sheffield, ville post-industrielle en ruine, et rarement environnement aura eu une telle influence sur la musique. Pourtant l'auditeur attentif et courageux finira par repèrer les mélodies minimalistes rapidement démontées de "Cipater" ou "Hub", les éclats brisés de boîte à musique sur "Nuane", les réminiscences hip hop, la passion originelle des deux Anglais, qui s'imposent malgré tout dans le martèlement de grosse caisse de "Recury". Et que dire de "Cichli", une presque pop song à la ritournelle electro pop tournoyante et optimiste qui semble vouloir éclairer le chemin de l'auditeur au milieu d'un album ? Ce n'est plus de la musique, c'est de l'architecture.
Avec Chiastic Slide, Autechre donnera ses lettres de noblesse à la musique électronique. Nul ne pourra plus accuser le genre de légèreté, et pourtant, grâce à ses structures minérales en expansion, sa finesse et sa complexité, la musique d'Autechre ne se contente pas d'abstraction, au contraire, rares sont les albums electro aussi organiques et vivaces.
Autechre - Chiastic Slide (Warp, 1997) Arcade Fire en millefeuilles, la vidéo de Black MirrorClip en noir et blanc présenté sur un site dédié tout aussi noir pour le dernier single d'Arcade Fire, "Black Mirror"... Dans le miroir d'Arcade Fire, on ne voit rien, la vidéo se confond agréablement avec le fond...pour brouiller les pistes entre premier et arrière-plan. Confusion visuelle mélée à la confusion sonore. Certains titres seraient-ils trop produits, trop riches en informations, à un point tel que l'on ne puisse distinguer et apprécier individuellement la ligne de basse, la frappe du batteur ou les choeurs ? Grâce à un dispositif lié à votre clavier numérique, Arcade Fire vous permet de visionner la vidéo de "Black Mirror" tout en sélectionnant/déselectionnant les pistes audio que vous voulez uniquement entendre. Si vous détestez la voix de Win Butler, pas de problème, virez-là avec la piste 1, si c'est celle de Régine Chassagne qui vous agace exit la piste 5, enfin si ce sont les deux qui vous tapent sur le système, vous pouvez aussi passer en mode karaoké. Virez les violons, la rythmique... Bref, écoutez votre morceau d'Arcade Fire en kit. C'est ludique, on peut passer un bon moment à chercher des combinaisons qui vont donner une dimension nouvelle par rapport au morceau original, mais le système permet surtout d'isoler des fréquences qui, lors d'une écoute globale, passent parfois inaperçues à moins d'avoir une paire d'oreille pour chaque piste. Il n'y a pas d'excuse pour écouter ToolUn peu comme avec la vidéo de Céline Dion la semaine dernière, celle-ci ne peut vous ammener qu'a deux conclusions : soit Tool est le meilleur groupe de l'histoire du monde de l'univers (mais ça vous en êtiez déjà persuadés) soit, oh mon dieu, ils sont pires que ce que vous avez toujours cru. Composer en suivant des formules mathématiques, ça s'appelle le sérialisme, ce n'est pas nouveau du tout, ce n'est plus exceptionnel (des milliers d'élèves apprennent ça en école de musique tous les ans) et ça ne justifie en rien de jouer du mauvais métal, d'écrire des paroles stupides ou de se coiffer comme ça, tout comme ce n'est pas parce que vous avez eu la moyenne en maths au bac que vous devez jouer à World Of Warcraft, écouter du prog-rock et r3mpl4c3r l3s l3ttr3s par des chiffres quand vous tapez. Intervention nécessaire de Maxence : Oui, sauf que ça c'est une vidéo de fan taré, la vraie vidéo de Tool est là (il faudrait quand-même le signaler, Tool ne s'est jamais vanté de faire de la musique sérielle). J'aime bien Tool, ça aide à soulever de la fonte, maintenant, je n'ai pas eu la moyenne en maths au bac, et je n'ai jamais joué à Warcraft ; )) Blitz'n' bass beep : 4 maxis dans le vent
Apparat - Arcadia remixes (InFiné/Discograph) QTrax et le Peer To Peer légal : don't Believe The Hype
En clair il s'agirait du téléchargement légal financé par la pub qui nous est promis depuis belle lurette par SpiralFrog. Qtrax promet rien moins que 25 millions de titres, plus qu'iTunes, Amazon ou n'importe qui, grâce à des accords passés avec toutes les majors. Il suffirait en effet à Qtrax de tenir à jour une liste de titres, puisqu'en se basant sur la technologie du peer-to-peer Qtrax n'a pas à se soucier de problèmes d'hébergement, de bande passante ou de simplement trouver et numériser les enregistrements. Le premier problème, c'est que les mp3 offerts seraient bourrés de DRM Microsoft, les rendant impossible à lire sur un iPod (entre autres lecteurs). Le second problème, c'est que la version beta qui devait être mise en service hier se fait toujours attendre. Le troisième problème, surtout, c'est que Warner, EMI et Universal ont nié avoir signé avec Qtrax comme ceux-ci l'ont annoncé et que Sony n'a encore rien confirmé. Aujourd'hui pourtant, à la machine à café, votre collègue vous expliquera qu'il a entendu "je sais plus où" que le téléchargement de musique était devenu gratuit et légal, que "il sait plus trop comment" ça sera financé mais que ça y est, ce soir il se met à Napster. Yacht : Yachting in Wonderland
Mais laissez-moi vous en dire plus sur ce nouvel ovni tout droit débarqué des Etats-Unis. Si son nom ne vous dit rien, sachez déjà que Jona Bechtolt n'est pas un inconnu. Avec son side-project The Blow il a même bénéficié d'un mini-buzz dans les sphères pitchforkiennes. Il joue également de la batterie derrière Devendra Banhart (ce dont à la limite on se contrefout) et I Believe in You, Your Magic is Real est déjà son troisième album sous le nom de Yacht ! Beau palmarès pour un quasi-inconnu. C'est malheureusement le cas de bien des artistes, mais passons... Révélé en première partie de la tournée nord-américaine (scum ! héhéhé) de LCD Soundsystem, Yacht signe avec I Believe in You, your Magic is Real un bijou de pop baroque et échevelée, relevée là où il faut de beat "fou fou dans le vent" de type post-punk, ou carrément techno. Certains évoquent The Flaming Lips croisant le fer avec LCD Soundsystem, ce n'est pas bête. Personnellement je trouve de faux airs de High Llamas à ses mélodies catchy (c'est particulièrement vrai sur "So Post All' Em" qui ouvre l'album, ses bizarreries hawaïennes, sa guitare aigrelette et ses cœurs de sirènes), mais tout cela n'est que détails. Comme dans tout bon disque pop psychédélique, il est difficile d'échapper aux turbulences magnétiques des rythmes répétitifs et des harmonies spiralées générées par Jona Bechtolt. Qu'il s'agisse de rock enfumé ("If Music Could Cure All That Ails You", "It's Coming to Get You"), de ballades étranges ("Drawning in The Dark"), d'electro vocodée ("Don't Stay in Bed"), de proto-RnB dérangé ("The Magic Beat") ou carrément de ce que nous appellerons post-grunge ("Women of The World", "Your Magic is Real"), Bechtolt brouille les repères et se moque des écoles, mélangeant allègrement acoustique et électronique dans des morceaux transgenres qui, comme l'auditeur, ne savent plus où donner de la tête, ni des jambes. Parmi les meilleurs moments de ce disque particulièrement décomplexé, on trouve le disco ralenti de "See A Penny (Pick it Up)", la techno vrillée de "It's All The Same Price", ou encore "Platinium" dont les bourdonnements de synthé sont quasiment pompés ondes pour ondes sur le "Too Much Love" de vous savez qui. Bref, si malgré ses qualités I Believe in You, your Magic is Real n'est certes pas l'album de l'année, il reste néanmoins un bon exemple de ce dont la pop est capable quand elle ouvre les cuisses et fraye sans retenue avec les musiques électroniques.
Yacht - I Believe In You, Your Magic Is Real (ERR/La Baleine)
Deezer a une longueur d'avance sur Last FM
Alors que Last FM vient d'annoncer son "révolutionnaire" streaming gratuit, Deezer en est déjà à lancer une seconde version de son widget qui permet non seulement de jouer les morceaux disponibles sur le site mais aussi ceux que vous y uploadez vous-même. Deezer est en fait une évolution de Deux widgets sont disponibles pour votre blog/site : le premier que vous pouvez voir à l'oeuvre ici même vous permet de streamer une simple chanson -ici l'excellent chaos joyeux et altermondialiste de Yeasayer- le second a remplacé celui que Maxence vous présentait en Novembre et permet de partager des playlists entières... à cette exception près que les morceaux sont coupés avant la fin, ils sont financés par la pub après tout et si vous voulez écouter tout le mix de Maxence vous devrez maintenant vous rendre sur le site Deezer et être exposé à la pub. C'est logique, en fait. Deezer en sait beaucoup moins long sur vous que Last FM et ses pubs sont moins ciblées. Last FM, rappelons le, c'est l'inventeur du scrobbler, en pratique un spyware que vous installez volontairement sur votre machine et qui alimente une base de donnée gigantesque en information sur vous. Oh, pas des informations vitales, certes, mais à partir de la musique que vous écoutez Last FM prétend déterminer votre catégorie socio-professionelle et vos habitudes de consommation. Ils le font sans trop se tromper, je parie. Pour l'instant on est beaucoup à se préter au jeu mais est-ce bien prudent ? Deezer fait figure de David face à Goliath ici mais a de bons arguments pour lui : malgré un catalogue de titres plus réduits, Deezer permet pour l'instant de les écouter autant de fois que vous le voulez, d'uploader vous-même les titres manquants et surtout, le streaming sur Deezer est déjà fonctionnel. Oh No Ono : Oh oui, oh oui !
A priori, les Oh No Ono seraient donc victimes d'un impitoyable malentendu, enfin, dans notre pays du moins. Bien sûr, leur passion pour les effets de synthés 80 ferait frémir n'importe lecteurs de Rock'n'Folk, et leur goût pour la pop de la même année, les éloignent à jamais de la cohorte de popeux qui ne jurent que par les Beach Boys. Et pourtant, quelle erreur ! Plus Sneetches que Fancy contrairement à ce que laissent entendre certains, Yes est avant tout un grand disque de pop ! Un album électrique et débordant d'énergie positive. Un disque bourré de clin d'œil (Yoko Ono bien sûr, mais aussi B 52's, Abba, Talking Heads, David Bowie, Devo) et débordant d'hymnes imparables ("Only Undead", "Victim of The Modern Age"), de morceaux post-punk aux titres débiles pourtant non dénués de finesse (voir "Ba Ba Baba Ba Ba Well Anyway" avec ses harmonies vocales diaboliques oscillant entre punk et pop avec la perversité de l'ado testant sa séduction), d'adorables mélodies idiotes et pourtant totalement addictives (le punchy "Am I Right"), de simili-disco pour boum du mercredi après-midi ("Practical Money Skills For Life") et de ballades à faire pleurer Kevin Ayers lui-même ("Talking Lynndie England", "Tanks no Thanks"). Que dire de plus pour vous convaincre de la nécessité de ce groupe effervescent ? Que leur recette "Ramones meets Blondie" (voir "Keeping Warm In Cold Country"), fonctionne à 200%, et que leur évidente naïveté ne traduit finalement qu'une volonté très saine de faire simple, d'écrire des mélodies à chanter le nez en l'air dans la rue, le sourire aux lèvres et des étoiles dans les yeux.
Pour finir, sachez que les envahisseurs danois (que nous accueillons pour le coup les bras ouverts) débarquent ce soir dans la capitale, pour un concert au Point Ephémère, entrée 10 euros, horaires 20 h 30 (première partie : Curry and Coco), ne les ratez pas !
Oh no Ono - Yes (Third Side Records/Discograph, jan 2008)
Mahjongg : Le funk de l'homme blanc Où se cache la pulsion primitive aujourd'hui ? Est-il encore possible de créer une musique de manière simple et instinctive, à la fois authentique et sincère, puissante et prenante, au milieu de toute la technologie, du confort (et du conformisme) qui nous entourent ? Pour Mahjongg, la réponse est claire : Oui ! C'est même vital semble-t-il. Mystérieux collectif originaire de Columbia, récemment émigré à Chicago, les membres de Mahjongg assument leur obsession pour une certaine idée primitive de la musique, le rythme, la répétition, la transe, fusse-t-elle moderne. "Tropical industrial", telle est l'étiquette un rien provocate dont s'affublent ces quatre résidents de l'Illinois, cela n'empêche, Mahjongg cultive un respect évident pour l'afro-beat et plus généralement pour tout ce que l'Afrique des 70's a produit comme musique libre et funky depuis 30 ans. Signé pour un second album sur K Records, le fameux label de Calvin Johnson, Mahjongg nous offre ici un album qui réunit dans un même élan libérateur post-punk et funk blanc.Sur Kontpab, ce collectif de multi-instrumentistes nord-américains se la joue donc sauvages urbains, noyant basse, guitare, batterie et casio keybords maltraités sous un déluge de percussions et de polyrythmies indigènes. Le quatuor accouche ainsi de pièces répétitives et obsédantes qui incarnent le pendant rachitique, mais tout aussi convaincant, des tambours du Burundi ou des gamelan balinais, joués dans une cave de la banlieue de Chicago (voir le prenant "Pontiac" qui ouvre l'album). Avec un naturel de ceux qui savent où ils vont, Mahjongg mélange musique post-industrielle (le mélancolique "Problems"), new wave afro ("Mercury"), jeu de guitare highlife (style original, principalement rythmique, prenant sa source au Ghana), pop arty ("Teardrops") et punk ("Tell The Police The Truth", "Those Birds are Bats" visiblement composé sous l'emprise de quelque stupéfiante substance), le tout dans l'improvisation la plus sauvage. On pense parfois à Liars unplugged, à Battles sans les maths, à Excepter en version acoustique, ou à certain "Collectif d'Animaux" de Brooklyn qui préfèrerait le béton aux sous-bois, si vous voyez ce que je veux dire. Au sommet de leur art ("Kottbusser"), Mahjongg va jusqu'à évoquer Talking Heads dans ce qu'ils ont de meilleur, la complexité des mélodies et des instruments qui s'entrechoquent en rythme dans un funk blanc joué à l'os, aussi exubérant que mélancolique. Le sommet de l'album étant "Rice Rise", une cavalcade post-rock de plus de 8 minutes qui plonge aussi bien ses racines dans l'Afrique ancestrale et tribale, que dans tout ce que la musique occidentale a fait de bon ses trente dernières années. Après les éloquents albums de C.O.C.O. et Dub Narcotic Sound System, Kontpab est donc une excellente surprise. C'est aussi une nouvelle preuve de la vitalité de K Records, l'un des fleurons de la musique indé des 90's, qui poursuit ici brillamment sa route.
Mahjongg - Kontpab (K Records/Differ-Ant, janv 2008) A noter que tout l'album est en écoute sur la page dédiée au groupe sur le site de K Records, ainsi que quelques uns de leurs meilleurs morceaux, sur leur profil myspace. Aïe + Pffff... = Frog Eyes
Frog Eyes n'avait jamais fait de clip avant celui-ci, peut-être parce qu'ils attendaient la parfaite métaphore visuelle pour leur musique. Ils l'ont trouvé pour le morceau "Idle Songs" ici illustré par des clochards qui souffrent, qui peinent mais qui, grâce à l'arrivée d'un homme en costume qui s'ennuie avec son saxophone, finissent par faire la fête et jouer les guitar heroes. Si Frog Eyes était un groupe de super héros, ce serait là l'origine de leurs super pouvoirs. De la souffrance et de l'ennui naissent l'art. En plus j'ai été vérifie, c'est exactement ce que racontent les paroles incompréhensibles que chante James Mercer. Je suis content de moi, je l'avoue. Hip Hop Dope
Ce qui est drôle dans l'histoire c'est de constater qu'un mec comme 50 Cent n'a pas peur de parler de coke dans ses raps mais a toujours passé sous silence les stéroïdes. L'un le fait passer pour un type qui n'a peur de rien et qui aime faire la fête, l'autre, craint-il sûrement, évoque un "tricheur" avec des biscottos guère plus vrais que les seins des filles dans ses clips et qui finira bientôt, si ça ne lui est pas déjà arrivé, avec de minuscules testicules toutes flétries et bleues et un grand besoin des services d'une pompe à pénis suédoise. C'est aussi d'autant plus problématique pour fifty, qu'il tire une grosse part de ses revenus d'une eau vitaminée. Malheureusement cette eau ne contient pas de stéroïdes et le rêve d'avoir les beaux muscles de 50 Cent en la buvant après le jogging chaque matin risque de s'envoler pour des milliers d'enfants dans le monde si cette affaire s'ébruite. Ce serait dommage, hein ? Last FM : trois streams et tu sors
Un bandeau de pub ciblé (last FM en sait un paquet sur vous, rappelons-le) financera ces trois premiers streaming en redistribuant une part des revenus aux ayant-droits... du moins à quelqu'un, puisqu'on ne connait pas le contenu des accords passés, différents pour chaque label nous dit-on, et ce n'est pas comme si les majors du disque avaient l'habitude de rémunérer équitablement leurs artistes, en particulier dès qu'il s'agit des revenus du numérique. Et puis Last FM lance cette annonce après que Deezer et Imeem aient fait à peu près la même et que SpiralFrog perd des sommes astronomiques en streamant du Universal qui devrait être payé par la pub depuis longtemps déjà. En tout cas, ça montre un changement d'attitude de la part des majors qui ont abandonné le vieux réflexe de taper à gros coup d'avocat sur tout ce qui bouge sur le net. Reste à voir si Last FM parviendra à tirer suffisamment d'argent de la pub pour satisfaire leur appétit ou si les majors vont juste sucer le sang de Last FM avant de l'abandonner dans le caniveau. D'un autre côté un artiste sans label pourrait tout aussi bien profiter du streaming de ses titres directement, comme Rien, par exemple, excellent groupe français qui marche plutôt bien sur Last FM ou encore nos chers Ask The Dust qui vont peut-être enfin être contents que je les ai poussé à s'inscrire. Les modalités de rémunération sont encore inconnues pour l'instant. D'un autre côté encore, il n'y aurait selon Wired pas besoin d'être inscrit sur le site pour profiter du streaming, le décompte des trois streams seraient donc logé dans vos cookies et il suffirait de les effacer (ctrl+shift+suppr sous firefox) pour remettre le compteur à zéro et réécouter les chansons autant que vous voulez. Mais ça serait de la triche, évidemment.
Luke Solomon : Freak out !
The Difference Engine tout d'abord c'est le titre d'un fameux roman steampunk (pour faire court, "du cyberpunk à l'époque des machines à vapeur", ou de la "science-fiction victorienne", si vous préférez) écrit à quatre mains par deux maîtres de la SF contemporaine, Bruce Sterling et William Gibson. Luke Solomon avoue s'être livré à une lecture assidue de l'œuvre, y piochant d'édifiantes leçons pour un premier album solo qui restera comme l'un des trucs les plus dingo qu'il nous ait été donné d'entendre dans le champ de la "house music". Attention, ce projet ne manque pas pour autant de cohérence, au contraire. Solomon se livre ici à une exploration en règle de plus de 30 années, de patrimoine électronique, saluant la fin des 70's, surfant sur les 80's et appliquant ça et là les idées retenues durant les 90's. On y retrouve donc des clins d'œil à l'acid house made in Chicago ("Skins"), des accents disco et italo bien sûr, de l'electro funk très moite également, sans oublier des hybrides inclassables, fruits de divers d'expériences inavouables. C'est en quelque sorte le lègue panoramique électro global de Mr. Solomon aux futures générations. "This record is a message to young people, to people under the age of 25", annonce-t-il d'ailleurs sur "The Beat Goes". Entièrement mixé, l'album s'aborde comme un vaste continuum électro house baroque et déjanté. Pour le coup c'est vraiment "A Weird and Wonderful Trip into the Mind of Mr. Solomon" !
Côté "weird" d'abord, l'Anglais s'est clairement donné pour mission de révéler la face tordue de la house. C'est le cas sur "Junkies And Whores", parfaite bande son pour coma éthylique ou abus de GHB, borborygmes inaudibles, boucles acides et "conscious, so conscious" répété comme un mantra afin de conjurer l'évanouissement qui nous guettera immanquablement sur le dancefloor. Autre sommet de groove bizarroïde, "Martin, A Cello And Me" évoque les déconstructions new wave arty du early Tuxedomoon, peu de funk, beaucoup de punk donc. Côté "wonderful", Solomon prouve qu'il est aussi capable de pondre de langoureux moments d'electro house vocale ("Top, Bottom", "People, places Thoughts And Faces"), hypnotique et presque pop ("The Different Engine"), des pièces minimales étranges ("The Darkest Secrets", une batucada éthylique et enjouée) suivies d'envoûtantes ballades electros vrillées, comme ce "Spirits" aux accents balearic délicieusement pervertis. Tout au long de The Difference Engine, Solomon reste maître d'une musique libre, intelligente et respectueuse. Libre quand il se permet un saxophone sur "The Beat Goes", intelligente quand il inclut un sample de l'écrivain William Burroughs sur "Open Fire", respectueuse dans son hommage au mutant disco de Liquid Liquid sur l'éponyme "Liquid" qui clôt le disque. Avec Solomon, le message est clair : à l'instar de la science-fiction rétrofuturiste du roman de Gibson et Sterling, il y a du bon à regarder par dessus son épaule et à jeter un œil dans le rétroviseur pour envisager la culture - et la musique - de l'avenir.
Luke Solomon - The Difference Engine (Rekid/Nocturne, janv 2008)
Solomon ne présente malheureusement presque aucun des morceaux de The Different Engine sur son profil myspace. Punk Instantané![]() Le principal attrait du punk dans les années 1970 c'était l'idée que n'importe qui, même vous, pouvait prendre une guitare, une basse, une batterie et deux potes et jouer sa première chanson une heure plus tard. C'était révolutionnaire à l'époque mais franchement, dans ce nouveau siècle qui est le nôtre où un groupe ne peut jamais être qu'un des nombreux onglets ouverts dans l'explorateur de notre vie et où on fait passer notre speed du petit déj' avec du Red Bull importé illégalement juste pour pouvoir tenir le rythme de productivité minimal requis sans perdre la trace de ce que font nos deux cent potes sur Facebook, qui de toute façon habitent tous très très loin et n'ont pas plus de temps à y consacrer que vous, qui peut encore consacrer une heure à la formation de son groupe punk ? Punk-O-Matic et heureusement là pour combler vos envies d'accords simples, d'arrangements minimalistes et de plans usés jusqu'à la corde, tout ça sans quitter votre bureau. Les "vrais" groupes punk encore en activité ne sont pour la pluaprt pas meilleurs que ce petit jeu flash. Kelpe : Eau de vie
A vrai dire Mckeown n'en est pas à son premier album et certains d'entre vous connaissent certainement déjà ses travaux sous le nom de Kelpe. En 2004, il nous gratifiait de Sea Inside Body, un album au titre révélateur, qui affichait déjà une obsession latente pour le lent balancement du flux et reflux du monde aquatique. En 2005, il récidivait avec Sunburnt Eyelids, un album remarquable sur lequel on comprenait que cet artiste discret risquait d'acquérir une réelle importance à l'avenir. On ne s'était pas trompé. Retour "à la source" pourrait-on dire, puisque l'élément liquide semble encore une fois le thème de cet Ex-Aquarium touchant. Oscillant constamment entre electro analogique, folk synthétique, psychédélisme et néo-Krautrock (parfois dans un même morceau), l'album reste profondément fidèle au dogme electronica, tout en ouvrant de nouvelles perspectives et en proposant d'autres pistes. Sur le poétique "Yippee Space Ghost", que l'on avait déjà pu découvrir sur la compilation de l'été 2006, Death Before Distemper (chroniqué dans nos pages), "Whirlwound", "Bread Machine Bred", "Skylla" ou "Shipwreck Glue", Kelpe insuffle un peu de funk et de folie dans des pièces hybrides par le biais d'éléments décalés, break hip hop, cow bells, ambiances capturées live. Comme chez beaucoup d'artistes signés chez DC Recordings, la musique de Kelpe doit beaucoup aux vieilles machines, oscillateurs et autres synthés vintage. Le résultat c'est une musique mouvante et émouvante, souvent joyeuse et en un mot vivante, parée d'une touche organique inimitable, encore accentuée par son passage derrière la batterie et la présence de nombreux musiciens invités. Avec Ex-Aquarium, Kelpe confirme donc tous nos espoirs et s'impose tranquillement comme le digne héritier d'une génération de producteurs electronica aventureux, assez humbles cependant pour ne pas oublier de rester accessible.
Kelpe - Ex-Aquarium (DC Recording/La Baleine,fév 2008) Découvrez Kelpe et la galaxie DC Recordings sur myspace. Cat Power, entourée et pourtant seule au Bataclan Commençons cette notule avec une pensée émue pour Appalousa, première partie de Cat Power qui a du interrompre son concert après une demi-heure de "bugs" techniques successifs. Ce sympathique duo electro-toy-pop (oui c'est de moi) méritait mieux (comme on pourra en juger ici). Ceux (dont nous sommes) qui n'ont jamais vu un concert approximatif de Cat Power - voix de teigne fragile, mélodies rêches et fesses vissées sur une chaise - doivent se faire une raison : ça ne leur arrivera jamais.
Cat Power a probablement gagné en puissance ce qu'elle a perdu en spontanéité maladroite, moyennant quoi son concert fut parfaitement carré et abouti. A de rares exceptions près, comme le cover magistral de son propre "Metal heart", la réussite des morceaux ne tient qu'à la voix soufflée d'une fille qui nous séduirait même en chantant le bottin accompagnée de bluesmen sourds. (A ce stade de l'article il convient peut-être de préciser qu'on a beaucoup aimé ce concert). Après une quinzaine de morceaux et un rappel stonien ingénieux ("Satisfaction") Chan quitte la scène les bras chargés de cadeaux et des fleurs qu'elle n'a pas jetées au public acclamée par des fans qui suivraient cette voix n'importe où. Sur le mag, la chronique de Jukebox Photos via Photosandgiggs Morcheeba : ça groove et c'est doudoubizarre.... Le meilleur groupe de trip-hop de.. Douvres est de retour avec une flopée de nouvelles nouvelles voix qui ne parviennent toujours pas à faire oublier les belles heures de Skye Edwards et l'époque Who Can You Trust?, Big Calm. En ces temps éloignés (en 1997-1998), les Morcheeba avaient failli devenir le groupe le plus cool et le plus zen du monde : Skye chantait comme une déesse de la sensualité des titres comme "The Sea", "Friction" ou "Bullet Proof". Morcheeba donnait des frissons et pas que ça. Puis Skye Edwards est partie ou a été virée par les têtes pensantes du groupe, les frères Paul et Ross Godfrey, manitous du son du groupe, alors trip-hop et pionnier, tourné en 2002 (album Charango, qui précipita le départ de Skye) vers la soul, la soupe planante et la bobomusique. Après un The Antidote qu'on a à peine écouté (c'est mal) et une série de compilations best-of, le duo a rempilé avec un nouveau système à la Zero 7 ou à la Death In Vegas, sans chanteur fixe mais en adoptant la bonne vieille technique du roulement des langues.Du coup, Dive Deep, ce 7ème album, ressemble à tout sauf à un album homogène. Les guest stars ont des voix si singulières et différentes qu'il devient impossible de trouver une unité d'émotion ou un ton à l'ensemble. La voix sublime de Judie Tzuke, présente sur 2 ou 3 titres, assure le relais avec le passé du groupe du haut de ses 51 ans. Chanteuse révélée en 1977 par Elton John, Tzuke a une voix qui ne fait pas son âge et qui fait du single "Enjoy The Ride" une petite bombinette cool et érotique mainstream. "Blue Chair", sa deuxième tentative, est moins élégante et un peu molle du genou mais ne casse pas l'harmonie. A l'inverse, les morceaux assurés par le Norvégien (qu'on aime moyennement) Thomas Dybdahl sont un peu plus résistants à l'oreille. Présent sur 3 titres, le chanteur a un grain de voix pop folk qui ne se marie pas (c'est un avis personnel) au fond électro-soul qui lui est proposé. Son "Sleep On it" est un titre valeureux mais qui ne laisse pas de traces. "Riverbed" surprend en bien, tandis que "Washed Away" parvient enfin, après quelques minutes, à suggérer la mélancolie et la peine que les frères Godfrey auraient pu tirer plus tôt de son appendice nordique. Un peu plus loin intervient aussi une affreuse petite Française, Manada, dénichée sur Internet, qui nous ferait presque regretter Vanessa Paradis. "Gained the World" est oubliable mais l'original "Au Delà" (chanté en français comme il se doit) fait frémir. Les véritables bonnes surprises des chefs reposent, d'une part, sur le titre assuré par le rappeur Cool Calm Pete, pas si cool sur un "One Love Karma" impeccable et effrayant (une rythmique lourde comme la fonte - Prodigy sort de ce corps) et une série d'instrumentaux tout à fait intéressants. Le morceau de quasi clôture "The Edge Beyond the Ledge" est à cet égard une belle réussite de composition où les instruments traditionnels et les synthétiseurs se mêlent en toute quiétude. Dans ses meilleurs moments, le son Morcheeba, downtempo, réussit à reproduire les ambiances de bords de mer tristes et gais à la fois qui font le charme des rivages britanniques. Dans ses pires instants, il rappelle un trip halluciné et de mauvais goût au Buddha Bar ou un Archive pris en otage par une diva soul sous LSD.
Dive Deep est un album de "mood-music" (comme on appelle ça aujourd'hui) qui a ses bons moments et ne manque pas d'originalité et d'esprit d'exploration. Sans parvenir à refaire de Morcheeba un acteur incontournable des musiques électroniques ou du trip-hop, il les rend de nouveau fréquentables. L'enjeu de ce Dive Deep était de savoir si le groupe allait continuer de s'enfoncer dans le marketing souladelic ou relever la tête indie. Ni l'un, ni l'autre, à vrai dire, mais l'intention y est.
http://www.myspace.com/morcheeba Morcheeba - Dive Deep (Pias, fév 2008) Principles of Geometry réanime l'electronica
Il m'aura finalement fallu deux albums et la participation de Sébastien Tellier pour que je me mette à Principles of Geometry. Leur premier album éponyme, aussi bon soit-il m'avait laissé sur ma faim. Trop influencé par les susdits Boards of Canada pour réellement me plaire. Quitte à utiliser les mêmes machines, les mêmes sons, autant ne pas composer les mêmes ritournelles psychédéliques que ses prédécesseurs, n'est-ce pas ? Pourtant, sur ce nouvel album titré Lazare, le duo se détache progressivement de ses influences IDM analogiques (même si les veilles machines sont toujours là). Plus krautrock, tout de machines bourdonnante Lazare est une invitation à un périple nocturne ("Interstate Highway System") dont le sommet est le magique et mélodique "A Mountain For President" avec Sebastien Tellier au chant suave et vocodé (je dirais bien, "A Tellier for President", mais bon, c'est les municipales, et comme maire, il m'irait très bien aussi). Toujours est-il que Principles of Geometry évolue doucettement donc. Sur "Titan" ils lâchent des bordées de synthétiseur saturées au point qu'on les imagine bien transformer tout ça en noise electronique psychédélique et libre. Ça grésille, ça frotte, mais ça glisse aussi et puis quand ça décolle on s'extasie quand même de ses harmonies spatiales et spartiates en même temps ("Golem"). Ils nous surprennent aussi avec "Napoleon" sur lequel on retrouve Vast Aire, le MC des ex-Cannibal Ox et ça encore une fois, ce n'est pas rien ! On leur reprochera tout de même des morceaux comme "Colfax" sublime d'accord, mais qui sonne comme une reprise de Boards Of Canada, au point qu'une visite sur Discogs est nécessaire pour se rassurer, non, ce morceau en apesanteur est bien des Français. La suite est à l'avenant, douces comptines post-electronica (les machines sonnent tout de même plus vintage qu'à l'époque de Warp) mais tout ça reste un peu trop inspiré par l'école 90's pour vraiment nous coller au plafond. Reste un bon album qui aurait mérité un peu plus d'énergie et de résolution et un grand merci à deux artistes qui vraisemblablement veillent sur le genre pour nous.
Principles of Geometry - Lazare (Tigersushi/Discograph) A écouter sur leur profil myspace, le remarquable "A Mountain For President". Céline Dion est... stupéfiante
Le même youtubeur qui avait réalisé les montages de "The Ten Most Ridiculous Things About The Beyonce Experience" et "Justin Timberlake is A Douchebag", deux analyses très documentés du jeu de scène de ces popstars et des points de vues solidement argumentés, "Céline Dion is Amazing" verse pour une fois dans la positivité. Ca peut pas être du sarcasme : elle EST VRAIMENT expressive, non ? J'aime pas les hamburger mais je vais faire une ExcepterNouveau single des géants du bizarre Excepter, groupe free dub jazz funk électronique de Brooklyn, "Burger" est une ôde à ce que l'Amérique produit de plus répugnant, la junk food, le bon vieux burger. Pas vraiment une ôde d'ailleurs puisque le groupe de John Fell Ryan se dit profondément engagé contre la voracité muette et aveugle du capitalisme américain dont l'ignoble sandwich serait selon lui l'emblême. Le morceau quant à lui est sorti chez Paw Tracks, label de Panda Bear, d'Animal Collective et c'est encore un grand moment de kraut-dub, moins funky que l'incroyable "The Rockstepper" mais non moins prenant. Le genre de truc hypnotique dont on voudrait qu'il ne s'arrête jamais. Alors, Excepter, bientôt chez DFA ? On va dire qu'on ne préfèrerait pas. Laissons les délirer - et se déliter - dans leur coin, ils ont franchement l'air d'y être très à l'aise et ça nous convient.
Excepter - Burgers 12" (Paw Tracks) David Gilmour Girls : autopsie du bon goût
Prenez la tuerie "Crimson As Murder" par exemple, également présente sur la compilation Relish, son rythme pulsé, ses basses synthétiques et sa mélodie tournoyante qui doit autant à Amon Düül qu'à Giorgio Moroder, c'est immense ! On pense immédiatement à Landcruising, le chef-d'œuvre de Carl Craig, entrant en collision frontale avec le Sound Of Silver de LCD Soundsystem, c'est dire la hauteur du propos ! Quant à "Young Rats" le hit pop de l'album, il évoque plutôt un mariage contre nature entre italo disco et les susdits membres de Yes, sans l'emphase ridicule de ces derniers. Le reste n'est que disco psychédélique (cosmic !) saturé de riffs de synthés déchirant la nuit, guitares overdubées et motorik sound ("Tune in Your Aura", "Tar & Feather", le fantastique voyage de "Skelter Skelter"), ballade vrillée ("The Vultures") sans oublier les morceaux de bravoure que sont "Like A Kiss From Mr Jesus" (le plus gras, un peu comme Kiss jouant du disco - ce qu'ils ont fait, ne l'oublions pas) et bien sûr, le grandiose "Heavy Metal Music Magazine", ses riffs de guitare synthé bourdonnant et sa basse hypnotique ! Une pure musique de machines métalliques assoiffées de gasoil, ou Metal Machine Music pour autobahn désertes et landcruising dans un paysage post-apocalyptique. Enorme !
Si Robin et Jasper ont bien retenu une leçon de l'union casse gueule du synthé et de la guitare du rock progressif, ils n'ont finalement gardé que le meilleur. Décidément, le
David Gilmour Girls - Vultures (Relish/Nocturne) Joujou Lo FiSoundtoys, c'est un jeu musical en flash complétement lo-fi et barré. L'interface est cheap et un peu mystérieuse : vous avez deux fenêtres (W1 et W2) et vous choisissez un instrument pour chacune d'entre elles : séquenceur, platine, clavier, cloche, noix, poulet... A partir de là, il y a un menu d'aide mais vous allez de toute façon devoir tatonner et c'est ça qui est marrant. Difficile de produire quelque chose d'écoutable mais c'est secondaire. Soundtoys, c'est un peu l'équivalent musical du jeu vidéo Wario Ware : un gros n'importe quoi très distrayant et inventif qui part dans tous les sens. En plus je suis persuadé que l'album de Yacht a été fait avec. A Psychedelic Night Part. II au Point Ephémère !![]() A l'occasion de la la sortie de la compilation Voyage, Facing The History of French Modern Psychedelic Music, Pan European Recording présente sa deuxieme Psyche Night au Point Ephémère vendredi 18 janvier 2008 ! Après le succès de sa soirée d'inauguration, et à l'occasion de la sortie de la compilation, Pan European Recording vous invite à la seconde édition de ses nuits psychédéliques. Autour de Tim Blake (Hawkwind, Gong, Crystal Machine...) accompagné de Turzi pour un concert unique, vous retrouverez les piliers fondateurs du label : les grandiloquents Aqua Nebula Oscillator, les cataclysmiques One Switch to Collision et les golden boys de Service. Lisa li Lund nous honorera elle aussi de sa presence. C'est donc toute la nouvelle et très active scène psychédélique française qui se trouvera réunie le vendredi 18 au Point Ephémère.
Ouverture des portes à 20h30 Line up: 20h45 : Service Voyage, Facing The History of French Modern Psychedelic Music (Pan European Recording, distribution Pias) on en reparle bientôt ! Décès de Carlos, le chanteurCarlos le chanteur et non le footballeur ou le terroriste est décédé ce matin...il avait appris fin 2007 qu'il était atteint d'un cancer. C'est le site de l'Express qui a annoncé son décès en fin de matinée. Carlos c'était l'auteur "Rosalie", "Tout nu tout bronzé" et de "Big Bisou". Depuis 1998 et son titre "Allez la France", il n'avait plus rien sorti et s'était consacré à une série de documentaires pour la chaine Odyssée. Leaks frauduleux : d'où sort ce solo d'accordéon ?
On dirait une idée de Bill Drummond de KLF et il semble que nous soyons sensés en tirer une réflection ou un débat sur la musique, les téléchargements et toutes ces choses. Moi franchement je ne vois pas et la lecture du manifeste du comité ne m'aide pas beaucoup : ils écrivent beaucoup pour ne dire finalement que ça leur semblait un truc cool à faire. Vrai ou pas, donc, nous n'avons à faire qu'à une blague de potache. Dommage que quelqu'un de plus malin qui aurait pu broder une philosophie pour habiller sa démarche n'a pas eu l'idée en premier. Au moins quand KLF avait brulé un million de livre sterling sans savoir pourquoi, ils avaient eu la décence de partir en quête d'une raison à leurs actes ensuite. Les jeunes d'aujourd'hui ne respectent plus rien. Albums cultes des géants du bizarre #29 : John Zorn - Naked City
Bien sûr une bonne partie de l'album tient plus du hardcore école Fugazi/Cop Shoot Cop (même si ces groupes n'existent pas encore à sa parution) que de ce qu'il reste du cadavre jazz réanimé de force sans respect aucun par ces suppôts de satan. Les âmes sensibles zapperont certainement l'album de "Reanimator" à "Speedball" le bien nommé, mais ce serait dommage de passer sur ces chef-d'œuvres bruitistes de quelques secondes, des titres comme l'incroyablement funky "Snagglepuss", "You Will Be Shot" rock'n'roll en diable, "Igneous Ejaculation" qui vous ramone les oreilles jusqu'au cervelet ou "A Shot in The Dark", d'Henry Mancini en version cartoon de Tex Avery. Tout ce bruit ne vient pas de nul part et Zorn contrairement à ce que laisse penser son disque a encore du respect pour le jazz, il le montre en reprenant l'incontournable "Lonely Woman" d'Ornette Coleman, son maître à penser. Finalement, ce qu'on retient de ce disque, après le plaisir, c'est son incroyable virtuosité, c'est l'aisance avec laquelle Zorn et sa bande passent de la noise music la plus impitoyable aux mélodies les plus divines comme sur ce "Saigon Pickup", beau à pleurer qui passe du piano solo à la country, au rock et au dub dans le même morceau, ou encore "Den of Sins" convoquant ambiant et free jazz hystérique, "Contempt" la reprise poignante de George Delerue, ou le metal bouillonnant mêlé de jazz saignant de "Graveyard Shift". Une succession de chaud et de froid, de douceur et de brutalité qui sied si bien à John Zorn, adepte des jeux sadomasochistes, en musique comme dans le privé. Et on finit par se demander si par delà l'impertinence, Naked City n'est pas aussi un hommage transversal d'un des plus grands saxophonistes de l'histoire du rock à la culture américaine. Ancêtre du fameux The Director's Cut de Fantômas (un autre grand disque de score cinématographique torturé) et album culte et bizarre indispensable, Naked City remet tout simplement le jazz à sa place dans la grande histoire des musiques populaires, l'imposant à nouveau comme une musique libre, urbaine et sauvage, profondément subversive et enfin, excitante !
*Eye, qui s'exprime aujourd'hui dans l'univers du neo disco en signant des édits stupéfiants sur le label Smalltown Supersound
John Zorn - Naked City (Nonsuch, 1989) Plus d'infos sur Weegee, le photographe du sordide des rues new yorkaises, ici. Les oubliés de la (dark) pop : Therapy?, princes des bourrinsPosté par Myosotis le 16.01.08 à 11:41 | tags : oubliés-de-la-pop, pop, rock, vidéos musicales, youtube
Il y a pire qu'oublier un groupe qui n'existe plus, c'est d'oublier un groupe qui existe toujours et qui n'est jamais vraiment mort. Les plus anciens se souviennent peut-être qu'en 1994, la presse spécialisée s'interrogeait déjà pour savoir ce qu'il fallait penser des Irlandais de Therapy?. Troublegum, leur deuxième album après le très bon Nurse de 1992, s'était glissé très haut dans pas mal de palmarès annuels et laissait présager, qu'après Nirvana (?), un mariage fructueux et mainstream était envisageable entre le rock bruyant, viril et musclé (une sorte de "metal" disons le) et la bonne musique. Therapy? proposait à cette époque une alternative couillue à la Brit Pop, offrait un refuge aux chevelus qui clamaient haut et fort, à peine descendus de leur mobylette, que Hüsker Dü était le meilleur groupe du monde. C'était l'époque où le Perfecto était encore un peu classe et où des types pouvaient porter (en province, du moins) des santiags sans se faire insulter par des fans de tektonik.
Formé en 1989 autour du guitariste chanteur leader Andy Cairns et du bon batteur Fyfe Ewing, les Therapy? méritent un peu mieux (mais juste un peu mieux) que le désamour dans lequel ils sont tombés aujourd'hui et qui vaut à leurs dernières sorties - Never Apologize Never Explain en 2004 et le bon One Cure Fits All de 2006 - une indifférence quasi-totale en dehors des cercles alternatifs. A réécouter Troublegum aujourd'hui, on se rend compte qu'il y avait un brin de subtilité dans ce quasi-metal là, comme la puissante reprise du "Isolation" de Joy Division, les astuces de production sur "Stop It You're Killing Me" et l'humour du "Knives" inaugural. On se rend compte qu'un album qui s'achevait sur une reprise en boucle et presque scratchée façon vynil de You're My Sunshine :"please dont take my sunshine away", ne pouvait être complètement mauvais. Surtout explose sur chaque titre le phénoménal travail de Fyfe Ewing qui donne l'impression d'avoir une demi-douzaine de paires de bras et de batailler ses fûts avec un impact de plusieurs tonnes au kilomètre carré. On peut imaginer que c'est la dissolution de cette force brute et primale dans un travail plus élaboré qui causa la perte de Therapy?, dès son album suivant, le pourtant estimable Infernal Love, produit à l'époque par le DJ, lui aussi irlandais, David Holmes et habilleur ambiant en chef de l'époque. "Loose", le single, et "Diane", une reprise de Hüsker Dü justement, sont des titres épatants et d'un impact étonnant. Therapy? absorbe littéralement les sonorités électroniques pour défoncer tout ce qui bouge, au point qu'on en arrive à trouver normal qu'Andy Cairns chante aussi mal. Le "Semi-detached" qui suit m'est inconnu, je l'avoue, et coïncide, ce n'est pas un hasard, avec le départ de Fyfe Ewing (officiellement parce qu'il en avait marre des tournées et des contraintes de la vie de pop star).
On raconte que c'est un album qui tient la route et qu'il marque là aussi une évolution du groupe vers plus de respectabilité (lisez "on y joue moins vite et moins fort"). Therapy? se casse alors la gueule commercialement et échoue sans maison de disques. Le groupe devient alors une version dure de Luke Haines et ses atrabilaires et produit un intéressant brûlot Suicide Pact - You First qui tape sur tout ce qui bouge. "He's not that kind of Girl" est un titre mémorable, comme l'évident et programmatique "Hate Kill Destroy". Puisqu'on n'a pas l'intention de les suivre pas à pas, on conseillera (très sincèrement) à ceux qui en ont envie, de se procurer la collection sortie en début d'année 2007 des BBC Sessions enregistrées entre 1994 et 1998 et intitulée Music Through A Cheap Transitor. En 28 titres, ce double CD permet de redécouvrir la machine de guerre à la fois affreusement vulgaire et limite insupportable mais aussi époustouflante qu'a été le groupe à cette époque. Sorte de best-of agrémenté de raretés, le double CD vous donnera notamment l'occasion de vous exploser les tympans sur l'exceptionnel "Innocent X" / "Meat Abstract" (morceau qui témoigne que les métaleux peuvent tutoyer l'expérimental) ou de vous fendre la pêche (et son noyau) sur le génial "Accelerator", l'histoire d'un camionneur qui n'a pas d'amis et s'en bat les couilles. L'univers sombre (dark, comme on disait alors) de Therapy? n'est pas quelque chose qu'on a fréquenté intimement mais qui, pour des titres comme... "Auto Surgery", "PrisonBreaker" ou encore "Teethgrinder", mérite de laisser une petite trace dans l'histoire du rock.
PS : juste au cas où vous vous poseriez la question, la présence insolite du "?" à la fin du nom du groupe a toujours suscité la curiosité. Parmi les dizaines d'explications possibles (des trucs sataniques, sexuels, métaphysiques et j'en passe), la plus crédible reste une stupide histoire de mise en place graphique sur le premier single autoproduit du groupe. Cairns aurait mal collé deux pièces composant la pochette et se serait retrouvé avec un espace idiot qu'il aurait comblé par un "?". Trouvant ça cool, il l'aurait gardé par la suite. Enfin je crois....
http://www.therapyquestionmark.co.uk George Demure : Dandy, Dandy CooOOl !
"I Think I'm In Love With Lauren Bacall", l'instrumental qui ouvre le bal de ce Boomtown Medallion au parfum de souffre, impose immédiatement une ambiance décalée, "A Rebours" oserais-je dire pour plagier le titre du fameux roman d'un autre dandy décadent, Joris-Karl Huysmans, des tendances actuelles. Sur les deux meilleurs morceaux de l'album, "Paperclip Millionnaire" - son rythme saccadé énergique et sa guitare fuzz - et "Heavy Traffic" - une cavalcade electro-rock échevelée - son phrasé précieux, sa voix chaude de crooner de retour d'after nous fait irrémédiablement penser, dans un genre plus rock'n'roll, à notre bon ami James Murphy de LCD Soundsystem. Ou un mélange du même Murphy et de Barry Adamson, pour les sonorités moites, l'amour de la soul et du funk blacksploitation, même si son groove est blanc. Il est clair que Demure a le don pour marier les contraires. Capable de perles d'electro pop mélancolique ("New Confrontation"), comme de tracks disco tordus pour diva poilue ("Dancing Like a Fool", "Check"), il signe avec la même aisance des reggae dub décomplexés sur lesquels il affiche toute sa nonchalance ("Sorrow"), comme de fascinants titres au style inclassable tels "Send Him To Memphis", sa boucle acide crade et sa contrebasse jazzy ou encore "My Baby's Gone", le titre rigolard, la pochade rockabilly du disque, dont Playlist vous offre gracieusement la vidéo (vous pourrez ainsi vérifier pour les chemises western).
James Murphy peut se rassurer, on ne sait pas ce qu'il sortira quand il aura 55 ans comme le disait un chroniqueur de Pitchfork, mais la relève, elle, est déjà là.
George Demure - Boomtown Medallion (Tirk/La Baleine, janv 2008)
http://www.georgedemure.com
The Magnetic Fields en écoute et en distorsion Difficile de savoir par où prendre cet album. D’un côté il s’agit du huitième disque de The Magnetic Fields, un groupe qui a vingt ans de carrière et qui en est à son quatrième changement drastique de style et Stephin Merritt, leader Maximo du "groupe", a pondu au moins autant d’albums sous d’autres noms. Certains n’hésitent pas à l’appeler parfois le plus grand songwriter américain vivant. Qu'en est-il de leur album Distorsion ?Oui, qu'en est-il ? La réponse (si réponse il y a), c'est 2goldfish qui l'a et qui vous la donne dans son article Les distorsions des Magnetic Fields. Et pour en savoir plus, allez lire les portraits de The Magnetic Fields et de Stephin Merritt. Et pour faire de cette lecture un pur moment de bonheur, enchaînez avec l'écoute intégrale de l'album sur le myspace des Magnetic Fields. Nick Cave balladurien
Nick Cave c'est un peu comme -et j'écris avec toute l'autorité de quelqu'un qui le connait mal- c'est un peu donc comme Edouard Balladur ou Raymond Barre sur la fin. Il a semble-t-il fait une croix sur son ambition d'être l'égal de Bob Dylan/Neil Young/Tom Waits. Oh, les critiques l'aiment bien mais, peut-être parce qu'il lui manque UN album définitif, il semble condamné à occuper un rang un peu inférieur à celui de ces trois-là. Comme Edouard qui ne sera jamais président, donc, il se lâche. Bon, Edouard Balladur qui se lâche, c'est pas génial non plus et c'est surtout très limité mais il est quand même beaucoup plus marrant depuis une dizaine d'années qu'à l'époque de "Je vous demande de vous arrêter". Nick Cave qui se lâche, par contre, ça nous a donné l'excellent Grinderman l'an dernier et maintenant ce clip "Dig, Lazarus, Dig", premier extrait de l'album du même nom sur lequel il retrouve les Bad Seeds. C'est drôle, c'est cool, c'est bon. Donnacha Costello : Living Colors
A l'écoute de ces 10 titres impeccables, on a envie de dire : voilà la minimale qui fait mentir les oiseaux de mauvaise augure qui annoncent la fin du genre, celle qui cloue le bec aux râleurs et remet les choses à leur place. Rarement série aura aussi bien mérité son nom. Colorés, ses morceaux le sont. Le producteur irlandais qui débuta sa carrière en 1989 a d'ailleurs toujours su nous proposer une techno à la fois rigoureuse et chaleureuse, réellement dansante et toujours harmonieuse. Pourtant avouons qu'il n'est pas toujours été aussi convaincant sur le long cours d'un album, qu'ici, au milieu de sa collection de dégradés funky et j'ose le dire, carrément chatoyants. Bourré d'énergie positive, chaque morceau de Colorseries donne envie de lever les bras en l'air, de bouger la tête et de remuer gentiment les hanches. Même les titres les plus répétitifs comme "Pistachio A" ou "Grape B", se parent de mille couleurs, quant aux autres, les "Orange A", "Grape A", "Rubin Red B", ils oscillent doucement entre ritournelles minimales et electronica scintillante. Ajoutez un poil de progressive aux reflets trancey sur "Opal Sessions" (un inédit) avec ses nappes obsédantes, deux belles plages ambiantes sur "Cocoa B" et sa session cousine (encore un inédit) de la même chaude couleur chocolat, pour finir sur une note épicée avec l'electro naïve et cosmique de "Mustard B" et vous aurez de quoi vous faire monter le rouge aux joues. Costello réalise même un "Blue B" qu'on ne peut que concevoir comme un clin d'œil à Plastikman (période Consumed), magique !
Donnacha Costello - Colorseries (Minimise/Nocturne, déc 2007) Il n'y a pas de Justice ! Et c'est tant mieux !
Pardonnez-moi ce titre un rien racoleur, ce n'est pas très professionnel je l'avoue, mais bon, faute avouée, ... etc. (vous connaissez la suite). Impossible pourtant de vous cacher le ricanement incontrôlé qui m'a échappé à l'annonce du refus par le club Fabric, du mix album de Justice. Commandé par le prestigieux club pour son label du même nom, ce qui aurait dû être l'un des rares mix drivé par des Français (aux côtés de celui d'Ivan Smagghe) s'est vu émettre un avis de non-recevoir par Cameron Leslie, le patron du label. La raison ? Un mix trop court et surtout, deux titres qui vraisemblablement ne passaient pas, "Quand je joue" de Julien et "Vivre ou Survivre" par Daniel . Manquait que Michel Delpech (ne riez pas, je suis sûr qu'ils y ont pensé) et Didier Barbelivien, mais bon, il faut croire que "French Touch" ou pas, il y a semble-t-il tout de même des limites que la vieille garde francophone ne franchira pas, outre-manche.
Alors que pensez de ce refus ? A l'aune de l'intérêt que je porte au duo français chouchou des fluokids, je dirais, l'electro ne s'en portera pas plus mal, pourtant, on ne peut pas vraiment reprocher aux Français d'avoir essayé. Le reste de leur sélection n'ayant pas à rougir de celles d'autres label companions et on peut dire qu'elle est un poil plus originale que celle de leur compatriote Ivan Smagghe, qui au-delà d'un très bon mix, se contentait d'aligner les titres du moment sans se prendre la tête. Evidemment, alors que les podcast inondent la planète et que Ricardo Villalobos sort un mix Fabric qui est en fait un album, le format mix sur disque en prend un vieux coup derrière les oreilles. L'idée n'était peut-être pas si mauvaise. Reste que si comme moi vous écoutez par curiosité (ou par passion, n'ayez pas honte) ce qui est devenu par défaut le Justice Xmas Mix, diffusé gratuitement sur le net et aussi connu comme "the rejected Fabriclive 37", je vous conseille tout de même de zapper la plage 14 et 15, sous peine de rejet des tympans, saignement des oreilles et crise d'urticaire aggravée.
Une bonne nouvelle pour finir (quoi ? ce n'était pas ça la bonne nouvelle ?) : Après un tel refus, on est enfin rassuré, Teki Latex ne signera jamais un mix chez Fabric... Ouf !
Justic Xmas Gift tracklist : 01 Sparks - Tryouts For The Human Race - Virgin Avis de recherche : qui a vu Yannick ?Posté par Myosotis le 14.01.08 à 11:36 | tags : chanson française, elucubration, vidéos musicales, youtube
Ce n'est pas que j'y attache une importance particulière mais plutôt que sa disparition est entourée pour moi d'un de ces mystéres insondables qui font aujourd'hui la civilisation. Star d'une saison, d'un jour ou d'un mois, les disparitions musicales pour le meilleur (Magali Vaé, les L5, Lionel Jaioubliésonnom de famille,...) ou pour le pire (la Saga Day One, l'excellent groupe trip-hop Earthling et d'autres) rythment l'actualité et d'une certaine façon notre rapport à la musique. Faut-il y voir l'encensement un peu trop rapide de personnages ou groupes qui n'en valaient pas la peine, n'en avaient pas sous la semelle, ou les effets pernicieux d'un système qui ne laisse pas le temps au temps, qui broie et malaxe les "créatifs" au point de les soulever un jour suffisamment haut pour qu'on les ait en ligne de mire et de les écrabouiller, ensuite, dans un rouleau tumultueux ? Faut-il y voir cette preuve cruelle que la malédiction warholienne des 5 minutes de célébrité n'est pas une connerie statistique ? Parmi ces (regrettés) disparus, Yannick est la figure emblématique d'une "étoile" qui a vu la lumière du jour avant d'être soufflée pour une probable éternité aux portes de l'an 2000. Son titre était assez mauvais, décalqué d'après Claude François évidemment, mais chanté avec suffisamment d'allégresse et de cool attitude (on se serait cru parfois chez les Was et leur "Walk Like A Dinosaur"), pour que même les plus rétifs à ce genre de hits industriels aient fait le pas de danse avec le jeune homme. Yannick était le visage même du bonheur lorsqu'il dansait sur les plateaux de télé. Se doutait-il ? Sur le net ou ailleurs, il apparaît quasi impossible de trouver autre chose que mille fois le texte de son unique hit, une vingtaine de vidéos où l'on peut essayer de revivre ce qui se passait autour de lui. Au présent (je ne parle pas même du futur), rien. Aucun signe. Aucune trace. Il est faux de croire que l'Internet dit tout sur tout. On y laisse des sillons sanglants mais ce n'est pas un instrument pour prédire le présent à tous les coups. A rebours, les paroles de "Ces soirées là" sont quasi prophétiques et mélancoliques. C'était il y a 7 ans et Yannick cherche toujours la lumière. Snif.Ces soirées la! Ces soirées là.
Musiques & Cultures Digitales : Cinq ans sur les pistes numériques !
D'autres réseaux, d'autres artistes sont également à découvrir pour les arts numériques, c'est le cas de Calvacréation, plate-forme de création multimédia créée par Fabrice Croizé et Sabrina Montiel-Soto et la compagnie PuceMuse qui revisite la MAO en démocratisant la pratique musicale numérique.
Concernant les pistes, virtuelles cette fois, le magazine vous donne rendez-vous sur Second Life pour les soirées régulières "An Electronic Space", et dans la Maison des Métallos reconstruite à l'identique sur l'île Cultures Digitales, les 3 et 10 janvier, à 22h, pour Secousses Internes de Marie Menges.
Pour connaître les points de distribution et de consultation nationaux de M&CD (Musiques & Cultures Digitales), suivez ce lien et cliquez sur l'onglet "Distribution". Albums cultes des géants du bizarre #28 : The Feelies - Crazy Rythms
Crazy Rythmns ! Le titre dit tout. Ici c'est guitares véloces et priorité au rythme, hymnes lyriques échevelés et accélérations impromptues qui, dès qu'elles commencent, semblent ne plus devoir s'arrêter. Sans oublier les percussions (3 musiciens sur 4 en plus du batteur). Côté lyrics c'est clairement l'économie de moyen, comme sur tous les albums qui suivront. En ce qui concerne les textes, comme en matière d'apparence les Feelies sont loin d'être expansifs et c'est principalement pour ça qu'on les aime. Car malgré ce mutisme, il est difficile, voire impossible, de rester indifférent à leur musique. Sur "The Boy With The Perpetual Nervousness", le morceau d'ouverture, un cliquetis de baguettes avance désarmé, préparant le terrain aux guitares énervées tandis que résonne l'écho lointain d'une tondeuse à gazon, reflet apaisé d'une adolescence ennuyeuse et lénifiante dans une banlieue plutôt aisée du New Jersey. On imagine aisément ces quatre garçons trop intelligents trépignant dans leur garage en composant "Fa Cé-La" qui restera certainement leur titre le plus punky. Il en fallait du talent et de l'imagination pour pondre ces chef-d'œuvres d'harmonie dans cette ambiance acculturée. Prenez les poignants "Loveless Love" ou "Moscow Nights", ou comment faire éprouver des émotions sans prononcer un mot ou presque. L'hypnotique "Forces at Work", avec ses guitares entremêlées jouant en constant contrepoint l'une de l'autre (un grand moment de psychédélique punk), ou les brillants "Raised Eyebrows" et "Crazy Rhythms" qui ferait passer Talking Heads pour un groupe de grabataires. Respectueux des grands anciens, tout en étant assez talentueux pour les adapter sans complexe, The Feelies reprennent aussi "Everybody's Got Something To Hide Except Me And My Monkey", extrait du double blanc des Beatles. Une version échevelée qui transcende largement l'original. Pour faire bonne mesure l'album se clôt sur une autre reprise, des Stones cette fois, en l'occurrence un "Paint in Black" éminemment respectueux (bien qu'encore une fois accéléré). Album magique de bout en bout, Crazy Rythmns est vraiment une perle oubliée des années 80. Leurs trois albums suivants seront plus classiques, mais tout aussi indispensables. S'il faut chercher des héritiers aujourd'hui, allez voir du côté de Weeding Present, ou plus près de nous Franz Ferdinand, mais soyez prévenus, aucun des deux ne leur arrivent à la cheville.
The Feelies - Crary Rythmns (A&M 1980) PS : Incroyable, des fanatiques ont crée un profil myspace pour ce groupe oublié. Les morceaux présentés ne sont pas sur Crazy Rythmns, mais ils valent tout antant le coup d'être écoutés. Chapeau sans melon et tête de pochette![]() ![]() ![]() Et voilà un argument tout cuit pour les nostalgiques du vinyl et ennemi du CD : quand le vinyl sera définitivement mort, il n'y aura plus moyen de jouer à "tête de pochette", une distraction qui fait fureur à voir le nombre de commentaires sur ce site américain : http://community.livejournal.com/ohnotheydidnt/18729528.html. L'activité consiste d'après la définition officielle donnée par l'inventeur de ce jeu à ce qu'"une ou plusieurs personnes cachent ou augmentent une partie de leur ou leurs corps avec une ou plusieurs pochettes de disques afin de créer une mystification." Si les résultats sont inégaux, l'idée est excellente et un bon moyen d'avoir des photos de ses stars préférés dans sa chambre (plus honorable que de participer à Fan 2 ou Rêve d'un jour, en tout cas). Le testament New Wave de Jean-François Bizot
Extrait : Outre de nombreuses formes artistiques innovantes et foncièrement originales, l'époque a en effet vu naître une véritable philosophie (passée largement inaperçue du grand public, il faut bien le dire) : la subversion par la norme. A l'échec patent du punk et contre la léthargie baba, la new wave prêchait pour un ultra conformisme provocateur et ironique. "Conform to Deform" disait Stevo, boss du label Some Bizarre, un slogan qui disait tout. Entrer dans la norme et le conformisme pour mieux le détruire de l'intérieur, parfois en le singeant à outrance. Jamais les principes situationnistes ne furent aussi près d'être appliqués à la lettre. Alors que le punk se targuait de nihilisme en crachant par terre, la new wave célébrait l'énergie atomique et le progrès technologique, tout en fêtant joyeusement l'apocalypse nucléaire et la fin de la civilisation humaine. Quand les babas prêchaient le retour à la terre et les valeurs authentiques, la new wave oeuvrait pour un avenir urbain déshumanisé et concentrationnaire afin de hâter sa fin prochaine et bannissait tout ce qui était "authentique" au profit de ce qui apparaissait comme superficiel et clinquant, moderne et innovant, futuriste et provocant. Pour tout cela, les années new wave furent sans aucun doute les années de l'outrance et du paradoxe, mais aussi des années expérimentales par excellence. (Lire la suite) New Wave de Jean-François Bizot, Mariel Primois et Jean Rouzeaud (ed. Panama) Leslie Hall et le fat hip-hopPosté par LovelyRita le 09.01.08 à 18:08 | tags : hip hop, myspace, pop, rigolo, vidéos musicales, youtube
Après Beth Ditto, la chanteuse des Anglais de Gossip, voilà qu'une autre chanteuse pulpeuse pour ne pas dire au physique de bouteille d'Orangina, risque de faire la couv des magazines branchouilles dans les semaines à venir. Oui, comme Dito, Leslie Hall est grosse, arbore un style excessif pour ne pas dire dangereux ! Hall, qui est à la fois chanteuse et performeuse, cultive le goût du terriblement moche version eighties. A elle seule, elle évoque dans son style vestimentaire l'imaginaire US des années collège, des nerds et membres du club d'échecs. Elle portent des pulls à gemmes (fausses pierres précieuses) et des costumes réalisés par sa maman. Musicalement, ça ressemble à quoi ? Je ne le vous dirais pas, regardez la vidéo de "How We Go Out", plutôt. Kasper Bjørke : Electronic voodoo land
In Gumbo a tout de l'ovni. Sorti de nulle part sous une pochette réellement intrigante, ce premier album solo de Kasper Bjørke (il est également membre du groupe Filure. Qui ça ? Ok, oubliez...) est la carte de visite plutôt salement emballante d'un artiste polymorphe au charisme certain. Je sais, ça sent la formule, mais croyez-moi, c'est totalement sincère. Ce Danois filiforme d'une trentaine d'années que l'on imagine raisonnablement aussi fan de Prince que d'electro classique, accouche avec du genre d'album jouissif que l'on garde par devers soi. Pas par égoïsme, mais avec un peu de honte, de peur de se heurter à l'incompréhension de ses amis. Il faut dire que cette grande bringue frisée ne nous mâche pas le travail. Comme beaucoup de ses compatriotes (au hasard, Oh no Ono), Bjørke flirte constamment avec les limites du
Si vous aimez le gumbo, cette soupe de la Nouvelle-Orléans dans lequel marine un peu de tout, vous y serez ici à votre aise. C'est chaud, épicé, varié, il y a plein de truc bizarre dedans et on ne s'ennuie jamais.
Kasper Bjørke - In Gumbo (Plant Music/Discograph, oct 2007)
And Also The Trees : meilleur groupe coldwave vivant ? Découverts et lancés par The Cure (Lol Tolhurst notamment) au tout début des années 80, les And Also The Trees font partie (avec Wire, The Only Ones, entre autres) des quelques grands groupes mésestimés des 30 dernières années. Influencés par les sonorités post-punk (rural en ce qui les concerne) dans un premier temps, les And Also The Trees amorcent une belle mutation musicale en 1986 lorsqu'ils sortent l'album Virus Meadow. La texture de leurs chansons s'enrichit alors pour aboutir à une sorte de punk atmosphérique, tendu, lugubre et en même temps branché. La voix de Simon Huw Jones, leur leader et parolier, fait merveille dans un registre pas si éloigné de celle de Ian Curtis, grave et hanté, mais qui évoque parfois par ses déraillements la puissance de Nick Cave. Le lyrisme d'And Also The Trees est renforcé un peu plus tard par l'arrivée d'un clavier qui vient aérer un dispositif certes moins cohérent que celui des Mancuniens, mais tout aussi anxiogène. Inventeurs de la coldwave rurale ou du bucolic post-rock (courant auquel on rattachera plus tard nos chouchous de Hood), les And Also The Trees connaissent une carrière qui va crescendo jusqu'à la fin des années 80 marquée par la sortie du beau (mais un peu intello) Farewell to Shade. Les Trees se taillent alors un beau succès en reprenant à leur sauce le "Lady D'Arbanville" de Cat Stevens. Les années 90 marquent ce qu'on peut considérer (tout le monde n'est pas de cet avis) une dégringolade artistique. Comme les Cure, les Trees se laissent embobiner par des claviers, des orgues et autres trompettes envahissants qui cassent l'ambiance pour laquelle on les aimait. Après une pause de quelques années, les Trees sont revenus aux affaires avec un agréable Further From The Truth, en 2003, et un (dixième?) album enfin aussi bon que leurs anciens chefs d'oeuvre.(Listen for) The Rag and Bone Man est un album précieux qu'il est plus facile d'écouter que de commenter. Enregistré (selon ce qui se dit) principalement dans un manoir (hanté) du XIème siècle en pleine campagne anglaise, puis terminé dans une église victorienne de l'East End, l'album bénéficie de la présence (vade retro synthetizer) d'instruments véritables. Une double basse a été appelée en renfort et donne une profondeur de champ aux harmonies du groupe. C'est d'ailleurs cette épaisseur et cette facilité à fixer les ambiances qui caractérisent cet album envoûtant. "Domed", "Beautiful Silence" et "Rive Droite" constituent un tryptique d'entrée tout bonnement sublime et qui nous projette d'emblée dans une campagne lugubre et hantée par des vents spectraux. La voix de Huw Jones donne le sentiment de se plaindre et de saigner vivant, comme on entendrait en se baladant dans la lande la voix d'un Heath Cliff en train de lâcher les chiens. "Mary of The Woods" est une très belle chanson d'amour qui s'ouvre sur le crépusculaire et plus dynamique "The Way The Land Lies". And Also The Trees maîtrise parfaitement les quelques montées d'adrénaline distillées ça et là et nous balade à sa guise entre des évocations de légendes romantiques ("The Saracen's Head") et des titres un peu plus légers (le moyen "Stay Away from the Accordeon Girl"). "Candace" évoque la fille sacrifiée et vénéneuse des romans de Faulkner tandis que la "Legend of Mucklow", titre très travaillé et carrément déstructuré, semble évoquer la vie d'un étrangleur (je ne suis pas sûr d'avoir tout compris). Le final "Man with a Drum" et "Under the Stars" vient de nous convaincre de l'excellence de cette musique, à la fois intouchable et parfaitement organique. La musique d'And Also The trees n'est jamais plombante et ne ressemble en aucune façon à ces conneries de groupes à vampires qu'on entendait il y a quelques décennies. Le son est riche et incorpore des textures jazz et des harmonies qui ne sont pas sans rappeler parfois les expérimentations de Sonic Youth. La voix du leader est à elle seule un instrument qui réussit à contourner sa relative faiblesse par une palette de modulations capable d'emmener les morceaux dans des genres différents.
(Listen for) the Rag and Bone Man, si on ne considère pas cette musique dépassée par l'époque (c'est notre cas), est un album post-gothique tout à fait recommandé, voire indispensable. Il a, en outre, le mérite de démontrer qu'on peut encore fait de bons albums dans des vieux groupes (ou de vieux albums dans des grands groupes), ce qui en ces temps de reformation à outrance, nous laisse pas mal d'espoir. PS : pour info, le rag and bone man était un type qui passait dans les campagnes au siècle précédent en rachetant aux habitants les vieux vêtements et tout ce qu'ils avaient à lui abandonner. Biosphere : Geir Jenssen pionnier du voyage intérieur
La réédition de ses trois disques précieux est justement occasion de constater l'évolution des travaux au fil du temps, d'une techno éthérée (Microgravity) à la musique répétitive (Patashnik) puis à l'ambient immobile des moments en suspend d'Insomnia. Aujourd'hui, Geir Jenssen s'adonne sous son nom propre à la création de pièces electroacoustiques, voir concrètes, à base de field recordings (enregistrement de sons "naturels" in situ), généralement sur le très pointu label Touch, également responsable de la réédition du magnifique Cirque en 2006.
Biosphère - Microgravity, Patashnik et Insomnia (Beat Service/La Baleine) Morrissey finance sa légende à coups de Best-of
Dans le même temps, et en attendant une tournée française en février (il reste toujours des places pour Clermont-Ferrand), Morrissey continue son bras de fer avec le NME, fournissant ses arguments avant un éventuel procès en diffamation qui pourrait lui rapporter pas mal d'argent et de capitaliser sur son succès en sortant en février un énième best-of. La nouvelle collection de chansons qui suit le World of Morrissey de 1995 épatant, le Suedehead Best Of de 1997 et le... Best-of de 2001 regroupe en grande majorité des titres récents et qui n'ont de best que le nom. Le Greatest Hits sortira en plusieures versions dont l'une agrémentée, semble-t-il, de titres live et sans organisation apparente. La tracklist principale a été dévoilée récemment et est des plus hasardeuses, incluant des reprises mineures comme "Redondo Beach" (Patti Smith), un inédit excellent "That's How People Grow Up", qui sort ces jours-ci en single, ainsi que des titres anciens et présents partout ailleurs comme "Suedehead", l'International Playboys ou le classique "Everyday is Like Sunday" ou plus récents comme "You Have Killed Me" ou l'affreux "I Want To See The Boy Happy". En bref, ce disque ne ressemble pas à grand chose et est servi par une iconographie surprise : une photo d'il y a 10 ou 15 ans d'un Morrissey jeune et fringant à des années-lumière de la beefy attitude actuelle. Le divorce n'est pas encore prononcé mais le long compagnonnage entre les fans que nous sommes et le King of Mopes a du plomb dans l'aile. Prochain rendez-vous en février à l'Olympia.
Tracklist du best of 1. FIRST OF THE GANG TO DIE Taupes demi celtesOui oui oui ! C'est le début d'une année et donc la fin d'une autre ; il fait froid, les terres gèlent et du coup les Taupes sortent de partout dans les jardins givrés. Depuis mon appartement riquiqui, je peux entr'apercevoir le carré d'herbe qui moquette la place de la Nation, et voici les Taupes que j'ai vu gambader en 2007.
Les Taupes globales : Cocorico ! J'ai réussi sans me forcer à caser trois groupes/artistes français dans les dix taupes que j'ai plébiscité en 2007 (Rien, Thee Stranded Horse, Mendelson). Je suis aussi pour l'heure le seul membre du Flu Krew à avoir osé aimer le dernier Radiohead. Oui, ça ne va pas casser trois pattes à une taupe, mais je le trouve au final réussi ce disque. Sinon, rien de très surprenant, me direz-vous. Et vous avez raison.
01. Of Montreal – Hissing Fauna, Are You The Destroyer? Etant provincial depuis 24 ans au moins, je mets un point d'honneur à m'intégrer à la vie parisienne. Deux concerts seulement n'ont pas été vu à Paname. Pour faire croire à l'objectivité (hahaha) de ce classement, je n'ai pas listé la venue de Silver Mt Zion : ça fait depuis belle lurette que je ne devrais plus les classer tellement je suis fanatique.
01. Poni (Villette Sonique) (un collectif obscur qui fait des concerts performances incroyables !)
Les Taupes le disent avec des fleurs J'ai jamais pu faire de classement de chansons, je trouve ça con. Mais bon, avec le temps on devient moins crouton, et voici une tentative de classement de chansons d'amour qui m'auront fait voltiger les mirettes en 2007.
01. Peacebone d'Animal Collective (le meilleur clip d’amour de tous les temps !) SoundsCool, blind test vicieux![]() SoundsCool n'est pas le premier blind test en ligne que je vous présente mais c'est jusqu'ici le plus addictif grâce à un petit détail qui fait toute la différence : vous concourrez en direct contre d'autres internautes et vous pouvez voir votre classement en direct. Le connard en moi apprécie beaucoup, même s'il n'a pas encore réussi à dépasser la dix-neuvième place. Il faut dire que le blind test est particulièrement difficile pour les gens de bon goût comme vous et moi puisque non seulement il vous sera demandé de reconnaître Kyo, Zazie (facile) ou Sean Kingston ("qui ça ?" me direz vous) mais en plus de nommer leur chanson. Etes vous capable de reconnaître un titre de Placebo d'un autre titre de Placebo ? C'est vraiment vicieux de nous demander ça. Vous l'aurez compris, la playlist ressemble à celle de NRJ et c'est ça qui rend le jeu si difficile et donc cool. A moins que vous n'écoutiez NRJ, bien sûr, auquel cas je ne peux rien pour vous. Chet Baker Barclay Sessions 1955 : le coffret magique Huit CD rien que ça, c'est ce qu'il a fallu à Universal pour monter cette intégrale splendide des sessions parisiennes de 1955 de Chet Baker et son quartet. Déjà en partie connues par un assez récent disque sélectif (qu'on conseille à ceux qui n'ont pas les 100 euros à investir dans l'intégrale), les sessions Barclay présentent un Chet jeune, fraîchement débarqué des Etats-Unis qui n'a évidemment encore rien à voir avec l'homme fantôme qui hantera le vieux continent 20 ans plus tard. Chet jeune comme Chet vieux parcourt pourtant l'Europe à un rythme de possédé, écume les salles et les bars pour jouer sa musique miellée, démontrant à l'Europe entière qu'il n'est pas que le nouveau James Dean mais possiblement le nouveau Bix Beiderbecke, le cornettiste maudit qui aura été le seul à opposer au jeu enfiévré d'Armstrong un jeu ralenti et aux notes flottantes. Invité par Barclay en étape parisienne, Chet s'associe tout au long de ces enregistrements à des jazzmen relativement peu connus et en devenir, français ou belges, (Jean-Pierre Chautemps, Pierre Michelot ou Bobby Jaspar) mais aussi au pianiste bostonien prodige Dick Twardzick qui décédera d'ailleurs entre deux sessions d'une overdose. Les collaborations incroyables entre les 2 hommes sont reprises en CD depuis longtemps et un titre hommage composé par Baker, In Memory of Dick, est repris ici.Les morceaux rassemblés valent autant par leurs qualités musicales que par leur enveloppe : le coffret est tout bonnement superbe, agrémenté de textes et commentaires en anglais et français qui nous racontent cette époque bénie où l'esprit de Paris pouvait changer un artiste en or. Quelques photographies (jamais vues jusqu'ici ?) relèvent le tout et soulignent la grâce et la poésie du jeune Chet jusqu'à en faire un peu trop. N'oublions pas qu'en bon Dorian Gray, Baker a presque toujours dissimulé sous ses airs d'angelot un personnage assez peu recommandable, certes ultrasensible mais surtout très autocentré et capable de sacrifier à peu près n'importe qui (famille ou amour) à ses intérêts du moment. Toujours est-il que la musique n'en dit rien et est ici d'une luminosité et d'une fluidité étonnantes, quelles que soient les configurations. "Sad Walk" reste un grand morceau, "Cheryl" d'un romantisme à se tailler les veines au couteau à huitres et "These Foolish Things" un sommet de l'oeuvre du trompettiste. On regrettera toutefois, et comme souvent dans ce genre de coffrets "complets", que certains CD soient gorgés de versions alternatives ou cuts qui n'amènent pas grand chose à l'affaire : le CD 6 est à cet égard caricatural qui nous met "Dear Old Stockholm" à 5 versions d'Exitus et à 6 prises du moyen "Chik-Eta". Rebelote en CD 7 où on doit se farcir pas moins de 8 prises de "Anticipated Blues" et autant de "Cheryl". Il faut aimer beaucoup Chet Baker ou être un vrai spécialiste de son travail pour apprécier les nuances, les fautes de doigt qui émaillent ces enregistrements et ne pas regretter (infamie) que ce bel ensemble ait été ramassé sur 3 ou 4 CD et son prix diminué d'autant.
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Reste que ces sessions Barclay sont un bel objet et un bel objet musical et méritent tout à fait de se faire acheter sur ebay ou sur ces nouveaux sites de revente de cadeaux de Noël. Il faudrait être un bon blaireau pour vendre ce coffret mais impossible n'est pas français. The Sixty One Donne La Chanse Aux Chansons
Au premier abord on croit avoir à faire au millionième site qui propose de nous faire découvrir de la musique à travers le consensus des auditeurs. Un concours de popularité, en somme. Sauf qu'en pratique, thesixtyone est avant tout un jeu : on est là pour gagner des points, si on découvre de la musique c'est juste un bonus. On se prend donc à investir ses points non pas dans nos morceaux favoris (désolé Menomena, j'ai bien fini par comprendre que moi seul vous aimais) mais dans les titres dont on présume du fort potentiel de popularité. Peu importe que la chanson soit bonne : au moment ou j'écris, la reprise de "Mr Blue Sky" d'ELO par Lily Allen réalisée pour la pub pour les machin-choses, est parvenue jusque sur la page d'accueil. Personne n'écoute vraiment ça mais ça cartonne parce que tout le monde croit que les autres le font. On appelle ça une bulle spéculative et même si ça a mauvaise réputation, si vous vous y prenez bien vous pouvez faire fortune. Mon conseil d'investissement : pariez toujours sur la médiocrité. Philippe Robert sur les musiques expérimentales et transversales
"Une anthologie comme celle-ci c'est un peu comme une cour de récréation. On n'est pas là pour faire ami-ami avec tout le monde. C'est le moment de vérité, en tête à tête avec l'autre. Au pire, on pourra toujours se faire son album perso des douloureuses, des impossibles et des mochetés. Au mieux, on se sera fait des petites listes et des notes de disques à trouver, que personne n'a chez soi." écrit-il en quatrième de couverture. Et c'est cette simplicité, cette sincérité qui séduit dans la démarche de Philipe Robert, loin de toute prétention et de d'académisme (forcément !), l'auteur échafaude sa petite histoire, tout en en respectant la nécessaire chronologie. D'où, certainement, le choix de présenter ces artistes hors-normes (au sens propre comme au figuré) dans l'ordre chronologique sans parti pris de genres artificiels. De fait, ce livre très complet, reprend où le Experimental music, Cage et au-delà de Michael Nyman, s'étaient arrêtés, puisque Philipe Robert, en plus de recenser les grands "classiques" de l'expérimentale (Russolo, Schaeffer, Isou, Varèse, Scott, Stockhausen, Lucier, etc), fait appel à ses plus "actuels" défenseurs. Citons par exemple Merzbow, Keiji Hano, Phill Niblock, Charlemagne Palestine, Loren Mazzacane Connors, DJ Spooky, Mimeo, Jim O'Rourke, Dean Roberts, Dominique Petitgand, Nurse With Wound, sans oublier l'aspect historique : du psychédélisme pré-ambiant (La Monte Young) à la no wave (DNA), en passant par le krautrock (Damo Suzuki), le post-punk (Throbbing Gristle, Public Image Ltd), les platinistes (Otomo Yoshihide, Martin Trétreault), l'improvisation (Derek Bailey, Joëlle Léandre) et les inclassables (Alan Licht, AMM, Musica Elettronica Viva, Taku Sugimoto). Une bible donc, une somme, allègrement écrite, dans un style fluide et plein de vie par un auteur tout à sa passion, la musique et rien que la musique. On a envie de dire, "exemplaire" ! C'est les fêtes il n'y a pas longtemps, offrez-le !
Philipe Robert - Musiques expérimentales, une anthologie transversale d'enregistrements emblématiques, éditions Le Mot et le Reste, avec le concours du GRIM. Hey, Bo Diddley !Bo Diddley joue... "Hey Bo Diddley" et "Bo Diddley". A côté de ça, les Ramones sont des maximalistes. C'est quand même moins chiant que Radiohead, non ? Albums Cultes des Géants du Normal #4 : De La Soul - Three Feet High and Rising
On les a souvent taxé de hippies à leur corps défendant et c'est vrai que ce premier album sent beaucoup l'herbe qui fait rire. Posdnuos, Trugoy et le DJ Pasemaster Mase ont truffé l'album de petits sketches absurdes et leurs raps parlent d'amour, de paix, des conseils de Mr Crocodile et Mr Ecureuil, du besoin d'utiliser du savon et de trous dans la pelouse. Même quand ils parlent du ghetto et des ravages du crack, ils gardent un ton léger, ludique et poli qui laisse les idiots croire qu'ils ne peuvent pas être sérieux. Pire que tout ça, ces mecs sont positifs : ils ne peuvent qu'être complétement défoncés, non ?
Au moins aussi iconoclaste, la production de Prince Paul et Mase a tout simplement révolutionné le sampling. Là où les autres n'utilisaient encore les samples que pour poser un beat ou un hook, 3 Feet... est parsemé de mini-samples de quelques secondes, très souvent utilisés pour une simple blague. Ces samples viennent véritablement de partout : Kraftwerk, Johnny Cash, Bill Cosby, Funkadelic... Le résultat est un véritable collage psychédélique, surréaliste, post-moderne et tout ce que vous voulez d'autre. Sur "Potholes In My Lawn" le hook est un mix de yodel et de guimbarde, tandis que "Transmiting Live From Mars" réunit de vieilles leçons de français et "You Showed Me" des Turtles.
Ce dernier sample causera malheureusement beaucoup d'ennuis au groupe et la fin de l'âge d'or du sampling : suite à un procès fait par les Turtles à De La Soul, il est désormais nécessaire aux USA comme en France de demander l'autorisation d'un artiste avant de le sampler. Les licenses Creative Commons étaient encore loin. Ces problèmes judiciaires et les accusations de "hippie" ont mené à la sortie plus de deux ans plus tard de De La Soul Is Dead, un album qui riait très jaune, un autre chef d'oeuvre, sans aucun doute, mais plus un chef d'oeuvre du bizarre. Alter Ego & Playgroup : The Kings of Electro
A sa manière, The Kings of Electro communie donc avec l'esprit electro tel qu'on l'entendait il y a presque 20 ans tout en nous conduisant logiquement à la découverte de ses développements contemporains. En réunissant deux des meilleurs producteurs actuels autour du genre, cette compilation s'impose également comme un excellent moyen de (re)découvrir une musique extrêmement riche et variée au travers de classiques ou d'inédits. Mais en plus d'être un excellent panorama de ce qui fait, ceux qui ont fait, et font, l'electro, cette double compilation marque aussi le grand retour d'un personnage qui s'était fait discret ces dernières années, j'ai nommé, Trevor Jackson, alias Playgroup. Si ce n'est son remix imparable du "Standing In The Way Of Control" de Gossip, ce producteur incontournable des années 2000, remixeur ultra sollicité et fan de Depeche Mode (certains se souviennent peut-être de son edit pour "Behind The Wheel" en 2003), s'est fait plutôt discret dernièrement. Il n'a cependant pas perdu son talent de sélectionneur et nous offre avec The History, le CD 1 de The Kings of Electro, d'impeccables retrouvailles avec l'electro des origines synthétique et vintage (Chris & Cosey, Tilt, Visage), funky (Just Ice, Whodini, Deee Lite) hip hop (Hashim, Dynamix 2), techno (Model 500) ou carrément expérimentale et inédite (les pionniers d'Original Concept, 1986 ! Energise Report...).
Sur le CD 2 (The present), Roman Fluegel et Joern Elling Wuttke d'Alter Ego explorent l'actualité et offrent une sélection plus rentre dedans en exposant les liens entretenus par la techno et l'electro. On retrouve donc des classiques de Maurizio, Daniel Bell, Dopplereffekt, Kenny Larkin, Robert Hood, Plastikman ou Acid Jesus (autre alias de Fluegel et Elling Wuttke). Autant dire qu'en la matière, hormis Grand Pubahs, Mu ou Low Res, nous sommes toujours plongés dans l'histoire, mais cela importe peu puisqu'au final le CD 1 comme le CD 2, excellemment mixés et pointus, sont deux bonnes raisons de se plonger sans compter dans l'univers foisonnant de l'electro. The Kings of Electro compiled and mixed by Playgroup and Alter Ego (Rapster. Rec./ Pias, oct 2007) Tops en vrac !Il y a des disques qui ont mis à peu près tout le monde d'accord en 2007 : ceux de LCD Soundsystem, M.I.A., Feist, Burial, Radiohead, Animal Collective, Panda Bear... Comme chaque année, si on a observé la musique par le plus large bout de la lorgnette on ne peut pas dire que l'année fut mauvaise. Elle ne l'est jamais. Quand on pense le contraire, c'est qu'on a pas assez bien écouté. On serait par contre bien en peine de dégager une tendance générale, un mouvement. James Murphy a bien tout un label derrière lui, M.I.A. a Diplo et Switch avec elle et Santogold aux basques, Animal Collective forme sa propre constellation de side projects, Burial, c'est le David Martinon du dubstep... Bref, on a des niches mais pas de tendances globales faciles à discerner. La réponse facile à ce problème, c'est de parler du net et du téléchargement qui facilitent le communautarisme et le cloisonnement. Mouais, c'est peut-être un peu vrai pour ceux qui font la musique, qu'en sais-je ? Ceux qui l'écoutent par contre n'ont aucun problème à mélanger tous ces types dans leur top de fin d'année. On va dire que 2007 était l'année de l'éclectisme ou du "paraître éclectique" parce que vraiment, faire un top ten avec que des groupes à guitare, ça serait mais trop la méga-teuhon, quoi.
Mon Top Ten Album :
Mon Top Chanson dans le désordre (présenté par le nouveau widget de Hype Machine ! ) : Je le reconnais, je n'ai mis ni "All My Friends", ni "Paper Planes", ni "Umbrella" rien que pour faire mon intéressant.
Karlheinz Stockhausen
Télécharger de la musique, c'est pas bien avec Denis Olivennes. Télécharger de la musique, c'est bien avec Radiohead. Cette année encore, Pete Doherty n'est pas mort. Les DRM, c'est presque fini. Britney Spears se fout de votre gueule et elle a bien raison. Le Live Earth n'a pas sauvé la terre, nous allons toujours tous mourir. My Bloody Valentine n'en finit pas de revenir Les oubliés de la pop : My Life StoryA une époque ancienne où le goût des cordes, des orchestrations échevelées et du transgenre musical n'était pas encore de mise dans la pop internationale, à une époque ancienne où le Neil Hannon de Divine Comedy était encore en culottes courtes (1991) et où on imaginait mal qu'un groupe comme Arcade Fire puisse représenter un jour un sommet de la branchitude et de la modernité musicale, les My Life Story de Jake Shillingford passaient pour un groupe atypique, baroque et souvent à la limite du ridicule mais aussi novateur et plein de promesses. Créés autour d'un leader omnipotent et tyrannique, beau et crâneur comme un mélange de Damon Albarn, dont il aura été l'un des challengers potentiels en pleine brit pop avant de se faire ratatiner, et Brian Jones, pour la coupe de cheveux, perdus dans la masse brit pop des années 1993-1995, les My Life Story ont inventé le croisement du groupe rock et de l'orchestre de chambre, proposant en singles et albums des titres dont on peut aujourd'hui se souvenir sans rougir. Le single "Girl A, Girl B, Boy C" bien qu'un peu agaçant reste un beau morceau et "You Dont Sparkle in My Eyes" (1994) l'une des plus belles chansons de désamour qu'on ait entendu. Après la relative gloire de leur meilleur et premier album Mornington Crescent, les 12 ou 13 membres du groupe abordent inquiets leur deuxième LP qui, bizarrerie, recevra un accueil excellent (ou un désastreux - les MLS ne sont jamais traités comme un groupe moyen), se glissant, certes timidement, à la 36ème place des charts en 1996-1997. L'album, Golden Mile, qui aligne 5 singles n'en reste pas moins truffé de défauts : Shillingford y cabotine un maximum mais sans céder sur son sens mélodique et la virtuosité des arrangements. My Life Story joue sur une exacerbation du glam et multiplie son potentiel baroque par cent. Shillingford agace, en fait des tonnes et devient un rival sérieux du Rondo Veneziano et d'André Rieu, le seul rocker capable (et désireux) de jouer de la musique classique rock dans des stades de football. De cette époque étrange, on retiendra le très beau "12 Reasons Why I Love Her", le "Sparkle", décalqué du précédent, mais aussi de beaux titres émouvants comme "Duchess" ou "November 5th". Quoi qu'il en soit, on peut aisément trouver son compte dans cette pop mainstream et devenue monstrueuse par la force de son leader. Comme le chante le groupe... à ceux qui jurent de ne pas l'oublier et...s'en détournent alors, If You Cant Live Without Me, Why Arent You Dead Yet ? En 2000, Shillingford annonce la séparation du groupe qui ne se reforme (comme tous les autres) qu'en début d'année 2006. Le concert affiche immédiatement complet et se voit gratifié de critiques élogieuses, signe que la roue de la fortune pourrait retourner dans le bon sens pour les mélomanes glam. Au lieu de transformer l'essai, Shillingford prend son temps et renonce à une tournée, se contentant de 2 autres dates fin 2006 et d'un concert exceptionnel (qu'on peut entendre sur quelques sites spécialisés) le 13 décembre 2007 à Londres. Au lieu d'annoncer un nouvel album, Shillingford annonce peu après qu'il a terminé un album solo acoustique, intitulé Written Large, qui sortira dans les prochains jours et dont on reparlera. Dans la période intermédiaire, le leader des My Life Story s'aligne sur un projet electro, lui aussi passé plus qu'inaperçu, Exilinside, qui propose une electro très basique inspirée des années 80. Pour découvrir My Life Story, on conseillera soit de se reporter à leur premier album Mornington Crescent, soit de se procurer l'excellent Best Of - Sex and Violins, sorti l'année dernière, et qui reprend les meilleurs titres du groupe. Ce best-of a été prolongé 6 mois plus tard par une collection de raretés, enregistrements live et faces B plus dispensable mais qui permet de plonger dans les dessous de cette bizarrerie historique. Palmarès 2007 et alors ? Le truc chiant avec les palmarès de fin d'année, c'est qu'on a beau se croire indépendants, jeunes et rebelles, on a beau croire qu'on est des découvreurs de talent, des pionniers de la déniche et des éclaireurs de l'inéclairé, on revient vite à la réalité en alignant un palmarès qui ressemble à 2 gouttes d'eau près (Saul Williams et Von Südenfed, disons) à ceux que tous les webzines, mag-zines, blogs et autres sites indie-bobo-techno-rigolo de la planète ont pu aligner ces derniers jours. Pire que ça, nos goûts sont tellement mondialisés qu'on a même pas placé (qui en écoute?), un seul truc français, histoire de dire d'où on vient et depuis quelle tête d'épingle cosmoplanétaire, on communique. Ceci dit et alors ? S'il y a quelque chose de bien con, c'est le palmarès de fin d'année, le truc qui permet de se "retourner sur 12 mois d'émotions" et de réaliser qu'à force d'écouter de la musique on ne souvient plus des trucs qui étaient trop nuls pour qu'on s'en souvienne et que les trucs dont on se souvient ne dataient pas de 2007 (merde) mais de la toute fin de l'année précédente, voire encore de l'année d'avant.Tout ça pour dire que, comme mes collègues, je ne suis pas particulièrement fier de notre palmarès (mais tout sauf honteux), celui-ci faisant par ailleurs l'objet, et c'est normal, d'un compromis et de discussions acharnées. Du coup, on s'est entendus pour proposer chacun un palmarès "dissident", un truc perso ou alors (hé,hé,hé, on est pas des busards) des sortes de non-palmarès qui seraient comme des palmarès mais qui n'en seraient pas. Ce qui donne à peu près ça et me rappelle, en moins bien, cette histoire de listes en 5 trucs qui était à peu de choses près la seule qualité du Haute Fidélité de l'écrivain anciennement connu sous le nom de Nick Hornby et qui maintenant fait de la soupe pour bestseller, mais c'est une autre histoire. Les 5 disques pop rock de l'année : 1. Plastic Operator - Different Places 2. Day One - Probably Art 3. Just Jack - Overtones 4. Editors - An End Has A Start 5. Babyshambles - Shotters Nation 6. Interpol - Our Love to Admire 7. And Also the Trees - (Listen to) The Rag and Bone Man 8. Prince - Planet Earth 9. Happy Mondays - Unkle Dysfunktional 10. Great Lake Swimmers - Ongiara
Les 5 disques que je n'aurais pas dû écouter et chroniquer (si j'étais pas payé pour le faire et n'aimais pas me faire insulter) : 1. Vanessa Paradis - Divinydille 2. Kylie Minogue X 3. Lorie et Alizée - 2Lor en moi ; Psychédélices 4. Duran Duran Red Carpet Massacre 5. Sheryfa Luna et Florent Pagny chante Brel (ces deux-là sont sur mes tablettes de début 2008, je vous aurai prévenu)
Mes 5 concerts préférés en 2007 (où je fais le snob qui va à l'étranger voir des concerts, avec mes s'miles gratos) 1. The Only Ones au London Shepherd Bush 2. Interpol au Forest National de Bruxelles 3. Frank Black à Paris en juin 2007 4. Prince au Koko de Londres en mai 2007 (oh, le mytho !). J'y suis pas allé mais c'est tout comme puisque j'ai récupéré le pirate sur Internet. 5. Dominique A l'Aéronef de Lille en novembre 2007 (parce que Miss Dominique elle a pas voulu de moi et que mes parents habitent tout près). 6. Les Happy Mondays à Paris au festival des Inrocks. Soit une assez bonne année de ce côté là.
Les 3 trucs que j'ai toujours pas compris pourquoi c'était bien en 2007 1. Burial : Untrue (désolé, j'y arrive toujours pas) 2. Radiohead : In Rainbows 3. Teki Latex - Party de plaisir (si,si, certains ont écrit que ça valait le coup) 4. Katerine et son Studiolive. 5. Amy Winehouse la nouvelle voix de la soul
Les 4 événéments historiques de l'année 2007 1. La reformation des Only Ones; 2. Pete Doherty qui réveillonne le 31 décembre 2007 en buvant du thé vert et sans krach; 3. Jean-Michel Jarre réenregistre l'album Oxygène avec des instruments plus modernes et tout le monde s'en tamponne ou presque; 4. Kevin Shields annonce en novembre que My Bloody Valentine est réuni et que le nouvel album du groupe est près aux 3/4. (bah oui...)
Grand Concours Amy Winehouse !![]() Le meilleur pire site internet et de la semaine ! Devinez la date de la mort d'Amy Winehouse et gagnez un iPod ! Franchement, et c'est pas juste parce que je suis plus préoccupé par le 1er de l'an en ce moment, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais ajouter. Ah si, mon estimation à moi : le vendredi vingt-et-un Décembre 2012, comme nous tous. Bonne année ! |
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