Archives > Mars 2008Art of Albion, Pete Doherty expose![]() Pete Doherty, chanteur rockeur, Pete artiste expose certaines de ses oeuvres à Paris dans une galerie du 18ème. Après avoir été hissé au rang de Arthur Rimbaud rock'n'roll, l'ex-chanteur des Libertines et actuel Babyshambles a toujours voulu s'inscrire dans une démarche artistique en faisant de son songwriting, un pendant de la poésie et de ses pochettes de CD, des oeuvres d'art. C'est dans ses Books of Albion, ses carnets de notes qu'il ne quitte jamais, que le chanteur exprime sa sensiblité en écrivant poèmes et pensées et en dessinant croquis en tous genres. L'expo, Art of Albion, regroupera 32 oeuvres (toiles et dessins) où Doherty a fait usage de son propre sang. Une série d'oeuvres patchwork (faites à l'encre, au crayon ou à partir de collages de photos) où le chanteur se livre et revient sur son image par le biais d'auto-portraits, sur Kate Moss, sur la case prison, ses nuits blanches... Doherty avait déjà exposé à Londres, à Nothing Hill et avait vu ses oeuvres se vendre comme des petits pains (entre 800 et 45 000 £). Du 25/04 au 11/05 Galerie Chappe 21, rue Chappe - 75018 Tous les jours - de 14h à 20h Muxtape, hold up 2.0![]() Muxtape.com, c'est le site le plus cool du moment. Tout simplement, il vous permet d'uploader une douzaine de chansons de votre choix et crée une page dont vous pouvez partager l'URL. C'est simplement le principe de la mixtape... ou de Deezer avant que toutes ces histoires de respect du copyright ne viennent rendre le service beaucoup moins intéressant. Comment c'est possible ? C'est simple : en bas de la page d'upload, il y a un petit message qui dit qu'en uploadant une chanson vous certifiez que vous avez le droit de la diffuser comme ça et hop', ni vu ni connu, ça passe. Evidemment c'est une approche qui ne durera que le temps que les avocats des ayant droits se réveillent. Bien sûr les majors demandent tellement d'argent à l'entrée de nos jours que violer le copyright est la seule façon de se lancer dans la musique sur le web. Presque tous les grands sites "agrées" par l'industrie de la musique aujourd'hui ont commencé comme ça. En attendant, il y a déjà des centaines (des milliers ?) de muxtapes dont on imagine si on le veut bien qu'elles sont "légales". A l'heure du peer to peer faire une petite mixtape et la partager avec ses amis n'est bien sur qu'un crime bénin, mais si vous tombiez par hasard sur une muxtape faite par un certain 2goldfish, sachez que c'est un homonyme sans aucun rapport avec moi. Un homonyme qui a très bon goût, certes, mais un homonyme quand même. D'accord ? Le nouveau premier enregistrement de l'histoire
Ce qui est amusant, c'est qu'Edouard Léon ne serait sans doute pas très content. S'il n'a jamais inventé de moyen de recréeR les sons qu'il enregistrait, c'est qu'il n'était pas interessé. Il s'est même mis en colère après Edison parce que celui-ci aurait détourné de son usage sa belle invention qui permettait de "voir" les sons. Comme quoi, les égos surdimensionnés et la peur du progrés dans le business de l'enregistrement audio, c'est pas nouveau. tant pis pour toi Edouard Léon, t'avais qu'a inventer les DRM aussi. Zombie Zombie fait danser "la chose" de John CarpenterC'est tout simplement énorme ! Avec ce vidéo clip de "Driving This Road Until Death Sets You Free", l'entêtant et hypnotique premier morceau (également paru en maxi) de leur album A Land for Renegade, Etienne Jaumet et Cosmic Neumann de Zombie Zombie, se sont littéralement offert un rêve d'enfant : adapter entièrement The Thing, le film culte de John Carpenter, uniquement avec des jouets. Attention ! On est loin des "délires legos" facilement trouvable sur le net, ici. Cette mini-adaptation est un véritable court métrage (6 minutes et 23 secondes exactement) reprenant toute l'histoire originale du début à la fin. Réalisé par Simon Gesrel et Xavier Ehretsmann, "Driving This Road Until Death Sets You Free" résume avec une incroyable minutie l'atmosphère et l'histoire du film. Tout y est. Ambiance claustrophobe, paysage sous la neige, enquête, hécatombe des personnages, terreur mutante, abomination biologique, etc. Mieux, la bande-son ultra-nihiliste d'origine, trouve un écho frappant dans la musique du duo, dont les membres sont tous deux des fans avoués du cinéaste et compositeur américain.
Pour ceux qui connaissent ce film de 1982 et qui comme moi le compte parmi les œuvres incontournables du film d'horreur et de la science-fiction (au même titre que le premier Alien ou Videodrome par exemple) retrouvent sidérés tout ce qui faisait de cette réalisation un monument du cinéma. Pour les autres, les plus jeunes, espérons que ce petit bijou d'animation leur donnera envie de se tourner vers l'original, qui dépasse largement tous les Saw ou Hostel actuel, avec des moyens qui feraient rire aujourd'hui, n'importe quel réalisateur tout juste sorti d'une école de cinéma. Le même budget, en fait, investit par Zombie Zombie pour cette vidéo… (je plaisante. Quoique...). Sur ce, bonne projection !
Retrouver notre interview de Zombie Zombie Retrouver la chronique de A Land For Renegade Land 250, Patti Smitth à la Fondation Cartier
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A l'instar de David Lynch l'année dernière, c'est Patti Smith qui occupe à partir d'aujourd'hui l'espace de la Fondation Cartier. Avec Land 250, Smith présente du 28/03 au 22/06 une série d'oeuvres réalisées de 1967 à 2007, autant de pièces nécessaires pour saisir au mieux la dimension globale de la carrière de la chanteuse amércicaine. C'est en 1967 à son arrivée à New York qu'elle fait la rencontre du photographe Robert Mapplethorpe, et par la suite de Sam Shepard, William Burroughs... La jeune femme cherche alors un moyen de mêler poésie, théâtre, revendications politiques et musique. Implquée dans le mouvement punk au milieu des années 70, elle sort également de nombreux recueils de poèmes (Babel en 1977...), expose ses dessins (à la Robert Miller Gallery...) et livre au rock ses plus beaux disques (Horses, Easter...) et ses plus beaux hymnes ("Because the night", "People have the power"). Dessins, films, photos, manuscrits et trèsors personnels de la chanteuse seront exposés à la Fondation Cartier et une série d'évements off enrichiront la manisfestation :
Soirée Patti Smith/Virginia Woolf - ven 28/03 à 21h
Concert acoustique de Patti Smith - dim 06/04 à 21h
Concert de Tom Verlaine - dim 20/04 à 21h
Jusqu'à juin, d'autres Soirées Nomades Patti Smith consacrées à la musique et à la poésie sont organisées, ainsi qu'une série d'activités pour le jeune public.
Expo Patti Smith - Land 250 du 28/03 au 22/06 à la Fondation Cartier Les oubliés du... blues : Tony Mc Phee et les Groundhogs Ce n'est pas parce que Mark E. Smith et The Fall reprennent sur leur nouvel (et excellent) album, un titre des Groundhogs ("Strange Town"), qu'il ne faut pas en parler. Ceux qui aiment et n'aiment pas le blues (Steve Vai joue-t-il du rock ou du blues d'ailleurs) sauront de qui on veut parler rien qu'à les écouter : les Groundhogs sont peut-être l'un des secrets les mieux gardés de la planète blues, l'un de ces groupes légendaires toujours à la limite du supportable et de l'enchanteur qui hantent le circuit depuis maintenant près de 40 ans. Beach Boys du blues pour les uns ou stade ultime du catastrocapitalisme musical selon les autres, les Groundhogs sont un mystère pour le bon goût et la poésie. Si leur chanteur et guitariste en chef, Tony Mc Phee, et son ancienne section rythmique (Ken Pustelnik et Peter Cruishkank) se disputent aujourd'hui le droit de porter le nom du groupe originel, c'est parce que, sur scène, la simple évocation du groupe qui joua avec John Lee Hooker ou Champion Jack Dupree, mais aussi qui ouvrit pour les Rolling Stones (en 1971), suffit à faire entrer la money. Il se raconte même que, depuis leur création en 1963, Tony Mc Phee n'a pas pris un jour de congés, s'assurant concert après concert qu'une majorité d'êtres humains l'ont vu sur scène un jour. Si l'homme a pris un coup de vieux depuis qu'il a récupéré la serpillière qui servait de chevelure à Jay Mascis depuis la séparation des Dinosaur Jr, Mc Phee n'a pas tellement changé depuis leur premier album Scratching the Surface en 1968. Les Groundhogs n'ont cessé d'explorer les possibilités de la guitare électrique et les limites humaines au solo de guitares (de qualité). Bizarremment, c'est leur troisième essai, le bien nommé Blues Oblituary, qui reste aujourd'hui leur disque le plus fréquentable. Sur Light Was The Day, le dernier morceau de 7 minutes et quelques, Mc Phee n'est pas loin d'égaler la virtuosité psychédélique de Jimmy Hendrix. Son slide est monumental, se déployant dans l'espace comme une longue vague (très très longue) d'accords qui vous tombe sur la tronche, fait passer votre surf pour une péniche ailée et prend vite des allures hypnotiques. Heureusement Mc Phee sait aussi chanter et réussit entre Neil Young et... Marillion, à créer de splendides moments de grâce. C'est grâce à ce genre d'enregistrements et à d'autres délires moustachus que les Groundhogs sont devenus au fil des années l'un des groupes pré-progressifs et blues rock les plus célèbres des Iles Britanniques. Ceux qui ne sont pas prêts à franchir le pas du tout expérimental pourront aller faire un (petit) tour du côté de Thank Christ for the Bomb, album concept dont est tiré le "StrangeTown" de The Fall, et qui reste, peut-être leur album le plus accessible. Les chansons sont plus courtes qu'à l'accoutumée et mettent en valeur le jeu de guitares d'un Mc Phee étrangement sobre et peu volubile. Paysages Electroniques, 4ème édition![]() Dépasser la simple musique électro pour la transcender en un ensemble qui englobe plusieures formes d'expressions artistiques, c'est un peu le crédo du festival les Paysages Electroniques. Des musiques électro, le festival a retenu son expression globale, qui en fait aujourd'hui, plus qu'un style musical, mais une culture. Pour sa 4ème édition qui s'est tenue à Berlin en mars et qui se tiendra du 3 au 5 avril à Lille puis le 18 à Genève, image, performance et musique seront donc au coeur de la manifestation. Quelques artistes programmés : Principles of Geometry, James Swayzak de Swayzak, Don Rimini, Zelabo, Sylvie Cious, Play It Again Nam... Jeudi 03/04, le duo de Lillois de Principles of Geometry qui a sorti son album Lazare (lire la chronique de Lazare) présentera un live en collaboration avec Joanie Lemercier. A eux- trois, ils proposeront un concert en stéréoscopie (technique qui pemet de faire de la photograpie en relief). Vendredi 04/04, vous pourrez assister à une présentation de Modul8, outil de mixage et de compositing à destination des VJ. Vjaying, toujours avec la résidence du collectif AntiVJ qui redessinera le lieu du Tri Postal à sa façon pendant toute la durée du festoche. Voir le reste de la programmation des Paysages Electroniques. Un Richard Cheese et ça repart : le roi de la cover loungeCeux qui pensaient que le Mike Flowers Pop et Nouvelle Vague étaient hypercools, ne connaissent sûrement pas les versions étincelantes des meilleurs titres des....meilleures musiques passées à la moulinette du fabuleux Richard Cheese and Lounge Against the Machine. Ces artistes de Los Angeles emmenés par le chanteur, comédien et showman Richard Cheese, alias Mark Jonathan Davis, sont assez réputés aux Etats-Unis où ils se sont taillé un franc succès depuis leur "invention" en 2000. Cheese est le seul membre permanent d'un groupe dont les membres sous pseudonyme doivent endosser le rôle du type qu'ils remplacent. Ainsi le piano est-il toujours tenu par Bobby Ricotta et les percussions par Frank Feta, la basse par Gordon Brie. Vous l'aurez compris, on a chez Cheese, la rigolade fromagère facile. (je vous passe le jeu de mots libidineux sur Richard "Dick" Cheese, référence argotique à la moisissure blanche qui se dépose entre le gland et la peau...lorsqu'on se nettoie mal le pénis...!). Côté fringues, Cheese est l'un des rares rockeurs (avec feu David Morena ?) à ne pas craindre le tee-shirt et le pantalon panthère, les mitaines en dentelle, la chemise à jabot et ce genre d'accessoires. Son single le plus célèbre reste l'amusant et sexuel "I'd Like A Virgin", détournement salace du hit de Madonna. Leur best-of, sorti en 2006, The Sunny Side of The Moon, donne une excellente idée du champ (étendu) de leur talent. On y trouve pêle-mêle des reprises de Nirvana, de U2, des Clash, de Snoop Dogg ou même de Radiohead (leur "Creep" est presque aussi réussi que l'original). Là où Nouvelle Vague la joue sérieux et bobo, Cheese la joue populo et kitsch mais sans ce brin de dérision et de méchanceté inhérente aux parodies. Surtout, et qu'il s'agisse de rap ou de rock, des Beastie Boys ou des Pink Floyd , le Lounge Orchestra est toujours aussi appliqué, virtuose et juste. Joyeux veinards, un album sort prochainement avec des reprises des Smiths, de Britney Spears, des Pussycat Dolls, de Radiohead (encore) et de Korn (toujours). Drumpoet Community : Zoorichans Beats
Comme son nom l'indique, Drumpoems Verse 1 est la première carte de visite d'une structure qui n'est, pour le reste, pas avare de sorties maxis toute l'année. Présentée dans un joli petit sac noir en impression tons sur tons bien pratique pour y ranger les fines herbes (par exemple, bien que la label préconise une utilisation plus classique, CD, I-Pod, clé USB, téléphone portable...), cette compilation offre d'excellents moments de détente musical (c'est là qu'interviennent les fines herbes les amis !). Avec son panorama d'electro intelligente, à la fois foncièrement dansante et toujours assez mélodique pour bénéficier d'une écoute attentive et allongée, il faut bien avouer que Drumpoems Verse 1, force le respect. Entre l'electronica soyeuse de Foster ("Quiet Befor The Storm (Quarion remix)" immortalisé sur le Feeling Strange de Jennifer Cardini), la tech-house cool de Soultourist - "Turn Loose (Dixon edit)" et l'entêtante progression lyrique du "Take Root" de Thabo, la minimale house qui balance doucettement de Kawabata - "Movin' On") et la house electronica un rien old school de Quarion ("Karasu"), le groove pulsé de The Lost Men ("The Return") et, surtout, la deep house hypnotique de Sascha Dive (l'ultra funky "DEep (Samuel Davis Deep4Life Mix)") Drumpoet Community semble confirmer le retour annoncé d'un certain classicisme assumé au sein de la sphère dancefloor électronique.
L'ensemble se distingue également par une touche singulièrement relax, soul jazz 70 et dubby, qui donne l'impression que Zurich se trouve aux Baléares et non pas dans l'hémisphère nord. Une certaines idée du "Zoorichan Beat" donc, qui rappel parfois la Vienne enfumée des 90's (Kruder & Dorfmeister, Tosca, les compilations Vienna Scientist, etc.) Largement soutenus - et joués - par des pointures mondialement reconnues et aussi diverses que Carl Craig, Derrick May, Âme, Henrik Schwarz, Jazzanova ou Château Flight, gageons qu'on entendra encore parler pendant longtemps de ce petit label prometteur. Et dire qu'il y en a encore pour venir se plaindre de 2008 !!
VA - Drumpoems Verse 1 (Drumpoet Community/Nocturne)
http://www.myspace.com/drumpoet Foals, les nouveaux poulains pop anglaisFoals ! Des poulains d'Oxford qui avaient juste envie de danser, de danser sur de la bonne musique, plus pop et peut-être plus appronfondie que ce qu'ils pouvaient écouter en boîte. Constat, ras-le-bol général au sein de l'écurie et voilà que les cinq membres montent leur guitare et accouchent d'un premier album, Antidotes, sorti en mars 2008. Des titres à avaler comme des gorgées de sirop, des arpèges de guitare qui s'éparpillent dans l'air comme des pilules tombées au sol. Une musique certes "poppy" comme le dit, Yannis Philippakis, leader de Foals, mais attention, la musique d'Antidotes ne se chante pas, mais se danse plutôt à tue-tête. Avant même la sortie de leur premier album, Foals est passé en un éclair du statut de simple groupe à celui de demi-dieu. Des concerts anglais euphoriques, un premier concert parisien à la Maroquinerie qui l'était tout autant et un Trabendo à venir le 16/04. Foals, groupe à suivre ou pas, c'est selon votre envie ; on a suivi la notre et elle nous a mené à une interview avec Yannis Philippakis et Edwin Congreave. Interview vidéo avec Foals, bientôt en ligne sur Flu. Ecoutez leur single "Cassius" sur Radio Flu et Radio Pop Rock. Réservez vos places pour le concert de Foals, le 16/04 au Trabendo. Vidéo de "Balloons" La Brit Box : compilation indie de l'année ?
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Si vous pensez que le rock n'a rien connu de plus excitant depuis... les Smiths, le duel Oasis/Blur arbitré par Pulp en 1995-1996, si vous pensez que Kula Shaker est un groupe cool et de qualité et que la pop anglaise est la meilleure musique au monde, cette cabine téléphonique est faite pour vous. Cadeau des dieux inespéré lâché par Rhino Records, la maison qui fait les meilleures compilations historiques depuis quelques années, cette Brit Box est un "must-have" pour tous les fans de pop qui se respectent. Sous-titrée Uk Indie, Shoegaze & Brit Pop Gems of the Last Millenium, cette anthologie en 4 CDs et quelques 80 morceaux est tout simplement organisée chronologiquement pour nous offrir un tour d'horizon du meilleur (et parfois du pire) de la production anglaise de ces 25 dernières années. Le premier CD s'intéresse aux inventeurs historiques de la pop anglaise des années 80, ceux qui après les Beatles et la vague punk, vont reprendre le flambeau de la variét' pop et le porter au firmament des charts thatchériens. Les Smiths ouvrent le bal suivis par la crème de Madchester : les Happy Mondays, The Stone Roses, The La's, The Cure, Echo and the Bunnymen ou encore les disparus Sundays.
Le disque 2, un peu plus musclé, reparle de Ride, Lush (qui se souvient de Lush aujourd'hui ?) et My Bloody Valentine, mais aussi d'une multitude d'oubliés de la pop, comme Moose, les Dylans ou Family Cat. Le disque 3 est un hommage un peu trop appuyé à la Brit Pop avec The Boo Radleys, Echobelly, Suede et les autres qui rappellent que cette période, qu'on tend à mépriser, était aussi l'une des plus créatives de ces vingt dernières années. "Sleep Well Tonight" de Gene avait une sacrée gueule et Menswear avait un chouette look. Le disque 4 et dernier est un beau mélange de n'importe quoi entre Babybird, Placebo, Hurricane #1, Cornershop ou les Super Furry Animals. La plupart du temps, les types qui ont fait la sélection ont choisi les hits et les titres les plus connus des groupes référencés, ce qui rend le divertissement certes un peu moins précieux pour ceux qui ont vécu la période en direct, mais offre un joli panorama de chansons imparables et de mégahits. Ceux qui auront tenté une compilation "les meilleurs tubes français des années 80-90" comprendront pourquoi on répète sans cesse qu'il vaut mieux être anglais que français et pourquoi Laetitia Casta et les meilleurs footballeurs de la planète jouent à Londres et pas au PSG. (c'est une autre histoire).
L'objet dans lequel est présenté cette compilation est en plus de nature à embellir un intérieur de chambre bordélique. Il ne rentre dans aucun meuble range-CD et a une dimension hors norme et un joli livret qui achèvent d'enlever la décision : ruez-vous sur cette Brit Box si vous la trouvez.... ou trouvez la à -40% sur ebay. On se demande comment des êtres humains peuvent revendre une telle merveille mais bon...
Baby Got BookParfois quand on est chrétien et américain, la vie n'est pas facile, surtout sur le net. Des athées qui à Dieu et George W. Bush préfèrent Darwin et le mariage homosexuel vous harcèlent toute la journée avec des "faits" et des histoires de sexe pré-marital. C'est pour ça qu'existe Godtube, le youtube de dieu. Là vous pouvez trouver le réconfort spirituel et le créationnisme dont vous avez besoin. Vous pouvez aussi y trouver tout un tas de chansons, du plus sérieux des groupes d'emo chrétien à ça :
Quelque part là haut à la droite de Dieu, Sir Mix-A-Lot regarde et pleure. En écoute sur les radios de Fluctuat #3
What's up on the radio ? Des nouveaux rigolo comme Alister, des nouveaux beaux comme Chris Garneau et des nouveaux nouveaux comme les MGMT. Quelques "vieux" aussi avec le fabuleux Bleu Pétrole de Bashung, et aussi Snoop Dogg et Nick Cave. Quelques entrées hip hop avec le Erykah Badu et le Lupe Fiasco. La prog de ces derniers jours ça donne donc ça :rad
Lire la chronique de Bleu Pétrole d'Alain Bashung. Lire la chronique de New Amerykah Part One (4th World War) d'Erykah Badu Fuck Buttons : Progressive Attack !
Si l'on voulait faire simple, on pourrait également dire que la musique du duo britannique doit beaucoup au psychédélisme, voire à la musique progressive la plus barrée (pensez au nihilisme proto-punk de Van der Graaf Generator plutôt qu'aux zigouiguouis ridicules de Jethro Tull ou Gentle Giant). Psychédélisme et prog' donc, auxquelles Fuck Buttons empruntent un goût certain pour l'expérimentation tous azimuts, les mélodies subliminales et aériennes, l'allongement de la durée, la distorsion, les rythmes répétitifs et les nappes synthétiques propices aux dérives de l'esprit. Avec ses percussions tribales et ses cris d'oiseaux ("Ribs Out", "Colours Move"), ses titres en forme de slogans naïfs et ironiques ("Sweet Love for Planet Earth", par exemple, ressemble plutôt à une apocalypse sonique, oscillant entre Dark Side of The Moon et le "Feed Me With Your Kiss" de My Bloody Valentine, interprété par Merzbow) il ne serait pas faux non plus de dire que la musique primitive et tribale de Street Horrrsing (un titre à la The Fall) réinjecte un peu de sauvagerie psychédélique dans l'electro actuelle. A ce titre, les Anglais de Fuck Buttons s'imposent carrément comme les maîtres modernes - et bienvenus - d'un renouveau psychédélique de l'âge des machines ! A la fois bruitiste et gazeux, envapé même malgré l'utilisation de saturations massives et agressives, ce Street Horrrsing semble annoncer avec bonheur le retour d'une certaine innocence électronique (que beaucoup semblent appeler de tous leurs vœux). Reste qu'avec ce disque, les Fuck Buttons redore le blason du psychédélisme, imposant une nouvelle fois ce genre indémodable au rang de Nouveau Testament, Mahabharata et Coran, on pourrait continuer comme ça Ad libitum, bref, de texte sacré célébrant allègrement le dérèglement infini des sens pour le bonheur de tous et de chacun. Amen !
Fuck Buttons - Street Horrrsing (ATP/La Baleine) Grrrnd Zero !!!Olivier Kaugumi de la salle Grnd Zero à Lyon m'a envoyé un mail pour me parler un peu de sa salle et contribuer à ma chute dans l'alcoolisme en ajoutant à ma longue liste de regrets géographiques :
- Nous n'organisons que ce qui nous plait, sans barrière de style. - Nous nous posons en valeureux ninjas post marxistes pourfendeurs des inégalités sociales: - Toute sortie n'est pas définitive. - Les gens ont le droit d'amener leurs propres boissons (on fournit les bouteilles en plastique). - Pas de service de sécurité. - Pas de préventes à la fnac ou autre supermarché de la "culture". - Ceux qui n'ont pas assez d'argent peuvent quand même venir (on les force ensuite à nous aider pour le ménage). - Le prix d'entrée est toujours le plus bas possible (très souvent prix libre, et jamais au dessus de dix euros). - On fait des tonnes de promo (car notre but n'est pas uniquement de rassembler le micro milieu déjà acquis aux musiques étranges). A chaque fois qu'on organise un concert, on colle des tonnes d'affiches sur les murs/publicités/arrêts de métro de la ville et surtout on donne des centaines de flyers, en parlant patiemment à tout le monde dans la rue, comme des témoins de jéhova déviants dévoués aux musiques ündergründ alternatives bla bla bla"
Chez Grnd Zero, on filme aussi les concerts, et on les filme bien, au point que Deerhoof a décidé d'utiliser dans un DVD qui sortira bientôt de larges morceaux de ça :
Il y a aussi tout un tas d'autres vidéos d'Animal Collective, Liars ou Why? à streamer ou télécharger sur le site de Grrrnd Zero. The Kills : Boom Boom Tchack
La caution il faut bien le dire, le petit détail qui m'a poussé à réitérer l'essai, fut l'annonce d'un album en parti produit - pendant des sessions houleuses - par Alex Epton, alias Armani XXXChange de Spank Rock. Paradoxalement, c'est aussi un contre-argument. On pouvait s'attendre en effet à un énième disque de "rock qui danse", ou pire d'electro-rock, or il n'en est rien. Clairement, si Epton a apporté quelque chose à Midnight Boom, c'est une touche de modernité sexuelle au blues urbain, poisseux et vombrissant de The Kills. Le disque s'ouvre sur un "U.R.A. Fever" fiévreux (facile) aux guitares vicieuses, qui a déjà fait le tour du web en vidéo. On s'attardera donc plutôt sur la (very) noisy pop de "Sour & Cherry" et on s'arrêtera surtout, sur le classieux "Cheap and Cheerfull". Avec son refrain "I need you to be crazy 'cause you boring baby when your straigth, I need you to be crazy 'cause you stupid baby when your sane", je reconnais que ce titre m'aurait certainement sacrément fait bandé au milieu des années 80, surtout chanté par une fille aussi sexy qu'Allison. Nul doute qu'après une ou deux écoutes j'aurais rangé ce disque entre mon exemplaire vinyle du Psychocandy de Jesus and Mary Chain (dont The Kills reprennent sans le vouloir bien des gimmick, voir le chancelant et vénéneux, "Tape Song", très Darkland, ainsi qu'une certaine attitude laid back, agressive passive) et le premier Mazzy Star (que ne manque pas d'évoquer "Goodnight Bad Morning", ultime track qui clôt merveilleusement Midnight Boom). Globalement, la présence d'un Spank Rock aux manettes n'est pas évidente (ce que le duo explique longuement dans le magazine Trax, pour ceux que cela intéresse). C'est finalement sur un "Last Day of Magic" pourtant plutôt apaisé que la production d'Alex Epton se fait plus présente. Presque "Blondiesque" et donc oscillant entre disco, rock et new wave, ce titre répond a un "What New York Use to Be" presque electro, avec sa mélodie à la fois sautillante et tempétueuse. On ne peut pas ignorer non plus "Getting Down" et son refrain totalement addictif, ni le talent vocal d'Alison qui s'offre même une magnifique ballade, en l'occurrence un "Black Balloon" qui vient presque faire de l'ombre à Hope Sandoval des sus-cités Mazzy Star. C'est dire !
Pour finir j'ajouterais que l'option dansante étant tout de même présente de façon subliminale sur tout l'album ou presque (hé oui, qui dit "blues", dit quatre temps primitif qui donne envie de remuer des hanches et de taper dans ses mains), on imagine tout de même très bien notre Ivan Smagghe national ajouter à nouveau un titre de ce boom d'album à son tableau de chasse. A minuit, ou pas d'ailleurs. En attendant profitons du clip étonnant et magique de "Cheap and Cheerfull".
The Kills - Midnight Boom (Domino/Pias) Neon Neon : And The Winner is...![]() 5/5 London Metro "CD of the week" The Observer 4/5 Uncut - 4/5 URB - 4/5 Q Magazine 4/5 The Guardian - 4/5 The Mirror 4/5 Observer Music Monthly "Like playing Grand Theft Auto on Ecstasy" Vice Magazine 8/10 "A brilliant electro-pop concept album" Dazed & Confused magazine "One of the most brilliantly demented electro-pop albums you'll hear this year"... "The best side-project since Gorillaz"... "Miss it at your peril" NME 8/10 "Damn near perfect... Early contender for album of the year" Record Collector "Utterly Unique...The stuff of dreams" Clash magazine "Neon Neon were bound to get compared to Gorillaz... Stainless Style is more consistent as an album... The potential hits, hit equally hard." Pitchfork "Stainless Style a autant de chance d'accrocher le fluokid que le quadra curieux. Neon Neon réussi le disque trans-générationnel parfait." Trax Magazine Stainless Style est dans les bacs ! Tout l'album, ou presque, en écoute sur le profil myspace du duo. Excepter : The Last Dance
Ainsi, quand la morosité vous gagne, faites-vous donc prescrire un peu d'Excepter. Un conseil avisé, faites-moi confiance. D'autant que pour leur seconde signature sur Paw Tracks le label d'Animal Collective (la première étant un split single avec Panda Bear, l'inénarrable "Carrots - kkkkk"), le collectif de Brooklyn s'est adjoint la compagnie de deux charmantes jeunes femmes qui viennent pimenter l'electro déglinguée d'Excepter d'une touche d'hystérie féminine bienvenue et donne à ce Debt Dept un faux air de B-52's en mode freestyle. A l'origine Excepter est plus connu pour ses performances mi-tribales, mi-industrielles au kilomètre. On peut d'ailleurs en trouver de nombreux exemples distribués gratuitement en podcast sur le net. Si leur musique hypnotique est connue pour emprunter à toute la gamme de musique expérimentale, du krautrock au punk en passant par la techno ou le dub (impossible de ne pas penser à Faust, PiL période Metal Box ou au mythique "Cave Rock" de Cromagnon - obscur projet rock improvisé brut de décoffrage - à l'écoute d'Excepter), on ignore souvent ce qu'elle doit à la pop. John Fell Ryan, leader du combo new yorkais est d'ailleurs grand fan de girls bands (Shangri-La's, Silly Sisters ou Sandy Bull), mais aussi de rock saccadé (Bo Diddley) et de funk (James Brown). Il distribue d'ailleurs fort à propos un mix de ses 10 albums à emmener sur une île déserte que vous trouverez ici.
Des références "pop" donc, qui servent en quelque sorte de justificatif à un Debt Dept nettement plus calibré que leurs précédentes productions. Si la folie demeure (thèmes frappadingues, voix démentes, hurlements de chouettes sous la lune, distorsions psychédéliques, rythmes répétitifs, chamanisme urbain), Excepter réconcilie en quelque sorte la frénésie infernale de leurs prestations scéniques ("The Last Danse", "Shots Ring") avec les constructions plus formatées de la pop ("Sunrise"), ou du post-punk ("Entrance", "Kill People"). Attention, les productions du groupe restent belles et bien folles à lier ("Walking Trough the Night", "Greenhouse/Sttetch") même quand le combo, qui excelle dans l'expression décalée d'un dancefloor hors-normes toujours hilarant, nous offre avec "Burger" (uniquement sur la version CD), un exercice dub désarticulé et vrillé qui vient prendre la relève de l'impeccable "Rock Stepper" éthylique de leur précédent album Alternation. Du grand art dans la déviance.
Excepter - Debt Dept (Paw Tracks/La Baleine, avril 2008) Adam Green : Sixes & Sevens, cinq sur cinq Adam Green est une tête à claques. Doué comme pas un pour composer des titres primesautiers, délicieusement pop et bizarroïdes, il mène depuis l'éclatement des excellents et foutraques Moldy Peaches, une carrière solo qui n'est pas sans rappeler les errances joyeuses d'un Stephen Malkmus en permission de sortie (pour fermeture définitive) de ses Pavement. Il faut le voir sur scène pour avoir une idée juste du personnage : Adam Green n'a pas besoin de grand-chose pour poser une mélodie, quelques vers pervers et souvent à double sens, un ou deux accords et il vous tient un embryon de tube qui, assemblé à un autre embryon de tube, vous donne un embryon de chef d'œuvre, qui, par légèreté ou négligence, échappe à l'admiration qu'il mériterait certainement. Comme un Herman Düne qui aurait réussi, il semble toujours perdre en gagnant en sophistication et en travaillant, la proximité qu'il sait nouer avec son auditeur lorsqu'il joue au gré de ses inspirations.C'est un homme qui s'amuse d'un rien et cela se sent à plein nez sur ce Sixes and Sevens particulièrement badin, rétro et mainstream. Adam Green y joue, pendant vingt titres (20 titres oui), au crooner américain. Il s'amuse ainsi successivement au jeune Scott Walker (l'inaugural "Festival Song"), à Robert "Calypso" Mitchum (l'exotique "Tropical Island"), au bluesman archétypal du Mississipi (le fatigant "Cannot Get Sicker"), au spoken John Cooper Clarke sous amphét' ("That sounds like a Pony"), au cabot de cabaret (le crémeux "Morning After Midnight)" ou au Neil Hannon "cheap" ("Broadcast Beach"). Green s'est payé une production luxueuse avec des chœurs, un piano, des cordes qui donnent un caractère étrangement suranné à sa musique (des années 2060 tout de même) dont la modernité n'apparaît finalement que dans des textes soignés et comme toujours satiriques et à tiroir. Du coup, Sixes and Sevens, bien que constitué en grande majorité d'excellentes chansons, percutantes et plutôt resserrées (on est souvent à la limite des deux minutes), a un côté agaçant et anachronique qui le tire vers l'anodin et l'horripilant. Cette impression (pourquoi écouter ce genre de musique aujourd'hui ?) ne doit pas masquer la beauté de certains titres plus épurés où Green, dans son plus bel appareil (guitare, voix), fait ce qu'il fait le mieux. "It's A fine" est un modèle du genre "love you're turning all my pages. Love you're wearing my robes. Whose the monkey in my bed ?" chante-t-il quelque part entre Nick Drake Flowers Pop et Elvis Duteil. "Homelife" est tout aussi drôle et intéressant. "Homelife is so enerving...I wish i was dead when i came to...she takes me home...I walk alone...I wish I was dead..." "Be My Man" ressemble à du Neil Young parodique et en appelle à Tom et Jerry au xylophone. "Grandma Shirley and Papa" dépasse les bornes du revival avant que Green ne rejoue plutôt bien à Nat King Cole, modèle en creux de l'exercice, sur le classieux "Bed of Prayer", ou l'impeccable "Rich Kids" ("I used to be friends with rich kids. But all that they talked about was me. Cause i was searching for a date on the corner like a fog horn shouting in the breeze.")
Sixes and Sevens laisse au final une impression mitigée. Avec ses faux airs d'album presque réussi, il n'est pas certain qu'il échappe avec le temps au syndrome "Jay Jay Johanson". Il est probable qu'on l'écoute pas mal au début pour de mauvaises raisons et qu'on ne puisse plus le souffrir au bout d'un an ou deux. A moins que cela ne soit exactement l'inverse et qu'on l'écoute peu avant d'y revenir le sourire aux lèvres. On vous aura prévenu, dans un cas comme dans l'autre, Adam Green est la tête à claques la plus douée du circuit indépendant. Et il n'a pas encore 30 ans.... Adam Green - Sixes and Sevens (Rough Trade, mars 2008)
La Phaze, la tournée "Miracle"![]() Après leur album Fin de Cycle, qui s'était plutôt bien vendu, le groupe français La Phaze prépare son retour pour avril 2008. Miracle, un album qui transpire l'esprit citoyen et la révolte et qui écablousse de ses riffs de guitares. Comme à son habitude, le trio formé à l'origine par David Baluteau (Damny) et Arnaud Fournier et rejoints depuis 2006 par Guillaumé Rousé (Rouzman), évolue dans leur terrain de jeu de prédilection. Une aire musicale entre punk-rock, reggae et chanson contestataire. Histoire de faire entendre sa voix avant la sortie de Miracle La Phaze est en tournée de fin mars à fin mai dans toute la France. Coup de départ donné le 28/03 à Paris dans la salle de la Boule Noire avec Dj Scratchy en première partie. Toutes les dates de la tournée sont sur le myspace de La Phaze. En attendant la sortie de Miracle, une preview de l'album de 10 minutes est dispo à l'écoute sur leur msypace. Vidéo live de "Little Face", extrait de Miracle : Réservez vos places pour la tournée 2008 de La Phaze. Portishead, Machine Gun en clipQuelques semaines avant les deux Zéniths, quelques semaines avant la sortie de leur album Third et quelques semaines avant la publication de notre interview avec Adrian Utley et Geoff Barrow, Portishead a balancé le clip de "Machine Gun", premier extrait de son album. Un single agressif, très orienté électro et qui porte bien son nom. Third est attendu pour le 28/04 et un conseil, ne l'écoutez pas un jour de pluie, vous n'y survivrez pas.
Le clip de Portishead, c'est en dessous :
Albums cultes des géants du bizarre #34 : Antipop Consortium – Arrythmia
Les fans avertis, et les lecteurs de wikipédia le savent, l'aventure Antipop Consortium commence au cœur de la scène slam new yorkaise où se jouaient les joutes oratoires du Nuyorican Cafe. C'est là que, Beans, Sayyid et Priest, les trois MC's d'Antipop affinent leur flow cybernétique et découplé. Dès lors, le trio s'invente une recette unique et totalement bluffante sur fond de radicalisme et de minimalisme. Pas de samples funky-jazzy ici, pas de références au rythm'n'blues, ni de clins d'œil trop évidents à la culture black, ou alors uniquement la plus avant-gardiste. Antipop Consortium, comme son patronyme l'indique clairement, sera "anti-pop". Accompagné par Earl Blaize, leur ingénieur du son, Beans, Sayyid et Priest ajustent leur flow contrapuntique sur les découpes en pointillé d'une musique qui emprunte autant au krautrock, qu'à la techno, sans oublier la musique industrielle, la musique concrète et l'electronica. Ce n'est nullement un hasard donc, si ce Arrythmia cinglant comme l'annonce d'une crise cardiaque dans le bras gauche de sa victime, paraît chez Warp, alors label emblématique du genre electro abstrait. Cinglante, la musique d'Antipop-Consortium l'est. Pour le milieu hip hop c'est même une claque, un revers. Dans ce domaine, où règne encore à l'époque le cliché du hustler "bbco" (pour "bagnole-bitch-chaînes en or"), Beans, Sayyid et Priest font figure de punk.
Minimaliste, conceptuel, high-tech et futuriste, Arrythmia est le manifeste d'Antipop Consortium, c'est aussi malheureusement son chant du cygne. Mais avant ça, nos trois héros vont offrir au monde un album hip hop comme nous n'en avions jamais entendu. De la rythmique tendu de "Contraption" à la battle tennis de table de "Ping Pong" en passant par l'inoubliable "Mega", un morceau héroïque, stoppé en plein vol par des choeurs d'opéra reprenant le refrain, Antipop est tout simplement au sommet de sa forme. Avec Arrythmia le trio échappe au formatage hip hop mais n'oublie pas les aînés. Avec ses congas capturées live, "Bubblz" fait penser à du ESG sous amphétamine, speed et grinçant. L'ensemble sonne même un peu old school, mais c'est en hommage à une époque où le hip hop se permettait tout. La leçon de hip hop retenue par Antipop Consortium, c'est celle des novateurs et des avant-gardistes comme Afrika Bambaataa et Grandmaster Flash. Les grands frères (grands-pères ?) qui n'hésitèrent pas à ce frotter au punk et à la new wave dans les années 80. Des années 80 très présentes également, sur Arrythmia, avec sa pléthore de vocoder, de basses à la fois froides et volumineuses, sa syncope judicieuse à la Erik B. & Rakim, ses dissonances. Antipop Consortium nous parle du futur, mais d'un futur tel qu'on l'imaginait dans le passé. Retro-futuriste.
Pour finir, les trois garçons s'offrent même le luxe de signer des hits en puissance avec le très electro "Dead in Motion" et l'entêtant "Ghostlawns", titre ultra efficace tout en synthés répétitifs et bondissants, dont vous aurez le bonheur de goûter ici, maintenant, en vidéo. Pour le coup, l'antipop devenait pop. Mais l'ego joue souvent des tours aux groupes et le trio devait se séparer juste avant la sortie d'un extraordinaire album posthume en compagnie de Matthew Shipp. De son côté, Beans produit plusieurs albums ébouriffant en solo, toujours chez Warp. Quant à Sayyid et Priest, ils signèrent ensemble sous le nom d'Airborn Audio, le temps d'un album plutôt réussi chez Ninja Tune. Mais tout ça c'est désormais du passé, nous sommes dans le futur, et Antipop revient !
Antipop Consortium - Arrythmia (Warp, 2002) La Playlist de Jack Bauer
L'armée américaine a de l'expérience en la matière et, on peut l'imaginer, une certaine expertise... Pourtant quand on jette un oeil et une oreille à cette playlist des chansons de tortures préférées des soldats américains, on est un peu déçu : du métal, du rock patriotique, des ritournelles pour enfant, de simples chansons pop selectionnées sans raison apparente et les prévisibles erreurs de casting ("White American" d'Eminem, pas exactement aussi patriotique que "Star Spangled Banner"). Où donc est l'inventivité, les morceaux de musique avant-gardistes plein de drones d'ultra haute fréquences, les enregistrements de l'enfer, les morceaux de musique concrète à base de hachoir, d'ongles sur tableaux noirs et de bouts de polystyrène frottés les uns contre les autres ? Chaque jour, des millions de personnes sont soumises à une torture équivalente. on appelle ça la radio commerciale et on l'entend dans les magasins, dans les transports en commun, au boulot et parfois même dans la rue. Pourtant on ne voit pas les gens courir partout en criant à qui veut bien l'entendre leur code de carte bancaire. "Ventolin" d'Aphex Twin, tiens, ça c'est un choix adapté ! Si j'avais voulu vous torturer, j'aurais coché "lecture automatique" sur Deezer en extrayant ce widget et j'aurais fait chuter l'audience de Playlist en flèche. On aurait bien rigolé, tiens.
Junior Boys : Lost in music
Prenez Body Language vol. 6 mixé par le duo electro pop canadien Junior Boys, par exemple. En plus d'être une très bonne surprise de la part du duo barbu qui, je l'avoue, était loin de m'avoir convaincu il y a deux ans avec l'encensé So This Is Goodbye, c'est également le mix rêvé pour échafauder des hypothèses et s'étourdir de liens prétendument entretenus par des styles de musiques que tout oppose. Après un épisode signé des Français Château Flight, ce nouveau Body Language laisse rêveur. On y découvre de bien curieuses "love affairs". Des liaisons à l'origine insoupçonnées. Comme par exemple celle de la pop laid back des années 70 (Traffic, The Eagles, Fleetwood Mac) avec le disco (Sorcerer, le parfait "Surfing at Midnight", Studio - "Life's a Beach (Todd Terje Beach House mix)"). Ou celle de la new wave et du disco (Visage - "I'm Still Dancing", tout est dans le titre, ou Stereo Image - "Love Started to Shine", Pushé - "Don't take your love away"), quand ce n'est pas la techno minimale qui flirte ouvertement avec le krautrock (Steadycam - "In the moog for love", Radioslave - "Screaming Hands (Cosmo Vitelli Radioaktivitat remix)"), la house avec le rock (Matthew Dear - "You know what I would do", Rework - "Love Love Love Yeah") ou la minimal avec la pop (Supermayer - "Saturndays"), bref, je vous le dis, la liste est sans fin.
En ce sens ce volume 6 de la collection Body Language est un véritable manifeste. Celui d'une musique respectueuse de ses racines mais qui sait rester innovante, réjouissante, hypnotisante et dansante, même si beaucoup de morceaux choisis ici, évoquent bien autre chose que simplement de la "danse musique". Mais passons. Par delà ses délires d'allumés et de music geek, on peut aussi dire de Body Language vol.6, qu'il s'agit tout simplement d'un excellent mix album, maîtrisé, logique et pointu, drivé de mains de maître de bout en bout par un duo qui, pour le coup, s'impose comme un exemple à suivre dans la galaxie electro actuelle. De la première à la dernière minute, Body Language tourbillonne autour de vous et vous accroche. Appelez ça comme vous voulez, "nu-Balearic", "Balearic rock", "Cosmic music" ou "electro-pop", cela n'a aucune importance car il ne s'agit pas de faire du neuf avec du vieux ici, mais de construire un espace sonore hors du temps. De créer son propre univers intemporel, connecté au passé mais existant bel et bien dans le présent. Et ça, c'est la première qualité d'un DJ, n'est-ce pas ? Plaisir du corps, régal pour l'esprit. En ce sens, Body Language vol.6 est une réussite.
Body Language vol. 6 mixed by Junior Boys (Get Physical, mars 2008) Santogold s'offre un massacre cheapJe suis un peu déçu par ce qui semble être le premier "single officiel" de Santogold (cela veut-il encore dire quelque chose de toute façon ?). Je ne la connaissais jusque là qu'a travers quelques remixes bien barrés de Switch, Diplo ou XXXchange sur sa page Myspace et le côté pop-rock quasi-normal de "L.E.S. Artistes" a quelque chose de décevant après ça. Non pas que la chanson soit mauvaise mais toutes ces fatigantes mais flatteuses comparaisons avec M.I.A. semblent totalement injustifiées ici. Reste le clip, la véritable raison tout en chevaux et de gore arty de l'écriture de ce billet. Dans le genre "chaos et destruction à petit budget", il est sacrément inventif et efficace.
Voilà pour les yeux. Pour les oreilles, "Find A Way" vaut beaucoup mieux. Prenons The Mountain Goats en marche
Heureusement pour nous, Heretic Pride, le dernier album des Mountain Goats, arrive avec tous les signes annonceurs du train qui entre en gare pour faire monter un maximum de passagers et cette fois j'ai décidé de prendre mon siège. Si la carrière des Mountain Goats est sur les mêmes rails que celle de la plupart des artistes, cet album sera aussi le dernier bon : l'album où ils rassemblent leur forces une dernière fois pour un disque plus poli et travaillé, une œuvre moins personnelle dans l'émotion que dans le style et qui montre un peu tout ce que Darnielle a accompli dans sa carrière. Sauf que ce récapitulatif donne à entendre un artiste beaucoup trop singulier pour suivre une trajectoire prévisible.
Avec une voix nasillarde difficile à avaler aux premières écoutes et une guitare acoustique traitée avec une délicatesse de bucheron, Darnielle joue des chansons pleines de trop de mots, de solitude, de colère, d'ironie, d'amertume et de beauté. Quelques violons ou chœurs viennent parfois les adoucir ou au contraire des guitares électriques sont rudoyées et des tambours sont battus pour ajouter du poids aux menaces de la guitare de Darnielle. Au cœur pourtant, toutes ces chansons restent avant tout des pièces de folk lettré interprétées avec une intensité pugnace jusque dans les moments les plus doux. "Lovecraft In Brooklyn" est pleine d'une paranoïa à la hauteur de son titre tandis que "Tianchi Lake" est aussi sereine et revigorante que les quelques brassées évoquées dans les paroles, l'étrangeté en plus. "So Desperate" est trop touchante pour être saine pour nous, "Sax Rohmer #1" est sur le papier trop écrite pour être possiblement délivrée avec l'intensité primitive avec laquelle elle ouvre pourtant bien l'album et le final "Michael Myers Resplendent" trop ironique et amer pour que son auteur en reste là très longtemps. C'est ça, l'album accessible des Mountain Goats sur lequel les angles ont été arrondis ? Dois-je avoir peur d'écouter les autres ? Certainement, mais maintenant ça ne suffira plus à me retenir.
The Mountain Goats - Heretic Pride (4AD) Sascha Funke : Duel au soleil
Dès l'éponyme "Mango" on est happé par la précieuse mécanique du Funke. Ses nappes aériennes, sa tonalité à la fois mélancolique et apaisée, son talent de mélodiste. Juteux, ce deuxième album du jeune Allemand l'est de bien goûteuse façon. Empli de bleep et de click, suprêmement hypnotique pour ne pas dire langoureux, Mango a été produit dans le sud de la France (Aix-en-Provence pour être précis) et cela se sent. D'une nonchalance toute méditerranéenne, "We Are Facing The Sun", "Take A Chance With Me" ou "Summer Rain" fascine et séduisent tour à tour, tout en imposant une aura de tranquillité et en dégageant un profond sentiment de bien être. Funke ménage ses effets, offrant généreusement des instants de respiration au cœur d'une techno souvent troublante. Invitant guitare (post -punk sur "Mango", balearic sur "Feather") et piano (le housey "We Are Facing The Sun"), à venir jouer avec ses polyrythmies entêtantes sans pour autant en abuser, juste pour l'ambiance, le côté organique (voire l'orage et les bruits d'oiseaux sur le très zen "Summer Rain"). Et si Mango impose un rythme plutôt "tranquillou" cela ne l'empêche pas de bousculer l'auditeur en lui donnant l'envie de lever les bras en l'air. Sur l'énorme et addictif "Lotre (Mehr Fleish)", par exemple, avec ses samples de voix caverneuses sur basses rebondies, le trépidant "Double Checked" ou encore, le dubby "Chemin des Figons" (aah le Sud !) arrangée d'une basse new wave que n'aurait pas reniée The Cure sur Faith ou Seventeen Seconds et qui pousse à secouer la tête doucettement.
Obsédant, Mango est définitivement le genre d'album qu'on remet immédiatement sur (ou dans) sa platine après être arrivé au bout. A ranger aux côtés de This Bliss de Pantha du Prince, du Coloured in Memory de Fairmont ou du Why Can't We Be Like Us? de Bruno Pronsato, bref, à garder avec les meilleurs et à surveiller de (très) près.
Sascha Funke - Mango (Bpitch/Pias, fév. 2008) Nick Cave : "Dig !!! Lazarus Dig !!!", un chef d'oeuvre... sans surprise
"Today's Lesson" est à lui tout seul un résumé de cette approche mythologique où la corruption s'impose comme le meilleur moyen de se payer du bon temps. Le chant de l'Australien est sublimé par des arrangements aussi serrés que variés. Le groupe et le chanteur se répondent note à note comme dans un dialogue jazzy, usant de toutes les ficelles disponibles (claquements de mains, yeahs sonores) pour battre la mesure et nous donner l'impression que l'auditeur se tient au milieu de la salle de bal, du saloon ou de la paroisse. Cette sensation d'assister à une grande messe païenne, à une leçon de choses sexy et hillbilly qui avait fait des Murder Ballads un album si envoûtant, se retrouve sur le classique et dépouillé "Moonland". La poésie de Cave est à la fois plus directe et suggestive que jamais. "The snow provides a silent cover. I am not your favourite lover.", chante-t-il joliment. Les choses s'enveniment sur "Night of The Lotus Eaters" : les personnages se multiplient comme des sardines, hauts en couleur et armés de pétoires à l'ancienne, comme si le groupe prolongeait le travail réalisé l'année dernière pour la bande son de l'L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford et allait s'amuser, en seulement 4 minutes et demie, sur le territoire hypnotique et post-rock de The Doors un peu moins tocs. Les guitares remplacent l'orgue pour jouer au train électrique avant que "Albert Goes West" n'alourdisse un peu le propos. "We Call Upon the Author" est un morceau irréprochable dans la veine des précédents, déchiré par d'étranges saillies expérimentales mais qui, au final, manque un peu d'impact. Nick Cave y interpelle ironiquement Dieu afin de demander des comptes pour tout ce qui nous pourrit le monde (maladies infectieuses, tempêtes, etc). "Hold On To Yourself" est un bel hymne apaisé et crépusculaire à l'individualisme. "Lie Down Here (And Be My Girl)" ramène tout le monde aux dures réalités du sexe, dont Cave ne semble pas se lasser. "Jesus of The Moon est une belle chanson angoissée et romantique qui donne le frisson, "Midnight Man" une autre séquence où Cave consolide sa position de Sinatra underground ou de lover gourou, servi par des Bad Seeds au sommet de leur art. Dig Lazarus se referme sur les 8 minutes passionnantes de "More News From Nowhere", nouvelle plongée impressionnante de maîtrise dans une Amérique perdue entre Faulkner et Steinbeck. Cave y déambule, enfermé dans sa chambre, dans un paysage où apparaissent un à un des fantômes personnages venus le hanter, l'amuser ou le provoquer. Le narrateur finit seul hypnotisé par le défilé de freaks, de gens normaux et d'âmes perdues. Cave semble contenu entier dans cette clôture qui ressemble à une expédition coloniale. Il referme cet album "à la manière de Nick Cave" par une série de GoodByes émouvants qui appellent, parce que le classique et le manque de surprise dans l'excellence ne tuent pas, une suite dans la même veine et aussi bonne.
Nick Cave and The Bad Seeds - Dig !!! Lazarus Dig !!! (EMI, mars 2008)
Retrouvez Nick Cave and The Bad Seeds en concert en avril et juin 2008 sur la billeterie de Flu. Ecoutez Dig !!! Lazarus Dig !!! sur Radio Flu et Radio Pop Rock.
Stéréo Ga Ga
Le site du New Scientist a dressé une liste de cinq illusions sonores saisissantes. De la stéréo qui crée plus de deux dimensions sonores aux mélodies fantômes, c'est plus psychédélique qu'un mauvais Pink Floyd et beaucoup plus crédible qu'une protest song de Will.I.Am. L'illusion la plus intéressante de la liste pour moi, c'est celle là : une série de syllabes sans sens qui vous sont bombardées dans les oreilles que votre cerveau transformera forcément en mots au bout d'un moment. Un véritable test de Rorschach sonore. Je ne vous dit pas tout de suite ce que moi j'ai entendu de peur de vous influencer, mais vous, amis commentateurs, qu'avez vous entendu ? 20 ans pour le festival Chorus![]() Chorus, le festival des Hauts-de-Seine fête ses 20 ans cette année. Pour cette édition anniversaire, le festival se tiendra du 29 mars au 12 avril, dans divers lieux du département (au Théâtre Firmin Gémier dAntony, à la Maison de la Musique de Nanterre, au Village du Festival au pied de l'Arche de la Défense...). La programmation de cette annéé allie, une fois n'est pas coutume, têtes d'affiche (Bernard Lavilliers, Alain Bashung, Jean-Louis Aubert...) et révélations (F.M., Moriarty...) et dans des genres divers allant de la chanson française, au hip hop, tout en passant par les musiques électro. Si une bonne partie des concerts sont payants, Chorus accueille sous son chapiteau placé à la Défence une série de concerts gratuits (Hey Hey My My, Benoît Dorémus, Baloji...) Petite sélection par genre des artistes programmés : Scène française : Alain Bashung, Arman Méliès, Tom Poison, Mano Solo, Pauline Croze, Thomas Fersen... Musiques électroniques : Zenzile, Wax Tailor... Mais aussi Dub Pistols, Antibalas, Idir, M.A.P....et des concerts jeune public avec Yves Duteuil et Vinent Malone.
Une série de concerts étalés sur deux semaines, en soirée comme la journée. Pour faire votre sélection, allez faire un tour sur le site du Festival Chorus.
Autre suggestion : profitez de notre concours Chorus pour gagner des places pour les concerts de Bashung, Sanseverino Trio et d'Antibalas, c'est dans la rubrique concours de Fluctuat et c'est jusqu'au 24 mars. Compass Point Story : Reggatta de Blancs
Avec Compass Point, Blackwell et ses pairs (Sly & Robbie pour ne pas les nommer) définirent carrément le son de toute une époque. Certains affirment que l'on doit cette magie au lieu, d'autres préféreront y voir la qualité et la créativité des artistes invités. Sur Funky Nassau, the Compass Point Story 1980 - 1986, l'auditeur bénéfiocie d'un large panorama de ses talents trangenres : Tom Tom Club, Talking Heads, Grace Jones, la diva disco trash Cristina, Ian Dury ou la punkette world Lizzy Mercier Descloux, souvent proposés en version 12", car Compass se donnait aussi comme mission d'envahir les dancefloors de la planète avec ses productions ensoleillées et sophistiquées. C'est pourquoi on retrouve Larry Levan aux commandes d'un remixe housey sous influence caribéenne de Gwen Guthrie et le pionnier François Kevorkian sur le très electro disco "Dance Sucker" de Set The Tone (aka DJ Guy Cuevas, un autre Français mythique). Funky Nassau est aussi l'occasion de (re)découvrir des titres reggae punk saisissants comme le "Spasticus Autisticus" de Ian Dury & The Seven Seas Players, la world hystérique de "Born Under Punches (The Heat Goes On)" de Talking Heads, un "My Jamaican Guy" sec comme un coup de cravache de Graces Jones ou l'exercice new wave disco "You Rented A Space" de Cristina.
Mais la claque de cette sélection reste le cinglant "River Niger" de Sly Dumbar himself, avec ses basses synthétiques et son riddim hypnotique à souhait. "A classic master pieces" comme on dit. Ce qui est valable pour tout l'album présenté avec un superbe livret offrant des interviews des artistes par David Katz et des photos d'époque inédites d'Adrian Boot, Lynn Goldsmith and Alison Jarvis. Un disque en tout point parfait pour le printemps !
![]() Funky Nassau, the Compass Point Story 1980 - 1986 (Strut/Pias) Neon Neon : My Red Hot CarPosté par Maxence le 14.03.08 à 15:20 | tags : disco, électro, hip hop, myspace, vidéos musicales, youtube
Retour sur Stainless Style de Neon Neon, projet de Bryan Hollon, aka Boom Bip et Gruff Rhys de Super Furry Animals, à l'occasion de la publication d'une interview exclusive du duo sur notre mag. Album concept qui porte fièrement les couleurs des années 80 clinquantes et parvenues, mais qui en fait aussi la critique au vitriol, Stainless Style est un hymne aux années néons décadentes, à la superficialité qui y régnait et à sa fascination pour les incroyables bagnoles dévoreuses de gasoil. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le disque tourne autour du destin tragique de John Zachary DeLorean, playboy créateur de la fameuse DeLoreane DMC 12, bagnole mythique à la calandre profilée et aux fameuses portières papillons, du film Retour vers le futur. La DeLoreane présentait le double avantage de disposer d'une plage arrière permettant d'installer les plus gros caissons de basses du monde tout en gardant assez de place pour lever des filles au châssis de rêve.
Tout au long de cet album au kitsch assumé mais au songwriting et à la production impeccable, on retrouve les emblèmes et les fétiches de l'époque : les piscines luxueuses entourées des premiers rappeurs gangsta ("Luxury Pool"), les filles faciles ("Sweet Shop", "Steel Your Girl"), les bluettes sentimentales désenchantées ("I Lust U" sur la prostitution de luxe : "I Lust U if you pay the price..."), les bagnoles de rêve ("Dream Cars"), sans oublier ses jours sombres ("Belfast") et ses "stars", Raquel Welch ("Raquel", l'hymne italo pop que Gruff Rhys entonne d'une voix nasale proche de celle du chanteur de... Men At Work !) et l'implacable electro parano, "Michael Douglas" ("Gimme a soul implant...").
Bâti autour d'envolées de synthés new wave lyriques, de poussées de fièvres crunk, de jeux de jambes italo disco et de mélodies cheesy, Stainless Style est un album parfait pour le printemps. Il rebondit sur ses suspensions surgonflées avec la fraîcheur d'une pom pom girl aguerrie sur les genoux d'un quaterback ! A sa manière schizophrène, parce que partagé entre nostalgie et lucidité, Neon Neon crée un pont entre une décennie oubliée et la nôtre. A ce propos n'hésitez pas à télécharger Stainless Style Influences, un mix de 30 minutes que nos deux crate diggers distribuaient dès novembre sur le net, célébrant les influences du concept Neon Neon. Vous y retrouverez Goblin, Neil Young période Trans (l'album electro entièrement chanté au vocoder), Kraftwerk, Tears For Fears, Prince et même Janet Jackson (!). Tous animent de façon plus ou moins subliminale, cet album transgénérationel étonnant et détonnant de bout en bout ! En prime la video fraîchement produite de "I Lust U".
Neon Neon - Stainless Style (Lex Records/Differ-Ant, sortie le 17 mars 2008) NTM se reforme, live au Grand JournalPosté par LovelyRita le 14.03.08 à 11:28 | tags : youtube, télévision, news, live, hip hop, agenda, reformation
On vous en parlait déjà hier, NTM se reforme et était sur le plateau du Grand Journal de Canal+ pour jouer "Seine Saint Denis Style". Live enflammé, Olivier Besancenot dans le public, réactions sur le plateau de Ramzy (Eric et Ramzy), d'Omar et Fred, de Pascal Obispo et de Clotilde Courau. "On doit jouer en septembre à Bercy, on a fait un morceau, on est morts !" (Joey Starr) Pourquoi un retour de NTM ? Une envie mutuelle évidemment et aussi une volonté de prouver que le rap de scène, plutôt moribond actuellement, peut revenir en force, selon Joey Starr. Un rendez-vous manqué pour un concert prévu au Stade de France en 1998, à cause des démélés avec la justice de Starr et donc une série de concerts à Bercy en septembre 2008. Les deux gaillards semblent rabibochés, se vannent mutuellement, mais n'évoquent pas encore la réalisation d'un album. Mais comme dit Starr "L'année dernière, Kool Shen avait arrêté le rap, donc tout est possible". Réservez dès le 15/03 vos places pour les trois Bercy de NTM de septembre 2008, dans la rubrique sortir de Flu. XTC : le biopicBien avant que la mode soit lancée par Ray et Walk the Line, avant même The Doors et La Bamba, XTC avait déjà pris en charge son propre mythe avec ce charmant film promotionnel qui raconte l'histoire du groupe jusqu'à la sortie en 1989 de l'excellent Oranges & Lemons. C'est pas mal mais comme pour beaucoup de films des années 1980, les effets spéciaux ont mal vieilli.
Benga : Messe afro-futuriste pour le temps présent
Partant de l'idée initiale selon laquelle il existe beaucoup plus de liens qu'on ne le croit entre science-fiction et musique noire (volonté de surpasser et de subvertir la technologie, sentiment d'être "en dehors" de la société américaine lié au mythe science-fictionnesque de l'enlèvement par les extra-terrestres, incarnation du noir américain comme un héros underground, éternel rebelle en lutte contre le système, etc.), Eshun écrit "une étude des visions successives de l'avenir de la musique noire, de Sun Ra à 4 Hero". De la naissance de la science du breakbeat (Grandmaster Flash, Kool DJ Herc et tous les visionnaires hip-hop) jusqu'au moment où la mélodie et l'harmonie s'effacent pour laisser place aux rythmes (le scratch et l'electro) et que le son des pionniers de la techno de Detroit rencontrent le minimalisme répétitif de Kraftwerk, Eshun produit une mythologie moderne pour la diaspora africaine. Ces thèmes afro-futuristes sont aujourd'hui largement repris par les ténors du dubstep, et particulièrement par Kode 9, qui diffusait ses idées il y a peu sous forme de manifestes pour guerriers urbains, sur son site internet. A ce titre, des labels 90's underground comme Wordsound, Liquid Sky et Asphodel ne s'y sont pas trompés qui, dès 1992, produisaient déjà des hybrides de dub industriel, de hip hop et de techno dub, sous l'égide des théories afro-futuristes d'Eshun, annonçant ainsi sans le savoir le Grime et le Dubstep actuel.
Ce qui nous ramène à Benga, de son vrai nom Beni Uthman. D'ores et déjà, sachez que dans un monde normal cet album devrait faire autant de bruit, si ce n'est plus, que le Untrue de son confrère Burial. Annoncé comme le messie par la presse spécialisée en Angleterre, Benga représente déjà la relève du dubstep. D'une production nettement plus complexe et sophistiquée que celle du deuxième Burial, la musique de Benga ne se contente pas d'empiler les couches de sons sous protool. Fin musicien, l'Anglais originaire de Croydon dans le sud est de Londres, mêle habillement instruments classiques et éléments électroniques, tout en dégageant les mêmes émotions brutes. Urbain, souvent glacial et bien sûr, futuriste, Diary of An Afro Warrior est d'un intérêt qui ne s'émousse pas au fil des écoutes. Pour l'exemple, des titres comme "Zero M2" et son beat enlevé sur grosses basses inquiétantes se pare de piano, d'ondulations orientales et d'une contrebasse, "Night" est un riddim synthétique et entêtant qui ne vous lâche plus une fois écouté, "B4 The Dual" évoque un hybride de dub et de jazz produit à Detroit, mélancolique, romantique et science-fictionnesque en diable. "E Trips" propose un sorte d'acid-dubstep angoissant et répétitif plus proche d'une techno ralentie que de son homologue londonien. Bref, vous l'aurez compris, avec Diary of An Afro Warrior, non seulement Benga dépasse les attentes les plus folles de l'auditeur de dubstep moyen, mais son album est une torpille qui ouvre une brèche de plus dans la coque du genre oeuvrant dans la continuité du dubstep en tant que genre au devenir global.
Benga - Diary of an Afro Warrior (Tempa/La Baleine)
http://www.myspace.com/bengabeats (1) Par commodité je reprends ici l'introduction d'un article précédemment écrit par mes soins pour le webzine La Spirale. Ceux que le concept intéresse pourront ainsi s'y reporter plus longuement. NTM, la suprême reformation![]() Alors que IAM ne s'est jamais séparé et que le groupe s'apprête à fêter ses 20 ans d'existence avec un concert événement au pied des Pyramides du Caire le 14/03, un autre groupe majeur de la scène hip hop française a annoncé sa reformation. Depuis la sortie de leur Best Of en novembre 2007, les deux fortes têtes de NTM, Kool Shen et Joey Starr avaient assuré la promo du dit-cd séparément excluant de fait l'idée de leur réconciliation et de la reformation du groupe dans la foulée. Mais parallèlement, les rumeurs concernant leur possible retour ne faisaient que s'amplifier. Le groupe a finalement officialisé sa reformation par l'annonce d'une série de concerts prévus pour les 18, 19 et 20 septembre 2008 à Paris Bercy. Les places seront en vente à partir du 15/03. Pour réserver vos places, pensez à la rubrique sortir de Flu. Cure XXL à Bercy : une bouchée d'éternitéThe Cure est en pleine tournée européenne et s'est arrêté à Bercy hier soir pour un concert de plus de 3h. Compte-rendu de la soirée et dans la foulée dossier New Wave à lire de toute urgence pour revivre les "fabuleuses années New Wave".
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Il faut finalement assez peu de temps, derrière la gigantesque et théâtrale machinerie d'un des groupes dinosaures des années 80 pour sentir le cœur battre et monter l'émotion. Qui peut tenir Bercy pendant 3h40 (vous avez bien lu), sans reprendre son souffle ? Qui peut aligner aujourd'hui 43 titres et quatre rappels sans jamais donner l'impression de prendre son public par surprise ? Les Cure ont un master plan et l'exécutent comme on fusillerait quelqu'un de sa propre famille, avec tendresse et sincérité. Qui peut chanter, jouer de la guitare, se prendre le visage à deux mains et poser pour un futur DVD devant des caméras-grues avec autant d'aisance et de naturel ?
Les clones ont disparu ou presque. Des résidus gothiques sont suspendus en étendard aux escaliers à 67 euros pièce. Les seniors (de 30 ou 35 ans) ont pris le pouvoir, mais Robert Smith invite à domicile et joue dans son théâtre d'ombre de 15000 places comme il jouerait dans son arrière-cour de Crawley. L'entame nous ramène quelques années en arrière, au temps où les Cure en rangs serrés ouvraient sur "PlainSong" et "Prayers for Rain". Smith prend position et place une note tenue monumentale qui met la barre très haut et fait frissonner les murs. Smith aime Disintegration et le fait savoir. L'album qui a 19 ans maintenant est le pont naturel entre ce que les Cure ont été hier et ce qu'ils sont devenus. Il sert souvent de fil conducteur au parcours, assez peu interactif, que le quatuor tisse dans sa propre discographie. Porl Thompson ressemble à un moine soldat qui s'oublie parfois dans des solos qui lui étaient étrangers hier mais tient la boutique à cordes. La basse de Simon Gallup, jouée bas et musclé comme à son habitude, n'a peut-être jamais été aussi lourde et expressive. Jason Cooper donne du fût à qui mieux mieux. Robert Smith est au sommet de son art : sa voix est à sa botte, sa guitare domptée comme un bon cheval, capable de remplacer le clavier sur "Lovecats" ou de tromper les bandes synthétiques sorties pour la première fois. La setlist ressemble à un Greatest Hits, ce qui ici n'est pas peu dire. Cure donne du vieux et du moderne. "Kyoto Song" a fière allure, "Push" est impressionnant de savoir-faire. La nostalgie fonctionne à plein régime et donne une assez bonne idée de ce que serait une Tournée des YésYés sans Richard Anthony, Sylvie Vartan et Rika Zaraï. On s'attend à voir débarquer d'autres légendes perdues mais Smith les a bouffées au petit déjeuner et est assez costaud pour jouer tout seul à la machine à remonter le temps.
Le concert s'organise en séquences dont on sort parfois lorsqu'elles sont trop légères (2ème rappel pour les filles : "Lovecats", "Lets Go To Bed", le nouveau "Freak Show", "Close To Me" et "Why Cant I Be You") avant de replonger dans l'imparable ("Shake Dog Shake", "Primary", "Never Enough", "100 Years", puis plus loin "At Night", "M", "Play For Today" et "A Forest"). Les Cure d'aujourd'hui n'ont plus la légèreté d'avant mais cela ne s'entend que lorsqu'ils composent. "A Boy I Never Knew" lancé après "Primary" donne le change. Qui peut aimer "Friday I'm In Love" ? La mer verte fonctionne toujours aussi bien. Comme tu es belle. "To Wish impossible Things" en invité surprise et son romantisme passe encore.
Comme le concert est filmé (Cure in Paris, la revanche du fils de la fiancée de Robert Smith 2), le groupe aligne pour la galerie l'intégralité des titres joués au cours de cette tournée européenne. Le public parisien est verni. Il se tape toutes les fins alternatives jouées à Marseille, Barcelone ou Prague, et servies sur un plateau. La plongée en eaux profondes est sublime sur la dernière demi-heure et suffit sur son seul énoncé à suggérer le plaisir qu'on a à y être, encore, et toujours. "3 Imaginary Boys". "Fire In Cairo". "Boys Dont Cry". N'en jetez plus. "Jumpin", qu'on avait rarement entendu en vrai. "Grinding Halt". "10 :15". "Killing An Arab". J'ai toujours un faible pour "Play For Today", qui n'aurait pas fait tâche dans cette séquence finale. Et puis "Faith", en version un peu raccourcie. "I went alone, with nothing left but Faith". Tout est dit et pour le meilleur. Comme l'a dit Thierry Roland un soir de juillet, je veux bien mourir après ça. Carl Craig fait ses sessions
La techno de Carl Craig, c'est cette musique en route vers le son pur, pourrait-on dire pour paraphraser le critique allemand Ulf Poschardt. A l'instar de Sun Ra ou de Steve Reich, dont le producteur américain est un fervent admirateur, sa musique se joue des structures fixes et s'engage dans la dissolution des formes. Sur Sessions, Craig expérimente la musique, la sienne sous de multiples pseudonymes (69, Paperclip People, Tres Demented, Psyche) comme celle des autres (Chez damier, Rhythm and Sound, Theo Parrish, Beanfield, etc.), comme un matériau sonore brut en constante évolution. Depuis Landcruising, la musique de ce petit prince du beat au kilomètre vibre en nous avec l'abandon lointain, de ceux qui se sont retirés dans une autre dimension. Musique de flux pour autoroute (de l'information), elle contient toujours en germe la pulsion moderniste des origines, même dans ses émanations les plus oldschool (69 - "Rushed" et "Psychobeat"). A ce titre, Sessions bat le pouls d'une techno éternelle, toujours innovatrice et inventive, celle d'une musique spirituelle, technologique (évidemment) et futuriste.
"Futurisme" n'est pas un vain mot chez Carl Craig, c'est un concept, une ligne de conduite, une philosophie de vie propice à développer un univers de science-fiction. Sa musique d'outre-espace avec ses nappes vibrantes et ses basses profondes (Junior Boys - "Like A Child", sur le CD 1 de Sessions, "Sound of Silver" de LCD Soundsystem, malheureusement absent de cette anthologie mais à se procurer de toute urgence, Xpress 2 - "Kill 100", Faze Action - "In the Trees" et en général tout le second CD) est de celle qui donne l'impression de ne jamais devoir s'arrêter, reliant en cela les poussées de fièvre du free jazz afro-américain de Charlie Parker à Miles Davis, du funk psychédélique surchauffé de Parliament-Funkadelic (Tres Demented - "Demented (Or Just Crazy)") et de l'electro allemande, ce "funk blanc", de Kraftwerk, Manuel Göttsching et plus près de nous, Basic Channel, avec toujours, cette obsession pour le sérialisme (Delia Gonzales & Gavin Russom "Revelee") et le classicisme (Francesco Tristano "The Melody"), quand ce n'est pas un certain académisme jazz (qui fonctionne parfaitement sur la monstrueuse et, il faut bien le dire défrisante, relecture de "Bug in The Bass Bin" d'Innerzone Orchestra). Avec Carl Craig, même l'évocation grave d'"Angola" par Cesaria Evora sonne comme l'incarnation afro-futuriste indépassable d'une vision à la fois ancestrale et moderne, unissant futur et tribalisme dans un vaste continuum chamanique avec une urgence et une vitalité qui font de Sessions l'une des livraisons indispensables de ce début d'année !
Carl Craig - Sessions (K7!/Pias, mars 2008) Aimez-vous Los Campesinos! ?
Question 1 : Quand vous entendez "You ! Me ! Dancing!" vous...
Question 2 : Les chansons qui parlent des geeks musicaux qui écoutent les chansons qui parlent de geeks musicaux qui aiment les filles qui aiment les chansons qui...
Question 3 : Utiliser un violon et un xylophone pour remplacer un vrai synthé c'est...
Résultats : Vous avez une majorité de (^∇^) : Vous adorez Los Campesinos! mais vous buvez trop de Red Bull (donnez-moi le numéro de votre dealer dans les commentaires SVP). Vous avez une majorité de (u_u) : Vous aimez Los Campesinos! et vous n'aviez pas besoin de le savoir puisque vous aviez parlé d'eux sur votre blog deux jours après la formation du groupe et de toute façon, vous êtes déjà passé à autre chose, XXX est tellement meilleur. Vous avez probablement raison. Vous avez une majorité de (>_<) : Vous détestez Los Campesinos! et tout ce qu'ils représentent. Vous avez probablement raison. Vous avez une majorité de (. _. ) : Vous êtes quelqu'un de naturellement déprimé, la musique joyeuse ne peut rien pour vous, de toute façon nous allons tous mourir et dans cinq-cent ans, quelle différence ça fera ? Vous avez raison.
Los Campesinos! premier album Hold On Now Youngster disponible chez Wichita Thee Silver Mount Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band sort 13 Blues For Thirteen MoonsVous l'avez certainement remarqué, nous avons tous nos chouchous et nous pensons que le monde de la musique ne peut tourner sans eux. Pour certains, ce sera Mark E. Smith... Mon obsession à moi c'est Constellation. Et cette semaine, je ne suis pas en reste car ce sont deux disques qui sortent, le sixième album d'A Silver Mount Zion et le second disque de Carla Bozulich (pour l'écurie Montréalaise), avec toujours un lourd renfort musical de Silver Mt Zion. Si c'est dans un post-rock obscur et aphone que Constellation s'est d'abord fait connaître dans les années 90, le label a par la suite produit une série d'artistes qui poussent la chansonnette désespérée ou font bouger, à l'occasion, le monde entier (Arcade Fire et Wolf Parade sont passés dans leur locaux). Ainsi, l'évolution du son de Thee Silver Mount Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band porte en creux ce tournant esthétique.
L'entame est âpre, et "1,000,000 Died To Make This Sound" rompt un choeur simple et envoûtant par un interminable tunnel de guitares kraut-rock râpeuses. On voit les images désespérées d'un monde inique, que les volutes inquiètes de cordes ne parviennent pas à faire oublier. Le second morceau, l'éponyme, enfonce le clou avec une intro à fleur de peau, où la voix blanche d'Efrim réclame : "I Just Want Some Action", un cri de ralliement auquel tout le groupe répond avec les tripes. Puis le chef d'oeuvre du disque peut se déverser pendant une (grosse) dizaine de minutes : un blues en 9/4 à la mélodie imparable et aux explosions salvatrices, mené par une section rythmique impériale et des guitaristes inspirés.
La moitié du disque s'achève et l'apaisement n'est pas encore à l'ordre du jour. Les arrangements de cordes d'hier semblent bannis, les violons transformés en écorchures. "Black Waters Blowed" s'épanche dans un free rock toujours à la limite et s'échoue dans un autre mouvement bluesy, grandiose et lent. Adepte des morceaux trois-en-un, Silver Mount Zion sort alors le grand jeu et tire les larmes avec leur "Broke Engine Blues", une suite de moments plus mélodiques et mélancoliques les uns que les autres. Violoncelle, contrebasse et violons peuvent alors produire toute la beauté d'un jeu subtil et évocateur, tandis que le chant s'aventure vers de nouveaux horizons, dans une montée sincèrement émouvante. L'album clôt sur un "BlindBlindBlind" impeccable et tourné vers les expériences passées du groupe, période Born Into Troubles.... Arrangement répétitif et alangui, pizzicati presque moqueurs lorsque le texte évoque la cécité de policiers en rangs parallèles, ce quatrième titre évolue doucement vers une catharsis incontournable : le choeur somptueux entonne l'espoir et répète à l'infini que "Some ! Hearts ! Are ! True !".
Jennifer Cardini : A place to be
Du coup, c'est un peu l'évènement de l'année ce mix de la française Jennifer Cardini. Adoptée depuis plus de trois ans par le label Kompakt, étalon d'une techno finaude et souvent brillante. Sur Feeling Strange, la Niçoise prouve encore une fois qu'elle mérite bien sa réputation de tête chercheuse. Rework, Adam Kroll, False, Lusine, Apparat, Principle of Geometry, Lawrence, Reinhardt Voigt, Maurizio..., sur le papier, la sélection de ce mix album laisse rêveur. Attendue de pieds fermes depuis Lust en 2005, la Française enchaîne rythmiques impeccables, groove sombre et implacable (les quatre premiers titres franchement scotchant !) et surtout impose sa patte si particulière en mêlant finement electronica ("Static" remixé par Robert Lippock de To Rococo Rot, "Push" de Lusine, "Arcadia" d'Apparat, "A Moutain For President" de Principle of Geometry), house soulfull ("May I ?" de Jamie Lloyd remixé par Quarion, Mike Dunn) et minimale, sans pour autant abuser de cette dernière tendance, ce qui, chez Kompakt, représente un véritable tour de force. De l'hypnotique à l'émouvant, du dark au mélodique, le disque est clairement divisé en quatre parties distinctes. Une intro narcotique portée par le poisseux "Love Love Love Yeah" de Rework remixé par Chloé, un interlude sensuel (Jamie Lloyd, Takemussa, Johnny D), une montée troublante ("Fed on Youth" de False, "The Vineyard (Peter Ford Remix)" de Florence Eevo, "Blackbody" d'Alex Smoke, "Eclipse" d'Onur Özer) et un final carrément lyrique ("Missing Billie" de Reinhardt Voigt, Principle of Geometry, Lusine et Apparat).
Même si l'ensemble est irréprochable malgré un petit coup de mou en milieu de parcours, on retiendra surtout la première partie avec la succession impeccable Adam Kroll/Joseki/Maurizio, qui nous fait passer des frissons à chaque écoute. Au final Feeling Strange reste un mix de haut niveau et nous offre la plus magnifique soirée qu'on puisse rêver de passer. Définitivement, "a place to be".
Jennifer Cardini - Feeling Strange (Kompakt/Nocturne, mars 2008) Claude François, Autrement Dit : le faux hommage![]() On fête aujourd'hui (façon de parler bien sûr), les 30 ans de la mort de Claude François. Parmi les documentaires, émissions spéciales, les archives télévisées détérées par le site de l'INA et les soirées en boîtes, Playlist s'attarde sur Claude François, Autrement Dit. Petite compile sous forme d'hommage rendu par des chanteurs et chanteuses français à Clo Clo. Autrement Dit, c'est 18 artistes français qui reprennent chacun un titre du chanteur décédé. "Vieille garde" avec Alain Chamfort, et surtout "Nouvelle génération" avec Adrienne Pauly, Jeanne Cherhal ou Elodie Frégé, les deux unissent ici leur style pop-rock pour annuler la disco-pop-variét de Claude François. La musique de Clo Clo ne se danse plus en short en satin et bottes en skaï et gagne en tristesse. Même si cette compil permet de réveler certaines chansons moins populaires que d'autres ("Une petite larme m'a trahi", "17 ans"), l'ensemble nous fait penser soit que cette scène française n'est pas fort douée en reprises (ou pas douée tout court), soit que Clo Clo en dehors de "baracuda" ne vaut pas une peanut en songwriting. Dix-huit tires au total, on en a disséqués qu'une poignée : Où est passée la gaieté de ce titre ? Jérémie Kisling vraisemblement ne veut pas croire à ce lundi au soleil et transforme cette chanson en triste, mais agréable complainte relevée ça et là par quelques cuivres dorés. Vincent Baguian - "Une chanson populaire" Oui, une chanson populaire, qui se casse la gueule sur le refrain et qui se la joue "bal musette sur les bords de la Marne". Une reprise qui joue la carte de la légèreté. Halte ! Reprise reggae. L'idée est très mauvaise, aussi rigolote et originale qu'elle aît pu être au départ dans la tête d'Alexis, ce n'est pas en posant des touches de reggae que l'on s'improvise reggae man.Copie à revoir. Adrienne Pauly - "Même si tu revenais" Enfin une vraie reprise ou du moins, enfin un titre qui sort de l'ensemble (avec peut-être celui d'A.S Dragon). Fini la guitare en bandoulière du musicien des cafés parisiens, Adrienne endosse le costume d'une écorchée vive à la voix de sorcière et fait état d"une vraie proposition (comme ils disent à la Star Ac). Pas la reprise du siècle non plus... Elodie Frégé ne s'en sort pas plus mal que les autres, Brisa Roché, et ce n'est pas parce qu'on l'aime bien, réussit à nous faire oublier que l'on écoute les pires reprises de Claude François par une génération pas brillante de musiciens français. Alain Chamfort et La Grande Sophie, repartent la tête haute ; Elli Medeiros, elle, clôt comme il se devait cette compilation par un titre tout aussi fade que les autres. Pas de regret, le disque s'arrête comme il avait commencé. On l'a écouté et on déplore seulement que l'effort pour rendre homage à Clo Clo n'ait pas été mené à bien. Why? : Alopecia, drôle à en perdre les cheveux...
Alopecia a sans conteste de belles qualités (l'étonnement, le divertissement, une production impeccable et ultravariée), voire quelques capacités pour faire danser avec quelques verres dans le nez, mais sûrement pas celles d'être consistant et homogène. Album touche à tout en forme de mix foutraque, Alopecia fait partie des albums trop brillants et moqueurs pour être honnêtes. On peut sûrement en faire son ordinaire mais préférer à cette pochade d'autres groupes moins doués et moins intelligents. Le débat "rap noir" vs "rap blanc" a encore de beaux jours devant lui. Why? - Alopecia (Anticon, mars 2008)
Merci, Jean Jacques ! Dans une interview donnée au Figaro à propos des restaus du coeur qui lui donne l'occasion de se donner lui même plusieures franches tapes dans le dos, Jean-Jacques Goldman avait deux bonnes nouvelles à donner à tous ceux que les Victoires de la Musique ont déprimé ce week end : Le Figaro : Des bruits récents disent que vous prépareriez un album… Rumeur ou info ? Fifi : Et quand vos fans vous retrouveront-ils sur scène ? En pleine célébration de l'anniversaire du dernier numéro de Claude François, voilà de quoi mettre un peu de soleil dans votre lundi. En attendant Robert Smith : n'écoutez pas ça....Ceux qui, contrairement à moi (hé,hé), ne seront pas à Bercy le 12 mars pour le concert de Robert Smith et des Cure pourront aisément se consoler avec ces deux vidéos, histoire de se rappeler que la musique des proto-goths a un rayonnement international immense, a pu inspirer le meilleur comme le pire et est sans équivalent. On aurait pu choisir une énième reprise de "Just Like Heaven" par Dinosaur Jr, de "Boys Don't Cry" par Arcade Fire, AFI ou Placebo, mais on a préféré cette fois un Calogero inspiré et un Jack Reaper déguisé en sosie obèse de notre ami Easywriter (si,si,..). Le Français, dont Cure est l'une des influences avouées et qu'on peut retrouver en cherchant bien dans l'agencement de ses guitares, s'en tire plutôt bien tandis que Jack Reaper livre une LoveSong... hum... originale. Pour ceux qui s'inquiètent pour ce qu'ils entendront à Bercy, sachez que, d'après les setlists des précédents concerts européens, il faut s'attendre à 3 heures d'un greatest hits qui fait une large place à l'album Disintegration, intègre le jovial "Friday I'm In Love" et alterne les morceaux sombres (ancienne époque), les nouveautés (3 titres de l'album à venir) et une séquence pop encapsulée en deuxième rappel ("Just Like Heaven", "Why Cant I Be You ?"...). A l'occasion de la tournée européenne de The Cure, Flu a préparé un petit dossier sur l'Histoire de la New Wave. Le film de vacances de Sigur RósOn vous en avaez déjà parlé, Sigur Ros a donné une petite série de concerts-surprises dans des lieux non traditionnels pour filmer un DVD nommé "Heima", sorti en novembre 2007 (Heima, le dvd de Sigur Ros fait maison). En lieu et place d'une sortie cinéma confidentielle comme certains films de concert en connaissent, le groupe a opté pour une avant première sur Youtube. Malgré quelques interviews des membres du groupe sans intérêt et une réalisation moins arty qu'elle ne le croit (un peu à l'image de la musique), si le but de la manoeuvre était de nous donner la version ultra compressée de Youtube pour nous donner envie d'acheter un beau DVD 5.1... L'opération est un succès. Vous avez 97 minutes devant vous ? Cliquez sur "play" :
Victoires de la Musique 2008 : le meilleur du pire
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Ceux qui, comme moi, n'ont pas renoncé complètement à écouter de la musique française attendent toujours les Victoires de la musique avec un brin d'inquiétude, heureusement relevé d'un appétit pervers. La variété française a beau tourner à vide sur son réservoir de 20 mauvais talents, il n'est pas si fréquent qu'on puisse, en quelques heures et un samedi sacrifié, prendre la mesure instantanée du désastre. Comparé au cru 2007 (ah, Miss Dominhulk, Benabar & co), 2008 aura cruellement manqué de sel. Débarrassée de Drucker, l'animation repose sur les épaules d'un Nagui emprunté et qui a perdu sa voix en se cassant... la jambe. Les interludes sont désastreux, entre les vannes ratées, l'apparition horrifique de Shirley et Dino et les lancements plus qu'hasardeux ("On va pas parler de tests ADN mais force est de constater que le talent est... génétique" pour annoncer, à la façon de Michel D, le "J'aime Plus Paris" bobo réac' de Thomas Dutronc). Avec une pincée de Salvador, dont le cadavre aurait célébré plus dignement son propre hommage que le "Syracuse" gloubiboulga mâchonné par une Vanessa Paradis en phase vocale terminale (meilleur album variétés et interprète féminine de l'année !), un poil de Carlos (intellectualisé par un duo Edouard Baer/Julien Doré ridicule) et un soupçon de Polnareff (Victoire du spectacle -présidentiel- de l'année devant Daft Punk), la chanson française a accueilli ses jeunes pousses sur un terreau fertile en moisissure. Eric Serra (meilleure musique de film pour les Minimoys), Paul Personne, Thomas Dutronc, Mickey 3D, Dominic Sonic et quelques autres viennent rendre un bel hommage tout en guitares à Fred Chichin, seul chanteur réactionnaire digne d'intérêt disparu ces derniers mois. Et Grégory Lemarchal, alors ?
Ceux qui l'avaient raté avant auront ainsi pu découvrir la (nouvelle) poésie subtile d'un Renan Luce, album et révélation scène de l'année, sorte de néo-Bénabar en plus beau, tapinant du côté de Brassens, l'expérimental-toc d'Emily Loizeau, la comptine rap de la féministe Koxie (Garçon "Gare au Con" et son refrain refusé par Henri Dès) ou encore les affreux Coldplay du Sentier, AaRON. Parmi les valeurs sûres-estimées, Zazie dans un filet à gigot sexy noir envoie son hymne humaniste tête à claques en ouverture. Dionysos nous fait regretter Noir Désir en boeufant hystériquement comme des hommes chocolat, tandis qu'Etienne Daho et son Obsession de belle facture studio nous murmurent qu'il vaut mieux les écouter chez soi que d'aller les voir en concert -album pop rock tout de même. Vincent Delerm, bien sûr, vient moissonner en terres putassières avec ses "Filles de 1976 qui ont 30 ans" et qui achètent de la musique de ménopausées en suçant des publicitaires. Jacques Higelin joue à Rodolphe Burger en moins doué et plus secoué.
Au rayon des bonnes surprises, Michael Youn envoie un impeccable medley symphonique et décentré de ses hits la Cagoule (classique), le Boule (cabaret) et Parle à ma main (rock), s'imposant comme le digne et brillant héritier du Mike Flowers « 50 Cent » Pop. Diam's émeut avec sa France à Moi après que le Soldat Rose (pas encore mort) a remporté la Victoire du meilleur DVD musical. Les rappeurs historiques s'en tirent avec les honneurs : IAM place son flow en pilotage automatique mais c'est MC Solaar et son beau chant mélancolique qui raflent la récompense (musiques urbaines). Etrangement, c'est un Christophe Maé à la voix émoussée (révélation de l'année) qui vient mettre l'ambiance à minuit, offrant un vrai bon morceau de variété populaire avec un "On s'attache" qui donne envie de se pendre à la corde funky de son sèche-linge. Abd-Al-Malik empoche la Victoire de l'interprète masculin de l'année et adresse ses remerciements à la France entière et à... l'industrie du disque. Miss France 2008 habillée vient conclure la mascarade en offrant à la Tortue de Zazie le titre de chanson de l'année. C'est comme ça qu'est-ce que tu veux ? J'y peux rien, je fais comme je peux. Sauve qui peut qu'est-ce que j'y peux ? The Fall : 51 + 27
"Alton Towers"
On notera une reprise de Groundhogs ("Strangetown") ainsi qu'un morceau co-écrit avec Andi Toma de Mouse On Mars ("Is This New"). La sortie du disque coïncide avec la publication de l'autobiographie officielle du chanteur, The Lives and Tales of Mark E. Smith. Il ne reste plus qu'à souhaiter que cette nouvelle livraison soit meilleure que la dernière (Reformation Post-TLC), mais on ne peut jamais savoir dans le Wonderful and Frightening World of of Mark E. Smith... Sébastien Tellier sera notre dinde à l'Eurovision
Le dernier album de Tellier s'intitule Sexuality et on pourrait se dire que la France a fait un choix conservateur en sélectionant la chanson "Divine" plutôt que "Sexual Sportswear" mais ce sera déjà la première fois que nous enverrons une chanson en anglais. C'est déjà un geste très osé qui risque de créer des polémiques dans les maisons de retraites et chez Laurent Ruquier. Il faut laisser l'Eurovision avancer à son rythme. Le bon côté, finalement, c'est qu'on saura bientôt si Sébastien Tellier vaut mieux qu'une dinde. Nul doute que la réponse donnera du poids à un camp ou à l'autre dans les futur débats entre pro et anti-Tellier. La France retient son souffle. Lire la chronique de Sexuality et l'interview de Sébastien Tellier Les Oubliés de la pop : le Perfume des Paris AngelsLes Paris Angels auraient pu s'appeler les Paris Butterflies tant leur gloire fut éphémère. Comme des papillons, ils se virent sûrement plus beaux qu'ils n'étaient avant de s'éteindre avec le matin, lorsque la nuit madchester tira son rideau de fer sur l'Hacienda et ses fêtes galantes. Auteurs d'un unique album en 1991, le très joli SunDew, les Paris Angels auraient pu devenir, avec un peu de chance (et un soupçon de talent en plus), les nouveaux New Order. Remarqués par Michael Johnson (le producteur qui avait monté "Blue Monday" en sauce), la bande des Angels, soit 7 types un rien allumés du bocal dont le plus connu reste aujourd'hui l'ancien Black Grape Paul "Wags" Wagstaff, comparse de Shaun Ryder et des Happy Mondays, démarrèrent par leur plus beau titre : le single impeccable "Perfume", soit un mélange étonnant et assez novateur pour l'époque d'indie et de disco. A la fois rétro (ambiance psyché 60s) et très contemporain (option Primal Scream), le titre fit un carton mérité et lança une hype qui se conclut assez vite par la signature des Paris Angels chez Virgin. En 1990, les Paris Angels incarnaient avec les Inspiral Carpets (un peu plus rustiques) le côté "daisy age" du mouvement madchester, plus baba que défoncés, plus planeurs que pogo. Le chant de Jane Gill sur "Perfume" est mémorable et évoque la magie qu'on retrouve chez d'autres groupes à chanteuses, quelque part entre un Mazzy Star dansant, un Everything But The Girl sous acide ou un My Bloody Valentine du Samedi Soir. Malheureusement pour le groupe (et heureusement pour elle), la chanteuse tomba enceinte au pire moment et condamna par son absence (égalité des sexes, bonjour) la production d'un second album chez Virgin qui venait de se faire racheter par EMI. Un bon nombre des groupes de l'ancien label passèrent à la trappe et les Angels ne refirent jamais surface. Ceux qui, avec un peu de chance, réussiront à remettre la main sur SunDew passeront sans aucun doute un bon moment de nostalgie dansante. "Louise" est un excellent titre, tout comme le single "Oh Yes" et ses 6 minutes et quelques d'acidplaning. Pour la petite histoire, on rira à la façon dont s'énonçaient les titres de l'époque : "Breathless", "Chaos Chaos", "Fade" ou encore "Smile". La pop des Paris Angels a un petit goût d'Eternity et de séjour linguistique baveux lorsqu'on avait 16 ans. Attention, ce billet est peut-être Not Safe For Dogs
En Nouvelle Zélande, ce morceau a été numéro un des charts à Noël. A moins que vous ne soyez un chien (je n'ai plus les chiffres en tête mais il me semble que Playlist est le blog préféré des Spitz finlandais et qu'on marche plutôt bien auprès des Saint Bernard) vous ne pouvez entendre ce morceau : il a été enregistré dans des fréquences trop hautes pour nos oreilles à nous, pauvres hommes. Du coup je me demande si c'est une ouïe surhumaine ou mon snobisme vis-à-vis de tout ce qui est chanson-gadget qui me donne des maux de tête quand je clique sur "lecture". Mais comment en est-on arrivé là, me demanderez vous ? Pour ma part, j'étais dans un caniveau en bas de Fluctuat un jour qu'ils recrutaient des blogueurs invités mais si votre question portait plutôt sur la Nouvelle Zélande, eh bien il semble que les gens ont acheté ce morceau pour soutenir la SPA locale. Il peut paraître absurde d'acheter un disque qui pourrait aussi bien être vierge plutôt que d'envoyer directement de l'argent à une bonne oeuvre mais, d'un autre côté, même avec les maux de tête je trouve toujours ça plus agréable que l'album des Enfoirés. Les chiens semblent aimer le disque en tout cas : lorsqu'il a été diffusé à la radio, il aurait poussé un chien à attaquer le poste, une attitude pas trop éloignée de celle que provoque un bon morceau de rock chez l'homme. Rod Modell : Réactions en chaîne
Depuis dix ans, Rod Modell, que l'on sent irrémédiablement nostalgique, a discrètement développé son propre genre de "Detroit Techno". Comme ses aînés, il use d'effets dubisants, d'échos, de distorsions et de souffles sur des rythmes lents et syncopés, enveloppés dans des textures granuleuses plus communes à l'electronica qu'à ce genre de musique. Avec un sens incontesté de l'hypnose progressive malgré un traitement ascétique du son, une production linéaire et une progression inflexible, "Aloeswood", "Hotel Chez Moi", "Cloud Over", "Ultraviolet World" ou "Red Light", nous bercent comme au sein de doux, mais profonds, remous aquatiques. Parfaitement conscient de l'héritage de ses pères, Incense & Black Light développe ce son reconnaissable entre tous, fait de textures denses, de basses à la fois enveloppantes et étouffées, marinant entre dub électroniques, ambient downtempo et hypnotisme techno rigoriste. Une chape de sons filtrés, de la techno amniotique jouée sous la mer ou écoutée dans un pipe line, ou bien au travers des vitres fumées d'une limousine abandonnée sur un parking à Detroit. A ce titre, Rod Modell a su capturer l'esprit de Berlin, de Detroit, ou de Tokyo et d'Hong Kong si vous préférez, ces mégalopoles ultra-modernes, éternelles insomniaques, véritables décors de film de science-fiction et incarnation d'un futur noir et inquiétant, toujours sous la pluie. De même, le packaging magnifique de ce CD édité par le label japonais Plop, représente la quintessence du style techno des 90's : un fantasme urbain, où rêve de vitesse, corps dansants désincarnés et amours androïdes, hantent l'imaginaire (post)humain dans le continuum de plus en plus vaste de notre modernité. Trippant ! (Et lancinant)
Rod Modell - Incense & Black Light (Plop/Differ-Ant) http://www.silentrecords.net/html/rod_modell.html Silver Apples et Zombie Zombie : concert évènement ce soir au Nouveau Casino !![]() Silver Apples, mythique projet proto-electro (l'ancêtre psychédélique de Suicide si vous voulez) formé en 1967 et désormais (malheureusement) réduit à sa portion congru, soit Simeon seul avec ses machines vintage et ses oscilloscopes (Danny Taylor le batteur est mort en 2005) sera sur scène à Paris avec un autre duo de choc krautrock, punk et synthétique, Zombie Zombie (dont vous pouvez lire la chronique et l'interview à l'occasion de la parution de leur premier album). Autant dire qu'il s'agit d'un concert absolument incontournable pour ceux qui ont la chance d'être tout près. Et c'est promis, ceux qui ne connaissent pas Silver Apples comprendront sous peu pourquoi ici, dans une semaine... Stay tuned et en attendant allez voir ce concert !! Albums Cultes des Géants du Normal #6 : Janet Jackson - Control
Control est son troisième album mais on peut le compter comme le premier pour pas mal de raison. Déjà, c'est le premier à être bon. Le premier aussi, ce n'est pas une coïncidence, qu'elle enregistre après s'être libérée de l'emprise de son père (personne n'a besoin que je lui explique que papa Jackson était un peu "sévère") et le premier qui lui permet de sortir de l'ombre de Son Frère et de celle de ses autres frères et soeur même, c'est dire si elle partait de pas bien haut. D'où le titre "control" qui veut dire "contrôle" et le thème de l'émancipation joyeuse qui parcourt le disque. Si j'écrivais pour une émission musicale de M6, je raconterais certainement que Control est une étape majeure de l'émancipation de la femme dans la musique pop à une époque où elle était encore attachée à ses fourneaux (le disque est sorti en 1986) mais en dehors de quelques neuneus persuadés que les Spice Girls ont inventé le féminisme, personne ne devrait entendre ce disque comme plus que l'innocente et adorable affirmation d'une gamine.
Voilà, c'est fait... On peut maintenant parler des auteurs, ceux qui ont conçu cet écrin pour la personnalité de la chanteuse : Control est l'oeuvre avant tout des producteurs Jimmy Jam et Terry Lewis, deux anciens protégés de Prince (on ne reste jamais longtemps le protégé de Prince) dans le groupe The Time. Ils ont bien retenu les leçons de Prince et concocté un album de R&B funky et pop presque entièrement joué au synthé. De bons vieux synthés eighties qui perdraient leur temps à tenter de sonner "naturel' et qui repousseront plus d'un auditeur d'aujourd'hui. Ils sont partout, de l'ouverture funk robotique de la chanson titre à la sensualité de papier glacé du R&B des derniers morceaux en passant par la pop plastique du milieu. Car en plus le disque est véritablement séquencé aussi simplement et clairement que ça et, curieusement, ça marche.
Alors que Janet est en pleine tentative de retour après le nipplegate et quelques albums calamiteux, ce n'est pas forcément une bonne idée de réécouter Control : il nous rappelle des temps plus innocents (dans "Control" elle chante "prenons notre temps", aujourd'hui elle chante qu'elle est "massive comme le premier jour des règles") et une réussite qu'on répète une fois (l'album suivvant Rhythm Nation 1814), pas deux. Brian Jonestown Massacre : le nouvel album gratuit, c'est possible.... Le groupe indépendant par excellence d'Anton Newcombe, The Brian Jonestown Massacre, revient en ligne et gratuitement siouplaît en téléchargement sur leur site avec un nouvel album (au moins le 13ème si mes comptes sont bons et le...9ème ou 10ème en studio). Rendue un brin populaire par l'excellent documentaire Dig ! (qui se consacrait tout de même un peu plus à leur attitude qu'à leur musique), la bande de l'un des derniers rockeurs fous vivants, venue jadis de San Francisco, s'est fait chouchouter par l'ex-Ride Mark Gardener pour produire ce nouveau chef d'oeuvre. Enregistré entre Reykjavik et Liverpool, My Bloody Underground est à la fois étonnant et excellent, sorte de mélange entre un inédit de My Bloody Valentine et Jesus and Mary Chain avec guitares saturées, larsens et embrouillaminis sonores, mélodies enflammées à la Make Up et balades ramollo mais engagées qui rappellent, par leur lenteur sournoise, l'American Music Club. C'est un peu psychédélique parfois, toujours gorgé d'énergie et ça s'écoute sans modération évidemment. Parmi les titres-phare qu'on vous conseille de découvrir par vous-même (d'où l'absence de critique en règle), l'entame "Dropping Bombs on the White House" (autrement baptisée Bring Me The Head of Paul Mc Cartney) qui fait son effet détonant. On aime aussi beaucoup beaucoup le délicat "We Are The Niggers of This World" et le grand "Monkey Powder". Ce nouvel album est l'occasion de redire que BJM est un goupe important qui, musicalement, sait être parfois à la hauteur de sa légende people. Rappelons que Newcombe, parfois assimilé à un Mark E. Smith américain pour sa manière de faire valser les membres du groupe, est, selon ce qui se dit, l'un des plus grands instrumentistes autodidactes depuis.... Prince, maîtrisant (selon la légende) plus de 90 instruments de l'harmonica à la guitare en passant par le synthé, le sax et la trompette. Le BJM revenu de sa période folk depuis quelques années maintenant se pose, avec ce nouvel opus, en pointe du renouveau shoegaze qui pourrait bien marquer l'année 2008. Entre le retour de The Jesus And Mary Chain, la reformation des My Bloody Valentine (jamais séparés, mais bon, c'était tout comme), on pourrait bien passer l'été dans les festivals à se laisser pousser les cheveux (s'il en reste) et à regarder ses tennis en secouant la tête.http://www.brianjonestownmassacre.com/bandinfo.html
Albums cultes des géants du bizarre #33 : Young Marble Giants - Colossal Youth
Tic Tic, Toc Toc, Tic Tic, Toc Toc, c'est ainsi que débute ce Colossal Youth dont le titre ne peut se lire que comme une énorme blague, tant les compositions de ces trois-là feraient passer n'importe quel titre de Wire pour du rock progressif boursouflé. A eux trois, ces Anglais introvertis signèrent pas moins qu'une vingtaine (plus un) de classiques instantanés ("N.I.T.A.", "Salad Days", "Wurlitzer Jukebox!"). A la fois poétique et surannée, leur musique construite sur de petits riffs nerveux ("Include Me Out", "Music for Evening"), accompagnée d'une boite à rythmes rachitique ("Searching for Mr Rigth"), le fameux stylophone ("The Taxi") et d'une basse post-punk - autant dire new wave - ("Eating Noddemix", "Constantly Changing") s'intronise pop minimale avant-gardiste malgré elle et ouvrira la voie au mouvement lo-fi dans les années 90. Adulé par Peter Buck de R.E.M., Colossal Youth était aussi le disque fétiche de Kurt Cobain tandis que "Credit In The Straight World" fut repris par Courtney Love de Hole. Intemporel, il inspirera plus tard des artistes comme The Notwist, Tarwater ou To Rococo Rot. Musique pour robots en manque d'amour ("The Man Amplifier") piqueté de funk blanc dépressif ("Wurlitzer Jukebox!") et de calypso racho ("Salad Days"), Colossal Youth est aussi l'album de chevet de Thomas Morr, le fondateur du label de référence de la pop électronique et mélancolique, Morr Music. Cet aspect à la fois funky et anémique des derniers morceaux de l'album, sera d'ailleurs la carte de visite d'Alison Statton qui partira plus tard fonder Week-end. 28 ans après, Colossal Youth nous laisse toujours sur les genoux, époustouflés. Et dire qu'il y en a encore pour penser qu'il ne s'est rien passé dans les années 80, alors que le talent et le génie de ces trois-là auraient pu, à lui seul, suffire à toute une décennie. A noter que le groupe s'est réuni exceptionnellement à l'occasion du festival ATP (All Tomorrow's Parties) 2007, dont le curateur était le webzine Pitchfork. Colossal Youth a également été réedité en 3 CD remplis de bonus et de goodies. On lui préférera pourtant à jamais la version originale, et séminale, de Rough Trade.
Young Marble Giants - Colossal Youth (Rough Trade, 1980) Nolwenn Leroy ralentit la chute des vieux ?
![]() Le neurologue Frederick R. Carrick a publié récemment plusieurs recherches insolites du genre qu'on reprend très vite dans les colonnes "insolite" des journaux. Selon ses recherches, la musique peut aider les personnes agées à garder l'équilibre. C'est que dans les maisons de retraites, les vieux tombent et se cassent tout le temps et tout ce qui peut les aider à rester debout est le bienvenu. Ce qui est étrange, c'est que selon le docteur Carrick aucune musique n'a un effet aussi positif sur l'oreille interne que celle chantée par Nolwenn Leroy, la fille qui a gagné la Star Ac' il y a quelques années. Les effets bénéfiques de la musique dans le traitement de troubles neurologiques sont établis depuis longtemps et puis on a l'habitude que la science nous apprenne des choses étonnantes mais tout de même... Nolwenn Leroy serait bonne pour l'équilibre ? Sa voix a-t-elle quelque chose de si particulier ? C'est là que le site comlive.net intervient pour nous apprendre que ce docteur Carrick est un "chiropracteur spécialisé en neurologie" jamais publié et qui n'est reconnu par pas grand monde en dehors des forums de fans de Nolwenn Leroy où il intervient de temps en temps. Il a tout de même défendu sa découverte sur une chaîne de télévision chrétienne américaine et probablement multiplié les ventes de disques de Nolwenn là-bas (ce qui n'est pas très diffile, il faut le dire). Tout ça n'est donc qu'une petite arnaque à la pseudo-science comme les religieux américains les aiment mais c'est tout de même l'une des plus bizarres qui soient puisque le "docteur" n'était finalement pas interessé financièrement dans l'affaire, il tenait juste à faire partager sa passion au plus grand nombre. Une preuve de plus (nous en avons plein dans les commentaires ici) que les fans, que ce soit ceux d'une star de la télé réalité ou de Dieu, sont souvent des fous dangereux. (via) Bonnie Prince Billy se donne en spectacle La critique a donné l'impression ces dernières années (depuis le séminal I Am A Darkness en gros) de se fatiguer du talent de Bonnie Prince Billy, comme si celui-ci devait payer pour son omniprésence et son extraordinaire prolixité. Albums, collaborations, best of acoustique, singles en tous genres, apparitions au cinéma ou encore production de jeunes talents : le natif du comté d'Oldham continue d'être de tous les bons coups et surtout de ceux où on ne l'attend pas. Sa frénésie cède rarement sur la qualité, même si on a parfois eu l'impression avec tous les autres, que ce qu'il faisait aujourd'hui ne l'emportait pas toujours sur ce qu'il avait donné la veille. Avec Ask Forgiveness, album de 8 reprises (7 reprises et un original en fait, le très bon "I Loved The Streets") sorti fin 2007, et son premier enregistrement live (en import, depuis quelques jours), il est temps de rendre à Will Oldham ce qui appartient à César ou à Bob Dylan : la couronne de l'artiste country rock américain le plus important de la décennie. Ave Bonnie. Ask Forgiveness est un bel exemple de ce que peut donner un Bonnie Prince Billy en liberté. Là où Cat Power joue la carte (gagnante) et chère à la Star Ac de l'appropriation des chefs d'œuvre, Bonnie Prince Billy ne se contente pas de ramener les titres originaux dans son univers de proximité mais s'invente un genre et des manières pour servir son projet. Les 8 titres sont traités de manière homogène et atteignent, par la grâce du dispositif (un soupçon de guitare picking, un faux rythme ralenti, des chants contrepointés, des arrangements soyeux), une cohérence et une cohésion rarement atteintes dans ce genre d'exercice. Les chansons, à l'image du très épuré "I've Seen It All" de Björk et Yorke ou du fringant "I Am Demon de Danzig", sont non seulement sublimées comme une explication de texte musicale par la simplicité de la mise en harmonie ("My Life" de Phil Ochs) et par l'absence d'apprêt de la voix ("The Way I Am")- jamais on avait entendu le barbu chanter aussi bien - mais surtout investies d'une charge émotionnelle qui transporte l'auditeur dans un climat onirique qui évoque les chansons de marin du début du siècle. Ask Forgiveness n'est ni rock, ni blues et dégage une impression de liberté, de sérénité et de sincérité qui en fait un compagnon de réconfort miellé incomparable.L'album live de Bonnie Prince Billy opère dans un registre sensiblement différent. Enregistrés sur une seule date, les 14 titres de Wilding in the West mettent à jour la complexité d'un homme qui ne ménage pas ses efforts pour proposer une musique vivante et qui ne supporte pas de rester en place. A une relecture très rock, chargée en électricité et en tension, de son ancien et classique "O Let It Be" succède une version arythmique d'un "Ohio River/ Little Small Song", sorte de chanson deux en un, qu'on peut préférer sur sa version studio. A l'image d'un Dylan qui transcende ou massacre ses compositions sur scène pour le plaisir (sadique parfois) d'opposer l'art à la routine, Bonnie Prince Billy offre ici une version brute et tâtonnante de sa méthode. "Then The Letting Go" se déploie sur 5 minutes entre chant partagé, arrangements minimaux et belles envolées. Le très beau "The Gator" est donné très en dedans et met en valeur, sur son squelette, la force de son architecture. C'est dans ce registre dépouillé de l'offrande naturiste que Bonnie Prince Billy reste le plus impressionnant au fil des années ("No Such As What I Want"). "Master & Everyone" sonne aussi violent et menaçant que le "Tupelo" de Nick Cave. "Naked Lion" joue la carte de la bizarrerie, avant qu'un nouvel enchaînement ultraclassique ("No Bad News", "Wai" et un "Three Questions" tout bonnement exceptionnel) ne nous ramène dans le champ d'un rock qui souffle avec autant de facilité et de bonheur le chaud et le froid. Il fallait bien l'hillbilly "Weaker Soldier" pour lancer la dernière ligne droite, clin d'œil aux premières années et sublime chanson de fatigue existentielle ("I've not been feeling the same/ I'm not fit to carry your name / I'm not fit and i am not willing to go home /go on"). "Everybody's doomed", entend-on Oldham confier à la foule avant d'entamer un "I Called You Back" rédempteur et apaisé. Le set se referme sur 10 minutes épiques et bêtement belles d'un "Is It The Sea / My Home Is The Sea" qui vaut à lui seul le déplacement. Il y a assez peu de choses qui valent Bonnie Prince Billy à ce niveau d'intensité. Rien en vérité qui ne soit mort et conservé dans le formol.
Pourquoi vous devriez recommencer à donner votre argent aux maisons de disque
"J'ai vite appris un des fondamentaux de la survie en réunion : tout dire avec la plus absolue des certitudes, comme si votre vie en dépendait". J'ai vu une figure très respectée de l'industrie (quelqu'un qui, selon toute vraissemblance, a signé et développé des disques que vous possédez) balancer le premier album des White Stripes par la fenêtre du quatrième étage avec les mots "Personne n'avalera jamais - jamais - ces putains de conneries". J'ai été plus loin. Alors que les derniers accords d'une démo un peu chaude résonnaient encore j'ai brisé le silence dans la salle de conférence en déclarant "Quelqu'un voudra-t-il encore vraiment une autre pelletée de bêtises sous-Radiohead ?" tuant ainsi dans l'oeuf l'intérêt de notre compagnie pour Coldplay. Comme vous l'avez probablement compris, il y avait un problème avec ma carrière dans l'A&R. J'étais complétement nul. Mais tous les autres aussi."
Je crois que je saurais faire ça, tiens, je serais même plutôt doué. Dommage que les années 1990 soient passées. Niven explique ensuite comment sa vie était passée entre conventions (comme le MIDEM à Cannes) et fêtes chez des stars, les deux n'étant pas très différent : des prétextes à la consommation de cocaïne et de vodka et à des notes de frais faramineuses, tout ça financé par les marges énormes prises sur les ventes de CD. Aujourd'hui monsieur Niven est "romancier" et se voit sans doute bien en Frédéric Beigbeder anglais. Bonne chance à lui. Antonelli : Soul Electric pour oldschooler
Sur Soulkiller, son sixième album, Antonelli s'offre un flashback et revient aux bases de ce qui faisait l'electro des années 80. Entièrement produit à partir de machines analogiques, de bons vieux synthétiseurs et des séquencers vintage, l'album est enregistré dans des conditions live sur un simple magnétophone. Warning, all tracks recorded live to tape recorder, no computer used, no overdubs, strictly harware melody, mono machine drum, prévient d'ailleurs l'intéressé dans son livret. Et il y a naturellement une forme de poésie dans cette démarche, le choix résolu d'un ascétisme volontaire dans le sens noble du terme. De fait, rarement techno aura sonné aussi "naturelle" et fraîche. Une fraîcheur qui est paradoxalement la conséquence d'une discipline et d'une austérité assumées, qui viennent redorer le blason d'une techno minimale de plus en plus décriée. Sur "Soulkiller", point de facilitée, malgré l'évidence d'enchaînements répétitifs subjuguant et prononcés. On reste simplement fasciné par la finesse des patterns ("Claps Unlimited"), le groove bondissant ("Hamilton"), les nappes évanescentes ("Ensemble of Eight"), ou le sens du décalage pop en forme de clins d'œil sur l'éponyme "Soulkiller", sans oublier "When Terry Sings", un hommage non déguisé au chanteur des Specials, Terry Hall. Disque généreux à l'énergie rayonnante et aux mélodies directes et franches, Soulkiller bénéficie également d'une "touch of soul" vraiment particulière, de celle qui fait d'Antonelli un artiste unique et l'un plus brillant outsider de l'electro allemande, pas moins.
Antonelli - Soulkiller (Italic/Nocturne, fév 2008) Nine Inch Nails : Ghosts In the Web
Ca s'appelle "Ghosts I-IV" Vous pouvez théoriquement télécharger "Ghosts I-IV" sur ce site officiel mais celui-ci British Sea Power aime la musique rock, et vous ? Ainsi voici venue une nouvelle fois la relève du rock anglais, le groupe des sept miracles, du retour du rock et des guitares, du panache et de la morgue. Les British Sea Power et leur Do You Like Rock Music ? étaient clairement attendus comme le Messie depuis leur précédent album Open Season.L'inquiétant et martial "All In It" annonce une révolution qui ne viendra pas tout à fait. "Lights Out for Darkier Skies" fait son effet avec un son saturé à la Editors, une splendide intro rythmique et un refrain qui fonctionne comme une vieille et bonne rengaine brit pop, avant de s'égarer dans un faux plat d'avant explosion qui est devenu depuis Interpol l'apanage des jeunes groupes ambitieux. Les deux dernières minutes du titre sont un désastre comme si on se trouvait projeté dans l'arrière-boutique d'un cover band de U2. Comment faire du neuf avec du vieux ? Faut-il laver deux fois le vieux pot avant de tourner une nouvelle soupe ? Les British Sea Power, quatuor de Brighton (ou de Kendal où ils ont grandi), semblent avoir ressuscités, avec un certain bonheur disons le, une recette éprouvée : celle du bon vieux rock à guitares, aux paroles suffisamment torturées pour attirer le respect et la curiosité mais à la structure assez simple et évidente pour dégager le chemin des stades. "No Lucifer" est un titre "zéro défaut", atmosphérique, romantique et taillé pour l'exploit. Le chant, délicat et un peu haut pour le genre de Yann (le chanteur n°1 du groupe, ici en retrait par rapport à son collègue chanteur n°2 Hamilton), est calé au millimètre sur des riffs précis et parfaitement agencés pour composer le crescendo incontournable.
"Waving Flags" se pose, comme son titre l'indique, en médiocre invitation à tirer le mouchoir en bannière, à sortir le briquet (avec la permission du service de sécurité) pour accompagner les têtes qui battent. On se dit alors que le BSP en fait un peu trop pour devenir la sensation du moment. Cela sent le phénomène à plein nez, la tentative de rafle sur le marché de l'ado bruitiste et fringué de noir. "A Trip Out" est sans conteste l'un des meilleurs moments d'un album qu'on aurait salué plus bas s'il n'arborait sur chaque séquence des allures de premier de la classe. Le pop rock est un genre que les Anglais maîtrisent si facilement que cela en devient agaçant. Les voix des 2 chanteurs disposent d'une belle variété qui ne daigne même pas apparaître sur l'instrumental et irréprochable "The Great Skua". "Atom" fait penser à un retour affreux de la New Wave of the New Wave, entre le glam et le pub rock en roue libre. Tout y est en définitive sauf l'émotion. "It takes something to be a man this day", entend-on sur le mélodique "Open the Door". Pour devenir un groupe de rock aussi et ce n'est pas le douzième titre, morceau de bravoure final et reprise du premier (le dissimulé "We Close Our Eyes"), qui viendra nous faire changer d'avis. On peut aimer la musique rock et attendre autre chose d'un jeune groupe que de poser d'emblée au classique. On peut aimer le rock depuis The Cure jusqu'à Joy Division, ne pas avoir l'esprit particulièrement aventurier et ne pas vouloir renoncer aux effets de surprise. British Sea Power pourrait, avec un peu de chance, devenir assez vite la "next big thing". Le groupe vaut peut-être mieux que Muse (moins pompier et moins baroque aussi) mais manque de corps et de rugosité pour faire autre chose que survoler (de trop haut) les débats.
Harmonic 313 et Flying Lotus : Space is the placeSerions-nous par hasard en train s'assister à la renaissance du label Warp tel que nous le connaissions il y a un peu plus d'une dizaine d'années ? Vous savez, l'époque, fort lointaine il est vrai, où la structure emblématique de l'electronica des 90's nous livrait un chef-d'oeuvre par mois, innovant tant en matière d'invention musicale, qu'au niveau purement technologique. C'est en tout cas l'impression que l'on retire des dernières productions du label. Juste avant la parution d'un nouvel opus attendu d'Autechre (dont nous reparlerons) et après l'annonce de la reformation d'Antipop Consortium, Warp nous offre coup sur coup deux livraisons electro hip hop déconstruites et innovantes, incarnées par les EP de Flying Lotus et d'Harmonic 313. Deux sorties qui s'avèrent carrément aussi excitante que, mettons, l'hypothétique annonce d'un nouveau Boards Of Canada ou d'un Aphex Twin du niveau du Richard D. James Album (on peut rêver).
http://www.myspace.com/flyinglotus Velvet Underground ! Inédit ! Téléchargez !![]() Le blog Dead Flowers vient certainement de faire exploser son compteur de visiteurs uniques en postant un bootleg inédit tout récemment du Velvet Underground en 1967, dans lequel le groupe jouait peut-être bien pour la toute première fois "Sister Ray" à un public qui ne savait pas ce qu'il attendait (le reste du concert n'était pas tellement plus long que les dix neufs minutes de cette version). Peut-être mieux encore, le set s'ouvre sur "Im not a young man anymore", une légendaire chanson jamais réentendue depuis quarante ans. Elle est loin d'être géniale : ce n'est qu'un simple riff sur lequel Lou Reed bêle le titre de la chanson pendant sept minutes, mais le niveau bruit produit est bien conforme à nos attentes. Pour un bootleg perdu pendant quarante ans, la qualité sonore est correcte, ce qui veut dire qu'elle est tout à fait médiocre : on n'entend que la guitare et la voix, mais au moins on les entend, c'est déjà ça. Peu importe, il y a fort à parier que beaucoup de monde va écouter cet enregistrement mais qu'aucun ne formera un groupe (en tout cas pas à cause de lui). En écoute sur les radios de Fluctuat #2
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Point du week-en en direct des radios de Flu ! Somptueuse découverte de 2008, la pop de chambre de F.M., guitare acoustique, quatuor, reprises de Blondie, de The Cure et ambiance divine comedyesque. Grandaddyesque, ensuite, avec l'album du groupe rouennais Maarten, produit par Jason Lytle. Autre album attendu, celui de Sébastien Tellier et le Seventh Tree de Goldfrapp. Côté single, "Run" de Gnarls Barkley annonce le retour du duo avec un album prévu pour ce printemps. Et aussi, la pop déjantée des Danois de Oh No One...
Radio Flu : Morrissey - Greatest Hits / Albin De La Simone - "Catastrophe" / F.M. - A Dream or Two / Maarten - My Favorite Sheriff / Gnarls Barkley - "Run" / R.E.M. - "Supernatural Superserious" / Sébastien Tellier - Sexuality / Think Of One - Camping Shaâbi / Supergrass - "Diamond Hoo Ha Man" / Correcto - Correcto / Foals - "Cassius" / Oh No Ono - Yes
Radio Chanson Française : Tom Poisson - Riche à Millions / Albin De La Simone - "Catastrophe"
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