Archives > Juin 2008Snoop Dogg se met à la countryPosté par Slick Rick le 30.06.08 à 17:48 | tags : country, hip hop, rigolo, vidéos musicales, youtube
Snoop a sans doute trop fumé de blunts : le clebs le plus côté du gangsta-rap change de cap...et se met à la country. Pourquoi pas, remarquez. Everlast est bien passé de "Jump Around" au blues pépouze. L'ex-rappeur Everlast qu'on retrouve comme par hasard sur ce titre "My Medicine", tiré de Ego Trippin'. Dès l'intro, Snoop Dogg tape la cassdédi à "Johnny Cash", comme si c'était son pote Xzibit, et lui invente au passage un nouveau blaze qui claque : "the real American gangster". Ambiance gangsta-cow boy, dude. Yeeeha. Et sinon, non, vous n'hallucinez pas, Willie Nelson assure bien le featuring. Le tître, sans grand intérêt, se laisse écouter. Le clip désorientera sans doute ses fans les plus hardcore. Snoop y pousse la chansonnette en mode redneck, courant dans son ranch dans un style vestimentaire assez neuf : mi-Lakers, mi-John Wayne. Snoop l'a fait, on attend maintenant ce que va donner Sheryl Crow en gangsta rap. Ou pas. Siestes électroniques 2008 de Toulouse #1 : beat, poésie et whisky
![]() Laissez-moi tout d'abord vous parler whisky. Je ne sais pas vous, mais personnellement je découvre tous les jours une culture absolument incroyable autour de ce spiritueux (tout un mot déjà "spiritueux") trop souvent associé au JB, Four Roses et autre accompagnement malheureux de boisson gazeuse commençant par "Coca". Il existe des saveurs, des finesses, des recettes, bref, comme le bon vin, le whisky se déguste et se respecte. Reste que le fait que nous autres humains fassions cette découverte juste la veille d'un important événement, en l'occurrence la couverture des Siestes Electroniques de Toulouse reste pour moi un mystère. Par là je veux dire que je ne comprend pas (un peu comme Sébastien Tellier) pourquoi il fallait que j'ai mal au cheveux le jour de mon arrivée dans la ville rose, alors qu'Hans-Peter Lindstrom nous attendait pour un blind-test impromptu (que vous retrouverez en septembre dans le magazine Trax, mais passons). Pour plus d'explication sur cette introduction laborieuse (j'en viens aux Siestes rassurez-vous), demandez Frz à la rédaction de Flu', nous nous ferons un plaisir de vous passez son mail et numéro de téléphone.
Les Siestes donc. J'avoue que ce n'est pas sans émotion et impatience que nous arrivions (à trois) à La Prairie des Filtres de Toulouse, samedi 28 juin. L'idée de voir on stage l'electronica mélodieuse et faussement naïve d'Isan, suivi depuis des années et d'assister au show d'Andy Meecham aka The Emperor Machine, en plein air qui plus est, y était certainement pour beaucoup (ainsi que le tournis qui me prenait dès que je tournais trop violemment la tête mais passons). Arrivés quelques morceaux avant la fin de la prestation d'American Tourister (des héritiers electro bucoliques d'Isan à n'en pas douter), nous avons pu apprécier le monde qui se trouvait réuni ce jour-là au bord de la Garonne (merci aux organisateurs des Siestes pour avoir eu l'idée de placer la manifestation au bord de l'eau, un point de fraîcheur appréciable avec la chaleur plombante qui régnait sur la ville ce jour-là). Une foule venue également découvrir les rares A Mountain of One, groupe du renouveau psychédélique britannique proposant une musique instrumentale à la fois trancey et fiévreuse pas déplaisante et malheureusement gâchée en fin de set par un côté virtuose du manche un peu agaçant. Qu'à cela ne tienne, Isan et John Tye le patron du label Lo Recordings, sous le nom de Milky Globe, enchaîna rapidement transportant tout ce petit monde sur les cimes d'un ambient organique parfaitement en phase avec la lumière du soleil traversant les branches de platanes plusieurs fois centenaires et se reflétant sur le large bras du fleuve en contrebas. Allongé, le peuple de l'herbe de Toulouse (c'est nous et n'y voyez aucune allusion psychotrope, je ne suis pas Hunter S. Thompson même si je me la pête gonzo soft aujourd'hui) profita de ce pur moment d'abandon avec le bonheur de celui qui sait que ça va salement groover juste après.
Et groover, cela a salement, au moment où The Emperor Machine, soit le duo Chicken Lips au complet pour l'occasion plus un batteur, monta sur scène pour balancer son show moroderesque et psychédélique entêtant à la face du monde. "And now, something completely different" annonça Andy M. le leader, et il avait bien raison. Sous les coups de boutoir funky punk de The Emperor Machine, Toulouse se révéla soudain être Miami sur Garonne, Magnum cruisant dans sa Ferrari les cheveux au vent, Giorgio Moroder frotti-frottant avec la Toulousaine, le parc résonnant des rythmes répétitifs et des riffs discoïdes de la Machine de l'Empereur jusqu'à ce qu'un bonne partie de la foule se lève et danse (enfin !)
Voilà pour la première partie. Ensuite vint Dieu... heu, Sébastien Tellier pardon, et Lindstrom, mais ça, on en reparle demain. Promis, plus de whisky ! La drogue, c'est mal, surtout quand ça marche pas
Comme beaucoup de monde, j'ai toujours voulu essayer le crack mais mon médecin me l'a formellement déconseillé. Je ne dois pas avoir la constitution en béton d'Amy Winehouse ou Pete Doherty. L'idoser est donc l'occasion que j'attends depuis si longtemps, me suis-je dit en appuyant sur "lecture". Avant d'en arriver là cependant, il aura fallu que je télécharge le programme iDoser et des "doses" de drogue, des fichiers à usage unique qu'on paie très cher. Bien sûr ça sent l'arnaque, me dites-vous, mais les forums iDoser sont remplis de trop de témoignages extatiques et défoncés pour qu'ils soient l'œuvre de simples arnaqueurs. Or, donc, j'ai décidé de commencer doucement avec une dose dont je pourrais comparer l'effet avec celui qu'elle est censée imiter, le cannabis (une fois je me suis retrouvé enfermé dans un ascenceur avec un type qui fumait un pétard, je suis sorti dès que j'ai pu en l'emmenant au commissariat le plus proche). Il faudrait écouter pendant une bonne demi-heure, au casque et dans le noir, des ondes sonores qui vous passent d'une oreille à l'autre à un rythme élevé pour ressentir l'effet du cannabis, nous explique-t-on. Au bout d'une dizaine de minutes, j'ai effectivement senti ma tête devenir plus légère. Puis elle m'a fait mal. Au bout d'un quart d'heure, j'ai arrêté. Le mal de crâne ne me quittant pas, j'ai essayé une dose d'aspirine. Au bout d'un quart d'heure, j'ai arrêté. Si je veux des sensations énergisantes, psychédéliques ou relaxantes, j'ai un tas de CD bien plus efficaces. Si je veux avoir des vertiges et la nausée, j'ai internet. Il est tout à fait possible que l'iDoser ne fonctionne pas sur moi, ni sur aucun de mes amis qui ont essayé mais le site iDoser prévient bien que chez quelques personnes leur produit ne fontionne pas. Moi et mes amis faisant tous partie de la minorité sur qui ces drogues sonores sont inefficaces, il est d'autant plus probable qu'elles soient efficaces sur vous, non ? Il est aussi possible que les témoignages des forums iDoser soient l'œuvre de gamins impressionnables qui ont forcément ressenti quelque chose de bizarre en se faisant masser le cerveau pendant trois quarts d'heure avec des ondes sonores répétitives. Après tout, la foi peut bien déplacer des hormones. Moi je crois que l'iDoser marche. Il marche aussi bien que mes pouvoirs de magnétiseurs. Je fais revenir l'être aimé en deux semaines, je fais disparaitre les verrues, j'apporte le malheur sur la maison de votre voisin et je vous donne les numéros du loto. Demandez ce que vous voulez et laissez-moi votre numéro de carte bancaire dans les commentaires. Albums cultes des géants du bizarre #45 : Sonic Youth - Evol
"Evol", c'est "Love" à l'envers bien sûr. C'est le grand disque de la rébellion anti-hippie de Sonic Youth. C'est aussi la vision iconoclaste de quatre blancs becs, new-yorkais jusqu'au bout des ongles des orteils et profondément révulsés par la vulgarité californienne. C'est aussi une lecture pour le moins personnelle, si ce n'est totalement lucide, de l'odyssée pop du flower-power et du soit disant "summer of love" des 60's, revu et (sévèrement) corrigé par la no wave. Pour ça, une chanson définit tout, et c'est "Expressway To Yr. Skull" (cf : les paroles en introduction de cette chronique), que les Sonic Youth composèrent comme un hymne à la destruction de la culture californienne US, ses surfeurs blonds peroxydés et ses filles en rollers les mamelles à l'air. Un passage de "Love" à "Evol" (Evil !), marquant le repli des idéaux politiques et communautaristes de l'utopie naïve des "enfants fleurs" et des années 60 (assassinat de Martin Luther King, en avril 1968), tout en étant la dernière année avant l'hécatombe (décès de Jimi Hendrix, de Janis Joplin, de Jim Morrison).
Un hommage aux parties les plus sombres du rêve américain que les Sonic Youth doivent à leur expérience traumatique sur le terrain lors du tournage de la vidéo de "Death Valley 69" pour l'album Bad Moon Rising, un an avant. Un titre qui préfigurait Evol, et fut l'un des premiers clips du groupe - réalisé par le mythique réalisateur no wave et photographe fétichiste, Richard Kern, qui signe également la pochette de l'album Evol - et qui était déjà une allusion au meurtre sanglant de Sharon Tate par les sbires de Charles Manson, au 10050 Cielo Drive dans ce que l'on appelait alors "Le Canyon", un lieu résidence retiré pour les artistes et les marginaux fuyant les centres-ville de Los Angeles. Meurtre qui eu lieu le 9 août 1969 dans "la vallée de la mort".
La Californie selon Sonic Youth c'est la fin du rêve américain, celui qui vire au cauchemar. Une remise en cause violente et très punk de la contre-culture tel qu'envisagée par les tenants de la génération précédente (les Sonic Youth sont avant tout des enfants des années 70 et 80 et le disent) ainsi qu'une conception très "Surf nazis must die", de la culture californienne (cf : l'hilarant et débiloïde "Bubble Gum", pastiche power-rock dopé aux amphétamines). En parallèle, Sonic Youth signe ses plus beaux et troublants morceaux : "Shadow of A Doubt", "Green Light", "Tom Violence", "Secret Girl" et "Marilyn Moore" hommage du groupe à la chanteuse de jazz du même nom. Droit dans ses Doc. Martens, Evol fait honneur à sa thématique et plonge l'auditeur dans une sombre mélancolie, de celle que seul un orage ou une crise de nerf pourrait apaiser, et c'est bien de ça dont il s'agit sur le bruitiste et crashé "Death To Our Friends". Evol reste incontestablement l'incarnation de la rage rentrée de la jeunesse des années 80, celle qui a pris conscience que contrairement à ce que disaient leurs parents et leur grands-parents, l'heure de l'éveil ne viendra pas, d'une part, et d'autre part, malheureusement, "future il y aura" (contrairement à ce que prédisait les punks). Kill your idols !
Sonic Youth - Evol (SST ou Blast First, 1986) BPA / Dizzee Rascal / David Byrne: la censure sans dessus ni dessousEncore des gens tous nus! Et qui se frottent les uns contre les autres avec ça... C'est dégoutant certes, mais, boulot oblige, contre vents et marées s'il le faut, je me dois de faire le compte-rendu de ce que je croise sur YouTube. Et pi c'est tout. Après Sigur Ros et leur clip de baba-nudistes interdit aux moins de 18 ans, c'est donc au tour de Quentin Leo Cook. Qui çaaa? Norman Cook...Fatboy Slim, quoi! Oui bon d'accord... Bref, voilà le retour du gros DJ anglais qui remplit un stade aussi facilement qu'une pinte de bière. Toujours adepte de son soul vintage, il s'est pour le coup entouré de deux pointures british : le rappeur Dizzee Rascal pour la street touch, et la "tête parlante" David Byrne pour la classe intello. Aucun des trois larrons n'apparait dans ce clip au charme délicieusement 70's : on ne s'en plaindra pas. Cette armée de jolis jeunes gens se trémoussant dans le plus simple appareil fait très bien l'affaire. Basé sur une idée assez géniale (jouons avec la censure), la vidéo utilise de manière ingénieuse les petits rectangles/carrés noirs sensés cacher les parties qu'on ne saurait voir (doigt d'honneur compris!). En se déplaçant, les personnages sont suivis par leur castrateur cache noir, formant des figures à la diversité insoupçonnable: un oeil qui bouge, un coeur, une auréole psyché voire un smiley (!) ou une reconstitution du jeu électronique Pong (!!)... Exploit : on en oublie presque la nudité des affriolants modèles pour concentrer toute notre attention sur cet étonnant bal graphique. Très instructif, le clip montre aussi que les hommes et les femmes sont inégaux dans cet art : certaines figures sont réservées à un sexe en particulier, comme le "moulin" et le "pistolet", que les hommes (bien dotés) peuvent expérimenter, et pas les filles. Voilà un clip novateur qui lancera sans doute des vocations. En le visionnant, on rêve constamment de passer derrière la caméra. Live Paris Hip Hop: Oxmo c'est chaud, Sefyu c'est fou, Roots Manuva c'est...la cata!![]() La soirée Paris Hip Hop du Zénith promettait d'être haute en couleurs: des artistes de Suède, d'Amérique Latine, du Congo belge, de France et de navarre...Et elle l'a été! Variée, forcément inégale mais pléthorique et audacieuse. Plus de six heures de show quand même. Allez on vous raconte.
20h30. Mince, c'est loupé pour Looptroop! Trop tard, car les excellents rappeurs Suédois ont déjà laissé la scène au belgo-congolais Baloji...Grande échasse charismatique et classe (en costard!), l'ex-slammeur parvient à conquérir le public, peu à peu, à coup de raps politisés. Accompagné par un groupe jazzy-rock (vocaliste, guitare, batterie...), très enthousiaste, et malgré une sono détestable, l'homme s'en sort avec les honneurs, se fendant même d'un courageux slam sifflé par certains fans de Sefyu trépignants et malpolis.
21h30. Les instruments s'amoncèlent sur la scène du Zénith...On s'attend à voir le "Black Popeye" et ses Jazzbastards, mais non, c'est Rocca et ses Tres Corones qui déboulent. En pleine forme, le Franco-Colombien ne joue pas trop sur la nostalgie de l'époque La Cliqua, et tente de convertir le public à son "hardcore d'Amérique Latine". Du rap en espagnol, proche du reggaeton...Aïe, l'ennui s'installe progressivement, à peine interrompu par une resucée du tube "les jeunes de l'univers", cuvée 1997, et la venue de danseurs colombiens en costumes folkloriques. Rocca et son acolyte hispanique Guajiro kiffent tellement la vibe qu'ils restent plus d'une heure en piste, alors que les sept têtes d'affiches attendent en coulisses...Damn, on n'est pas couchés.
Polar melvillien
22h30. Interminable intermède mixé par DJ Ewone de Générations (la radio), l'impatience guette. Pépère, tout de noir vêtu, Oxmo Puccino apparait en sauveur. Son flow placide enchante, sa lourde silhouette à la Louis Armstrong hip hop se déhanche et swingue sur les ambiances jazzy de Lipopette Bar. Oxmo est un conteur hors pair, capable de transformer, en l'espace de quelques couplets, l'enceinte impersonnelle du Zénith en un "Hot Club" parisien bondé et enfumé des 60's - atmosphère de polar melvillien! "Le nom c'est O-X"... - "M-O", reprend l'assemblée, réchauffée. "J'ai mal au Mic", "Pucc Fiction", "L'enfant seul"...Les perles passées, refondues par les Jazzbastards en standards jazz et cinématographiques, s'enchainent en beauté. Groovy baby! Le Black mafioso peut chanter un hymne "à toutes les mamans", il ne sera jamais gnan-gnan. Maître des lieux, le rappeur s'éclate tellement qu'il décrète la "grève du temps"(!), histoire de savourer l'instant, avant de nous gratifier d'un inédit: "365 jours", hypnotique, poétique, splendide. A défaut d'être comble, la salle est comblée.
23h30. Toujours rayon rap français, mais plus street-académique, la Mafia K'1 Fry prend le Zénith d'assaut. Après une intro musclée de Kery James, sept gaillards investissent la scène, dont le 113 au grand complet et le frénétique Demon One. "Pour ceux", pourtant tronqué, déchaine les fans. Efficace, la hip hop party est réussie. Le show K'1Fry s'achève par un featuring haut...comme trois pomme: un gosse de 12 ans défie le Zénith médusé, pendant près de 6 minutes sans refrain, sous le regard amusé de Kery James et Rim-K. Ils sont rapidement suivis de Youssoupha, dont le passage éclair (3 chansons à tout casser) ne rentrera pas dans les annales: un petit coucou puis s'en va. Décevant. Et si-si Youss', on a "déjà entendu du rap français", pas toi?
Pointard en lucarne
00h30. S-s-S-s-S-s-SEFYU, est dans la place. Pas trop tôt, se dit le public, sévèrement émoussé. Pas grave, répond le "sénégalo-russkov molotov", qui rentre violemment dans le tas. Quel puissance! Les infrabassent vrombissent, le flow saccadé du saignant MC troue les tympants. A défaut de subtilité, son show est rôdé. Jeu de jambe à la Ali, Sefyu crache sa verve gutturale à la face d'un sparring partner encagoulé dans un sweat rouge. L'ancien du centre de formation d'Arsenal se paie même quelques jongles virtuelles, avant de tirer une mine dans le public. Pan! A l'Allemande. Le concert est d'ailleurs comparable à une frappe de Balack: brutale, efficace. Youssef Soukouna shoote un pointard en pleine lucarne avec "Mon public" et surtout "Molotov 4", écrasante demonstration de force du MC. Spectaculaire.
01h30.
2h du matin. Retour sur terre. Quelqu'un sait où passe le Noctilien? Siestes Electroniques 2008 - Laidback in the sun #8 : LindstromPosté par Maxence le 27.06.08 à 15:46 | tags : disco, disques de l'été, électro, siestes électroniques
Toujours est-il qu’Hans-Peter Lindstrom, très simplement, a bien voulu faire comme tout le monde, et se prêter au jeu pour répondre à notre questionnaire estival :
Quelle est pour toi la meilleure définition du terme laidback ? Un certain titre du groupe danois Laid Back, appelé "White Horse" ! La vidéo du clip de "White Horse"
Shuggie Otis - Inspiration Information Barbra Streisand - Guilty The Beach Boys - Light Album Bohannon - Summertime Sroove Fleetwood Mac - Rumours
Site des Siestes Electroniques Le NME, histoire d'une usine à hype
Qu'il soit adoré, conspué ou méprisé, le NME reste, qu'on le veuille ou non, une figure incontournable de la presse rock. Plus de 55 ans que ça dure, cette histoire : les appels de "une" délirants, les "nouveaux meilleurs groupes du monde de la semaine qui vont changer votre vie"… Mais aussi des découvertes, un nez creux qui révèle parfois des talents, comme récemment la "nu rave". Mais aussi un hebdo qui n'a pas peur de lasser ses lecteurs en mettant Pete Doherty ou Liam Gallagher en "une" au moins une fois par mois. Ennemi du bon goût comme des bonnes manières, le NME énerve autant qu’il fascine. Vulgaire et flamboyant, superflu et finalement incontournable.
A l'occasion de la soirée Club NME, le 27 juin à la Flèche d’Or, Flu se penche sur l'histoire du NME, dans un dossier qui ausculte les hauts et les bas d'un mag en perpétuelle réinvention. De la British Invasion au shoegaze en passant par la Brit Pop et la new wave, le New Musical Express aura connu toutes les mutations du rock, en les traitant plus ou moins à temps. Stimulé autant qu'aveuglé par l'éternelle quête du "next big thing", l'hebdo conserve aujourd'hui son autorité, malgré son aspect tabloïd.
Soirée Club NME à La Flèche d’Or, 102 bis, rue de Bagnolet, Paris 20ème (entrée libre) avec Bombay Bicycle Club, Bitchee Bitchee Ya Ya Ya et les DJ sets de South Central, Shitdisco et Vicarious Bliss. Site de la Flèche d'Or Justus Köhncke : l'économiseur d'écran (et de cerveau) de la semaine2Goldfish, notre poisson "Feuerland", relecture d'un fameux morceau du guitariste allemand Michael Rother (Kraftwerk, Neu !, Harmonia) est certainement l'un des meilleurs morceaux de l'album de Justus Köhncke (voir notre chronique). Une saga krautrock de presque 8 minutes à la fois psychédélique, onirique et froidement menée comme souvent dans le rock allemand, très subtilement liftée par l'emotional dancer qu'est Köhncke. Et rien que pour ça, cet économiseur d'écran et de cerveau vaut le coup. (PS : vous aurez compris également que, pour l'auteur, ce genre de poste de fin de semaine est aussi une économie de cerveau non ? ; ))
Antistress : après les boules, les clips !Le polémique "Stress" orchestrée par les Justice vous sort par les trous de nez? Ca y'est, nous aussi. Laissons les Français dans leur mouise avec Kourtrajmé, à devoir s'expliquer devant le très (trop?) sérieux MRAP pour un mystérieux lien de leur site vers celui du siège du FN...Et ce n'est pas une blague. En ce qui nous concerne, même si on maintient (avec Chris Marker, la classe!) que cette vidéo est, en soi, une réussite graphique, le reste on s'en fiche un peu. Et on rigole avec le clip du collectif Musique-post-bourgeoise, parodie bien sentie de la video trash de Romain Gavras. Après le vandalisme made in banlieue, place au hardcore peace and love ! On pense évidemment aux Inconnus, et leur légendaire rap de riche Auteuil-Neuilly-Passy. Bon là, par contre, hormis quelques mémorables saillies poétiques ("tu l'as vraiment dans l'os du c**"), à moins d'aimer l'electro-slam-core existentialiste, la chanson de Post-Bourgeois ne laisse pas un souvenir ému. En même temps, celle de Justice non plus... Pour finir, une petite colle dont je n'ai pas la réponse : quelqu'un comprend-il le mystérieux "C" dans le dos des gangsta-boyscouts? CADEAU!!! L'auteur de la meilleur tentative de réponse recevra toute ma considération pour les siècles des siècles, la possibilité de m'humilier en trouvant la bonne réponse évidente t'es teubé ou quoi mec ?, ainsi que la joie rare d'être publié parmi les autres commentaires. Bonne chance! Un deuxième clip antistress plutôt rigolo pour la route, et après on arrête Thurtson Moore présente la No Wave
C'est cette scène du Lower East Side au sein de laquelle évoluait les Bush Tetras, Liquid Liquid, ESG, Lounge Lizards, Ike Yard, Don King, Glenn Branca, Rhys Chatham, Theoretical Girls, Lizzy Mercier Descloux, The Static, UT, Dominatrix, Blue Humans, Judy Nylon, James Blood Ulmer, Tone Death, Rhys Chatham, The Del-Byzanteens (avec Jarmush), Dinosaur L. et de nombreux autres groupes plus ou moins officiels se revendiquant des influences du Velvet Underground, de Captain Beefheart, de The Godz ou de Cromagnon (mais également du free jazz d'Ornette Coleman, Cecil Taylor et Albert Ayler ou du funk de James Brown et Fela Kuti) que présente le guitariste des Sonic Youth, Thurston Moore et Byron Coley dans leur livre à quatre mains No Wave : Post-Punk. Underground. New York. 1976-1980. Receuil d'interviews exclusifs et livre d'images rares, "No Wave" est un hommage à ces formations qui passèrent à la moulinette, codes, genres et scènes, accouchant de versions extrêmes de punk free, de jazz épileptique, de new wave ascétique et de disco mutant concassé et martelée. Une scène à la richesse unique, concentrée sur une très courte période, qui a aujourd'hui sa bible.
No Wave: Post-Punk. Underground. New York. 1976-1980 par Thurston More et Byron Coley Siestes Electroniques 2008 - Laidback in the sun #7 : Mondkopf![]()
Mondkopf fut marqué par les premiers émois de Boards of Canada et l'expérience electronica, il redécouvre aujourd'hui tout un patrimoine dance et rave et produit une musique informatique, une musique de fleurs de nuit phosphorescentes qui ne cachent rien de son origine logicielle. Textures vacillantes, cordes lancinantes, rythmiques crunchy et riffs de synthétiseurs obsédants, Mondkopf vous arrache de votre bureau et vous invite tard dans sa chambre, aux heures où l'ordinateur vibre et saigne." (via Fluokids)
Quelle est pour toi la meilleure définition du terme laidback ?
Quels sont tes meilleurs souvenirs de soirée estivale ?
Es-tu un habitué du sud de la France ? Que t'évoque cette partie du monde ?
La majorité du festival Les Siestes Electroniques se déroule en plein-air, dans des parcs ou des cours d'hôtels particuliers : jouer en plein-air représente pour toi un plaisir/une contrainte/t'est égal ? Built To Spill - Keep It Like A Secret
Retrouvez le site des Siestes electroniques
Les Wild beasts, sensation indie-glam à moustacheLa voix de falsetto maniérée, un style théatral, une moustache. Avec cet attirail un rien kitsch, Freddie Mercury a vendu des millions d'album de Queen. Pourquoi pas les Wild Beasts ? Nouvelle sensation d'Albion (= formation mentionnée quelque part dans le NME), plus précisément de Leeds, ces "bêtes sauvages" sont menées pas Hayden Thorpe, un jeune homme efféminé (clone de Vladimir Smicer, pour les footeux) qui n'a pas peur de montrer ses cordes vocales. Plus théâtral tu meurs, voix de fausset assumée, esprit cabaret à fond...A côté, Morrissey, c'est Grand Corps Malade. Passées donc les quelques secondes d'adaptation acoustique (on ne peut s'empêcher de songer à cet affreux groupe neo-glam anglais, là, avec un chanteur bouclé en moule-burne panthère...The Darkness !!!) les Wild Beasts se révèlent plutôt habiles pour trousser des pop songs. Témoin, le premier single, "Devil's Crayon", leur meilleure chanson - la plus sobre - dont le clip vous est gracieusement offert avec ce post.
Leur album Limbo, Panto, sorti en juin, est disponible. Siestes Electroniques 2008 - Laidback in the sun #6 : A Mountain Of OnePosté par Maxence le 24.06.08 à 17:51 | tags : disco, disques de l'été, psychédélique, siestes électroniques
Suite de nos interviews Laid back in the sun avec A Mountain of One, soit, la réunion d’une poignée de pionniers de la nouvelle vague freak folk psychédélique et soft rock britannique, à l’origine avec Collected Works, d’un premier album qui réunit tous leurs EP’s. A Mountain Of One offre une production léchée pleine de bonnes vibes, au service d'une musique à la fois fervente et dansante, mêlant avec bonheur électronique et analogique. Du psycho disco ?
Le groupe, qui se produira aux Siestes Electroniques de Toulouse le samedi 28 juin à la Prairie des Filtres, a bien voulu se prêter au jeu et répondre à notre questionnaire estival.
Quelle est pour vous la meilleure définition du terme laidback :
Quels sont vos meilleurs souvenirs de soirée estivale ?
Etes-vous des habitués du sud de la France ? Que vous évoque cette partie du monde ?
La majorité du festival Les Siestes Electroniques se déroule en plein-air, dans des parcs ou des cours d'hôtels particuliers : jouer en plein-air représente pour vous un plaisir/une contrainte/vous est égal ?
Citez votre top 5 des albums idéal pour l'été
Retrouvez le site des Siestes electroniques Roots Manuva : les glaces, c'est chaud !Les glaces, c'est chaud ! Rodney Smith, aka Roots Manuva, le prouve avec l'hilarant clip de "Buff nuff"(ci-dessus), où l'on voit une armée de ladies en rût se ruer sur le stand d'ice creams de Manuva. Non content de ringardiser les (pourtant sexys) Milkshake de Kelis, le MC rappelle que le hip hop anglais sait se poiler. Attiffé comme un Rick James déguisé en Flavor Flav, ce membre émérite de l'écurie Ninja Tune n'en est pas à sa première blague clippée. Avant l'appel à la lubricité décalée de "Buff Nuff", l'incroyable vidéo de "Witness the fitness" (ci-dessous) nous avait déjà généreusement flatté les zygomatiques en 2001 : Roots Manuva incarnait cet insensé trentenaire qui revenait en short dans l'école primaire de son enfance pour...prendre sa revanche à la compèt' sportive de fin d'année ("eggs end spoon race", "three legs race"...) Au-delà de son délectable humour potache post Dumb and Dumber, Roots Manuva est un fabuleux MC. "Buff Nuff", single de son album à venir en août Slime & Reason, déploie un beat contagieux, bien dans le style jamaïcain du South London. Le tître est produit par des fines lames grime/dancehall de Sheffield, Toddla T et Ross Orton (Arular de M.I.A.), tous deux adeptes de la basse qui tabasse. Roots Manuva, qui sera en concert au Zénith le 26 juin dans le cadre de Paris Hip Hop 2008, n'a plus qu'à dérouler son flow ragga-cynique, aussi funky que burlesque. Le tube (underground) de l'été ? Musicareaction : découverte ludique de la musique contemporaine
La musique contemporaine c'est une école sans en être une. Il s'agit plutôt d'une discipline élargie au sein de laquelle on trouve une foule de pratiques et de techniques différentes : le sérialisme, l'aléatoire, le minimalisme, la musique spectrale, la musique générative, l'électroacoustique, etc. Tous ces courants sont à l'œuvre dans de nombreux et différents domaines de la musique dite "actuelle", les musiques électroniques bien sûr, mais aussi le rock progressif et alternatif, le jazz, les musiques improvisées, la scène anti-folk et même certaines formes de disco ! Ceci étant, si l'on ne peut décemment pas coller n'importe quoi dans la case "musique contemporaine", on peut cependant l'envisager comme une musique vivante, curieuse, ouverte et avide de transversalité. C'est ainsi que Musicareaction, le blog du fameux Ensemble intercontemporain fondé en 1976 par Pierre Boulez, envisage la musique aujourd'hui. Avec des sujets comme "La musique contemporaine est elle encore contemporaine ? ou L'improvisation pense plus fort", des extraits vidéos, des interviews de personnalités de la musique ou d'autres domaines (Hubert Reeves sur la musique contemporaine), des chroniques et des annonces ainsi qu'une foule de news sur des artistes pluridisciplinaires aussi variés que Wolfgang Voigt, Steve Reich, Björk, Pascal Dusapin, Arthur Russel, ou Pierre Jodlowski, Musicareaction inscrit la musique contemporaine dans son époque de manière vivante et dynamique, invitant au débat et au partage. A découvrir !
Siestes Electroniques 2008 - Laidback in the sun #5 : Fancy
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Fancy, la sensation glam rock et transgenre française qui se produira aux Siestes Electroniques Vendredi 27 juin à la DRAC de Toulouse (attention, un des rares concert payant : entrée 10 €), a bien voulu se prêter au jeu et répondre à notre questionnaire estival :
Quelle est pour vous la meilleure définition du terme laidback :
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La majorité du festival Les Siestes Electroniques se déroule en plein-air, dans des parcs ou des cours d'hôtels particuliers : jouer en plein-air représente pour vous un plaisir/une contrainte/vous est égal ?
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http://www.myspace.com/welovefancy
52 artistes contre le téléchargement illégal
![]() Alain Bashung, Zita Swoon et Abd Al Malik sont au moins d'accord sur un point avec M Pokora, Jenifer et Liane Foly: le téléchargement illégal, c'est pas bien. "Ne pillez pas nos oeuvres", supplient-ils en choeur dans un appel collectif. Publié dans le Journal du Dimanche du 22 juin, le texte, signé par 52 artistes aux profils variés et variables (cf liste complète ci-dessous), s'oppose au piratage des oeuvres. "Nous sommes inquiets, très inquiets. La France a créé les droits d'auteur. La France adore la culture", affirme le texte des 52. "Aujourd'hui, de bonnes âmes essaient de faire croire que la liberté de tout faire, donc de faire tout et n'importe quoi sur Internet est un droit de l'homme que rien ne saurait contrarier sauf à tomber dans une forme de dictature préhistorique. Eh bien non!" L'appel soutient ouvertement le projet de loi "Création et Internet" défendu par la Ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel. Cette dernière se pose en ennemie numero 1 des pirates du web. Selon Albanel, le téléchargement illégal aurait entraîné une chute de 50 % des revenus de l'industrie musicale ces cinq dernières années. Issu du rapport Olivennes, le projet "Hadopi" ne plait pas à tout le monde. Notamment à cause des sanctions qu'il prévoit : la suspension de l'abonnement Internet après deux avertissements. Ce projet de loi devrait être examiné en première lecture au Sénat avant l'été.
Les 52 signataires de l'appel: Etienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc, Eddy Mitchell, Isabelle Boulay, Maxime Le Forestier,Martin Solveig, Marc Lavoine, Calogero, Gérard Darmon, Pascal Obispo, Jacob Devarrieux, Elie Semoun, Alain Bashung, Bernard Lavilliers, Rachid Taha, Bob Sinclar, Psy 4 de la rime, Abd Al Malik, Anis, André Manoukian, Charles Aznavour, Alain Souchon, Mademoiselle K, Soprano, Arthur H, BB Brunes, Liane Foly, Emmanuelle Seigner, Ridan, Renan Luce, Zita Swoon, Johnny Hallyday, Empyr, Kenza Farah, Shine, Camaro,Diam's, Renaud, Romane Cerda, Cali et la Grande Sophie.
Réhabilitons Mariah Carey
"Touch My Body", son dernier single en date, n'est pas réellement une bonne chanson selon mes critères habituels. Le beat est mou, la voix de Mariah poncée jusqu'à être plus lisse que le visage de Michael Jackson et les paroles, le petit riff de piano qu'on croirait samplé chez Richard Clayderman, jusqu'au petit clin d'œil dépassé à Youtube (si tu veux faire un clin d'œil aux gamins, cite au moins Facebook), tout est fait pour sonner comme l'équivalent de l'image "Mon Petit poney" tout en rose bonbon et paillettes d'une pochette de Mariah. Quand on y réfléchit, c'est un tour de force. L'esthétique peut nous rebuter, elle est parfaitement cohérente. Trop de producteurs américains font de la musique pour petites filles sans en avoir jamais vu aucune.
Ce qui est admirable chez Mariah Carey, surtout, c'est sa longévité. Après ses débuts il y a bientôt vingt ans, quand elle était chanteuse romantique à voix et à col roulé, elle est devenu bimbo R&B aux airs stupide au milieu de sa carrière et semble avoir trouvé là sa véritable nature, l'expression visuelle et musicale de son "moi" profond. Tous les snobs la prennent pour une idiote, la méprisent, tout ça parce qu'elle ne tente pas de faire plus que ce dont elle est capable. Les cagoles romantiques et les gamines qui jouent encore à la barbie ont bien le droit elles aussi d'avoir leur musique, pourtant. Pendant que Madonna se donne des airs important, cherche à travailler avec Timbaland comme si c'était courageux et tendance, alors que c'est déjà à nouveau dépassé (il a produit les gagnants de l'eurovision, merde) et se donne des ordres de mission comme "4 minutes to save the world" pour entretenir son propre mythe, Mariah reste modeste. Confortablement à sa place dans ce que d'autres considèrent snobement comme un caniveau culturel, elle vend des disques à la pelle comme si de rien n'était. Même quand elle travaille avec les Neptunes, elles ne cherche pas à avoir l'air cool. Que peut-on vraiment reprocher à cette demoiselle ? El Rey du Wedding Present : album de l'année du mois de juinL'album entier arrive dans les bacs (la sortie prévue le 26 mai semble avoir été différée de quelques jours) et doit absolument finir chez vous... El Rey, huitième album du plus grand groupe de Leeds, The Wedding Present, a été produit par Steve Albini et est une petite merveille de rock indépendant. Le groupe n'a pas changé d'un iota depuis sa reformation en 2004-2005. La voix de David Gegde est impeccablement mise en valeur par le travail de Steve Albini tandis que le groupe tout en guitares pop et en puissance sonique sonne comme à son meilleur. Il y a sur cet El Rey des chansons qui vous feraient presque regretter d'avoir trop longtemps négligé Gegde et sa bande, de lui avoir préféré par le passé The Fall ou Pavement ou d'avoir trouvé son Take Fountain peu surprenant. La section rythmique est absolument irréprochable de bout en bout et aligne des morceaux qui sonnent comme des classiques instantanés. Les histoires d'amour foireuses du groupe sont bluffantes et affublées de titres qui témoignent du génie créatif retrouvé de ce grand groupe : "Spiderman On Hollywood" (sur les trucs qu'on voit et qui ne sont pas ce qu'on croit) reste mon morceau favori pour le moment, "I Lost The Monkey" (en demie-teinte sur cette version live) n'est pas loin derrière, avec d'autres diamants bruts comme "Dont Take Home Until I'm Drunk", "The Thing I Like Best About Him Is His Girlfriend", le Pavementesque "Model, Actress, Whatever" ou le sublissime "Boo Boo" et ses 6 minutes et 23 secondes. On en refera des tonnes s'il le faut mais El Rey est le meilleur album du groupe depuis la série des Hit Parade, le meilleur album depuis George Best. On a beau dire de ce groupe qu'il n'a jamais rien d'aussi bon que son vieux "Why Are You Being So Reasonable Now ?", ce n'est tout simplement pas ou plus vrai. Lire la chronique d'El Rey. Chinese Democracy (sérieusement, pour de vrai, sans blague) Mes amis, aujourd'hui est un grand jour pour moi : depuis mes premiers pas à Fluctuat, il y a plus de deux ans, il est écrit à ma demande quelque part dans les plannings que je chroniquerais cet album. C'est pratiquement mon destin. Il y a quelques jours un site internet voyou a proposé en streaming neufs chansons extraites de Chinese Democracy. Certaines avaient déjà "leaké" par le passé mais pas encore dans une version aussi aboutie que celle-là. A 47,6 minutes précisément, ces chansons suffiraient amplement à remplir un album (si Axl Rose n'était pas du genre à proposer des doubles CD de 74 minutes chacun). Il va sans dire que ces chansons ont vite été retirées du site et remplacées par un mot d'excuse contrit dicté par des avocats. Il paraîtrait que les chansons flottent encore quelque par sur le net, partout même, mais vous mettriez Axl très en colère si vous les téléchargiez. Axl se met facilement en colère, il faut dire, et moi qui suis un de ses derniers amis, il ne m'a permis d'écouter ces chansons que pour que je rétablisse quelques vérités.Comme on pouvait s'y attendre, Chinese Democracy est génial. On entend vraiment le résultat des quatorze ans de travail et du demi million de musiciens qui ont traversé le studio : pendant ces trois premiers quarts d'heure que j'ai enfin pu écouter, il y a sans doute plus de solos de guitare que dans la carrière de votre groupe préféré. En fait il doit y en avoir au moins de trente minutes, mais la musique ne s'arrête pas pour eux : il y a aussi un orchestre philharmonique très classe tout du long, genre B.O. de film hollywoodien (on pense à The Rock ou à d'autre clasiques du genre). Et il y a des sons éléctroniques au fond, à la pointe de ce que Moby faisait dans les années 1990 (il a été producteur de l'album - à une époque). Encore plus moderne, la chanson "Madagascar" inclut des samples de discours politiques que je n'ai pas pu clairement identifier mais qui devraient donner à réfléchir à l'électeur américain en novembre. Et que Bill Clinton ou Bob Dole l'emporte, il aura forcément les fins commentaires de la chanson titre à l'esprit lorsqu'il croisera son homoloque Jiang Zemin à l'ONU.
Il y a encore mieux, Sebastian Bach m'a confié, sans rire, que Chinese Democracy n'était que le premier d'une trilogie d'albums dont le dernier paraîtrait en 2012. Je m'inscris déjà pour les chronique de Anarchy In Birmany et Bengalese Ploutocracy ou quel que soit leur titre. Fête de la musique : le programme version Flu
Sélection parigote : Sélection hexagonale : N'hésitez pas à compléter en postant vos bons plans en commentaires. Et comme on adore détester la fête de la musique, revenez nous voir ragaillardis, au petit matin, pour raconter vos meilleures et vos pires expériences ! Comme dirait Freddie Mercury : le spectacle doit continuer (ouhouhou). Fête de la musique 2008 : Paris, le meilleur pour la finComme cette video naze ne le prouve pas super bien, les Shit Browne assurent. Ces Anglais fans de post-punk teinté d'afro (Talking Heads) semblent également sensibles au baggy sound de Madchester et au shoegaze estampillé Creation...Ils seront en concert au Motel le soir du 21 juin, avec aussi nos petits chouchous Mangrove, dont on a dejà dit sur Playlist et dans la chronique de leur EP "Eyes Closed ( EP )" tout le bien qu'on pensait d'eux. Pour résumer, ces Français déploient une belle énergie rentrée, entre le ton martial de Joy Division et les larsens de My Bloody Valentine, avec des mélodies superbes...Les Mangrove ont tout bon. Le bar accueille aussi les Megasushi, des gaulois tout excités, plutôt orientés power-rock-garage à la The Vines ou The Hives. Pas mal, mais pas vraiment au niveau de Mangrove et Shit Browne. Enfin on chipote, parce que cette soirée, c'est notre coup de coeur pour le 21 juin. Shit Browne, Mangrove, Megasushi. Au bar Le Motel - 8, passage Josset, 75011 - Paris
Le Mans : Some Fêtes de la Musique are bigger than otherPosté par Myosotis le 21.06.08 à 12:53 | tags : fête de la musique
Disons le tout net, Le Mans est plus connu pour ses courses automobiles (débiles) et ses rillettes (cancérigènes) que pour la qualité de sa fête de la Musique. Alors que son Zénith, assez proche de Paris, est souvent utilisé par les grandes stars populaires (la Star Ac, Noah et d'autres) pour rôder leurs spectacles avant tournée, la ville n'accueille qu'assez peu de manifestations rock intéressantes. La scène hardcore est vivace autour de l'Oasis (une salle de concert qui concentre une scène métal et indé hard dynamique), la veine classique florissante autour de l'Abbaye de l'Epau et de son superbe festival, ainsi que la scène jazz sublimée annuellement par un festival exaltant et qui vient de s'achever il y a quelques semaines.
A côté de ça, il faut se contenter de peu et donc de cette fête de la musique qui présente souvent les travers de l'exercice : des groupes amateurs (goûtez l'euphémisme) qui jouent de la musique de genre (du dub, du ragga, de la techno, du rock, n'importe quoi) à chaque coin de rue. L'exercice est démocratiquement construit (chacun son bout de trottoir) et ne permet guère qu'une déambulation badine au hasard des mauvaises rencontres et des (trop rares) emballements d'un soir. Difficile de dire à l'avance quelle musique attirera notre oreille cette année, mais il faut du courage et de bonnes baskets souvent pour dénicher un groupe qui ne nous donne pas envie de fuir ou de rentrer chez soi. La curiosité de l'année sera peut-être le groupe Sebkha Chott (http://sebkhachott.websanslimit.net/), groupe spectaculaire de metal futuriste, breton si je ne m'abuse, et qui risque de faire forte impression. (Planquez les gosses et les malentendants). Pour le reste, on pourra si on y tient (et qu'on aime les attroupements de catholiques BCBG, blonds avec des petits seins en chemisier blanc et des serre-tête) aller réécouter pour la 15ème fois les Ensembles Cénomans, toujours au top dans leur registre classique. Les bobos iront écouter sûrement, place de la Sirène, la jolie Marie Cherrier, mélange de Brassens et de Jeanne Cheral (j'essaie d'être sympa, pour une fois), dont le dernier CD, Alors Quoi ?, est sorti l'année dernière et n'a rien à voir avec ce qu'on aime (sympa toujours). Encore une fois, et avant de rentrer chez soi, on se demandera comment une ville de plus de 100 000 habitants est capable d'attirer aussi peu de noms valables. En déjà 5 ans, pas un concert valable, si ce n'est une vague apparition d'un Miossec (où n'est-il pas allé?) en petite forme et pressé d'attraper le dernier TGV. Le Mans est un paradis pour la musique, à condition d'avoir une belle collection de CD...
Il est donc tout à fait probable que je me termine devant Pays Bas- Russie sans le son, un verre de... cidre à la main en écoutant le dernier The Fall coincé sur le canapé entre ma copine enceinte de 8 mois et 2 semaines (ce qui n'aide pas pour fêter la musique) et ma belle-mère en villégiature chez nous (72 ans au compteur et 2 paquets de cigarette/jour). Il y a des jours où la capitale nous manque plus que d'autres.... Some fêtes de la musique are bigger than other. Some fêtes de la musique are bigger than other. Oh mother.... Fête de la Musique 2008 : Décrochage Fluctuat OuestPour la fête de la musique, la rédaction de Fluctuat Ouest vous propose d'aller à Nantes (une ville bien) au bar le Spoutnik (un bar bien) un concert d'Enon (un groupe bien). A cette occasion j'ai détéré un clip d'Enon sur youtube : "Daughter In A House Of Fools" qui m'avait tant séduit en 2006. Je suis un peu horrifié de découvrir que son esthétique géniale est depuis devenu le pire des clichés graphiques so two years ago et que si ce n'était pour le charme de la chanteuse Toko Yasuda. La musique ludique copiée/collée façon "dessinons la mode" n'a pas si mal vieilli heureusement. Fête de la musique 2008: Paris a le choix entre Spleen et Minitel RosePosté par Slick Rick le 20.06.08 à 16:18 | tags : agenda, électro, fête de la musique, hip hop, youtube
Parisiens déprimés par le temps pourrave, la Fête de la musique 2008 a quelque chose pour vous. Deux même: vous avez le choix entre vous complaire dans le Spleen ou vous rémérorer les joies des années 1980 avec Minitel Rose.
Minitel Rose est un trio nantais d'electro-funk à l'efficacité redoutable. Fascinés par les (neo) "cool" années 1980, comme le dit très bien Maxence dans sa chronique de l'album The French Machine, les Minitel Rose sont un peu les Midnight Juggernauts Français. Des machines à danser stylé, inspirées par la new wave, la french touch et le funk, tout comme leurs collègues du collectif Valerie (présents samedi): Anoraak, College et MAN&MAN. Et en plus ils ont de l'humour (cf clip ci-dessus).
Autre remède à la dépression, Spleen. (Rires) Inclassable, ce Français amateur de name-dropping (sans pour autant ressembler à Vincent Delerm, et on l'en remercie) passe allégrement du folk au hip hop, de la pop au rock, sans trop trébucher. Jetez un oeil à la vidéo ci-dessous, c'est très bien expliqué. J'ajoute qu'il ressemble néanmoins un peu trop au gentil Tété par moments. Pour la Block Party du 21 juin, il sera accompagné d'artistes hip hop plutôt intéressants. Tez par exemple, qui concocte un electro-rap-beatbox aussi détraqué que remuant. Ou encore Mr Wix, un disco-rappeur siphonné d'Amsterdam. Mais surtout Keith Murray, rappeur new yorkais qu'on voit souvent aux côtés des poids lourds de Def Jam, Redman et Erick Sermon en tête. Soit un très bon second couteau du hip hop US, for free. Ce qui ne se refuse pas.
Block party avec Spleen, Keith Murray, Tez, Mr Wix and Mo, Hugh Coltman - De 17h à minuit, Place Gustave Toudouze, rue Henry Monnier, 75 009 Paris Soirée Rayon Frais (entrée gratuite uniquement sur liste) avec Minitel Rose, Anoraak, College + DJ Set de MAN&MAN, DJ Russchimes et DJ Trasher - Elysées Biarritz, 22-24 rue Quentin Bauchart, 75008 Paris Fête de la musique 2008: Paris rappe, rocke et folke place DenfertPosté par Slick Rick le 20.06.08 à 13:10 | tags : agenda, fête de la musique, folk, hip hop, rock, youtube
Hey Hey My my - Too much Space Sans aucun doute, une des meilleures affiches parisiennes de ce cru 2008 de la Fête de la musique, et variée avec ça. Où ça? Place Denfert-Rochereau les cocos. Avec qui? On vous dit, on vous dit, et par genres en plus.
-Vous voulez du folk sympa aux mélodies imparables, dont le nom est celui du héros d'un roman de Kerouac? Moriarty - "Jimmy Jimmy, Jimmy..." - sera dans la place (Denfert-Rochereau, toujours).
-Vous voulez du hip-hop US d'Atlanta classe, anti-blingbling, jazzy et soulful mais jamais soupe-ful? Yo, Beat Assailant assurera le show.
-Vous voulez du rock Français chanté en Français, dans la lignée de Noir Désir, mais avec un nom de club de foot basque? Deportivo sera là pour vous servir le pogo.
-Vous voulez du rock Français chanté en Anglais, du bon indie-folk-rock mélodique qui se vend même un peu à l'étranger, aux influences bétons genre The Beatles-Neil Young? Vous êtes donc plus exigeant que les autres, bravo, et Hey Hey My My vous comblera certainement les tympans.
-Vous n'êtes toujours pas contents? Ce n'est pas possible. Si? Attendez le prochain post, alors.
Concert Ricard S.A Live Music & Le Fair Musicien: Moriarty + Deportivo + Hey Hey My My + Beat Assaillant. A 20h, Place Denfert Rochereau 75014 Paris Moriarty - enjoy the silence (Depeche Mode cover) Fête de la Musique 2008 : Paris plane avec Banjo or FreakoutEvitez les plans "je piétine dans la rue de Rivoli en subissant des reprises des standards rock des années 90" et soignez votre karma, votre bonne humeur et vos oreilles en allant à la Mer à Boire, petit bar BD niché au dessus des jardins de Belleville (et avec une vue unique sur Paris en terrasse). Le bar de la Rue des Envierges accueille ce samedi 21 juin, l'Italien Alessio Natalizia, exilé depuis quelques années à Londres pour exister en tant que Banjo or Freakout. Un projet pop qui joue la carte de la simplicité, car le musicien ne s'est équipé que d'une guitare et d'un ordi et livre des titres pop aux airs de symphonies oniriques. Une voie discrète et des ambiances animalcollectiviennes pour cet artiste qui pour le moment se fait connaître avec ses titres sur myspace (dont le chouette "Mr No"). Arrête de piétiner et viens planer au dessus de Belleville avec Banjo or Freakout et les membres de Shub qui joueront avec d'autres membres à la Mer à Boire. Banjo or Freakout à la Mer à Boire à 19h30 1/3 rue des Envierges - 75020 ![]() Fête de la musique 2008: Paris s'évade avec Thomas Dutronc, Catherine Ringer, Goran Bregovic et Mariee SiouxPosté par Slick Rick le 20.06.08 à 12:00 | tags : agenda, chanson française, fête de la musique, folk, jazz, youtube
Adeptes de nouveaux horizons musicaux, de ciné, de chanson française pas gnan-gnan et de fanfare déglinguée, bref, gens ouverts, vous voilà servis pour la Fête de la musique 2008. Goran Bregovic, l'homme des halluciantes BO de Kusturica, sera présent avec son Orchestre des Mariages et des Enterrements. Oui, car pour ceux qui n'étaient pas au courant, la musique de film est à l'honneur pour ce 21 juin. En plus de ce cher Goran, un invité de marque à cette chouette soirée. Pas Iggy Pop, avec qui le compositeur yougoslave avait collaboré sur l'immense "In the death Car" (video ci-dessus), dans Arizona Dream du maître Emir. Non, ce sera - surprise! - Catherine Ringer. L'univers poético-déluré de l'ex Rita Miksouko devrait coller à l'ambiance foldingue de la soirée. Elle chantera dans la nouvelle création de Mauro Gioia, "Rendez-vous chez Nino Rota". Si vous êtes plus calmes, moins fantasques, une sympatique soirée s'offre à vous, à l'Olympia. Fans de jazz manouche, sachez que Thomas Dutronc donne un concert gratuit. Il sera suivi de Bernard Lavilliers, mais aussi de l'electro latine de Zuco 103 et surtout de l'excellente folkeuse Mariee Sioux (video ci-dessous), qui n'a pas grand chose à envier à sa collègue (et amie) Alela Diane. Attention, pour avoir une chance d'assister à la représentation, il faut foncer retirer son billet samedi 21 juin, à partir de 18h30. Bonne chance.
Thomas Dutronc + Bernard Lavilliers + Mariee Sioux, à partir de 20h à L'Olympia - 75009 – Paris Goran Bregovic et l'Orchestre des Mariages et des Enterrements + Catherine Ringer, à partir de 20h sur la Cour d'Honneur du Palais Royal - 75001 – Paris Albums cultes des géants du bizarre #44 : The Cure - Pornography
Même s'il s'agit d'un classique du bizarre, il est difficile aussi de choisir un disque et un seul, au sein d'une discographie aussi pléthorique en albums cultes et éminemment étranges. J'aurait pu jeter mon dévolu sur l'impressionnant Carnage Visors, mais cette pièce est trop obscure, même pour les connaisseurs, pour représenter de manière globale l'art de Robert Smith et de sa bande. Idem pour The Top, autre monument d'étrangeté, un disque psychédélique torturé et paradoxalement presque pop, mais déjà à cheval entre deux époques et évoquant une autre configuration du groupe. Je l'avoue, le choix de Pornography s'est fait automatiquement. Peut-être parce que cet album qui clôt la fameuse "trilogie noire" réunit tout ce qui fit The Cure de 1979 à 1982, date de sa parution.
Invitation à visiter l'enfer terminal et glacé de Robert Smith, Pornography fait suite à deux autres disques majeurs et non moins marqués, Seventeen Seconds et Faith. Les trois albums formant une trilogie qui fait suite à l'enregistrement douloureux de Three Imaginary Boys et à sa frénétique tournée américaine. Contrairement à ce qu'aimeraient croire les fans, Seventeen Seconds ne marque pas le début d'une dépression, mais plutôt le résultat de la tension qui régnait durant cette tournée. C'est la fatigue et l'usage de drogue de tous calibres permettant au groupe de tenir le rythme qui fera de sa suite, l'album Faith, le parangon asthénique que l'on connaît. La pression, des problèmes créatifs et un fort taux d'alcoolémie engagent le groupe sur le chemin tortueux de l'addiction et de la folie. En ce sens, Pornography est le parfait reflet de cet état. Il clôt également une période trouble, de celle dont on se sort ou dont on meurt.
Si Robert Smith ne meurt pas, il faut bien avouer que le cloaque de Faith ne le laisse pas indemne. Pornography et sa violence contenue est dopé à la colère froide et à l'autodestruction. A l'instar du Closer de Joy Division, sa batterie répétitive quasi tribale, ses riffs de guitare after-punk obsédants (Smith est à son sommet en la matière) et sa basse têtue, font du The Cure de l'époque, un groupe cathartique emblème de la cold wave. De l'entêtant "One Hundred Years" en passant par les cauchemardesques "A Short Term Effect" ou "The Figurehead", pour ne rien dire des malsains "Siamese Twins" ou du sommet de dépression qu'est "Cold", les morceaux évoquent autant les visions scabreuses et iconoclastes de The Atrocity Exhibition de l'écrivain J.G. Ballard que les versets quasi-sataniques de Lautréamont. Visions traumatiques sous acide, à l'image de sa pochette glauque et organique comme vue à travers un voile de sang, Pornography est un cauchemar dont on aimerait vite se réveiller (Smith étant sujet aux mauvais rêves dus aux substances qu'il ingurgite durant cette période) comme l'illustre les paroles de "The Hanging Garden" : In The Hanging Garden, no one sleeps et In the heat of the night / Walking into a dream.
Au bord de la rupture, Pornography est l'antithèse de Faith, l'album d'un homme qui se relève, conscient de sa chute, conscient d'un monde qu'il refuse, mais conscient aussi qu'il va bien falloir vivre avec, même si le chemin n'est que douleur et chagrin. De Pornography, Cioran aurait pu dire : "Nous ne courons pas vers la mort, nous fuyons la catastrophe de la naissance, nous nous démenons, rescapés qui essaient de l'oublier". Une leçon en somme.
The Cure - Pornography (Fiction Records, 1982) Avant première fête de la musique : Nuit du documentaire rock à Lille![]()
En matière de cinéma, la musique a aussi ses classiques : des documentaires couvrant les scènes, les phénomènes et les artistes phares de l’histoire des musiques actuelles. C’est ce que le festival "ROCK'N'DOCS : Sounds Of (R)Evolution" deuxième du nom vous propose de découvrir, demain vendredi 20 juin à partir de 18h30, au Cinéma Le Majestic à Lille.
A noter que ce soir, jeudi 19 juin de 19h à 21h, auront lieu un apéro conférence à l’Aéronef, durant lequel, en écho au film Detroit : The cycles of the mental machine, le journaliste Jean-Yves Leloup, vous proposera une petite leçon tout en sons et en images sur la scène électronique. Cinéma Le Majestic : 54 rue de Béthune - 59000 LILLE Tel : 08 92 68 00 73 / www.lemetropole.com Tarifs : tarif plein : 7,50€ - tarif réduit : 6 € Pass 4 séances : 16 euros L'Aéronef : 168, avenue Willy Brandt - 59777 Euralille. (entrée libre - réservations : 03 28 38 50 50) Tél : 0892 560 150 / 03 28 38 50 50 www.aeronef-spectacles.com Fete de la musique 2008: Strasbourg entre folk pastoral et black métalPosté par Slick Rick le 19.06.08 à 13:37 | tags : fête de la musique, folk, metal, news, rigolo, rock
Lauter - "A walk will take my mind off things" Strasbourg, ville des extrêmes! Parmi les meilleurs concerts proposés pour la fête de la musique, le public aura le choix entre deux ambiances contrastées: le folk pastoral et le black metal. Commençons par les folkeux (nos préférés), petites douceurs avant la grande frayeur. Le Parisien Boris Kohlmayer aka Lauter, n'a rien inventé en matière de folk, mais ses chansons sensibles et délicatement boisées convoquent les banjos de Calexico, la douceur d'Iron and Wine et la mélancolie lo-fi de Bonnie Prince Billy avec un talent certain. On s'incline tout autant devant les comptines pop-folk de T, son acolyte samedi soir. T, c'est Thomas Walter, cofondateur du jeune et prometteur label Hertzfeld, sur lequel Lauter est également signé. Leur mélodies raffinées méritent qu'on s'y attarde, ces deux garçons valent le détour. A moins, forcément, d'être allergique au calme et à la subtilité! Et dans ce cas vous serez servis, copieusement même. En entrée, les lyonnais Where is my flesh, dont le noise rock épicé aux larsens ravira sans doute les amateurs de Sonic Youth. Voilà pour l'échauffement. Après, grand Dieu, c'est le plat de résistance: la Soirée métal. Du black métal, du death métal, du goth-metal...Ca va saigner sévère. Un conseil, ne loupez pas Kaos Frequenz. Projet solo d'un obscur teuton, le "groupe" marie les genres les plus féroces avec une violence peu banale. Recette du poison: de la hard-tek vraiment hard avec quelques cris en Allemand, le tout mis en valeur par des éclairages apparamment inspirés de l'Apocalypse Sur Terre. Une fois dans sa vie, il faut avoir vu en live des chansons aux noms trognons comme "never ending torture" (voir la saisissante video), "When the angels burn", "killer dog" ou "terror night". Kaos Frequenz - "Never ending torture" PROGRAMME: T et Lauter, au BMS - Robertsau - 67000 - Strasbourg Where's My Flesh - à la La Perestroïka - 67000 – Strasbourg Kaos Frequenz (+ Arts of Erebus et Désidéria) - à la Place de Zurich - 67000 – Strasbourg Le MySpace de Where is my Flesh Le MT9, c'est déjà hier
En bref, le mp3, comme le CD et le DVD, ont jusqu'ici bien profité aux fabriquants de matériel. Sauf qu'il arrive un moment où le marché sature, où même votre grand mère a une clé USB qui lit les mp3 et où vous avez vous même un lecteur extra-fin qui tient dans la poche à couteau de votre jean slim et qui contient toute votre bibliothèque musicale. A ce moment là, les fabriquants vous expliquent généralement que ce super format que vous aimez tant est en fait très nul, que vous devez jeter vos vieux
Le MT9, un format musical inventé par des Coréens, vient d'être certifié par les gens qui s'occupent de certifier ce genre de choses, le groupe MPEG, comme le successeur officiel du mp3. Les premiers lecteurs MT9 pourraient arriver sur le marché à la fin de l'année. La particularité du MT9 n'est pas une plus grande qualité sonore (un choix judicieux, les gens se foutent complétement de la qualité médiocre de leurs mp3, l'argument ne fonctionne plus). Le MT9 a pour lui six canaux audios sur chacun desquels on pourrait entendre un instrument différent. L'intérêt ? Vous pouvez mixer vous même vos morceaux favoris en direct, n'écouter que la guitare ou que la batterie. Bref, à part pour les fans de karaoké, c'est un gadget idiot. Ca promet aussi de grandes facilités de sample pour les remixeurs amateurs, mais je vois mal le grand public se prendre de passion pour ces six canaux.
Ce qui a fait le succès du mp3, ce n'est ni sa qualité sonore, ni un gadget inutile, c'est ce qui a fait le succès de la cassette par rapport au vynil et du CD sur la cassette : il est plus pratique. Plus facile à copier, à transporter, à utiliser. On imagine mal un nouveau format faire mieux que le mp3 dans ces domaines. D'un point de vue darwinien, le mp3 semble parfait. Bonne chance au MT9. Siestes Electroniques 2008 - Laidback in the sun #4 : Isan Antony Ryan et Robin Saville forment Isan depuis 1996. Duo résolument electronica, ils s’aventurent également dans le domaine de l’ambient, du psychédélisme et parfois de la pop. Si l’on voulait comparer leur musique tendre et savante toujours un poil abstraite, on pourrait les comparer à Autechre, mais des Autechre mélodiques et doux. Le duo se produit le samedi 28 juin à la Prairie des Filtres (concert gratuit !) en compagnie de John Tye de Milky Globe. Ils ont bien voulu répondre à notre questionnaire estival :
A suivre, le reste de nos interviews "laidback in the Sun" Site des Siestes Electroniques Fete de la musique 2008 : Marseille sans frontières Du lard et du cochon à Marseille cette année pour la fête de la musique: métal, punk, reggae et ovnis en tous genres sont attendus. Commençons par le rock'n'roll. Direction L'intermédiaire; où la programmation privilégie les décibels à la dentelle. Du métal bien gras sous influence Metallica avec Overdrive, du rock lourd et vénère avec Splash Macadam, et du punk n'importe quoi avec les, tenez vous bien, Nous sommes a little beat rush. Rigolos, ces derniers prétendent venir de Londres, éructent des textes abscons avec un accent Québequois et clament qu'ils n'aiment pas le rock'n'roll...Leur performance risque de valoir le détour. Si vous êtes plutôt du genre pépère-quiquil, branché world, ou plus banalement fan de Patrice, passez donc au Café Julien: Jehro vous y attend avec son sympatique reggae teinté de calypso. D'autant que le Marseillais sera suivi de Siwana, une très bonne formation d'afro-beat acoustique, et surtout de Chet Nuneta. Ce quintet (en video ci-dessus) a mis les musiques du monde dans son shaker magique, et le résultat est un cocktail assez inédit: un neo-folk lunaire et apatride, convocant autant l'Europe de l'Est que le Mexique ou le Maghreb. Déjà repérés par Christian Olivier, le leader des Têtes Raides, ce groupe (quatre chanteuses et un percussioniste) aime aussi l'art du spectacle, et se voit donc en live. Have a nice trip, folks !
Programme: -Splash Macadam, Overdrive, Nous sommes a little beat rush à l' Intermédiaire 63, place Jean Jaurès la plaine, 13006 Marseille -Jehro, Siwanya, Chet Nuneta à l'Espace et Café Julien, 13006 – Marseille
Plus d'infos sur le Fête de la musique à Marseille Le MySpace de Nous sommes a little beat rush
Years of Refusal : la rentrée avec MorrisseyMorrissey n'en finit plus de goûter au succès. Alors que de nouveaux concerts et festivals sont annoncés prolongeant indéfiniment la tournée triomphale du pourtant passable Ringleader Of The Tormentors et du dispensable Morrissey Greatest Hits (....des dernières années), l'ancien Smiths a annoncé que son prochain album était bouclé. Years of Refusal sortira en septembre 2008 et comptera 12 titres. Morrissey y est entouré par la même bande de musiciens que sur ses derniers albums : Boz Boorer, Jesse Tobias et Alain Whyte, notamment. On retrouve Jerry Finn à la production. Histoire d'occuper l'été, le chanteur s'offrira une réédition deluxe (agrémentée de 3 titres rares - vraies faces B ou inédits - les spéculations sont ouvertes) du mal-aimé et pourtant excellent Southpaw Grammar. La ressortie de Southpaw (1995) est programmée pour juillet. Pour le moment, il faudra se contenter du clip officiel d' All You Need Is Me, unique titre vraiment nouveau tiré du Greatest Hits précité avec "That's How People Grow Up" . Toute en couleurs, la vidéo a été tournée à la cool du côté de Los Angeles. Le morceau est plutôt réussi et sortira en single (avec un autre titre "Children In Pieces") dans les prochains jours. Les paroles de ce nouveau titre vous paraîtront peut-être anodines mais réservent quelques belles surprises ironiques : "There's a naked man standing, laughing in your dreams", chante le Moz, "You know who it is / But you don't like what it means / There's so much destruction / All over the world / And all you can do is / Complain about me / I was a small, fat child in a council house / There was only one thing I ever dreamed about / And Fate has just / Handed it to me - whoopee" On a vu mieux mais bien pire surtout... Pour être complet, ajoutons que Morrissey s'est séparé de son manager Merck Mercuriadis. Le bonhomme l'avait accompagné ces 5 dernières années et pouvait être considéré comme l'un des artisans du succès commercial retrouvé. Mercuriadis avait appliqué au produit Morrissey une stratégie marketing imparable, rompant avec les timides années Smiths. L'homme des tournées sans fin, des singles édités en 4 exemplaires, des compilations et de l'occupation permanente du terrain médiatique tire donc sa révérence. Chose singulière : Morrissey et lui ne sont pas fâchés. Tenori-On, la curiosité des Siestes Electroniques 2008 !Nous en parlions hier et Fluctuat avait déjà écrit sur le sujet il y a presque un an, c'est pourtant toujours la curiosité du moment, et ce sera certainement un des temps fort des Siestes Electroniques de Toulouse le mercredi 25 juin prochain. Cet évènement, c'est bien sûr la présentation du Tenori-On, dernière invention (on devrait même dire "innovation") musicale de la firme japonaise Yamaha.
Très prisée par les musiciens et producteurs actuels, de Ryuichi Sakamoto à Stefan Betke (aka Pole) en passant par Ronald Lippok (To Rococo Rot) et Bernd Jestram (Tarwater) jusqu'aux Ecossais de The Pastels, ce "tâteur électronique high-tech" (comme le nommait mon collègue 2Goldfish) est en fait un instrument de musique ludique permettant le création de mélodies répétitives et plus ou moins aléatoires de façon intuitive grâce à son mode d'utilisation visuel. De forme carrée, le Tenori-On qui n'est pas non plus sans rappeler l'ardoise magique de notre enfance, tient dans une main. Couvert de 256 boutons lumineux correspondant à différents échantillons sonores, l'instrument permet à un artiste de générer des boucles musicales et d'en superposer d'autres en couche à la manière de l'enregistrement de plusieurs instruments sur différentes pistes. Le tout émettant des signaux lumineux synchronisés permettant une animation aussi visuelle qu'auditive.
C'est cette petite merveille numérique rigolote que va donc présenter l'Allemand Atom Heart, sous le pseudo Atom TM, le 25 juin au soir en ouverture des Siestes aux Abbatoirs. Un évènement à ne pas manquer pour ceux qui ont raté ses précédentes démonstrations à Paris cet hiver. En attendant, nous vous proposons une petite démo en vidéo :
Fête de la musique 2008 : Lyon, ville pop !Posté par Slick Rick le 17.06.08 à 16:25 | tags : agenda, fête de la musique, live, pop, vidéos musicales, youtube
On le sait peu, ou pas assez, mais Lyon est une ville pop. La cité des Lumières regorge d'excellents groupes indépendants chantant en anglais, les plus connus étant les Coming Soon. On doit en grande partie l'emergence de cette scène aux organisateurs passionnés du tremplin Dandelyon, chasseurs de talents efficaces dont la compil annuelle de révélations pop fait référence en Rhône-Alpes. Pour le Fête de la musique 2008, les finalistes des deux dernières sessions Dandelyon se produiront sur à l'Amphi-pont de la Guillotière. En tête d'affiche, les Coming Soon, révélés au (petit) public par leur album New Grids, et au grand par le succès du film Juno. Sur cette bonne BO, certains membres du gang d'Annecy se sont associés à Kimya Dawson pour le mini-tube "Vampire", sous le nom d'Antsy Pants. Pour vous faire une idée, jetez un oeil à la vidéo ci-dessus : Leo Bear Creek (les Coming Soon se sont tous inventés un pseudo US), 14 ans, chante un medley de "Devil Town" / "Vampire" avec un bel applomb. Bluffant, certes, mais c'est pas interdit en France, le travail des enfants ? Autre formation présente vendredi, Suomi6. Leur indie pop, chantée par une fille pleine d'entrain, se situe pile entre les expérimentations noisy-pop d'Electrelane et les délires lo-fi des Moldy Peaches. A découvrir donc, tout comme l'excellent Benjamin Fincher, un folkeux subtil qui aurait pu naître dans le Midwest, mais non il est français, et son spleen n'a rien à envier à Syd Matters (lui aussi gaulois) ou à Elvis Perkins. Programme du 21 Juin: Coming Soon + Suomi6 + Benjamin Fincher + Red Castle Addiction... Amphi Pont de la Guillotière - 69007 – Lyon En savoir plus : Tout le programme Rhône-Alpes Siestes Electroniques 2008 - Laidback in the sun #3 : Milky Globe
Quelle est pour vous la meilleure définition du terme "laidback"?
Quels sont vos meilleurs souvenirs de soirée estivale ?
Etes-vous un habitué du sud de la France ? Que vous évoque cette partie du monde ?
La majorité du festival Les Siestes Electroniques se déroule en plein-air, dans des parcs ou des cours d'hôtels particuliers : jouer en plein-air représente pour vous un plaisir/une contrainte/vous est égal ?
Citez votre top 5 des albums idéal pour l'été
Lire aussi notre chronique de Milky Globe & Friends Site des Siestes Electroniques Bo Diddley disparu, cette fois ça y est, le rock est mort !
Vrai fils du sud, né Otha Ellas Bates le 30 décembre 1928 à McComb dans le Mississipi, Bo Diddley était peut-être Jésus, il était surtout le rock. Plus que Ike Turner et autant qu'Elvis, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Little Richard ou plus tard Vince Taylor, il n'y a qu'à voir son public sur les vidéos disponibles en ligne sur youtube. Pourtant le bonhomme était vraiment atypique dans son genre. Son jeu syncopé issu du blues, restera dans les annales de l'histoire du rock comme sa légendaire guitare carré (rectangulaire ?) fabriquée par le maître himself, ses lunettes noires et son indétrônable chapeau (noir aussi, bien sûr). Il est surtout celui qui accompagna, voir annonça, le passage du blues au rythm'n'blues puis au rock'n'roll avec des titres mythiques comme "Hey Bo Diddley", "Say Man", "You Can't Judge a Book by Its Cover", "Shave and a Haircut", "Who Do you Love?", "Roadrunner" et "The Mule". Il influença toutes l'école anglaise des 60's (au moment de la British Invasion), les Stones, le Velvet Underground, les Doors (qui reprirent également "Who Do you Love?"), Jonathan Richman et bien d'autres (le jeu de The Edge de U2 par exemple).
R.I.P. Bo, un grand bonhomme est mort. En guise d'hommage on se repasse ces deux vidéos plutôt brulantes, en témoignage d'une époque :
Fête de la musique: vos expériences pour le meilleur et pour le pire #2 Le fête de la musique approchant à grandes enjambées, on le répète ceux qui n'auraient pas entendu : Fluctuat lance un grand appel à témoignages aux lecteurs de Playlist, pour qu'enfin on connaisse les pires/meilleurs moments de la fête de la musique vécus par vous. Je rappelle le règlement aux retardataires :Règlement: . Si tu es comme moi et que pour toi la fête de la musique ressemble à une épreuve d'iron-man après une cuite, une partie de pétanque sous la pluie ou à ça, raconte-le en video (Dailymotion, You Tube ou autre), en photo ou en texte. Si tu fais partie des veinards, et que pour toi le 21 juin est toujours une teuf de ouf, raconte-le aussi, je ne t'en voudrais pas.
Les participations se font via le formulaire de soumission du blog. Les meilleurs témoignages seront publiés et récompensés par des DISQUES ou des PLACES DE CONCERT.
On vous balance un deuxième exemple pour vous aider : où il est question de moules-frites, de SDF et de James Brown...Prenez donc exemple sur Heebooh, qui est désormais dans la course au meilleur post, n'ayez pas honte d'afficher vos meilleures/pires expériences !
Post de Heebooh: Pour moi, la fête de la musique (de merde) a un sérieux goût de fête-des-gens-qui-marchent-et-qui-s'arrêtent-parfois-deux-minutes-pour-subir-une-reprise-de-Téléphone-ou-d'Oasis. J'en garde à la fois un très bon et un très mauvais souvenir. Le bon, c'était en 2002. Assis sur les marches de l'Institut du Monde Arabe à chialer dans mon merguez-frites en écoutant du raï abominable, je m'étais dit qu'un petit tour sur les quais de Seine pouvait remonter le moral de mes troupes. L'instinct, ça ne s'explique pas. Arrivés sur les lieux, les sound systems pullulaient, et l'ambiance y était excellente. Quelle fut ma joie de danser au milieu d'un SDF et d'une bimbo made in Passy cachée derrière ses lunettes-masque ! La soirée a battu son plein jusqu'au lever du jour. Rentré au bercail sur les coups de 9 heures du matin, dans des rues désertes, jonchées de détritus. Une très belle expérience. Mon plus mauvais souvenir, c'était en 1995, lors du concert gratuit de James Brown installé place de la République. Noir de monde, une très mauvaise idée (tu parles, un artiste aussi consensuel). C'est ce soir-là que j'ai compris tout le sens de l'expression "mettre Paris en bouteille" : partouze géante habillée, les gens se grimpaient dessus ou sur les toits des cabines téléphoniques, sur les feux de circulation... Même les balcons d'immeubles avaient été investis (moyennant rémunération ?). Mon soucis, c'est que j'étais encore cet enfant rieur de 13 ans dont la seule expérience de concert avait été celle de Carlos à Evry avec le centre aéré. Haut comme trois pommes, compressé au milieu d'une marée humaine de géants luttant pour leur survie, j'ai sérieusement cru que j'allais y passer. Ajoutez à cela des lacets défaits sur lesquels la moitié des spectateurs marchait sans vergogne, et vous un aperçu de toute ma détresse. Fort heureusement, je m'en suis sorti indemne (du moins physiquement), même si je n'ai aperçu ne serait-ce qu'une touffe de cheveux de la Sex Machine. Le genre d'expérience qui vous donne envie d'étrangler Jack Lang dès le collège. Depuis, c'est à peine si la fête de la musique me fait dresser les oreilles. Je me demande même si cet évènement n'est pas aussi ennuyeux que la Nuit Blanche d'octobre ! Home sweet home ?
Siestes Electroniques 2008 - Laidback in the sun #2 : Atom TM
C'est sous celui d'Atom TM l'un des tout premiers (sa facette expérimentale), qu'il a bien voulu répondre à notre questionnaire estival :
Quelle est pour toi la meilleure définition du terme laidback ?
Quels sont tes meilleurs souvenirs de soirée estivale ?
Es-tu un habitué du sud de la France ? Que t'évoque cette partie du monde ?
A suivre, le reste de nos interviews spécial "Laidback in the Sun" Site des Siestes Electroniques Reznor souffre, ToTom résiste
Le rêve de Trent Reznor n'est pas mort, cependant : tous ses nouveaux enregistrements sont offerts sous license Creative Commons et offerts dans les formats favoris des remixeurs. Là intervient notre bootlegueur favori, ToTom, qui propose rien moins que trois remixes complets de l'album Year Zero : un premier sur lequel la voix de Reznor se pose sur des instrumentaux aussi variés que ceux des Commodores, Visage ou Dusty Springfield, un second qui sur le principe inverse pose les voix de TTC, David Bowie et Björk sur les instrumentaux de Reznor et un dernier parce qu'il restait encore plein de bonnes idées à ToTom. Ca s'appelle Bootleg Is Resistance et ça se télécharge dans tous les formats que vous voulez.
Pour ToTom, c'est un hommage à Reznor mais pour qui s'est lassé de Nine Inch Nails, chaque piste est une proposition pour rendre ce groupe à nouveau intéressant. Comme l'a montré la collaboration avec Saul Williams, tout ce dont Reznor a besoin c'est d'un peu de sang neuf, d'une voix nouvelle. ToTom en propose une cinquantaine. Oh, comme j'aimerais qu'il produise le prochain Feist...
Notez dans vos agendas que ToTom jouera ses mashup au Kata Bar à Paris vendredi soir. Thee Oh Sees : The Cramps et My Bloody Valentine coincés dans l'ascenseur de Phil Spector !Inventif, énergique, mélodique et produit par David Sitek de TV On The Radio, Thee Oh Sees (ou The Ohsees) c'est un peu la collision rêvée entre The Cramps, My Bloody Valentine et Phil Spector. Meilleure chose qui soit arrivé au rock depuis longtemps, le groupe du vétéran de la scène de San Franscisco John Dwyer nous redonne le goût pour l'électricité ! A lire, notre chronique de The Master’s Bedroom Is Worth Spending A Night In et notre entretien avec le groupe. A voir également, ces deux vidéos capturées live (d'assez bonne qualité) de la formation en concert, car The Oh Sees est avant tout un groupe de scène à la vivacité communicative : get up !
Thee Oh Sees - Ghost In The Trees (sur The Master's Bedroom is Worth Spending A Night In)
Thee Oh Sees - Visit Colonel (sur The Master's Bedroom is Worth Spending A Night In)
EDIT : Plus de morceaux en écoute sur le profil myspace à http://www.myspace.com/ohsees Liquid Liquid réédité par Domino
En pleine vague no wave, Liquid Liquid (chez qui le guitariste Eliott Sharp, ami et collaborateur des Sonic Youth, jouait de la clarinette !) s'exprimait aux côtés de DNA, Mars, Glenn Branca, Del Byzantine (le groupe du cinéaste Jim Jarmusch) ou encore James White & Black (aka James Chance), mélangeant groove en boucle sous influence sud américaine (leur leader et chanteur Sal Principato, alias Sal P, est d'origine salvadorienne), tension post-punk, effets dubby et proto-hip hop.
Signé chez 99 Records légendaire label new-yorkais (découvreur d'ESG entre autre), Liquid Liquid ne devait connaître qu'une courte carrière (3 ans) et une discographie qui ne l'est pas moins (uniquement trois EP) mais fut à l'origine de concerts fulgurants et de titres emblématiques de la scène mutant disco de New York dont "Optimo" (qui donna son nom au fameux duo de DJ écossais), "Cavern", ou "Lock Groove" (versions in & Out). Initialement réédité par Grand Central le label des Beastie Boys et par Mo Wax pour l'Angleterre, l'œuvre de ce combo délirant est aujourd'hui disponible en vinyl et en CD chez Domino, histoire de nous rappeler que, s'il est un découvreur et un initiateur du revival disco underground actuel, James Murphy de LCD Soundsystem n'a rien inventé (ce qu'il n'a jamais prétendu d'ailleurs).
En attendant, découvrons ensemble cette vidéo de "Cavern" et allez faire un tour sur notre chronique de Danse Gravite Zero dernière compilation en date de Salvatore Principato.
Liquid Liquid - Slip In And Out Of Phenomenon (Domino/PIAS) Siestes Electroniques 2008 - Laidback in the sun #1 : Damon & Naomi
Duo culte formé de Damon Krukowski et Naomi Yang, tous deux anciens membres des mythiques Galaxie 500, Damon & Naomi font désormais partie de l'histoire de la pop indé, au même titre que Yo La Tengo, les Pixies ou The Feelies. Invités aux Siestes Electroniques de Toulouse pour lesquels ils se produiront le dimanche 29 juin à la Prairie des Filtres (spectacle gratuit !), ils nous ont fait l'honneur de répondre à ce petit questionnaire estival "Laidback in the sun" (réponse de Naomi). A suivre d'autres questionnaires "Laidback in the sun" avec les réponses d'Atom Heart, Fancy...
Quelle est pour vous la meilleure définition du terme "laidback" :
Laid back = Une chaude après midi d'été passée à écouter le bruit des insectes, un verre de rosé glacé dans notre jardin ; sans chaussures à profiter de la douceur du sol sous mes pieds.
Quels sont vos meilleurs souvenirs de soirée estivale ?
Les longues, longues soirées et les longs couchers de soleil. Les moments où vous ne voulez que rester assis dehors, toute la nuit. Vous savez que ça a été une fête réussie quand vous devez remplacer les bougies tard le soir, parce que celles que vous aviez apportées, de nombreuses heures avant, se sont déjà complètement consumées.
Etes-vous des habitués du sud de la France ? Que vous évoque cette partie du monde ?
Je n'ai jamais été, dans le sud de la France ! J'imagine une lumière forte, des couleurs partout et peut-être les meilleurs légumes que j'ai jamais mangé ? Je suis impatiente de découvrir tout ça.
La majorité du festival Les Siestes Electroniques se déroule en plein-air, dans des parcs ou des cours d'hôtels particuliers : jouer en plein-air représente pour vous un plaisir/une contrainte/vous est égal ?
Nous ne jouons pas souvent dehors parce que notre musique est plutôt faite pour les fins de soirées. Mais une fois nous avons joué dans un jardin traditionnel au Japon et le son des feuilles était merveilleux sur notre musique.
Citez votre top 5 des albums idéal pour l'été 1. Shirley Collins, The Power of the True Love Knot - Du folk traditionnel anglais don't chaque chanson degage une ambiance campagnarde et estivale. Fête de la musique: vos expériences pour le meilleur et pour le pire #1Posté par Slick Rick le 12.06.08 à 18:27 | tags : concours, fête de la musique, rigolo, vidéos musicales
Fluctuat lance un grand appel à témoignage aux lecteurs de Playlist, pour qu'enfin on connaisse les pires/meilleurs moments de la fête de la musique vécus par vous. Je rappelle le règlement aux retardataires : Règlement: . Si tu es comme moi et que pour toi la fête de la musique ressemble à une épreuve d'iron-man après une cuite, une partie de pétanque sous la pluie ou à ça, raconte-le en video (Dailymotion, You Tube ou autre), en photo ou en texte. Si tu fais partie des veinards, et que pour toi le 21 juin est toujours une teuf de ouf, raconte-le aussi, je ne t'en voudrais pas.
Les participations se font via le formulaire de soumission du blog. Les meilleurs témoignages seront publiés et récompensés par des DISQUES ou des PLACES DE CONCERT.
On vous balance un exemple pour vous aider : une belle vidéo (même si totalement consternante d'amateurisme) qui incarne tout-à-fait ce que je disais dans mon précédent post : la fête de la musique est un calvaire. Prenez donc exemple sur le Toulousain Cyrman, qui est désormais dans la course au meilleur post, n'ayez pas honte d'afficher vos pires expériences ! Alors, comme dirait Arthur, faîtes péter le standard !
L'été sera... COSMIC !!![]() Ecoute petit homme, tend tes antennes vers le ciel ou ce qui t'en tient lieu, tes cheveux quoi, et capte les ondes qui parcours l'univers. Entends-tu le message ? Il est pourtant clair, toutes les conjonctions planétaires sont réunies mes amis : l'été sera COSMIC !
Libre à vous de ne pas me croire, libre à vous aussi de passer à côté des merveilles qui vont bientôt atterir chez votre disquaire pour célébrer ce nouvel été de l'amour, à commencer par le nouveau mix album de Daniele Baldelli (accompagné ici de Marco Dionig), et judicieusement intitulé Cosmic Disco ?! Nah... Cosmic Rock ! Même si l'idée du rock selon le fameux DJ italien inventeur et promulgateur du cosmic disco dans les années 80 est pour le moins iconoclaste, reconnaissons que sa sélection réunissant les fabuleux Fra Lippo Lippi (grand oublié de la pop new wave des 80's), Martha & The Muffins (dans une version échevelée de "Danseparc"), Positive Noise ou Thompson Twins (inoubliable "Beach Culture" précurseur du "The Beach" la mythique face B du "Blue Monday" de New Order) a de quoi faire carrément pousser les cheveux !
Tout aussi "kosmische" comme dirait les Allemands qui n'en sont pas à leur premières barbes, la sélection de remixes des Suédois de Studio. En plein trip laid-back sur Yearbook 2, les nordiques réhabilitent une belle poignée de titres non moins planants de leurs confrères psychédéliques, dont le "Brown Piano" des Anglais de A Montain Of One (en concert gratuit, les pieds dans l'herbe aux Siestes Electroniques de Toulouse le 28 juin !), "Love on a Real Train" par Williams, "Escape from Chinatown" de Brennan Green, "Turn The Radio Off" des adorables Love Is All et enfin "Room Wihtout a Key" des Rubies. Ambiance west coast 70 garantie, les pieds dans le sable, bandeau dans les cheveux et tee-shirt de Dennis Wilson obligatoire.
Autre sommet du funk blanc, des oubliés de l'histoire du rock cette fois, il s'agit de la réédition des Talking Heads belges, j'ai nommé Allez Allez. Redécouvert fort à propos par Dirk, boss du label Gantois Eskimo (également découvreur de Lindstrom, The Glimmers, Aeroplane, et j'en passe), ce combo des Marolles (fameux quartier bruxellois) mélangeait influence afro, new wave, electro pop et disco de 1981 à 1983. Comme tout groupe de joyeux j'en-foutistes, Allez Allez a disparu dans une des ruelles de l'histoire de la musique après que sa chanteuse d'origine anglaise soit partie convoler avec un East 17 (quelle honte !), mais le groupe réapparaît heureusement aujourd'hui avec Best Of, vrai disque pour l'été, compilant "African Queen" (un hommage à Grace Jones), "She's Stiring Up", "Valley of The King" ou "Flesh & Blood", tous menés de main de maître(sse) par la voix blanche et désinvolte de Sarah Osbourne. Cerise sur le space-cake, quatre remixes sont proposés par Quiet Village, Aeroplane, le duo écossais Optimo et... Lindstrom & Prins Thomas themselves ! Grandiose !
Finissons sur deux bonnes nouvelles, la parution en juillet-août des nouveaux albums de Hans-Peter Lindstrom (également présent aux Siestes Electroniques de Toulouse), Where you Go, I Go (mais on va où tu veux Hans !), soit 3 morceaux space disco oscillant entre 28,39 pour le premier et plus de 10 minutes pour les deux autres, de The Greatest Tits, vol. 1 un double CD mixed, unmixed de son compère Prins Thomas et du nouveau Black Devil Disco Club dont on reparlera sous peu dans nos pages. Autant dire qu'on n'est pas près de redescendre !
Daniele Baldelli & Marco Dionig - Cosmic Disco ?! Nah... Cosmic Rock ! (Eskimo/La Baleine)
http://www.myspace.com/djdanielebaldelli The RZA super-hérosLe nouveau clip de "RZA recta", "You can't stop me know", est bien dans l'air du temps, superhéroîque. Paré de sa combi de Bobby Digital - son alter ego solo - le leader du Wu Tang Clan se fend d'un trip comics. Son logo masqué s'élève dans le ciel à la manière de celui de Batman, tandis que les aventures du Prince (Rakeem) de la nuit sont légendées façon Marvel dans une sorte de Gotham City, version ghetto. Les teintes bleutées du clip trouvent leur pendant "hot" dans les séquences, torrides, où se dandinent de délicieuses créatures échappées d'un film Blaxploitation.
Cool et midtempo, agrémenté de basses bien grasses sur un rythme lancinant, le morceau déroule son groove pioché dans les coffre-forts de la Motown. Comme d'habitude, The RZA démontre son talent de sampleur hors-pair, dénichant cette fois-ci un extrait du "Message from a Black Man" de la mythique paire soul Barrett Strong/Norman Whitfield - et déjà utlisée par King Geedorah, aka MF DOOM, sur son tître "Anti-Matter". Le flow samouraî du rappeur-producteur, toujours aussi affuté, fait le reste. Avec en écho, comme un hommage, les inimitables râles (posthumes) du cousin de RZA, feu Ol' Dirty Bastard, qui raisonnent là comme les rires d'un Joker fantomatique.
"You can't stop me know" est extrait du prochain album du maître, Digi Snax. A paraître en juillet, il est décrit par l'auteur de la sublime BO de Ghost Dog, la voie du samouraï comme du "hip-hop fun" soit un "mélange de réalité et de fiction, de science-fiction et d'arts martiaux." Patience, ça arrive. The Organ : reformation et nouvel EP ?L'info est à prendre avec des pincettes : ni leur MySpace, ni leur site ne confirment l'annonce...The Organ, puisqu'il s'agit d'elles, seraient sur le point de sortir un nouvel EP, intitulé Thieves, selon le site de la radio 3 de CBC. Le girl group de Vancouver, splitté il y a deux ans, avait sorti un unique et prometteur album (Grab That Gun) en 2004. Les Canadiennes auraient un EP de 6 tîtres en stock, composé en toute discrétion depuis fin 2007. En voici le (probable) tracklisting : 1. Even In The Night 2. Oh What A Feeling 3. Let The Bells Ring 4. Fire In The Ocean 5. Can You Tell me One Thing 6. Don't Be Angry
Pour l'instant, pas de date de concert annoncée pour The Organ. (Et aux dernières nouvelles, les excellentes Electrelane n'auraient pas suivi le mouvement de reformation général des groupes féminins dissous.) Mais pour se remettre dans le bain, on peut toujours réécouter "Steven Smith", magnifique hommage de l'androgyne Katie Sketch aux Smiths de Morrissey :
Albums cultes des géants du bizarre #43 : The High Llamas - Hawaii
Après, 13 ans et plus d'une dizaine albums (dont un, de remixes par tout ce que la crème de l'electronica et de la pop des 90's comptaient d'oustiders), tout le monde sait que O'Hagan se prend pour Brian Wilson, le génie dépressif des Beach Boys. C'est un fait. Les fixations musicales du Gallois ne passent pas uniquement par les garçons de plage, je vous l'accorde. Dans le même rayon et l'imaginaire des High Llamas, on trouve bien des symboles du soft rock américain et en l'occurrence, Steely Dan, Randy Newman, Kevin Ayers ou Fleetwood Mac, mais c'est bel et bien le Beach Boys en chef, qui fascine le leader des Llamas depuis toujours, et en la matière, Hawaii est son manifeste.
Composé de 29 morceaux construits sur une structure rythmique répétitive reprise en boucle morceaux après morceaux tout au long d'un album ponctué de vignettes étranges, croisement des bidouillages électroniques de Jean-Jacques Perrey et de Raymond Scott, les "chansons" de Hawaii sont autant d'odes obsessionnelles à un passé perdu, une histoire de la Californie rêvée et de son utopie d'un "été sans fin", aussi imaginaire que puissamment addictive pour tous les amateurs de pop de la planète. A l'image des Beach Boys, un groupe travaillant plus sur une certaine idée du surf, des filles, de la plage et des longues soirées d'été, qu'une réelle bande de glisseurs de vagues (exception faite de Dennis Wilson), Hawaï des High Llamas est un disque explorant "une idée" des Beach Boys. Je m'explique : il est des artistes dont la musique évoque, entre les notes, des images et des idées, qui ne sont pas forcément "inscrites" en temps que tel dans leurs compositions. C'est le cas de Sonic Boom, l'ex-leader des Spacemen 3, qui explore depuis toujours une "certaine idée" du rock psychédélique, l'adaptant à son imaginaire. C'est aussi le cas de Sean O'Hagan sur Hawaii.
Joué en mode aléatoire, Hawaii est toujours le même album. A l'instar de la musique chamanique, il peut être aussi joué en mode repeat, sans fin, comme la musique ambiant ou le minimalisme américain des 60's. Avec Hawaii, le leader gallois fait preuve d'une telle fascination monomaniaque qu'il est presque difficile d'écouter cet album, pourtant merveilleux, jusqu'au bout. L'œuvre, qui devrait pourtant être facile, donne carrément l'impression d'avoir été créée pour rebuter l'auditeur, ou au moins, l'auditeur qui ne serait pas assez fans des Beach Boys pour apprécier plus de 76 minutes de pop californienne ensoleillée, aussi itérative qu'une composition de Steve Reich ou de Terry Rilley. 76 minutes d'Hawaï donc, et la tête commence à vous tourner, vous avez des hallucinations, le ciel est d'un bleu beaucoup trop vif, la lumière et plus dure, il fait très chaud, vous êtes tout mou, c'est la narcose. Argh !
Depuis Hawaii, c'est un fait, les lamas n'ont jamais été aussi "high", parole de sherpas !
High Llamas - Hawaii (V2/Alpaca Park, 1996) Stage of the Art #3 et #4 : Neon Neon et The KillsAvec Stage of the Art #2 on avait apprécié la version acoustique du set des rock cold waveux de Nelson, également apprécié la prestation de Aidan John Moffat, non seulement pour sa musique mais surtout pour son talent à décapsuler les bouteilles de bière avec n'importe quoi. Et soyons franc, Black Affair, le projet de Steve Mason, ex Beta Band nous avait poussé vers la sortie du Palais de Tokyo où les soirées Stage of The Art ont maintenant élu résidence. Chaque SOTA, chapeautée par Eurostar London Coming, propose de faire un lien musical entre Londres et Paris. Une SOTA à Paris avec des groupes anglophones et une autre à Londres avec des artistes de la scène française. A noter dans vos tablettes, la Stage of the Art number three qui accueillera Neon Neon pour leur tout premier concert français le 1er juillet. Neon Neon, le projet commun de Boom Bip et de Gruff Rhys (des Super Furry Animals sera accompagné de Har Mar Superstar et d'invités. Dans la foulée, annonce de la Stage of the Art #4 avec The Kills. Toujours au Palais de Tokyo, le 9 juillet cette fois, avec des invités pas encore communiqués. Ce dernier concert est complet, mais des places seront en vente sur place et la semaine du 7 juillet. Et si vous passez par Londres, SOTA investit l'ICA (Institute of Contemporary Arts) le 11 juillet avec These New Puritans, Zombie Zombie et Nelson. Lire la chronique de Stainless Style et notre interview avec Neon Neon. Réserver vos places pour Stage of The Art #4 Dubstep sans frontières
C'est ce que vient nous rappeler, très à propos, la nouvelle compilation de la papesse du dubstep, la britannique Mary-Anne Hobbes. Sur Evangeline, somptueuse collection de tracks urbains pour bass addict, celle qui fait partie des pionnières du genre s'impose une discipline sans pareil (comprendre beat martiaux, boucles acides, nappes plombées et gribouillis électro-bruitistes) tout en osant les mélanges les plus incongrus, dans une sélection transversale alignant des futurs classiques dubstep d'obédience ambient, electronica, dancehall, reggae classique, jungle ou techno. Une manière de rappeler que, par delà ses origines UK Garage, 2Step et dub bien sûr, le dubstep est plus que jamais une musique vivante, mutante et en devenir. Un argument que ne devraient pas démentir David Lollia et greg G, respectivement webmestre du site dubstep.fr, référence française en la matière et animateur de l'emission dubstep FM, tous deux organisateurs de soirées dubstep au Nouveau Casino, qui ont bien voulu élaborer pour nous sa playlist commentée des dix albums incontournables du genre : V/A "Dubstep Allstars Vol 1" (Tempa) 2003
Nas contre un président doré et croustillantOn dit souvent à tort que le désespoir donne de la grande musique. Si on a de bonnes raisons de croire que les situations de crise suscitent des œuvres plus fortes et plus poignantes, c’est souvent quand ils ont l’espoir de s’en sortir que les artistes donnent le meilleur d’eux-mêmes. L’ascension d’Obama donne à tout le monde la nostalgie d’une époque où on marchait pour les droits civiques aux USA et où Marvin Gaye, Sly Stone et Curtis Mayfield sortaient des chefs d’œuvres à tour de rôle. Le fait est que les gens s’accordent généralement à dire que depuis le début du siècle, c'est-à-dire les années Bush 2, le hip hop n’est plus animé par la même flamme. En caricaturant grossiérement, ces années ont vu le règne de 50 Cent et de Soulja Boy. C’est assez déséspérant. Il y a quelques mois déjà, Erykah Badu a sorti un disque, New Amerykah Part One (4th World War), qui rappelle volontairement des albums des années 60-70 comme What's Going On et One Nation Under a Groove et tout le monde a justement chanté les louanges d’Erykah Badu. Il y a quelques jours, au moment où Barack Obama était enfin nommé candidat démocrate à la présidence, ce "Black President" de Nas était leaké sur le net. Il est un peu tôt encore pour affirmer qu’un Obama président entrainera forcément de la bonne musique, mais je suis sûr en tout cas que McCain lui nous vaudra au moins quatre ans de mauvaises blagues sur les frites. Ca vaut le coup d’espérer.
Weezer : "Pork and Beans", clip hermétique pour YouTube-geeksPosté par Slick Rick le 10.06.08 à 10:35 | tags : news, rigolo, rock, vidéos musicales, web, youtube
La première fois que j'ai vu ce clip (ci-dessous) de Weezer, je n'ai rien compris. La deuxième fois non plus d'ailleurs. "Inquiétant, ça", me dis-je avec effroi. La video semblait avoir une ambition comique, mais sans que je puisse la saisir tout-à-fait... Je subodorais certes une volonté parodique bien dans le style nerd de Weezer, mais sans pouvoir mettre la main sur l'objet même de cette parodie...Intense cogitation. Puis eureka, ça a fait "tilt" dans ma caboche: mais oui, cet ado maquillé comme un camion volé, c'était Chris Crocker, le faux fan de Britney Spears, responsable de l'hilarante video "leave Britney alone" . Comme moi, des millions d'internautes l'ont vue sur You Tube. "Hahaha", ai-je donc lâché, , triomphal et satisfait, à la (troisième) vision de l'obsur clip. Mais j'ai dû me contenter de ce maigre succès, le reste de la video n'étant que référence et clins d'oeil à Youtube et ses hits, dont je n'ai pas la maîtrise totale...Trop la honte... Le clip faisant un carton sur YouTube, mon abyssale ignorance s'est faite chaque jour un peu plus pesante. Quand soudain, un making of de "Pork and Beans" envoyé par les anges 2.0 est venu à mon secours... Mais non, fausse joie : on y apprend rien dans ce fichu "making of", sauf quand on est déjà membre de la communauté des "fans encyclopédiques de YouTube". Ceux qui savent. Ceux qui connaissent les "stars" de la "Numa Numa video", les "Daft Bodies", les "Kelly Shoes"," et autres "Crank That" et "Tay Zonday de Chocolate Rain". Mince alors, c'est grave, docteur Cuomo? Thierry Crifo nous emmène aux Portes du Garage
A noter, la parution ce mois, de Feuque ! saga punk-rock non moins jouissive (et aussi touchante pour les amateurs de polars de série B) du maître Jean-Bernard Pouy au CV long comme le bras (auteur, créateur du Poulpe et de Pierre de Gondole, découvreur de talents - Dantec, c'est lui ! - etc.) sous une couverture de Franck Margerin. Collector !
Thierry Crifo - Les portes du garage(Ed. Mare Nostrum, coll. Polar Rock)
Volume, nouveau mensuel lancé par les Inrocks![]() L'hebdomadaire plus tellement musical que ça revient à ses premiers amours avec la sortie d'un titre mensuel, Volume, consacré exclusivement à la musique. Sorti début juin, Volume nous rappelle étrangement que les Inrocks fondé en 1986 était un mag "music only". C'est au milieu des années 90 que les Inrocks mue en un newsmag plus généraliste mais toujours porté sur la culture. Les pages musique doivent alors cohabiter avec les rubriques politique, société et télévision de la nouvelle formule. Pourquoi l'hebdomadaire qui se positionne comme un "news culturel" se lance dans la publication, ô combien risquée, d'un mag spécialisé en musique ces temps-ci ? Deux contraintes "apparentes" que les Inrocks détournent pour en faire ses arguments. Pas de distinction des rédactions entre les deux publications, le nouveau titre permettra d'approfondir les sujets évoqués dans l'hebdomadaire. La version "news culturel" des Inrocks avait notamment revue à la baisse l'espace éditorial purement consacré à la musique ; Volume réconquiert quelque part un territoire qui s'était vu peu à peu réduit. Les Inrocks précisent que Volume est une prolongation du "travail de défrichage de l'hebdomadaire dans une version longue". Effectivement, la couv ne ment pas et met en avant des sujets labelisés "Inrocks" (portrait de Radiohead, interview avec Katerine et sujet sur Scarlett Johansson qui a déjà fait la couv de l'hebdo). Sortir un mensuel musical est un pari dangereux en cette saison mais Volume semble vouloir prendre le risque et voit les boulversements des modes de consommation de la musique avec l'arrivée d'internet comme une niche. Il semble aussi que Volume souhaite attirer à lui un nouveau public, celui de la génération internet, jeune et curieux, à qui il souhaite fournir un guide musical capable de brosser toutes les musiques actuelles et d'évoquer les figures cultes du passé comme les stars de demain (sujet sur My Bloody Valentine, Dennis Wilson et sur les underage gigs anglais). Bjork se paie l'Olympia le 25 juin![]() Annoncé il y a peu, Bjork devrait continuer son Volta Tour en offrant à son public une date unique en France, le 25 juin à l'Olympia de Paris. Lancé en avril 2007, la tournée était passée à Nîmes puis à Rock en Seine et passera aussi en Italie ; Bjork retournera également en Islande pour une date spéciale en compagnie de Sigur Ros. Les places pour l'Olympa seront uniquement en vente sur internet à partir de mercredi 11 juin à 10h ; les 2000 et quelques places s'arracheront à un prix allant de 71,50 à 110 euros. Il est aussi dit que le concert devrait être filmé dans l'éventualité d'une sortie dvd.Réserver vos places pour le concert de Björk Cékika volé les cendres de Kurt Cobain ?
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Les soupçons se portent évidemment sur Michal Kwiatkowski, l'ancien pensionnaire polonais de la Star Ac' et déjà repéré en son temps pour avoir chapardé une orange (du marchand) : on a volé les cendres de Kurt Cobain, le chanteur iconique de Nirvana. L'info (à prendre avec des pincettes encore) a été livrée dimanche par le journal fameux News of The World, l'ancienne épouse du rockeur aurait constaté le forfait en rentrant tout simplement chez elle après une virée en ville, près de Los Angeles, où elle habite désormais. Courtney Loveconservait les cendres de son mari dans le corps évidé d'un sac à mains en peluche rose en forme d'ours.
Les cendres étaient contenues dans un petit sachet dans lequel se trouvait, semble-t-il, également une boucle des cheveux dorés du pape du grunge. A noter (pour les spécialistes) que le sac en question, dérobé en même temps que quelques bijoux et fringues, dixit Love, ne contenait qu'une partie des cendres de Kurt Cobain. La moitié d'entre elles avaient été répandues dans le jardin d'un temple bouddhiste que le chanteur fréquentait à New York, peu après sa mort . La chanteuse s'est dite ravagée par cette nouvelle, avouant qu'elle emmenait les cendres de Kurt partout avec elle (mais pas là visiblement), qu'elles étaient tout ce qu'il lui restait de son mari (bizarre...) et surtout que cette perte lui donnait l'impression que son Kurt mourait pour la deuxième fois. Non, mais c'est pas un peu beaucoup, ça, pour des cendres ? Interviewée (ici, par mademoiselle Agnès), Love a dit qu'elle allait mal et pourrait commettre l'irréparable...
Pour le moment, les enquêteurs n'ont aucune piste. L'inspecteur Columbo a été placé sur l'affaire. Parmi les suspects, figure évidemment en bonne place après le chanteur polonais, le guitariste des Rolling Stones, Keith Richards, qui s'était rendu célèbre, il y a quelques mois, en avouant avoir sniffé les cendres de son propre père, ainsi que l'écrivain français Frédéric Beigbeder (aperçu un peu plus tôt sur un capot de voiture dans le voisinage). Côté ebay, rien ne bouge pour le moment : aucun "Cobain's Ashes" parmi les articles mis à la vente ces dernières quarante huit heures, pas plus que de poil à Britney. On attend la suite avec impatience. Pour ceux qui se poseraient la question, Pete Doherty qui se fait appeler désormais "Albion Eurostar" (allez savoir pourquoi) a un alibi : il enterrait son chat dans le tunnel sous la Manche.
NERD revient en disque et en clipPosté par Slick Rick le 07.06.08 à 11:23 | tags : concours, hip hop, news, pop, vidéos musicales, youtube
Cinq ans après Fly or die, N*E*R*D se reforme pour Seeing Sounds. Toujours adeptes de l'hybridation hip hop/rock/r'n'b, Pharrell Williams et Chad Hugo (The Neptunes), associés à Shae Haley, défient une nouvelle fois les lois de la pop. Y parviennent-ils ? La réponse dans la chronique de Seeing Sounds. Autre actu pour le groupe, le clip du single "Everyone Nose", où il est question de filles qui font la queue devant les toilettes pour se repoudrer le nez. Pêchue, la video splittée met en scène ces soirées coke qu'affectionne tant Lindsay Lohan, qui fait une apparition (vers 1:15).
Pour l'occasion, Flu vous fait gagner des albums Seeing sounds et des singles "Everyone nose". Il suffit de répondre à la question (easy easy!) du concours N*E*R*D. Et pour plus d'infos, allez donc faire un tour sur le Site officiel de N*E*R*D Live: soirée électro-maso à la Villette Comme le prouvent ces images, certains se sont amusés "grave" à la soirée The Go!Team de la Villette Sonique. Enfin lui - le monsieur ci-dessus - c'est sûr: tout mini-short dehors, cet improbable afro-danseur-tennisman des 70's animait à lui seul l'aile droite de la salle "Le Club".
La suite, viite! Les frenchies de Zombie Zombie ont un peu relevé le niveau avec leur transe vaudou répétitive, sans parvenir à déclencher la rave party escomptée. Sans doute la faute à leur absence totale de jeu de scène : penchés sur leur machines electroniques "vintage", ils en ont oublié le public, comme deux nerds découvrant un nouveau logiciel. La salle n'a pas dansé mais a quand même applaudit...Je n'ai pas osé demander pourquoi à mon bizarre voisin, coiffé d'un bonnet de bain en latex véritable, et visiblement en plein kif intersidéral. Il y a des jours comme ça où l'on se sent bien, enfin avec les gens qui nous ressemblent et nous comprennent. Désespéré, on misait alors tout sur The Go! Team, pour lesquels on s'était déplacé, non mais sans blague. En retard d'une demi-heure, la troupe de foux furieux (deux batteries, trois chanteuses, une guitare et une basse, mais ça varie selon les chansons, c'est compliqué) a balancé tout dès le premier morceau. Le micro de la chanteuse black, défaillant, nous privait malheureusement de ses cris apparemment enjoués. L'ensemble, plus bruyant que mélodique, n'atteignait pas le qualité de leurs enregistrements studios. De surcroit, la balance des sons, mal règlée, nous a imposé cette tornade sonore (mélange de pop et de soul-funk des 70's) en version suraiguë. Nos oreilles, déjà affaiblies par les assourdissantes premières parties électro, s'en souviennent encore. Finalement, la programmation du jour était plus cohérente qu'elle n'y semblait : tout était...bruyant. Fête de la musique: racontez vos pires/meilleures expériences
Parce que l'espoir, coco! L'espoir de trouver la perle rare, le petit live qui tue et que personne n'a vu, à part vous et votre - on prend son souffle - bande de potes qui se sont bien pointés à l'heure cette fois putain con. Oui ce genre de miracle arrive quelque fois à d'heureux élus, une caste bizarre - dont votre malchanceux serviteur est, depuis toujours, mystérieusemnt exclu - capable de s'exclamer le lendemain de la fête quelque chose comme: "ah ouais mec t'as vu ce groupe canon à Nation, à l'angle de la rue Truc-chose et du McDo?" Tout ça pour dire que certains sont plus égaux que d'autres devant l'évènement créé par Jack Lang. D'où l'idée qu'a eue Fluctuat, d'un appel à témoignage aux lecteurs de Playlist, pour qu'enfin on connaisse les pires et les meilleures moments de la fête de la musique vécus par vous, lecteurs. Règlement: . Si tu est comme moi et que pour toi la fête de la musique ressemble à une épreuve d'iron-man après une cuite, une partie de pétanque sous la pluie ou à ça, raconte-le en video (Dailymotion, You Tube ou autre), en photo ou en texte. Si tu fais partie des vénards, et que pour toi le 21 juin est toujours une teuf de ouf, raconte-le aussi, je ne t'en voudrais pas. Les participations se font via le formulaire de soumission du blog. Les meilleurs témoignages seront publiés et récompensés par des DISQUES ou des PLACES DE CONCERT!
Alors, comme dirait vulgairement n'importe quel animateur de radio "djeune", faîtes péter le standard! En écoute sur les radios de Fluctuat #6Long time, no see...trop de temps sans vous donner de nouvelles de la prog des radios de Fluctuat. Bloqués derrière des murs de CD depuis des semaines, il aura fallu des heures d'écoute pour dégraisser la masse et sortir de ce labyrinthe sonore dans lequel on se perd trop souvent : "Hé dis-moi, tu crois qu'il faut plutôt passer la piste 4 ou la 6 du dernier Portishead ?". Bref, on reçoit, on observe et on écoute tout ce que le monde des attachés de presses et des maisons de disques peuvent nous envoyer. Petit flash back sur l'actu des radio de Flu et petit aperçu sonore de ce que Playlist a mis dans son iPod ces dernières semaines.
Radio Flu : The Notwist - The Devil, You + Me / Midnight Juggernauts - Dystopia / Portishead - Third / The Last Shadow Puppets - The Age Of The Understatement / Santogold - Santogold / Poni Hoax - Images Of Sigrid / Vampire Weekend - Vampire Weekend / Kokayi - "Knowus Mayne" / The Herbaliser - Same as it never was / Al Green - Lay It Down / Fleet Foxes - Sun Giant / Mangrove - Eyes Closed ( EP ) Radio Pop Rock : Midnight Juggernauts - Dystopia / Coming Soon - New Grids / The Last Shadow Puppets - The Age of the understatement / The Raconteurs - Consolers Of The Lonely / Mariee Sioux - Faces In The Rocks / Devendra Banhart - Rejoicing In The Hands / Poni Hoax - Images of Siegrid / Vampire Weekend - Vampire Weekend / Laetitia Sheriff - Games Over / Mangrove - Eyes Closed Radio Hip Hop : Wyclef Jean - Carnival II ... Memoirs Of An Immigrant / Kokayi - Mass instructions / The Herbaliser - Same as it never was On les a écoutés mais on les a aussi chroniqués : The Devil, You + Me de The Notiwist / Dystopia des Midnight Juggernautes / Third de Portishead / Santogold de Santogoold / Lay It Down d'Al Green / Sun Giant de Fleet Foxes / Eyes Closed ( EP ) de Mangrove Les radios de Flu, c'est aussi Radio Chanson Française, Radio Dub... L'Abreuvoir à musique, session 1, invite Rubin Steiner
Venez danser sur les beats funky et affutés de Rubin Steiner (qui a promis un show "électrique"), l'electro du duo francilien Etikal Lab et les scratches des cinq champions de deejaying de Beat Torrent.
Pour l'occasion, Fluctuat vous offre des places la soirée du 13 juin, avec le concours L'abreuvoir à musique. Dépêchez vous, c'est jusqu'au 10 juin ! Les concerts ont lieu de 20h30 à 2h du matin.
Pour plus d'infos: le site de la ferme du buisson Live : Dizzee Rascal fait trembler la Villette
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Hétéroclite, la population qui s'amasse devant la Grande Halle de la Villette pour voir le phénomène grime Dizzee Rascal : un mélange de bobos en mal de sensations fortes, de branchés excentriques aux fringues flashy et de fans hardcore de hip hop. Un look hybride domine, et résume bien l'affaire : jean slim ou collants, grosse casquette US portée sur le côté, le tout assorti de baskets et de polos fluos.
La première partie s'adresse plutôt aux polos fluos (dont je ne fais pas partie), c'est-à-dire aux amateurs de TTC (idem). Cuizinier et DJ Orgasmic ont beau augmenter le son de leur musique à tuning bobo, la sauce ne prend pas. L'arrivée de l'énorme Tekilatex, dont le micro ne marche pas, nous prive de son fatigant flow à l'helium. Quelques pénibles morceaux plus tard, le leader de TTC se retire de la scène - dans l'indifférence générale - laissant ses deux compères très seuls face à un public peu friand de leur dance-rap ironique. On retrouve le crâne chauve de Teki à la buvette, où l'on s'est également retiré : ménageons nos tympans.
Les deux frangins de The Clipse débarquent alors, tout de noir vêtus. Le son est énorme, les basses concoctées par les Neptunes heurtent violemment les parois métalliques de l'Espace Charlie Parker. Devant un écran projetant des flammes et des têtes de mort, Pusha T et Malice développent leur rap efficace et nonchalant, dissertant sur le deal de coke (leur ex-job) sur de beats funky imparables. Bientôt rejoints sur scène par leur collègue du Re-Up Gang, l'imposant Ab-Liva, les deux frères de Virginie déroulent leurs tubes "Grindin", "Mr me Too" et "Wamp wamp" devant de nombreux fans, visiblement connaisseurs de leur albums Lord Willin' et Hell Hath No Fury. Alors qu'on commence à se dire que le set des Américains, très carré, manque un peu de rebondissements, les Clipse achèvent leur show, sous des applaudissements fournis. Bon timing donc, avant le gros morceau de la soirée.
Pause, histoire de laisser refroidir nos oreilles dans l'air frais de la cour. On n'a pas fini de griller sa clope qu'un tremblement de terre secoue la Villette. Puis un autre, plus fort. Pas de doute, Dizzee Rascal is in da house! Oyyyy, en plus c'est "I luv U", la chanson d'amour timbrée qui déboite le synthé : ruons-nous dans la fosse. Les infrabasses de l'Anglais, à faire tomber les échafaudages des tribunes, détruisent tout sur leur passage. Gosh! Nos pieds n'ont même pas besoin de bouger, le sol se gondole tout seul. Le flow sismique de Dizzee, totalement incompréhensible (pour les gens qui ne pratiquent pas l'argot du ghetto sud londonien, en tout cas), impressionne par sa vitesse et ses brutaux changements de cadence. Nos cheveux encore ébourriffés par le l'ouragan électro de "Where the G's", voilà que le frêle bad boy à casquette nous invective avec son accent à couper au cutter: "I'm not sure you understand what I'm saying, but i want that all you people say my name. Dizzee Rascaaaaal" Et là, jubilation: l'instru de "Jus a rascal" retentit, suivie de près par ses tétanisantes infra-basses. La salle, déchainée par cet ego-trip explosif, reprend le refrain sur des riffs coulés dans le plomb, entre deux attaques kalashnikof du MC. Puis petite accalmie, célébrée par mes voisins à capuche par un gros spliff clandestin.
Mais Dizzee repart à l'assaut. Après avoir enchainé "Sirens", "Stand up tall" et "Temptation", avec Alex Turner des Artic Monkeys en invité virtuel, le gringalet Rascal fait péter le beat massif de "Pussyhole" ("Old Skool" pour les prudes), basé sur le gimmick mythique (les "Whoo!Yeah" de James Brown) déja samplé en 1988 par MC Rob Base & DJ E-Z Rocksur leur méga tube "It Takes Two". Fracassant, dansant, on en redemande ! Cerise sur le pudding dance-hall, le déjà classique "Fix up look sharp" vient conclure le show, en rappel. "I got the big beaaaaaaaaaat", dit le refrain. C'est sûr, personne ne viendra le contredire. The Chap : Fun et intéressants !On ne le dira jamais assez, The Chap, groupe anglo-gréco-franco-allemand, est l'une des formations pop-rock les plus créatives de ces dix dernières années. Cela pourrait les rendre prétentieux. Même pas ! Car ceux qui les ont vu en concert le savent, c'est aussi l'une des formations les plus drôles de ces dix dernières années ! Ils le prouvent d'ailleurs encore une fois avec le clip de "Fun & Interesting" réalisé par Adam Lieber et Lawrence Siftel. Montage impeccable, totalement raccord avec la musique, les petites bruits et le refrain, et, ce qui ne semble être qu'une vidéo piquée dans un catalogue de fitness s'avère en toute fin une vraie œuvre d'art ! Ce single, l'un des meilleurs morceaux de leur nouvel album Mega Breakfast, est un manifeste Chapien sur "la frustration, la colère, le sentiment de solitude et une façon de protester contre l'état de la musique pop actuelle." Sentiment qui semble envahir toujours plus jusqu'à notre quotidien nombriliste, bodybuildé et hyper normé où tout se doit d'être "Fun et intéressants" : "come on, come one closer / clone me another me / my generation/ need an other me / me and me". Et en prime une très bonne interprétation live de l'excellent "Caution Me", millimétrée et toute en énergie rentrée (post-punk ?), comme sais si bien le faire The Chap. Enjoy !
The Chap - Fun & Interesting (Mega Breakfast 2008)
The Chap - Caution Me (Mega Breakfast 2008) Live @ State51, 2008
Retrouvez notre chronique de Mega Breakfast et notre entretien avec The Chap Tricky fait sa rentrée : Knowle West Boy ou la mélodie du bonheurCela faisait un bail qu'on attendait le nouvel album de Tricky, 5 ans pour être précis, et il semble déjà qu'on ne sera pas déçu. Le premier single tiré de l'album Knowle West Boy, dont la sortie est prévue pour début juillet, s'appelle "Council Estate" et a fait l'objet d'une préécoute sur le site de l'artiste ainsi que d'une première sortie live chez Jools Holland il y a quelques jours. Tricky y est apparu à la fois extrêmement affûté et concerné par son sujet. Selon la bonne parole dispensée par la maison de production de Tricky, le nouvel album serait le couronnement de son travail d'artiste depuis Maxinquaye, soit un mélange d'électro, de gros son et surtout une tuerie rythmique permanente. L'entrée en matière du single laisse entendre que le ton de l'album sera assez personnel et chargé en souvenir douloureux. "In my mothers belly / And I'm starting to kick / Nine months in the womb /And I'm making her sick..." Tricky y évoque notamment son enfance à Bristol dont Knowle West est un quartier réputé pour sa... prospérité (on déconne évidemment), sa joie de vivre et son climat méditerrannéen. Rappelons que le jeune Adrian Thaws a connu une enfance idéale : père barré avant sa naissance, mère (Maxine Quaye, de son joli nom) suicidée alors qu'il avait 4 ans, élevage à coups de films d'horreur par sa grand-mère malade et on en passe. Pour ceux qui ont un faible pour le Bristolien, il faut noter que son ex petite amie et choriste/chanteuse Martina Topley-Bird a sorti ces dernières semaines son deuxième album, le mollasson et soul(ant) The Blue God. Albums cultes des géants du bizarre #42 : Pole - CD1
Avec CD 1 de POLE, Stefan Betke explore les confins de la musique électronique en composant des pièces hybrides, synthèses étranges d'ambient techno et de dub urbain, parcouru de craquements, d'échos fantômes et de souffles. Stefan Betke est, on le sait aujourd'hui, un indécrottable fan de dub. Les vieilles dubplates qu'il assène en concert à un public ébahi, en sont la preuve. Désormais connu comme le patron du fameux label ~Scape, il officiait auparavant sur le très pointu label allemand Din affilié à Basic Channel, soit, tout un pan de l'histoire de la musique électronique allemande. C'est aussi ce qui fait que dès la première écoute la musique de POLE est inclassable. Il émane de chaque morceau de CD1, une ambiance à la fois feutré et POLaire. Non pas que l'utilisation de souffle ou de craquement dans la composition même du morceau soit spécialement originale, d'autre l'ont fait avant, citons Jim O' Rourke, Mouse On Mars ou Oval & Microstoria, mais POLE le fait avec tant de grâce, et surtout, amalgame cette technique à un dub si étrangement futuriste, qu'il est difficile de ne pas être dérouté.
Avec CD1, Stefan Betke pousse définitivement le dub vers de nouveaux horizons. Utilisant les vieilles recettes de cette musique mystique originelle, il les met à l'épreuve des outils technologiques manufacturés de son temps tout en détournant ceux-ci de leur usage courant. Ainsi il pousse ses effets à bout, saturant les banques de données jusqu'à l'agonie des logiciels et des disques durs chauffés au rouge. En réduisant métaphoriquement la technologie en cendre, POLE donne naissance à un genre nouveau, mais qui doit tout, pourtant, aux vieux maîtres jamaïcains. Car, qu'est-ce que le dub finalement ? Un fantôme de musique, un écho du passé qui résonne. Dans toutes les productions electro dub des années 90, il semble flotter ces fantômes, ceux de King Tubby, Prince Jammy, Bunny Lee, mythiques producteurs de dub 70's. C'est peut-être pour cela que la musique de Stefan Betke semble à la fois si nouvelle et si familière, si lointaine et si proche.
Avec CD1, POLE impose un nouvel équilibre entre electronica et roots, glissant aussi, ça et là, des éléments censés évoquer les origines de cette musique de façon subliminale. Parfois, on croit même entendre une guitare crachouiller au loin, un écho de caisse claire, et puis non, c'est une voix ou... quoi ?! On ne sait pas vraiment. POLE décline sa propre vision numérique et décalée du dub, transportant véritablement le genre dans une dimension architecturale sonore proche des visions mystiques de certains écrivains de science-fiction ou des délires de Lee Perry. Avec CD1 et ses trois successeurs (y compris un album de remixes) POLE invente ni plus ni moins le dub roots du XXIème siècle !
POLE - CD1 (Kiff SM, 1998) Q : Are We Cats ? A : We Are Devo![]()
Foule extatique, en transe sous les coups de butoirs de "Uncontrollable Urge" ou "Whip It", choeurs brouillons du public sur la plus célèbre reprise des Rolling Stones… Egarés dans un couloir temporel, les fans hardcore (45 euros la place tout de même) et gentillets de Devo ont agités leur crête rose fluo, comme si rien n’avait changé en 25 ans. Il y avait du vieux et beaucoup du jeune, on a vu du parisien attentiste perché sur les gradins et ma voisine, une anglophone d’à peine la vingtaine, qui m’a enivré de ces longs cheveux fraîchement shampouinés et détruit les oreilles de ses glapissements stridents.
![]() Stereolab : économiseur d'écran et de cerveauJ'ai parcouru l'internet dans tous les sens et je n'ai pas trouvé une seule vidéo potable à vous montrer cette semaine... avant de tomber sur celle du nouveau Stereolab intitulé "Three Women". Intellectuellement, je sais que ce ne sont que quelques formes géométriques simples qui dansent devant mes yeux, mais c'est juste ce qu'il me faut après une dure journée passée à s'user les yeux devant un écran plein de petits signes qui perdent leur sens si vous les fixez trop longtemps, ce qui n'est pas plus mal puisqu'une fois sur deux, ils racontent un horrible fait divers qui implique des parties dégoutantes de l'anatomie humaine, des personnes qui ne devraient pas être célèbres ou un fan de Star Wars, voire les trois à la fois dans les pires cas. Bien sûr les arrangements de cuivre merveilleusement délicats et le fait que youpi, c'est du Stereolab tout neuf, font aussi leur effet :
Le Festival Jazz Nomades libère la voix![]()
Déjà une cinquième bougie pour le festival "La Voix est libre - Jazz Nomades", au Théâtre des Bouffes du Nord. Du 10 au 12 juin, le jazz, la poésie et l'art du spectacle se donneront à nouveau rendez-vous dans le fief de Peter Brook pour trois soirées de création et de rencontres inédites. Louis Sclavis, Dominique Pinon, Joëlle Léandre, Josef Nadj, Akosh S., Fantazio, Mehdi Haddab, Phil Minton, Médéric Collignon, Novarina, Zad Moultaka, Maja Ratkje, Lazare, Jean-François Pauvros, Ramon Lopez, Denis Charolles, Majid Bekkas, Badila...Autant d'artistes venus d'horizons variés, ayant en commun un désir de faire vivre la langue, à travers la musique, le corps ou la voix. Pass 3 soirs : 45/33€ TR Pour plus d'infos: Tecktonik : mais de qui se moque-t-on ?![]() Certains se demandent encore d'où vient la fameuse combinaison "mulette et coupe de cheveux asymétrique" de la Tecktonik, misant sur l'influence des vedettes du football allemand des années 80 ou celle de la new wave. Tout faux ! C'est en effet mal connaître l'histoire de la pop. En la matière, les fans les plus observateurs (qui se terrent actuellement six pieds sous terre, de peur des représailles) savent depuis longtemps qu'il faut remercier David Bowie ! Plus de doute, c'est bien du côté de l'album Aladdin Sane de la star anglaise comme le prouve notre petit montage, qu'il faut chercher les origines de cette "nouvelle" tendance capillaire (Bon, il y avait aussi Desireless, mais là il est franchement cruel de le rappeler... oups!).
Comme quoi, une fois encore, les détracteurs de la danse de Saint-Guy électronique en vogue chez les plus jeunes sont à côté de la plaque. Après tout, nos aînés se moquaient bien des démonstrations de "smurf" présentées sur H.I.P H.O.P, l'émission de Sydney, tous les dimanches à midi. Idem pour l'hystérie punk qui faisait bien rire les babas, et on pourrait continuer comme ça longtemps. Tout ça pour dire : "soyons magnanime, encore une fois, l'histoire de la pop musique (dans le sens "musique populaire") apporte un témoignage en faveur de la tolérance et de la raison". Et si finalement la tecktonik était une vraie culture populaire, aussi respectable que la techno l'est aujourd'hui, ou la pop l'était hier ? Le débat est lancé... Radiohead revient en "best of" et en clips
Constitué des singles majeurs, mais aussi de morceaux cultes et de "live" plus rares - soit 29 morceaux en tout - ce double "best of" sort en même temps que l'intégrale des clips du groupe d'Oxford. Vingt clips réalisés par les plus grands, de Jonathan Glazer à Michel Gondry en passant par Jamie Thraves, Shynola et Grant Lee.
A cette occasion, Flu vous fait gagner, avec le concours Radiohead, des doubles vinyles "best of". Collector ! Et l'intégrale des clips de Radiohead, c'est aussi chez Flu ! Réédition du mythique album de Dennis Wilson
Bonne nouvelle, on se décide enfin à rééditer le mythique album solo de Dennis Wilson. Le 16 juin prochain, Pacific Ocean Blue sera de nouveau disponible dans les bacs, augmenté qui plus est, des fameuses Caribou Sessions comportant nombre d'inédits. Sorti en 1977, soit en pleine vague punk et après la déconfiture commerciale de plus en plus patente des Beach Boys, autant dire que ce joyau - qu'il faudra bien un jour considéré comme l'une des pierres angulaires de la discographie de la fratrie Wilson - est totalement passé inaperçu (comme quoi le punk n'a pas fait que de grandes choses).
Dennis, le Beach Boys maudit, bagarreur redoutable, hédoniste qui ne l'était pas moins, grand buveur, charmeur et adepte de toutes sortes de drogues (il introduisit le LSD dans le clan Beach Boys), fit toujours figure de primitif au sein du groupe. On oublie pourtant que malgré son statut de batteur, l'aîné des Wilson était l'une des plus belles voix des "Garçons de plage" (c'est lui qui mène "A Prayer" sur Smile) et fut toujours là pour conseiller son frère Brian, dans les moments difficiles (entre autre l'enregistrement controversé de SMiLe justement). Il était en outre, le seul vrai "beach boy", amateur de surf et propriétaire d'un bateau. Mais le personnage a aussi une face sombre. Doté d'une belle stature, il n'en est pas moins faible psychologiquement et se laisse influencer facilement. Il tombera d'ailleurs dans les raies de l'implacable gourou Charles Manson, qu'il quittera juste avant le dérapage tristement célèbre de l'assasinat de la femme du réalisateur Roman Polanski, Sharon Tate. Lié au tout Hollywood, Dennis tourne, ou inspire, quelques films. On le voit dans le fameux Macadam à deux voies de Monte Hellman (réédité en DVD). Il a également beaucoup d'amis, dont Neil Young qui lui dédiera son album On the beach. Ivrogne invétéré à la fin de sa vie, il connaîtra une mort idiote le 28 décembre 1983, en tombant de son bateau dans l'océan Pacifique. On retrouvera son corps 48 heures plus tard.
Le pusillanime Brian, dira de la mort de son frère qu'elle fut "douloureusement ironique". En effet, Dennis, qui vécu sur l'océan, fut repris par l'océan. En vrai Beach Boy. La réédition en double CD accompagné d'un magnifique livret de Pacific Ocean Blue sous-titré The Legacy Edition, est l'occasion de redécouvrir les mélodies immortelles de "River Song" (dans ce registre, Spiritualized peut toujours s'accrocher), l'énorme boogie "Friday Night", les ballades belles à pleurer ("Moonshine", "The End of The Show", "You and I") ou les rythm'n'blues anthologiques comme "Pacific Ocean Blues" bien sûr.
http://www.myspace.com/denniswilson Les Siestes Electroniques 2008 : difficile de faire la sieste !7ème édition pour les Siestes Electroniques, et, toute humilité mise à part, encore un excellent programme pour ce festival toulousain né en juillet 2001. Une manifestation dont le but a toujours été l'exploration exhaustive des musiques actuelles et de ses tendances les plus pointues dans un espace de diffusion original et ouvert à tous. Etre prescripteur, défricheur, prévoir en quelque sorte, ce et ceux qui feront l'actualité de demain (ou des années à venir) tout en présentant des artistes confirmés (Damian Lazarus, Lindstrom, Bertrand Burgalat, etc.), des têtes d'affiches (Sébastien Tellier) et des spectacles inédits (Présentation du fameux Tenori-On et concert du mythe allemand Atom TM aka Atom Heart) - dont beaucoup sont entièrement gratuits - c'est la mission assez ambitieuse il faut bien l'avouer, que s'est fixée l'équipe de l'association Rotation, à l'origine de cet évènement. Une volonté, encore une fois largement respectée aujourd'hui pour cette édition 2008. Jugez plutôt et suivez le lapin vert :
Au programme cette année :
Dimanche 29 juin / La Prairie des Filtres - Gratuit !
Plus d'infos, sur le site des Siestes Electroniques. Prince vs Radiohead : la guerre des CreepLa vidéo est pourrie mais il faut en profiter avant qu'elle ne fasse l'objet d'une censure princière. Prince a offert à ses fans lors de son passage au festival Coachella une version du hit planétaire des Radiohead, le rampant et hymnique "Creep". La version est.... hum... très personnelle et portée à bout de bras par des guitares un rien envahissantes et une voix qui, dans ce registre (la plainte ou cri de cochon), n'a rien à envier à celle de Thom Yorke. Toujours est-il que les Radiohead ayant appris que le kid de Minneapolis les avait joués sur scène ont voulu vérifier par eux-mêmes ce qu'il en était, pour s'apercevoir que Prince avait envoyé son armée de juristes à la chasse à la vidéo pirate sur youtube, dailymotion et les autres. S'en est suivie une passe d'armes médiatique assez savoureuse au cours de laquelle se sont opposées deux visions du net selon la caricature en vigueur : à droite, un Prince qui a réussi peu à peu à faire disparaître de la toile toute reproduction non maîtrisée de sa musique ou de son image, à gauche, un groupe au faîte de sa gloire qui diffuse son album sans prix fixe sur le net. Dans les faits, la question est plus subtile. Toujours est-il que les Radiohead se sont amusés en menaçant de demander à Prince de restaurer les images bloquées : a priori, il n'appartient qu'aux ayant-droits d'un titre (eux, donc) de limiter l'accès à leur création, fut-elle jouée par quelqu'un d'autre. Etonnant, non ? Le Printemps est fini
Le Primavera est un festival rock pas comme les autres où on croise des T-shirts Yo La Tengo et The Flaming Lips mais aucun des Metallica qui pulullent dans tous les festivals français, comme si les Espagnols avaient tous bon goût. Programmer Malkmus sur une petite scène y est une grosse erreur et donner le gros concert de clôture à Animal Collective un choix évident. Ces garçons n'ont que rarement (peut-être bien jamais) joué devant autant de gens et pourtant leur set restait aussi expérimental qu'à l'accoutumée, bourré de morceaux inédits et de samples à retardement. Tout le monde dans le public y allait de sa danse tribale, abandonnant la sacro-sainte règle du concert rock qui veut qu'on ne quitte pas la scène des yeux. Il n'y avait pratiquement pas de guitare à y voir. Je crois que les gens aiment regarder les guitares. |
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