Archives > Juillet 2008Albums cultes des géants du bizarre #49 : Throbbing Gristle - 20 Jazz Funk Greats
Fondé en 1975 sur les cendres encore chaudes de la machine à performance COUM Transmissions, Throbbing Gristle est composé de Genesis P-Orridge, Cosey Fanni Tutti, Peter "Sleazy" Christopherson et Chris Carter. Jusque là, rien que wikipedia ne puisse vous apprendre. Reste que ces individualités sont importantes, pour ne pas dire incontournables, au sein de la musique de la seconde moitié des années 70 et de toutes les années 80, voiree 90. Qu'il s'agisse de P-Orridge avec son projet Psychic TV et son implication au sein de la scène acid house anglaise puis américaine, ou de Peter Christopherson et Coil, ou encore des expériences proto-techno et electro de Chris Carter et Cosey sous le nom de Chris & Cosey, tous les membres de Throbbing Gristle et leurs activités annexent eurent un impact considérable sur la création musicale de ces 30 dernières années (et je ne parle même pas de l'art contemporain, ou plus concrètement encore de la fondation de leur label Industrial Records qui accueillis des outsiders terroristes comme Cabaret Voltaire, Monte Cazazza ou William S. Burroughs et dont la devise "industrial music for industrial people" devait influencer et essaimer une bonne partie des musiques électroniquesf d'alors et à venir !)
Autant dire que nous n'avons pas affaire à de l'anecdotique ici. Et pourtant, 20 Jazz Funk Greats se prête bel et bien à l'anecdote. La légende veut en effet que ce soit pour faire plaisir à sa maman que le leader du groupe, Genesis P-Orridge, ait composé ces 11 vignettes électroniques tantôt rêveuses, tantôt malsaines, tantôt ondulantes comme de minuscules asticots qui danseraient sous votre peau. C'est vrai qu'à l'écoute de cet album, on s'étonne d'y entendre les mêmes personnnes qui balançaient les traumatiques Music From The Death Factory By Throbbing Gristle en 1976 (sur cassette uniquement) ou les reports de D.O.A. (non, ce n'est pas Dead Or Alive), soit The Second Annual Report Of Throbbing Gristle et D.o.A. The Third And Final Report entre 1977 et 1978. Qu'il s'agisse des cotonneux "Beachy Head" et "Exotica" (Boards of Canada aurait pu les composer), du fameux "Hot On The Heels Of Love" ou de l'hypnotique et pervers "Persuasion", rien ici ou presque ne vient rappeler les abominations bruitistes, les saturations et les performances post-fluxus et proto-actionnistes des origines, si ce n'est, les textes de P-Orridge. Cela ne veut pas dire pour autant que 20 Jazz Funk Greats est un album inoffensif. Au contraire. Et ceux qui pensent encore que 20 Jazz Funk Greats est l'album favori de ceux qui n'écoutent pas Throbbing Gristle, ont à la fois tort et raison. Raison car, oui en effet, cet opus est plus facile d'accès que les précédents (et les suivants), tort car s'il existe un disque auquel convient le terme de "venimeux", c'est bien celui-là.
Ecoutez bien les mélodies minimalistes, tristes et glaçantes de "Convincing People", "Walkabout", ces boucles étranges, ce beat squelettique. Ecoutez les paroles de "Convincing People" ou de "Persuasion", gigotez sur la danse macabre de l'éponyme morceau d'ouverture ou sur "Still Walking", vibrer sur "Tanith" ou le post-punk de "Six Six Sixties". Tout ici, par son apathie, frise l'angoisse, frôle l'hystérie avant l'explosion de rage démente. 20 Jazz Funk Greats est la petite musique qui tourne dans la tête du serial killer juste avant qu'il n'abatte sa hache sur la tête d'un innocent. C'est la mélodie morbide de l'enfant qui berce dans ses bras sa mère morte depuis une semaine. Froid, vicieux, annihilant toute résistance, 20 Jazz Funk Greats réussira sa mission. Aujourd'hui, pas un mix sans "Hot On The Heels Of Love", pas une rétrospective des années 80 sans "Convincing People", un blog renommé consacré au post-punk s'appel même 20 Jazz Funk Greats. Et le groupe continu sa croisade... ça fait peur non ?
Throbbing Gristle - 20 Jazz Funk Greats (Industrial Records, 1979) Soap & Skin : viennoiserie folk sans sucre ajoutéSoap & Skin - "Spiracle"
Cette Viennoise d'à peine 18 ans compose sous le nom de Soap & Skin des chansons aussi sublimes que bouleversantes. D'une tristesse infinie, "Spiracle", "Mr gaunt PT1000" ou "Cynthia" révèlent chez cette étudiante en art la puissance émotionnelle d'une Chan Marshall des débuts (époque Moon Pix), le tact lacrymo-folk d'une Sybille Baier, l'esprit prématurément torturé d'une Fiona Apple mais avec une solennité intimidante, un aplomb ténébreux qui rappellent la froide Teutone Nico. Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier cette artiste ultra-précoce, également adepte d'expérimentations electro. Sensation indie en Autriche, elle devrait sortir un EP fin 2008, puis un album en janvier 2009. Warnung, la stupéfiante gamine risque d'ensorceler votre hiver avec sa magie noire. Soap&Skin - "Cynthia" + "Janitor of lunacy" Top Ranking de Diplo et Santogold : Here Comes A New Challenger Top Ranking, c'est le nom de la mixtape de Diplo et Santogold qui rappelle à tout le monde qu'en 2004 quand on écoutait en boucle Piracy Funds Terrorism du même Diplo et de M.I.A. (ou 2005-2006 quand on l'écoutait fébrilement pour passer pour un de ceux qui l'ont bien écouté en 2004).Aujourd'hui la situation est un peu différente puisque tout le monde connait Santogold, au moins à cause des pubs Converse, et qu'après la sortie de Santogold la mixtape tient plus lieu d'examen a posteriori des ingrédients mélangés dans le disque que de déclaration d'intention comme Piracy Funds Terrorism qui précédait Arular. Dans l'album de Santogold, on entendait donc de la new wave, du hip hop, du dancehall et dans Top Ranking on a droit à un obscur morceau des B-52's, à un vieux Three Six Mafia et Cutty Ranks entre des remixes des chansons de Santogold. Le tout est, n'hésitons pas à le dire, proprement excellent, comme ce "Get It Up", remix de Radioclit avec des apparitions de M.I.A., Gorilla Zoe, Street Fighter II et des indiens. Si je dois faire la fête cet été, ce sera sur ça. Bowie covered : Ce que l'époque doit à David Bowie![]() On ne parle pas assez de l'impact de David Bowie sur tous les groupes ou artistes contemporains (MGMT, Cut Copy, Neon Neon, Joakim, Kelley Polar, Midnight Juggernauts, Simian Mobile Disco, Klaxons, Hot Chip, Calvin Harris...). Ils semblent tous devoir un jour rendre hommage au caméléon de la pop. Par delà les différentes étapes de sa longue carrière, ses nombreux styles et non moins nombreuses incarnations, ses collaborations et ses recherches, particulièrement dans le domaine de la musique électronique, David Bowie a largement influencé toute une génération de teenagers pour qui "écoles" et "genres", bien définis, font désormais partie de l'histoire de la musique et plus généralement, du passé. Par son rôle de passeur et d'artiste crossover, l'Anglais est présent, comme en filigrane au sein de toute la production actuelle, et on avait failli l'oublier. La parution de Life Beyond Mars Bowie Covered, est l'occasion de revenir sur l'influence du Thin White Duke sur la musique actuelle. Lire la suite. Le clip de Kiss Kool : parce qu'ils sont jeunes et c...cools??Kiss Kool avec un "K" rageux, c'est pas des bonbons mecton : "C'est le nouveau groupe belge du moment" peut-on lire sur le site...des Kiss Kool. Alors, "attendez-vous à ce que ca décoiffe sur les podiums !", parce que Julien, Julien ("appelez-le Juju"), Jérôme et Gillian (tiens, un "G"!) sont les quatre Kiss Kool. "Et vous allez adorer". Et de fait, "Parce qu'on est jeune", le premier clip de ces "ados" belges ( ils prétendent être au lycée), on adore. Avec cet extraordinaire single qui évoque les regrettés 2be3, en version prépubère, ce mini boys band revendique un look audacieux et hybride, entre hip hop, tektonik et La Redoute-Enfants. Autant dire qu'ils ont la classe. Tous "danseurs et célibataires", les Kiss Kool chantent leur rage adolescente ( le déjà culte : "Parce qu'on est jeune on n'fait pas d'erreur, on vit la vie à 200% à l'heure.") avec une plume trempée dans le vitriol. Checkez plutôt cette phase de barbare : "Viens avec nous oui c'est parti / Oui viens danser dans les boum parties / parce qu'on est jeunes nous on en raffolle / mais c'est pas grave on sèche pas l'école !" Attention, c'est du hardcore. Mais les quatre lascars savent aussi montrer leur face tendre et "love", n'hésitant pas à user de métaphores simples et funky, bien de notre temps : "sa photo couleur me fait trop kiffer / elle me dit j'aimerais tant te parler". Trop craquant ! Une modernité dans les lyrics qui se traduit également par une ouverture à la "screet culture" avec un featuring rap qui n'est pas sans rappeler les grandes heures de Yannick (auteur du classique "Ces soirées là"). Pas de doute les filles, "la tèntèchieune va nous rendre fous!" Qui a dit "blague belge?"
Where the ladies at ? #1 : Les batailles de Roxanne Shanté
Quand on parle musique, le prénom Roxanne fait généralement référence à la célèbre chanson éponyme de The Police qui raconte l'histoire d'une prostituée du Sud de la France. Pour tout fan de Hip-Hop qui connaît ses classiques sur le bout du doigt, il évoque surtout une pionnière du rap au féminin, Roxanne Shanté, qui connut son heure de gloire dans les années 80 en bottant le cul de ses collègues masculins. Si les Lil' Kim et autres Missy Elliot jouaient les castratrices dans les 90's, une gamine de 14 ans faisait déjà la nique aux machistes Hip-Hop à l'époque où le mouvement n'en était encore qu'à ses balbutiements. C'est en effet à ce tendre âge que la petite Lolita Shanté Gooden a explosé à la face du rap en s'attaquant au groupe UTFO et son tube "Roxanne, Roxanne". Kangol Kid, Educated Rapper Doctor Ice y racontaient leurs vaines tentatives de séduire une jeune fille nommée Roxanne. Ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est qu'elle allait se personnifier pour les humilier en public. Chaperonnée par le légendaire DJ Marley Marl et les membres du Juice Crew, la fly girl du Queens se paie donc la tête du trio sur "Roxanne's Revenge" (1984). Le succès est immédiat (250 000 copies écoulées à New York). Shanté se produit un peu partout dans le pays et une centaine d'autres réponses fusent dans les bacs signées par "The Real Roxanne", "Roxanne's Brother" ou "The Parents of Roxanne". Les "Roxanne Wars" sont le premier clash sur disque d'une telle ampleur et précèdent les fameuses "Bridge Wars" qui opposeront peu de temps après le Juice Crew au BDP de KRS-One.A vrai dire, le culot et la verve de Roxanne n'avaient guère de limites. Epinglée par KRS dans "The Bridge Is Over" en tant que membre du Juice Crew ("Roxanne Shanté is only good for steady fucking"), elle n'hésitera pas à s'attaquer au Blastmaster en personne sur "Have A Nice Day" (1987), comparant même son nom (KRS-1) à ce lui d'une "station de radio pourrie", à une époque où Kris pouvait stopper une carrière en quelques rimes. Un peu plus tôt, elle avait même cité LL Cool J, Kurtis Blow ou Run DMC sur le titre "Bite This" (1985), s'imposant sans doute comme la première rappeuse féministe et un des talents les plus précoces de l'histoire du Hip-Hop. Même si, ironie du sort, bon nombre de ses textes ont été écrits ou co-écrits par des hommes. Bien sûr, sa carrière s'écourta au tournant des années 90 et son dernier titre important, "Big Mama" où elle s'en prenait violemment à ses concurrentes (MC Lyte, Monie Love, Queen Latifah), était une attaque plus aigrie que subtile. Mais Roxanne Shanté reste donc la première référence des female MC's et un acteur respecté du mouvement encore actif malgré son diplôme de docteur en psychologie. Une reconversion qui lui a peut-être permis de comprendre pourquoi elle en voulait autant aux hommes... Les "Roxannes Wars" dans le DVD Beef : Paul Westerberg solde son album à 49 cents
Peu importe, dans ce package tout sauf deluxe, on trouve quelques unes des meilleures compos récentes de l'ancien Replacements enregistrées à l'arrache, souvent juste en duo guitare/voix, ainsi qu'un pot pourri de reprises de classiques du rock. Ironiquement, les distributeurs de musique en ligne qui pressent tout le monde pour baisser leurs prix, iTunes en tête, ont presque tous refusé de vendre un mp3 si peu cher. Il n'est donc disponible que sur le site Tunecore et celui d'Amazon (.com, même pas .fr). Vous ai-je déjà dit que qu'il y avait quelque chose de pourri au royaume du music biz ? "Lights and Music" de Cut Copy, l'hymne dance de l'été 2008Posté par LovelyRita le 28.07.08 à 18:09 | tags : disco, disques de l'été, électro, vidéos musicales, youtube
Après les Midnight Juggernauts, l'Australie et le label Modular nous envoient encore une fois un groupe, Cut Copy, qui semble avoir été nourri du même lait que les auteurs de très beau Dystopia. Disco, french touch et new wave, les mêmes ingrédients que les Midnight, mais avec un mélange et une cuisson différente, et un résultat qui l'est aussi. La nuance est certes mince (si vous appréciez les Midnight, il en sera de même avec les Cut Copy) et c'est sûrement un argument de journaliste qui cherche à tout prix à bien distinguer le blanc, du noir, même si tout est gris, mais Cut Copy se démarque des premiers. Un penchant pour la dance (eurodance, même) que leur compatriotes ont moins exploré. Pour résumer et ce de manière assez pragmatique et naïve, Cut Copy et leur album In Ghost Colours sont à écouter sous un ciel ensoleillé, les autres sous les étoiles. Prière de ne pas inverser ! En clip, le titre "Lights and Music" machine à faire danser et à faire perdre la tête, imparable...ce qui ne s'applique pas au clip en lui-même, qui lui, a de fortes vertus paralysantes. Obama repart chez lui avec de la pop anglaise
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On savait que le leader conservateur britannique David Cameron était un fin connaisseur des musiques de son pays et plus généralement de rock pop. Ses déclarations d'amour envers plusieurs groupes et personnalités musicales avaient déjà été relayées par les médias, qu'il s'agisse de son affection pour les Smiths, son goût pour Bob Dylan, Johnny Cash ou d'autres plus au goût du jour comme Radiohead. En 2006, il avait néanmoins mené une sorte de mini-croisade assez affligeante contre la diffusion par la BBC de titres rap faisant la promotion de clichés et situations violents. Cameron l'amateur s'est offert un joli coup de pub ce weekend lorsqu'il a donné, "pour le plaisir", au candidat démocrate à la Présidence Barack Obama, un carton plein de CDs représentatifs, selon lui, de "ce qui se fait de meilleur dans son pays". Au programme, une sorte de boîte à chaussures dans laquelle on trouvait des albums des Smiths, de Radiohead, Gorillaz et Lilly Allen. L'histoire ne dit pas si Obama a pris la boîte pour écouter ça dans l'avion du retour, s'il a refilé les CDs à l'un de ses conseillers en lui disant de les revendre sur ebay ou s'il a tout simplement rangé le cadeau à côté de la French Box offerte par son nouveau copain Sarkopop. Dans la boîte du Français, là aussi quelques CDs représentatifs de notre variété : Miss Dominhulk, Didier Barbelivien, Mireille Mathieu et Carla Bruni. On comprend mieux pourquoi Obama ne s'est pas éternisé à Paris... Mais que diable a pu lui offrir Frau Merkel pour qu'il reste aussi longtemps à Berlin ? Obama aimerait-il Tokio Hotel, Scorpions et Nena ? http://www.sundayherald.com/news/heraldnews/display.var.2410435.0.0.php Real hip hop is not dead (Reks, NYOIL, Shawn Jackson)Reks - Say Goodnight Hormis les blockbusters Nas et Lil Wayne, qu'y a-t-il à se mettre sous la "grillz" cet été, côté rap ? Du très bon : Reks, NYOIL et Shawn Jackson. Soit trois rappeurs indés aux styles bien différents, mais avec un même état d'esprit hip hop à l'ancienne, authentique et racé. Like in the good ol' days... On commence avec Reks, dont le deuxième album, Grey Hairs, parait le 22 juillet. Inspiré par KRS One, Gangstarr et Slick Rick, le rappeur de Boston possède un flow nerveux et magnétique, typiquement East Coast. Produit par DJ Premier, Large Professor et son fidèle partenaire Statik Selektah, Reks cultive un état d'esprit positif, sobre et efficace. Il fait partie de cette nouvelle vague de MC encore trop confidentiels, comme Saigon ou Termanology. Lyricistes hors pairs, sans doute un peu nostalgiques de l'esprit old school, mais croquant le rap à pleines dents, ces artistes carburent à l'authenticité, à l'attitude, au bon son. En un mot : anti-bling bling. Ecoutez plutôt ce tranchant "Say goodnight" du revenant Reks, sur un beat qui tue (au style reconnaissable à milles bornes) de Primo...Le N***, pardon "Untitled" de Nas parait bien pâlichon à côté.
En parlant du "N-word", Mr.Jones a un sérieux concurrent dans le registre polémique. Le nom, c'est NYOIL, un membre des UMC's (duo sévissant depuis les 90's). L'esprit, c'est Public Enemy : politisé, rentre-dedans, sans concession. La chanson, c'est "Y'all Should All Get Lynched !", qui a beaucoup fait parler d'elle sur la toile. Une sorte de "J't'emmerde" à l'américaine, violent coup de latte asséné par un "ancien" dans la fourmillière du rap bling bling/nouveau riche. Le premier clip du brulôt, qui visait directement certains cadors du rap US (50 cent, Lil Wayne, Ja Rule, The Game, Lil Kim...), a été remplaçée par la (chouette) version animée que voici. NYOIL a aussi fait parler de lui avec le percutant "What up my wigga wigger" (le clip ici), un discours anti-raciste radical et pertinent. L'album du couillu bonhomme de Staten Island - le double HoodTREASON, the warm up - est disponible.
Assez de violence, on quitte le flow urbain de la côte Est pour se caler tranquille en Californie avec Shawn Jackson. Smooth, honnête, "conscient", posé, positif et souful, le son de Jackson respire la good vibe hip hop. Proche d'un Common ou d'un Talib Kweli, le MC n'a pas peur de prendre son temps, de coucher ses rimes sur un moelleux transat' midtempo, pour mieux faire mûrir son flow. A ce titre, le single "Feelin' Jack" porte parfaitement son nom. Signé sur un label indé, Tres Records, le rappeur vient de sortir son premier album, First of All...Idéal pour un été hip hop. NYOIL - Y'all Should All Get Lynched ! Shawn Jackson - Feelin' Jack Black Kids vs Cure : duel au soleilOn reviendra très bientôt sur Partie Traumatic, le premier album très attendu des Black Kids, quintet idiot-dance-pop venu de Floride et qui après une hype du tonnerre (repérage par Rolling Stone, quelques couvertures de magazines plus loin) a créé l'événement malgré lui ces derniers jours, suite à la mise en ligne d'une critique controversée (et originale) sur le site Pitchfork. Alors que le webzine de référence avait jusqu'ici fait monter la sauce avec les autres, le lâchage en règle est intervenu pour sanctionner la sortie d'un album qui, à défaut d'être subtil et intelligent, est en soi une bombe estivale de premier ordre. Les Black Kids, à l'image de ce single au titre fûté, ont plusieurs atouts dans leur manche, dont le moindre est de sonner, parfois, aussi bien musicalement que vocalement, comme Cure. Le chant de Reggie Youngblood sonne ici comme un décalque pur et simple (suivez l'intonation) des modulations pop du gros Robert. La comparaison se tient si l'on ne prend en compte que les morceaux light de Cure, comme "Just Like Heaven", "Friday I'm In Love" ou "High". Disons le, les Black Kids n'ont aucune profondeur de champ et ne valent que parce qu'ils ont la fête dans le sang, le sens de la party jusqu'au bout des orteils, du string et des cheveux. Avec eux, c'est Madchester, l'été de l'amour, Love Boat et le Queen à la maison dans un esprit camp pop électro hallucinant qui rend les nuits plus lumineuses que les jours. Ceux qui pensent qu'il faut écouter de la mauvaise musique pour survivre, qu'on peut faire l'amour en dansant, qui placent Republic de New Order dans leur top 10 personnel, se souviennent de Dee Lite, qui tiennent Shaun Ryder pour un grand songwriter ou ont aimé "Ouh la menteuse" de Dorothée ont intérêt à y jeter une oreille attentive. Prière de déposer le cerveau à l'entrée... les Black Kids ont beau tenter des textes audacieux (un inconscient a lâché une comparaison avec le Jarvis Cocker de la belle époque), on est avant tout là pour le son, le rythme, le sexe et la couleur. Téléchargez le nouveau single de Deerhoof !
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Hop, le voilà ! Pour une version en plus haute résolution, plus lisible et plus facile à imprimer, c'est par là. Vous trouverez aussi les mp3 premières versions enregistrées par des fans en attendant celle du groupe lui même qui devrait arriver sans doute avant Offend Maggie, le prochain album du groupe, en octobre prochain. L'idée est véritablement excellente, en tout cas je le pense parce que je l'avais eue moi-même il y a quelques temps déjà et j'attendais de voir quel groupe l'aurait aussi. Je ne me vante pas, le concept, à l'époque du web 2.0, est évident, mais je suis fier que ce soit Deerhoof qui ait eu la même idée que moi plutôt que, disons, Coldplay. Du coup je vais peut-être apprendre à lire la partition et enregistrer une reprise au kazoo et à la cowbell. Je vous tiens au courant. Pour une loi anti-EMO en Russie : la cocasserie du jourSi vous aussi vous avez peur des EMO (pour emotive ou emotional), de leurs attirails post-gothiques, de leurs grosses chaussures à semelle d'aluminium, de leurs clous dans le nez, le gland et le bout des doigts, si vous craignez les coupes de cheveux corbeaux, les moues boudeuses, le rouge à lèvres qui déborde, les mèches qui cachent les deux tiers du visage, les attitudes suicidaires, antiéconomiques, alors il n'y a qu'une destination pour cet été : la Russie. A la surprise générale, le NME qui suit cette affaire de très près a relayé l'information selon laquelle la Douma aurait dans ses tablettes un projet de loi anti-EMO susceptible d'être soutenu par une majorité de députés du peuple. Le dispositif prévoierait une régulation des sites EMO, ainsi qu'une interdiction des fringues gothiques dans les établissements scolaires. La loi s'appuierait sur un constat (déjà relayé maintes fois ici et qui a fait l'objet d'études plus ou moins fumeuses), selon lequel les attitudes EMO favoriseraient le suicide et la dépression chez les jeunes. Autant dire que les Russes avec leur taux maousse d'adultes en détresse picolo n'ont pas besoin de ça. Des manifestations pro-EMO sont prévues ce weekend et la résistance est en train de s'organiser un peu partout. Le leader du groupe russe MAIO (rien à voir avec la sauce) a déclaré que "manifester ses émotions ne pouvaient pas faire l'objet d'une interdiction" (non, mais), tandis que les membres du groupe My Chemical Romance, emblématique du genre, ont témoigné leur soutien aux jeunes Russes et répété pour la dernière fois que gothisme et suicide n'avaient rien à voir. Pour ceux qui débarquent, rappelons que le mouvement EMO est issu d'une dérivation du punk hardcore et a depuis évolué (en même temps qu'il ralliait des hordes d'ados) vers un mélange de rock gothique et de mouvement de mode générationnel, empreint d'affectation, de gros son et de sensiblerie. On a tout dit des EMO, qu'ils étaient chiquéS, toc, méchants, satanistes, sexistes, racistes, peu importe. En plus, ils se font des bisous dégueus et pensent que les derniers albums de Cure sont bons....
Albums cultes des géants du bizarre #48 : Can – Tago Mago
Can s'appelant initialement Inner Space puis The Can, patronyme sous lequel ils produirent les morceaux réédités en 1981 sur le titre Delay 1968 sous le nom simplifié de Can) Tago Mago est le second album du groupe après Monster Movie (Soundtracks paru un an avant, étant une compilation de scores et d'inédits). Double album mutant pour musiques hybrides, Tago Mago mêle habilement avec vingt ans d'avance, break insensés, ambiant, rythmes pré-techno et même chant proto-hip hop. A la manière d'un Miles Davis électrique sur les sessions de Bitches Brew (influence revendiquée par les Allemands), Holger Czukay (basse) Irmin Schmidt (synthétiseur), Michael Karoli (guitare et chant) et Jaki Liebezeit (batterie), le line-up originel, auquel il faut ajouter David Johnson à la flûte, l'Afro-Américain Malcom Mooney au chant, auquel succède le Japonais Damo Suzuki, poursuivent leur exploration d'une musique nouvelle, sortant du format rock-pop anglo-saxon. Un enthousiasme et une volonté qui seront l'occasion d'initier des méthodes d'enregistrement et de production révolutionnaires. Sur Tago Mago le groupe utilise le bruit (le souffle des bandes comme son environnemental), le cut-up, le collage ou le mixage de prises live et de sons électroniques. Extrêmement impressionnés par le surréalisme sauvage du "l Am The Walrus" des Beatles, ces quatre élèves de Karlheinz Stockhausen y explorent toutes les facettes de l'avant garde et de la pop.
Tago Mago s'ouvre sur le narcotique "Paperhouse", une balade chamanique et spatiale de presque 8 minutes qui quitte rapidement le sentier hippie pour emprunter des chemins moins prévisibles, ceux d'une transe analogique qui deviendra la marque de fabrique du groupe. Une chevauchée krautrock tourbillonnante menée tambour battant par la batterie polyrythmique d'un Liebezeit au sommet de son art et la guitare d'un Karoli en transe tandis que le chant de Suzuki prend des intonations magiques et chuchotées. Une recette que reprennent les scotchants "Oh Yeah" et "Halleluhwah", après l'étrange et arythmique "Mushroom" qui inspirera la scène punk comme, plus tard, la new wave. "Oh Yeah", morceau phare de Tago Mago, hypnotique et répétitif, est introduit par l'orage. Une électricité rendue folle et libre par l'anti-conformisme de ce groupe hors normes qui semble à ce moment clé de l'histoire de la musique, parfaitement conscient du bon en avant qu'il impose au rock d'alors. Le chant joué à l'envers de Suzuki n'est pas sans évoquer le kobaïen, langue imaginaire inventée par le leader des Français de Magma, Christian Vander. La musique elle, oscille entre répétition krautrock, improvisation jazz et influence asiatique, le tout est bien évidemment fortement psychédélique, tout comme son successeur "Halleluhwah", un brin plus posé et plus jazzy malgré son final acid rock.
Puis viennent les aspects les plus difficiles de ce diable d'album. C'est la longue dérives ambiant électroacoustique de "Aumgn". Presque vingt minutes dans l'espace infini des sons, entre improvisation, musique ethnique, musique contemporaine et dérives psychédéliques hantées. Tago Mago se clôt enfin sur "Peking O", la suite de "Aumgn" sur lequel la voix du Japonais Damo Suzuki vient ajouter une touche de magie primitive inquiétante et "Bring Me Coffee or Tea", morceau du retour sur terre. Une ballade imaginaire tout à fait folk et pourtant littéralement transformée par le voyage entrepris par le groupe. L'auditeur, quand à lui, s'il est un temps soit peu sensible, revient également transformé. Things 'll Never be the Same Again.
Can - Tago Mago (Spoon, 1971) Punk chinois, ou la culture du riff en territoire hostile Snapline - "Nothing to be exposed" La Chine est connue pour sa Grande Muraille, moins pour son mur du son. Pourtant, l'Empire du Milieu regorge d'excellents groupes de rock. Peu médiatisés, marginaux, ils se concentrent dans la capitale, et jouent dans des bars que seuls les initiés fréquentent. Cette scène pékinoise, menée par les "anciens" P.K. 14 et Joyside, trouve la plupart de ses influences dans le punk new yorkais de années 1970, mais aussi dans la new wave et le garage anglais des sixties. Pour ces jeunes, Talking Heads, Joy Division et le Velvet Underground font figure de Sainte Trinité. Leurs textes parlent d'alcool, d'ennui, parfois de rebellion, mais à mi-mot, ou à l'aide de métaphores cryptées : la censure communiste ne plaisante pas. Comment jouer du rock dans un pays qui a vécu reclu, presque en autarcie culturelle pendant près d'un demi-siècle ? L'histoire du rock chinois commence au milieu des années 1980, et elle continue aujourd'hui, plus vivace que jamais. Les années 2000 ont vu naître de nombreuses formations indie punk comme les post-punkers de Snapline (ci-dessus, attention aux oreilles), les très "noisy" Carsick Cars ou encore les post-Blondie de Queen Sea Big Shark (ci-dessous). Qui sont ces artistes, underground chez eux et inconnus chez nous, car presque tous non-diffusés en Occident? On est allé voir sur place, et on vous raconte ça en détail, dans notre dossier Beijing Calling : l'Histoire du rock Chinois!
Queen sea big shark - "get away" L'attaque raciste de John Lydon sur Kele Okereke de Bloc Party
Toutes ? Non, j'oubliais bien sûr Lydon qui envers et contre tout résiste aux accusations de racisme et de connerie en général, attribuant ce qu'il qualifie d'accusations mensongères à la jalousie supposée d'Okereke. Ce dernier a déclaré, par contre, avoir été moins choqué par les coups que par la découverte que son héros serait raciste.
Résumons les deux "scoops" dans cette affaire : John Lydon se comporte comme un connard, dit quelque chose de choquant. Bon, ça n'est pas comme s'il avait chanté l'amour fraternel toute sa vie ou qu'il était jamais apparu comme quelqu'un de sympathique. La nouveauté, c'est que d'une, il prononce des propos racistes et donc brise LE tabou qu'il lui restait à briser et deux qu'il nie, sans doute parce qu'il se rend compte qu'il a fait une bêtise, alors qu'à la grande époque il aurait assumé fièrement sa provocation et prétendu qu'il voulait nous faire réfléchir à une chose ou une autre.
Avec sa pitoyable reformation des Pistols et des années de ridicule derrière lui, Lydon doit bien savoir qu'il n'a plus la légitimité pour nous demander de réfléchir à quoi que ce soit, et s'il a si mal pris la question d'Okereke, c'est peut-être non pas à cause de la couleur de la peau de celui-ci mais plus parce qu'en évoquant PIL, Okereke lui a rappelé une époque de sa vie dont il peut être fier, bien plus en tout cas que celle qu'il vit maintenant. Un carré, ça sonne comment ?
Pour ma part, j'ai eu un score correct de 85% et un ami musicien à qui j'ai fait essayer le test a eu 100%... la logique semble respectée. Quand à la valeur réelle du test, c'est une autre question : un bon score indique-t-il qu'on est "intelligent" ou juste que notre cerveau fonctionne de la même manière que celui du créateur du test ? Et qu'est-ce que ça veut dire, l'intelligence musicale visuelle. La synesthésie, c'est-à-dire la capacité de notre cerveau d'associer les sens entre eux (et faire ainsi par exemple que tel son nous évoque une couleur ou une texture) c'est une belle idée mais à moins d'utiliser des éléctro-encéphalogrammes et de trouver une expérience valide à faire faire à un grand nombre de cobayes, ça reste un concept assez vague.
Enfin j'ai eu 85%, c'est pas mal. De quoi je me plains ? Avril Lavigne avec ou contre Youtube ?
Selon Wired qui a suivi toute l'histoire, le manager d'Avril Lavigne aurait déclaré que puisque la vidéo de "Girlfriend" est la plus vue de l'histoire de Youtube avec au moment où j'écris 93 millions de spectateurs au compteur, Youtube devrait deux millions de dollars à la punkette bubblegum. Mais comment cette vidéo a-t-elle pu être vue plus de fois que celle des deux "scientifiques" qui faisaient une chorégraphie à base de Coca et de Mentos, que celle de OK Go qui dansaient sur des tapis roulant et celle de Tay Zonday qui chantait "Chocolate Rain" ? C'est totalement improbable et en vérité totalement faux : il s'agit juste d'une opération montée par les fans d'Avril Lavigne qui ont décidé de faire dépasser les cent millions de vues au compteur de "Girlfriend" sur Youtube. Pour ce faire ils auraient même créé un site qui si vous vous y connectez se rafraichit automatiquement toutes les quinze secondes et crée un visionnage "fantôme" du clip. On savait déjà que certaines compagnies vendent aux artistes, qui veulent se faire signer, des inflations artificielles et automatiques de compteur Myspace et Youtube et que les compteurs des deux sites ne sont pas très fiables. En réponse aux déclarations du manager de Lavigne, un porte parole de Youtube a fait savoir que le site avait connaissance de ce genre de pratiques frauduleuses et avait les moyens de débusquer les tricheurs. Bien sûr, ces moyens n'ont pas été révélés et si on peut imaginer un moyen de repérer les bots (=robots) qui visionnent les vidéos automatiquement, dans le cas de gamines qui par millions cliquent sur "play" toutes les trois minutes, c'est plus difficile. Et puis ce n'est pas vraiment dans l'intérêt à court terme de Youtube de pourchasser trop férocement les pirates : Youtube aussi touche sa part de l'argent de la pub. Les fans d'Avril Lavigne, qui ont mis en place le site de visionnage fantôme? déclarent maintenant que ce site ne fonctionnait pas mais servait juste à créer un buzz autour du projet "faisaons de Girlfriend la vidéo la plus vue de Youtube" et que les 93 millions n'ont été atteints qu'à la force de l'index des fans. Si c'est bien le cas (et on ne doute pas de toute façon que ce genre d'opération est mené "en vrai" par des fans d'autres artistes tous les jours), Youtube ne peut nier le fait que ces fans ont été exposés à la pub et donc qu'Avril Lavigne mérite ses deux millions. On en vient donc à un système où ce ne sont pas les artistes les plus populaires qui gagneraient de l'argent mais ceux dont les fans sont les plus dévoués : une différence notable qui pourrait mettre Nine Inch Nails et Tool loin devant, disons, Norah Jones. Un artiste pourrait faire fortune en se concentrant sur l'idée de plaire au fan plutôt qu'au grand public. Pas sûr que la musique soit meilleure pour autant. Le spot de l'été : musique sur Pilotis
![]() Non la côte méditerranéenne n'est pas que ce refuge à touristes en goguette, ce repère à beaufs en bermuda et bob Pastis 51, que certains nous dépeignent à longueur d'année, confondant consumérisme sauvage et défouloir estival, avec une quête de dépaysement et d'authenticité que d'autres cherchent encore avidement. La côte méditerranéenne, côté Pyrénées Orientales, devenue ma région d'adoption depuis 10 ans, c'est aussi les étangs d'eaux salées, leurs faunes (hérons, aigrettes garzettes, flamands rose, mouettes et cormorans, mais aussi chevaux sauvages, vachettes, taureaux camarguais, sans oublier les fameux scorpions bruns), leurs flore (lis d'eaux, lêche, roseaux, bambous, ifs, chênes lièges, chênes méditerranéens, jacaranda, pins méditerranéens, etc.), la montagne, les châteaux cathares, le vin de soif, les grillades et les cargolades dans les vignes. Côté plage, beaucoup sont encore sauvages et ils existent des coins réellement magnifiques entre Baynuls et Cerbère, Collioure ou Port-Bou (sans oublier Port Vendre, Sète, Saint-Cyprien, certaines zone d'Argelès...) S'il est un spot réellement bluffant dans l'Aude par exemple, je dois dire que c'est Philippe Gash, restaurateur Catalan et amateur de bonne musique qui en tient la palme. Situé à Leucate, juste après le village, son restaurant sur pilotis (comme son nom l'indique) fait face à la mer, pas la flaque huileuse que beaucoup connaissent généralement, une mer encore vive, sauvage et houleuse (qui ronge son quota de terre chaque année d'ailleurs ! Changement climatique oblige). Là, vous pourrez déguster les petits vins de la région, le muscat bien sûr, mais aussi les pareillades de poissons et crustacés, les grillades maisons, les encornés et les gambas à la plancha, accompagnés de fruit et de légumes frais. Quand le poisson arrive frais dans les caisses quasiment sous votre nez, et que vous savez que Port Leucate est un des plus actifs de la région, vous mangez de bon cœur, sans vous poser de question. L'accueil est sympa, et surtout, Philippe, ancien disquaire renommé de Perpignan, vous fera une petite sélection musicale dont vous vous souviendrez. Ce n'est pas souvent que l'on peu déjeuner face à la mer, en écoutant Chromatics, Glass Candy, Laïka, Burial, Portishead et autres. A noter que le soir, le patron invite des groupes de la région, mais aussi des pointures internationales. Certains restent pour manger. On attend par exemple les Sonic Youth, qui joueront à Port Leucate (à 100 mètre du restaurant), le 04 août par exemple. Les Pilotis - Plage des Pillotis 11370 Leucate - 06.26.35.17.86. iPod de la terre entière, tremblez !
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Avec ses 20 centimètres de haut, Yo Majesty : attention, tornade electro-hip hopPosté par Slick Rick le 20.07.08 à 12:38 | tags : électro, hip hop, punk, rap féminin, vidéos musicales, youtube
Imaginez un croisement d'ESG, The Gossip et Salt-N-Peppa. Ajoutez un peu de grime, de dubstep, de riot grrrl et de rage hip hop. Vous obtenez un truc de ouf : Yo Majesty ! Hyper péchues, Shunda K and Jwl. B revendiquent leur pétulante féminité à coup de bombes booty jubilatoires comme "Kriptonite Pussy" ou "Hey there girl". On pense à "Caught on there" de Kelis, mais sans les tenues sexy. Des Bikini Kill version hip hop si vous voulez. Les deux pétroleuses de Floride foncent dans le tas, crachent leurs acrobatiques lyrics à la Missy Elliott sur des instrus electro-punk-dub addictives, entre Diplo, Burial et les Neptunes. Voilà pour le name dropping. Regardez plutôt ces deux clips, l'hilarant "Hustle Mode" (ci-dessous) qui pastiche les poses macho de certains rappeurs, avec un classe internationale, ou le "Monkey" ci-dessus, ébouriffant grime crunky. Yo Majesty est du genre à vous prendre par la peau des fesses pour vous jeter sur le dance floor à coup d'infra-basses coriaces et salaces. "Prêt à oublier tout ce que vous connaissiez ? C'est le moment, dit le Myspace des deux rappeuses. "Désormais, levez-vous et n'ayez pas peur !" M.I.A et Santogold peuvent se faire du souci, les Yo Majesty investissent les clubs, les garages et les block parties... En force et en même temps. Leur album (Futuristically Speaking… Never Be Afraid) est attendu en septembre. Alors, dude, prêt à faire exploser ton ghettoblaster ? Youtube de l'été #51 : Dizzee Rascal - Dance Wiv Me (2008)Posté par LovelyRita le 19.07.08 à 11:16 | tags : hip hop, tubes de l'été, uk, vidéos musicales, youtube
Flu l'a décidé, 2008 ne sera ni dédié à Estelle, ni à MGMT (même si on ou quelques membres de la rédaction les apprécient) mais sera consacré au hip hop gouailleur de Dizzee Rascal. Avec son "Dance wiv me", le rappeur britannique cartonne en son pays et c'est une première pour lui. Son "Fix Up, Look Sharp" d'antan était un beau prétendant à la place number one des UK Singles Chart, mais c'est finalement l'association avec Calvin Harris et Chrome qui lui a permis début juillet 2008 de chatouiller le haut du classement. Dizzee Rascal qu'on avait vu lors de son passage à la Villette Sonique et dont on attend un possible nouvel album avec une impatience et une émotion non dissimulées. En attendant, ce "Dance Wiv Me" numéro un en Angleterre et tube de l'été 2008 sur Flu satisfait nos envies de tubes à gros son et grosses ficelles. Certainement pas le meilleur titre de Diz, le single n'a pourtant pas volé sa nomination... Au casting donc, un Calvin Harris qui a vu sa cote monter en 2008 suite à la sortie de son I created disco, Chrome, la boîte de nuit toute pourrave et des tops à paillettes... un poil ringard, vous en conviendrez. Lire l'article 50 ans de tubes de l'été Décès de Daniel Caux, la fin d'un beau voyage
Venu du jazz expérimental et de l'école minimaliste américaine, il était de ceux que les musiques électroniques, et en particulier la techno la plus rigoureuse, n'effrayait pas malgré le fossé générationnel. Daniel Caux, défricheur, découvreur et passeur, s'est éteint samedi 12 juillet dernier à 10 heures 30 à Paris. Directeur artistique du fameux label Shandar, journaliste et critique, animateur radio, essayiste, commissaire d'exposition, il découvrit la musique concrète en 1959 avec Pierre Schaeffer, Pierre Henry et Luc Ferrari. Explorateur de tous les sons, il fut le premier à inviter Sun Ra en France. Ami intime de Terry Riley et de La Monte Young, Daniel connaissait son John Cage, Steve Reich et Philip Glass sur le bout des doigts, mais pas seulement. Lui qui avouait avoir vécu l'avènement des musiques électroniques et de la techno au début des années 90 comme une épiphanie, se lia avec les plus grands du genre : Carl Craig, Kevin Saunderson, Jeff Mills, Juan Atkins, mais aussi, bien sûr, Richie Hawtin.
Albums cultes des géants du bizarre #47 : The Wolfhounds - Blown Away
On parle souvent de Mark E. Smith, le fulminant leader de The Fall, comme l'un des pires caractères que l'Angleterre ait connu, pourtant, s'il est un autre atrabilaire intraitable de la brit-pop et du rock anglais des années C86 (du nom de la fameuse compilation offerte cette année-là par le NME), c'est bien Dave Callahan, leader des Wolfhounds. Fondé, justement, en 1986, The Wolfhounds traverseront bien des orages, des changements de line-up et des mésaventures diverses, au milieu de l'indifférence quasi générale du public jusqu'en 1990, date de la séparation, malheureusement annoncée, du groupe. Annoncée, parce que leur leader trop sensible, trop intelligent et trop aventureux, ne su jamais se plier aux canons de la brit-pop d'alors, refusant tout formatage pour accoucher d'une œuvre multiforme, comportant pourtant des pics fait de ballades nauséeuses ("Another Hazy Day on The Lazy A", "Restless Spell"), de brûlots enragés ("L.A. Juice", "Rent Act"), de pop songs venimeuses ("Happy Shopper", "Torture"), qui toutes, pourtant, dépassaient le simple cadre de ce que la pop s'imposait masochistement à elle-même. C'est un fait, les Wolfhounds devaient plus aux Sonic Youth d'Evol, aux expériences de PiL sur Metal Box ou à la mélancolie toute britannique d'un Nick Drake, ainsi que celle, bercé d'embruns californiens, du Lorca de Tim Buckley qu'aux têtes de charts de l'époque. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, dégoûté du music business, Callahan partira fonder Moonshake, autre exemple d'intransigeance musicale avérée, qui subira le même sort que son prédécesseur.
Reste qu'entre 1986 donc, et 1990, The Wolfhounds, les "chiens-loups" de la brit pop, veillent au grain, et veillent bien. Sur ce Blown Away emblématique, mini-album d'une densité hallucinante, Callahan crache sa haine du conformisme culturel et social avec une classe d'autant plus britannique qu'elle est purement et simplement dirigée contre son pays. Emaillant ses compositions de samples colériques (le fameux : "You Children, with your goddamn Brooks & Brothers suit, you sons of a bitch" à la fin du morceau éponyme de l'album), l'anglais bâtit des échafaudages de verre coupant (on aurait pu dire des cathédrales, mais les cathédrales sont appelées à perdurer alors que les édifices de The Wolfhounds sont irrémédiablement voués à la destruction par leur propre créateur) s'envolant vers le ciel pour rivaliser avec les anges et défier leur "Divin Patron". Là-haut, les Wolfhounds engagent des combats de guitares minimalistes dignes du Marquee Moon de Television ou du Pink Flag de Wire. Sur "Rite Of Passage", ou "Tropic Of Cancer", les Wolfhounds découpent leurs compositions proprement, et à sec, à coup de riffs étincelants, éblouissants même, tant la clarté des guitares est violente, jusqu'à l'incandescence. Et on le sent bien, Callahan brûle tout sur son passage, conscient de la faillite du groupe. Plus loin ("Living Fossil"), il se lamente d'une manière poignante sur l'état de la planète, à la fois aux mains de fossiles vivants (les dirigeants) et bientôt réduite à l'état de fossile tout court. Cela n'empêche pas le groupe de rebondir sur les morceaux sans concessions que sont "Dead Sea Burning", le cinglant "Blown Away" et "Skycrapers", épique morceau de punk rock porté sur trois minutes par la voix étonnement lyrique cette fois, de Callahan. L'ensemble se clôt sur "Personal", une étrange ballade électronique minimaliste, qui annonce avec quelques années d'avance les expériences proto-dub et free-rock de Moonshake.
The Wolfhounds - Blown Away (Midnight Music, 1989)
Et n'oubliez pas de visiter cet excellent site posthume dédié au groupe Cinerama : de la classe, une moto et de la popRien de tel qu'un peu de mégaclasse glamour pour s'engager dans un été qui tend les bras. Brigitte Bardot avait fait des étincelles en Harley Davidson mais c'est finalement assez peu de choses face à cette débauche de sensualité orchestrée par Marianne Faithfull, rarement plus belle qu'ici. Le montage est d'un inconnu bien inspiré, joli mélange entre le single "Girl on A Motorcycle" des sous-estimés Cinerama, groupe monté par David Gedge, du Wedding Present, et sa fiancée de l'époque Sally Murrell. La musique de Cinerama est un mélange de pop aérienne, de bandes originales de films et de cordes : une merveille pour siroter un Martini avec une olive verte. Ici, le réalisateur a choisi d'illustrer la chanson avec un extrait d'un film scandaleux daté de 1968 et réalisé par Jack Cardiff. Girl on A Motorcycle, le film, est ressorti quelques années plus tard sous le titre Naked Under Leather (Nue sous le cuir) et propose l'histoire la plus stupidement érotique de l'époque : une jeune femme mariée et BCBG se voit offrir en cadeau de mariage (wedding present, héhé) une moto qui la met dans tous ses états et lui permet de rejoindre vavavoom son lover chaud bouillant. Le casting est prometteur avec un Alain Delon au sommet de sa beauté, mais le film se plante avec panache pour devenir une sorte de nanar légendaire. Il faut dire que, dans un délire psychédélique, et tandis qu'elle chevauche, la belle Marianne est parcourue de visions hallucinantes où elle met en scène ses relations avec les deux hommes de sa vie. La chanson est, quant à elle, extraite d'une collection de 4 EP (Holidays) sortie dans la foulée de l'excellent album Disco Volante. Elle ne parle pas vraiment de moto, de mobylette ou de scooter mais peu importe. Son mouvement cinématographique et sa langueur sont tout ce qu'il fallait pour nous donner l'envie d'aimer et de foncer avec le vent dans les oreilles. Il y a de l'orgasme cosmique dans l'air.... "J'me ferais bien une Plasticines"
Michel Drucker. Le fils du patron de l'Olympia. Dany Boon. Les Plastiscines. Des guitares. Vivement Dimanche. La mine de son crayon. Nous sommes en 2008 et franchement, je n'ai plus les mots. Oh, the humanity... Ils s'appellent BP Zoom, ils sont célèbres parce qu'ils ont ouvert pour Tokio Hotel au Parc des Princes et parce qu'on les invite à la télévision pour leur grand talent. Ils ont le mérite de nous rappeler que parfois le bien et le mal existent. Tout n'est pas relatif. J'ai envie de leur planter une fourchette dans l'oeil. Lil' Wayne fume tropOn a beau se plaindre que le hip hop est mort, que l'esprit d'innovation des débuts l'a quitté, il reste quand même le seul genre musical qui offre la possibilité à un freak total comme Lil Wayne de s'assurer avec son album Tha Carter III la première place des charts américains et la meilleure première semaine de ventes depuis... Kanye West (qui n'est pas très bizarre mais est tout de même bon, c'est déjà beaucoup). Celà étant dit, tout le monde, je dis bien tout le monde, semble en adoration devant Lil Wayne et il faut bien dire qu'il est brillant. Son flow trainant faussement paresseux, ses images surréalistes égrénées sur plus de mixtapes gratuites qu'il n'a peut-être de millions (calcul rendu compliqué par ses dizaines de guests versés pour tout le monde et sa soeur), sa voix de défoncé perpétuel... "Tout le monde" l'a dit avant moi et souvent mieux. Seulement il y a le "mais" qui nous pend au dessus depuis le début du paragraphe : la fumette peut libérer l'esprit au moment d'improviser un rap absurde mais elle n'aide pas forcément au moment de prendre les autres décisions. Se faire tatouer le visage, chosir les meilleurs morceaux pour un album que tout le monde attendait depuis trop longtemps ou choisir les bons producteurs pour assurer un beat extra-terrestre qui aura au moins autant la classe qu'on l'a soi même et pour y aller mollo sur le vocoder et les refrains chantés par T-Pain. Sur "A Milli", présenté en pièce à conviction ici même, Lil Wayne se compare à Andre 3000. La comparaison n'est pas entièrment infondée et sur ce background minimaliste et hypnotique, on n'a rien à redire. Ca pourrait être du Outkast moderne, sauf qu'Outkast n'enchaînait pas ce genre de morceau avec "Got Money", un futur single qui accumule les plans les plus éculés du hip hop commercial de la fin des années zéro. Des "best rapper alive" on en a vu passer. Un peu plus d'exigence musicale assurerait qu'on se souvienne de celui là. Lire la chronique de Tha Carter III "House of Cards" de Radiohead, filmé sans caméraThom Yorke en avait marre d'être filmé par une caméra dans ses clips. Un beau jour, il s'est dit quelque chose comme "Sapristi, mais pourquoi ne pas utiliser des lasers et des ordis pour capturer des images en 3D trop zarbi, nom d'un Linux ?!" Satisfait, il aurait conclu - toujours en son for intérieur - par un cinglant : "No camera ! Ok computer !". Non, en vrai, c'est Aaron Koblin un ingé-designer brillant qui a eu l'idée. Responsable d'expériences visuelles assez hallucinantes ( les vols d'avion au dessus du nord US !) et d'un clip d'Interpol, le jeune surdoué, entre deux expos réalisées pour le MoMA, s'est mis au service de Radiohead. Le clip de "House of Cards" a donc été tourné selon des procédés fort compliqués (voir le making-of ci-dessous) que l'on pourrait résumer ainsi : usage d'un scanner spécifique pour capturer les images les plus proches (visages de Yorke), à ne pas confondre avec le "Velodyne Lidar", qui, comme chacun sait, est une bécane réservée aux trucs éloignés (paysages). Résultat, des données, des chiffres et donc, des images (et non pas des lettres, Laurent Romejko). Mouhaha, s'esclafferont certains. Pourtant, le clip, certes un peu geekien dans l'âme, a de la gueule. La face de Yorke se liquéfiant sur fond noir, les travellings dans des ruelles aux couleurs inversées, la "party" parasitée et fantômatique, tout cet univers mystérieux en version "négatif" et sablonneuse colle grâcieusement à l'atmosphère désolée de la chanson. Pour les fans, il est même possible de télécharger et remixer la video (ici). Avis aux amateurs. L'été 2008 sera... LENT !
Wouééé, cooool, en fait je ne vous ai pas tout dis la dernière fois les amis. Les astres (et l'herbe qui fait rire que papy met dans sa pipe) sont formels encore une fois, l'été ne sera pas seulement COSMIC, il sera LENT aussi ! Tous les signes sont là, nul ne peut se tromper : il fait chaud, le vent pousse tranquillement les nuages dans le ciel, l'herbe et les cheveux poussent de concert, ainsi que la mousse qui s'accumule entre les doigts de pieds de ceux qui se trimballent en tongues tout l'été.
Tu devrais me faire confiance petit homme. D'ailleurs, l'actualité musicale le confirme. En témoigne le deuxième volume doucettement funky de la collection Elaste, qui nous avait déjà régalé l'an dernier des élucubrations cosmic et low disco de DJ Mooner, digne descendant du fondateur du genre Daniele Baldelli, DJ résident du fameux club Cosmic ("Cosmic Discoteca" en V.O. transalpine). Drivé par Tom Wieland, cette année, Elaste vol.2 fait la part belle au côté obscur du disco des année 80, electro-funk et italo. On y retrouve Zodiac (l'enjoué "The Other Side of Heaven"), le bien nommé "Take Time" de Jagg, le fameux "Que Tal America" de Two Man Sound, le vibrant "Feeling Love" de LEB Harmony (inspiré du "I Feel Love" de Moroder), l'alien "Glückskugel" de Panoptikum ou encore le "Star Trek" des hilarants Vulcans. Tous ça plein de bonnes vibes estivales et globalement nettement supérieur au premier volume.
Fleet Foxes, le clip de White Winter HymnalFleet Foxes joue avec le temps et les apparences. Pour leur Ep Sun Giant et leur album, les gars de Seattle affiche peintures du peintre flamand Brugel et adoptent sur scène comme à la vie d'ailleurs un look approchant plutôt du grunge que de la pop spirituelle et harmonieuse qu'ils livrent. Des gaillards de Seattle qui subliment les choeurs sur ce "White Winter Hymnal", titre le plus étourdissant de leur album épnonyme. Et un clip qui colle parfaitement (ou presque) au clip imaginaire qui défilait dans ma tête à l'écoute de ce titre. Réalisé en pâte à modeler par Sean Pecknold, frère de Robin Pecknold (leader du groupe), la vidéo met en scène des personnages (les Fleet ?) vieux, fatigués et à la merci du temps qui passe, symbolisé ici par une roue. Une roue de la fortune qui tourne et tourne avec pour seul lot de consolation la mort. Un cycle sans fin inversé par un tour de manivelle. On remonte le temps, on redonne vie aux personnages, refait fleurir la terre et on se passe ce titre en boucle. Le 14 juillet... fête de la musique sur Arte
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On dit ça en passant mais il y a cette année une vraie alternative au défilé militaire (dont l'invité principal est le président syrien Bachar El-Hassad) : une journée en béton montée tout exprès pour la fête nationale de la musique (le 21 juin) par Arte, la chaîne franco-allemande qui fait du service public comme on doit faire du service public. Le programme est centré sur la Route du Rock de Saint-Malo 2005 et plutôt alléchant : 9H50, concert d'Art Brut, le groupe post-punk londonien qui monte, de Metric, groupe canadien qu'on connaît mal, enchaîné à 10h50 par une captation de la prestation des Cure, enregistrée sur la Grande Scène du festival devant 12 000 personnes, dixit le programme télé. On se souvient que la prestation avait été particulièrement appréciée par les fans parce que les Cure y avaient joué serrés serrés et avaient semblé retrouver une cohésion et une lourdeur de son perdues depuis pas mal d'années. On trouve du reste sur le site d'Arte Tv (http://www.arte.tv/fr/art-musique/Journee-Speciale-Rock/2114282.html) une intéressante version soundcheck d'At Night qui permet d'apprécier le gros Robert en civil, chemise noire déboutonnée sur le poitrail et pantalon de toile gris très élégant. Pour les autres, il y aura des parachutistes place de la Concorde. Ca peut valoir le coup aussi... Journée Spéciale Rock sur Arte
Beach House : pop de rêvePosté par Slick Rick le 13.07.08 à 14:20 | tags : folk, pop, psychédélique, vidéos musicales, youtube
The White Stripes, The Kills, Crystal Castles, She and Him, Mark Lanegan et Isobel Campbell... On en soupe en ce moment, des couples/groupes ! Un garçon + une fille : serait-ce l'équation rock des années 2000 ? Public et médias raffolent de ces duos cumulant ambiguité (couchent ? couchent pas ?) et minimalisme droit-au-butiste. Tout ça agrémenté d'une bonne tension sexuelle... Et hop, vous l'avez, votre hype ! Les hystériques Ting Tings en sont le dernier exemple, un rien exaspérant. Pourtant, en marge de ces couples rock(stars), existe un groupe génial dont a pas assez parlé : les Beach house. En marge, et pour cause, le duo de Baltimore cumule les handicaps ! Moins frénétiques que The Kills, moins sexys que She and Him, moins electro-clash-branchés que Crystal Castles, les Beach House sont loin d'être dans le coup. Carrément à l'ouest même : Alex Sally et Victoria Legrand n'ont rien trouvé de mieux que de jouer - en 2008 - de la dream pop psychédélique pas pressée. Et c'est magnifique ! Lente, délicieusement trainante et hors mode, leur musique rappelle les nappes vaporeuses de Broadcast, Galaxy 500 et Mazzy Star comme le psychédélisme anglais. Victoria a la classe et le ton sévère de Nico, on songe parfois aussi à El Perro Del Mar ou à Goldfrapp. Jetez donc un oeil aux deux vidéos, "Heart of chambers" (en haut) et "Gila" (en bas, donc). Leur univers visuel, gothico-psyché-folk-vintage, fascine. Les deux singles aussi. Ne tournons pas autour du pot : l'acquisition de Devotion (sorti en février 2008, eh oui déjà!) le deuxième album de Beach House, s'impose. My Bloody Valentine : la polémique qui fait rire (le retour)On s'interroge un peu partout sur le net (et à Fluctuat aussi) pour savoir ce qu'il faut penser du retour de My Bloody Valentine. Opération commerciale uniquement ou volonté de se rassembler autour d'un vieux pot (bruyant) avant de reprendre la route hypothétique des studios. Les prestations du groupe sur scène divisent entre ceux qui n'entendent là qu'un amas de bruit informe, difforme et difficilement supportable et ceux qui, les oreilles en lambeaux, prétendent avoir vu la lumière blanche du Grand Son Qui Tue, dans un process un rien surjoué, d'autointoxication chamanique.
Pour avoir été comme quelques autres de la tournée 1991, il faut avouer que la reconstruction (ou la sublimation comme on l'appelle parfois) a joué à plein depuis 17 ans : avoir été du concert 1991 (on doit être 100 000 à prétendre aujourd'hui avoir vu le groupe ce jour-là) et faire mourir les autres de jalousie n'est pas le moindre des plaisirs qu'on peut se payer quand on a vieilli et qu'on pose à l'ancien combattant indie. Si j'essaie de me restituer dans le contexte de l'époque, la réalité est plus prosaïque : quelques silhouettes taillées dans l'ombre, des aliens à guitares détachés en contre-nuit sur des spots incandescents, des voix angéliques qui semblent venir de l'intérieur du crâne plutôt que du dehors et ce bourdonnement affolant, qu'à l'époque on ne connaissait pas encore par coeur. L'expérience MBV tient sûrement tant du plaisir masochiste que de la mélomanie. Depuis, un certain nombre de groupes sont passés par là et ont offert, en matière de conjonction de pop et d'hyperbruit, des shows qui paraissaient mieux taillés pour la scène : les Boo Radleys du début ne perdaient pas la mélodie, les Ride, dans la tornade sonique, réussissaient toujours à faire surnager le chant, tandis que les Ecossais de Mogwai, en évacuant la question des voix, offraient à leurs instrumentaux une lisibilité que Kevin Shields et les siens ne parvenaient pas à proposer systématiquement (sans doute). Jesus and Mary Chain n'étaient pas si loin de la vérité du genre lorsqu'ils soufflaient le chaud et le grésil. La modulation fait loi.
Ceux qui comme moi ont essayé de sonder le net pour télécharger des enregistrements live de My Bloody Valentine savent qu'il est quasiment impossible, en dehors de quelques échantillons digestes, de réécouter un concert du groupe auquel on n'a pas assisté. L'expérience MBV tient de la Near (-Ear) Death Experience, l'une de ces tortures qu'on peut s'infliger en espérant y trouver une once de plaisir. "Chacun sa came", serait-on tenté de dire, mais l'affaire n'est pas si simple. Dans un concert de ce type, l'auditeur alterne les phases de concentration extrême, les phases d'absorption profonde par le flux sonore, les phases de communion et les phases de rejet. Le mouvement est inévitable et les instants de bonheur (rares) se pêchent au coeur de la vague (la vibe). Lorsque certains prétendent s'ennuyer ou sortir de leur corps, être éjectés du monde environnant, lorsqu'ils contemplent la foule, hagards, hagarde, c'est qu'ils expérimentent le mouvement de transe in/out que connaissent les amateurs de fête techno. Tout est vrai. Ils plongent, cessent de respirer, manquent s'évanouir et reviennent. Les débats rock sur MBV ont toujours amusé les milieux ravers. On en trouve la trace de-ci de-là sur le net. La polémique en soi n'existe pas si l'on considère qu'il ne s'agit que de rock. Pour s'en amuser, il suffit de zieuter en poussant sa sono à fond quelques tentatives de captation prises au hasard sur le net : entre le mélodique (un "I Only Said" d'ouverture somptueux à Paris), l'innommable, l'inécoutable et le mélodieux, c'est le souvenir qui tranche ou alors la qualité du téléphone portable, le positionnement (aléatoire) face, contre, sous, ou devant le mur du son. Chez MBV, plus qu'ailleurs, on n'est (on ne naît) pas égaux devant l'espace, pas égaux devant la mémoire, devant la souffrance ou le thrill, pas égaux devant la jouissance. En cela, cette musique nous rend plus humains qu'humains, fragiles comme l'épaisseur d'un tympan et d'un pavillon qui vibre. Amusant, non ?
http://musique.fluctuat.net/blog/31936-my-bloody-valentine-au-zenith-les-boules-quies-.html http://www.fluctuat.net/6380-My-Bloody-Valentine-sur-le-retour http://www.fluctuat.net/6421-Histoire-du-Shoegaze Christophe, l'interview et la vidéo sur Fluctuat.netPosté par Maxence le 11.07.08 à 17:33 | tags : chanson française, électro, flu, news, vidéos musicales, youtube
Aimer Ce Que Nous Sommes c'est le challenge que nous propose Christophe en 2008. Un vrai défi en cette époque mal aimée, époque de crise, de doute et de remise en question pour nous, mais aussi pour lui, cow-boy solitaire de la chanson française, auteur d'albums - et morceaux - cultes et bizarres, à la carrière comportant autant de pics de kitsch mainstream assumés ("Aline", "Les Mots Bleus", "La Dolce Vita", "Senorita") que de nombreux moments brillamment expérimentaux (le glaçant Le Beau Bizarre, l'album Bevilacqua en compagnie d'Alan Vega de Suicide, la scène avec le même accompagné par une Harley au moteur tournant à plein régime, sa collaboration avec le Mexicain electronica Murcof sur son dernier disque, etc.)
Et pourtant, il ne sera pas difficile d'aimer ce qu'est Christophe aujourd'hui, un grand artiste tout simplement, hors des modes, hors du temps et hors des normes. En témoigne notre entretien avec le chanteur décalé ainsi que "Mal Comme", morceau phare et première vidéo offerte au public par le bonhomme.
Lire notre chronique d'Aimer Ce Que Nous Sommes et notre entretien avec Christophe. Billy Corgan est vieux
"Nous jouons les chansons d'un album sorti il y a six ou sept mois mais la plupart des gens ne connaissent pas les chansons. Les gens n'écoutent plus les disques. Ouais, quand Siamese Dream Machina / the Machines Of God en 2000, 50% du public connaissait l'album. Aujourd'hui tu joues, c'est genre 10% du public qui connait les chansons parce que les gens n'écoutent plus d'albums. C'est que des playlists sur des iPods et des trucs. Radiohead va découvrir très vite en donnant leur musique comme ça. Grand Funk Railroad et Cheap Trick et tous les jours pour aller à l'école je faisais cinquante kilomètres à genoux en short sur du gravier. Micah P. Hinson, man in black dans un taxi noirVous connaissez la Blogothèque, et leurs merveilleux concerts à emporter... Vous devez sans doute aussi avoir entendu parler des Black Cab sessions. Non ? Le principe est simple comme un macadam à deux voies : un artiste joue une chanson dans un taxi. Le taxi est noir, ce qui donne le "Black cab" du tître, vous me suivez où je vais trop vite ? Allez donc faire un tour sur Black Cab Sessions, vous y trouverez notamment cette vidéo de Micah P. Hinson, étonnante réincarnation de Johnny Cash dans un corps de garçonnet. Ses chansons semblent vieilles comme l'Amérique, presque surannées, mais touchent en plein coeur sans prévenir, à la manière d'un Smog (qui a lui aussi sa session en tacos). Aussi noir que majestueux et bouleversant, Micah P. Hinson And The Red Empire Orchestra, le dernier album du Texan, vient de sortir. Et y a la critique du disque, qui va avec. Un conseil, cow-boy, jetes-y donc une oreille. Albums cultes des géants du bizarre #46 : Maurizio - M
Car Maurizio, sous ce pseudo évoquant plus une des monstruosités italo disco transalpine, qu'une entité incontournable de la techno cérébrale allemande, n'est pas un projet electro comme les autres. C'est le fruit de la rencontre et du travail de Moritz Von Oswald et de Mark Ernestus, figures emblématiques de la new wave germanique des 80's sous le nom de Palais Schaumburg, devenus accros au dub et à la techno au début des années 90. Dès 1992, Von Oswald et Ernestus s'engagent dans la production électronique sous le nom de Maurizio, devenant rapidement un mythe au sein de cette scène. Profondément respectueux des canons de la techno de Detroit (anonymat, militantisme politique et artistique) et des rythmes profonds, narcotiques et répétitifs du dub jamaïcain (echo, delay, reverb, souffle et craquements de vieux vinyls), ils élaborent un mix de ces deux tendances et créent le label Basic Channel. Quelques années plus tard, ils délaisseront cette structure et fonderont Chain Reaction, la suite logique de leur aventure. Sous cette étiquette, ils produiront le meilleur de la techno allemande des années 90, à tendance expérimentale et monomaniaque.
Mais revenons à Maurizio. Sous ce nom nos deux Allemands anonymes (personne ne les a jamais pris en photos, ils exigent de ne pas être cités en interview, etc.), développent une techno entièrement analogique (le combat contre le numérique continue !), et déploie sur le label du même nom, une douzaine de EP mythiques, un son hypnotique, amniotique et asthmatique. La musique se devant d'être écoutée, Maurizio cède aux sirènes de la production CD et M Series incarnera la réunion de leurs meilleurs morceaux sur le support sacrilège du CD. Une bonne idée puisque cette édition en CD en scotchera plus d'un. Cette non-techno attirera même de nombreux auditeurs auparavant totalement réfractaires à ce genre de musique. Car l'electro de Maurizio, jusqu'alors peu accessible en vinyl, est à la techno ce que les Spacemen 3 furent au rock psychédélique : un cas extrême, mais aussi un épigone minimaliste comportant assez de mystère et cultivant assez d'espace intérieur pour fasciner toute une frange d'amateurs cherchant le dérèglement des sens, qu'il soit rock ou totalement autre.
Onze ans après, force est de constater que la techno chuintante et filtrée de Maurizio, cette musique maniaque pour beat junkie en mal d'hypnose, nous emmène toujours aussi loin, de Berlin par Detroit en passant par Kingston, le son de Basic Channel et de Chain Reaction hantera d'ailleurs toutes les années 90, et revient même aujourd'hui sur le devant de la scène avec des projets comme Deepchord, Quantec, Rod Modell, Pole ou Mikkel Metal. Les puristes resteront pour leur part sur ce M Series qui incarne encore aujourd'hui, tout ce que cette musique a de fascinant.
Maurizio - M Series (Maurizio, 1997) My Bloody Valentine au Zénith : les boules (Quiès)
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Quadras cools, trentenaires branchés, indie-rock fans, geeks, curieux et ingénieurs du son en mal de sensations attendaient ce moment depuis plus de 15 ans. Aaah, le retour de My Bloody Valentine. Historique, incontournable, culte et tout ce que vous voulez, l'évènement s'est finalement produit hier, au Zénith de Paris. Et ce fut un pétard, que dis-je, une dynamite...mouillée.
Beaucoup de "vieux" de 40 ans dans la salle quasi-comble, souvent mal rasés ou avec un reste de cheveux longs, une boucle d'oreille, des pattes un peu rebelles ou quelque chose, un petit détail attestant de leur (ex) rock'n'roll attitude. Je croise même un clone (= fan) de Morrissey au bar. A 21h10, l'impatience commence à poindre dans l'assistance : "Grouillez-vous My Bloody Valentine, ça fait déjà 15 ans qu'on attend !" s'exclame une rigolote.
21h15. Belinda Butcher, Colm Ó Cíosóig et Debbie Googe entrent en scène. Kevin Shields aussi, mais on ne le voit pas très bien: le discret sorcier shoegaze porte une tenue aussi sombre que le mur d'amplis implanté derrière lui. Ainsi camouflé, et fidèle aux principaux points de la doctrine du shoegazing ( 1/"tu ne diras pas bonsoir au public", 2/"D'ailleurs, tu ne t'adresseras pas au public avant la moitié du concert", 3/"Tu conserveras ta mine d'enterrement quoi qu'il arrive", et surtout "Tu ne quitteras pas des yeux tes baskets à moins bien sûr qu'un problème technique majeur ne se produise") Kevin Shields honore sa légende, restant imperturbable, immobile et renfrogné (presque) toute la soirée.
Acoustique déplorable
Dès la première note, le public comprend violemment pourquoi on lui a distribué des boules Quiès, d'office, à l'entrée. Une question de survie: le son, véritable maelstrom, coupe le souffle - au sens propre. Ma bière en tremble d'effroi, dans son misérable gobelet de plastique. Mais ça, l'ouragan sonique, on s'y attendait: c'est même ce qu'on était venu chercher. Non, le souci, parce qu'il y en avait un, c'était le Zénith et son acoustique déplorable. C'est simple, on n'entendait pas le chant de Kevin Shields. Ni trop d'ailleurs celui de Belinda Butcher. Le souvenir émerveillé de Loveless, des magnifiques feulements de Belinda, en sublime lévitation sur le magma de larsens telluriques propagé par Kevin Shields ont vite été rattrapés par la triste et triviale réalité de ce mercredi 9 juin...Une bouillie sonore, ennuyeuse au bout de 20 minutes pour ma part. Bouillie d'où émergeait parfois, avec peine, l'ombre d'une chanson, amorçant un début d'émotion, finalement toujours cantonnée à un état larvaire.
Quelle frustration, quel massacre quand on sait le soin d'orfèvre maniaque avec lequel Shields mixe et produit ses morceaux en studio. Ainsi, la somptueuse "Only shallow" portait bien son nom hier soir. Et les My Bloody Valentine n'y ont été pour rien. Si les images organico-strobosco-pouetpouet n'avaient guère d'intérêt, les musiciens quant à eux ont fait le boulôt avec classe. Colm Ó Cíosóig a laminé ses fûts sans relâche, Debbie Googe a fait souffrir sa basse avec hargne et volupté, tandis que Kevin Shields assurait avec flegme son taux vital de larsens, et que Belinda Butcher, éternelle adolescente de 47 ans, en mini-jupe, martirisait sa guitare d'un air angélique et naîf.
On a dû se contenter de cette pâle impression de mythe souillé (Kevin Shields ouvrant la bouche pour la première fois, au bout d'une demi heure de show, pour s'excuser de la mauvause acoustique; Kevin Shields interrompu dans son cultissime final bruitiste de "You made me realise" par...un problème technique!?), se satisfaire de ce vain déchainement noisy, pourtant amputé de ce qui constitue son complément essentiel, voire sa raison d'être chez les MVB: la mélodie pop.
Setlist:
Pour plus d'infos, lire notre article sur le retour de My Bloody Valentine et notre Histoire du shoegaze
Jeff Buckley, Nouvelle Star, Nouveaux Fans
Il se trouve justement qu'un email m'est parvenu aujourd'hui avec une petite histoire, très classique somme toute (ce n'est ni la première, ni la dernière fois qu'elle se produit) qui nous rappelle qu'il y a "rien compris" et "rien compris du tout du tout, la vie d'ma mère je sais pas de quoi vous parlez". Sony/BMG a envoyé une sommation aux fans responsables du site JeffBuckley.fr parce qu'en "usurpant le nom de domaine qui selon eux devrait leur appartenir, ils ont "porté préjudice aux ayants-droit de notre artiste comme à Jeff Buckley". Vous voyez, en créant un lieu accueillant où les fans du chanteur qui nageait très mal pouvaient se rencontrer, échanger des infos sur, par exemple, la dernière compilation de bootlegs de Jeff live sous la douche que maman Buckley et Sony/BMG mettaient généreusement à leur disposition dans un coffret deluxe en ivoire contenant le CD de vingt minutes et une vraie fiole d'eau du Mississipi, ces gens ont fait du MAL à la mémoire et à l'image de la marque Jeff Buckley. Ces gens sont une plaie. Jeff Buckley est beaucoup mieux servi par les gens de la Nouvelle Star qui génèrent des ventes en reprenant "Hallelujah" comme s'il l'avait écrite lui-même (qui se souvient de Leonard Cohen, vraiment ?. Il y a une nouvelle génération de fans à qui vendre et revendre l'oeuvre complète d'un type qui a sorti dix chansons dans sa vie. Il faut un nouveau site, un qui sera débarassé des vieux fans râleurs qui commencent à en avoir marre qu'on essaye de leur vendre n'importe quoi à n'importe quel prix. On peut se moquer du romantisme de Jeff Buckley, l'âme en peine qui chantait d'une voix haute qui fait mouiller des culottes lycéennes depuis bientôt quinze ans avec le plouf tragique dans lequel il s'est éteint. La vraie tragédie, vraiment, c'est surtout celle de l'avarice des rapaces qui se sont accaparés ses restes.
Salve hip hop de l'été
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La preuve, ce mois à Flu', on a recensé quelques très bons et discrets albums, à commencer par The Push de Raashan Ahmad. Membre des Crown City Rockers, un collectif californien basé à Oakland, mais dont les membres sont dispersés à travers tous les Etats-Unis, Raashan Ahmad nous offre un album contrasté dont les meilleurs morceaux ne sont pas sans évoquer le hip hop schizophrène de Roots Manuva. Sur ce premier album solo et côté break'n'beats, il invite carrément Dj Vadim mais aussi Eligh des Living Legends, Headnotic ainsi que Stro the 89th Key, des Procussions. Underground on vous disait. Côté flow, les rimes entêtantes de The Push rendent tout autant hommage au hip hop old school de la Côte Ouest qu'aux expériences trippées évoquant Madlib, Quasimoto et consort. Une belle surprise et un excellent album pour l'été.
L'autre bon album est signé Carlos Nino and Lil Sci. Une pochette constructiviste pour un hip hop évoluant entre classicisme baigné de jazz et influences latinos. Réunion de l'hyperactif Carlos Nino (moitié d'Ammoncontact et membre de Hu Vibrational, The Sound Of L.A. ou The Life Force Trio, également acteur au sein de Build an Ark, autre collectif de San Francisco réunissant des gens de toutes les couleurs, de toutes les confessions, dont certains se souviennent sans doute du fameux Dawn paru en 2007) et le rappeur Lil Sci (Science of Life), What's The Science? Elevation, porte bien son nom. Spirituel et soulful, cet album fait appel à l'âme dans un grand mouvement giratoire et fervent, porté par des arrangements à la fois sophistiqués comme du gospel et rêches comme un vieux blues. Sur ce disque d'exception, on notera également l'apparition d'autres grands noms du hip hop qui cherche, tel que Daedelus, Nobody ou Prince Po.
Côté "racines", on se penchera pour finir sur le bel album de M.anifest, un MC globe-trotter, originaire du Ghana, mais vadrouillant à travers le monde de Londres à Minneapolis. Son premier album Manifestation, lui non plus n'est pas sans évoquer les débuts de Roots Manuva. Bénéficiant du soutient de Jay Dee et Hi-Tek, on y retrouve le même feeling dub, voir ragga sur certains morceaux, même puissance dans le flow, tout en gardant par devers lui une retenue qui place d'emblée ce petit nouveau dans la case "future pousse à surveiller". Non dénué d'une touche de soul et de blues, Manifestations remet également en perspective le rôle de l'Afrique dans le hip hop contemporain.
En guise de conclusion, on terminera aujourd'hui sur cette vidéo de M.anifest pour Babylon Breakdown :
http://www.myspace.com/raashanahmad http://www.myspace.com/manifestations Soirée Astropolis au Social Club
Le Festival Astropolis commencera quant à lui le 13 août, avec une programmation électro faramineuse. La soirée du 15 août, avec Sébastien Tellier, M83, Carl Craig et les Midnight Juggernauts, est fortement conseillée.
Le reste de la programmation ci-dessous:
Jeudi 14 août 2008 Señor Coconut concert (chili), Naab concert (fr), Users (tremplin bzh),Peter Digital Orchestra concert (fr), Micropoint live (Fr), Lisa Moon / Dj Esk-ape, Dj Kriktus / Dj VV Section, Underjack / William Wild, Xencut / Marc Trakker (bzh), Dave Clarke electro dj-set (uk), Surkin dj-set (fr), Paul Ritch live (fr), Sonic Crew dj-set (fr), Fresharts Crew (tremplin bzh) Du Monde au Balcon, dj-set (tremplin bzh), Michel Ripoche, performance violon (fr), Sebastien Tellier concert (fr), Carl Craig dj-set (usa), M83 concert (fr), Midnight Juggernauts concert (australie), Hearts Revolution concert (usa), Sonic Crew et les amis d'Astropolis dj-set (fr), Ed Banger Crew akaBusy P dj-set (fr), So Me dj-set (fr), Dj Feadz dj-set (fr), Dj Mehdi dj-set (fr), Tornado & MC Rashky (fr), Crazy Dubstep & MC Lion Dub (tremplin bzh), Dj Gan (tremplin bzh) Derrick May performance (usa), DBX aka Daniel Bell live (usa), Sonic Crew dj-set (fr), Oil B (tremplin bzh), Birdy Nam Nam live (fr), Boys Noize dj-set (allemagne),Yuksek live (fr), Umek dj-set (slovénie), The Micronauts dj-set (fr), Danton Eeprom live (fr), Arno Gonzalez dj-set (fr), Itrema live (tremplin bzh), Miss Titi (tremplin bzh),Mix Master Mike from Beastie Boys dj-set (usa), Pone dj-set (fr), Missill dj-set (fr), Elisa do Brasil dj-set (fr-brasil), Shy Fx (uk), Sub Focus (uk), SP:MC (uk), Beat Torrent dj-set (fr), MC Youthstar (uk), DJ Ordoeuvre (Fr), Christoph"Praxis",Fringeli dj-set (uk), Iszoloscope live act (can), Rotator live (fr), Manu le Malin dj-set (fr),Scorn live (uk), Doctor Macabre live (fr), N Type dj-set (uk), NRV29 feat Mac Loud & HP (bzh), Greg G (tremplin bzh), KRRK (tremplin bzh) Plus d'infos sur le site d'Astropolis
French touch, coco ?Zoomusicologie : la vidéo n'est pas récente, mais ne dit-on pas que c'est dans les vieilles cocottes qu'on fait les meilleurs chickens ? MGMT recalé, Kings of Leon passable, live au ZénithLe Zénith de Paris accueuillait hier The Whigs et MGMT en première partie du concert des Kings of Leon, une soirée en forme de plateau de fromage avec une sélection alléchante de la scène pop-rock US actuelle. Avant le concert, la rumeur, ou plutôt la vérité commence à se répandre. A droite, à gauche, on discute, et on avoue ne plus avoir le sommeil tranquille depuis que MGMT a explosé. Découvert il y a quelques mois sur myspace, on se souvient avoir eu du mal à se défaire de leur page où le duo diffusait ses titres à sortir sur son album, Oracular Spectacular. "Time to pretend", "Pieces of What", "Weekend Wars", des titres à la carrure d'hymnes. Un concert en février à la Maroquinerie, des demandes d'interviews/accrèd à gogo, la guerre médiatique est en marche. Un album dont la sortie française a été avancée en raison du buzz, puis c'est le Bataclan, une couv pour Télérama et un Zénith pour une première partie. En quelques mois le groupe est passé de la Maroquinerie au Zénith, de la découverte sympathique au groupe symbole d'une génération que l'on entend dans toutes les soirées en appart. Loin de vouloir critiquer le succès qui a croisé le chemin des deux Américians, on a déploré hier une prestation dont pourtant on attendait pas grand chose. On disait (encore des rumeurs) que le groupe en live n'était pas à la hauteur de ses compositions ultra-léchées. 20h30, on découvre un MGMT un peu pataud, loin des envolées de leur Oracular Spectacular. On découvre un Andrew VanWyngarden à la voie nasillarde et faible, un duo accompagné de musiciens de scènes où tous sont exécuants. David Fridman (producteur et 3ème homme de MGMT sur cet album) n'étant plus là pour les élever, le groupe roule sur une autoroute. Guère un mot pour saluer la foule, aucun écart de folie, le public observe tout comme le groupe assure sa première partie. Pas psyché pour un sou, le set des MGMT se dégraisse un peu lors des trois derniers titres "Electric Feel", "Of Moons, Birds and Monsters" et "Time to pretend" en clôture. "Wouahhh", des bras qui se lèvent...ultime réaction du public, jusque là pas réactif. Un juste retour face à un MGMT engourdi pour qui tout est allé beaucoup trop vite, y compris pour nous. Arrivée, ensuite, des Kings of Leon, emmenés par Caleb Followill. Un concert que l'on attendait et qui aurait mérité de moins de pose et de plus de cambouis. Des albums honnêtes, qui recèlent tout de même de tubes nerveux et jouissifs ("The Bucket", "King of Rodeo", "On Call"). Le concert n'a que mis en valeur les mauvais côtés des compos de la famille Followill, à l'image du slim rose/rouge du guitariste, tape-à-l'oeil et kitsch. Des solos démonstratifs, une basse motorisée, mais un Caleb assez hypnotique. Taillé dans son gilet que laissait voir un débardeur, le chanteur des KoL dépasse la voix éraillée de studio pour un chant puissant, à l'arrière-fond soul. Des déhanchements sexy pour Caleb et un immobilisme pour les frères et cousins Followill, bougez que diable ! Un concert que l'on aurait voulu moins scolaire dans l'instrumentation, avec plus d'âme, de vêtements déchirés, de "rock'n'roll" et de bouteilles de bière explosées. Une déception qui trouve sa source dans le potentiel inexploité des quelques titres rageurs du groupe. Annoncé comme un prélude à leur album (Only By The Night, sortie le 22 septembre), le concert d'hier n'a finalement fait place qu'à très peu de nouveaux titres. Cekika volé la pierre tombale de Ian Curtis ?![]() On se croirait dans un mauvais remake du Dr Frankenstein ou dans un de ces vieux films de la Hammer où des bossus roumains viennent déterrer les ossements de célébrité et les cadavres à la lueur de chandelles en graisse de porc. Après la disparition des cendres de Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, il y a quelques semaines dans la maison qu'il partageait jadis avec la lippue Courtney Love, c'est la pierre tombale de Ian Curtis, le frontman suicidé de Joy Division, qui a été subtilisée au cimetière de Macclesfield, près de Manchester, où le chanteur avait vécu et était mort pendu à l'âge de 23 ans. Cette pierre tombale qui faisait au bas mot plus d'une centaine de kilos était l'un des lieux de pélerinage les plus fréquentés des fans de Joy Division. On s'y était rendu il y a quelques années avec beaucoup d'émotion. Elle était couverte de mousse (en son pied) et frappée très sobrement de l'inscription "Ian Curtis - 18 mai 1980 - LOVE WILL TEAR US APART". Au loin, on apercevait quelques immeubles, un peu de verdure et des restes d'activité industrielle. Live: Beck déçoit à l'Olympia
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Dire "j'ai vu Beck à l'Olympia" en 2008, c'est un peu le truc consensuel par excellence. Oui, Beck, le petit génie adulé par la critique depuis plus de 15 ans, jouait hier dans cet antre feutré et voué à la musique "respectable", devant un parterre de trentenaires cools en costard.
Après une excellente première partie assurée par les Yeasayer, nouvelle sensation punk/afro-beat de Brooklyn (a croire que NYC les produit au baril), Beck Hansen fait son apparition dans la salle mythique. Sapé comme un rustaud bucheron grunge, le slacker chaussé de grosses rangos ressemble beaucoup à Kurt Cobain ce soir, avec sa tignasse blonde, sa chemise trop large et ses lunettes de soleil roses. Sans dire bonsoir ni rien, le Californien démarre tête baissée par "Devils Haircut", pépite tirée d'Odelay, puis enchaîne cinq tîtres (dont une "Girl" plutôt fréquentable et l'aguicheur et funky "Sexlaws") sans interruption, comme pressé de passer à ses nouveaux morceaux. "Thank you", marmonne Beck sans entousiasme, après cette salve introductive.
Fosse apathique
La salle applaudit poliment, à moitié convaincue. On passe à Modern Guilt, le nouvel album. La jolie "Gamma ray", avec sa rythmique lourde façon Queens of The Stone Age (en soft, hein) et ses choeurs à la légèreté très sixties, réveille l'intérêt de la foule, également charmée par "Modern Guilt" très belle ballade pop. Techniquement, rien à dire, Beck chante comme un Beach Boy, ses quatre musiciens assurent, la sono frise la perfection...Manque quelque chose quand même : Beck ne semble pas à l'aise, regarde dans le vide, n'échange presque rien avec la salle pourtant bondée et acquise d'avance: à 40 euros minimum la place, l'assemblée est forcément fan - ou riche. Rien à faire, la fosse reste apathique.
Pourtant "Youthless", agrémenté d'une jouissive production de Danger Doom (évoquant autant Gorillaz que le gimmick de "The Message" de Grandmaster Flash), donne envie de balancer son popotin contre son siège de velours, "Soul of a man" carbure à la même came sexuelle et dirty-bluesy que The Kills, "Chemtrails" contient bien des saveurs dream-pop et psyché (voire post punk, cf le squelletique riff de basse à la Young Marble Giants !), "Walls" réussit l'alliage parfait entre violons country et power pop mélancolique tandis que l'afro-beat stylé de "Black Tambourine" fonctionne toujours. Bref, quel talent...Mais quelle frustration de le voir si peu exploité sur scène par un Beck étrangement emprunté, presque absent.
Le rappel change la donne, notamment avec un "E-Pro" vigoureux à souhait, applaudi par un public soudainement sorti de sa torpeur, puis complètement emballé par le classique "Where it's at", dont le "Na-na-na-na-naaaaaaaa...Na" résonne encore en sortant, Boulevard des Capucines. Joli final, mais qui vient un peu tard, et nous fait regretter la tiédeur appliquée de ce qui a précédé.
Les Oubliés de la pop : Gene - OlympianIl y a dans le monde des oubliés-de-la-pop des bizarreries qui ne s'expliquent pas. La disparition des Gene, meilleur groupe du monde des années 1995-1996 (devant Blur et Oasis, pendant qu'on y est), fait ainsi partie des anomalies historiques qui ne seront vraisemblablement jamais élucidées. Trop de talent ? Un premier album trop classique et exceptionnel pour que les suivants aient une chance de rivaliser avec lui ? Un groupe trop intelligent, subtil et maniéré pour se payer l'audace de remplir des stades, rallier les supermarchés du disque ? Ou simplement autre chose... Fainéantise, indolence, négligence. L'entrée en matière des Gene intervient en 1994 par une série de trois singles dont l'excellence n'avait pas été égalée depuis l'apparition des Smiths, modèles avoués du groupe et de leur chanteur Martin Rossiter, la véritable star du groupe. For the Dead, Be My Light, Be My Guide et Sleep Well Tonight font d'emblée un effet boeuf : la pop est gracile, aérée, les textes ambigus, romantiques et pleins de sous-entendus, le leader est beau comme un dieu malgré une coupe de cheveux (blonds) à la Menswear qui a un peu vieilli. Quelques mois plus tard, les Gene, propulsés par la hype, lancent dans la mêlée Olympian, leur premier album, et probablement ce qui était arrivé de meilleur à la pop depuis une dizaine d'années. L'album est concis (11 titres), sans aucune faiblesse et délicieusement crâneur. Gene grimpe en tête des charts et aligne les tubes. "Car That Sped" fait de l'oeil à "There Is A Light That Never Goes Out", "London Can You Wait" rappelle le désenchantement et la poésie urbaine de Oasis ou de Suede, la classe et la culture en plus. Venu du Pays de Galles, Rossiter en met plein la vue avec des paroles brillantes, une capacité à décrire des situations désespérantes et désespérées avec une justesse, une énergie et une intensité rares. Lancé enfin en single (il grimpera à la 18ème place des charts UK), la chanson "Olympian" est à elle seule un petit joyau et un condensé de l'écriture des Gene. Le titre parle d'amour d'une manière inattendue : la relation est perçue comme tendue et douloureuse, passionnelle au point que l'amant qui chante semble se donner en offrande à son partenaire mais aussi reposer entièrement sur l'autre. C'est l'amour qui rend raisonnable, normal et son absence qui plonge dans la folie. Les références uraniennes sont inversées et le romantisme qui se dégage de l'ensemble imparable. Les Gene enchaîneront assez vite avec un deuxième album, Drawn to the Deep End, plus sophistiqué que le premier et sur lequel la place des guitares (Steve Mason, le Johnny Marr du groupe) est plus imposante. Les arrangements sont plus travaillés et l'ensemble perd quelque peu en simplicité, même si quelques titres font leur chemin parmi le public fidèle qui accompagne le groupe de villes en villes. "Fighting Fit" se défend bien et "We Could Be Kings" laisse un excellent souvenir. La rupture intervient finalement 2 ans plus tard quand Gene après des problèmes sérieux avec son label, lance dans l'arène un Revelations au son brutal et au contenu plus politique. Excellent et inattendu, le CD désarçonne et se fait étriller par la critique habituée à entendre un groupe aux compositions léchées et plus proches du crooning que de la saillie punk rock. L'album n'est pas sans qualités : "As Good As It Gets", "Mayday" ou "Fill Her Up" sont d'excellents titres mais la période du désamour est ouverte. En 2001, le groupe de Rossiter tentera un tout pour le tout majestueux avec Libertine, une petite merveille autoproduite (les Gene montent leur propre label et remplissent les stades aux Etats-Unis) et qui aurait mérité un meilleur sort. "Is it Over ?" et "Does He Have A Name ?", les deux singles qui échapperont au naufrage sont là pour en témoigner : Rossiter n'a jamais aussi bien chanté. La musique de Libertine est revenue au niveau exceptionnel qui était celui d'Olympian. Rossiter se met à nu mais rien n'y fait. Le groupe semble condamné à enchaîner des tournées victorieuses (des tickets vendus en un temps record comme on viendrait voir des has-been magnifiques ou une reformation avant l'heure d'un groupe qui ne s'est jamais séparé) et des disques boudés par la critique. Rossiter qui rêvait d'une destinée à la Morrissey, se rase la tête et préfère jeter l'éponge. Les Gene explosent en douceur et avec classe en 2004, intégrant la liste (assez fournie) des grands groupes qui sont passés à côté d'une destinée glorieuse. La plupart des membres du groupe se recyclent dans le business du rock : certains comme manageurs (de British Sea Power, notamment), d'autres poursuivant l'aventure dans des groupes obscurs (Palace Fires pour Steve Mason). Martin Rossiter se retire à Brighton où il s'investit dans la vie locale : il monte une boutique de disques, donne des cours à la faculté sur le song writing et mijote depuis, hum, 3 ou 4 ans maintenant, un hypothétique retour en solo qu'on attend avec une impatience non dissimulée. En attendant, on peut se replonger sans hésitation dans l'univers de ce groupe typiquement anglais, injustement sous-estimé et fier comme Artaban. "London, can you wait for all the things I need to say / How long can you wait ? / I was having the time of my life / So why did you have to die ? / I'm lost / Again" chantaient les Gene sur l'un de leurs meilleurs titres. Sûr qu'on peut attendre longtemps après un tel groupe, mais pas trop... Live Solidays: Foals et The Gossip font parler la poussièreEnfin du rock'n'roll, enfin de la folie, enfin de la sueur! Les deux meilleurs concerts des Solidays 2008 avaient lieu dimanche. J'y étais, et - c'est la moindre des choses - je vous raconte.
Tout commence plutôt mal. Yannis Phillipakis, le chanteur de Foals, est de très mauvais poil : son micro ne fonctionne pas. De rage, il le fracasse contre un ampli, sous les yeux désolés de l'intermittente responsable du drame. Le petit leader taciturne porte un t-shirt siglé Ice Cube, très raccord avec son air vénère. Malgré les couacs techniques, le concert démarre quand même, et sur les chapeaux de roue. Un peu maso, je me suis incrusté dans la fosse, parmi la classe "underage" (dont je ne fais plus partie depuis... oula ça ne me rajeunit pas, ça). Ces jeunes gens de 15-16 ans sont complètement déchaînés, ils vivent le truc à fond, banzaï à l'attaque. Toutes mêches, Converse et slims dehors, ces ados se poussent entre eux violemment, sans différence de traitement entre filles et garçons: "et vas-y tiens que j'pousse ma copine dans l'arène pogo, héhé"...et vas-y qu'elle se venge ensuite en se marrant. L'égalité des sexes, en somme.
Nuage de poussière et dinosaures
Alors que le groupe d'Oxford égrène pied au plancher ses perles pop-punk survitaminées, la foule répond présent : un énorme nuage de poussière s'élève bientôt dans le Dôme. Sur un train d'enfer, Foals joue la totalité de son (encore) maigre répertoire, dominé par "Cassius", "The French Open" et surtout un "Heavy Water" au final époustouflant. Le quintet démontre à ceux qui en doutaient que Foals est un groupe de scène. Et déjà la fin du show, après un rappel bien mérité. Epuisé, le public sort peu à peu de sa transe rock, tout suant, tout poussiéreux et tout ravi.
De l'autre côté de Longchamp se produisent, après NTM hier, les autres dinosaures du hip hop français : IAM. Sur la grande scène "Paris", les Marseillais, visiblement ravis d'être là, déroulent un set efficace, carré, sans suprise. On a droit à un "best of" comprenant "Petit frère", "L'école du micro d'argent", "Le côté obscur", mais aussi le toujours remuant "Je danse le Mia", et quelques nouveaux tîtres moins convaincants comme "Rap de droite". Akhenaton et Shurik'n n'ont pas besoin de trop forcer, les dizaines de milliers de personnes présentes reprennent les refrains en choeur, presque machinalement. Le concert s'achève par le "classique des classiques", selon un AKH en plein excès de modestie (mais qui le contredira?) : le splendide marathon rapologique de "Demain c'est loin."
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Comtesse punk aux pieds nus
A peine la chanson finie, je retourne au Dôme au pas de course, pour ne pas louper The Gossip. Beth Ditto fait honneur à sa réputation de diva déglinguée. Sans mauvais jeu de mot, elle en fait des tonnes. Sans façon, la sex-bombe humaine déboule en tenue "saut du lit", les yeux gonflés et mal démaquillés, les pieds nus et les sous-vêtements...apparents. C'est-à-dire quasi à poil ! Impressionnante physiquement, Beth l'est aussi dans ses acrobaties vocales. La furie ferait passer Tina Turner pour Charlotte Gainsbourg avec une extinction de voix. L'ouragan disco-punk The Gossip fait bondir le chapiteau, vite transformé en dance-floor hystérique. Le public s'éclate, fasciné par cette hallucinante comtesse punk aux pieds nus, en redemande.
"Standing in the way", éructé par la Ditto en état de transe, explose tout sur son passage, sur une base electro-disco martiale, totalement irrésistible. Même la batteuse toute tatouée n'en revient pas : décidément, cette Beth est une bête. Il suffit de la quitter des yeux quelques secondes pour rater un évènement, un truc de ouf comme voir Beth grimper sur un mur d'enceintes en soutif-culotte (!) pour mimer un plongeon dans la fosse (!!)...pour le coup un peu inquiète, la fosse. Quel show miss Ditto ! Le meilleur de ces trois journées Solidays, haut la main. Cycle Summer of the 70's sur ArteAprès son cycle consacré, l'année dernière aux années "Summer of Love", la chaîne Arte lance dès mardi 8 juillet les soirées "Summer of the 70's". Suite à la sortie du film Disco, bon nombre de chaînes télé ont récupéré le phénomène et ont lancé à tire-larigot des programmes consacrés au genre musical. Arte, comme ses consoeurs, dédiera une partie de ce cycle à la musique disco, intimement liée aux années 70, mais pas que...puisque rock, soul et reggae y ont aussi des créneaux. Films, concerts et documentaires pour vous faire revivre les années 70. A voir : les meilleures prestations de l'émission culte Top of The Pops, Ziggy Stardust and the spiders from Mars, le live à Pompéi de Pink Floyd, un doc sur Abba, les Bee Gees, côté films Emmanuelle, Les Valseuses, Le péril jeune... ![]()
Toute la prog : Les films - Love Story, le 8 juillet à 21h00 - Slogan, le 8 juillet à 00h10 - Pat Garrett & Billy the kid, le 15 juillet à 21h00 - Shaft, le 22 juillet à 21h00 - Sweet sweetback baadassss song, le 22 juillet à 00h30 - L'épouvantail, le 29 juillet 21h00 - Les Valseuses, le 5 août à 21h00 - Emmanuelle, le 5 août à 00h25 - Scopitone, le 5 août à 01h55 - Le péril jeune, le 12 août à 21h00 - What a Flash, le 12 août à 00h20 - Emmanuelle 2, le 19 août à 00h10 - L'Homme qui venait d'ailleurs, le 26 août à 21h00
- Top of the pops, du 7 juillet au 29 août à 18h30 Les documentaires - Keppel Road - The Bee Gees, le 8 juillet à 22h40 Lire notre blog télé Live Solidays : 1 heure et 5 mn de bonheurAutant le dire tout de suite, la programmation de samedi, aussi éclectique qu'inégale, n'était pas franchement notre tasse de thé : Cali, Asa, The Subways, MC Solaar, Grand Corps Malade... Je suis justement arrivé pour le show du slammeur double-platiné. Et donc oui, il est charmant, souriant, touchant même parfois avec son air de survivant philantrope qui kiffe la life et le 9-3... Mais le registre lacrymo-lénifiant du Français finit par me lasser, je m'échappe vers le concert d'Asian Dub Foundation, sans conviction. Vite lassé par le flow redondant du bruyant crew brtiannique, mes pas me mênent involontairement devant le "Domino" ou sévit... Aaron. Le duo français, sans doute inspiré par les violons de James Blunt, n'en finit pas de pleurnicher, devant une assistance qui n'est venue que pour "Lili". Vite, une bière.
"Colonel Kadhafi"
Qu'il répète "Bumcello disco" sur des beats dansants, ou "Colonel Kadhafi"(!) sur de l'afro-beat hypnotique, la sauce jazzy-destroy prend méchamment bien. Le leader des Wampas s'offre même un petit tour de slam sur une étoile géante en polyester, avant de revenir faire le zouave sur scène. Didier Wampas n'a pas peur du ridicule. Exemple : il place son micro dans son fute (allusion sexuelle potache, limite consternante) puis se tape dessus. Là, il se rend compte que ça fait un beat (oui, "beat") rigolo, et le violoncelliste Vincent Segal transforme la déconnade en une boucle hip hop, qui lance la séquence suivante. Superbe ! Ouf, on aura quand même vu un concert "rock'n'roll" aux Solidays.
"Mais kess kess kess?"
On reste encore pour le "Concert des 10 ans" du Festival. Se suivent (et se ressemblent) Grand Corps Malade, Asa, Yaël Naim, La Grande Sophie, Jeanne Cherhal, Raphaël (si si...), Louis Bertignac et Thomas Dutronc dans un grand karaoké platement star académique (reprises et duos à gogo), jusqu'à ce que débarque... NTM. "Mais kess kess kess...Mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu?!" Déchaînées, les 55 000 personnes reprennent le classique en coeur, suivi de "On est encore là", toujours aussi puissant. Gros râle de Joeystarr ("Merci d'être venu pour la musique et contre le Sida"), de circonstance, puis exit, déjà... Leurs 5 minutes de show, ajoutées au set de Bumcello, m'ont sauvé la journée, en beauté. Live Solidays: Vampire Weekend et Nneka réveillent les festivaliersIl est 15h, le soleil tape fort dans l'hypodrome de Longchamp. Le public, encore peu fourni, déambule dans les allées, entre les stands de chamboule-tout et de saut à l'élastique (!), les ateliers de massage, les expos de prévention Sida, les buvettes, les manèges et, je sais plus...à oui : les concerts. Ambiance fête foraine aux Solidays, conviviale, familiale même...Pas très "rock'n'roll" tout ça.
Premier concert : Empyr. On choisit de fuir, et d'aller se faire masser à l'ombre, gratis, par une experte en shiatsu. Au loin, on entend les Deportivo se démener pour sortir les jeunes en bermuda de leur torpeur estivale. Verdict : du sous-Noir Désir sans grand intérêt. Et une certitude (appliquable à la majorité des rockeurs en VF) : leurs titres sont nettement plus attrayants et mélodiques quand ils chantent en anglais.
Crème solaire
Encore un peu flappy après le massage, on tente le stand Girls in Hawaii. Les gentils Belges bénéficient d'une bonne sono, de titres solides et pop, mais rien ne se passe. Pas de jeu de scène, peu de changements de rythmes, pas même de "A short song for a short mind"...Le public, écroulé sur la pelouse, remue vaguement la tête, avant de se remettre un peu de crème solaire.
Régénéré par cette sieste de début de soirée et la fraicheur qui s'installe, on commence à avoir envie d'un truc plus funky, histoire de se réveiller complètement. Nneka joue à 19h, let's go. A la vue de ce revigorant concert de soul-reggae-hip hop, péchu en diable, on se dit que c'était une bonne idée d'avoir programmé la germano-nigérianne dans un petit chapiteau ! Cette neo Lauryn Hill en a dans le coffre, et le prouve en se mettant illico le "Domino" (= petit dôme) dans la poche.
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illus Floating Away
Sandwich et vampires
Déjà l'heure du stand sandwitch-frites-bière, et ça tombe bien : Longchamp en est jonché. On se restaure donc, bercé par la country pop de Moriarty dont le concert a lieu à côté. Tranquillement, le groupe exécute un set charmant mais répétitif et sans surprise, dominé par les deux tubes "Jimmy" et la reprise de Depeche Mode "Enjoy the silence". C'est peu, mais semble-t-il suffisant pour le public, qui bat joyeusement des mains et chante en choeur les refrains.
22h, c'est l'heure du concert de Vampire Weekend, l'occasion de voir ce que vaut en live la nouvelle sensation new-yorkaise ! Les fans sont dans la place, et accueillent les quatre "wonder boys" diplômés de Columbia par les "Whouhou ! Yeah ! A poil !" de rigueur. Les Vampire Weekend, même s'ils ressemblent un peu trop à des personnages de Dawson, font du très bon son. Un post-punk inspiré par les Talking Heads, nerveux, dopé à l'afro-beat et ultra-pop. "One (Blakes got a new face)", "A-punk", "I stand corrected", "Cape Code Kwasa Kwassa"... Tous leurs tîtres ou presque sont des tubes : Ezra Koenig le sait et les égrène avec la foi d'un premier communiant.
Cherchez un défaut chez lui, il n 'en a pas. Et en plus, il parle français (le clavieriste aussi, normal) : "la capote c'est mieux que l'abstinence", vient-il rappeler dans la langue de Houellebecq, concluant ainsi son petit discours pro-Solidays. Tact, intelligence, élégance, humour, talent... Trop polis, les Vampire weekend? Oui, mais d'une redoutable efficacité. Worldwide Festival : qu'est-il arrivé à Sébastien Tellier ?
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C'est bien connu, les journalistes sont des vautours (et les écrivains des vampires, mais c'est une autre histoire). J'écrivais en effet il y a une semaine : "Ok, j'assume, Sebastien Tellier est en dépression" (le titre de ce post étant de plus : "Dis moi ce que tu penses", selon sa chanson "L'amour et la violence"), mais je vous jure pourtant que c'est avec un soupçon de culpabilité que je délivre cette information. Hier, vendredi 4 juillet, Sébastien Tellier devait se produire au Worldwide Festival de Gilles Peterson à Sète, magnifique petit port de pêche situé dans l'Herault à quelques kilomètres de Montpellier, mais le Français n'a pas pu jouer ! Précisons que le Worldwide Festival est un festival d'envergure dont la troisième édition en France (d'autres ont eu lieu à Hong Kong et Singapour), réunissait Laurent Garnier, Henrik Schwarz, Pilooski, Cinematic Orchestra, Pascal Comelade, Benga, Madlib et bien d'autres, le tout dans le fameux bunker géant de Sète, en front de mer. La soirée d'hier programmait donc, outre Tellier, les Suédois de Little Dragon et le Breakestra de Los Angeles.
Hélas, ai-je le nez plus fin que les autres, suis-je vraiment le seul à m'être rendu compte que quelque chose n'allait pas chez Tellier ? Reste qu'en arrivant la nouvelle tombe : Pour de graves raisons de santé, le show de Sebastien est annulé, veuillez nous en excuser. Que dire si, "ce n'était pas vraiment une surprise pour moi" ? Comme je l'écrivais en rigolant (presque) dimanche dernier, le concert toulousain du Français avait beau être émaillé de blagues douteuses et d'envolées poético-scato, l'ensemble résonnait d'un désespoir encore mal défini, mais bien présent. Ce spleen latent, ajouté aux deux bouteilles de blanc que l'artiste s'enfile sur scène plus les multiples cigarettes et un tourneur fou (ex : Trajet type d'un Tellier en tournée mondiale : Toulouse > Biarritz en été, hum... > Paris > Oslo > Sète... No comment) ont eu des conséquences désastreuses sur la santé du chanteur. Information prise auprès des organisateur des Siestes électroniques de Toulouse : Sebastien Tellier a bien du mal à assumer son statut de star nouvellement née. Information prise auprès des organisateur du Worldwide Festival : Sébastien se serait fait une crise de flippe à Oslo pendant sa date norvégienne, le chanteur barbu est hospitalisé ! Un record dans la longue liste de ceux que le succès abat plus qu'il ne revigore. N'empêche, on lui souhaite un prompt rétablissement et surtout du repos. Tellier n'est pas le genre d'artiste qui a besoin d'être forcément au devant de la scène pour briller et écrire de fabuleux morceaux équilibristes entre l'amour et la violence.
Visiter le site du Worldwide Festival Le machin des Smashing PumpkinsCette histoire de Trent Reznor qui veut faire une série télé m'a remémoré cette catastrophe du début du siècle. Billy Corgan lui aussi avait pondu son concept-album avec Machina / The Machines Of God des Smashing Pumpkins et lui ausi révait du petit écran. Un dessin animé basé sur ce disque qui ne s'est même pas vendu, et que la critique a détesté, a bien été mis en chantier, trois épisodes complets ont même été produits avant que le projet ne soit abandonné. Nul ne sait pourquoi? mais dans les milieux autorisés on s'accorde à penser que c'est parce que quelqu'un a vu ces trois premiers épisodes. Et vous pensiez déjà que les Smashing Pumpkins pouvaient être nuls...
Du minimalisme à l'ambient : Minilogue![]()
S'il fallait chercher la logique inhérente à la techno minimale, il faudrait peut-être regarder du côté de l'ambient. Bien sûr c'est un paradoxe, puisque la minimale des origines (Robert Hood, Daniel Bell, Richie Hawtin, Thomas Brinkman) était principalement basée sur le rythme justement. Rythme qu'avait en grande partie abandonné l'ambient. En grande partie, mais pas complètement. Preuve en est des pièces ambient-dub de certaines formations des années 90 signées sur les labels Chain Reaction (Monolake, Vainqueur, Substance) ou Mille Plateaux (Gas, Reinhard Voigt, le frère du précédent). Pourtant, nous ne sommes pas étonnés de voir qu'au bout du long chemin emprunté par la techno minimale, un plateau, arrive un moment où le rythme s'assoupit et puis s'abstient. C'est en tout cas l'illustration qu'en donne les Suédois de Minilogue avec leur double album Animals. A ce propos, ne chercheZ plus le chef-d'œuvre de l'electro cette année, c'est Animals. Double CD, "dance" d'un côté (enfin, "dance", narcotic groove plutôt) et ambient de l'autre. Un sommet d'ambient électronique, riche en paysages, en texture et en mélodies subliminales, comme le genre est capable d'en pondre tous les dix ans. De fait, la face ambient d'Animals malgré son humilité, vient enrichir la discothèque idéale aux côtés de, au hasard, Irrlicht de Klaus Schulze, A Huge Ever Growing Pulsating Brain That Rules From The Center Of The Ultraworld de The Orb, Chill Out de KLF et Microgravity de Biosphere. Rien que ça ! Quand aux tracks "dancefloor" du CD1, c'est à de petites perles ondulantes aux milles facettes que l'on a droit. Prenez le clignotant "Hitchhiker's Choice" (ici en vidéo), ou "33 000 Honeybees", le dubby "Cow, crickets and Clay" ou encore "Jamaica". Tous illustrent cette puissance de l'esprit incarné (ou plutôt désincarné) par les musiques électroniques, relançant l'idée de psychédélisme en plein 21ème siècle. Tout n'y est que mesure, élégance et poésie. Deux CD pour deux univers, qui partagent l'hypnose, l'allongement de la durée, la distorsion des sons, les rythmes répétitifs, les nappes synthétiques propices à la méditation et aux dérives de l'esprit... Qui a dit "psychédélique" ?!
Black Devil Disco Club : Le diable se confesseInitialement crédité comme l'œuvre de Joachim Sherylee et Junior Claristidge en collaboration avec le producteur Jacky Gordiano, Black Devil Disco Club est en fait le fruit du travail de deux français et seulement deux ! Bernard Fevre d'une part, et Jacky Gordiano de l'autre. Tout simplement. Et si cela paraît simple en effet, cela ne l'a pas été pour nos deux défricheurs à l'époque (1978 !). Tombé dans l'oubli, Disco Club le premier mini-album du duo, a été re-découvert par Richard D. James, aka Aphex Twin, qui réédita celui-ci sur son label Rephlex en 2004. Réduis à Bernard Fevre aujourd'hui, Black Devil Disco Club étonne autant qu'hier. C'est le moins que l'on puisse dire à l'écoute de ses audaces et ses trouvailles. De la résurrection incarnée par 28 After en 2006 à Black Devil In Dub comprenant une poignée de remixeurs de génie, en 2007, en passant par le tout nouveau Eight Oh Eight, l'auditeur navigue sans boussole dans ce "disco club" hanté, ampli d'échos démesurés, d'hymnes vaudous, de riffs de synthés blafards, d'envolés lyriques et spatiales. Un voyage épique au cœur de la transe, une musique sans âge, sans partie, et donc totalement intemporelle. A lire, notre chronique de Eight Oh Eight et notre interview de Bernard Fevre The Cure : Freakshow, de mal en pisCela ne s'arrange pas vraiment pour Robert Smith et sa bande de transcorbeaux dont on avait essayé de sauver (avec un certain courage) le premier single "The Only One", sorti il y a un mois tout juste. "Freakshow", le second single de l'album 13 à venir, est tout bonnement indéfendable. Les textes sont médiocres : "Bitter sweet again / Her Opening Move/ Down and out in black / Soft shiny and smooth / Looks like the alien crowd got groove / she buns her name into my heart / But i Can never get through...", la mélodie qui se veut entraînante n'est pas à la hauteur des créations pop qui figuraient sur Kiss Me Kiss Me Kiss Me ou The Top. Le titre est à la fois prévisible et décevant, plombé selon les fans par la batterie de Jason Cooper, qui est étrangement l'instrument sur lequel se concentrent la majorité des critiques. Le riff de guitares qui zèbre la seconde moitié du titre est à mon avis bien plus embarrassant mais il apparait plus simple aujourd'hui de taper sur Cooper que sur les grands anciens : Porl "le beauf" Thompson ou Simon Gallup, qui n'ont jamais été moins inspirés. Le second titre du single, "All Kinds of Stuff", est dans la lignée des deux derniers albums, une chanson vive et brouillonne qui permet à Robert Smith de s'exciter (ambiance Kiss Me toujours, mais avec un peu moins de conviction) sur un monologue en accéléré, avant que ne soient libérées les guitares en fusion. Beurk. "Freakshow" avait pourtant une allure un peu meilleure lors de ses premières sorties live. A ce rythme-là, et si on en est déjà à ce niveau au single n°2, on se demande comment on va finir lorsque le moment sera venu de découvrir l'album complet. Côté images, les Cure carburent toujours officiellement aux images en noir et blanc, sans doute ce qu'il y a de plus sûr compte tenu des circonstances. On imagine pas ce que donnerait le look atroce de Porl en couleurs.... Rendez-vous dans un mois pour la suite des aventures de notre groupe culte préféré. Mort d'Alain Dister, photographe et journaliste rock![]() Alain Dister, photographe rock connu pour ses clichés de Jimi Hendrix, Frank Zappa et autres, dont il était bien souvent devenu l'ami, mais aussi critique dans la presse musicale (Rock'n'Folk), vient de décéder, à l'âge de 66 ans. Il y a quelques mois, interview avec Alain Dister dans son appart parisien, que veux-je dire rencontre et souvenir inoubliable dans mon parcours de journaliste ! Le rendez-vous avec le photographe connu pour son activisme dans le rock avait duré bien plus que les 20 min que l'on peut bien souvent avoir aujourd'hui avec les groupes. Aucune actu particulière à cette époque (automne 2007), juste l'envie de le voir, de l'entendre partager ses souvenirs et sa vision des choses sur le journalisme rock ou du moins musical. Des minutes à converser avec lui, des minutes à observer sa chevalière verte, des minutes aussi à l'envier quelque part, lui, qui avait vécu la musique des années 60/70 from the inside, lui qui avait vécu une époque bénie pour les journalistes musique..."Heureux temps où l'on pouvait devenir amis et tirer tous les portraits qu'on voulait" Alain Dister nous avait abreuvé d'anecdotes et avait couronné l'interview en nous montrant sa collection de clichés en noir et blanc. Il avait pris le temps et on l'en remercie encore une fois. Voir l'interview avec Alain Dister L'interview perdue des Beatles (comment est-ce possible ?)
Réalisée par STV (pour une émission destinée aux enfants), cette interview représenterait le plus vieux document vidéo existant réunissant les 2 Beatles. Neuf minutes de sujet où John et Paul évoquent leur rencontre, leur succès et leur travail de composition. Un extrait de l'interview sur le site de la BBC L'interview sera rediffusée le 5 juillet à 15h30 sur BBC Radio 4.
Sachez qu'à Flu, on vient de passer au peigne fin tous les disques de dur de la rédac...au mieux on pourrait vous ressortir une interview des Dire Straits.
Siestes électroniques 2008 de Toulouse #3 : je me souviens...
Bref, vous l'avez compris, ce groupe de "rock indé" comme on l'appelait alors, fait partie des mythes fondateurs de la pop des 90's. Alors qu'elle n'est pas ma surprise de voir le groupe programmé aux Siestes, dites "électroniques". Le duo n'ayant rien d'electro, mais un feeling sieste, ça c'est certain. C'est donc avec émotion que l'on débarque ce dimanche 29 juin à la Prairie des Filtres de Toulouse pour assister au concert de ces deux ovnis folk rock. Damon, guitare sèche, Naomi, basse électrique, m'offrent tout simplement un voyage de 20 ans en arrière. Une rétrospective paradoxalement parfaitement à sa place dans un parc, encore une fois baigné de soleil malgré leur musique crépusculaire. En un mot je m'ouvre à ce que j'étais il y a quelques années. C'est ce qu'on appelle une épiphanie.
Evidemment après, difficile de plonger tête baissée dans la minimal house charnelle, voir carrément moite, de Dapayk & Padberg. Un gars et une fille là aussi, mais dans un autre genre. Une véritable invitation à la luxure (ai-je rêvé ou ai-je vraiment aperçu quelques mecs en imper ??), portée par un groove organique et vibrant comme de la booty basse en cure d'amaigrissement. J'avoue n'avoir jamais entendu ce duo auparavant. En en discutant avec les précédents Damon & Naomi, restés pour le show, je leur demande si c'est ce qu'ils feraient s'ils appartenaient à cette génération. Ils rient et me disent, "pourquoi pas, mais pas avec les même paroles". Et Damon se met à sauter les bras en l'air sous le regard amusé et attendri de sa compagne. Les Siestes clôturent donc sous les vibrations électros comme il se doit, avec l'apparition d'Error Smith moitié du duo Smith n Hack. Alors que le binôme est certainement à l'origine d'un des meilleurs maxis de l'année passé, il est dommage d'apprendre que Soundhack, malheureusement malade, ne pourra pas assister au set. Du coup ce final a un petit goût d'inachevé, Error Smith n'arrivant pas à mobiliser les foules avec un simple DJ set. Ce qui est finalement une bonne chose : les Siestes, cette année, donnent l'impression de n'être pas finies et on attend l'année prochaine avec d'autant plus impatience !
(Merci à Yasmine pour les sourires, à Guillaume pour la même chose et à Samuel pour tout le reste.) Les Francofolies 2008 s'offrent Bashung, Darc et TellierPosté par Slick Rick le 01.07.08 à 16:28 | tags : agenda, chanson française, électro, live, pop, rock
![]() Outre de nombreuses célébrités de la variété made in France, les Francofolies 2008 réservent une large place au rock, à la pop, au reggae et à l'electro (pas toujours made in France). Avec notamment Syd Matters pour le folk-pop, Sébastien Tellier pour l'electro-pop, Tiken Jah Fakoly pour le reggae ivoirien, Baloji pour le rap congolais et Daniel Darc et Alain Bashung pour la classe internationale. Flu vous mâche le travail, et selectionne le meilleur (en toute subjectivité) de la prog : Le 11 juillet : Alain Bashung et Bumcello Le 12 jullet : Arthur H et Tiken Jah Fakoly Le 13 juillet :Little, Tender Forever et Syd Matters Le 14 juillet : The Dodoz, Pony Pony Run Run, Beat assaillant, Baloji, Rubin Steiner, Stacey Kent en VF!, Moriarty et Thomas Dutronc le 15 juillet : Sébastien Tellier, Daniel Darc, Catherine Ringer, et Beat Torrent le 16 juillet: The Dø et Yelle
Voir le reste du programme des Francofolies, du 11 au 16 juillet à la Rochelle. Siestes électroniques 2008 de Toulouse #2 : Dis moi ce que tu penses...
![]() Ok, j'assume, je lance la rumeur : Sébastien Tellier est en dépression ! Ce n'est pas possible autrement. Samedi soir au Bikini, après la prestation enflammée de notre krautrocker national Romain Turzi, le concurrent malgré lui (et malheureux) de l'Eurovision nous a foutu le cœur à l'envers dans le plus pur style Moroder meets Gainsbarre. Avec sa chemise rose, ses lunettes "troisième âge" sur le nez, sa barbe et ses cheveux filasses, sa guitare kitsch au dernier degré et sa bouteille de blanc sur le piano, Tellier a manipulé encore une fois son public, le faisant rire et pleurer, danser et frissonner en même temps. D'un "Kilometer" motorick à un "Roche" lyrique, de "Une heure", son hymne à la bisexualité en passant par le gémissant "Pomme", le sublime "Finger of Steel" et le final grandiose de "Sexual Sportwear", le Français s'impose concert après concert comme un très grand. Ce qui n'empêche pas ses blagues débiles et désespérées de laisser entrevoir un nihilisme total à côté duquel la moitié de la salle (dont la jeune femme montée sur scène pour se frotter l'entrecuisse sur sa jambe de pantalon) semble être passé ce soir là. "Dans ton cul bel oiseau, dans ton gros fion" déclame un Tellier mi-bourré, mi-rageur en fin de set (juste après un "L'Amour et la Violence" troublant, seul au piano) comme un pied de nez au succès, au public, à l'Eurovision, au statut d'artiste sensible, cultivé et virtuose (Tellier est un multi instrumentiste hors pair comme le prouve son show). Un spectacle dont on sort rincé mais heureux.
D'autant plus heureux que l'auteur de Sexuality et son italo déviante fait la parfaite jonction avec le space disco du Norvégien Lindstrom. Le set du grand bonhomme arc-bouté sur son laptop s'annonçait pourtant mal, toute la foule étant sortie après la performance de son collègue français. C'était sans compter sur la virtuosité du Nordique qui nous a littéralement fait décoller, remplissant la salle en moins de trois morceaux. Lindstrom est un maître (en plus d'être humainement adorable), son computer est son orchestre. Funk spatiale, disco éthéré, soul synthétique, shoegazing rythmique, le pape du novo-disco balance la sauce et le public lève les bras, transcendant les frontières de la kosmische muzik allemande des 70's et du disco vibrant de Giorgio Moroder, finissant sur son classique "I Feel Space" et nous offrant les 16 premières minutes de l'intro de son nouvel album Where you Go i Go Too en rappel. Pour Lindstrom, "cosmic" n'est décidément pas un vain mot. Il est 4 heures 15 du matin quand le set de Damian Lazarus, patron du label Crosstown Rebel, chantre d'une minimal house hypnotique et turbide pleine de sonorités dark techno, nous plonge dans la transe jusqu'au bout de la nuit. Le petit bonhomme triture ses sons ondulant, maximisant le minimalisme de ses mélodies étranges, fait tourner les têtes et le temps passe ainsi sans que l'on s'en aperçoive. Résultat, le jour se lève et les oiseaux chantent quand nous sortons du Bikini... mais faites les taire bon dieu ! Faites les taire !!
Heureusement que la journée de demain sera de nouveau consacrée à la Sieste... A suivre. Quand Albion Eurostar rencontre Shane Mc Gowan...La vidéo (encore une fois salement filmée - hé, les gars, à quoi ça sert d'avoir des téléphones de plus en plus sophistiqués si c'est pour s'en servir comme ça!) est sous-titrée : combien est-il possible de faire tenir d'épaves sur une scène britannique ? La réponse : au moins deux, mais celles-ci sont calibre XXL. Il y a quelques semaines, lors d'un concert londonien, Pete Doherty et ses Babyshambles ont de nouveau appelé en renfort et en guest star l'un de leurs spectateurs les plus célèbres. Demie-surprise (ils avaient déjà joué la scène il y a quelques mois en Irlande) : l'ami qui monte sur scène n'est pas un inconnu mais le plus que fameux Shane Mc Gowan, ci-devant leader des Pogues et l'un de nos chouchous devant l'éternel. Comme il se veut, Mc Gowan, accompagné par le groupe le plus chaotique de sa génération, a entonné un "Dirty Old Town" des familles devant une audience survoltée. Côté promo, les Babyshambles et leur frontman Albion Eurostar (son nouveau nom de scène) sont plutôt fiers, avant un nouvel album annoncé pour la fin d'année, d'avoir sorti un CD/DVD d'un concert enregistré à Glasgow (Oh ! What A Lovely Tour - on en reparlera) lors de leur dernière tournée. Mc Gowan continue, quant à lui, en attendant un hypothétique nouvel album, de faire tinter le tiroir-caisse de son ancien groupe en alignant les concerts (des sorties fréquentes un peu partout sauf en France avec un tropisme irlando-japonais pour les fêtes de Noël) et les compilations. Pour les amateurs, un coffret 5 CD de plus de 100 titres rares et inédits, compilé par Phil Chevron, est sorti il y a quelques semaines : une vraie perle pour redécouvrir le groupe et les immenses qualités de composition de l'édenté. Sur son site, Mc Gowan adresse un petit message aux fans pour dire qu'il va bien, ce qui ne saute pas aux yeux compte tenu de son oeil torve et de son teint cireux. Le Kurt Cobain irlandais mettra sans doute 30 ans à mourir. Patrick Sébastien m'a tuer. Un petit tour sur le canal n'a jamais fait de mal à personne. Souvenirs d'outre-flu : http://www.fluctuat.net/dossiers/shanemacgowan/ |
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