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Archives > Août 2008

Live Rock en Seine#3 : sans Amy rien ne va

Posté par Slick Rick le 30.08.08 à 14:33 | tags : électro, hip hop, live, pop, rock, rock en seine, soul

La question du jour : viendra-t-elle, ou pas, la diva destroy ? La réponse, advenue 10 minutes avant l'EVENEMENT : non. Voilà résumée en quelques mots la journée du 29 août à Rock en Seine. A attente démesurée, déception...démesurée. Car Amy Winehouse, bon, tout le monde le sait, a quelques problèmes de boisson, et du coup, n'assure pas tellement en live depuis quelques temps. Non, le problème, c'est que c'est la deuxième fois d'affilée qu'Amy nous pose un lapin, à nous festivaliers parisiens...

 

Blue eyed soul culottée

 

Tout n'avait pas trop trop mal commencé cette après-midi là, sous un soleil revigorant. La foule, plutôt éparse, s'est goinfrée d'amuse-gueules blue-eyed soul, avec d'abord le set charmant de DB Clifford, un canadien jovial mais sans originalité, puis celui de Jamie Lidell. L'Anglais à lunettes a savamment détourné les attentes d'un public majoritairement venu pour écouter "Another Day", son dernier hit soul. Qu'à celà ne tienne ! Le dandy passe la première demi-heure du concert à bidouiller son sampleur, improvisant des vocalises sur ses propres beats et ceux de la batterie, tenue par Mocky (le musicien, pas Jean-Pierre). Et c'est assez jouissif. Après avoir brillamment rappelé son exigence expérimentale désormais estampillée Warp, Jamie Lidell finit par donner au public les tubes qu'ils demandent. Pour "Another Day" et "Multiply", on a même droit à un guest de marque, Gonzales, venu en renfort au piano. Superbe montée en puissance, une réussite culottée.

 

The Roots, cross-over de génie

 

Les Jon Spencer Blues Explosion suivent, mais leur blues-rockabilly brute de décoffrage ne convient pas à l'ambiance pique-nique estival. Leurs larsens semblent ne concerner personne, dommage. Ce qui n'est pas le cas des The Roots, aka "le meilleur groupe de hip hop en live au monde". Fidèles à leur réputation, les rois du hip hop acoustique mettent la misère à la Grande Scène. Leur tubes comme "You got me" prennent une dimension étonnament épique, entre impro free jazz et héroïsme technique. Sur scène, la crême des instrumentistes : un guitariste né de la cuisse de Jimmy Page, un corniste qui joue au houla-hoop avec son cuivre géant, un bassiste blanc très heavy, et bien sûr l'innénarable ?uestlove, sa coupe afro dépassant derrière les fûts. Leur show joue la carte du cross-over, pour contenter les rockeux, les rappeux, et les souleux, passant allègrement d'une référence à Led Zeppelin (cri de "Immigrant Song"), Lil Wayne ("Lollipop") ou Curtis Mayfield ("Move on up"). Rassembleur les Roots, donc, mais sans perdre leur âme hip hop : au cours d'une ultime salve rappée, longue de plus de 10 minutes, Black Thought se charge de le montrer. Ce sera le meilleur show de la journée.

 

The Raconteurs se la racontent 70's

 

Viennent ensuite les Raconteurs, le super groupe de Jack White et des Greenhornes. Le concert commence par une mauvaise blague de Jack White : " By the way, Amy Winehouse is not playing tonight". En passant. Bizarrement, personne ne relève (la barrière de la langue...), c'est qu'il a de l'humour le bonhomme, se dit-on. Les Raconteurs assurent un show très seventies, avec solos de guitares à répétitions, cris suraigus à la Led Zep (décidément), démonstration de roulements de batterie et duels basse/guitare. Comme si le punk et les années 1980 n'avaient pas existé. White et sa clique ont zappé le truc. A part cet aspect anachronique, les Raconteurs n'ont que des qualités, leur songs sont pop et rock à la fois, vintage mais souvent très efficaces ("Steady as she goes", "The switch and the spur", "Together"). La foule bat des mains. Moi, j'ai l'impression de voir une reformation du groupe (fictif) Stillwater dans Presque Célèbre (Almost Famous) de Cameron Crowe...Avec les moustaches, les moumoutes et tout. Un concert "d'époque", quoi.

 

Coup de théatre : consternation

 

Après 1h30 de spectacle, mauvais pressentiment, articulé en mon cortex en ces termes : "tiens tiens, c'est bizarre c'est pas le dernier concert et ils dépassent l'heure règlementaire". Quand les lumières s'éteignent, un courageux intermittent annonce la terrible nouvelle : Amy Winehouse ne jouera pas ce soir. Consternation générale, mais le public de la Winehouse n'étant pas celui, plus musclé, de Rage Against the Machine, on évite de peu le saccage du Domaine St Cloud. Lot de consolation expliqué par le (suicidaire) intermittent : Justice jouera une demi-heure de plus, et The Streets aussi...Histoire qu'on soit quitte, les gars ! J'attends un éclat de rire général, qui ne vient pas. Quel foutage de gueule !

 

Hold up de The Streets

 

Tout crucifix dehors, Justice fait sa prévisible messe à grosse basse devant des kids à fond dans le trip neo Daft Punk - tant mieux pour eux. Pas le moral à ça, put###, deux fois qu'elle annulle rabachais-je dans mon coin d'herbe avec ma bière. Puis les Streets sur la Grande Scène, la belle affaire. Mike Skinner, le petit malin, parvient - à la surpise générale ! - à mettre les frustrés dans sa poche de jean. Le hold up parfait."I am not Amy Winehouse" nous rassure-t-il, au cas où on aurait eu un doute, "and I know you're not coming to see me". Sans blague ! Mais le ton humble de Skinner, mimi tout plein, fait son effet, et l' Anglais donne tout ce qu'il a, saute sur place et se désape. La foule reprend ses tubes, se baisse puis se relève à ses ordres...Les spectateurs, lobotomisés, disent même "je t'aime" à leur "voisin inconnu" sur les conseils autoritaires du (parfois trop) sentimental MC...Allez dans la paix du Christ, aurait-il pu déclamer pour finir, le public, converti, en avait presque oublié Amy !!!

 

 

 

 

 




The Mighty Underdogs : rap spaghetti

Posté par Slick Rick le 30.08.08 à 08:21 | tags : hip hop, vidéos musicales, youtube
The Mighty Underdogs (feat. MF DOOM) - Gunfight
Du western rap ? Parfaitement, et dans les deux sens du terme ! West Coast et spaghetti pour être plus précis, comme on peut le voir sur cet excellent clip-collage de "Gunfight", single extrait de Droppin' Science Fiction, premier album des Mighty Underdogs à paraitre courant octobre.
Signés chez Def Jux, les "puissants losers" sont en fait trois fines lames du hip hop US, réunies dans un "super-groupe"...Enfin "super" à l'échelle indé c'est-à-dire qualitative si vous êtes snob comme moi préférez. Pas de Snoop, ni de Dre, ni de Kanye, don't worry, mais les emcees moins bankable plus discrets Gift of Gab (de la troupe Blackalicious) et Lateef the Truth Speaker (de Latyrx, duo californien formé avec Lyrics Born) épaulés par Headnodic, le producteur des Crown City Rockers (un groupe d'Oakland qui joue du rap positif-old school à la De La Soul).
Bref, des bons qui fréquentent d'autres bons, évidemment: MF DOOM, Zion I, Dj Shadow et le clan Quannum donc, mais aussi toute la clique de Definitive Jux Records (Aesop Rock, Mr Lif., Casual...). Leurs flows sont mouvants et techniques, drôles et péchus, leurs instrus vont sampler sur les terres soul, reggae et jazz. Plutôt posé comme n'en témoigne absolument pas l'assez nerveux "Gunfight". Ce n'est pas leur meilleur titre en écoute sur leur MySpace, mais il donne l'occasion à Lateef-le-diseur-de-vérité de croiser le fer avec l'immense MF DOOM, sur un gimmick "spaghetti" chipé aux Alkaholics. Le contraste entre le phrasé "white trash" de l'un (qui évoque beaucoup celui d'Eminem sur Fight Music de D12) et la nonchalance nasale de l'autre (masqué) s'avère efficace, et propice à une battle visuellement Leonesque. Les Underdogs sont au top.






Live Rock en Seine#2 : Tricky et REM sont dans la place, tout baigne !

Posté par Slick Rick le 29.08.08 à 13:26 | tags : live, pop, rock, rock en seine

 

Ah Tricky, on le connait le garnement, dès que le moindre problème technique se profile lors d'un concert, il part en vrille. C'est en tout cas ce qui s'était produit en 2003 à Belfort : sa prestation en avait lourdement pâti.

 

D'où une certaine appréhension de ma part avant l'arrivée au Domaine Saint-Cloud du bad boy de Bristol. En débardeur blanc, coiffé à l'iroquoise, Tricky ne tarde pas à faire tomber le haut. La bête à dreads impressionne toujours. Ce soir, il est accompagné par la jolie voix de Veronika, sans doute sa dernière muse. "You don't wanna" lance le concert avec sa rythmique à la Eurythmics, pendant que le pape du trip hop s'en roule un gros. Puis débute la messe. Comme traversé par des soubresauts chamaniques, Tricky entre vite en transe. Cramponné au micro, il ébroue sa tignasse à la manière d'un chien fou. La tête rejetée en arrière, yeux fermés, il en appelle à Dieu lui même : magnifique exorcisme de plus de dix minutes, s'apaisant puis repartant de plus belle, entre deux râles gutturaux et nicotinés sortis du plus profond de ses tripes. Le trip est total, à peine perturbé par les exigences techniques de l'homme au torse tatoué. "You're special", susurre Tricky au public parisien, "you're special" s'imprime dans nos corps encore traumatisés par cet assaut aussi languissant que violent, entre punk, trip hop et dub.

Les mollets encore tremblottant après les coups de butoirs assénés par les basses de Tricky, nous repartons vers de nouvelles aventures. Et c'est le gros morceau du jour : R.E.M. est dans la place ! Mickael Stipe, fidèle à sa légende, a la classe : costard noir et cravate rouge pour ce soir. Les écrans géants sont à l'unisson. La grosse artillerie. Et honnêtement, moi qui ne suis pas ce qu'on appelle un "fan hardcore" de groupe d'Athens, je ne m'attendais pas à voir un show de cette qualité. Car le concert de REM a dépassé mes maigres attentes, enchainant tubes à la pelle ("What the frequency Kenneth?", "Electrolite", Imitation of life") sans omettre des titres plus rare comme "Ignoreland", "Fall On Me" et le superbe "Let me in", joué en acoustique devant une foule conquise et émue.

Visiblement ravi d'être là, Stipe pète le feu de Dieu, fait la danse du robot, imite Daft Punk avec ses lunettes de soleil, se déhanche comme un beau diable...On oublie vite le statut de "dinosaure" des américains, pour se focaliser sur leurs chansons, d'une exceptionnelle force en live. REM évite donc le "best of" attendu, mais ne coupe pas l'inusable "Losing My Religion", en rappel, et surtout "Man on The Moon", qui achève le concert en apothéose.

 

 




Live Rock en Seine #1: These New Puritans, Hot Chip et Kaiserchiefs

Posté par Slick Rick le 29.08.08 à 12:24 | tags : live, pop, rock, rock en seine

 

Deuxième journée de Rock en Seine 2008, première partie : Début des hostilités par les These New Puritans, dont la mine blafarde est plutôt raccord avec la grisaille parisienne. Les Anglais très "mode" (Hedi Slimane les a-do-re), maigres et impassibles, jouent un post punk robotique de bonne facture, mais la lumière du jour n'a pas l'air de convenir à leurs yeux aveuglés...Muni d'un improbable t-shirt à écailles de féraille, genre armure du Moyen Age, Jack Barnett parvient néanmoins à emporter l'adhésion des kids agglutinés dans la fosse. Leurs ainés sont plus circonspects. Témoin , ce commentaire d'un spectateur barbu, saisi à la volée par votre reporter à l'affût : "mouais bof, une chanson style New Order, une chanson style Joy Division, et ainsi de suite pendant tout le concert !" On ne lui donne pas tort.

Direction les Hot Chip qui jouent de l'autre côté. Allez, on se remotive. Et grosse impression des Anglais. Emmenés Alexis Taylor (photo), sorte de François Hollande qui aurait :

- perdu 20 kilos,

- acheté sur e-bay les lunettes à cadrans de l'inspecteur Derrick,

- décidé de porter une camisole de force sous une veste jaune et de se piercer l'oreille gauche,

les Hot Chip ressemblent à des geeks, certes, mais enflamment rapidement la foule avec leur electropop sautillante et stylée. Il fait grand jour, mais la Grande Seine se croit en boîte un saturday night, lève les bras et siffle tout son bonheur...puis sa pinte de bière tiède, à l'écoute de la scie princière "Nothing compares 2 u", joliment interpétée en rappel. On comprend pourquoi la coolitude pop-rock-electro actuelle (Le Tigre, Jamie lidell, M.I.A, The Chap...) s'arrache les remixes de ces joyeux zinzins.

On enchaine avec un léger creux : que choisir entre Serj Tankian (la voix de System Of a Down), The Do (la sensation finno-française de l'année) et Narrow Terrence (personne ne le connait mais le guide le vend comme un mélange de Tom Waits, Morricone et Deus. Ah...les guides !) Bref, nos pas nous conduisent malencontreusement vers le beau Serj. Les filles du premier rang connaissent les morceaux par coeur. Les autres (garçons compris) rongent leur frein en espèrant un petit "Chop Suey", "Atwa" ou "Forest", bref une bonne chanson de SOAD, et pas une reprise-massacre d'Abba - il l'a faite, le bougre.

On bat en retraite vers The Do, sans trop d'entrain non plus, mais bon , "Ils ont une ou deux très bonnes chansons sur leur album, quand même", dit la rumeur. C'est vrai, enfin plutôt une : "on my shoulder", qui est effectivement une vraie bombinette pop, assez imparable. Le reste du set est d'une grande platitude, malgré les pénibles efforts vocalistico-vestimentaire de la chanteuse en leggin rose paillette.

La nuit tombe sur Carl Barât et ses Dirty Pretty Things, mais rien ne se passe sur scène : ça déroule, ça déroule...Des chansons interchangeables, plutôt efficaces mais sans relief, qui font une fois de plus regretter la split des explosifs Libertines. Les groupies de 15 ans, elles, semblent apprécier le placebo. Rayon Brit Pop toujours, moins detroy mais plus enthousiaste : les Kaiser Chiefs s'emparent de la Grande Scène. Devant un gigantesque panneau siglé "Kaiser chiefs" - en relief et tout - Ricky Wilson en fait des caisses. Le leader des Kaiser fait quasiment son jogging sur scène, monte sur les échafaudages, fend la foule pour grimper sur un autre échafaudage plus haut...Et ça fonctionne ! "Everyday i love you less and less", "Rudy", "I predict a riot"...Que des tubes ! Le quintet de Leeds ne sait faire que ça, des "tubes" avec, en rituel, le refrain en onomatopée ("la lalala la", "na nana na", "toudou doou", etc) : du Prêt-à-Chanter en quelque sorte. Le public français, venu en majorité pour REM, semble assez friand de cette brit pop tapageuse. "Oh my god", leur meilleure chanson, clôt en beauté ce show survitaminé.

 




Favtape, la mixtape instantanée

Posté par 2goldfish le 29.08.08 à 09:00 | tags : web, web 2.0
Avec les playlists Deezer (qui ont perdu pas mal de leurs fonctionnalités les plus intéressantes récemment) et Muxtape (qui vient de fermer temporairement le temps de régler ses problèmes avec la RIAA, nous dit-on), la mixtape qu'on s'échange entre amis ou amants a fait un grand come back ces derniers mois. Personnellement réarranger mes morceaux favoris au feeling ou selon une logique compliquée incluant beaucoup de tractations internes idiotes ("Mettre Medevac et Running Up That Hill ensemble, c'est une insulte ou un hommage ? Pour Kate Bush ou pour Siobhan Donaghy ? Et si je mettais la reprise de Chromatics ?") ça me manquait depuis l'époque où je n'ai plus de lecteur de cassette dans ma voiture.

Pour d'autres cependant, la mixtape c'est beaucoup moins compliqué, il suffit de choisir dix ou quinze titres qu'on aime bien et de les mettre ensemble. Pour ceux là, Favtape c'est l'idéal : vous rentrez le nom d'un compte Pandora ou Last FM et l'appli retrouve les favoris de ce compte, en récupère une version streamable et vous crée une page pour tout écouter. Bien sur il faut être le genre de geek qui a un compte Last FM ou Pandora, qui a téléchargé un scrobbler, qui aime ce genre d'application web obscures... c'est à dire surement exactement le même genre de geek qui aime s'acharner sur la création de la mixtape parfaite plutôt que de laisser un robot la faire à sa place mais il y a bien une ou deux personnes dans le monde qui utiliseront tout de même Favtape.



Mais où se cache Kanye West ?

Posté par Slick Rick le 28.08.08 à 17:05 | tags : hip hop, rigolo, vidéos musicales
Kanye West - Good Morning

Même s'il a du se "renier" récemment, Burial y a cru un moment, au convoité doublé "Succès + Anonymat". Le héros très très discret du dubstep ne voulait pas dévoiler son identité, jusqu'à ce qu'on lui dise qu'il pouvait avoir un Mercury Prize. Cédant au chantage, l'artiste a finit par se montrer (ici), à contre-coeur.  D'autres, comme les pourtant surmédiatisés Daft Punk, sont parvenus à conserver leur anonymat - un exploit, souvent plus réalisable dans le monde "déshumanisé" de l'electro. 

Mais franchement, Kanye West...Tout le monde la connait maintenant, la bouille "Droopy style" de Kanye. Il faudrait le lui dire, parce que le rappeur-producteur-megastar semble continuer à croire que son célèbre faciès peut rester confidentiel, malgré ses hits en rafales. Kanye West...Se cache, donc. Persiste dans sa folle quête d'incognito. Regardez ses clip : dans "All comes Down", la caméra subjective élude malicieusement sa présence, qui surgit toutefois par flashs (reflets/radiographie). Dans "Gold Digga", Kanye se prend pour le Bertrand Cantat de "Tostaky" : il nous tourne le dos, le rustre !

Dans le nocturne "Flashing Lights", la star se terre dans le coffre d'une grosse berline : bien mal lui en prend, au moment où l'on devine ses traits derrière un sparadrap, Kanye se fait massacrer à coups de pelle (!) par une biâtch de magazine qui nous obstrue (agréablement) la vue avec son string. Dans "Stronger", où il rend un hommage appuyé à ses mentors de l'effacement (Daft Punk), son visage est bouffé par les plus grosses sunglasses du marché. Et on peut continuer longtemps comme ça !

La clipographie de l'elliptique West est une véritable partie de cache-cache. Chacun peut jouer à "Où est Kanye ?" Dans ses deux dernières vidéos, le producteur-rappeur met même la barre plus haut : il est remplacé par des avatars rigolos, une marionnette ("Champion") et un nounours animé (l'excellent "Good Morning", ci-dessus). Ce perso récurrent figure  d'ailleurs sur ses pochettes d'album, dont la dernière a été dessinée par la star du Superflat (le neo pop art japonais), Takashi Murakami. Bref, on ne voit pas souvent son visage, à Kanye...alors que sa musique est partout ! Graduation, son dernier album est sorti il y un an, mais les hits continuent d'en être extraits chaque mois. Omniprésent, le rappeur voudrait pourtant disparaitre, pfiout, à la Hollow man : une quête un poil démiurgique...On lui souhaite bien du courage !

 




Modulations : Cinéma pour l'oreille

Posté par Maxence le 28.08.08 à 15:55 | tags : électro, pionnier, techno, vidéos musicales

Avec High Tech Soul et The Cycle of The Mental Machine qui se concentrent tous les deux plus précisément sur la techno de Detroit, Modulations est certainement le meilleur film documentaire jamais réalisé sur les musiques électroniques (notez le pluriel). Ambitieux, sans œillère, Modulations est une ode à 50 ans de musique et de technologie.

 

Réalisé en 1997 par l'américaine d'origine Coréenne Iara Lee (prononcer « ihara), le film est à l'image de son époque et d'une génération qui subit de plein fouet l'impact de la plus grosse révolution musicale des années 90 (voir à ce propos, notre dossier Histoire des Raves). Après Synthetic Pleasure, son premier film documentaire dans lequel Iara Lee osculte le futur proche de l'époque (c'est à dire aujourd'hui) où la technologie fait partie intégrante de notre vie, Modulations offre un panorama des musiques électroniques à la fois historique, sociologique et musical sans pour autant être dénué de poésie. De Karlheinz Stockhausen à Can et Kraftwerk, de Bill Laswell à Coldcut et Photek, de Carl Craig à Richie Hawtin et Juan Atkins, d'Aphex Twin à Autechre et The Future Sound of London ou Meat Beat Manifesto, tous ceux qui font, mais surtout firent, les musiques électroniques, les pionniers, les intellectuels et les gourous, sont présents en interviews (nombreux) ou sur scène.

 

Avec ce film, Iara Lee voulait éradiquer les préjugés liés aux musiques électroniques en définissant ses contours, en nommant ses filiations historiques (les futuristes italiens, la musique industrielle, le post-punk, le krautrock, la musique concrète) et en la rendant plus intellectuelle. Onze ans après, on peut dire qu'elle a largement réussit sa mission puisque Modulations fut bien souvent une révélation pour les spectateurs et provoqua de nombreuses vocations. Deux ans plus tard, le film devenait un livre, moins intéressant car il pâtit d'une chronologie artificielle. A priori, si un livre s'adapte plus ou moins bien à l'écran, un film ne se porte pas facilement sur papier. Le livre est néanmoins traduit en France aux éditions Allia.

 

Reste que le fait de retrouver Modulations proposé ici gratuitement en streaming par itechno.tv est une excellente nouvelle d'autant que vous pourrez d'ailleurs également profiter du très bon documentaire High Tech Soul, sous le même format et sur le même site. Bon visionnage !



Modulations en streaming sur itechno.tv
High Tech Soul en streaming sur itechno.tv (part. 1 - part. 2)




The Streets : "the Escapist" en hors d'oeuvre de luxe

Posté par Myosotis le 28.08.08 à 09:43 | tags : électro, hip hop, youtube
Mike Skinner, l'homme derrière The Streets, a offert la semaine dernière un premier titre en téléchargement tiré de son album à venir, Everything is Borrowed, qui sortira le 15 septembre. Le morceau illustré par un clip assez réussi, une belle balade qui passe par la France (de Douvres à... Lyon), s'appelle The Escapist et affiche un son assez léché et rnb, bien éloigné de son Original Pirate Material. Malgré ça, le rythme de la chanson, qui devait à l'origine illustrer le film du même nom, est assez entêtant et son texte raffraîchissant après l'épisode malheureux de The Hardest Way to Make An Easy Living en 2006. Skinner semble toujours étouffé dans sa nouvelle vie de star mais a fait voler les chaînes qui entravaient son flow et perdu cette manie de faire dans l'autoanalyse : "All these walls were never really there/Nor the ceiling/Or the chair", chante-t-il ici avant de respirer un grand bol d'air, baskets aux pieds, et d'enchaîner en chorus sur un bien brave "I'll not feel no fear/Because I'm nowhere near".
Le son de The Streets est toujours aussi repérable : de bonnes basses, un rythme dub, un flow habile et fluide, un accent prononcé et une légèreté soulignée par des choeurs un rien envahissants mais qui rajoutent au côté entêtant et pop du morceau. Le single indique que Skinner a terminé sa crise de croissance et revient remonté comme un coucou suisse. Comme l'album n'a pas encore fuité sur le net, on attend ça avec impatience comme l'une des (bonnes) surprises de la rentrée musicale.
Ca se télécharge gratuitement ici : http://www.myfreedownload.co.uk/thestreets/login



Where the ladies at ? # 5 : Un peu de respect pour Monie Love

Posté par Edouard le 27.08.08 à 08:19 | tags : hip hop, rap féminin
Mouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.

Tombée dans le quasi-oubli propre aux stars de l'âge d'or du Hip-Hop, Monie Love a refait parler d'elle fin 2006 en se prenant le bec avec un certain rappeur nommé Young Jeezy. L'auteur de "It's A Shame" ou "Money In The Middle", reconvertie animatrice de radio à Philadelphie, recevait le jeune loup dans son émission et avait tenté de débattre avec lui autour de Hip-Hop Is Dead, titre controversé d'un album de Nas paru cette année-là. Insensible aux arguments de la miss, il lui avait balancé un dédaigneux : "Tu viens d'où ? Londres. Ok, je vois.", avant de quitter le studio. Apparemment, ce petit con de Jeezy ne savait pas à qui il avait affaire. Et pourtant.

Si Slick Rick "The Ruler" (le célèbre rappeur, pas notre chroniqueur star de playlist) a sévit avant elle, Simone Wilson aka Monie Love peut être considérée comme le premier artiste rap britannique à s'imposer au Etats-Unis. En effet, Ricky D. est né à Londres tout comme la miss, mais il arpentait les rues du Bronx dès l'âge de dix ans après y avoir déménagé avec sa famille et s'était donc fondé dans la masse. Love, elle, a fait ses débuts discographiques à London avant de venir envahir le marché US. Une performance assez rare pour être notée.

La traversée de l'Atlantique de Monie s'est faite en 1989 avec le concours de Queen Latifah, qui l'invita sur son hit féministe "Ladies First", lui ouvrant les portes du collectif des Native Tongues. Dans la foulée, elle posait sur les classiques de Jungle Brothers, "Doin' Our Dang", et De La Soul, "Buddy", puis décrochait un contrat chez Warner pour son premier album, Down To Earth (1990). Disque où l'on retrouve donc les perles "It's A Shame" et "Money In The Middle", toutes deux nommées aux Grammy Award. Son flow technique et sa petite touche british font mouche à l'époque. Ça ne va malheureusement pas durer.

En dépit de quelques titres bien sentis, et d'un deuxième album, A Word Or 2, produit en majorité par Marley Marl, Monie Love n'aura pu échapper aux destins des pionniers du rap, qui ont pour la plupart sombré au cours des années 90. Et voilà comment on se fait manquer de respect par un MC de la nouvelle vague du "coke rap" qui a vendu des millions de disques en se faisant appeler le "Snowman" (vendeur de coke). "J'espère pour lui qu'on se souviendra dans dix ans qui il est et d'où il vient", asséna Love sur le site hiphopgame, quelques semaines après l'incident.

Malgré sa traversée du désert, "Sister Love", elle, n'a pas été oubliée par Nas lorsqu'il se mis en tête de remixer son titre "Where Are They Now" en invitant des pionniers sur trois différentes versions. Monie fut ainsi convié au "90's remix", en compagnie de Father MC, Mike G. des Jungle Brothers, Do It All des Lords Of The Underground, Dray de Das EFX ou Dres de Black Sheep.

Aujourd'hui mère de quatre enfants, Monie Love a d'autres chats à fouetter et plus grand chose à prouver au monde du rap. Mais la passion, ça ne se contrôle pas. Et la vétéran ne semble pas avoir abandonné l'idée de signer son retour. Impliquée dans la True School Corporation du producteur 9th Wonder, projet dont le but est de remettre au goût du jour l'âge d'or du Hip-Hop, elle a ainsi annoncée l'an dernier qu'elle planchait sur un nouvel album qui serait réalisé par l'ex-concepteur de Little Brother. Young Jeezy n'a qu'à bien se tenir.

Monie Love : "It’s A shame" (1990)


Monie Love : "Monie In the Middle"



Muse et The Streets font mumuse

Posté par Slick Rick le 26.08.08 à 14:00 | tags : fusion, hip hop, muse, rock, vidéos musicales
Muse et The Streets sortent un morceau en duo. Le nom de code : "Who knows who". La mission : donner une "réponse anglaise aux Rage Against the Machine", selon le chanteur Matthew Bellamy. La question qu'on se pose : "est-ce bien sérieux, Messieurs?"
 
"Non officiel", fait "pour rigoler", ce titre mis en ligne gratuitement ici n'est pas, comme ces précisions/excuses le laissaient un peu craindre, et de l'aveu même de son co-auteur Matthew Bellamy, "un enregistrement sérieux". Nous voilà rassurés : on sait désormais Bellamy et Muse doués d'un poil d'autodérision, ce qui ne coule pas de source, venant d'un groupe qui a successivement fait découvrir à ses fans ébahis les Origines de la Symétrie, les joies de l'Absolution, des Révélations et des Trous Noirs...Aux dernières nouvelles, les rois du stade auraient dépensé des fortunes pour construire - d'ici 2010 ! - un décor avec des ovnis géants, histoire d'apporter un zeste de légèreté à leurs giga prestations scéniques.
 
Moins grandiloquent, moins progressif, moins "mon prochain morceau fera 50 minutes et sera totalement inspiré par Beethoven", moins stadier, moins fort en solo de guitare et en coupe de cheveux Dragon Ball que Muse, The Streets n'en est pas moins devenu tristement ennuyeux...Depuis Original Pirate Material, son premier album. (Comme Muse, tiens, devenu concommitamment chiant et prétentieux depuis Showbiz!) Où l'on découvrait le "délicieux-accent-cockney-de-Mike-Skinner", et son songwriting socialo-satirique relevé d'une pointe de mélancolie à la Ray Davies...Time is changing, folks ! Désormais VIP chez NME, Mike Skinner s'efforce de chialer dignement sa vie de néo riche, le sourire en coin, sans trop de conviction.
 
Tout ça pour dire quoi ? Que pour être honnête, l'idée d'un duo The Streets/Muse n'entre pas exactement dans notre panthéon personnel du featuring fantasme, contrairement à, pour rester dans les collaborations "hip hop/rock", les projets Handsome Boy Modeling School. Pas forcément pour le meilleur, certes, mais on se souvient au moins d'avoir un peu salivé avant. Là non. Et le résultat est au diapason de nos nano-attentes : c'est sans grand intérêt, "Who knows who" ne déçoit donc pas ! Son riff piqué à Led Zep ("Heartbreaker") séduit d'abord vaguement, jusqu'à ce qu'une infâme bouillie sonore chère à Bellamy vienne inonder puis noyer la voix de Skinner sous des trombes de pénibles saturations. Mais bon, vu que c'était juste pour rigoler, alors on ne peut rien dire.
 



Le producteur culte Jerry Finn est mort : les punks pleurent

Posté par Myosotis le 26.08.08 à 12:00 | tags : rock, punk, people, cimetière

La nouvelle avait été annoncée (façon Pascal Sevran, on en trouve des traces sur le site des Inrocks par exemple) un peu avant l'heure mais tout le monde la savait imminente : le producteur Jerry Finnest mort en fin de semaine dernière après un coma de plus d'un mois.

Jerry Finn avait subi une grave alerte cardiaque suivi d'une attaque cérébrale en juillet qui l'avaient laissées dans un état végétatif. Sa famille avait pris la dure décision de le débrancher et de précipiter son destin. Jerry Finn était sans conteste le plus grand producteur punk des années 90. Il avait ainsi travaillé avec les plus grands groupes américains du genre : les affreux Rancid (And Out Come the Wolves en 1995, leur meilleur album), Green Day, Blink 182 (l'album Enema Of The State surtout en 1999) mais aussi AFI, Sum 41, Bad Religion ou encore Madness. Finn avait contribué récemment, et dans un genre complètement différent, au retour de Morrissey, produisant l'album You Are The Quarry en 2004, et terminant malheureusement et précocement (il n'avait pas 40 ans) sa carrière avec la production du nouvel album de l'ancien chanteur des Smiths, Years of refusal (prévu en février 2009).

L'importance de Finn n'aura pas été négligeable dans la mise en valeur de groupes punk auxquels on aura reproché tout du long de n'arriver pas à la cheville des groupes punk historiques. Sa production était caractérisée par un côté brut, proche du son live qui rendait à la perfection la fougue et la vigueur des jeunes pousses. Finn faisait partie sur le plan technique des producteurs ingénieurs (par opposition aux grands producteurs créateurs) et avait notamment mis au point une innovation majeure. Celle-ci consistait en une manière originale d'enregistrer les batteries au moyen de deux micros et d'un diaphragme. Finn disposait un micro large sur le haut de la batterie et un micro dynamique sur la caisse du bas, ce qui permettait de donner un effet de profondeur inédit. Le mélange des deux enregistrements au moment du mixage conférait à la batterie desdits groupes (il suffit de jeter une oreille à l'un des albums précités pour s'en rendre compte) une force étonnante et proche de l'effet garage. CQFD.

A 39 ans, Finn semblait en passe avec Morrissey ou Tiger Army's d'élargir sa palette de producteur. Les punks ont la crête en berne et l'épingle à nourrice qui pleure.

 

 




Trésors cachés du hip hop #1 : Edan - Beauty And The Beat

Posté par Maxence le 26.08.08 à 09:00 | tags : électro, hip hop

C'est un des lieu commun les plus tenaces de la pop culture actuelle : le hip hop aurait connu son âge d'or et ne créerait plus rien de nouveau. C'est oublier l'incroyable vitalité du genre malgré son âge désormais respectable et le nombre de trésors cachés à découvrir et redécouvrir. Cette rubrique leur est dédiée.

 

Producteur originaire de Boston, rappeur, scratcheur, grapheur, disciple du beatmaker Shaka, avec qui il fondera Sunmoon Productions, Edan fut longtemps le pourvoyeur d'un hip hop à la fois innovant et oldschool, s'inscrivant dans la lignée des Furious Five, T La Rock, Erik B & Rakim et autres Ultramagnetics MC's. A ce titre, certains se souviennent peut-être de ses compos au son clair et percutant comme du hip hop 80 sur Art-Chi-Techture, son premier album ou l'incroyable Primitive Plus EP (puis LP).

 

C'est pourquoi, quand le white boy enfant du rap revient en 2005 avec l'incroyablement coloré Beauty And The Beat beaucoup tombent des nues. L'album en effet est un véritable revirement. A la rigueur de ses précédents opus, Edan préfère ici la folie virtuose et l'expérimentation tout azimut hérité du flower power. Hommage au 60's et 70's psychédéliques, qu'elles soient rock ou plutôt soul, doo wop, ou même jazz, sous forme de collages chatoyants, de cuts aussi secs que groovys, de flow éblouissant et de mélodies azimutées, Beauty And The Beat est certainement l'un des albums de rap les plus riches du début des années 2000. Album crossover par excellence, Edan y sample le rhythm'n blues de The Dells, le psychédélisme de The Hollies, du early Pink Floyd ou les ambiances langoureusement californiennes de Mamas & Papas et Love, tout en gardant les spécificité du rap et du hip hop dans un incessant allé et retour entre passé, présent et même futur.

 

Dés « Funky Voltron » feat. Insight et « I See Colors », l'un des plus fameux morceau de ce monstre d'album sur lequel Edan et son flow caméléon rebondissent entre les citations, l'auditeur se paie un des plus fameux trip au LSD que le rap puisse offrir. Avec un talent venu d'ailleurs qui coup le souffle, le bostonien balance ses arrangements sans limites, puzzle psychédélique à base de guitares convolutées, de basse enfumée et de cordes amples sur lequel interviennent les fondamentaux du hip hop : rythmique catchy, break impromptus, échos, beatbox fiévreuses et surtout, rap imparable - et implacable (voir « Torture Chamber ») de Percee P, Mr. Lif, Insight et Dagha. Sur « Promised Land » ou « Murder Mystery », Edan développe avec art un hip hop émancipé que l'on pourrait rapprocher de Daedelus, mais qui, à la différence de ce dernier et malgré l'aspect surréaliste de ses compositions, reste profondément attaché au racine du genre afro-américain par excellence (« Fumbling Over Words That Rhyme » ou les rimes back-to-back d'Edan et Insight sur le bien nommé « The Science Of The Two »).

 

Dynamique avant tout, Beauty And The Beat est emprunt d'une pulsation incontournable. A la dimension rêveuse du rock psychédélique, Edan ajoute la puissance du hip hop qui n'attendait que ça. Sur « Rock & Roll » il se fend même d'un hommage rappé aux stars du rock qu'il admire depuis toujours, réunissant ainsi deux genres supposément antinomiques ou trop souvent réunis dans des excercices de styles superficiels et putassier. A contrario, rien de spectaculaire ici, si ce n'est le talent de producteur de l'américain. Au final Beauty And The Beat est encore une fois l'occasion de s'émerveiller sur la façon dont fonctionne l'histoire de la musique : Si dans les années 50, les musiciens blancs (et certains artistes noirs) pillaient le répertoire du blues pour développer le rock, il est jouissif de voir ici, plus de 50 ans après, un jeune rappeur blanc qui s'approprient la musique sous acide du psychédélisme pour offrir à la culture hip hop un de ces plus beaux joyaux !

 

Edan - Beauty And The Beat (Lewis Recordings, 2005)




Black hole sun, won't you come ?

Posté par Maxence le 25.08.08 à 16:00 | tags : disques de l'été, psychédélique, rock

 

L'été n'est pas encore fini les amis, et ceux qui ne virent pas d'actualité durant la période estivale qui nous tourne bientôt le dos doivent faire leur mea-culpa et se l'avouer : ils sont passés à côté de pas mal de choses, particulièrement du côté du rock et de la pop psychédélique de nos amis "corbacks". Car, en plus d'être "cosmic" et "lent", cette année l'été fut également "black" !

 

Pas question cependant de passer en revue tous les groupes s'affublant de l'adjectif « black » durant l'été, nos confrères de Magic l'ont déjà fait. Pas question non plus de lister tous les groupes utilisant « Black » dans leur patronyme (Black Sabbath, Black Rebel Motorcycle Club, etc.) mais juste de parler des « black bands » qui firent le buzz cet été, les bons et les moins bons, en tout cas les plus spectaculaires. En l'occurrence les Black Lips, Black Kids, The Black Ghosts, The Black Angels, méritent tous d'entrer au palmarès des men in black, pour diverses raisons, pas toutes recommandables comme nous le verrons par ailleurs.

 

Je ne m'étendrais pas des masses sur le Black Kids et leur Partie Traumatic qui décidemment porte bien son nom. Tout le monde à suivi l'affaire Pitchfork, très drôle au demeurant et qui en dit long sur la constance des goût et des couleurs, la fidélité, la hype etc. au sein de la critique musicale. Malgré tout leur enthousiasme, Black Kids, c'est un peu la métaphore musicale d'une photocopie. A force de reproduire une reproduction, on fini par obtenir des couleurs plus pâle, un délavé sans relief. Il vous suffira donc de savoir que cette pop post-punk et braillarde sonne comme une émanation de Bloc Party qui voudrait sonner comme The Cure jammant avec les B 52's (pour la voix du chanteur qui hésite visiblement entre copier Robert Smith et singer une des choristes du groupe d'Athens). Sachant que les premiers (Bloc Party) sont déjà une resucée tiède du post-punk des 80's, l'infusion d'une resucée ne laisse plus grand-chose à goûter vous vous en doutez.

 

Idem pour The Black Ghosts, soit un ex-membre de Simian et Simian Mobile Disco (dont vous pouvez lire la critique du FabricLive ici). Rien à dire sur un premier album éponyme de brit pop fadasse qui n'a pas résisté à l'écoute de plus de 5 morceaux. Compositions molles, voix ternes, mélodies inexistantes, grosses rythmiques new rave pouèt pouèt, bref, ces fantômes insipides (et non pas « noirs » contrairement à ce qu'ils voudraient nous faire croire) ont tout pour déplaire et une apparition de Damon Albarn des Blur n'y change rien. Les Black Ghosts font bien de choisir l'anonymat d'un tel patronyme, dans le noir il resteront et ne risquent pas de voir la lumière bien longtemps. Verdict : Sans intérêt.

 

Attaquons-nous maintenant aux deux albums pop rock de l'été, j'ai nommé, l'incantatoire Directions to See a Ghost de The Black Angels et Good Bad not Evil de Black Lips. Les premiers sont Texans et cela s'entend, les seconds sont de Georgie, et on se dit que décidément, c'est bien le sud des Etats-Unis qui nous offrent régulièrement ce que le rock fait de mieux. Envoûtant, hypnotique, vibrant, Directions to See a Ghost est une messe psychédélique écrite pour l'ère contemporaine (guitares sludge, mer de bruit post-rock, répétitions Suicide like, drones machines, riffs doom/stoner, décélération new wave sur « Doves »). Certainement le meilleur album rock de l'été. Une monstruosité qui atteint son acmé sur l'épique « Snake In The Grass », un mantra de 16 minutes qui évoquerait les Doors si le Stoner avait existé en 1969, ou un Mazzy Star au masculin. On pense au meilleurs du 13th Floor Elevators, entité culte et bizarre issue des plaines arides du Texas, avec une pointe de Spacemen 3, période Sound of Confusion, ainsi qu'une version light de Monster Magnet (époque Spine of God). Si cela ne vous dit rien, sachez juste que les compositions hantées de The Black Angels, si elles n'ont rien d'originales, transportent immanquablement son auditeur lui offrant assez de puissance et de vibrations délétères pour combler toute la vacuité des deux groupes précédemment cité (pour ne pas dire, une génération entière de ces groupes.)

 

Concluons avec les sympathiques Black Lips, sur lesquels plane également l'ombre de Rocky Erickson, le leader du 13th Floor Elevators. Comme leurs confrères des « anges noirs », les Black Lips ne font pas dans l'originalité (quoique), ils sont simplement authentiques ! Comme les Oh Sees, en plus roots (voir notre chronique), il leur suffit de cultiver une énergie digne des Kinks et des Sonics, auquel s'ajoute une touche power pop et punk rock nécessaire pour enlever la partie sans difficulté. Juvéniles, les membres de ce pur groupe de rock'n'roll tournent depuis l'âge de 16 ans, alors évidemment depuis Let it Bloom et Los Valientos del Mundo Nuevo, leur musique a considérablement évolué, passant du punk-rock primitif sous influence Bo Diddley à un mélange power-punk psychédélique jouissifs et totalement régressifs dont les hymnes « O Katrina ! », « Veni Vidi Vici », sorte de reggae punk velvetien, ou encore « Navajo », « Cold Hands » et « Lock And Key », sont des plus emblématiques. Recommandé comme on dit, et cette fois, l'expression n'est pas galvaudée.

 

Black Lips - Good Bad not Evil (Vice Records)
The Black Angels - Directions to See a Ghost (Light In The Attic)
The Black Ghosts - The Black Ghosts (IAMSOUND Records)
Black Kids - Partie Traumatic (Mercury)

 

http://www.myspace.com/theblackangels
http://www.myspace.com/theblacklips

http://www.myspace.com/blackghosts

http://www.myspace.com/blackkidsrock




Solange a décidé...

Posté par 2goldfish le 25.08.08 à 13:09 | tags : pop, rnb, vidéos musicales, youtube

 

 

 

Je ne comprends pas toujours les décisions des maisons de disque. Tout le monde sait que les américains sont des brutes, des rustres sans aucunes des bonnes manières que le vieux continent a su affiner au fil des siècles comme un fromage ou un bon vin. C'est pratiquement une insulte à notre art de vivre que de sortir la version des Neptunes du nouveau single "I Decided" de Solange seulement aux USA et de la remplacer chez nous par un grosier remix des britanniques Freemasons intitulé "I Decided Part 2". L'un est tout en staccato, un peu comme une intro qui ne s'arrêterait jamais (les Neptunes pensent sans doute que les premières secondes de "Baby Love" sont les meilleures... et ils ont raison) tandis que la version européenne joue la carte de la facilité avec un gros beat simplet pour ceux qui ne savent rien danser.

Du coup, le clip si excellent en VO par son côté outrageux devient juste de mauvais goût avec les Freemasons. Aux USA, le côté glam/psyché donné aux images de guerre et d'émeute a un côté joyeusement décalé, en Europe le remix démago rend le détournement plutôt malsain. Apparement, et ce n'est pas une surprise, le single a plus de succès au Royaume Uni que dans les colonies. Il faut dire que si nous ne sommes pas des rustres, nous sommes quand même vachement décadents.




My Brightest Diamond, toujours dans la lune

Posté par Slick Rick le 24.08.08 à 11:49 | tags : pop, rock, vidéos musicales, youtube
My Brightest Diamond - From the top of the world
 
 
Voici le premier clip extrait de l'excellent A Thousand Shark's Teeth, le dernier album de My Brightest Diamond. Dans des décors enfantins, Shara Worden se transforme en poupée de bois, escalade la lune, et marche à l'australienne (sur la tête !) avec un grand naturel.

Ryan Roregger trouve le langage féerique et aérien qu'il fallait pour mettre en images l'univers onirique de la diva de Brooklyn. Philippe Genty n'est pas loin, "Tonight, tonight" des Smashing Pumpkins non plus...

Quant à la chanson "From the Top of the World", installée sur un accord du guitare proche du "Creep" de Radiohead, elle vous fait décoller en douceur, pour définitivement vous mettre la tête à l'envers. My Brightest Diamond sera en tournée en France, au mois d'octobre.

Lire la chronique de A Thousand Shark's Teeth, de My Brightest Diamond
 

Smashing Pumpkins - Tonight, tonight



La grande saga de la presse musicale

Posté par Maxence le 23.08.08 à 10:13 | tags : flu, médias, news

 


Certains d'entre vous l'ont peut-être remarqué, Fluctuat, le mag, s'est fendu durant tout l'été d'une belle histoire des grandes figures de la presse musicale mondiale. Du NME aux Inrockuptibles, de The Wire à Rolling Stone et The Source, Flu' n'oublie pas non plus le plus représentatif des sites web musical, j'ai nommé Pitchfork. C'est toute la rédac' de Fluctuat.net (et donc de Playlist) qui s'est donnée la main pour vous proposer ces historiques, avis et critiques (forcément subjectives) sur ceux qui font, firent, ou feront à n'en pas douter encore longtemps, la pluie et le beau temps au sein des musiques actuelles et populaires, n'en déplaise aux médias numériques.


Lire l'histoire du NME
Lire l'histoire des Inrocks
Lire l'histoire de The Wire
Lire l'histoire de Rolling Stones
Lire L'histoire de The Source
Lire l'histoire de Pitchfork




Le festival Wild Cards à la Flèche d'Or

Posté par LovelyRita le 22.08.08 à 17:08 | tags : agenda, électro, live, pop, rock



Déjà ouverte, tout cet été, la Flèche d'Or prépare sa rentrée de septembre avec un festival. La salle a profité du temps mort estival pour continuer ses soirées concert et clubbing habituelles et pour étoffer la prog de Wild Cards. Un festival en forme de cartes blanches lancées cet été à plusieurs artistes, labels et autres acteurs de la scène musicale actuelle. La prog finale donne donc lieu à des concerts et dj sets. Le festival Wild Cards se déroule du 30 août au 4 octobre (on a compté, ça fait une bonne vingtaine de soirées) et c'est en entrée libre. Aucune raison de ne pas y aller.

Les artistes à l'affiche : Adem, Arnaud Rebotini, Black Devil Disco Club, Bowerbirds, Breakbot, Cosmo Vitelli, Dabbaz, Dara, Don Rimini, Dsl, FM Belfast, Friendly Fires, Guido, Jeremy Jay, Kumisolo, La Maison Tellier, Le Tone, Munch Munch, Neva Dinova, NLF3, Panther, Rhoda Dakar (des Specials), Rolo Tomassi, The Embassy, The Rascals, Think Twice, Toumast, Tryo, Your Twenties...

Seront aussi présents et actifs : Magic, Tsugi, Voxpop, Talitres, Cooperative Music, Le Mouv, Radio Néo; Diamond Traxx, Asphalt Duchess, I'm a cliché, Villager Vert, Super !, Naïve...

Le site de la Flèche d'Or



Pete Doherty entre dans l'histoire juridique de la subversion !

Posté par Myosotis le 22.08.08 à 15:00 | tags : news, pop, rigolo, uk

Après un nouveau no-show remarqué lors d'un festival sur le continent, le pauvre Pete Doherty, à qui il n'était rien arrivé de bien excitant depuis quelques semaines (entendre qu'il ne s'est pas fait arrêter depuis un bail), a été l'objet d'une charge juridique inédite de la part de la police du Wiltshire, la "comté" où il réside et joli bout de campagne où lui et ses Babyshambles devaient tenir la vedette du Moonfest Festival. Invoquant un texte vieux de plus de 60 ans, qui nous ramène aux bonnes vieilles arrestations préventives ou sur scène des dinosaures de la subversion rock, les Stones, Iggy Pop ou Jim Morrisson, les flics de Wiltshire ont obtenu de la justice saisie en référé, après une inspection de la caravane des Babyshambles, la reconnaissance que la présence de Doherty au festival risquait d'inciter à la violence et de représenter un risque grave et imminent pour la sécurité des festivaliers. Plus drôle, l'ordonnance indique que la musique du groupe a la particularité de "ralentir le tempo avant de le réaccélérer, tandis que le chanteur incite tout le monde à s'enflammer, ce qui crée un effet d'emballement - whirlpool effect - et des conditions très favorables à des explosions chroniques de violence". La décision de justice a enjoint les organisateurs du festival Moonfest à décommander ses têtes d'affiche et contraint finalement ce dernier à annuler le festival entier. La rumeur veut du reste que le niveau des ventes ait été très très bas et que cette annulation ne soit pas si mal vue de la part de John Green, le responsable du Moonfest.
 

Les Babyshambles ont d'abord réagi avec humour à cette décision inédite et venue d'un autre temps, signalant qu'il n'y avait jamais eu le moindre incident lors de leurs concerts, avant de la regretter officiellement. L'histoire ne dit pas s'ils engageront à leur tour des poursuites contre les supposées déclarations du chef de la police qui aurait déclaré : "haïr ce dégénéré et ne pas supporter qu'il habite dans la région". On se croirait dans Hot Fuzz. Une chose est sûre c'est que la jurisprudence Doherty va faire du bruit et les beaux jours de la doctrine dans les prochains mois : plusieurs juristes se sont émus de la légalité d'une telle interdiction et surtout des motifs invoqués qui semblent revenir aux errances de la justice victorienne. Des parallèles ont évidemment été faits avec les ennuis judiciaires d' Oscar Wilde, l'un des héros de Doherty, dont l'oeuvre avait été attaquée pour son immoralité supposée.

Doherty s'il déménageait n'irait sans doute pas à Liverpool où lui et ses amis se sont presque faits sortir de scène pour avoir tenté une reprise maltapropos de "You'll Never Walk Alone", l'hymne des Reds, lors d'un récent concert dans une salle remplie de supporters d'Everton. Hué, soumis à des jets de projectiles, le fan notoire des londoniens de QPR n'a dû son salut qu'à un second titre des Libertines, "Breck Road Lover", évoquant qu'il avait passé une partie de son enfance à Liverpool. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.....




Les oubliés de la pop : I'm Free ou le charme des Soup Dragons

Posté par Myosotis le 22.08.08 à 10:47 | tags : oubliés-de-la-pop, pop, rock, uk, youtube


 

 

 

Pour la plupart des gens, The Soup Dragons aura été le groupe d'une seule chanson, un "I'm Free" venu de nulle part en 1990, psychérock accommodé sauce baggy et totalement effondré sur lui-même, comme si le chanteur Sean Dickson avait avalé un plein panier d'ecstasy avant de se mettre au micro. La chanson démarrait impeccablement sur une voix vocoder "Don't be afraid of your freedom", relevée d'un soupçon d'écho qui évoquait immanquablement le son des Happy Mondays, et plus largement ce qu'on entendait alors dans tous les clubs du Nord de l'Angleterre. Le refrain était génial "Freedom / I'm free / To do what I want / Any old time / I said I'm free / To do what I want / Any old time" suffisamment idiot et entêtant pour qu'après une ou deux écoutes on ne puisse plus s'en détacher. Le message (être free, sans trop réfléchir à ce que cela pouvait vouloir dire) était, à sa façon, emblématique du grand mouvement acid qui se mettait alors en place en Angleterre. Les Soup Dragons, d'abord un petit groupe indie passé inaperçu, avait à l'époque déjà jeté un bel album dans la mêlée, This Is Our Art, riche de belles plages de guitares, entre le punk et le rock et qui aurait pu avoir son importance, si tout le monde n'avait décidé par la suite de faire tout à fait autre chose. Car en 1990, il faut bien l'avouer, l'Ecosse commençait à se moquer sacrément du rock à l'ancienne, des Buzzcocks et de tout le reste. Les dealers mancuniens avaient débarqué avec leurs pilules et faisaient le siège des clubs. Les Primal Scream, le grand groupe emblématique de la scène future, étaient en studio pour amorcer la grande révolution sonore. Screamadelica n'arriverait pourtant qu'en octobre 1991. Les Soup Dragons avaient à ce moment précis, et pour quelques mois, une longueur d'avance sur leurs collègues nationaux, même si, à quelques centaines de kilomètres de là, et près de deux ans auparavant, Shaun Ryder avait déjà lancé son classique Bummed et quelques autres missiles à tête dansante. Les Mondays, aidé par Martin Hanett, inventèrent le son Madchester, le baggy par le versant des percussions. Les Soup Dragons et les Primal Scream allaient l'inventer par les guitares. Les uns venaient par la soul. Les autres arrivaient par l'indie rock. C'était toute la différence. "I'm Free" annonçait une nouvelle ère qui, ironie de l'histoire, ne viendrait jamais vraiment pour la bande de Dickson, Paul Quinn et Jim Mc Culloch. Leur nom, emprunté à une série d'animation pour les enfants, les Clangers, évoquait un puits volcanique sur une planète bizarre qui servait de la soupe énergétique aux créatures héroïnes du dessin animé. Tout un symbôle.

Le problème est qu'évidemment la chanson n'était pas des Soup Dragons mais une reprise des Rolling Stones, dernier titre de l'album Out of Our Heads, de 1965, composée par Jagger et Richards. Il y a toujours une frustration à n'être connu que pour des chansons qu'on a pas écrites, d'autant plus que les Soup Dragons, groupe écossais, originaires de la région de Glasgow, avaient à leur actif quelques belles compositions. L'album Lovegod, sur lequel le groupe replaça habilement "I'm Free", et sa pochette psychédélique, ouvrirent pour les Soup Dragons un succès qui ne devait malheureusement pour eux durer que deux petites années. Lovegod est un album impeccable et qui ne vaut pas que pour le single : "Backward Dogs" est un titre solide, tout comme "Beauty Freak", un peu plus loin (qui évoque avant l'heure le Beautiful Freak d' Eels), "Kiss the Gun" et bien sûr "Mother Universe". Dickson est alors un frontman assez charmant. Ses cheveux tombent en mèche grasse sur le haut de son front et ses chemises froissées font un malheur. Les Soup Dragons ont de l'attitude, un mélange de majesté et de relâchement, une forme de dignité dans l'abandon au dance-floor qui n'est pas si fréquente dans le mouvement. En 1992, ils sortent un troisième album, Hotwired, à la pochette hideuse, qui entretient, sur le succès de son single "Divine Thing", la magie pendant quelques mois supplémentaires. Sean Dickson évoque à ce moment précis un Kurt Cobain qui se serait mis à la dance music. Il danse comme un pantin, a la voix qui s'écrase et se charge d'un mélange poisseux de tabac, d'alcool et d'on ne sait trop quoi. Les Soup Dragons incarnent le retour de flammes de l'esprit baggy, encore incandescents mais déjà dans l'outrance et le n'importe quoi. Après un ultime album (jamais écouté), le groupe éclate. Paul Quinn retourne en terre indie avec le Teenage Fan Club, tandis que Sean Dickson se fait un nom dans le monde de la nuit et devient DJ pour prolonger la nuit qui danse. Il monte un autre groupe, The High Fidelity, qui se fait, pour ainsi dire, damer le pion à nouveau par les Flaming Lips alors qu'il était sur le point d'inventer un mélange de rock psyché, d'électro et d'indie. Pas de veine.

 

 




Live : Rage Against the Machine, et toujours le poing levé

Posté par Slick Rick le 21.08.08 à 15:01 | tags : fusion, hip hop, live, rock, rock en seine

On le savait, la journée 20 août de Rock en Seine, c'était Rage Against the Machine. Et rien d'autre. Une date spéciale pour les fous furieux "fusion" : privilège inédit à St Cloud. Grosse attente donc, pour un public venu spécialement voir le retour de leurs idoles splittées depuis 8 ans.

 

Casquettes de keupons, pantacourts et T-Shirt du Che semblaient être de rigueur pour honorer l'évènement. Les autres concerts, tous programmés sur la grande scène, faisaient figure d'amuses-gueules. Hormis les sexy Blood Red Shoes, duo anglais énervé, efficace et finalement très pop, qui ont fait une prestation courte mais sans fioriture. Sinon, quoi ? Les Lostprophets, sortes de Linkin Park "emo", affectés et péroxydés, aussi délicats qu'un Nickelback. Puis le set impersonnel de Mix Master Mike, DJ légendaire des Beastie Boys, qui s'efforce de contenter un public "hip hop/rock" en enchainant Eminem avec "Seven Nation Army". "Do you want to see Rage?" Début d'ébullition dans la fosse.

 

Les brancards défilent

 

Un hélico passe lentement au dessus des dizaines de milliers de spectateurs, plongés dans la nuit et impatients. Tension palpable. Les arbres qui bordent l'enceinte sont investis par les fans, prêts à l'assaut. Les lumières s'allument. Quatre silhouettes oranges se profilent sur la grande scène. Leur visage est masqué par un sac beige, façon Guantanamo. Les Rage jouent leur premier titre ainsi attifés. Très spectatulaire. Une étoile, forcément rouge, surplombe les quatre guerilleros. Zach de la Rocha lève son poing, la foule suit, telle une armée. La suite n'est que pogo, sueur et breaks meurtriers. Les brancards défilent bientôt sous les arbres secoués par les transes des haut-perchés, rapatriant à vitesse grand V les blessés au combat...

 

Machine de guerre

 

Coiffé de son éternelle casquette de base ball, Tom Morello saigne sa gratte comme un chirurgien sadique, tandis que le tatoué Tim Commerford tripote violemment sa basse en secouant sa tête rasée. Brad Wilk donne le tempo, martial. Le riff de "Bombtrack" déclenche un délire collectif, bientôt suivi de "Bulls on Parade" et son imparable effet wah wah, funk en diable... Balayant l'espace de ses jambes raides, dans une danse chaotique et saccadée, Morello s'impose en fin stratège de la Machine de guerre. Allure de Guevara mâtiné de Marley, révolutionnaire et christique, De la Rocha tient son rôle de frontman charismatique, politisé jusqu'à la moelle.

 

Quand, à l'heure du rappel, l'"Internationale" retentit (!), la foule entonne l'hymne communiste, sans sourciller. Car, il faut bien le dire, à défaut de subtilité, un show RATM se doit d'être polémique et engagé. Chose promise, chose dûe : en ce sens, les Californiens tiennent leur statut, et prouvent au passage que le folklore Rouge/guevaro-zapatiste a encore de beaux jours devant lui. Retour au rock : la scie "Killing In the Name", tranchante et toujours pas rouillée, vient découper ce qui reste de nos pauvres articulations. Et la foule...lève le poing.

 

Photos de Nicolas Messayasz (blog de Rock en Seine) et David Atlas (site officiel de RATM).



Janet Jackson déballe sa lingerie en famille

Posté par Myosotis le 21.08.08 à 10:19 | tags : rigolo, soul

Vous en rêviez depuis le désormais fameux épisode du Superbowl 2004 durant lequel le beau Justin Timberlake lui avait sauvagement découvert le nichon : Janet Jackson a décidé de capitaliser sur ce moment cocasse et sa nouvelle célébrité mammaire en lançant, d'ici la fin de l'automne, une ligne complète de lingerie. Les ustensiles sexy qui seront dessinés avec un styliste australien, seront vendus à des prix accessibles (à partir de 30 euros) un peu partout et spécialement dans la grande distribution. La collection s'appellera Pleasure Principle et sera centrée sur le confort et le côté pratique. Janet Jackson a dit qu'il y "en aurait pour tous les goûts". Elle a déclaré qu'elle avait trop souffert, dans sa chair (sic) de soutiens-gorge mal adaptés et qui font mal pour ne pas avoir eu en tête le confort de chaque femme. "Je veux, a-t-elle confié, que toutes les poitrines puissent se retrouver dans ce que je fais : les grosses, les petites, les rondes, les poires..." Alors que son dernier album, Discipline, a été un flop en France mais un succès aux Etats-Unis (n°1 des charts pendant 3 semaines), la plus jeune des Jackson a aussi en tête de sortir un livre sur ses récurrents problèmes de poids.

Janet Jackson n'a effectué aucune déclaration concernant la reformation possible des Jackson 5, dont, rappelons-le, elle ne faisait pas partie, pour avoir été un peu trop jeune à l'époque. A l'exception de quelques pas de danse sur scène, elle n'avait, en effet, pas fait partie de l'aventure menée par ses frères Jermaine, Tito, Michael, Jackie et Marlon qui les avait menés à être les fleurons de la Motown à la fin des années 70.

 

 




Clip de Noah and the Whale : Wes, t'as vu !

Posté par Slick Rick le 20.08.08 à 15:38 | tags : folk, pop, vidéos musicales, youtube
Noah and the whale - 5 years time
 
Non, ce n'est pas une fausse impression : ces deux clips ressemblent effectivement beaucoup à du Wes Anderson, avec ses panneaux à chapîtres, sa galerie de doux dingues en jogging et sa vision du monde en 2D à la Hergé.

Même si le clip ci-dessus n'a pas été réalisé par le réalisateur de Rushmore, La Famille Tenenbaum et A bord du Darjeeling Limited (pour ne citer que mes préférés), les Noah and the Whale ont dû donner des consignes à James Copeman (le réalisateur du clip) du genre : "hé James j'adore ton style et tout, mais tu pourrais plutôt nous faire quelque chose à la Wes Anderson steuplait ?".

En effet, les Noah and the Whale sont des fans transis - on les comprend - du bonhomme. Regardez plutôt le clip ci-dessous. Leur film préféré, le superbe drame familial Les Berkman se séparent, a été produit par leur chouchou en costard pastel. Si l'on assemble le titre original des Berkman..., "The Squid and the Whale", et le nom du réalisateur, Noah Baumbach, on obtient...The Squid and Baumbach, oui, mais ça sonne moins bien que...Noah and the Whale !!!

Le quatuor anglais joue une pop naïve, délicate et orchestrée, proche de Belle and Sebastian, avec quelque chose de Neutral Milk hotel dans le timbre du chanteur Charlie Fink, et une touche de flegme à la Jonathan Richman pour couronner le tout. Le cachet "mélancolique et ensoleillé" du groupe fait le reste, entre indie pop, country "alternative" et antifolk. Bref, leurs chansons pourraient figurer dans une BO de Wes Anderson. Leur album Peaceful, the World Lays me Down, tout juste sorti outre-Manche, n'est bizarrement pas encore programmé en France... Mais on peut toujours le commander ou le télécharger sur le Myspace de Noah and the Whale.


Noah and the Whale - 2 bodies 1 heart



Cure 4/13 : Perfect boy, enfin...

Posté par Myosotis le 20.08.08 à 10:02 | tags : gothique, news, rock, youtube
 
On avait fait la fine bouche jusqu'ici et déjà relevé les oreilles et la tête à demi sur "Sleep When I'm Dead" : voici enfin de quoi retrouver le sourire gothique avec ce quatrième extrait du futur Thirteen. "Perfect Boy" n'est peut-être pas un chef d'oeuvre absolu mais sûrement ce qu'on a entendu de mieux de la part de Robert Smith et des Cure depuis qu'ils ont décidé de livrer un single issu de leur album à venir chaque mois. Ce très beau morceau est emballé en 3 minutes 23 secondes, ce qui est en soi déjà une bonne nouvelle : un chant parfait, un refrain facilement identifiable, des couplets qui font sens et enfin des guitares tenues en laisse et qui n'en font pas des tonnes. Le texte est sec, clair et précis avec un final classique dans l'écriture de Robert Smith où l'expression amoureuse se termine en constat d'une impossibilité ontologique de ces amours parfaits et fantasmés. "The Perfect Boy", c'est la fille fantôme de "Just Like Heaven" qui s'échappe et vous laisse seul au bord de la falaise avec le petit matin, c'est l'harmonie manquée d' How Beautiful You Are, empruntée aux Yeux des Pauvres de Baudelaire, etc. En un mot, du Cure comme on l'aime, rêveur, adolescent et... romantique. Les nostalgiques de la première trilogie en seront pour leurs frais : Cure tape encore une fois dans l'environnement référentiel post Kiss Me Kiss Me Kiss Me, période Wish lorsque la rythmique (basse/batterie) avait déjà cédé du terrain face aux guitares mélodiques. En prime, la face B "Without You" en mode semi-acoustique se tient bien également et nous revoici en train de rêver à un album meilleur que ce qu'on avait entrevu jusqu'ici.
 

You and me
Are the world
She said
Nothing else is real
The two of us
Is all there is
The rest
Is just a dream

And her heart
May be broken
A hundred times
But her hope?
We'll never destroy
Her heart?
The happy ever
After girl
Will never find
The perfect boy.

 

Heart, hundred, perfect, world, dream : les mots clé sont de sortie comme d'habitude, disposés les uns après les autres, comme si Smith avait choisi de déshabiller son écriture, de la résumer à ce qu'elle est depuis longtemps : une sorte de ligne claire de l'écriture pop, faite de concepts et déréalisée à l'extrême. A suivre....




Black Obama vs Mc Dancin' Cain : la guerre des playlists

Posté par Myosotis le 19.08.08 à 17:53 | tags : élucubration, politique, rigolo

On avait parlé il y a quelques semaines du beau cadeau à base de pop anglaise fait par David Cameron, le leader des Tories, à Barack Obama lors de sa tournée européenne. Voilà que les deux possibles candidats à la présidence américaine reviennent sur le terrain musical au travers de confidences faites au magazine Blender. Barack Obama et John McCain ont été invités à livrer la liste de leurs 10 chansons favorites de tous les temps et il faut bien avouer que sur ce terrain là, on serait bien infoutu de les départager. Si les deux hommes ont fait à bien des égards des choix sans grande surprise (des chansons que tout le monde connaît), on ne peut pas céder à la facilité et considérer que Mc Cain, ce qu'on aurait bien aimé faire pour céder à la Obamania, a des goûts de merde.

Tout ce qu'on peut dire c'est que Mc Cain a des goûts camp (2 Abba dans les 10, ça fait quand même beaucoup) et aime visiblement beaucoup trémousser son corps meurtri. Chacun emprunte un ou deux blancs/noirs à l'autre histoire de retourner l'adversaire, Mc Cain joue la tradition (Armstrong, Beach Boys, Dooley Wilson) et Obama la modernité : c'est plutôt roublard et bien vu. On notera que les deux semblent choisir les titres autant en raison de leur musique que du message qu'ils véhiculent : Touch the Sky, Think, ou Take A Chance on Me (ok, il y a aussi Espérons qu'on va passer le mois de décembre). Bizarrerie pour ceux qui ont l'habitude de suivre ce type de listes, c'est Obama qui a cité Springsteen et pas son rival. Clin d'oeil à l'icône musicale que chérissent les Américains qui feront pencher la balance électorale entre Démocrates et Républicains. Sinatra les met d'accord en revanche... comme d'habitude.

Alors, vous êtes plutôt Black Obama ou Dancin' Cain ?

Playlist de Barack Obama

1. Fugees - Ready or Not

2. Marvin Gaye - What's going on

3. Bruce Springsteen - I'm on Fire

4. The Rolling Stones - Gimme Shelter

5. Nina Simone - Sinnerman

6. Kanye West - Touch the sky

7. Aretha Franklin - Think.

8. U2 - City of Blinding Lights

9. Will.i.am - Yes we can

10. Frank Sinatra - You'd be so easy to love

 

Playlist de John Mc Cain

1. ABBA - Dancing Queen

2. Roy Orbison - Blue Bayou

3. ABBA - Take A chance On Me

4. Merle Haggard - If We Make It Through December

5. Dooley Wilson - As Time Goes By

6. The Beach Boys - Good Vibrations

7. Louis Armstrong - What a beautiful World

8. Frank Sinatra - I've Got You Under My Skin

9. Neil Diamond - Sweet Caroline

10. The Platters - Smoke Gest In Your Eyes

 

J'ai sous les yeux la playlist officieuse du président Nicolas Sarkozy mais ne la révélerai que sous la torture. Italians Americans do it better comme disait l'amie Madonna.

 




Bloc Party annonce la sortie d'Intimacy

Posté par LovelyRita le 19.08.08 à 14:05 | tags : mp3, news, pop, rock, uk
Intimacy, le nouveau Bloc Party va sortir incessament sous peu. Ah oui, petit rappel utile : Bloc Party va sortir un nouvel album. Quoi, vous n'êtes pas au courant, pourtant ça a été annoncé il y a un bail, lundi soir quoi. Bloc Party se la joue un peu comme Radiohead sur ce coup et sort, dans une version digitale tout d'abord, les titres d'Intimacy ce jeudi 21 août. La version 2, à savoir le CD physique, quant à elle, est attendue pour le mois d'octobre. C'était une demi-surprise dans la mesure où le groupe avait sorti cet été le titre "Mercury". Même si on ne savait pas trop quand, on se doutait que le single serait suivi d'un album. Demi-suprise aussi, parce que Radiohead nous a déjà fait la blague avec In Rainbows. Le groupe a eu recours à ce stratagème d'une pour se faire un peu de pub, on l'imagine, et aussi pour éviter que son opus soit leaké... Bloc Party l'a sûrement toujours mauvaise pour A Weekend In The City leaké des mois avant sa sortie, à l'époque (en 2007)
 
L'album est donc dispo en téléchargement payant pour 5£ à partir de jeudi 21 août ; la version CD est attendue pour le 27/28 octobre.
 
Voir la traclkist et la pochette de l'album Intimacy
 
Bloc Party - Mercury
 
Edit du 20/08 : un nouveau titre "Trojan Horse" est en écoute sur le net



Oasis : Dig Out Your Soul, psyché devant !

Posté par Myosotis le 19.08.08 à 10:06 | tags : news, pop, rock, uk

Alors qu'on approche tout doucement de sa sortie, prévue le 6 octobre, les frères Gallagher ont livré quelques détails supplémentaires concernant le nouvel album d'Oasis nommé Dig Out Your Soul . La première : sa couverture, conçue par le designer branché Julian House, est inspirée très nettement de l'ère psyché et évoque celle qui sortira, elle, le 1er septembre du nouvel album du Beach Boy, Brian Wilson.

Très colorée, très graphique et lumineuse, l'illustration est, selon le groupe, à l'image d'un disque "toutes guitares dehors" où, dit-on, Noël se serait abandonné à son penchant naturel pour les expansions de guitares. Les premières fuites musicales ont eu lieu, il y a quelques mois, déjà où 3 titres avaient malheureusement été leaké pendant quelques jours avant de disparaître des sites de téléchargement aussi miraculeusement qu'ils étaient apparus. Depuis, le premier single "The Shock of the Lightning", qui sortira fin septembre, a été distribué aux radios et a révélé un son relativement peu modifié depuis leur dernière sortie. Le titre est efficace, fort en gueule et relevé de sonorités machiniques intéressantes mais un peu longuet avec ses 5 minutes et 10 secondes au compteur. "Falling Down", un autre single déjà disponible sur iTunes, confirme la tendance : après avoir singé les Beatles, Oasis lorgne du côté des années 70 et ne fait pas dans la dentelle. Les titres sont longs, délayés et la voix de Liam un peu en retrait. L'album comporterait également un certain nombre de morceaux enregistrés en situation quasi acoustique, ce qui, d'après les fans, ne se serait pas produit depuis Be Here Now. Ce septième album comptera également une composition d'Andy Bell, l'ancien Ride, et coéquipier de luxe du groupe depuis quelques années, intitulée "The Nature of Reality". Avec la sortie du nouvel album de The Verve, Forth, prochainement, on assiste à un vrai revival Brit Pop, comme si 13 ans après, on allait rejouer à se faire frissonner avec une musique venue du passé. La suite prochainement...

Tracklist :

1) Bag It Up
2) The Turning
3) Waiting For The Rapture
4) The Shock Of The Lightning
5) I'm Outta Time
6) (Get Off Your) High Horse Lady
7) Falling Down
8) To Be Where There's Life
9) Ain't Got Nothin'
10) The Nature of Reality
11) Soldier On

 



Le site de la radio britannique XFM (qui a diffusé "The Shock Of The Lightning" en avant-première) permet de réécouter le morceau, ici-même



Eté indien : Traum fête sa centième production

Posté par Maxence le 18.08.08 à 17:50 | tags : électro, techno

Toutes les bonnes choses ont une fin, pourtant l'été n'est pas encore fini, et on dirait même qu'il s'accroche à l'écoute de cette livraison ensoleillée et digne d'un magic morning du fameux label Traum Schallplatten dirigé par Richard Riley Reinhold (alias Triple R). Ceux qui connaissent le label savent qu'en matière de groove électronique, qu'il s'agisse de minimal house, d'ambient techno ou de progressive psychédélique Traum n'a rien a envier à son principal concurrent ("concurrent" uniquement sur le fond puisque les deux structures s'apprécient à juste titre et que l'entité de Cologne distribue les productions Traum et affiliées - Trapez, Trapez Ltd, MBF, etc. - depuis un moment déjà).

 

Histoire de fêter dignement la centième parution du label, Riley Reinhold a compilé une petite sélection de ses meilleurs maxis, une sorte de reader digest de la techno "intelligente" (pour reprendre un vieux poncif qui trouve ici sa raison d'être), comprenant des fidèles de toujours (Broker/Dealer, Fairmont, Gabriel Ananda), des compagnons de route (Thomas Brinkmann, Dominik Eulberg) et des producteurs qui font l'actu au moment où vous lisez ces lignes (Minilogue, Moonbeam), pour un opus qui s'inscrit, comme souvent chez Traum, dans l'esprit d'une techno enivrante, aussi trippante sur canapé que debout les bras en l'air en soirée.

 

On appréciera surtout le retour de Thomas Brinkmann avec un titre discoïde mariant la rigueur de ses productions Max Ernst et le funk robotique de son projet Soul Center, ou encore les electro boys west coast de Broker/Dealer, particulièrement inspirés sur cette track estivale à la mélodie moelleuse pleine de bonnes vibes californiennes, sans oublier l'indispensable et lysergique Dominik Eulberg avec "Es Kleb Noch Morgentau in Deinem Haar", soit "Il y a encore de la rosée du matin collée dans tes cheveux", un titre doucettement rythmé qui fleure bon l'after love 70's et le réveil enjoué dans les près. Quant à Gabriel Ananda, après son imparable album Bambus Beat, il nous offre une nouvelle séance de spiritisme électronique teintée de chamanisme urbain made in Detroit (on pense à Rolando et son "Night of The Jaguar", ici) et si Fairmont s'envole encore une fois, c'est pour rejoindre les cimes intemporelles du rêve qui habitaient déjà Coloured In Memory, son magnifique album de la fin 2007. De leur côté les Suédois de Minilogue (qui nous avait scotché avec Animals, leur album ambient ET minimal techno) ne sont pas en reste avec "Carnival", un "safari" à bébêtes électroniques, subtilement dénudé et délicatement rythmé. Afrodelic !

 

Bref, vous l'avez compris, pour l'anniversaire de cette centième production, ce n'est pas vous qui amenerez le cadeau, c'est Traum qui offre.

 

VA - Traum 100 (Traum/Kompakt/Modulor)

 

http://www.myspace.com/traumschallplatten

 


 




Si le clip m'était conté

Posté par Slick Rick le 18.08.08 à 15:00 | tags : vidéos musicales, youtube

C'est quoi le clip ? "un court-métrage cinématographique ou vidéo, qui illustre une chanson, qui présente le travail d'un artiste", grosso-modo, selon votre dico. La place du vidéoclip se situe donc dans cet entre-deux flou entre le produit commercial et l'œuvre artistique. Toute l'histoire du clip est étirée, tendue par ces deux pôles apparemment antinomiques. Son aspect "hybride", bâtard, en a d'abord fait un support méprisé des musiciens...Comme des cinéastes.

 

Mais évidemment, les choses ont évolué depuis l'avènement du clip, que l'on peut situer dans les années 1940, l'âge des jukeboxes et des "Soundies". Les Scopitones suivront, puis la révolution "Bohemian Rhapsody", "Video killed the radio star" et MTV, "Thriller", la reconnaissance du clip comme "art" avec la nouvelle vague 90's (Michel Gondry/Spike Jonze/Chris Cunningham) puis la décadence, les extravagances bling bling de la hip hop video, et l'ère de l'Internet, du Youtube, de l'open source, du clip viral, du clip "participatif"...

 

Toutes ces révolutions, toutes ces mutations, tout ce (ou presque) qui a fait l'évolution de la vidéo musicale, on vous les raconte - veinards - dans notre dossier Histoire du clip...Flashback en images.


 




Human Highway : The Sound, single... canadien de l'été ?

Posté par Myosotis le 18.08.08 à 11:43 | tags : pop, rock, youtube
Human Highway est un groupe canadien issu de la rencontre (il y a pas mal d'années) entre Jim Guthrie, artiste solo reconnu et membre de l'écurie Royal City et Nick Thorburn, ancien membre du groupe Unicorns qui connut son heure de gloire au début des années 2000 et ci-demeurant du groupe qui monte Islands. Les deux hommes étaient amis depuis un certain temps et ont finalement franchi le pas en créant un groupe dont le nom est tiré d'un film-culte réalisé en 1982 par Neil Young et qui évoquait une apocalypse nucléaire façon Mad Max post-punk avec Dennis Hopper et le groupe Devo. Les deux hommes livrent donc sous l'étiquette Human Highway un premier album baptisé Moody Motorcycle tout à fait emballant.

A l'image de cet extrait (le premier morceau du LP), le disque regorge de morceaux lumineux, pétris d'harmonies vocales et de trouvailles de production. Le son évoque un mélange de folk, de reggae blanc, de cool attitude et de hip-hop sautillant, avec une forte dominante folk rock. Pas facile de ranger Human Highway dans une catégorie mais le groupe évoque certaines séquences pop détraquées de Yo La Tengo ou encore un croisement génétique entre Plastic Operator (pour la simplicité des gimmicks), Radar Bros et les Herman Düne. C'est à la fois surprenant, un rien gnangnan par moment, toujours bâti et enregistré sur le fil du rasoir mais presque toujours convaincant. Les textes sont souvent eux-mêmes plutôt drôles et incisifs, à l'image de ce grand prix de la vanne rimée sur "The Beach", l'un des meilleurs titres du disque : "I've built you a castle. And now you treat me an asshole." Plutôt bien trouvé. "Moody Motorcycle", le titre éponyme, est assez mélancolique, tout comme "Pretty Hair", l'une des pépites miniatures de ce duo avec lequel on passera agréablement l'été. A noter que l'album est sorti le 17 août.



Route du Rock 2008 : Youpi, mais...

Posté par 2goldfish le 17.08.08 à 22:50 | tags : live, news, pop, rock, route du rock

copyright 2008 Marielle MeurisseLa dernière journée a très bien commencé : Menomena donne comme on s'y attendait le meilleur concert du festival. Il faut dire que c'est la troisième fois qu'on les voit cette année et qu'on n'a guère été surpris : à trois les Américains jouent leur pop modulaire comme un orchestre d'au moins six personnes. Le batteur est fou, le bassiste/saxophoniste/guitariste/pédaleur est beau, le clavieriste/xylophoniste/guitariste est heureux et les trois sont chanteurs. Ils parviennent même à conjurer le soleil dont on nous avait juré qu'on ne le verrait pas ce jour-là. Tout devant, là où nous étions, le public semble particulièrement apprécier. On regrette juste la programmation trop tôt dans la soirée d'un concert auquel peu finalement auront pu assister.

L'autre bonne nouvelle de la soirée, c'est que les festivaliers sont venus suffisament nombreux cette année pour renflouer les caisses et permettre une Route du Rock 2009 (collections hiver et été, même). On n'en aurait pas juré en naviguant tranquillement dans la foule clairsemée mais voilà, s'il y avait deux fois moins de monde pour Sigur Ros que pour les Smashing Pumpkins l'an dernier, tout le monde s'est sérré la ceinture (des artistes qui ont baissé leur cachet aux bénévoles qui ont payé leur propre assurance) pour la survie du plus attachant des festivals de France.

Reste seulement à éspérer que l'an prochain la situation financière un peu meilleure permettra une programmation plus intéressante. Il n'y avait pas que Menomena ce soir là, mais si on a choisi de ne pas parler des autres artistes, ce n'est que par charité...




Route du rock 2008 : Menomena, French Cowboy, Girls In Hawaï et Ting Tings en photo

Posté par 2goldfish le 17.08.08 à 21:52 | tags : en jpeg, live, pop, rock, route du rock

Menomena

copyright 2008 Marielle Meurisse

copyright 2008 Marielle Meurisse

copyright 2008 Marielle Meurisse

French Cowboy

copyright 2008 Marielle Meurisse

Girls In Hawaï

copyright 2008 Marielle Meurisse

Ting Tings

copyright 2008 Marielle Meurisse

Photos de Marielle Meurisse




Route du rock 2008 : Why?, The Notwist, Sigur Ros et Pivot en photo

Posté par 2goldfish le 16.08.08 à 16:15 | tags : en jpeg, live, route du rock

 

 

copyright 2008 Marielle Meurisse

The Notwist

copyright 2008 Marielle Meurisse

Sigur Ros

copyright 2008 Marielle Meurisse

copyright 2008 Marielle Meurisse

copyright 2008 Marielle Meurisse

Pivot

copyright 2008 Marielle Meurisse

Photos de Marielle Meurisse.




Route du Rock 2008 : Des trous dans nos têtes

Posté par 2goldfish le 16.08.08 à 16:06 | tags : live, pop, route du rock

copyright 2008 Marielle MeurisseJ'avais prévenu mon équipe : "Why? c'est du hip hop". Devant les protestations de certains éléments les plus conservateurs, j'ai ajouté "c'est spécial, même vous? vous aimerez". Le concert commencé, nous avons cherché partout le hip hop et nous avons trouvé des tambours et de la pop. Et du xylophone. Pour le "spécial", on en avait bien un peu, surtout dans les paroles, mais il faut bien se rendre à l'évidence, Why? est devenu relativement normal. On peut bien imaginer leurs chansons dans des films. On peut les présenter à notre famille, à nos amis, il les aimeront et les inviteront chez eux. Le concert était très bon en fait, mais avec un petit parfum de "losing my edge" qui fait un petit peu peur pour l'avenir. Ils auront toujours plus de personnalité que The Notwist qui nous a servi sa musique générique avec tout le charme d'un hard discount.

copyright 2008 Marielle MeurisseSigur Ros nous faisait un peu peur : ça fait bientôt dix ans que le groupe est d'un ennui quasi-total sur disque et le concert pouvait fort bien l'être aussi. Heureusement pour moi les Islandais semblent savoir exactement quelles chansons de leurs derniers albums me plaisent encore et ils les ont toutes jouées. Bien sur la fanfare en costume, les ballons lumineux, les confettis, tout ça nous donne une expérience de concert régressive au possible et on est loin de l'époque où Sigur Ros ressemblaient à des extra-terrestres post rock. Comme nous le fera remarquer plus tard un esprit fin, Sigur Ros c'est un peu les Yann Arthus Bertrand du rock. C'est joli. C'est le meilleur concert du festival pour l'instant. Pivot suit avec du... "laptop rock" ? C'est beaucoup plus cérébral, beaucoup moins émouvant, ça remplit les trous laissés dans notre tête par les Islandais.




Where the ladies at ? #4 : Queen Latifah, de l'art de rue au 7ème art

Posté par Edouard le 16.08.08 à 12:25 | tags : hip hop, rap féminin
Queen Latifah époque afrocentristeMouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.

Passer du Hip-Hop tendance Zulu Nation à Hollywood, des combos avec KRS-One et De La Soul aux collaborations sur grand écran avec Catherine Zeta-Jones et Gérard Depardieu, pour se découvrir sur le tard en "crooneuse" de jazz façon Nina Simone, tel est le destin singulier de la reine des female MC's, miss Dana Elaine Owens aka Queen Latifah. Une touche à tout qui n'a pas fini de nous surprendre.


Avant de reprendre le rôle de Sami Naceri dans le remake américain de Taxi, ou de donner sa voix à Ellie le Mamouth dans l'L'Age de glace 2, Queen Latifah aura donc connu une première vie de rappeuse. Et pas n'importe laquelle. Auteur, entres autres, de deux albums majeurs du rap féminin (All Hail The Queen et Black Reign), proche de la Zulu Nation d'Afrika Bambaataa et du Native Tongue de Jungle Brothers, De La Soul et ATCQ, responsable du décollage de la carrière de Naughty by Nature, le cursus de Latifah impose le respect.


La native de Newark, New Jersey, prend le train du Hip-Hop dès le Lycée au sein du groupe Ladies Fresh. Le temps d'intégrer le Flavor Unit de DJ Mark The 45 King, qui glisse sa démo à Fab Five Freddy, présentateur de l'émission culte Yo ! MTV Raps. Nous sommes en 1988. Elle signe chez Tommy Boy, label phare du Hip-Hop, et sort un an plus tard son premier long format, All Hail The Queen, qui casse la baraque dans le sillage du single "Ladies First", en duo avec la rappeuse anglaise Monie Love.


Latifah et Depardiou dans Vacances sur OrdonnanceSi les Roxanne Shanté, Salt-N-Pepa et autres MC Lyte ont sévit avant elle, Latifah amène le rap féminin à un autre niveau de par la maturité de ses textes et une conscience politique au dessus de la moyenne, influencée par les préceptes afrocentristes de la Zulu Nation (d'où le préfixe Queen accolé à son surnom Latifah). Mouvement aujourd'hui obsolète mais qui aura marqué la philosophie de la première ère du Hip-Hop avec un mot d'ordre salutaire à une époque où la guerre des gangs faisait rage : "transformer l'énergie négative en énergie positive." Message que l'on retrouvera sur un des autres classiques de la Queen, "U.N.I.T.Y.", figurant sur son troisième album (Black Reign, 1993).


Il n'est donc pas tout à fait étonnant que la carrière de MC de Latifah n'ait pas vraiment survécu à la fin de cet âge d'or. Après un dernier disque rap passé à peu près inaperçu, Order In The Court (1998), elle se lancera corps et âme dans le métier d'actrice, avant de revenir avec deux albums de chant. Sans doute parce qu'elle ne se reconnaissait plus dans ce mouvement Hip-Hop qui avait perdu son esprit d'ouverture pour devenir un monstre cynique, véhiculant les pires clichés. Pas l'idéal pour une femme qui n'aura jamais pu assumer son homosexualité (supposée) dans ce milieu et est surnommée "King Latifah" sur les blogs people.


"
C'est insultant de demander à quelqu'un ‘êtes-vous gay", répondait Latifah dans son autobiographie parue en 1998 après que son rôle de braqueuse lesbienne dans Set if Off (Le Prix à payer) a réveillé les soupçons. "Une femme ne peut pas être forte, dire ce qu'elle pense, être compétente et gérer son propre business, se défendre toute seule, jouer un rôle dans un film de manière convaincante, savoir ce qu'elle veut - et l'obtenir - sans être gay ?" Apparemment pas dans le Hip-Hop.

Queen Latifah feat Monie Love : "Ladies First" (1989)

 
Queen Latifah featuring Al Green : "Simply Beautiful" (2004)
 



Route du rock 2008 : The Breeders, Cold War Kids et Foals

Posté par 2goldfish le 15.08.08 à 16:56 | tags : live, pop, rock, route du rock, soul

copyright 2008 marielle meurisseQuand The Breeders arrivent, la soirée peut enfin vraiment commencer pour nous. Elles sont l'exact opposé des Tindersticks avant elles : elles jouent mal, vite, fort, simple. On danse. Quand elles jouent "Cannonball", toute la foule a à nouveau douze ans. Quand elles annoncent une reprise des Beatles on s'attend à tout sauf à "Happiness Is A Warm Gun" et on est d'autant plus étonnés que ça marche. Enfin on danse un peu (comme dans les années 1990, en bougeant beaucoup la tête. Dommage qu'on n'ait plus les cheveux longs). Les choses se décantent trop vite malheureusement avec des morceaux heavy (en français : relous) puis des ballades sur lesquelles Kelly Deal fait semblant de savoir jouer du violon. On préfère quand elle fait semblant de savoir jouer de la guitare.

copyright 2008 marielle meurisseLes Cold War Kids jouent un mélange d'indie rock et de blue eyed soul plutôt mauvais mais assez efficace quand même. D'un côté le chanteur en fait des caisses et nous donne immédiatement envie de lui attacher les bras dans le dos et les chansons souffrent d'un grave déficit mélodique, d'un autre les musiciens ont la pêche, quelques bonnes idées et encore plus de bonne volonté et surtout d'une variété rythmique inhabituelle chez un groupe indie rock blanc. Nos oreilles s'ennuient mais pas nos pieds. On prend son plaisir où on le trouve.

 

Foals clôt la soirée avec le set qu'on attendait d'eux : efficace, prétentieux, lassant après deux ou trois morceaux parfaitement indentiques de math rock syncopé et très lointainement africain. Ils passent étonnamment de temps à tripoter leurs instruments entre les morceaux pour des types qui jouent toujours la même chose. Demain sera meilleur, forcément.

 




Route du rock 2008 : Tindersticks, The Breeders et Cold War Kids en photo

Posté par 2goldfish le 15.08.08 à 15:33 | tags : en jpeg, live, rock, route du rock

copyright 2008 Marielle Meurisse

Tindersticks

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The Breeders

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copyright 2008 Marielle Meurisse

 

Photos de Marielle Meurisse




Route du Rock 2008 : Des bâtons dans la boue

Posté par 2goldfish le 15.08.08 à 15:00 | tags : live, pop, route du rock

copyright 2008 Marielle MeurisseLa route du rock aura pour nous commencé cette année comme souvent dans la boue, mais en pire. Orage, pluie torrentielle, grêle, coulée de boue, inondation... Nous étions déjà trempés et couverts de boue quand nous sommes arrivés (très tard) au fort Saint Père pour Tindersticks. Nous avions donc déjà ratés The Do, Fuck Buttons, The Dodos, War On Drugs... Manque de pot pour nous, nous sommes immédiatement frapppés par une vérité qui dérange : Stuart Staples a beau avoir une voix, un quator à cordes, des cuivres, un joli lightshow et une élégance certaine, les Tindersticks sont parfaitement ennuyeux. Ils font tout pour l'ambiance, la texture, mais oublie le reste en route.

C'est d'autant plus frustrant que par fulgurance, quelques moments excellents nous prennent au dépourvu avant d'être interrompu par le besoin maladif de Staples d'éviter la vulgarité avec le sens de la propreté d'un germophobe. On l'imagine la nuit se réveillant en sueur après avoir révé d'un rythme dansant ou d'une émotion plus forte qu'un vague spleen.

 

copyright 2008 Marielle Meurisse

 

Le nouveau riche qui nous accompagne, fan de longue date du groupe, nous explique que bien sûr, le festival n'est pas fait pour eux, que la setlist n'était pas adaptée... On a beau lui glisser que même dans son luxueux boudoir, un verre de bourbon à la main, l'écoute du vinyl qu'il nous avait imposé nous avait fait bailler, il reste sourd à nos plaintes.




Le popping va-t-il défoncer la tecktonik ?

Posté par Myosotis le 15.08.08 à 14:43 | tags : rigolo, youtube


 
La tecktonik aura fait long feu. Le mouvement est en passe d'être renvoyé aux oubliettes de l'histoire par une nouvelle vague venue d'Asie : le popping. Pas la peine de changer les fringues, l'esthétique criarde à carreaux élargis à l'oeuvre chez les amis de Lorie peut tout à fait être réutilisée pour se saper popping. A regarder les images de ce qui nous est vendu un peu partout dans la presse spécialisée (et non spécialisée - signe que ça bouge du côté de la hype), le popping comme nouveau phénomène de mode ressemble clairement à une arnaque : le truc ne se distingue pas vraiment de la danse hiphop, du smurf, du breakdance tendance robot, et donne une impression évidente de déjà vu.

Après une petite recherche, on se rend compte que cette danse soi-disant nouvelle serait arrivée de Californie à la fin des années 70. Le combo Electric Boogaloos, groupe de dance et de funk, est considéré comme son inventeur officiel même si d'autres réclamations en paternité ont été faites. Pour les puristes, ce serait le groupe Close Encounter of the Funkiest Kind (impeccable pour un futur oublié-de-la-funk) qui aura montré la voie au tout début de la décennie.

Pour la vulgate, et peu importe les grands débats, le popping est avant tout une danse urbaine basée sur la contraction en rythme de tous les muscles du corps (le ticking) et qui connaît un revival maousse au Japon. A l'inverse du breakdance et du smurf, c'est une danse qui se pratique exclusivement debout : pas question ici de faire des roulades, des toupies, de tourner sur la tête, le cul ou tout autre organe : le popper (ne pas confondre avec Popper's) se danse droit et fier comme Artaban. Parmi les différentes facettes du mouvement, on trouve quelques spécificités qui ont essaimé dans les autres types de danse urbaine comme la fameuse technique du robot, le waving (faire des vagues avec son corps comme si on était l'Océan Atlantique) ou encore le spectaculaire Tetris, variante humanoïde du fameux jeu où l'on fait tourner les pièces pour composer des lignes. Dans sa version japonaise, le popping est donc un mouvement infiniment plus branché que la tecktonik belge attitude, dont le top de la branchitude est le Liquid pop. Cette dernière spécialité consiste à prendre son corps non pour un... corps mais pour un liquide ou un fluide. Le liquid pop dancer abandonne alors la ligne droite pour la ligne courbe. Il danse comme Plastic Man en essayant de contourner les limites naturelles fixées par son squelette et ses articulations. Ce nouveau développement du popping, qu'on rencontre aussi dans l'univers des ravers, repose sur l'idée que la danse peut amener à quitter son enveloppe corporelle et à faire fusionner l'homme avec les éléments. Il est toujours impressionnant et curieux de voir que ce type d'art repose sur un socle théorique aussi élaboré et sérieux alors qu'il finira massivement dansé par des ados mal fagottés et à moitié bourrés sur le parking d'un Macumba. A vos sneakers, poppez !



T'écoutes quoi doudoudidon ? (2) : 21 chroniques "Creative" subjectives

Posté par Myosotis le 15.08.08 à 11:48 | tags : élucubration, pop, rock
Mon Creative est plein à craquer cette semaine mais je ne suis pas très satisfait de ma sélection estivale : un peu trop saisonnière à mon goût, pas assez équilibrée en vieilleries et surtout comportant trop de déchets pour supporter en toutes circonstances une transhumance agréable, en train ou en voiture. Après quelques soucis techniques (le fermoir du Creative est extrêmement fragile - 2ème échange en 1 an), j'ai retrouvé le plaisir de me servir de mon baladeur. J'expérimente depuis quelques semaines maintenant les écouteurs dits "internes" qui se positionnent directement dans l'oreille. C'est à la fois écoeurant et sûrement le meilleur moyen de devenir sourd (bizarre, aucun fabricant ne communique sur les risques potentiels) mais ça marche : le son est excellent et on s'y croirait. Petite revue des 21 albums qui tournent.

 

1. Altspeak - It's Up to You : premier album d'un groupe de Seattle, It's Up To You est sorti début juillet et se trouve un peu partout en téléchargement en ce moment. C'est un bon album pour ceux qui aiment l'indie pop : un mélange assez abouti de Oasis pour le son et le chant, avec des résurgences brit pop plein les plages, noisy pop par moment. Je me suis promis de me plonger un peu plus profondément dans les chansons de ce groupe (les textes,...) pour voir s'il y avait mieux à prendre chez eux qu'une simple imitation nostalgique. Très écoutable en attendant et une vraie découverte.

 

2. Amanda Palmer - Who Killed Amanda Palmer ? Premier album de la brechtian punk des Dresden Dolls, produit par Ben Folds, Amanda Palmer, ce Who Killed qui sort dans quelques semaines me conforte dans l'idée que cette musique n'est pas tout à fait pour moi, même si l'album est très bon. Le syndrome Castafiore-Cranberries- Björk-Mystère des Voix Bulgares est encore sous contrôle. L'album est tout en voix et rappelle quelques bons (et moins bons) passages de Siouxsie Sioux. Mais j'ai du mal avec les voix qui pleurent et font trop d'effets mais la scansion de Palmer est impressionnante. Les textes sont habiles, les mélodies plutôt agréables. Dans le genre, j'ai toujours préféré Anne Clark, plus sec, plus aride mais infiniment plus simple. Pas sûr que j'écoute cet album très longtemps néanmoins mais il vaut le coup d'oreille.

 

3. Black Kids - Partie Traumatic : Ils viennent de Floride, ils font de la musique de m*** imparable et surtout impeccable pour l'été. J'étais sceptique quand j'ai écouté ce disque pour la première fois (les Black Kids avaient lâché quelques bons singles en début d'année) et je me suis lentement laissé gagner par leurs hymnes concon. Les textes après examen ne sont pas si mauvais, mais il faut accepter de se laisser entraîner dans des trips régressifs. Sensualité, basdufrontisme, sautiller sur place : voilà le programme. On y revient dans une chronique digne de ce nom.

 

4. Brett Anderson - Wilderness : rien de sauvage dans ce nouvel album de l'ancien leader de Suede, Wilderness qui sort à la fin août, mais au contraire du crooning du plus bel effet, placé sur un piano-violon. Anderson est complètement essoré, sans énergie mais chante toujours aussi crânement. Les textes sont sombres, le ton désespéré et on se demande où sont passés les rêves de grandeur de l'ancien frontman flamboyant. Ce n'est pas désagréable (mais très ennuyeux), un rien nostalgique et parfois presque faux. Anderson est trop présomptueux : on ne peut pas faire tenir un album entier sur son organe. Il y a quelques excellents titres sur l'album, "Clowns", "Funeral Mantra"... On se demande tout de même comment on peut encore être fan de ce mec aujourd'hui.

 

5. Christophe - Aimer Ce Que Nous Sommes : Comme pas mal de monde, j'ai un peu de mal "psychologiquement" avec Christophe mais me suis rangé à l'avis de Maxence et des critiques. J'ai donc finalement téléchargé cet album pour l'écouter attentivement : expérimentations sonores à tout va, un son sublime, une atmosphère... généreuse. La voix de Christophe continue de me rebuter et j'ai encore un peu de mal à séparer le personnage que j'ai toujours trouvé ridicule de sa musique mais je me soigne. Christopher pourrait tout aussi bien être le Scott Walker français que je n'y verrai que du feu. La culture a un prix et je ne sais pas si je pourrai le payer, s'agissant de Christophe, cette fois-ci. Je suis sûr que non. On y va pour entendre. C'est beau mais non merci.

 

6. Cinerama - BBC Session : Je ne suis pas encore sorti de ma période The Wedding Present, suite à la découverte d'El Rey, leur dernier album. Du coup, je me suis aussi replongé dans l'aventure Cinerama. Le coffret 3 CD des BBC Sessions est non seulement très beau mais un petit trésor. J'ai un faible pour le volume 2 et l'ouverture : "Your Charms", une chanson sublime de Gegde dont le livret raconte que le titre lui a été indiqué (une sorte de commande) directement par John Peel. Le son est tout à fait indiqué pour un repas de plage, avec cocktail et olives, sable et bikini ajusté. C'est élégant.

 

7. CSS - Donkey : A côté des Black Kids, le deuxième album des Brésiliens sexy ressemble à un album de Nick Cave. C'est au choix beaucoup moins drôle qu'avant ou une évolution vers la maturité. Très honnêtement, pas le genre de disques que j'écoute d'habitude, même si le son est excellent. Le bassiste originel s'est fait la malle et a été remplacé par le premier batteur. La production est assurée par le vieux routier Mark Spike Stent. C'est à la fois solide et un rien ennuyeux. Le problème de ces groupes réjouissants, c'est que la spontanéité se perd très vite. Qu'est-ce qu'on peut faire ensuite ? Ecrire des chansons, oui, mais comme il en faut au moins 11 pour faire un album...

 

8. Del The Funkee Homosapien - Eleventh Hour : je suis fan de Del The Funkee depuis ses premiers pas solo (I Wish My Brother George Was Here, en 1991, découvert par hasard lors d'un séjour linguistique en Angleterre !) et je continue de le considérer comme un des meilleurs rappeurs du monde. Après le pic Deltron 3030, Del The Funkeea sorti un beau best of et ce nouvel album que je trouve tout simplement impeccable. Ce n'est pas le plus varié des rappeurs, pas le plus imaginatif mais il chante juste et a un flow qui m'enchante. Cela fait 4 mois au moins que j'écoute cet album et je n'arrive pas à l'épuiser.

 

9. Dirty Pretty Things - Romance At Short Notice : En d'autres temps, on aurait fait tout un plat de ce deuxième album des DPT mais pas un mot cette fois. Carl Barat et ses amis livrent pourtant une copie propre sous haute influence Kinks-Beatles. C'est parfois complètement à côté de la plaque, toujours joué avec le rétroviseur en main mais c'est parfois très agréable. Considéré par la plupart comme un album raté, Romance n'est pas si mauvais et peut faire plaisir à tous les fans de pop anglaise. Barat continue de souffrir de sa séparation avec Doherty (qui est enfermé à la campagne pour enregistrer son premier album solo).

 

10. Hans Zimmer et James Newton - The Dark Knight Soundtrack : après avoir vu le film, je cède à la folie The Dark Knight, Le Chevalier Noir avec cette BO du pape du scoring US. Après Rain Man, Zimmer est devenu une machine à composer des musiques originales (souvenez vous Gladiator). Il est si productif qu'on l'a accusé souvent de se contenter d'encadrer les travaux de musiciens à sa botte. La BO de Batman est au moins aussi bonne que le film, alternant les séquences symphoniques dynamiques et les épisodes apaisés. La musique tient évidemment la route sans le film qui va avec.

 

11. Human Highway - Moody Motorcycle : C'est mon album de l'été. Un groupe canadien formé de Nick Thornburn et Jim Guthrie, des héros des musiques souterraines pop. Moody Motorcycle rappelle un peu le Plastic Operator de l'année dernière mais aussi certains albums des Radar Bros. C'est à la fois un peu pop, un peu electro, un peu tout : comme du Herman Düne en plus professionnel, dansant, sérieux et formidablement inspiré. L'intro de "The Sound", l'un des titres de l'album, est l'un des gimmicks sonores les plus évidents que j'ai jamais entendu depuis Babybird. A découvrir absolument.

 

12. Joy Division - Best of : sans commentaire. Un best of sans intérêt si ce n'est quelques titres live fourrés en bonus. Une jolie pochette et des chansons dont on ne parle plus.

 

13. Kid Carpet - Casio Royale : deuxième album du Bristolien Ed Patrick. Kid Carpet fait de l'electro pour les gosses, les nuls avec des instruments de base, des Casio, des trucs de chez Fisher Price. Certains appellent cela de la "shit-pop" tellement ça a l'air mauvais ou de la "kiddy disco punk". Le premier album était assez emballant et celui-ci l'est (presque) tout autant. Là encore, c'est assez régressif, parfois outrancier (les chansons sont trop longues, parfois rasoir et toujours bâties sur des motifs répétitifs) mais souvent magique et mélodiquement bien trouvé. De la musique qui met en joie. Saisonnière. Solaire etc. Les meilleurs titres sont les plus courts comme le génial "Can't Stop the Pop", imparable.

 

14. Mercury Rev - Snowlake Midnight : l'album payant qui sort fin septembre traîne déjà partout alors que le disque compagnon qui sera offert en téléchargement est introuvable. Ironie du piratage. L'album est vendu comme une expérience sonore incroyable, un trip psyché-tantrique à la hauteur disons d'un film de Terrence Malick. A l'arrivée (même si je n'aime pas beaucoup Mercury Rev), il faut avouer qu'il y a un énorme travail de production. On se croirait chez l'ami Christophe. Pourtant cela sonne plus prétentieux que beau, plus lourd (à l'arrivée de la synth pop rien que ça) que divin. Tant qu'à vouloir suggérer l'immensité de la Terre, des phénomènes naturels, autant se taper un CD d'ambiance de chez Nature et Découvertes. La voix de Donahue est difficile à soutenir sur la durée. Je vais persévérer au delà des 3 écoutes réalisées jusqu'ici.

 

15. The RZA - Digisnacks : si on excepte les trop nombreuses séquences RnB qui polluent cet album, Digisnacks est un chouette album du RZA, qui n'avait plus rien fait (tout seul) depuis Afro Samurai, dont on avait parlé. Cela reste du hip hop de très haute volée pour ceux qui n'aiment pas le hip hop ou n'en sont pas des spécialistes. La manière de mixer les sons de RZA reste inimitable.

 

16. Sophia - Technology Wont Save US : j'adore Sophia (un type quasi seul qui s'appelle Robin Propper-Sheppard). Cet album sorti en 2006 est le plus ambitieux de tous : les chansons ont une amplitude que n'avaient pas celles de Fixed Water. La voix de Propper-Sheppard est hypnotique et l'accompagnement, souvent quasi-acoustique, donnent un résultat souvent aussi désolé et glaçant que les premiers Palace. C'est évidemment parfois un peu monotone, voire morne, mais splendide.

 

17. Stereolab - Chemical Chords : Pourquoi pas écouter le nouvel album de Stereolab après tout ? (sortie mi-août). Le groupe qu'on aime ou qu'on aime pas à une certaine importance dans le paysage indie anglais depuis son Emperor Tomato Ketchup. Le dernier est dans la lignée des précédents (et sûrement des futurs) : une pop vintage avec ce chant si particulier aussi agaçant qu'indéchiffrable. On y trouve quelques chouettes morceaux comme "Self Portrait with Electric Brain" ou l'étrange "Nous Vous demandons Pardon". Stereolab est une valeur sûre et indémodable.

 

18. The Smiths - Complete Peel Sessions : sans commentaire. Impossible de ne pas avoir un Smiths dans la machine. Les Peel Sessions y sont depuis si longtemps que je crains de ne pouvoir plus les effacer.

 

19. The War on Drugs - Wagonwheel Blues : le rapprochement de ce nouveau groupe avec les icônes américains Dylan et Springsteen est assez vite fait. Les War On Drugs ont décidé de jouer un mauvais tour aux musiques américaines. Quand c'est réussi, ça ressemble à un bootleg de Jesus and Mary Chain vs Dylan emballant, quand ça ne fonctionne pas on se croirait à Nashville en train d'écouter un bluesman chiqué branché sur secteur. La voix (voir Dylan) est caractéristique, limite horripilante mais le groupe tente vraiment d'expérimenter : des plages quasi instrumentales sont lumineuses, il y a quelques titres électriques de toute beauté. A découvrir pour se faire une idée.

 

19. The Wedding Present - The RCA Years : une excellente compilation des premiers albums du groupe. Le Wedding Present se révèle comme le groupe le plus excitant de l'époque : des pop songs jouées à toute berzingue, des paroles déchirantes et amusantes à la fois. Ceux qui ne connaissent pas Gedge et sa bande ont tout intérêt à se précipiter sur cette compilation.

 

20. Wire - Object 47 : Maxence en parlera plus tard. L'album n'est pas mauvais à mon sens et assez pop. Avec Object 47, cela reste quand même un peu Retour vers le futur, le son est un peu trop new wave pour l'époque même si on trouve pas mal de bizarreries électro. Le tout est ramassé en une grosse demie-heure. J'aime Wire pour ce sens de l'économie et cette précision pop, la fidélité au post-punk et cette capacité à résister aux titres à la rallonge et au délayage. Sobre et efficace à la fois.




Les oubliés de la pop : The Shamen, éternels

Posté par Myosotis le 14.08.08 à 11:38 | tags : électro, oubliés-de-la-pop, rock, youtube
 
Qui aurait l'idée de se souvenir de The Shamen, groupe électro indie du début des années 90 ? Bah nous pardi, pas parce qu'on aurait continué à écouter leurs disques (il faut être pervers pour ça) mais parce que les Shamen ont fourni en leur temps une poignée de singles imparables et emblématiques d'une culture en devenir. Venus d'Aberdeen en Ecosse avant d'alunir à Londres où ils se retrouvèrent au centre de la culture house en plein essor, ils rencontrent le succès qu'au bout de quelques années. Le groupe explose avec son single phare, le très écoutable et planant Move Any Mountain, extrait de leur 3ème opus. La formation incorpore, en appui de son leader l'excellent Colin Angus, le rappeur et DJ Mister C qui transformera leur son en quelque chose de véritablement original : un mélange de techno rap assez innovant et qui fait d'eux l'un des premiers groupes transgenre de la période. Le flow de C qui rejoint le groupe après plusieurs collaborations confère un caractère humain et festif à une musique qui tenait plutôt jusqu'alors d'une transformation robotique de la new wave. Avec leur album suivant, Boss Drum, les Shamen deviennent les papes de la culture néopsychédélique, celle qui repose presque intégralement sur l'usage de drogues à des fins festives.


Le groupe collabore avec Terrence Mc Kenna , l'écrivain adepte du shamanisme, des théories du chaos et ami de la cybergénération anglo-saxonne sur l'album Re-evolution. C'est là qu'on en vient à "Ebeneezer Goode" et à son refrain magique pro-ecsta 'Eezer Goode, 'Eezer Goode / He's Ebeneezer Goode". Le titre fait l'événement et monte très haut dans les charts au point de valoir au groupe un message mémorable à Top of The Pops sur la BBC. A une heure de grande écoute, les références implicites de la chanson à la fumette ("Has anybody got any Veras?", réference à Vera Lynns, argot pour du papier à rouler ou "Got any salmon?", référence à l'expression "salmon and trout" qui désigne en argot carcéral le tabac). Alors que les responsables de la chaîne avaient fait promettre au groupe quelques aménagements du texte, Angus et Mr C en profitent pour souligner les mots et fragments qui dérangent, déclenchant une belle polémique qui agita la presse anglaise la semaine suivante. Paradoxalement, le succès monstrueux d'Ebeneezer Goode sonne la fin des Shamen qui y perdent leur crédibilité underground et sont accusés d'avoir vendu leur âme au diable.


Le groupe passe plus de deux ans à vivre sur son succès, entre remixes, versions club et sorties/ressorties de ses titres magiques, avant de produire en 1995 un nouvel album qui se fait descendre par la presse (Axis Mutatis). Si l'album principal est décevant, le pressage originel d'Axis est agrémenté d'un album ambient entier qui prouve que le groupe en a encore sous la pédale question innovation. En 1998, el groupe arrête définitivement et se sépare de sa maison de disques One Little Indian, entretemps enrichie par le succès de Björk. Comme souvent dans notre rubrique, les membres des Shamen plongent dans l'anonymat (électro ici). Mr C refait le DJ et parvient à s'acheter une boîte de nuit à Londres, en même temps qu'il fait de la musique sous le pseudonyme de Sycophant Slags. Colin Angus, l'âme des Shamen, travaillerait désormais sous le nom de Pablo Sandoz, groupe inconnu au bataillon.
 
Lire notre Histoire de la Rave 



rolling stone brouillon

Posté par LovelyRita le 13.08.08 à 18:17

L'histoire de Rolling Stone est celle de Jann Wenner, un gamin de San Francisco qui en 1967 emprunta de l'argent à droite et à gauche pour créer un magazine qui parlera de la musique et de tout ce qui à l'époque allait avec : la politique, la guerre, le sexe, la drogue... Il y a un millier d'autres publications undergrounds qui couvrent la culture hippie à l'époque, mais Rolling Stone s'imposera vite grâce à un sérieux qui manque cruellement à la concurrence.
Pendant dix ans, le magazine sera à la pointe de la contre-culture et deviendra vite une véritable institution. Wenner sait repérer et cutliver les talents : Hunter Thompson, Annie Leibovitz, Cameron Crowe, Tom Wolfe et des dizaines d'autres lui doivent leur percée dans le business. Rolling Stone publie de (très) longs articles et interviews, adopte des positions politiques courageuses et offre un point de vue jeune jusqu'alors totalement inédit.
Bien sur, on parle pas mal de la débauche qui régnait à l'époque, des montagnes de cokes consommées par tout le monde, des caprices de Wenner qui vire ses rédacteurs sur un coup de tête et de la rumeur persistante selon laquelle il n'aurait fondé le magazine que pour devenir l'ami des stars (un but qu'il a certainement atteint) mais la qualité journalistique est bel et bien là, Rolling Stone publie les histoires que personne d'autre n'ose publier et crée un style mélangeant sérieux et gonzo que beaucoup imitent encore aujourd'hui.

You can't always get what you want

Les choses se gatent en 1977 : le magazine aurait pu suivre la route du punk et rester le doigt sur le pouls de la jeunesse et de la société, s'aliénant au passage une grosse part de son lectorat, au lieu de ça Jann Wenner le déménage à New York dans des bureaux luxueux, loin de la plupart des rédacteurs historiques qui n'en peuvent plus de ses coups de tête mais près des agences de pubs qui le financent.
Rolling Stone devient un magazine sérieux, où on va travailler comme dans n'importe quel bureau. La suite coule de source, dans les années 1980, Rolling Stone et Wenner virent Yuppie. Les ventes se portent bien malgré les grognements de quelques vieux lecteurs hippies. Editorialement, le magazine entérine son passage dans le mainstream en passant complètement à côté du hip hop (cela restera vrai jusque très récemment encore) et en s'intéressant plus aux stars de MTV qu'à celles du rock alternatif.
La décénnie suivante sera plus problématique... Si au début, l'ère grunge tombe bien pour un magazine rock, par la suite l'arrivée de magazines pour hommes tels que FHM qui prennent les parts de marché de Rolling Stone, tombe, elle, mal. Wenner finit par réagir en 2002 en engageant un ex-rédac chef de FHM qui met Britney Spears et Jennifer Aniston dévêtues en couverture. Le magazine regagne des lecteurs, les starlettes gagnent le prestige de la couverture du mag légendaire, les lecteurs perdent quelques neurones, tout le monde est content.

2000 light years from home

Les choses se sont légèrement améliorées depuis le passage "FHM" d'il y a quelques années. Un rapide coup d'oeil aux couvertures permet de dégager trois types :

    La persistante couverture "FHM" avec star de la télé réalité ou du cinéma en petite tenue.
    La couverture "nostalgie" avec "les 100 plus grandes chansons à guitare" ou autre classement idiot qui flatte l'égo des baby boomers
    La couverture «nous sommes encore importants" avec Barack Obama qui flatte l'égo de Jann Wenner

Rolling Stone, comme les radios "classic rock", les biopics et le groupe auquel il doit son nom, ne vit que par l'entretien de son propre mythe. Quand la couverture n'est pas d'un passéisme éhonté, elle reflète une vision de la culture "jeune" actuelle en totale contradiction avec celle que le magazine offrait quand il était encore bon. En 1967, l'équivalent de Jessica Simpson (Jayne Mansfield ?) n'aurait jamais eu les honneurs d'une couverture. Et les chroniques de disques de Rolling Stone sont depuis longtemps célèbres pour leur tiédeur : en accordant toujours entre trois et quatre étoiles sur un total de cinq, les chroniqueurs (qui n'ont pratiquement plus la place de s'exprimer autrement) sont certains de ne presque jamais taper trop loin de la cible.
Peu importe, aujourd'hui Jann Wenner pense à deux choses : les chiffres de vente (qui sont plutôt bons) et le prestige que lui donne un numéro comme celui récent sur Obama (un véritable panégyrique sans une once de nuance ou de travail de fond) auprès des stars qui exercent toujours sur lui la même fascination.

Let It Bleed

La marque "Rolling Stone" est prestigieuse : quand bien même le magazine n'a jamais été un grand succès dans ses différentes versions françaises (qui dès la première en 1988 capitalisaient toutes sur ce prestige) tout le monde en France a entendu parler de Rolling Stone dans des films, séries télés ou chansons. En Allemagne ou en Espagne, des éditions locales de Rolling Stone sont bien installées depuis des années.
En France la version des années 1980 n'aura pas eu un grand succès mais celle de 2002, lancée par la même équipe que Rock Sound, tiendra le coup pendant cinq ans en proposant un équivalent du pire de la version américaine contemporaine : vénération immodérée pour les icônes du classic rock et populisme bas du front dès qu'on parle de musique actuelle.
Après la faillite du groupe Cyber Press Publishing en 2007, Rolling Stone reste en hiatus avant d'être repris en 2008 par le groupe 1633 qui propose une version très conservatrice et passéiste du magazine (les deux premières couvertures du magazine, les seules à l'heure où j'écris : Bruce Springsteen et un spéical « Mai 1968 »). Dommage pour eux, Rock'n'Folk truste déjà la position de bulletin des anciens combattants du rock avec une plus grande crédibilité.




Sleep When I'm Dead : léger mieux sur le front Cure

Posté par Myosotis le 13.08.08 à 16:30 | tags : news, rock, youtube
 
Ouf, on commençait à avoir sacrément peur pour eux après l'affreux Freakshow du mois dernier. Robert Smith et les Cure se refont une petite santé avec le troisième single tiré de leur futur album Thirteen, qui sortira le... 13 septembre (on s'amuse comme on peut) et comportera... 13 titres : le très classique "Sleep When I'm Dead". Encore une fois, le titre semble influencé par la période Kiss Me Kiss Me Kiss Me, soit un mélange baroquisant de sombre et de festif, soit un morceau que d'aucuns trouveront manquant de "focus" mais qui a son petit charme. Le texte de Robert Smith n'est pas mal troussé autour de ses mots clés habituels : "sleep", "dead", "dream", en trio magique. En l'absence d'un générateur automatique de paroles de Cure, le gros Bob reste le meilleur artisan en la matière, parvenant à exprimer avec un vocabulaire qui tourne en boucle depuis près de 30 ans maintenant, une gamme d'émotions étonnamment riche. La thématique elle-même nous ramène au fil des chansons dites "de l'épuisement", amorcées avec "Open", sur Wish, et "Bare", le meilleur titre de Wild Mood Swings, et bien d'autres. Robert Smith, cela fait maintenant dix ans qu'il le chante, est un homme fatigué, épuisé mais qui vit encore (et chante encore) pour dieu sait quelle raison. On ne peut pas en dire autant de son groupe qui joue vraiment très mal depuis quelques titres, même si on a désormais une petite idée de ce qui fait aller Porl Thompson : le transformisme bien sûr. Le refrain donc se tient bien :

"Sleep when I'm dead, you angels
I'll sleep when I'm dead, I said
Sleep when I'm dead, you angels
I'll sleep when I'm dead, I said
Sleep when I'm dead, you angels
I'll sleep when I'm dead, I said
Sleep when I'm dead, you angels
I'll sleep when I'm dead
Well until then...

I may as well be tired, I think
Before I lay me down to dream
",
 
mais les Cure ne savent décidément plus trop quoi faire de leurs guitares. Le morceau a de faux airs de "Just Like Heaven" qui aurait un verre (ou une pédale) de wah-wah dans le nez. Il est freiné par une abondance d'effets assez mal placés, qui défigurent aussi l'intéressante face B groovy-Wild Mood Swings-kermesse baptisée "Down Under".

Ce qui frappe chez les Cure 2008, c'est une lourdeur incroyable et désagréable des mélodies, un manque de maîtrise des couches de guitares, des hésitations coupables entre les genres, un côté pataud et maladroit qui condamne et sanctionne presque immédiatement toutes leurs tentatives de sonner à nouveau pop et, sans doute, leurs espoirs de décrocher un nouveau hit planétaire. Après 3 singles, le ton de 13 semble, contrairement à ce que Smith avait annoncé, plus pop que noisy, plus flashy que dark, et, on n'en doutait pas, plus mineur et médiocre que majeur et exaltant. Il faut avoir la fidélité bien accrochée ou mal placée pour s'infliger tant de souffrance. Suite au prochain épisode.



Stephin Merritt voudrait être un lapin

Posté par 2goldfish le 13.08.08 à 12:17 | tags : pop, vidéos musicales

Fondamentalement, Distortion est bien un excellent album mais on ne peut s'empêcher d'être tiraillé en l'écoutant. Il y a un paquet de forces contradictoires à l'oeuvre : le son, piqué à Psychocandy, donne une nouvelle fraicheur aux chansons de Merritt mais on entend du coup moins bien ses paroles... ce qui n'est pas forcément plus mal parce qu'elles sont un peu moins à la hauteur que d'habitude... mais toujours bien meilleures que celles de la concurrence.

 

Les rares performances lives de Merritt et des Magnetic Fields sont donc d'autant plus appréciables qu'elles nous permettent de redécouvrir les chansons de Distortion avec un son clair et de les juger pour elles-mêmes, comme au défilé en maillot de bain de Miss France. Sans surprise, "Nun's Litany" est une de celles qui tiennent le mieux la route avec sa mélodie simple et ses très drôles paroles (rendues deux fois plus drôles par le fait que c'est Merritt avec sa tête de vieux dépressif qui les chante et pas la douce Claudia Gonson comme sur le disque). Au delà de leur humour, les acrobaties de la langue de Merritt sont d'autant plus délectables quand on les entend mieux : "I'd like to be an artist's model / An odalisque au naturel"...

 

 

Une seconde vidéo dans laquelle il est question d'un bouzouki et de la chanson "This Little Ukulele", c'est sur le site Othermusic.




Spiritualized revisite le mythe de Sisyphe

Posté par Slick Rick le 12.08.08 à 16:56 | tags : pop, psychédélique, rock, vidéos musicales, youtube

Spiritualized - "You Lie You Cheat"
 
Rescapé d'une double-pneumonie, Jason Pierce savoure à sa manière la "nouvelle" vie qui s'offre à lui. D'une part en écrivant ses meilleures chansons depuis Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space, d'autre part en tournant la mort en dérision. C'est du moins ce que suggère la vision des deux nouveaux clips de Spiritualized, émanant de l'émouvant dernier album du groupe, Songs In A&e (chansons aux urgences).

"J'ai un ouragan dans mes veines et je veux rester là pour toujours", dit le refrain de "Soul on fire". Jason Pierce est allongé dans un lit d'hopital ou au milieu d'une banquise. Ecroulé, cloué au sol, il se relève à moitié puis flanche, impuissant. "You lie You cheat" peut se lire comme l'exact opposé (horizontal/vertical ; lenteur/vitesse...), mais aussi comme une suite, ou plutôt un préquel de l'anesthésié "Soul on Fire". La caméra subjective de Jake Chapman, nerveuse, mobile, rend compte des tentatives de suicide aussi vaines que répétitives du narrateur-Pierce : le mythe de Sisyphe n'est pas loin. Eternel recommencement.

En se relevant à chaque fois de ses défenestrations compulsives, le sujet du clip s'inscrit dans une logique d'acharnement absurde, d'abord vertigineuse mais qui finit, à force de répétitions, par perdre son sens et devenir un motif de fascination. Presque une abstraction. Et bien sûr une métaphore pessismiste sur la vacuité de l'existence. Le procédé répétitif, n'est donc pas drôle comme dans Un jour sans fin : pas de running gag ici, seulement un vertige. La vie comme une interminable chute. Et inutile d'attendre l'amour rédemptoire d'une quelconque Andy McDowell, à la fin... Seulement un corps immobile face au macadam, sans doute apaisé. Ah, il est loin le temps du "Ladies and gentleman, we are floating in space"...
 
Spiritualized - Soul on fire (2008)



You may need a murderer, Vis ma vie de Low

Posté par LovelyRita le 12.08.08 à 11:47 | tags : news, rock

C'est sous le titre suivant, You may need a murderer, que David Kleijwegt a sorti un dvd documentaire sur le groupe américain Low. Apprécié pour ses compos qui atteignent le sommet de l'Everest des musiques les plus tristes (mais belles) du monde, le groupe est également connu pour sa discrétion et pour son attachement à la communauté et aux valeurs mormones. Les membres de Low sont souvent surnommés de "mornes mormons", toutes les biographies sur le trio se plaisent à citer ce détail, qui se révèle original dans un univers rock moderne où la religion est bien souvent mise de côté. Low est dans notre imaginaire ce groupe triste, calme, auteur des tueries que sont "Like A Forest", "Sunflower", "Time is the Diamond", "La la la song". Une musique dépouillée et de recueillement intense qui confronte l'auditeur aux voix et propos de Mimi Parker et d'Alan Sparhawk. Bien que le couple sur scène et à la ville soit mormon, on ne peut taxer les textes de Low de prosélytisme. On y parle de relations humaines, de dinosaures et de tournesols, pas de polygamie, ni du Livre de Mormon.

Le trio de Duluth (ville du Minnesota) est réduit dans ce DVD à son essence même, représentée par le duo Alan Sparhawk/Mimi Parker, membres fondateurs du groupe et couple dans la vie. L'expérience interdite et impensable a permis à David Kleijwegt de s'imposer pendant 1 mois dans la vie des Sparhawk-Parker (en tournée, à l'église, dans leur ferme, au sein de la famille)...pas évident connaissant la discrétion du trio. Documentaire oui, mais surtout portrait d'un couple américain, mormon, parent de deux enfants et qui exerce en tant que musiciens dans un groupe de rock. En partant de Low, You may need a murderer se concentre principalement sur le couple, mettant quasiment de côté le 3ème membre (le bassiste Matt Livingston) qu'on voit peu et qui n'est jamais interrogé. Un documentaire intimiste et inquiètant, à l'image des premières scènes. Sparhawk chantant "Pretty People" dans un sous-bois, le visage peu rassurant et surtout convaincu de ce qu'il chante ("All the poets / And all the liars / And all you pretty people / You're all gonna die"). Confirmation obtenue quand on l'interroge sur la fin du monde imminente et qu'il approuve cette thoérie. Image et entrée en matière glaçante, qui n'est que le début d'une plongée dans l'univers des deux membres du groupe. Ce qui n'est pas brandi comme un trophée au sein même du groupe apparaît finalement ici comme une dominante majeure et essentielle dans la vie du couple. Une foi à toutes épreuves, qui donne à Sparhawk, une dimension insoupçonnée jusqu'ici. Cette foi-même qui le pousse à dire qu'il pourrait être appêlé un jour par Dieu pour accomplir certaines tâches (là il s'agit d'un meurtre). Une foi qui fait presque passer la musique au second plan. You may need a murderer n'est clairement pas un doc sur le groupe, ses compos, son histoire...aucune date, aucune mention d'albums n'y sont faites et il faut admettre que c'est finalement un bon procédé pour approcher le groupe dans sa face cachée.<