Archives > Novembre 2008Pete Doherty, classe et tranquille à la MaroquinerieNon seulement Pete Doherty est venu à la Maroquinerie vendredi soir mais en plus il a livré une prestation réussie. Comme on vous le dit Finalement le meilleur moyen de juger du talent réel de Doherty était de le voir seul sur scène, sans la fureur des guitares, et sans risquer de le voir masquer par un jeu de scène déglingué la pauvreté artistique du set.Détendu et manifestement assez "clean", l'ancien leader des Libertines a livré un concert sans esbrouffe et pourtant diablement efficace. Avant lui, et peut-être pour rappeler au public qu'un concert acoustique peut-être une pénible expérience, un trio parisien inconnu ( à juste titre) a fait subir aux spectateurs une paire de chansons mollassonnes et sans la moindre once d'inspiration avant de quitter la scène copieusement sifflé et insulté. Après un cover de Love (alone again or) un peu maladroit, Doherty a alterné nouvelles compos ( East of Eden) et classiques des Babyshambles ( Down in Albion) ou des Libertines (What A Waster , Don't look back into the sun...). Mais inutile de gloser : ce qui frappe c'est la classe naturelle d'un type qui aurait bien pu reprendre "Mr Tambourine man" a capella sans qu'on songe une seconde à se foutre de sa gueule. Plus le concert avance, plus Doherty se détend et assure. Le concert est agréablement surréaliste. Deux danseuses moulées dans l'Union Jack ( euh non... en fait juste vêtues d'une veste aux couleurs du drapeau anglais) se lancent dans une chorégraphie improbable sous l'oeil hagard de Wollfman ( au fait qui a l'adresse du dealer de ce type ?) venu accompagner (= il était là quoi) Pete sur "Fuck forever". Ensemble ils chanteront aussi le terrible " You used to be my friends". Pete est sympa il reprend même certains morceaux qu'on lui réclame. Les groupies sont ravies, on lui jette des dessins, des cartes 12/25 ?, des adresses... On finit par un cover. "There she goes" des La's. Putain ce type peut tout se permettre... Hannoukka dans le ghetto
Ca y est, la saison où l'on parle de chansons de noël sur Playlist est arrivée (enfin, surtout la saison où JE parle : je dois l'avouer, il n'y a vraiment que moi que ça intéresse, j'en ai bien peur). Or cette saison, c'est aussi celle du solstice d'hiver pour les païens, celle de la fête des amoureux pour les japonais et surtout, celle d'Hannoukka pour le peuple élu. Cette année,donc, nous n'allons pas oublier de célébrer la fête des lumières qui est d'ailleurs autrement plus cool que le noël chrétien puisqu'au lieu de célébrer une bête naissance dans une étable qui n'a à vrai dire rien de bien palpitant, Hannoukka c'est l'occasion de se rappeler d'une lampe à huile qui a tenu huit jours et surtout une bataille sanglante avec des éléphants de guerre comme dans Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi. C'est dans cet esprit respectueux d'une fête très cool qu'Eran Bahon Cohen, frère de Sasha déjà responsable de l'hymne du Kazakhstan dans Borat, des beats d'Ali Get du groupe d'électro/hip-hop feuj Zohar ont enregistré l'album Songs In The Key Of Hannukah dont est extrait cette "Dreidel" dont le version originale ressemble à peu près à ça. Je ne suis pas certain que ce soit du bon hip hop (mis à part pour le rap yiddish du guest Y Love) et je ne saurais juger si c'est de la bonne musique juive mais, euh... c'est rigolo, non ? Little Boots, Youtube, la musique, les hamsters, les pianos et le popcornA la base vous avez cette vidéo d'une fille charmante qui fait joujou avec un Tenori On. On vous l'envoie sur Facebook et vous y jetez un oeil distrait. Puis vous êtes agréablement surpris par la musique qui prend forme et la jolie fille qui d'un seul coup se révèle capable de chanter une chanson vraiment pas mauvaise qu'elle semble avoir composée elle même. Là, si vous êtes 90% des gens, vous vous dites "pas mal", vous faites peut-être suivre la vidéo. Si vous êtes des 10% restant, vous faites un petit peu plus de recherche sur celle qui se fait appeler "Little Boots"et vous découvrez plusieurs vidéos d'elle sur Youtube et une page Myspace pleine de chansons terminées et bien produites et là, la magie disparait. Ce n'est pas que c'est mauvais, c'est juste qu'on se retrouve avec une jeune fille qui s'est engouffrée dans la vague revival italo-disco comme tant d'autres. Le vieil adage se vérifie une fois de plus : toujours se méfier des musiciens qui tentent de se faire connaitre sur Youtube, surtout des jolies filles. Au risque de paraître légèrement vieux jeu, si elles tiennent à se faire connaitre pour leur musique elles n'ont qu'à enfiler une burka, ou juste se créer un Myspace et pas une chaine Youtube. Youtube, c'est juste bon pour les types comme Parry Gripp qui mettent en chanson les plus remarquables des vidéos du site, celles pour le partage desquelles internet a véritablement été créé : Tops Mojo et Uncut 2008 : les gagnants sont...La fin d'année est très propice aux classements, "Cool Lists" et autres sondages du style "Donnez le nom du groupe le plus naze de tous les temps". Le plus intéressant reste tout de même de savoir quel groupe a le plus cartonné en 2008 selon la presse spécialisée.
Les bibles musicales britanniques que sont les mensuels Uncut et Mojo ont rendu leur verdict pour l'année (presque) écoulée. Et même si leurs numbers ones diffèrent (de très peu, puisque le numéro 1 de Mojo est le numéro 2 d'Uncut - cela s'est joué dans un mouchoir de poche), on constate qu'ils ont pour chouchous les talentueux et rusés renardeaux de Seattle, Fleet Foxes. Leur premier album éponyme a semble-t-il marqué les esprits, et ils se retrouveront probablement en tête de nouveaux classements à venir (même celui de Fluctuat ?? réponse bientôt, héhé) en décembre. Le velu quintette, qui décrit sa musique comme "des jams pop baroques harmoniques" (euh c'est à peu près cela, oui) est décidément l'une des meilleures surprises de l'année, et cela n'a pas échappé aux oreilles afutées des spécialistes.Sans commenter en pronfondeur les deux listes, on pourra remarquer une nette tendance de l'Uncut à sacrer un grand nombre de groupes américains, comme Kings of Leon, TV On The Radio ou Vampire Weekend. A noter qu'Oasis ne figure pas dans le top 20, et se retrouve en queue de classement chez Mojo avec une décevante 50 ème place. Pour sa part, Mojo a consacré le retour gagnant de Portishead avec leur magistral Third. Parmi les bonnes surprises, on retrouve Amadou Et Mariam, British Sea Power et Sigur Ros. Un cru 2008 d'exception... Champagne ! Voici les classements complets : Uncut 20 My Morning Jacket - Evil Urges Mojo Le pape pardonne à John Lennon...
En vérité, ça ne s'est pas exactement passé comme ça parce qu'il ne faudrait pas non plus donner trop d'importance aux Beatles : c'est simplement le bulletin du fan club officiel du vatican l'Observatore Romano qui a pris un peu de son temps dans une colonne normalement consacrée aux allées et venues du pape pour expliquer que la déclaration de Lennon n'était qu'une "phrase qui avait alors provoqué une grande indignation Elvis et du rock'n'roll." Je sais que je ne suis probablement représentatif d'à peu près rien mais quand je regarde autour de moi, je ne vois toujours que des gens pour qui les Beatles sont plus importants que Jésus. Ca reste un peu bizarre de pardonner un mort pour une vérité qu'il n'a jamais renié. Ca parait aussi bizarre d'oublier que dans la même interview, il avait déclaré que le christianisme allait disparaitre et que c'était tant mieux, qu'il n'a jamais été catholique, qu'il a chanté "I don't believe in Jesus"... Contacté lors d'une séance de spiritisme, Lennon aurait refusé de répondre à la question "Pardonnez-vous à l'Eglise catholique pour l'inquisition, son atittude pendant la Shoah et sa contribution à la propagation du sida en Afrique ?". Lily Allen s'exprime sur Madonna, Amy Winehouse, Debbie Harry... Dans l'entretien qu'elle accorde à Fluctuat, Lily Allen parle de Debbie Harry, Madonna, Amy Winehouse ou encore de Courtney Love. La langue de bois n'a jamais été son truc, ses déclarations assassines et son impertinence sont devenues légendaires. Les autres chanteuses pop la craignent comme la peste, mais quand elle parle de ses consoeurs, l'idole des jeunes filles peut parfois se montrer très tendre...Dans la (longue) liste des personnes qui ont influencé Lily, il y a Debbie Harry (chanteuse de Blondie), femme de tête, sexy et provocante. Un modèle qu'elle érige en héroïne, et avec qui elle a eu l'occasion de chanter "Heart Of Glass" à New York... Cependant, toutes les filles du rock et de la pop n'ont pas eu le même traitement de faveur que la grande Debbie.
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L'agenda 2009 des Klaxons est bouclé
Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, c'est toujours James Ford de Simian Mobile Disco qui réalise le nouvel album (sans titre pour le moment). Un album "plus mélodique", selon les dires de Ford, "qui ne sonnera plus vraiment comme Myths Of The Near Future. L'accent sera mis sur les voix, parce que c'est vraiment leur point fort." Quand on sait qu'en décembre dernier on nous promettait un album "entre Dark side of the moon et Thriller", le résultat risque de dépoter. Jiwa : mieux mais moinsBon, nous avons déjà testé les lecteurs exportables de Last FM et Deezer, feu Muxtape et même un peu iMeem... Jiwa remporte la palme de la qualité et de la simplicité : mettons que vous êtes en train d'écouter sur leur site l'excellent premier album de The Sundays, Reading, Writing & Arithmetic, et que vous vouliez le partager : en un copié/collé vous avez ce petit lecteur qui propose l'album streamable en intégralité partout où on accepte le HTML et même sur Facebook. Pas des extraits de trente secondes, pas des mp3 surcompressés, pas de lecture aléatoire forcée... Vous pouvez proposer un album(ou même plus) entier, en mp3 de bonne qualité etécoutable autant de fois que l'auditeur le désire. Le seul point faible de Jiwa face à son rival direct Deezer, c'est un catalogue beaucoup moins fourni. Un accord a été signé avec Universal, ce qui est déjà pas mal, mais on ne trouve pas toujours ce qu'on cherche, loin de là. Gageons que les choses vont forcément aller en s'améliorant. La concurrence c'est souvent une bonne chose et le business du streaming audio sur le web devenant de plus en plus un enjeu majeur, il ne faudrait pas qu'on se retrouve avec un seul géant qui dicte ses conditions comme iTunes le fait dans le domaine de la vente en ligne. Faites comme moi : ajoutez le moteur de recherche Jiwa à côté de celui de Deezer et utilisez les deux. Pete Doherty en concert exceptionnel le 28/11
Pete Doherty, enfant terrible de la scène pop-rock britannique, sera de passage à Paris cette semaine pour un concert exceptionnel. Vendredi 28 novembre, la petite salle de la Maroquinerie accueillera le concert événement de ce mois. Un concert qui intervient alors que l'on parle deuis peu d'un éventuel album solo. Les fans de Doherty seront pris de court, mais ils se déplaceront assurément en masse pour ce concert événement. Un concert, quasi privé, puisque la salle parisienne de la Maroquinerie a une capacité d'accueil de 500 personnes à tout casser. Pete fera t-il l'honneur de jouer de nouveaux morceaux extrait de son album à paraître en mars 2009 ? Pour en être sûr, les réservations sont déjà ouvertes dans les boutiques Fnac, Virgin et sur Digitick. Le site de la Fnac devrait mettre des billets en vente dès demain et la billeterie de Flu aussi, mais un conseil, ne tardez pas.Les Beatles ne seront pas sur iTunes avant longtemps
![]() "Quand il s'agit de quelque chose d'aussi énorme que les Beatles, les négociations ne peuvent pas se faire dans l'apaisement. J'ai toujours été favorable au téléchargement légal du catalogue Beatles, je suis même complètement pour. Mais il reste quelques points d'achoppement, malheureusement", a déclaré Macca à BBC News. On l'aura bien compris, l'affaire reste au point mort. "Il y a toujours eu des dissensions entre les Beatles et EMI, ce n'est pas nouveau. Mais j'espère sincèrement que cette mise en ligne se fera très bientôt, parce que cela doit être fait." McCartney ou l'art de faire des phrases de trois kilomètres pour exprimer une simple chose : les fans l'ont dans l'os pour l'instant, et probablement encore pour longtemps. A noter tout de même que les catalagues solo des Quatre Fantastiques de Liverpool sont eux bel et bien disponibles en intégralité sur iTunes. Alors, en attendant de se refaire Revolver ou Abbey Road quinze fois d'affilée, on peut toujours se rabattre sur un bon petit Wings, hmm ? D'accord. Je n'ai rien dit. Empire Of The Sun : l'air du temps sent mauvaisDisons le clairement : cette vidéo n'est postée ici que parce qu'Empire Of The Sun a de bonnes chances de cartonner et qu'on a trainé à en parler ici. Leur vidéo est kitsch juste comme il faut, ils sonnent comme une version à peine actualisée de la bande son d'un film de John Hugues des années 1980 et ils sont déjà un peu connus puisque l'un joue dans Pnau et l'autre est rien moins que Luke Steele de The Sleepy Jackson. Ils ont un album, sorti uniquement en Australie pour l'instant, mais le buzz va les faire venir au reste du monde très vite, parions le. Empire Of The Sun, donc, c'est MGMT en encore moins bien. Ils pourraient devenir aussi omniprésents et insupportables que les New Yorkais et, pire ecore, produire un show live à peu près décent qui ne donnera pas la consolation à leur détracteurs que l'immanquable désenchentement éprouvé par les fans de MGMT qui assistent à un de leurs concert. Prenons donc tous les devants et détestons les dès maintenant. L'Empire ne passera pas par moi. Chinese Democracy, c'est fini
Même quand en 2004 Geffen annonçait à Rose que les robinets étaient coupés, il a trouvé d'autres financiers pour continuer le travail et si l'industrie n'était pas en si mauvais état, tous les acteurs rivaux qui servaient de banque à Axl Rose n'auraient pas été rachetés par Universal, Rose n'aurait pas été dans une telle position de faiblesse et il aurait sans doute volontiers continué le travail pour toujours (c'est en tout cas la théorie très documentée d'Idolator). Aujourd'hui, ça y est, Chinese Democracy est officiellement terminé, les chroniques sont publiées, les Américains qui le voulaient ont eu vingt quatre heures pour commander un Dr Pepper offert pour l'occasion et le parti communiste chinois est officiellement outré que l'Ouest utilise les Guns N'Roses pour sa propagande diffamatoire contre le merveilleux régime en place.
On peut toujours attendre The Detox, un nouvel album de My Bloody Valentine ou même un nouveau Neutral Milk Hotel. Ils seront forcément mieux que le médiocre Chinese Democracy, mais l'attente, fructueuse ou pas, est beaucoup moins rigolote. Chinese Democracy, ça aura surtout été quinze ans de rigolade, un véritale bêtisier du rock dans tous ses excès. Je sais pas vous mais moi il va me manquer. Le guitariste des Manic Street Preachers déclaré officiellement... Mort![]() Il y a presque quatorze ans, le 14 février 1995, était retrouvée une voiture, une Vauxhall Cavalier plus précisément, abandonnée près du pont de Severn Bridge près de Bristol. Le véhicule appartenait à un certain Richey James Edwards, un jeune homme frêle de 27 ans qui aimait se pointer en public les bras sanguinolents de scarifications. Edwards était le guitariste et parolier d'un groupe gallois devenu presque culte au début des 90's : les Manic Street Preachers. Le 1er février 1995, le jour où celui-ci doit s'envoler avec le chanteur James Dean Bradfield pour une tournée promotionnelle aux Etats-Unis, il disparaît de sa chambre d'hôtel sans laisser de traces. Après avoir effectué plusieurs prélévements bancaires, dont un dernier le fameux 14 février 1995 dans une station-service de Severn, sa voiture est retrouvée près d'un pont. On n'entendra plus jamais parler de Richey James Edwards, et son corps ne sera jamais retrouvé.Hier, 23 novembre 2008, son décès a été officiellement prononcé. La loi britannique autorise normalement un changement de statut en "décédé" aux personnes disparues au bout de sept ans. Mais en 2002, les parents d'Edwards avaient réfusé, espérant toujours un retour miraculeux de leur fils. Hier donc, ils ont accepté de déclarer Richey James mort. Les trois autres membres du groupe se sont déclarés "extrêmement émus". Ceux-ci avaient continué à verser des royalties à la famille du défunt, même pour les albums sur lesquels il n'a pas joué. Ils ont en outre promis que le prochain album des Manics serait entièrement composé de chansons écrites par Edwards avant sa disparition. Bel hommage posthume. DJ Mujava : Révélation "electro township funk" du ghetto![]()
C'est le nouveau coup de cœur du label Warp. DJ Mujava et son "Township Funk" fait trembler la sphère électronique. Qui eut cru qu'un jour l'Afrique du Sud s'inscrirait aussi brutalement sur la carte de l'électro actuelle ? Peut-être ceux qui en leur temps crurent également aux dérives syncopées pour Amiga du ragga-dancehall jamaïcain des années 80. Avec son titre spasmodique, DJ Mujava, alias Elvis Maswanganyi, lance donc une petite révolution, tout en renouant avec un vieux mythe de la musique populaire, celui qui dit que les rythmes qui dominent le dancefloor viennent toujours du ghetto. Warp ne s'y est pas trompé, eux qui signaient déjà le hip hop scandé d'Anti pop Consortium, les délires progressifs de Flying Lotus et les hit pour consoles préhistoriques d'Harmonic 313. Reste que Mujava semble bel et bien avoir le vent en poupe puisqu'il vient de créer son propre label, House Therapy Productions, avec le producteur gospel Cry. Les particularismes de "Township Funk", son sens du décalage, son ascétisme et sa sécheresse, le placent en tout cas bien loin des rythmes ronronnant actuels. Plus proche de l'electronica des 90's que du minimalisme agonisant qui sévit encore dans les clubs européens, le titre a toutes les chances de devenir un classique.
"Township Funk" l'original : et sa version dubstep :
DJ Mujava - Township Funk (Warp/Discograph)
M.I.A. fait équipe avec le "Timbaland indien" pour Danny Boyle![]() On pensait que le prochain film du britannique Danny Boyle serait la séquelle de Trainspotting. On a pensé à mal, puisque son huitième long métrage, qui sortira le 7 janvier 2009 en France, s'intitule Slumdog Millionnaire. Et ne se situe plus dans les banlieues craignos d'Edimbourg, mais en Inde. Scénarisé par Simon Beaufoy et tourné avec des acteurs de nationalité indienne uniquement, le Boyle a eu une idée de génie pour la musique de son film. On lui reconnaissait un certain talent pour les bandes originales de ses oeuvres (aaahh, "Born Slippy" d'Underworld dans Trainspotting, Brian Eno dans 28 jours plus tard...), mais pour Slumdog Millionnaire, qui raconte en gros les aventures d'un pauvre graçon malchanceux qui devient tout à coup milliardaire, Boyle a fait appel à une pointure : la délurée M.I.A..La fofolle anglaise d'origine sri-lankaise a collaboré avec celui qu'elle appelle "le Timbaland indien" (alias A.R Rahman de son vrai nom) pour la réalisation de la B.O du film de Danny Boyle. Et on ne doute pas une seconde de la qualité du résultat, puisque le monsieur a déjà travaillé avec M.I.A. sur l'excellent Kala. La B.O de Slumdog Millionnaire, qui sortira le 23 décembre outre-Atlantique (mais qui sera disponible sur Internet dès la fin de ce mois), contiendra un remix exclusif du tube "Paper Planes" et une chanson inédite intitulée "O...Saya". A la limite, le film, on s'en fout un peu. Mais la B.O... On a grand hâte, surtout si c'est aussi Kitsh-chic-ssime que "Jimmy" ! Rick Astley : meilleur showman de tous les temps... pour MTV Rick Astley - Never Gonna Give you Up On n'avait vraiment rien contre, ni pour lui avant ça mais cette fois-ci, le mal est fait : on en rigole. Lors des traditionnels MTV Europe Awards, remis à Liverpool, le chanteur Rick Astley, revenu sur le devant de la scène cette année avec un mégavendeur Ultimate Collection et une tournée triomphale, a reçu, en clôture d'une cérémonie aussi kitsch que l'Eurovision, l'Award du Best Act Ever, devant Tokio Hotel, U2, Green Day (pourquoi Green Day) et Britney Spears, excusez du peu. Les internautes ont voté massivement, dixit MTV, et les internautes ont toujours raison. Au palmarès de cette cérémonie riche en révélations, et parmi d'autres scoops, ont été dévoilés : 1. Que Tokio Hotel était le meilleur Headliner, devant The Cure, Metallica, Linkin Park et les Foo Fighters 3. Que "So What" de Pink était la chanson la plus addictive de l'année devant "Viva la Vida" de Coldplay, "I Kissed A Girl" de Katy Perry et "Mercy" de Duffy. 4. Que Paul Mc Cartney était une "Ultimate Legend". Rick Astley qui n'avait pas l'air d'être là a déclaré qu'il était super content et tout ressemblait à un épisode de science-fiction. Rappelons qu'il devait son élection à un nouveau phénomène apparu autour de la vidéo de "Never Gonna Give You Up" et baptisé, en son nom, le RickRoll ou comment une vieille m**** soul pop de 1987 a réussi à être visionnée par les internautes des dizaines de millions de fois par un mouvement irrationnel des foules et un système de classement au plus vu sur youtube. Enorme, on vous dit. Il faut avouer qu'à 42 ans, le chanteur anglais a presque aussi bien vieilli que Roch Voisine. Pour ceux que ça botte, Rick fera partie en 2009 d'une tournée européenne incroyable où il sera tête d'affiche aux côtés de Banarama, Kid Creole et ses Coconuts, Nik Kershaw et Curiosity Killed The Cat.... Les Justice joueraient-ils en play-back ?![]() C'est LE scandale de la semaine... Et pourtant, Dieu sait que Gaspard Augé et Xavier de Rosnay, alias Justice, y sont habitués aux scandales (la polémique sur le clip de "Stress", les images hardcore de leur DVD à sortir - le 24 novembre prochain - A Cross The Universe, l'histoire des 400 titres samplés pour leur premier album, etc.). C'est cette image parue dans le Village Voice qui a mis le feu aux poudres. On y voit les deux compères à fond dans leur set, le cheveu tout frisotté à cause de la transpiration et on devine la respiration haletante sous le coup de l'effort. Parce que pour tenir des sets de trois heures, on devine bien qu'il en faut, de l'énergie. Et si tout cela, c'était du flan ? Car si vous avez l'oeil du lynx, vous aurez remarqué au premier plan un petit détail fâcheux... Mais non, pas leurs hideuses vestes en jean ! Le contrôleur MIDI - comprenez : la table de mixage de Mister Augé - n'est tout simplement pas... Branchée. Or, tout instrument non branché, on est d'accord là-dessus, entraîne le silence total. Donc, pas de performance live possible. Tout de suite, on a accusé le duo français de jouer en playback. Ce à quoi l'on ose pas croire, étant donné qu'ils ont VRAIMENT l'air de se déchaîner sur ce cliché... Surtout que Gaspard s'est exprimé dans un communiqué pour dégonfler illico la polémique. Big Moustache y explique qu'il ne s'est pas aperçu tout de suite que sa table était débranchée. "Je n'ai rien remarqué au début parce que, comme vous le voyez sur cette photo, je regardais l'ordinateur à côté pour lancer la boucle vocale suivante. Tout de suite après, je me suis apercu que l'écran bleu était éteint, et que forcément ça ne pouvait pas marcher. Alors j'ai tout rebranché, tout simplement. La belle affaire !" Ce qu'effectivement l'on a pu vérifier sur d'autres clichés postérieurs à celui-ci. Beaucoup de bruit pour rien, donc ? Très probablement. D'autant plus que ces deux-là commencent lentement mais sûrement à devenir des têtes de Turc dans le paysage musical français... On se calme, donc, et on achetera ses places pour les prochains shows de Justice sans risquer d'entendre un vieux play-back. Non mais. Kanye West a brillé dans les ténèbres de Bercy![]() Un show à l'américaine qui en fout plein la tronche pendant deux heures, une atmosphère légèrement régressive (pour ne pas dire kitsch) à la Star Wars, des jeux de lumière dignes de la Foire du Trône et une ambiance surexcitée : voilà ce qui attendait le public d'un Kanye West impérial hier soir pour l'étape française de son Glow In The Dark Tour. La première partie, brillamment assurée par The Roots, est dynamique en diable (ils enchaînent les chansons sans même prendre une seconde pour respirer), avec de véritables morceaux de bravoure, dont une reprise complètement barrée de "Sweet Child O' Mine" des Guns N'Roses. Le guitariste, Captain Kirk Douglas, abreuve la salle (bondée) de "oin-oin-oinnnn" vocaux imitant des riffs de guitare, jouant en tenant son instrument en l'air façon Jimi Hendrix. Les sept de Philadelphie, bondissants comme des pois sauteurs sur scène et equissant même une mini-chorégraphie plus drôlatique que professionnelle, remplissent avec brio leur mission : Bercy est chaud bouillant et fin prêt à accueillir Mister West. Kanye qui, d'ailleurs, ne fait pas sa diva et arrive à l'heure prévue sur scène. Enfin, arrive - débarque serait un mot plus juste. Un bruit d'avion supersonique résonne dans les ténèbres, et nous voilà t'y pas à bord d'une navette spatiale d'où sort un Kanye West tout halluciné, vêtu d'un étrange harnais très "Jedi attitude", l'oeil brillant et le cheveu presque long, qui nous souhaite un tonitruant "Good Morning" (même si il est presque 22 h, ça passe quand même), après quelques notes de "Stronger" joliment distillées. S'en suit un set blindé de tubes extraits de Graduation - "Can't Tell Me Nothing", "Homecoming", avec une mention spéciale à "Flashing Lights". Le West est tout sauf à l'ouest, il est au top, il fait faire des grands mouvements de bras à n'importe quel coincé venu du XVIe, les filles remuent du bassin comme dans un clip de Snoop Dogg. Il se bat à un moment avec un gros monstre en carton pâte : on trouve ça génial, c'est kitsch à souhait mais on se délecte de le voir faire l'acteur et se prendre au sérieux. La set list est sans grandes surprises - "Gold Digger" (les mecs n'en peuvent plus quand ils voient la nymphette nue peinte en or se trémousser sur l'écran géant), "Diamonds From Sierra Leone", tous les hits sont là. A la fin, il nous envoie un "American Boy" (sans Estelle) bien balancé, avant de se lancer dans un blabla sur le fait qu'il soit, en gros, l'avenir de la musique, qu'il est venu sauver nos oreilles en remplacement des Beatles et de Michael Jackson. Il est content, Kanye, il a eu sa minute de mégalo indispensable, il rend hommage à Paris et à la mode (on suppute qu'il a du dévaliser l'avenue Montaigne dans l'après-midi). Bref, un show de qualité, ludique, très visuel, un poil long peut-être (la séquence émotion "Mama" à virer !), et un Kanye royal de bout en bout. Seul regret : le concert s'achève sur sa nouvelle chanson "Love Lockdown", premier single de son album à venir 808's & Heartbreak, qui plombe l'ambiance, non pas à cause du rythme, mais de la partie chantée, faiblarde, et qui donne des inquiétudes quant à la teneur de ce futur album. Mais on n'a pas boudé son plaisir pour autant... Deezer : Selection automne / hiver 2008 - 2009Qu'on se le dise, je ne vais jamais sur Deezer, ou presque. J'en ai encore fait l'expérience aujourd'hui en composant cette playlist dédiée à vous mes lecteurs (et les autres de passage), cet outil n'est pas pratique du tout. Changement de page quand on tape "enter", noms de groupes mal orthographiés (allez chercher "Chk Chk Chk" ou " !!! " par exemple), etc. Pourtant, je l'avais déjà dit il y a un an, c'est une alternative agréable au P2P (il y en a d'autres évidemment) et un moyen d'échanger vos coups de cœur musicaux avec ceux que vous aimez et qui sont loin. Ce blabla pour dire que je me suis amusé à recréer ici un mix qui ressemble à ce que je joue (rarement et jamais seul, trop mauvais DJ) en soirée, ou ce que je rêverais de jouer (pour certains titres que je n'ai pas en vinyl). Un constat consternant cependant : pas beaucoup de titres de 2008. En partie la faute à Deezer, en partie la faute à l'âge je crois. Voilà, c'est pour vous, ça commence volcanique, ça continue funky, puis hypnotique et enfin mélancolique. On est en hiver non ? Enjoy !
Le top 10 des chansons qui parlent de la... viande![]() En tant que nouveau préposé aux classements et bêtisiers insolites, je ne pouvais pas passer sous silence ce top 10 établi par le site chartattack.com et qui s'impose d'emblée comme l'un des plus ridicules, pervers (!) et singuliers qu'il m'ait été donné de lire. Le site présente son affaire ainsi : "la relation entre les musiciens et la nourriture correspond souvent à la relation qu'entretiennent les musiciens et leurs fans. Les fans et la bouffe sont tous les deux essentiels à la survie des groupes. Les deux sentent bizarres et font office de mal nécessaire." Ne me demandez pas ce que cela veut dire, ni qui a écrit ce truc complètement insensé, toujours est-il que le classement existe et qu'il ne peut pas être totalement mauvais puisque la chanson qui arrive en tête est "Meat Is Murder" des Smiths. Paradoxalement, la chanson qui illustre le mieux le rapport de la musique à la viande est donc une chanson anti-viande. Mais on est pas à un paradoxe près à ce niveau de folie. Issue de l'album éponyme du groupe de Morrissey et Marr, "Meat Is Murder" avait d'ailleurs été élue, il y a un an ou deux, "chanson ayant entraîné le plus de conversion au végétarisme de tous les temps". Elle avait été intégrée au set du Moz sur la tournée 2004, donnant lieu à un pantomime amusant où le chanteur couché sur le sol en position foetale se faisait découper à la guitare par Boz Boorer. Parmi les autres classés, on notera la bonne place du "Pork and Beans" de Weezer, dont on a déjà parlé, de Tom Waits avec l'un de ses titres les plus fantastiques et surtout on saluera la diversité musicale de ce palmarès qui entre Cibo Matto, MF Doom, Guided by Voices et Fear fait le grand écart entre les genres. 1. The Smiths - Meat is Murder 2. Fear - Beef Bologna 3. Clara Peller - Where's the Beef ? 4. Tom Waits - Eggs and sausage 5. Jimmy Buffett - Cheeseburger in Paradise 6. Weezer - Pork and Beans 7. Cibo Matto - Know your chicken 8. MF Doom - Beef Rap 9. Ween - Pollo Asado 10.Guided by Voices - Sing for your meat Coldplay pourrait se séparer avant fin 2009![]() C'est une information étonnante mais provenant de source sûre, le groupe de pop anglaise Coldplay risque bien de se séparer dans le courant de l'année 2009. Son chanteur et leader, Chris Martin, l'a annoncé cette semaine au quotidien britannique, le Daily Express. Cette déclaration intervient alors que le groupe a sorti à l'automne 2008 Viva La Vida, un album qui s'est vendu à 5 millions d'exemplaires. Cela fait, quoi, 10/11 ans que Coldplay a vu le jour et s'est imposé d'albums en albums comme l'un des groupes anglais les plus populaires, médiatisés et les plus attendus à la sortie de chaque album ou de chaque tournée. Viva La Vida sorti dernièrement est, selon les spéculations, bien parti pour atteindre et dépasser les 10 millions de vente que le quatuor avait réalisé pour X&Y. Alors que le groupe tourne à guichets fermés et totalise 30 millions de vente d'albums, ce dernier a décidé de mettre fin à une carrière que l'on prévoyait encore longue et toute tracée. Un succès et un train-train routinier qui sont arrivés bien vite pour la formation londonnienne, mais quel avenir pour le groupe ? Vendre plus de disques, jouer dans des stades ? C'est ce qui attend sûrement le groupe s'il continue sur sa lancée. Chris Martin préfère alors en rester là et maîtriser ce que les histoires du rock à venir diront sur le groupe dans quelques années pour partir la tête haute et laisser au public le souvenir d'un groupe à son zénith. Le chanteur âgé de 31 ans a déclaré au quotidien, qu'il n'était pas bon pour les membres d'un groupe de poursuivre leur carrière au delà des 33 ans. Le chanteur aurait-il peur de perdre son inspiration et sa passion à la veille d'atteindre l'âge christique ? Les retours d'artistes comme Portishead ou Leonard Cohen ou même Radiohead, dont Chris Martin est fan absolu ne lui ont-ils pas donné des preuves suffisantes de la validité d'un musicien au delà de la trentaine ? Plus que pour la question de l'âge, on peut penser que le groupe arrête en 2009 pour des raisons personnelles évidentes. Toutes les choses ont une fin et celle de Coldplay est annoncée pour 2009. Personne ne sait encore ce que les divers membres deviendront après la séparation.En attendant, une tournée d'adieu ou un nouvel album éventuels, le groupe sortira le 24/11 un ep du nom de Prospekts March. Golden Bug : Playing Disco BotsIl y a des enfants qui ont de la chance ! C'est le cas d'Antoine Harispuru, alias Golden Bug, dont la mère avait en effet un magasin de jouets nommé La Maison du Robot dans les années 80 et qui fut l'une des premières à importer ces jouets du Japon. Aujourd'hui producteur et musicien, le Français émigré à Barcelone est également créateur de jouets conceptuels. Son dernier projet, hormis Hot Robot, un excellent album electro funk signé chez les Allemands de Gomma, est un robot design inspiré des tulipes en chrome de Jeff Koons, nommé Victor en hommage à celui qu'il possédait - et qui l'a pratiquement élevé, selon la légende - étant enfant.
Cette obsession pour les machines animées, et une découverte tardive mais enthousiaste, de l'electro grâce à ses frères aînés (le bonhomme a 28 ans), firent de Golden Bug un des premiers "enfant robot". Ce passif et un amour, pour l'aspect le plus groovy des servomécanismes et du métal en mouvement, le firent également accoucher de nombreuses vidéos, dont beaucoup sont disponibles sur Youtube. Parmi celles-ci, on trouve "Disco Sensation" et "Bisco", deux exemples de ce que propose ce frenchy bot sur son épatant premier album. Check it !
Golden Bug - Hot Robot (Gomma/Discograph)
Mesrine : Idole du rap
D'IAM à Monsieur R., en passant par les X-Men, Ideal J ou la Fonky Family, on ne compte plus ceux qui ont évoqué la figure Mesrine dans leurs textes. Tous fascinés ou intrigués par la trajectoire du bonhomme. Gangster à l'ancienne, looké, amateur de champagne, respectueux d'un certain code de l'honneur et mort quasiment l'arme à la main sous les balles de la police. Mais aussi par ses combats, notamment contre les quartiers de hautes sécurité. Heureux qui écouta "Ulysses" de Franz Ferdinand![]() Produit par Dan Carey de Hot Chip, le single le plus attendu du début d'année 2009 déroute, mais dans le bon sens. La voix d'Alex Kapranos y est sexy en diable, le rythme - limite disco - fait se remuer le pelvis comme jamais, les guitares sont sauvageonnes à souhait, et la production "metronomyesque" (on annonce beaucoup de claviers pour ce nouvel opus) laisse présager du meilleur pour l'album à venir. Inutile de vous faire baver davantage, le mieux est d'écouter ce fameux "Ulysses" de nos amis de Franz Ferdinand : Bomb The Bass drop the bombs !Bomb The Bass, le projet de Tim Simenon n'a jamais mieux porté son nom qu'en 2008 ! Future Chaos, dernier album et retour explosif d'un pionnier de l'acid house britannique, est une bombe ! De celle dont les déflagrations se font sentir bien longtemps après la détonation. Même si elles prennent leur temps pour se disperser alentour, soyez sûr en tout cas qu'elle aura logé un minuscule shrapnel dans votre tête, qui vous incitera à revenir vers ce diable d'album.
Il faut dire que l'Anglais n'est pas le seul artificier sur l'affaire. Pour Future Chaos, il est même au coude à coude avec une bande de damnés de la pop parmi lesquels Jon Spencer (de The Jon Spencer Blues Explosion), Mark Lanegan (Screaming Trees, Queens of The Stone Age), David Best (Fujiya and Miyagi) et Paul Conboy (de Corker/Conboy). Autant dire une fine équipe de paroliers qui vient habiller de manière pertinente les mélodies downtempo pleines de bleepS et les envolées spatiales électroniques de Simeon. Avec cet album et ce retour inattendu, Tim Simeon et son gang des postiches réussissent le parfait braquage à l'anglaise. La preuve en vidéo :
Lire notre chronique de Future Chaos Asa couronnée au Prix Constantin 2008Posté par Definitely Maybe le 18.11.08 à 11:46 | tags : news
![]() La bataille fut rude, puisque l'heureuse lauréate était en compétition avec dix autres artistes qui s'y voyaient sans doute déjà, tels Yael Naim, Thomas Dutronc, Julien Doré et les mignonets duo The Do et Cocoon. Ceux-ci ont tous chanté pendant la soirée, ce qui a donné lieu à des morceaux hallucinatoires comme le tandem Daho-Katerine. Asa (prononcez "Asha") succède ainsi à Daphné, qui remporta le prix l'an dernier. D'expression anglo-saxonne, considérée comme un OVNI de la pop-soul avec des textes pleins d'ironie, la jeune femme s'est déclarée "très surprise et honorée" d'avoir gagné le Constantin. "Etre née ici en France, avoir grandi à Lagos, pour finalement être récompensée à Paris pour mon premier album, m'incite à croire à une sorte de destinée, non pas écrite, mais comme incarnée", a-t-elle ajouté avant de remercier le jury en français et en anglais. Chic et choc. Un inédit des Beatles sur le point d'être révélé ?
![]() Il faut croire le filon "Fab Four" inépuisable... Après les photos inédites retrouvées dans une valise en Australie, voici que l'on annonce le retour d'un fantôme enfoui depuis des lustres sous des tonnes de naphtaline. En effet, le mystérieux titre "Carnival Of Lights" - que d'aucuns tenaient comme pure légende dans la mythologie Beatles - est sur le point de refaire surface. C'est le grand Macca qui a lui-même confirmé l'existence de cet inédit de 14 minutes dans l'émission de John Wilson, hier sur BBC Radio 4. Il y retrace l'histoire du fameux titre, enregistré le 5 janvier 1967 au beau milieu des sessions "Penny Lane". "A un certain moment, j'ai demandé aux autres de me laisser une dizaine de minutes pour improviser un truc. Ils m'ont laissé faire, alors je suis parti dans une sorte de délire, chantant, criant, allant taper sur la batterie, puis me précipitant sur le piano pour y jouer quelques notes. Ca n'avait vraiment aucun sens, mais c'était un son très libre." Ce titre expérimental, intitulé alors "Carnival Of Lights", ne fut joué qu'une seule fois en public (en 1967, lors d'un festival londonien de musique électronique) et ne fut plus jamais diffusé, jugé trop "aventureux" par Lennon, Harrison et Starr. Etrange, lorsque l'on sait qu'un an plus tard ils enregistrent le non moins expérimentak "Revolution 9" pour leur cultissime Double Blanc. Mais cela donne aux inconditionnels des Quatres Fantastiques une occasion de partir fébrilement à la recherche de ce Graal des temps modernes... Même si l'on ignore où, quand et comment ce fameux titre sortira. Et comme par hasard, on est aux environs de Noël... Moi je dis ça, je ne dis rien. Michael Jackson : bad news from the star Le cadet Jackson a encore des soucis. Après avoir été forcé de vendre son ranch de Neverland, le roi de la pop fait face à une poursuite pour rupture de contrat. Sheikh Abdullah bin Hamad al-Khalifa, fils du roi de Bahrein, a engagé des poursuites et réclame 7 millions de dollars à Michael Jackson au motif que ce dernier lui aurait promis une autobiographie et deux albums pour son label Two Seas Records. Les deux hommes se sont rencontrés en 2005, alors que MJ était en pleine tourmente judiciaire. Aujourd'hui, Jacko dément qu'un deal ait été passé et assure que l'argent "prêté" par Al Khalifa était un simple don, ce que semble pourtant infirmer une déclaration d'avril 2006 au magazine Billboard dans laquelle il se réjouit de cette nouvelle collaboration. Plusieurs dépêches se font l'écho d'un autre aspect du deal controversé : Michael Jackson aurait promis de chanter des chansons écrites par Al Khalifa. Le Pince de Bahrein aurait-il déçu le roi de la pop ? Est-ce par honnêteté artistique que Jacko réfute cette version des faits ? L'histoire ne nous le dit pas encore...Sinister Boogie, nouveau label electro français![]() France electro toujours. Sinister Boogie, dernier né des labels electro français, propose en trois maxis emblématiques de sa philosophie janséniste et rétro-futuriste du dancefloor, une vision pour le moins dark et décalée du genre. On retiendra particulièrement l'electro teintée de no wave d'Opium Factory, totalement addictive, disloquée et enivrée (au penthotal je crois...), entre le "Contort Yourself" de James Chance (pour le sax) et la noirceur du duo Remote. Remote, soit Seb Fouble et Eric Guillanton, dont nous encensions l'album il y a peu, par ailleurs owner du label en compagnie de X.Mitchell.
Côté "post-new wave" (on va dire ça comme ça), on trouve également dans la même écurie, le romantisme austère et glacé de Haussmann, un autre duo (peut-être le moins convaincant des trois), formé de deux architectes du son amoureux de grandes surfaces (celles où l'on fait ses courses, comme les autres, celles planes, grises et géographiquement structurées de l'environnements urbain). Quand à Henry Goes Dirty, c'est la parfaite incarnation du salaryman en plein pêtage de plombs après une semaine d'over burning intensif. Plus "rock" (côté punk), mais aussi funk (côté punk toujours !), que ses “colabelistes”, Henry est certes le plus dirty des trois.
Une funkyness cradingue et pourtant rigide, aussi jouissive qu'une séance de sadomasochisme destinée aux cadres d'affaires en mal de dominatrice black (pensez Grace Jones jammant avec Sonic Youth), ce qui correspond bien à l'esthétique hors-normes de ce label français pas comme les autre, à cheval entre les productions de DC Recordings et celles de Tigersushi. Que des bonnes références en somme. Un label à suivre !
Les 100 meilleurs chanteurs de tous les temps : le retour de la revanche![]() Pour ceux qui ne seraient jamais las des classements, des palmarès et qui ont envie de devancer la fin d'année (meilleur album 2008 ?, meilleur groupe 2008 ?, révélation ?, etc), Rolling Stone propose ce mois-ci sa liste des 100 meilleurs chanteurs de l'histoire et elle ne réserve que peu de surprises. Comme souvent dans ce genre de classement, ce sont les grands anciens qui tiennent la corde, ceux qui sont environnés d'une aura et d'une patine classiques, soit parce qu'ils sont morts depuis longtemps, soit parce qu'ils sont, en soi, immenses et font partie de l'Histoire du rock, de l'Histoire sociale ou/et culturelle du XXème siècle. On se contentera ici de donner les noms des 10 premiers : 2. Ray Charles 4. Sam Cooke 5. John Lennon 6. Marvin Gaye 7. Bob Dylan 8. Otis Redding 10. James Brown Faut-il y voir un effet Obama ou une démonstration de l'axiome selon lequel les noirs savent chanter (sauter?) ? La délégation noire est très bien fournie dans les premiers rangs (MJ devance Prince de quelques places). Bowie pointe à la 23ème place. Bono à la 32ème. Thom Yorke à la 66ème. On note la surprenante 64ème place d'Axl Rose (ils ont dû oublier quelques chiffres devant le 6), et la 100ème et dernière place à Mary J. Blige. Pour le reste, et comme d'habitude, on appréciera la valeur de ce classement, très américain et relativement conservateur. La même question lancée par le NME donnerait immanquablement un résultat très différent : Liam Gallagher en pôle et Chris Martin en dauphin ou quelque chose dans le genre. Suite des bêtisiers de ce genre dans quelques semaines avec les numéros spéciaux de fin d'année. Billy Corgan pète les plombs !Alors que les fans étaient tout à leur joie d'assister aux concerts anniversaires des vingt ans de The Smashing Pumpkins (ça compte vraiment, 20 ans quand on en en a passé sept dans la tombe ?) ils ont été plus que déçus d'assister à des sets pauvres en vieux tubes et riches en jams prog/métalleux de vingt minutes. A New York la semaine dernière, la foule était assez hostile après un premier concert qui s'est plutôt mal passé. Billy Corgan a été obligé d'interrompre celui du deuxième soir pour prêter son micro à un fan et ça a donné ça :
A en juger par l'accoutrement qu'il a adopté à Toronto quelques jours après, soit il pense faire une blague à la Andy Kauffman (on peut toujours rêver) soit il n'a réellement plus aucun recul sur lui-même. Tu n'es pas Kevin Barnes, Billy, et ton groupe n'est pas Of Montreal. N'est-il pas temps de renvoyer les Smashing Pumpkins dans la tombe qui est leur place ?
Kanye West est sans coeurGraduation était très bon, on est d'accord, mais Kanye West se reposait un peu sur ses acquis avec cet album. Avec 808's & Heartbreak, il fait une fois de plus ce qu'il pouvait faire de mieux : il prend un tournant un peu dangereux qui va forcément diviser. Bien sûr Kanye reste fidèle à lui même et ce qu'on a entendu du prochain album pour l'instant va en même temps dans deux directions : c'est plus "commercial" et plus "expérimental". Pour vous, sonner comme T-Pain et Thom Yorke en même temps c'est la pire ou la meilleure idée du monde ? "Love Lockdown" est arrivé numéro 1 des charts mais dans la position de Kanye après Graduation, il aurait fallut qu'il sorte une reprise rotée de Baby Got Back pour se planter commercialement. Par contre, Heartless risque bien de lui aliéner une bonne partie de ceux qui le trouvaient si cool et qui n'entendraient pas le beat à base de flûte de pan du futur derrière tout l'autotune. Heureusement que Hype Williams est là pour réaliser un cliprotoscopé particulièrement classe qui devrait mettre tout le monde d'accord. Noir Désir de retour sur scène à l'été 2010 ?
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Un retour sur le devant de la scène qui engendre bien des débats... Mais, que l'on soit pour ou contre, il faudra se faire au come-back du groupe rock culte des années 90. Après la diffusion gratuite des deux inédits "Le Temps Des Cerises" et "Gagnants/Perdants", voilà une nouvelle rumeur sur les Bordelais qui devrait encore faire du bruit. Elle provient du quotidien Sud Ouest, qui annonce le retour sur scène de Noir Déz' à l'occasion du festival Garden Nef Party d'Angoulême en juillet 2010. L'organisateur du festival Jean-Louis Ménanteau, interrogé par le journal, "ne confirme, ni n'infirme cette information.(...) Avec Noir Désir, nous sommes dans un rapport de confiance et de fidélité. Et il est hors de question, pour moi, de trahir cette amitié."
Une information à prendre avec des pincettes donc. Mais si à l'avenir cette date était confirmée, elle marquerait alors la fin de la période de liberté conditionnelle de Bertrand Cantat. Le temps pour les esprits de s'apaiser, d'ici là... Yo Majesty et Franz Ferdinand dynamitent La CigaleBelle affiche au festival des Inrocks, en ce 13 novembre : Get Well Soon, Yo Majesty et Franz Ferdinand jouent dans la même petite salle, La Cigale. Aucun rapport entre ces trois groupes, si ce n'est qu'ils sont indés, bien reçus par la critique en général...Et c'est tout. Vive l'eclectisme !
Le set de Get Well Soon, que j'ai consciencieusement "révisé" sur son MySpace avant de venir, s'annonce intéressant. Il a une jolie voix, ce méchu mélancolique de Konstantin Gropper. Mais la théâtralité ténébreuse du Teuton, qui s'échine à surligner chaque trémolo, chaque envolée lyrique, chaque soupir ému, est assez agaçante. Tout comme l'accompagnement à trompettes "mariachi style", répétitif et lourdingue à la longue : comme si Radiohead avait avalé un Calexico de travers, éructant une soupe grandiloquante... Quelques déchainements noisy n'y changeront rien : je m'ennuie ferme.
![]() Léthargique, le public à dominante rock (venu majoritairement pour Franz Ferdinand) prend alors une énorme torgnole hip hop dans la figure. Une mandale qui a pour nom Yo Majesty. Les vociférantes Shunda K and Jwl. B cueillent la Cigale à froid, avant de conquérir la salle par la force, avec leur hymnes electro-crunk imparables. Quel bonheur ! Véritable ouragan verbal, Shunda K, coiffée d'une casquette touristique de Paris, rappe le plus vite possible, tandis que Jwl B, toutes tresses dehors, trémousse son corps agile et potelé, sous les coups de butoir des infrabasses infligées à nos mollets par le DJ David Alexander. Ca part dans tous les sens, hors de contrôle, brutal et sexy : "Kriptonite Pussy", "Club Action", "Blame it on a change", et le phénoménal "Fuck Da Shit"... Plus riot grrrl que jamais, la pétroleuse Jwl B achève sa danse electro-tribale par un joli strip à la Gossip. Paf, elle enlève le haut, le corps secoué de spasmes. Ce bombardement sans répit, épuisant, tétanisant, s'achève par la victoire par KO des deux meilleures MC du moment.
Le France aime Franz Ferdinand... Très décontracté, Alex Kapranos - qui n'a pas oublié d'élaguer proprement sa contestable coupe au bol - se fait visiblement plaisir. Le mélange synthés 80's, guitares post-punk et choeurs 60's, charte esthétique du second LP, fonctionne a plein tubes. Une heure de concert, un rappel déchainé, un public ravi. C'était presque trop facile. La musique adoucit les coeursPosté par Definitely Maybe le 14.11.08 à 11:11 | tags : news
Avez-vous déjà un jour ressenti de douces palpitations cardiaques en écoutant votre chanson chouchou ? Cette sensation de bien-être, qui vous remonte le moral aussi efficacement qu'une une tablette de chocolat aux amandes ou qu'un épisode de Grey's Anatomy à la téloche ? Ne riez pas, tout ceci est très sérieux. Et prouvé scientifiquement. La musique fait du bien (quoique), tout le monde le sait. Elle nous rend romantique, "grave vénère", elle nous donne envie de gambader nus dans les fjords (trop écouté Sigur Rós moi)... C'est la conclusion d'une étude amércaine, dont les résultats ont été publiés mardi. Les chercheurs de l'Université du Maryland ont en effet prouvé qu'une dilatation des vaisseaux sanguins se produisait à l'écoute d'une musique que l'on affectionne particulièrement. "Nous avions déjà démontré que des émotions positives, comme le rire, étaient bonnes pour la santé vasculaire. Donc, la question logique était de savoir si d'autres émotions, suscitées par la musique par exemple, avaient le même effet", a indiqué Michael Miller, directeur de la prévention en cardiologie au centre médical de l'Université américaine. Ce même docteur Miller a pris une dizaine de cobayes pour vérifier les effets de la musique sur le système vasculaire. Et ça n'a pas loupé : quand le sujet écoute une chanson qu'il aime, le diamètre de ses veines augmente de 26%. Au contraire, lorsqu'il écoute un son stressant (une "chanson" d'Autechre par exemple ?), la veine se rabougrit de 6%. Chose étonnante, le rire fait moins dilater les vaisseaux qu'une bonne musique ! Conclusion : rien ne vaut une bonne cure musicale, puisque c'est bon pour la santé. Mamie Jeannine avec ses cures thermales à Bagnères-de-Luchon peut se rhabiller direct... Le remède du XXIe à l'infarctus est tout trouvé ! J'aime l'Allemagne... Musique-Allemand
L'édition 2008 se recentre exclusivement sur Paris, mais sa programmation s'articule autour d'artistes de Rhénanie du Nord et de Westphalie, car l'événement s'inscrit dans le cadre officiel de la saison culturelle France-Nordrhein-Westfalen. Avec des villes comme Cologne, Düsseldorf ou Essen, le bassin industriel est surtout l'un des berceaux historique de la musique d'avant garde depuis l'époque de Can ou de Kraftwerk. Plus récemment la Rhénanie est surtout devenue le centre de gravité de la musique électronique minimale avec le label Kompakt, par exemple. Au programme cette année, un live exclusif du groupe culte Mouse On Mars, pionnier de la scène électronique allemande, la performance plastique et musicale de Schlammpeitziger, aux sélections rares du DJ et journaliste Hans Nieswandt, sans oublier les fines mélodies groovy de la productrice Ada (live), ou les blip-blips house détonants d'Antonelli (live), le rock punk de Mit et le folk de Werle & Stankowski. Enfin, l'indispensable le DJ Phil Stumpf, ambassadeur du son minimal allemand en France, mènera la danse jusqu'au bout de la nuit sur les visuels sur mesure et surprenants du collectif l'Olive Rouge. Pendant que l'organiste Charlie O et son Hammond C3 animera le Chill-out avec son vaste talent. La veille du 15 novembre, l´ouverture officielle du festival aura lieu à l´Institut Goethe avec une lecture et débat musical animé par Hans Nieswandt, DJ, écrivain et journaliste, et Frank Apunkt Schneider, écrivain et spécialiste de la scène musicale indépendante allemande depuis les années '80. La soirée sera modéré par Phil Stumpf, DJ allemand vivant en France depuis de nombreuses années.
Le temps des cerises et ceux qui viennent : Lettre à Bertrand CantatCher Bertrand,
A la rédac ce matin, on a écouté Gagnants/Perdants. Dès les premiers accords, les plus jeunes se demandaient si c'était pas "du vieux Brel ou quoi , hein ?". Nous on n'veut pas être des gagnants
Dans l'inconscient du trentenaire de gauche orphelin (erm...) votre retour rime donc avec le come-back de la radicalité stylée, de la contestation classe. ( mais pas du pull camionneur quand même si tu permets). Ô la peur, ô le vide Comme tu dis. Bon on décolle quand, Bertrand ? Allez : Un riff qui claque sur l'ampli Vox un peu dégueu, et tu brailles à tue-tête avec l'énergie qu'on n'aura jamais plus. Non ? Tu veux pas la pousser dans les ronces ta ballade geignarde, laisse ça à Mano Solo, tu veux pas ouvrir la plaie, je te passe le sel ?
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Retour de l'électricité, plein capot. C'est le Temps des Cerises ? Ah ouais. Bon pourquoi pas. T'as raison, les fondamentaux ça compte ( même Sarko il a osé Guy Moquet je te raconterai) , ressourçons-nous. Ca va prendre du temps, et du temps j'en ai Bertrand. Putain Bertrand, revenez. Vraiment. Sincèrement
Fleet Foxes et Alela Diane : le folklore américain en marche à l'OlympiaIl fallait hier se parer de plumes dans les cheveux, de son jean slim et avoir laisser pousser sa barbe pour être dans le ton de la 1ère soirée du festival des Inrocks 2008. Un Olympia complet depuis des semaines pour accueillir l'Amérique hippie et psychédélique de cette année. Mis à part les Français de Coming Soon (qu'on a bien ou mal fait de râter ?), les Inrocks avait fait honneur à trois des révélations musicales de cette année, trois révélations US, trois artistes auteurs de premiers albums (ou presque) et qui se jouent habilement de la temporalité en 2008, en revisitant les musiques folk et psychédliques.
![]() C'est avec le titre "Sun Giant" qu'on les a découvert, c'est avec "Sun Giant" également que les Fleet Foxes ouvriront leur set étonnament plus électrique qu'à l'accoutumée, mais toujours haut-perché. Un titre a cappela, un choeur d'église... oui, on est bien au festival des Inrocks en train de voir les Fleet Foxes tenter d'abattre de leurs vocaux les murs de l'Olmypia. Le recueillement et la sérennité ont toujours eu la part belle dans leur compos, mais hier ce n'était pas sans compter une fougue et une électricité intelligemment associées à la délicatesse des choeurs. Des choeurs menés par un Robin Pecknold, qui montrait ses dents et dont le visage se contorsionnait pour chanter plus fort, plus haut, plus...des parties de guitares qui soutenaient cet ensemble sonore puissant qui a résonné au delà des murs, dessinant batisses médiévales et paysages terrestres. Des paroles reprises dans le public, des envies de monter des chorales, des applaudissements à n'en plus finir à la fin du set... C'est sans artifices et avec classe que les Fleet Foxes ont marqué cette soirée des Inrocks. Manquaient qu'un "Quiet Houses" et/ou "He doesn't Konw Why" et on se serait laissé pousser la barbe pour de bon.
![]() Que ce soit du côté d'Alela Diane, ou des Fleet Foxes, une bonne partie de la soirée d'hier flattait le folklore américain, celui des territoires sauvages et des spiritualités. Les choeurs d'église chez FF et le gospel pour Alela Diane, accompagnée hier d'un backing band qui a tantôt nui, tantôt relevé sa prestation. Une salle qui aurait pu être trop grande pour une Alela défendant seule son Pirate's Gospel, mais qui aurait mérité de résonner hier au seul son de sa voix et d'une guitare...un risque à prendre, certes. En attendant, les trésors de Diane ont été enrobés et épaissis de choeurs, banjo et batterie. Un accompagnement superflu, mais qui a eu le mérite de donner un peu de rythmique et de coffre aux titres épurés d'Alela Diane. La fin de soirée, quant à elle, a basculé dans le pyschédélisme avec les trop attendus MGMT. Auteurs du très beau Oracular Spectacular qui lui vaut le statut de groupe de l'année, MGMT devrait aussi se voir décerner d'ici peu celui de "mauvais performeurs live". Un concert comme à son habitude brouillon, loin de provoquer l'enthousiasme et la folie que l'on était en droit d'attendre de la part du groupe, des intermèdes instrumentaux (la prétention en plus d'être les leaders du psychédélisme en 2008), une puissance vocale proche de 0...on passe sur cette Amérique pysché et on lui préfère le charme authentique d'un Pecknold ou d'une Diane.
Merci à Thomas pour les photos
Gagnants / Perdants : le retour de Noir Désir... rien n'a changé
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A lire et à écouter les textes et les musiques de Gagnants/perdants la 1ère chanson mise en circulation par Noir Désir depuis l'Affaire T., on se dit que rien n'a vraiment changé et c'est ce qui est après tout formidable dans cette histoire. Tous ces beaux jeux inventés Urgence de la composition "Gagnants Perdants" démarre comme une chute de studio de Des Visages Des Figures, l'album de 2001, sur un petit gimmick acoustique. Cantat se met à chanter rapidement et ramène sa fraise de Zorro de l'(ultra)gauche, égratignant pêle-mêle la téléréalité dans un premier couplet en quasi spoken word (sing) tout à fait basique (rimes en "er", rimes en "on", con/non), les politiques, les explusions, les financiers. Pris comme ça, cela ressemble à un gloubiboulga bien pensant mais Cantat a toujours su exprimer de manière assez efficace ses dégoûts du moment. On tape à vue et dans tous les sens. Ce n'est pas de la philosophie. Ce n'est pas de la politique. C'est du rock. Le morceau s'emballe par la suite, servi par une belle progression des guitares. Les Noir Désir en ont marre... comme vous. Les Noir Désir sont du côté du peuple... comme vous. Ils étaient tapis dans l'ombre et attendaient sagement de rechausser les guitares. Et voilà. Ils ont de gros sabots mais ils sont en bois flotté : suffisamment costauds pour faire du dégât et mettre le feu à la chanson française. Si tout se mélange dans leur tête, c'est tant mieux car, comme dit Ségolène Royal, "tout est dans tout", "dans l'espace (sarkozyste), personne ne nous entend crier." Ce qui est bien avec ce retour, c'est qu'il fait, ici comme ailleurs, du bruit pour rien, du petit bruit pour rien du tout. Il y a la chair à canon Ecoutez "Gagnants/Perdants"
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Mitch Mitchell, le batteur d'Hendrix, retrouvé mort à Portland Il était l'un des batteurs les plus connus et les plus appréciés au monde : Mitch Mitchell, l'ancien batteur du Jimi Hendrix Experience a été retrouvé mort à Portland hier dans sa chambre d'hôtel, apparemment de causes naturelles. Il avait 61 ans. Mitch Mitchell était en tournée américaine avec The Experience Hendrix, groupe avec lequel il revisitait, entre autres, le répertoire de son ancien leader.Mitchell avait connu, après le décès d'Hendrix, une carrière extrêmement riche et avait notamment joué avec Eric Clapton, les Rolling Stones, Keith Richards, Muddy Waters, Jeff Beck et John Lennon. Membre à part entière du Jimi Hendrix Experience, Mitch Mitchell avait aligné son jeu de batterie sur l'énergie de son leader, initiant un jeu bouillant et explosif. Son style s'apparentait à ce que les batteurs désignent sous le nom aujourd'hui de fusion, soit un mélange tonitruant de rock et de jazz. Il peut être apprécié, notamment, sur quelques titres "qui envoient" particulièrement comme "Fire" ou "Manic Depression". Mitch Mitchell était resté, après le décès du bassiste Noel Redding, en 2003, l'un des gardiens de la mémoire d'Hendrix et avait participé, juste après la mort du guitariste chanteur, à la production de quelques disques posthumes ("The Cry of Love" et "Rainbow Bridge"). Selon les spécialistes, son jeu de batterie a eu une influence décisive sur nombre de batteurs venus comme lui, du jazz vers le rock et marqué une prise de pouvoir de la batterie sur le rythme et les interludes. Noir Désir sort de l'ombre avec deux nouveaux titres![]() "Gagnants/Perdants" et "Le temps des cerises" sont les deux titres que le groupe Noir Désir a mis en téléchargement à partir de son propre site internet, hier soir. Un retour du groupe dans l'actu musicale forcément attendue depuis la libération de Bertrand Cantat en 2007. Le chanteur avait été incarcéré en 2003 pour avoir causé la mort de sa compagne Marie Trintignant. La libération du chanteur était intervenue l'année dernière et contenait notamment des conditions particulières comme le retour à la vie professionnelle de Cantat. Les spéculations et rumeurs quant au retour du groupe français allaient bon train au mois d'octobre 2007 et il aura fallu une petite année à Noir Désir pour sortir de son silence. Deux titres qui, selon le groupe, ne sont pas à prendre comme un retour dans les bacs, mais comme une envie de composer et de s'exprimer. Le titre "Gagnants/Perdants" est une réaction au contexte actuel, politique et humain, tandis que "Le temps des cerises" évoque la Commune de Paris. Un Bertrand Cantat, qui malgré son silence, n'a rien perdu de son engagement politique : "Pimprenelle et Nicolas nous endormaient comme ça / Le marchand de sable est passé, nous on garde un oeil éveillé". Pour répondre aux interrogations des fans, le groupe a déclaré sur son site qu'il n'était pour le moment pas encore question d'un album, mais qu'il était au travail. Chloé : Nouveau mix album au Robert-Johnson![]() C'est à Chloé, déjà encensée dans nos pages l'an dernier, que reviendra l'honneur d'inaugurer la nouvelle série de mixes que le fameux club de Francfort lance en 2009 sous le nom de Live at Robert-Johnson. Avec un nom pareil (Robert Johnson, sans tirets, étant un fameux bluesman noir américain pour ceux qui ne le sauraient pas), on pourrait s'attendre à ce que ce petit club d'à peine 250 places soit dédié au blues, il n'en est rien !
Live at Robert-Johnson vol. 1 sortira le 19 Janvier 2009 Lupe Fiasco : un dernier (triple) album et puis s'en va![]() Peut-être est-ce en voyant remonter sur scène les papys Led Zeppelin et autre Police que le MC de Chicago Lupe Fiasco s'est écrié : "Noooooon ! Je ne veux pas finir comme ça !". En tout cas, sa décision est prise : à 26 ans, le rappeur (deux albums à son actif, des collaborations de luxe à gogo et un Grammy Award dans la poche) fera un tout dernier album et arrête le business. C'est lui-même qui l'annoncé lors d'un concert donné le jour d'Halloween dans sa ville natale : il va claquer la porte du hip-hop, mais avec classe et une certaine pointe d'ambition, puisque son dernier opus sera un triple album initulé LUPe.n.d. Et, comme il l'a expliqué face à un public déconfit, les trois dernières lettres de LUP.e.n.d sont les initiales des trois CD que Lupe s'apprête à sortir d'un coup : "e" pour "Everywhere", "n" pour "Nowhere" et "d" pour "Down Here". La date de sortie n'a pas été communiquée.
26 ans étant quand même un chouilla jeunot pour se mettre à la retraite, et au vu du succès du Lupe, il y a fort à penser que cet album d'album ne sera pas la dernière contribution musicale du pote de Kanye West et de Pharrell. Gageons même que Wasalu Muhammad Jaco (son vrai nom) reviendra au rap sous un autre sobriquet... On nous a déjà fait le coup.
Revivez le moment où Lupe a annoncé son "départ en retraite" : Did It Leak : Ca fuit ?![]() J'ai encore oublié d'aller sur J'<3 Les Artistes.fr aujourd'hui. Pourtant, tous les jours je pense bien à aller faire un tour sur DidItLeak.co.uk, un site qui, lui, fait ce qu'il dit qu'il fait, sans tromperie sur la marchandise et sans fioritures inutiles. On y apprend ces jours-ci que le nouveau Beyoncé I am... Sasha Fierce vient de leaker (trop de ballades molles, quelques bons morceaux upbeat quand même, que cinq nouveaux extraits de Chinese Democracy ont fait un passage éclair en très basse qualité sur Youtube (basse qualité sonore... je les ai loupés, pour juger de la qualité musicale il faudra repasser, que 808's & Heartbreak de Kanye West et Circus de Britney Spears ne sont toujours pas disponibles sur la toile mais que si vous êtes en manque d'autotune le nouveau T-Pain l'est (allez-y si vous voulez, on ne vous jugera pas). Avant qu'ils ne s'offusquent, apprenons à Christine Albanel et Denis Olivennes que le "leak" ou "fuite" en français (Christine est en effet à l'initiative d'un site destiné à trouver des équivalents français à tous les anglicismes dont je vous mets au défi de retrouver l'adresse) est une pratique promotionnelle particulièrement efficace pour les grosses maisons de disque de nos jours. La plupart d'entre elles ont en effet pris l'habitude de proposer avant leur sortie des albums en écoute intégrale sur Myspace quand elles ne l'envoient pas elles-même sur les réseaux peer to peer "illégaux" tout en criant sur tous les toits que le leaking va tuer la musique et en tentant de faire jeter en prison ses champions. Bien sûr pour les maisons de disques l'envie de garder le contrôle de la diffusion de leur produit est tout à fait légitime mais pointer sur les gourmands un doigt accusateur couvert de confiture, ça l'est moins. Yo La Tengo : vilains farceurs
![]() Avec leur petit air de ne pas y toucher, on pourrait s'attendre à ce que les membres de Yo La Tengo soient, comment dire ? Des gens légèrement rébarbatifs dans la vie. Que nenni !! Il suffit de jeter un coup d'oeil à la section "fun" de leur site Internet pour s'aperçevoir du contraire. Et que dire de leurs noms d'albums qui rivalisent d'inventivité (et de longueur), entre "Tu ne me fais pas peur et je vais te botter le cul" et "Yo La Tengo massacre les classiques de la chanson"...
Ce sont même de sacrés petits farceurs. Car ils vont sortir leur prochain album, prévu pour le 10 mars 2009, sous un pseudo, mais toujours chez Matador. Pseudo qui répond au doux nom de Condo Fucks. Quant à l'album, il s'intitulera de manière tout aussi poétique : Fuckbook. Cela ne vous rappelle rien ? Mais non, rien à voir avec le célèbre réseau social ou l'on peut "poker" ses friends... Yo La Tengo, en 1990, sortait l'excellent Fakebook chez Bar/None Records. Ce n'est pas la première fois que les indétrônables vieux routards de l'indie yankee usent d'une autre identité. Le couple Ira Kaplan-Georgia Hubley a déjà pris le sobriquet de "Sleeping Pill" pour jouer dans des festivals.
Pour l'instant, Matador se refuse à révéler le pot-aux-roses, si Condo Fucks est bien un avatar de Yo La Tengo ou non. Mais nous offre quand même le premier single extrait de Fuckbook, "What'cha Gonna Do About It ?" en écoute ici. A vous de vous faire votre opinion... Mais honnêtement, il n'y pas vraiment l'ombre d'un doute...
Matador compile gratis![]()
Voilà ce qui s'appelle de la bonne promo. Les patrons bien avisés du label Matador ont mis en ligne sur leur site une compilation gratuite en guise d'apéritif à leurs productions récentes, passées, présentes et à venir. Rien de tel à l'heure du téléchargement illégal pour travailler son image de label tolérant, riche en groupes et en légendes (Lou Reed donnant des titres gratuitement, on aura tout vu) et ouvert sur le web. La compilation en 13 titres mêle les nouveautés, les dinosaures (un extrait du Brighten The Corners de Pavement en Deluxe qui ne sortira qu'en décembre finalement, Lou Reed donc et son live Berlin prévu début novembre) et les éditions spéciales comme ce sublime "The State I Am In", joyau de la récente édition des BBC Sessions de Belle and Sebastian. Parmi les groupes qui ont le vent en poupe, Shearwater bien sûr, un rien surévalués selon nous, Brightblack Morning Light, pas mal du tout, et le très attendu Condo Fucks.
TRACKLIST : Du beau boulot qui se télécharge chez Matador Records Mama Africa meurt sur une scène napolitaineMiriam Makeba - Pata Pata Miriam Makeba - Kilimandjaro On peut ne pas aimer les "musiques du monde" plus que ça et avoir une pensée ce matin pour Miriam Makeba, l'une des chanteuses sud-africaines les plus importantes de ce siècle, décédée dans la nuit de dimanche à lundi près de Naples alors qu'elle participait à un concert de soutien en faveur de Roberto Saviano, l'écrivain italien menacé par la mafia. Miriam Makeba faisait partie d'un parterre de chanteurs et a clôturé la fête par ce qui devait rester sa dernière chanson. Alors que le rideau se fermait sur la scène, les organisateurs ont demandé s'il y avait un médecin dans la salle. Miriam Makeba s'était écroulée quelques secondes auparavant, victime d'une crise cardiaque. Elle décèdera quelques heures plus tard à la clinique. A 76 ans, Miriam Makeba était la figure la plus connue de la chanson sud-africaine et aussi une figure recherchée de la résistance anti-apartheid. The Pierces, tout sauf boring
![]() Plus sexy et moins moustachues que les soeurs de Cocorosie, mais des soeurs qui font de la bonne musique quand même ? Il y a.
Il y a justement les Pierces, un sulfureux duo composé des mignonnettes Catherine et Allison Pierce, originaires de Birmingham en Alabama, mais basé à New York. Elevées par des parents hippies et nourries dès le plus âge aux chansons de Simon And Garfunkel et de Joni Mitchell, les deux soeurs ont commencé à chanter dans les chorales d'églises lors des mariages et des communions. Elles ont sorti un premier album éponyme et au succès confidentiel en 2000, puis un second en 2005, et voici venu leur petit dernier, Thirteen Tales Of Love And Revenge, qui sort le 27 janvier prochain,et cette fois promis à une carrière internationale.
Repérées par l'éminent magazine Rolling Stone l'an dernier et érigées en tant que "personnalités à surveiller", les Pierce sisters devraient cartonner avec leur single "Boring". Preuve de leur succès grandissant, deux de leur chansons ont été utilisées pour les séries Dexter et Gossip Girl.
Voici le clip de "Boring" :
A noter enfin que vous pourrez aller écouter les voix mélodieuses d'Allison et Catherine le 25 novembre à la Flèche d'Or de Paris. The Wedding Present au Nouveau Casino : du rab de tarte aux pommes.....The Wedding Present - Kennedy (Live) "Lost your love of life / Too Much apple pie / And now Harry's walked away with Johnny's wife / You've got to pick some people up / You've got to let some people go." Sur la tournée El Rey 2008, David Gedge et son Wedding Present engagent les hostilités systématiquement par un "Kennedy" survolté et joué à une vitesse supersonique, histoire de signaler au public qu'après 23 ans d'activité, leur légendaire agilité à la guitare ne s'est jamais perdue. Devant le public compté du Nouveau Casino, le groupe joue pour une audience de fidèles et de compagnons de route bloqués, pour beaucoup, sur la période Sea Monsters/Hit Parade, soit pas loin de 20 ans en arrière. Gedge est haut perché, athlétique, souverain avec ses cheveux coupés de près et (teints) noirs corbeau qui font oublier qu'à 48 ans et après être passé à deux doigts d'un succès massif, le groupe est redevenu ultraconfidentiel. Le Wedding Present n'existe plus sur la carte du rock que comme une curiosité venue d'un autre temps avec ses chansons d'amours, de rupture et de mélancolie masculine. Le set en 20 titres et quelques, et qui ne varie qu'assez peu d'un concert sur l'autre, fait une large place aux titres noisy pop de la période glorieuse : "Blue Eyes", "Snake Eyes", "Dalliance" et bien sûr le toujours déchirant "My Favourite Dress". La voix de Gedge, à qui on reprochait jadis d'être inaudible et noyée sous le son, émerge impeccable après quelques titres de rôdage et ne cessera de s'affirmer au fil du concert. Les titres d'El Rey comme "Palisades", "Dont Take Me Home Until I'm Drunk", "Model Actress Whatever", ou le supernaturel "Spiderman On Hollywood" agissent comme des respirations dans un set exécuté à toute berzingue. Gedge illustre chaque texte par sa gestuelle expressive : des mouvements de mains et de bouche qui confinent, pour le public francophone, à l'explication de texte. Le son du Wedding Present est serré, précis et réellement bluffant. Ramsay à la batterie assure la cadence infernale et permet aux guitares de dialoguer entre elles entre égales. On se prend à rêver à un univers alternatif où l'on aurait reconnu les qualités incroyables des titres qui défilent sous nos oreilles : "Lovenest" et sa construction impeccable, le magnifique "Dare" ou le glaçant "Crawl". Le Wedding Present, chaînon manquant entre les Smiths et Cure ? L'hypothèse n'est pas si farfelue. La musique du Wedding Present a tout pour plaire : la hargne du punk, les qualités mélodiques de la fin des années 80, la poésie, la qualité des textes, le soin de n'en jamais rajouter ou de ne pas tirer les titres en longueur. Avec les années, Gedge a appris à maîtriser son tempérament : il échange quelques mots gentils avec le public et ne paraît pas même prendre la mouche quand on lui suggère quelques titres fantaisistes. Le Wedding Present n'est pas devenu respectable mais fait partie des plus beaux groupes adultes de tous les temps avec Arab Strap et The Fall, la Grande Internationale du Rock Blanc Prolétaire et Qui A (Entre Autres) Des Problèmes avec les Femmes. Les amies quittent Gedge à la pelle. On se demande bien pourquoi ? Mais on aimerait qu'il en perde une par jour si cela devait nous donner encore autant de chansons aussi belles. "Sports Car". Sans commentaire. Il manque juste le Pourquoi es-tu devenue si raisonnable ? en français pour qu'on nage dans le bonheur. Il faut vivre avec la frustration : c'est le sens de toute l'oeuvre du Wedding. "Interstate 5" est d'une pertinence à toute épreuve, tendue en 7 minutes vers sa conclusion dramatique (l'histoire d'un homme-objet d'une nuit tombé amoureux) si bien qu'on ne résiste pas à l'envie de plaquer son clip saisissant à la fin de ce résumé. Le set, 1h40 sans rappel comme le veut la tradition, est bouclé sur le magistral "Boo Boo", l'un des meilleurs titres d'El Rey et qui s'achève avec classe et modestie. The Wedding Present - Interstate 5
Les oubliés de la pop : Half Man Half Biscuit et son humour acideIls ne sont pas nombreux les groupes ou artistes qui peuvent se permettre de manier l'ironie ou l'humour en chanson sans passer pour des plaisantins ou des pros de la godriole. Randy Newman est de ceux-là qui n'hésite pas, souvent, à mêler des blagues, des critiques acerbes ou ironiques à ses textes, sans céder sur le songwriting. Les Half Man Half Biscuit, sans qu'on sache d'où leur est venu ce goût du décalage, de l'ultraréférence pop et de l'irrévérence culturelle, sont quasiment le seul groupe à avoir bâti une carrière entière sur ce mode sans avoir jamais cédé sur la musique : une pop mâtinée de new wave à l'ancienne et secouée régulièrement de bizarreries sonores venues d'autres univers. On avait parlé, jadis, de l'un de leurs titres phares "Joy Division Oven Gloves" (les gants de four Joy Division) mais il y en a des dizaines d'autres tout aussi drôles et obscurs les uns que les autres qui font de la bande de Nigel Blackwell un groupe aussi précieux que méconnu. Comme The Fall et les Smiths, dont ils partagent les origines prolétariennes (les HMHB sont de Liverpool), les Half Man Half Biscuit ont fait leur lit dans la description détaillée et critique de la vie des vraies gens. Ils viennent du post-punk, jouent de la vraie bonne musique rock comme le montre ce petit film réalisé par un internaute autour de l'un de leurs singles les plus emblématiques : "Shit Arm Bad Tatoo" et bossent dans l'ombre depuis plus de 20 ans maintenant. Le titre évoque le (mauvais) investissement que l'on peut faire en achetant le disque de groupes qui n'en valent pas la peine et démarre par cette saillie imparable et représentative de leurs talents d'écriture : "I could have put my head in a bucket full of porridge and moaned about the hospital parking sheme / I would have saved £14, that I just splashed out on your second album." Certains y ont vu postérieurement une critique des Libertines et de leur fameuse pochette tatouée et cette légende urbaine court toujours sur le net. Cela reste tout à fait possible, voire probable puisque Nigel Blackwell, le leader des HMHB, n'a démenti que du bout des lèvres et fait aussi, dans cette chanson référence au Livre des Révélations, que Doherty a pompé pour certains de ces textes. Le single figure sur l'excellent Achtung Bono, sorti en 2005. Le groupe a sorti depuis un 11ème album en 2008 qui s'appelle CSI: Ambleside et qui est tout simplement très très bon. Les amateurs de vieilleries marrantes, de bons mots et de bons sons iront prêter une oreille sur l'historique Back in the DHSS (on vous laisse trouver la référence tous seuls) de 1985 et au non moins brillant Trouble over Bridgwater en clin d'oeil à Simon and Garfunkel bien sûr. Musique dans ta face !
Daito Manabe est un sound designer japonais dont la chaîne youtube regorge de démos de ses inventions barrées comme ces éléctrodes dont l'utilité vous échappe peut-être si aucune fracture de la colonne vertébrale ne vous a jamais laissé paralysé en dessous du menton. Christopher Reeves pourrait jouer de cet instrument s'il n'était pas mort. Stephen Hawking le pourrait aussi s'il était moins paralysé. Bref, ni Superman ni Einstein 2.0 n'enregistreront de disque avec l'instrument de Daito Manabe mais je suis sûr qu'au delà de faire une vidéo rigolo, on en tirera bien quelque chose un jour. (Merci à Spaow Mawedge pour le lien) Thriller à soixante quatre voixOn pourrait réunir dans une pièce Mike Patton, Rahzel, Pow Wow, Tunde Adebimpe, Bobby McFerrin et il faudrait pourtant encore plus de la moitié des cent choristes au chômage de TF1 pour refaire en live ce que François Macré a fait : une version de "Thriller" entièrement jouée à la bouche sur 64 pistes. C'est sans doute beaucoup plus de pistes que ce dont Michael Jackson et Quincy Jones ont eu besoin pour l'original mais ils trichaient un peu eux avec leurs synthés, leurs guitares et autres instruments non biodégradables. Avec de telles facilités, ils n'ont probablement pas passé trois cent cinquante heures sur le morceau. On peut admirer la dédicace de François Macré, ce n'est pas rien ce qu'il a accompli là. Et rappellons-nous que le fou dans l'histoire, officiellement, c'est bien Jacko. (merci à David Koresh pour le lien) Thom Yorke se remixe pour Obama
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C'est ce qui s'appelle faire d'une pierre deux coups. Il y a deux jours, le 5 novembre donc, le torturé leader de Radiohead a posté sur le site de son groupe ce petit poème destiné à fêter deux événements, dont l'un est historique (devinez lequel) :
"En célébration du 5 novembre L'anniversaire de Jonny Au milieu des feux d'artifices en Grande-Bretagne Et à l'aube d'une nouvelle ère politique aux Etats-Unis J'offre humblement le remix de ma chanson "Harrowdown Hill", achevée il y a bien longtemps En souvenir des heures sombres de l'ère Bush.."
Thom Yorke n'aura jamais fini de nous surprendre... Regardez avec quelle joie furibarde le discret chanteur à la voix angélique nous fête la victoire de Barack Obama et l'anniversaire de son guitariste Jonny Greenwood ! Hommage en tapinois certes, mais fort généreux. Le fameux remix de sa chanson extraite de son album solo The Eraser s'écoute sur le site de Radiohead à cette adresse. Retour de Blur.. ou pas ?
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Cela fait déjà un bout de temps que les (ex) frères ennemis Damon Albarn et Graham Coxon nous mènent en bateau sur la question d'une éventuelle reformation de Blur. A tel point que l'on croit dix fois plus à celle des Libertines pour l'an prochain...
Un coup Albarn annonce que l'odyssée Blur s'est bel et bien achevée sur le chapitre Think Tank, un coup Coxon dit que rien n'est jamais fini... Voilà qui a usé les nerfs de bien des nostalgiques de l'époque bénie de la britpop.
C'est l'hebdomadaire NME qui nous procure le dernier sursaut d'espoir. Un sursaut à prendre au sérieux, puisque qu'il provient d'une déclaration d'Albarn himself. Alors que le leader de Blur, Gorillaz et autre The Good, The Bad & The Queen était resté jusque là très réservé - voire franchement agacé lorsqu'on évoquait le sujet - sur la question, le voici qui annonce tranquillement à la BBC : "Il est très possible que je revienne vers Blur." Et d'ajouter "Je revois Graham assez souvent, on à l'habitude de déjeuner ensemble. C'est tellement chouette de retrouver son vieil ami. C'est vraiment très bon. Mais je ne peux pas en dire vraiment plus pour le moment."
Inutile donc de trépigner pour serrer dans ses mimines le prochain album de Blur, car l'ami Damon met toujours la main à la pâte au troisième album de Gorillaz pour le moment. Mais on y croit très très fort. Et puis, l'espoir fait vivre...
J'aime les artistes.fr : le piratage expliqué aux enfants
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En appui de sa nouvelle loi Création et Internet, le Ministère de la Culture (dont je fais partie étrangement de la liste de diffusion de propagande quotidienne) met en place J'aime lesartistes, un site internet destiné à sensibiliser les adolescents, les enfants, les animaux de compagnie et leurs maîtres et parents aux risques du piratage de musique, de film, de comics et autres séries télé sur Internet. Cette délicieuse et naïve initiative affiche un panorama complet du téléchargement légal en ligne mais également un développement quasi exhaustif sur la gamme des sanctions désormais applicables aux internautes qui seraient repérés par les robots géants anti-piratage mis en place (on demande à voir) par la "police" comme elle est désignée ici. Parmi les questions/réponses aux ados neuneus, cette réponse vaut son pesant de cacahuètes. Question : Si je télécharge des copies illicites de films ou de fichiers musicaux, la police ou les représentants des créateurs peuvent-ils voir que je télécharge et combien de fichiers j'ai téléchargé ? Réponse : Oui. Et il n'est pas nécessaire de surveiller la connexion Internet de chaque abonné pour savoir s'il télécharge illégalement ou pas. La structure même des réseaux P2P impose que chaque utilisateur diffuse la liste des fichiers qu'il partage ou qu'il télécharge. Il suffit donc de se connecter à ces réseaux et de consulter les listes pour savoir qui partage ou qui télécharge un fichier particulier. Voys y croyez ? - Moyen.
Le cercle des reprises improbables #4 : I'm in Love with a German Film StarTout commence en 1981. The Passions, groupe new wave méconnu, costars argentés, guitares lignes claires et choucroute déstructurée de rigueur, signe un hit improbable au titre évocateur, hommage à Marlène Dietrich, "I'm in Love with a German Film Star". Mélodie imparable portée par la voix très pure de Barbara Gogan sur une production très 80 que l'on devait entièrement au guitariste Clive Timperley et son Delay Ecoplex, le morceau fait le tour du monde et éclipse un temps la relative discrétion de ce groupe néo-romantique.
Depuis, "I'm in Love with a German Film Star" a fait l'objet de nombreuses reprises. En 2005, les foufous de Foo Fighters sortent le single "Best of You" dont la face B qui reprend l'emblématique morceau brillera étonnement plus dans l'esprit des fans que sa première face. Reste que la reprise par les ex-Nirvana, tempo ralenti et performance vocale de Dave Grohl, "I'm in Love with a German Film Star" en étonne plus d'un.
2008, signature des légendaires Pet Shop Boys sur le non moins mythique label Kompakt, et le duo choisit, "I'm in Love with a German Film Star" pour lancer l'offensive allemande sur les charts anglo-saxons. Quoi de plus normal, Marlène Dietrich étant l'icône gay par excellence. Minimale, la mélodie est toujours là, à peine teintée d'electro-pop, mais globalement, toujours aussi addictive. Le genre de titre que vous siffloterez dans la rue après l'avoir entendu une fois, surtout que les boys l'enrobent d'une bonne couche de lyrisme sur leur version "symphonique". De leur côté, les pontes de la techno allemande Jürgen Paape et Gui Boratto remixent le morceau, en version musclée et vocodée pour l'un, plus filtrée façon shoegazing pour l'autre. Parions que la deuxième, ultra sensuelle, n'enflammera pas que les dancefloors.
The Passions - I'm in Love With A German Film Star
The Foo Fighters - I'm in Love With A German Film Star
The Pet Shop Boys - I'm in Love With A German Film Star
(Merci à Myosotis pour le passage - momentané - de flambeau)
Les Kinks au travail sur un nouvel album
![]() La rumeur avait enflé, enflé... Ce fut d'abord oui, et puis non, et puis on ne sait pas. Eh bien, amis nostalgiques des années 60, réjouissez-vous : les Kinks sont bel et bien de retour. C'est le chanteur, Ray Davies, qui l'a annoncé hier à la chaîne BBC News.
Le groupe pop culte des sixties (actif jusqu'en 1996), auteur des tubes "Waterloo Sunset", "Lola" et du ultra-repris "You Really Got Me", est en train de travailler sur de nouveaux morceaux "en vue d'un potentiel futur album", selon Ray Davies. "On a enregistré des petits bouts de chansons à droite à gauche. Mais il est un peu tôt pour juger de la qualité de l'ensemble. Tout dépend de ce qui va en ressortir, si cela sera bon ou non. Nous voulons vraiment faire quelque chose de neuf et de bon. Et que ce soit plus collaboratif que par le passé, plus soudé." Et il est fort probable que Dave Davies, guitariste des Kinks et frère de Ray, soit également de la partie malgré de récents soucis de santé.
Le leader de ce qui fut l'un des groupes les plus influents de l'histoire du rock britannique ne compte cependant pas mettre sa carrière solo de côté pour autant. Il désire enregistrer un album avec une chorale, puis un autre de duos. "Je voudrais collaborer avec Johnny Borrell (de Razorlight, nldr), Snow Patrol et avec l'un de mes héros, Chuck Berry". Et pourquoi pas, enchaîner avec une grande tournée américaine. Du pain sur la planche pour Mr. Davies.
Festival des Inrocks 2008 : demandez le programme
![]() Le Festival des Inrocks a coutume de nous régaler avec des programmations d'exception : l'an dernier, on a pu assister au retour-suprise des vétérans Mancuniens des 80's Happy Mondays, et voir sur scène une rimbambelle d'artistes indie au top de leur forme, d'Editors en passant par New Young Pony Club ou encore Cold War Kids
L'édition 2008 de ce très attendu rendez-vous musical annuel ne devrait pas non plus décevoir les afficionados de pop sautillante et colorée. Pour preuve, les têtes d'affiches ne sont autres que le (justement) sanctifié duo MGMT, les poulains les plus prometteurs de la scène british alias Foals, ou encore le tandem sexy The Ting Tings. Et cerise sur le gâteau : le grand retour de Franz Ferdinand.
Voici sans plus attendre le programme des festivités :
Le 12 novembre à l'Olympia (Paris) :
Le 13 novembre à la Cigale (Paris) : Get Well Soon, Yo Majesty, FranzFerdinand The Ting Tings, Cajun Dance Party, Black Kids
Le 15 novembre à la Cigale : - Foals, Friendly Fires, Soko, Seasick Steve, The Virgins, Wild Beasts
Le 16 novembre à la Cigale : Late Of The Pier, Hot Chip, Cut Copy , Metronomy
Le 17 novembre au Zénith (Paris) : CSS, The Kooks, Mystery Jets, White Lies
Pour toutes les autres dates en province (Lille, Toulouse et Nantes, consultez le site des Inrockuptibles)
Petite playlist présidentielle
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Le 4 novembre 2008 restera probablement dans les annales comme étant "the" élection présidentielle la plus importante de l'histoire des Etats-Unis, avec l'élection d'un président noir à sa tête. Une élection toute en musique, puisque Barack Obama a bénéficié du soutien d'un nombre d'artistes impressionnant : les Beastie Boys, Bruce Springsteen, Sheryl Crow et consorts. Il a même eu une "Obamagirl" qui s'est trémoussée en mini-short rien que pour lui dans son clip tout au long de la campagne...
C'est donc pour fêter l'avénement d'un président lui-même très mélomane (il a déclaré adorer, pêle-mêle, les Fugees, Kanye West ou encore les Rolling Stones) que nous vous proposons cette mini playlist 100% présidentielle. Les textes sont plus ou moins revendicatifs (cf. le clip de Neil Young), et l'ont peut dire que le rappeur Nas avait anticipé avec justesse l'élection d'Obama !
La focntion présidentielle en cinq chansons (cliquez sur le titre pour voir la vidéo) :
- Nas - "Black President" - Neil Young- "Let's Impeach The President" - Death Cab For Cutie - "President Of What ?" - Bright Eyes - "When The President Talks To God" - Thom Yorke & Drugstore - "El President"
Edwyn Collins va mieux, Orange Juice revientEdwyn Collins, la plupart d'entre nous se souvient de lui comme du chanteur de "Never Met A Girl Like You Before" alors que vraiment, on devrait surtout penser à lui comme le chanteur d'Orange Juice, le groupe de pop/post-punk eighties anglais le plus malin de ce côté de XTC. Il y a trois ans Collins a été victime de deux attaques cérébrales consécutives qui l'ont pratiquement laissé à l'état de légume. Petit à petit, heureusement, il a réappris à parler, à utiliser sa main gauche au lieu de la droite, à chanter, à écrire et à vivre en général.
Il a perdu l'usage de sa main droite et demande aujourd'hui à sa femme de lui prêter la sienne pour jouer de la guitare. Il a des difficultés d'élocution quand il parle mais elles disparaissent dès qu'il doit chanter, comme pour certains bègues. C'est déjà presque un miracle qu'il se soit si bien remis d'attaques qui auraient pu le tuer, c'est encore plus étonnant de savoir qu'il a pu remonter sur scène, enregistrer un album (le très bon Home Again de 2007). Du coup quand on nous annonce la reformation d'Orange Juice à l'occasion d'un concert de charité en l'honneur de Nordoff-Robbins, une organisation anglaise qui propose des thérapies musicales, on a le droit d'accueillir la nouvelle en laissant son cynisme au placard et de réécouter "Rip it Up" ("and start again" continue le refrain) avec encore un peu plus de joie dans nos coeurs qu'en 1982.
Sigur Rós se roule dans le luxe Comme le dit si bien le titre de leur dernier album With A Buzz In Our Ears We Play Endlessly (Með suð í eyrum við spilum endalaust en V.O), sorti le 23 juin dernier, les Islandais planants de Sigur Rós vont encore jouer inlassablement dans nos oreilles...Voilà que Jonsi, Goggi, Kjarri et Orri nous proposent une luxueuse ressortie de leur dernier opus qui sent déjà le sapin (de Noël). Le tout se présente comme un livre de 196 pages à la couverture monochromique bleue (qui rappelle les ciels azuréens de leur documentaire déjà culte de 2007, Heima), rempli de photos prises par Eva Vermandel, qui a suivi le quartette durant leur tournée mondiale de 2008. Et à l'intérieur, c'est un Festival de surprises : l'album en lui-même, bien sûr, un code pour télécharger ce même album sur Internet afin de pouvoir le promener partout dans l'Ipod, et un DVD décrit par le groupe comme "moment de cinéma transcendantal" (sic) qui suit les chamanes du post-rock nordique en tournée en Islande, aux USA et au Mexique ainsi qu'en répétition dans les mythiques studios d'Abbey Road. Le film, réalisé par Nick Abrahams, sera d'ailleurs diffusé en grande pompe au Covent Garden de Londres le 10 novembre prochain.
Cerise sur le gâteau : le coffret contient également le film en 16 mm du clip censuré de Gobbledigook, où l'on voit une bande de joyeux lurons courir en tenue d'Adam dans les luxuriantes forêts d'Islande.Une fjordmidable (rires, svp) gourmandise pour les accros à Sigur Rós, qui seront, rappelons-le, en concert au Zénith de Paris le 15 novembre.
En attendant, voici en guise d'amuse-bouche un extrait du DVD (l'enregistrement d'Ara Batur à Abbey Road) :
Les Slits remettent le couvert
![]() Punk is not dead, ça, on le sait depuis belle lurette. Les Sex Pistols refont des festivals, les Clash se vendent encore comme des petits pains (cf. leur live au Shea Stadium, en passe de devenir plus culte que celui des Beatles), et le style néo-punk est partout, dans la rue comme sur les podiums de mode.
Marchant sur les plates-bandes de la délurée Siouxsie et ses Banshees, il y eut dans le panthéon des punkettes pures et dures les britanniques Slits (dont le nom signifie ni plus ni moins "les Fentes"), réputées pour leur prestations live déchaînées et hurlantes. D'une durée de vie limitée (cinq ans, de 1976 à 1981) le groupe se composait d'Ari Up (de son vrai nom Ariana Foster) la chanteuse, Viv Albertine la guitare et de Tessa Politt à la basse.
A l'instar de leur grand frère Johnny Rotten et des Sex Pistols, les trois copines ont décidé de rejouer ensemble sur scène. Le 9 novembre, elles seront les têtes d'affiches du festival Ladyfest de Manchester, où elles se produiront à deux reprises. Le 3 décembre, c'est la prestigieuse scène londonienne de l'Astoria qu'elles fouleront. Le détonateur de cette réunion exceptionnelle est en fait un livre (toujours en cours d'écriture - le titre de travail est Typical Girls ?) de l'Anglaise Zoe Street Howe destiné à célébrer les 30 ans de la sortie de l'album-légende des Slits, Cut. "Le livre de Zoe est la raison qui a fait que je me suis remise à m'intéresser de nouveau aux Slits", confie la chanteuse Ari Up. "Quelqu'un d'aussi cool et intelligent qui met tellement de coeur à reconstituer point par point notre carrière, ça a eu un impact énorme sur moi. La sortie de ce livre, c'est l'occasion de montrer que les Slits ne sont pas mortes et qu'elles méritent toujours le respect qu'on leur doit !" Ca, c'est parlé. Working for a Nuclear Free City : Baggy sound 2.0Avec Businessmen & Ghosts, double album copieux en forme de variations expérimentales et audacieuses autour d'un premier disque paru l'an dernier et jugé trop fade par le groupe de Manchester, Working For A Nuclear Free City signe le renouveau d'un certain son anglais que l'on croyait perdu dans les méandres des années 90, la fameux baggy sound. Nappé d'électro, bardé de saturation post-shoegazing et portant fièrement les couleurs de la perfide Albion tout en faisant de l'œil au krautrock et à la techno, le quartet anglais marque carrément le retour d'une brit-pop inventive, agressive et spontanée. Revu de détails sur Fluctuat, lire la chronique de Businessmen & Ghosts. Et comme un album pareil ne traverse pas souvent la manche, il fallait bien au moins trois vidéos, soit trois facettes du groupe mancunien, pour le présenter :
WFANFC - Troubled Son
WFANFC - Je suis le vent
WFANFC - Sarah Dreams Of Summer Massive Attack et Snoop Dogg : l'union fait la force
![]() A priori, les collaborations atypiques en musique sont monnaie courante : Feist qui fait des choeurs pour sa copine fofolle Peaches, Elton John et Pete Doherty qui chauffent la foule ensemble à Glastonbury, Cyndi Lauper qui chante sur le nouveau single de Basement Jaxx.... C'est dire si l'on ne hausse même plus les épaules d'étonnement à l' annonce un nouveau "duo de l'étrange".
Mais lorsque la collaboration prend une teinte politique et qu'elle fait s'unir deux artistes de qualité et aussi différents que le big boss du rap US Snoop Dogg et les maîtres du trip-hop britannique, alias Massive Attack, elle prend tout son intérêt. La raison du partenariat entre le bad boy et le duo de Bristol ? Un homme, Mumia Abu-Jamal, ancien journaliste et ex-membre des Black Panthers. Accusé du meurtre d'un policier en 1981 à Philadelphie, l'activiste moisit depuis 27 ans dans le couloir de la mort, alors que des centaines de personnes s'insurgent contre sa condamnation et que son cas n'a jamais été sérieusement révisé.
Ni une ni deux, Snoop Dogg et Massive Attack, aussi sensibilisés les uns que les autres sur le cas Jamal, ont sauté sur l'occasion de collaborer ensemble sur le titre "Calling Mumia" (en écoute exclusive sur le site de Massive Attack), qui illustrera le documentaire actuellement en tournage, In Prison My Whole Life, dédié au condamné à mort. Snoop Dogg se lâche verbalement sur un titre ou une musique de 3D et Daddy G au rythme hypnotique et non dénuée d'une certaine violence.. L'union fait la force. Les Beatles à l'honneur d'un jeu vidéo Les créateurs de Rock Band envisagent de faire rentrer les Beatles dans l'univers du jeu vidéo en leur consacrant un jeu à part entière commercialisé en 2009. La société qui édite Rock Band, Harmonix, a bien précisé que les Beatles ne feraient pas partie du jeu Rock Band, histoire de couper court aux rumeurs. Apple Corps, MTV Networks et Harmonix s'associent pour la réalisation de ce jeu qui a été annoncé par un représentant d'Apple, comme étant un voyage expérimental à travers la carrière du groupe, de leur premier album Please Please Me à Abbey Road. Paul McCartney et Ringo Starr les deux Beatles, toujours vivants, seront aussi mis à contribution dans ce projet, de même que Yoko Ono et Olivia Harrison. Peu de détails sur la nature du jeu. Pourra-t-on suivre les Fab Four dans leur trip en Inde, pourra-t-on se voir pousser une moustache à la Ringo, évoluera-t-on dans un univers à la Yellow Submarine ? Pour Harmonix, l'annonce de la production de ce jeu et une petite victoire face à son concurrent Activision. Les deux sociétés se tiraient la bourre sur le domaine des jeux vidéos musicaux (Rock Band pour Harmonix et Guitar Hero pour Activision) et pour obtenir les droits d'utilisation des titres des Beatles dans leur jeu respectif. Ask The Dust : n'achetez pas Dirty ExecutivesBon, arrivé à ce stade ce n'est plus la peine de faire semblant : tout le monde ici sait que j'ai des actions Ask The Dust et que je ferais tout pour vous les refourguer. Les marchés s'effondrent, les maisons de disque paniquent, baclent les sorties de leurs plus gros artistes, virent à tour de bras et perdent 1,2 milliards de dollars en tentant de faire des économies. On a tous des amis au chômage technique, un banquier qui veut nous fait la gueule, on s'apprête à recompter les votes aux USA pendant trois semaines et George W. Bush est encore président jusqu'en janvier prochain. Avec le marché dans cet état, je n'oserais vraiment pas vous conseiller d'acheter de l'Ask The Dust. Heureusement que leur nouvel EP "Dirty Executives" est gratuit, ce qui fait à peu près zéro fois le prix que vous paierez Chinese Democracy pour cinq fois l'intérêt. Ne me croyez pas sur parole bien sûr, je ne suis qu'un sale commercial, regardez plutôt la vidéo :
Du punk chez Christies"No Future" qu'ils disaient au milieu des années 70. Trente ans après son explosion, le mouvement punk se retrouve chez Christies pour une vente aux enchères qui se tiendra le 24 novembre. Un mouvement musical et une philosophie basée sur le chaos, la destruction, le cynisme, la révolte à l'ordre établi qui aura fourni des titres emblématiques, des icones et des reliques en tous genres. Quelques unes d'entre elles seront en vente à New York ; 120 pièces regroupant photos, disques et objets liés au Ramones, Velvet Underground, The Clash, Patti Smith, David Bowie et les Smiths. Parmi les pièces qui devraient attirer l'attention : un poster pour un concert des Ramones de 1976, une des premières revues de presse sur les Sex Pistols. Des objets qui devraient se vendre entre 300 et 6 000 $, selon les estimations. Cette vente aux enchères chez l'une société de ventes aux enchères les plus réputées suprend quand on se penche un peu sur l'essence du punk. Un comble pour ce mouvement qui a lutté contre le système, les institutions, et qui se proclamait lui-même comme le mouvement "no future". Un nihilisme très présent aux débuts, qui à partir des années 80 laisse place à une mobilisation pour un "future" et à une politisation de certains artistes punk. Un genre musical duquel a également découlé un style vestimentaire et un univers visuel fort en symboles. Simeon Lipman, responsable du département, Culture Pop chez Christies, s'est exprimé devançant les diverses réactions quant à cette vente, qui est la première du genre pour le punk : "Il y dix ans avant, on n'aurait sûrement pas mis aux enchères des reliques punks. Maintenant un public d'un certain âge a les moyens d'acquérir ce genre d'objets". Bientôt des nouvelles de Christies avec une vente sur les symboles bling blong du hip hop ? ![]() ![]() On the eve of war : Jedi Mind Tricks, le Wu, Tyson et Karl JenkinsSur la récente et excellente (on y revient) compilation éditée par le Wu Tang Clan, Soundtracks from the Shaolin Temple, figure le remix d'une chanson de Jedi Mind Tricks par le mystérieux "Julio Caesar Chavez" (un boxeur mexicain légendaire) qui mérite à elle seule l'achat de l'album. "On the Eve of War" est l'un de ses titres incroyables dont ne pas parler constituerait une véritable faute professionnelle. Si Jedi Mind Tricks est un bon rappeur, affilié au Wu Tang Clan depuis plusieurs années (il est blanc, du reste, ce qui n'est pas si fréquent), la version originale de son titre, chantée avec GZA, l'un des tauliers du collectif kung fu, ne vaudrait pas tout le bien qu'on en dit si elle n'était transcendée, dans cette version sortie en même temps que l'originale, par l'adjonction fort à propos d'un sample du compositeur gallois Karl Jenkins, tiré de son morceau phare -le plus connu, disons - "Palladio". Le titre remixé est un hommage et une référence au combat (de boxe) épique qui opposa Caesar Chavez à Meldrick Taylor en mars 1990 pour le titre de champion du monde. Le match est un de ses matchs du siècle qui méritent leur nom puisque les deux hommes (le puncheur américain Taylor et le supertechnicien Chavez) s'opposèrent jusqu'au round final qui connut un rebondissement extraordinaire. Alors que Chavez était mené aux points assez largement, il assaillit son adversaire de coups dans la dernière reprise, amenant l'arbitre, dans une décision controversée, à déclarer son adversaire, coincé dans les cordes, KO à deux secondes de la fin du match. Le texte d'On the Eve of War évoque la pugnacité du rappeur, sa vitesse et sa précision comparée à celle du boxeur. GZA chante avec sa langue rasoir : "There is no escaping once my blade start scraping / my sword indeed make more niggaz bleed / Wanabe of the mc's is shaken / So swift naked eye couldn't record the speed." Sur le clip d'illustration, le montage est fait encore une fois avec beaucoup d'intelligence autour d'images d'un autre champion, plus connu celui-là des profanes, Mike Tyson. Le télescopage du boxeur, du rappeur et du sample de Karl Jenkins est un bonheur pour les yeux et pour les oreilles mais également une belle leçon de choses autour de la virtuosité nécessaire aux meilleures productions hip-hop. La version de Palladio conduite par Jenkins ne doit pas faire oublier (si elle fait pâle figure par rapport au montage précédent) que ce Gallois de 60 et quelques années a livré quelques pièces incroyables (utilisées pour la plupart dans des publicités) et aussi été l'un des membres fondateurs du collectif Soft Machine. Jenkins a joué et composé pour tous les types de musique, du jazz au prog rock en passant par des orchestres symphoniques et avec un bonheur quasi égal. Ceux qui aiment la musique classique iront écouter son cycle Adiemus, une série d'albums qui place la voix au coeur du dispositif musical, comme si elle était un instrument comme un autre. C'est dit. French Is Beautiful, English Is Soulful : François Virot + Faustine Seilman + My Name Is Nobody ce soir au Café de la DanseJack Allgood doit se retourner dans son lit : tous les artistes qui chanteront et, on l’espère, vous enchanteront ce soir partagent une double spécificité. Tous sont Français, et tous ont choisit un anglais raffiné ou espiègle, mais terriblement évocateur, pour s’exprimer devant le micro. ![]() Amateurs de musique à guitares et de timbres de voix décalées, rendez-vous ce soir au café théâtre de la danse à côté de Bastille. On y retrouvera l’olibrius lyonnais François Virot et son folk haletant, sa voix haut perché et son talent si particulier : il arrive sans peine à nous faire prendre ses chansons pop pour des soucoupes volantes jamais vues auparavant. Pour ceux qui veulent apprécier, écoutez le monsieur sur son Myspace (« Cascades Kisses », « Not The One ») ou aller faire un tour chez la blogothèque dont il a retourné le cœur il y a quelques temps. Ouf, j’ai réussi à parler de François Virot sans citerAnimal Collective. Plus tard ou plus tôt dans la soirée, on pourra s’allonger confortablement dans le spleen chaleureux de la voix de Faustine Seilman (dont on parlait il y a tout juste un an). En concert, la pianiste réconcilie une forme tantôt calme (Rachel’s) tantôt torturé (Un chouïa d’Arab Strap période Philophobia) avec des ambiances musiques-de-films-français-enregistrées-avec-des-bouts-de-ficelles tels qu’ont pu la définir Pascal Comelade ou le Yann Tiersen de la première heure. Signature du collectif Nantais Effervescence, Faustine Seilman ouvre la voie de la tête d’affiche de la soirée, issue de la même écurie, My Name Is Nobody. Et là, amis de la guitare en bois, du folk des chaumières, de la voix qui s’infiltre jusqu’à la moelle épinière de vos sentiments les plus intimes, spectateurs transis d’émotions, vous retrouverez un songwriter, un vrai, un pur, un simple. Car il faut bien se rendre à l’évidence, de plus en plus nombreux sont les Frenchies qui excellent aujourd’hui dans cette veine folk Américaine, de Herman Düne à Thee, Stranded Horse en passant par ce My Name Is Nobody, dont le grain musical fait résonner en nous les meilleurs souvenirs de Will Oldham. Auteur d’un émouvant At The Wolf Pit en septembre dernier, qu’il a principalement enregistré armé de sa seule guitare, Vincent Dupas convoque dans une simplicité désarmante les bruissements acoustiques d’un Neil Young introverti, compose berceuses ou reprend avec un détachement très classe le « Eye In The Sky » d’Alan Parson Project. Gageons que sa prestation live renforcent les liens qui relient ses mélodies à notre affect, ses histoires à notre imagination, son existence à la notre.François Virot + Faustine Seilman + My Name Is Nobody 1er novembre 2008 - 16 euros Café de la Danse Passage Thiéré 75011 Paris Métro Bastille Robyn : Cobrastyle, trois ans après...
Enfin on a une vidéo de "Cobrastyle", la reprise des Teddybears (avec les Teddybears) par Robyn qui enfonce complétement l'original. Bon, le clip est peut-être un peu moins bien mais Robyn prend le chanteur de dancehall, Mad Cobra, sur son propre terrain et prouve qu'on peut être une fille frêle avec un accent suédois et chanter "My style is da bomb didi bom di deng deng digi digi" d'une façon plus que convaincante.
Bon, je l'avoue, même si je l'aime toujours autant, j'aimerais bien en avoir fini avec l'interminable promotion de son album éponyme. Il est tout de même sorti en Suède en 2005 ! Bien sûr, depuis on a eu plusieurs nouvelles versions pour les sorties dans plusieurs nouveaux pays avec des chansons bonus comme "Cobrastyle" justement, mais nous sommes en 2008, l'année où les maisons de disques ont toutes peur pour leur rapport aux actionnaires en janvier et où elles poussent tous leurs plus gros artistes à sortir un disque avant Noël (Beyoncé, Guns N'Roses, Eminem, Jay Z...) à la place des traditionnels best of qui peut-être ne marchent plus si fort maintenant que n'importe qui peut se compiler son propre best of de son artiste préféré sur iTunes ou ailleurs.
C'est bien beau tout ça mais pour Noël moi, ce que je voudrais, c'est un nouvel album de Robyn, tout simplement.
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