Archives > Novembre 2009A l'heure anglaise, Esser à la Cigale, les vidéosLe "sale gosse" de la pop anglaise, Esser, s'est enfin produit sur une scène parisienne. Début novembre, on pouvait le voir aux festival des Inrocks aux côtés de Jack Penate, Marina and The Diamonds et Sliimy. On a ramené 3 titres de ce show attendu et réussi.
Prestation attendue, car depuis son premier single prometteur"'Headlock" et la sortie de son album, Braveface, l'Anglais n'avait pas mis les pieds en France pour un seul concert. Programmé à Rock en Seine, cette année, il avait finalement annulé pour pouvoir se consacrer à une tournée aux USA. S'il ne se retrouvera peut-être pas dans nos tops de fin d'année avec son premier opus, Esser fera partie à coup sûr de nos révélations de cette année. Une pop touche-àtout qui rappelle un Beck, l'accent anglais et la chemise boutonnée jusqu'au coup en plus.
Sur scène à la Cigale, Esser, nonchalant, rend honneur aux bons titres de son album. Un set, qui au fil des "Braveface", "Satisfied" et "Long Arms", nous emménera tout en rythme jusqu'au "Headlock" final et imparable. Voir ci-dessous, les vidéos de "Long Arms","Statisfied" et de "Headlock".
Hudson Mohawke présente Butterstar GalacticaA peine remis de Butter, monstrueux et brilliant premier album de funk electronique mutant osant le pire comme le meilleur (en gros, un big culture clash entre Aphex Twin, Prince, Stevie Wonder et Earth Wind and Fire), l'Ecossais Ross Birchard, alias Hudson Mohawke, ou HudMo, nous offre "Butter, le jeu" !
Inspiré par l'univers graphique glamour du custom automobile et de la peinture murale des années 80 pleine d'aigles fluorescents et d'iguanes amoureusement fignolés à l'airbrush, Butterstar Galactica reprend les poncifs du jeu d'arcade préhistorique. Vidéo game à plateaux proposant trois niveaux différents, Butterstar Galactica est une plongée dans l'univers rutilant d'Hudson Mohawke dans lequel le joueur devra récupérer au plus vite "Mother Butter" (!) sur fond d'electronica funkysante riche en sucre, pleine de synthés clinquant, de guitare MIDI et de rythmes déconstruits. "Hi, this is Whitney Huston, and Welcome to Butterstar Galactica", nous prévient-on d'entrée de jeu. Pas de doute, nous sommes bien chez Hudson Mohawke !
Signalons que les meilleurs auront droit à la version téléchargeable du jeu en mode unlock, avec en prime des morceaux de l'album et des fonds d'écran. Des profils ont été spécialement crées sur facebook et Twitter pour que les gamers puissent se rencontrer et organiser des tournois. So, let's play, motherbutter !!
Lire notre chronique de Butter
Bashung en live et en interview-coffret : indispensablesFantaisie mémorielle ou pas, les initiatives continuent de se mettre en place à l'approche de Noël autour de la disparition d'Alain Bashung. Alors que Jean-Claude Gallotta a dévoilé en avant-première à Grenoble son spectacle L'Homme A Tête De Chou, avec les voix du disparu, un double CD live enregistré à Paris vient de faire son apparition dans les bacs.
L'album posthume, capté à l'Elysée Montmartre sur la tournée Bleu Pétrole en novembre et décembre 2008, est un excellent témoignage des audaces et de la maîtrise du dernier Bashung, ce malade qui s'oublie. Entre "Angora" en solo et les majestueux "Comme un Lego" (en ouverture) ou "Samuel Hall", la prestation de Bashung, principalement capturée lors de son dernier concert en date, est impressionnante et confine à l'émotion brute. L'homme qui chante ne fait pas seulement son travail, il offre la dernière part valide de son corps aux personnes qui sont dans la salle. Les fines bouches diront qu'il y a un petit quelque chose de morbide à laisser une telle place à une ultime performance, peut-être un peu en deçà de certaines dates de la tournée démarrée plus de six mois plus tôt. On ajoutera que l'Elysée Montmartre est rarement choisie pour capter des concerts. Le son est correct mais sans plus. Il ne faut pas faire la fine bouche. Ecouter ce concert est un enchantement, même si on n'y était pas. Les vieux titres sont revisités avec une cohérence sonore qui les élèvent parfois de plusieurs divisions. Les nouveaux sont imposants et lugubres à souhait.
Parallèlement à ce disque, Patrick Amine, auteur du très bon Monsieur Rêve Encore et qu'on avait rencontré il y a quelques mois, prolonge son travail de mémoire avec un passionnant coffret reprenant pas moins de 10 heures d'interview avec Alain Bashung. Le coffret qui sort le 30 novembre aux Editions Pop Action Writing est un investissement sûr pour Noël et embarque également quelques suppléments et bonus de choix comme une interview de Gallotta justement, dont Fluctuat se fait le relais. Comme sur le livre, Amine pose les bonnes questions, pousse Bashung à mener une analyse très approfondie de ses mécanismes créatifs, à détailler ses goûts, ses influences, son amour de la musique. La voix de Bashung qui parle est d'une vivacité assez surprenante et n'a pas la même pesanteur ou solennité que lorsqu'il chante. C'est l'un des aspects intéressants de ce travail : retrouver la voix de l'homme de tous les jours plutôt que la voix de scène d'un monument national. A la différence de Johnny (entre autres phénomènes), on sent ici dans le dialogue la machine à penser autant que la belle mécanique à l'oeuvre derrière le songwriter. Ce n'est pas une révélation mais cela donne encore plus d'épaisseur au personnage, plus de faiblesse et d'humanité aussi, lorsqu'on l'entend aménager des silences et réfléchir, s'interroger ou sourire intérieurement. La pratique des interviews en CD est devenue aujourd'hui assez marginale. On lui préfère les interviews filmées pour agrémenter les bonus des DVD. C'est presque dommage car faire disparaître le visage reste une expérience intéressante s'agissant de chanteurs-acteurs comme Bashung. La voix seule, au casque ou en chambre, a son intérêt, comme si on avait Bashung au téléphone ou assis dans son salon. C'est beau et ça emplit de tristesse.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas celle-là : on actionne le Lavabo.
Bashung - Lavabo Kitsuné Maison 8 : s'y retrouver dans une auberge portugnolLe portugnol c'est cette langue inventée par Manu Chao sur son album Clandestino. Comme son nom l'indique il s'agit d'un mix de portugais et d'espagnol. Un mélange. Un peu de tout et n'importe quoi. Pas facile de démêler le bon du vrai, ni de la grosse farce.
C'est un peu comme les désormais fameuses compilations Kitsuné Maison. Cette huitième édition sous titrée "The Chic and Nice Issue" accompagnée d'un très beau fascicule "fashion", présentant des artistes amis du label, est également un mélange. L'ensemble propose un cocktail plus ou moins enthousiasmant, à 50% post-punk, guitare, basse, synthé, et à 50%, synthé, boite à rythme, grosses compressions. Pour s'y retrouver, il faut faire le tri, forcément, et essayer d'en discerner les grandes tendances.
S'il se dégage finalement une voie générale sur ce volume Kitsuné Maison, c'est celle - très actuelle - d'une musique électronique faite par des rockers et de rock fait par des producteurs électros. Prenons par exemple le pompier "This New Technology" par les Australiens de Midnight Juggernauts ou "I Can Talk" de Two Doors Cinema Club (ici remixé par Moulinex), c'est typique. Un gimmick rock, de grosses basses, couplet/refrain, pont. D'un autre côté, Siriusmo, Chew Lips ou Logo incarnent la face electro disco pop de la musique actuelle.
Il y en a aussi beaucoup pour les filles ici : Parallels se rêve en Kate Bush du 21ème siècle, Le Corps Mince de Françoise rejoue les années 80 versant Tom Tom Club, Jolie Cherie réinvente l'electro funk de la même époque, mais en français, quant à Crystal Fighters, elle joue un booty minimal 8 bit qui plairait certainement à Major Lazer.
Mais les vraies coups de coeur finalement, les découvertes, celles qui resteront, sont plus sûrement Memory Tapes, pour un magnifique morceau electronica pop mélancolique et Chew Lips, remixé par Alex "Franz Ferdinand" Kapranos. On retiendra également le post-punk encore très brit-pop de Two Doors Cinema Club, dont le clip pour "I Can Talk" fait aujourd'hui le tour des blogs. En espérant que ce court panorama vous aura aidé...
Des pochettes d'albums détournées façon catalogue IkeaUn album, parfois, c'est plus qu'un peu de musique. C'est un état d'esprit. C'est un style de vie. C'est un endroit qu'on aimerait pouvoir habiter. Un peu comme le catalogue IKEA, quoi.
C'est en tout cas l'analogie qui a inspiré un flickriste à transformer ses albums favoris en pages d'un catalogue IKEA plus cool que le véritable catalogue de mobilier suédois standardisé. On ne peut malheureusement pas réellement acheter la chaise de plage On the beach mais qui sait, avec l'industrie du disque qui s'écroule, les musiciens pourraient à l'avenir trouver là un nouveau débouché. Acheter le verre de vin de Liam Gallagher sur la pochette de Definitely Maybe ou les étagères d'Art Garfunkel sur l'album Fate For Breakfast, c'est possible ! Voir ci-dessous ces détournements.
![]() ![]() ![]() ![]()
Le Club Folamour 3 reçoit WavvesLe Club Folamour, la soirée mensuelle de Super ! au Point Ephémère, est de retour pour sa 3ème édition le 12 décembre. En tête d'affiche, on est plus qu'impatient de voir enfin sur scène Wavves. Techniquement, il s'agit d'un groupe ; dans les faits, c'est surtout son leader Nathan Williams, connu pour ses prises de bec (avec les membres de son propre groupe, ou avec Jared Swiley des Black Lips, par exemple), ses concerts mouvementés mais surtout, pour avoir composé l'un des albums les plus original de cette année.
A propos de prises de bec, le batteur et le bassiste ayant récemment claqué la porte, Nathan a eu la bonne idée de recruter les anciens musiciens de Jay Reatard, eux aussi gracieusement congédiés par un autre artiste un tantinet lunatique. D'après les premières vidéos qui ont filtré de cette nouvelle formation, l'alchimie semble bien présente, et on est en mesure à s'attendre à un très bon moment de live. Aux côtés du Californien, vous retrouverez les Espagnols de Delorean qui distillent une pop résolument dancefloor, et ce sera l'occasion de découvrir A Fight For Love.
Achetez vos places pour le Club Folamour 3 Rock Band : Yoko OnoYokjo Ono a connu un véritable retour en grâce auprès des journalistes ces dernières années. Ca fait longtemps qu'on ne l'a pas accusé publiquement d'avoir causé la séparation des Beatles. Aujourd'hui, on parle de l'artiste, de la businesswoman respectueuse... mais la légende reste tenaçe malgré les nombreux témoignages sur toutes les tensions internes du groupe, trop nombreuses et complexes pour se résumer au cas classique de la fille qui vient s'immiscer dans un groupe de mecs.
Tout ça est totalement oublié au profit d'une bonne blague par les réalisateurs de "Rock Band : Yoko Ono" qui nous rappelle au passage, sans doute par inadvertance, qu'il y a toujours eu un sexisme (à peine) sous jacent dans le discours anti-Yoko. Il ne fallait pas en attendre moins, bien sûr, d'un site qui s'appelle "College Humor".
Notre sélection de chansons sur New YorkPosté par Shangri La le 26.11.09 à 14:45
Il y a quelques semaines, un journaliste du Guardian "révélait" que le mot le plus utilisé par les Beatles dans leurs paroles était love. 613 fois, tout de même. S’il est techniquement impossible de faire le même exercice concernant l’ensemble des paroles de tous les artistes contemporains, on peut tout de même avoir pour intuition que l’on retrouverait en bonne position celui de New York. Un petit tour sur la liste Wikipedia sur le sujet est aussi édifiant que légèrement déroutant, voire susceptible de flanquer une nausée.
Des déclarations d’amour enflammées aux allusions fugitives, la Grosse Pomme est sans conteste la ville qui inspire le plus les zicos de tous poils et de tous horizons. A la fois objet de fantasme pour ceux qui rêvent d’y poser leurs valises que muse éternelle de ceux qui la fréquentent déjà, productions musicales et cinématographique sur la ville constituent probablement son meilleur atout touristique. Il suffit de voir le clip du dernier hit de Jay-Z, le très efficace "Empire State of Mind", pour se rendre à l’évidence : même en surfant toujours sur les mêmes sempiternels clichés (les taxis jaunes, la statue de la Liberté, les lumières de Times Square), personne ne semble s’en lasser. La chanson et sa vidéo qui pourrait être estampillée du bureau de tourisme local tournent en boucle à New York et ailleurs.
Certes, la tendance actuelle en musique outre-Atlantique est de lorgner du côté de la Californie (nous reviendrons dessus prochainement) ; on reproche à New York d’être à la fois hors de prix et has-been, lui préférant son alter ego de l’Ouest, San Francisco. On est pourtant en droit de penser que rien n’atteindra réellement le statut unique de cette ville, et c’est pourquoi nous avons sélectionné quelques unes de ses chansons, qui sans forcément être les plus emblématiques (en même temps, aviez-vous réellement besoin que l’on vous parle de Frank Sinatra ?), sont autant de points de vue différents sur la Big Apple.
Diapo : notre sélection de chansons sur New York Faites-nous part de vos coups de coeur musicaux sur New York sur le forum musique. Nudisme et Psychédélisme : le nouveau clip de Yeasayer"Ambling Alp" , premier extrait du prochain album de Yeasayer : groupe de hippie de Brooklyn pratiquant une world music futuristique (un mélange de polyrythmie, de pop typiquement occidentale, de synthés et de sithar, de séquenceurs et de choeurs)
Sur le papier on pourrait les confondre avec Animal Collective : groupe de hippie de Baltimore pratiquant une world music futristique qui ne mélange cependant pas les mêmes ingrédients. Yeasayer est différent de AU, par exemple, qui n'arrive pas à se dégager de l'ombre de ses maîtres.
"Ambling Alp" : un clip pour la chanson de Yeasayer qui donne dans le psychédélisme épique : des gens nus, comme dans tout bon clip psyché de 2009, des boxeurs à face de miroir, des grandes plaines et au moins un cheval... de la symbolique lourde de non sens : c'est vraiment du bon, au moins à la hauteur de la musique. Regardez !
La pop-rock made in France à la conquête des USAIl y un an, on parlait de la french touch 2.0., cette nouvelle générations d'artistes électro, qui après les pionniers Daft Punk et Air, a réussi à se faire une place sur les scènes étrangères. Notre électro s'exporte bien et en 2009, le succès aux USA du groupe Phoenix pourrait peut-être ouvrir la voie aux poppeux du pays.
Neil Young vs Will Smith : la Bel Air AttitudeOn connaissait les bootlegs, les mash up, voici les parodies crossover. Le comique, acteur et animateur américain Jimmy Fallon (remarqué dans un film parodique sur la Guerre des Etoiles notamment) s'est payé une belle séquence musicale dans son show de la semaine dernière en proposant une relecture à la façon de Neil Young de l'immense tube de Will Smith, "le Prince de Bel Air".
On ne résiste pas non plus à la tentation de se repayer le thème de cette série culte qui fit beaucoup pour la popularité de l'un des acteurs les plus bankables du cinéma américain actuel. La version Neil Young du Prince de Bel Air interprétée par Fallon est plutôt marrante même si elle ne l'est finalement peut-être pas autant que l'original. A vous de juger. On rêve déjà à d'autres parodies de ce genre là : "Love Will Tear Us Apart" par Danny Brilliant ?"Born in the USA" par Lady Gaga ? Bonnie Prince Billy reprend la Fiesta ? Toutes les propositions sont bonnes à prendre. On les passera à l'équipe de Fallon pour examen.
Jimmy Fallon - Neil Young vs Prince of Bel Air
Will Smith - Bel Air Theme Keep It Going Louder : Major Lazer se prostitueSi Guns Don't Kill People...lazers Do, l'album de Major Lazer, est une soupe, "Keep iIt Going Louder" est un cheveu. Alors que l'album de Diplo et Switch est une ode à la misogynie et à la violence déguisée en ode ironique et à la misogynie et à la violence, cette chanson est, avant tout, une démo publique qui crie "eh, Akon, Flo Rida, Keri Hilson, n'importe qui, on peut vous produire des tubes comme Timbaland et Pollow Da Don et on est deux fois moins chers!". Le sexisme n'est vraiment là que pour décorer, et je crois qu'il n'y a même aucune violence.
Il y a par contre de l'autotune, des gros synthés house et une accroche irrésistible (le "I got girls in the club 'bout six chicks deep" de Nina Sky) dont Diplo et Switch, conscients d'être tombés sur de l'or en barre, répètent encore et encore tout au long de la chanson. Bref, il y a tout pour qu'on soit séduit à la première écoute et dégouté à la troisième, mais peu importe, la première fois était tellement bonne. Ce n'est pas comme si on avait le temps d'écouter les morceaux plus que ça de nos jours de toute façon. Ce qui manquait, c'était un clip choc pour se faire remarquer sur le web. Le premier essai, une histoire de club et de zombies, n'a pas vraiment réussi à marquer les esprits. D'où ce second clip, qui mélange visages difformes à la Aphex Twin et orgie de couleurs et de fesses façon Flying Lotus devrait logiquement attirer l'attention de tout le monde. C'est gras, c'est bas, c'est ça qui marche. Merci internet.
L'amour et la violence : Sébastien Tellier passe aux aveux![]()
Après avoir sciemment incarné la décadence et l'hédonisme haïs des années 70/80 sur son dernier album Sexuality, Sébastien Tellier s'offre un clip épuré et sobre comme un chameau (un comble quand on connaît le goût du bonhomme pour les plaisirs qui se consomment en liquide !) signé Roman Coppola.
Après la mièvrerie assumée de "Roche", l'orgiaque "Kilometer", le futurisme rétro de "Sexual Sportswear" et la bouffonnerie de "Divine", la vidéo de "L'amour et la violence", s'impose comme la conclusion logique d'un album presque entièrement clippé, kitsch à l'excès, gorgé de champagne, croulant sous le strass et les paillettes.
La chanson quant à elle, est de celle qui remet tout l'album dans l'axe de l'émotion et éclaire les choix de son auteur sur un disque faussement superficiel et majoritairement incompris. Poignante, sans chichi ni fioriture, "L'amour et la violence" conclut Sexuality et installe Tellier dans le rôle du producteur vieillissant, sorte d'Eddy Barclay de carnaval, jetant un dernier regard mélancolique sur sa jeunesse. Un rôle bien sûr, juste avant le prochain, mais quel talent !
Pour illustrer cet état, Roman Coppola a choisi la simplicité : un plan fixe du musicien derrière son clavier, une intro minimaliste au piano qui ouvre le bal et laisse s'envoler les machines synthétiques, petits points clignotants dans la pénombre. Capturant de ci, de là, quelques images désuètes. Le tout débordant sur un final cosmique qui dit tout de la beauté véritable - et de la sincérité aussi - de cet album magnifique.
Alors fini Sexuality ? Finis les excès ? Tellier passe à autre chose ? Seul l'avenir nous le dira...
Tegan and Sara sont indie & sexy comme on aimeElles étaient les deux (vraies) jumelles les plus sexy de la power folk et voilà qu'elles passent sur leur nouvel album Sainthood à l'indie musique. Tegan and Sara Quin ont 29 ans, sont canadiennes et déjà 5 ans albums derrière elle.
Les deux soeurs sont lesbiennes revendiquées (mais pas entre elles, mieux vaut préciser, pour nos amis pervers) et habitent respectivement à Vancouver et Montréal. A titre personnel, je préfère les chansons de Sara à celles de Tegan car elles sont souvent un peu plus tordues et intéressantes, même si souvent plus gnangnans et sentimentales. Côté musique, Sainthood est tout bonnement étonnant et d'une fraîcheur inouïe qui rappellerait un mariage contre-nature de Cat Power et de The Cardigans, une forme de détresse passionnée d'un côté, et une allégresse enfantine de l'autre.
Le groupe qui était catalogué jusqu'ici comme de la musique pour ados prend ici une toute autre dimension, déjà entrevue avec son précédent album The Con. Les deux soeurs qui, jusqu'à présent, signaient les morceaux séparément inaugurent une méthode de collaboration nouvelle et cela donne d'excellents titres comme "The Cure" ou "On Directing" (ma préférée). Le groupe prend de la puissance et la power pop des débuts s'assèche ou fait le dos rond selon l'émotion des titres. Le son est moins homogène mais plus complexe. En 13 titres et une petite quarantaine de minutes, on tient là un des albums les plus sympathiques de l'année, en même temps que les deux bouilles les plus friponnes de la scène indé. Sainthood reste pour les amateurs de pop légère et de filles qui se dandinent en jouant de la guitare. Difficile de ne pas se laisser attendrir ou émoustiller.
Tegan and Sara - Live
Tegan and Sara - Live
La bicyclette, nouvelle star des clipsPosté par Shangri La le 24.11.09 à 11:33 | tags : vidéos musicales, youtube, rock, hip hop, pop, rigolo
Il y a quelques jours, on vous parlait du clip nudiste et plutôt loufoque des Flaming Lips. Sortie quasiment au même moment, la vidéo qui accompagne le nouveau single de 30 Seconds To Mars met en scène le groupe à la conquète de L.A. dans une production hollywoodienne. De prime abord, rien à voir entre les deux clips ; ils ont pourtant une caractéristique commune, la présence de vélos.
Fixies, BMX, lowrider, les bicyclettes de tous poils sont à l'honneur dans les vidéos musicales, et ce depuis quelques années déjà. Mais depuis qu'elles ont le statut de véritable phénomène culturel, la musique s'est logiquement approprié ce qui est devenu un mode de vie à part entière, avec ses codes, ses looks et ses mimiques. C'est pourquoi nous vous avons fait une sélection de nos clips à vélo favoris, classés par tendances : la balade en vélo déguisé, nu, en gang...
Les Decemberists se lancent dans un dessin animéThe Hazards Of Love, le dernier elbum des Decemberists est un album ambitieux : 17 morceaux de folk rock qui s'enchainent de virages prog en interludes métal pour raconter une seule histoire. C'est le genre de concept album qu'on n'osait plus depuis les années 1970. Il fallait avoir un sacré goût du risque pour se lancer dans un projet aussi ambitieux et à contre courant. Colin Meloy, le chef des Decemberists, n'a pas manqué de courage et a lancé son groupe la tête la première dans l'aventure. Il manquait juste d'un tout petit peu de talent.
Le groupe avait passé avec mention les épreuves préparatoires : la suite de chansons en trois parties (The Crane Wife) et l'EP concept inspiré d'une légende celte (The Tain). Malheureusement, ce qui était charmant sur quinze minutes lasse sur une heure. On aurait bien besoin de reprendre notre souffle, de se divertir, d'arrêter quelques minutes la machine.
Au contraire, les Decemberists poussent l'ambition plus loin encore avec un clip long-métrage qui, d'après sa bande annonce, a l'air de déborder d'idées. C'est, on le craint, tout ce dont The Hazards Of Love n'avait pas besoin. Quelles que soient nos craintes, cependant, on est suffisamment intrigué pour attendre impatiemment l'occasion d'y jeter un oeil, qui viendra le 1er décembre via iTunes. Au pire, dans le genre pénible, on fait souvent moins cool.
U2 à Glastonbury : alors, heureux?
![]()
La rumeur enflait ces derniers jours dans la presse tabloïd outre-Manche : pour la première fois de son histoire, le groupe U2 allait jouer au festival de Glastonbury. Et l’occasion est belle, puisqu’il s’agit du 40ème anniversaire du festival anglais connu pour sa programmation sans équivalent et sa météo capricieuse. Le producteur laitier et fondateur du festival, l’inénarrable Michael Eavis, l’a confirmé par voie de presse aujourd’hui : la bande à Bono est tête d’affiche pour la soirée de vendredi. Pour Mr. Eavis, l’enthousiasme est des mise ; on sait qu'il essaye de faire venir le groupe irlandais dans ses contrées depuis des années déjà. Du côté de la blogosphère, les réactions sont pour le moins plus contrastées. Il faut dire que depuis quelques mois, les rumeurs les plus folles courent sur le line-up de cette date anniversaire : on a parlé de Muse, Coldplay, et même des Rolling Stones et de David Bowie.
Ce choix de U2 a immédiatement créé la polémique. Face aux aficionados tenaces (et sourds?), on trouve une nouvelle génération pour qui le quartet ressemble plutôt à une bande de ringards, et les fans de la première heure finalement déçus par les derniers albums, ou simplement gonflés par les prises de position d’un Bono devenu un chouïa moralisateur et égomaniaque. Tandis que les commentaires sarcastiques vont bon train sur les réseaux sociaux et autres forums, certains montent au créneau pour défendre U2, à l’image de NME, qui en bon créateur (dictateur ?) de tendances nous explique en 5 points pourquoi il faudrait se réjouir de cette perspective. Si l’argument numéro 4 « tout le monde connaît leurs chansons par cœur » peut laisser perplexe, il semble surtout important de garder en tête que les 177 500 tickets pour Glastonbury ayant été vendus en 24h il y a quelques mois de cela, dans le fond, tout ça nous est bien égal.
Voir notre chronique de "Glastonbury" de Julien Temple Un dimanche à la Maroquinerie avec MicachuC'était en octobre et l'une des découvertes pop anglaises de cette année était à Paris pour la deuxième fois. Après un passage au Point Ephémère au printemps, Micachu accompagnée de ses Shapes s'est offerte la Maroquinerie. Un concert auquel nous étions, en voici quelques vidéos
A voir/revoir, le corrosif titre "Lips" et "Vulture" en début d'un set qui alternera compos de son premier et unique album ainsi qu'une série de nouveaux titres.
The Slew : Kid Koala électrise ses scratches à 100%L'album avait été placé en téléchargement gratuit sur le site de Kid Koala pendant quelques mois. Les vannes ont été coupées depuis en prévision d'une sortie en CD sur Ninja Tune. S'il manquait une case à remplir pour notre top de fin d'année des meilleurs albums, The Slew la prend plutôt deux fois qu'une avec sa musique unique et sidérante. En réunissant les efforts du meilleur scratcheur en activité (Kid Koala donc), du Dynomite D (remixeur de génie) et de deux membres des excellents Wolfmother, The Slew invente un nouveau genre de musique qui se situe au carrefour d'influences diverses : des scratches, du big beat, des guitares psychédéliques, une folie Hendrixienne pas croisée depuis des lustres, pour un résultat décrit lui même par son créateur comme "jamais vu avant, et qui ne se reverra pas de sitôt".
Le genre de musique que fait The Slew n'existait pas vraiment jusqu'à présent, c'est une certitude, et évoque parfois les délires bruitistes d'un John Zorn, période Painkiller, passée à la moulinette hip-hop. De toute évidence, ce sont les musiques contemporaines qui tiennent là une voie nouvelle qu'un Sun Ra ou un Can funky n'auraient pas dédaigné en leur temps. The Slew a vocation à ne pas durer après la tournée actuellement en cours aux Etats-Unis. 100%, l'album, est lui disponible dans les bacs depuis quelques jours.
Sur scène, The Slew déploie un dispositif qui en jette et reproduit à merveille les délires expérimentaux du disque : six platines, une basse, une batterie et des claviers. On peut aussi écouter quelques titres sur le myspace du Kid. Ne pas hésiter à monter le son pour apprécier l'ensemble.
The Slew - Live You Turn Me Cold
The Slew - It's all over Etienne Jaumet et Versatile nous mènent en bateau![]()
Pas chiens, les garçons vous invitent à venir écouter leur musique en vous baladant sur le canal de l'Ourcq pendant 2 heures, histoire de redécouvrir le plaisir de la musique dans un environnement inusité. Jaumet et D.I.R.T.Y. étant, comme vous le savez, des spécialistes des musiques étranges (krautrock, ambiant, electronica, bizarreries psychées, bandes originales de films, etc.), attendez-vous à une croisière sidérale comme vous n'en avez jamais vécu. Ce "Cosmic Trip" risque en effet de s'avérer un événement hors-normes, de ceux que vous n'oublierez pas !
Notez que l'évènement aura désormais lieu tous les trois mois. Pour cette première, rendez-vous à 19h30 devant le MK2, sur le bassin de la Villette (19/21 quai de la Loire). Un bateau couvert vous y attendra pour cette croisière de 2 heures. Le voyage commence à 20h et la vente des places se fait uniquement sur prévente Digitick (Ici) - 10 euros + frais de location.
Have a good trip ! Chroniques frénétiques : Portrait d'une génération amnésique![]()
L'histoire du rock est toujours intime. Parce que c'est une histoire individuelle, faite de découvertes, d'échanges, de parrainages (des plus vieux ou des plus sages) et de coups de foudre jalousement gardés et jamais partagés. C'est en individu que l'on découvre, le, ou les groupes, qui nous plongeront dans les méandres de la musique notre vie durant.
Aussi, quand un livre sous titré "Une histoire intime du rock" atterrit dans la boite aux lettres, on ne peut que se sentir immédiatement en phase avec son auteur. En l'occurrence, Chroniques Frénétiques, une histoire intime du rock vient de loin. D'un passé provincial toujours présent, même si en réalité à des années lumières de celui que je suis devenu aujourd'hui. Ce petit livre, à l'histoire chaotique (et frénétique) a pourtant failli ne jamais voir le jour alors qu'il fut lauréat du concours manuscrit Technikart en 2006 ! Son auteur, Patrick Bénard, un ami perdu de vue, fut également un mentor. De ces aînés que nous regardions bouche bée et dont nous envions la vie, indépendante, riche, pleine de sons nouveaux et d'évènements musicaux, alors que nous en avions 18 et lui... 30 et des poussières.
Dans ce roman, à la fois une somme de chroniques musicales et un journal intime partagé entre fiction et biographie, Bénard se fait le témoin d'une génération de jeunes français pour qui la musique comptait (et compte encore, malgré les années) plus que tout. Des gamins de province, qui devinrent adultes sous Giscard et Mitterrand, pour qui la musique des années 70/80 ne se résumait pas à Vanessa Paradis, Telephone et Lavilliers, mais emprunte les chemins tortueux du rock progressif et psychédélique (le early Genesis, Pink Floyd), la pop (les incunables Beatles, David Bowie), le rock (Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Rory Gallagher, Neil Young, Bruce Springsteen) pour finalement se retrouver cul par dessus tête, tous les repères chamboulés par l'explosion punk et l'arrivée de la new wave (The Stranglers, The Clash, The Sound, Joy Division, Magazine, Opposition, Siouxies & The Banshees et bien sûr, le groupe ultime, The Cure !)
Chroniques Frénétiques, une histoire intime du rock c'est donc l'histoire d'un petit Français des années 80 qui voit plus loin que le petit bout de Bourgogne dans lequel il marine (Auxerre, l'Yonne, c'est dire la distance...avec Londres et Berlin, même si Paris n'est pas si loin). Hadrien, le jeune homme timide double de l'auteur, chroniqueur à ses heures, deviendra au fil des pages et des découvertes musicales, un homme, un salarié, un amant, puis un "autre homme", représentant forcément schizophrène d'un petit morceau de l'histoire vue de la province, pris dans la tourmente d'évènement plus grands (l'élection de Mitterrand, la chute du mur, etc.). Ce livre, c'est l'histoire d'une génération amnésique, celle de la new wave, qu'on décrivait alors comme grise même si elle était pourtant bien trop créative (et bien vivace à l'heure où vous lisez ces lignes) pour seulement correspondre à ce cliché éculé. Une histoire, intime donc, dans laquelle de nombreux lecteurs désormais quadra et toujours en province (ou pas) se reconnaitront certainement.
Patrick Bénard - Chroniques Frénétiques, une histoire intime du rock chez The BookEdition Animal Collective, la vidéo d'In The Flowers et un nouvel EP !
![]()
S'il est bien des rejetons déjetés du psychédélisme en 2009, 30 ans après son explosion originelle, c'est certainement Animal Collective.
On a beau s'être battu bec et ongles pour leur trouver tous les défauts, penser que tout avait été dis depuis le Oar de Skipe Spence (voir notre billet à propos de sa reprise par Beck), les délires de Syd Barrett, ceux de Captain Beefheart, du early Pink Floyd, des Seeds, de Love, du 13th Floor Elevators, des premiers Mercury Rev et de Sebadoh, de Julian Cope, des Flaming Lips et avant eux de l'Odessey And Oracle de The Zombies ou du Present Tense de Sagitarius, j'en passe et j'en oublie (volontairement, la liste serait trop longue). C'est une évidence, on ne peut vivre éternellement dans le passé et force est de constater que malgré une légère tendance à surestimer les capacités du groupe new yorkais, plus Animal Collective vieillit et plus leurs productions nous enchantent.
Le psychédélisme n'est pas mort, est osons le dire, c'est en partie (je précise "en partie", eu égards aux yalatolas du genre !) grâce à des groupes comme celui d'Avey Tar et Panda Bear, eux qui surent si bien mixer sur leur derniers albums, technologie électronique et tribalisme, répétitions et mélodies, évanescence et dérèglement des sens, bref, qui atteignent régulièrement la transcendance avec un naturel déconcertant.
C'est encore une fois le cas sur "In The Flowers", ouverture de l'album Merriweather Post Pavilion, pure perle pop enchantée qu'accompagne une vidéo hypnotique et sévèrement barrée que ne renierait pas David Lynch. Une manière sans doute pour le collectif de Baltimore de clore le chapitre de ce dernier album et d'ouvrir celui de la suite, avec entre autre l'annonce de la sortie imminente du prochain EP Fall Be Kind dont nous profitons pour vous dévoiler ici le tracklisting et le premier titre : "Graze" (en attendant le "film" de cette équipe de fous furieux).
Le clip de "In The Flowers" est réalisé par Abigail Portner, sœur de Dave Portner, aka "Avey Tare".
Tracklist de Fall Be Kind : Parution le 14 décembre 2009 Myspace Charts, le top anti-hype ?
Enfin hype pour les utilisateurs de Myspace, qui en 2009 sont qui, exactement ? Des vieux pervers, des spambots et quelques musiciens ringards. Pas vraiment l'élite des influenceurs : pour ça, on se tournera plutôt vers The Hype Machine et Twitter.
Y-a-t-il tout de même quelque chose à apprendre des charts de Myspace ? En ce moment, le top ressemble à ça :
Selah Sue Joyce Johnathan
Deux chanteuses à guitare acoustiques taillées pour cartonner à Taratata, deux groupes branchés, un ex de la Nouvelle Star. Bref, ça ne ressemble pas vraiment au top des ventes. Ca ne ressemble même à rien du tout. Clairement, ça montre surtout quels artistes ont réussi à fédérer un public dévoué, que ce soit à travers les blogs (Grizzly Bear ou The XX), les réseaux sociaux (Joyce Johnathan est une "native" de Myspace et Youtube) ou cette bonne vieille télévision (Thierry Amiel a tout de même réussi un petit exploit en retenant l'attention d'un public à la mémoire pourtant particulièrement courte. On n'a du mal à expliquer qui peut avoir envie d'écouter Selah Sue).
Bref, pour le coup, Myspace est à la hauteur de sa réputation démocratique : c'est la passion des fans qui fait s'élever les groupes sur les plus hautes marches de ce podium. Peu importe que vous ayez été "découvert sur Myspace", ce classement donne une bonne idée de la communauté qui vous soutient. Si vous êtes en haut, ça veut probablement dire que vous avez un vrai public et pas seulement une hype médiatique qui va retomber comme un soufflet dans un mois. Skip Spence repris par Beck, Wilco, Feist et Jamie LiddellBeck poursuit son travail d'hommage au sein du Record Club en décidant de reprendre l'immense – et malheureusement oublié – Alexander Spence, plus connu sous le pseudonyme de "Skip", auteur du vénéneux Oar, un album de folk à la noirceur incandescente (si c'est possible !). Un sommet du genre enregistré en 1969.
Eels s'enfonce
Maintenant nous avons à nous mettre sous la dent un premier extrait du prochain album offert contre une adresse e-mail (mais que font-ils de nos adresses e-mail, tous ces artistes qui nous offrent leurs mp3 ?) : "Little Bird" est une ballade fragile chantée par un homme blessé qui kiffe s'apitoyer sur son sort. Bref, c'est à peu près la même chanson que toutes les autres chansons d'Eels et, encore une fois, on s'en doutait au titre, qui est le troisième de la discographie du groupe avec "bird" dans le titre.
Il arrive toujours un moment dans la carrière d'un artiste ou on a envie de lui dire d'arrêter de se plaindre, qu'il a de la chance de pouvoir vivre de son art et qu'il est trop vieux pour chanter des complaintes d'ado émo. Ca, pour Eels, malheureusement, c'était il y a un ou deux albums. Aujourd'hui, on a à nouveau envie de plaindre Mark Oliver Everett, mais surtout parce qu'on n'a plus envie de l'écouter. Flairs, graphisme 8 bit et humour de camionneur![]()
Il y a deux clips que l'on attend avec impatience à Flu'. Le premier est celui de DJ Hell (feat. Bryan Ferry) pour "U Can Dance", qui tarde à venir (janvier 2010 tout de même !) même si son teaser est visible un peu partout sur le net. Le second, et non des moindres, c'est celui annoncé de longue date, du "Truckers Delight" de Flairs !
Oui, Flairs, le "mighty Flairs", celui qui joue de la basse MIEUX que Prince, qui fait MIEUX l'amour que le nain de Minneapolis, qui chante MIEUX et mange PLUS de trucs que lui (!). Celui aussi, qui "se balade à L.A. dans sa bagnole en cherchant à se faire des amis un flingue à la main". Celui, pour finir, qui aime triturer de bonnes grosses "hairy balls", bref, notre pote le camionneur de l'electro routière, Flairs quoi ! Et ce clip, "Truckers Delight", un morceau instrumental qui a fait le tour des blogs dès sa parution, face B de "Better Than Prince", repris et playlisté par de nombreux DJ (Soulwax, Justice, Pete Tong), est désormais visible - et même déjà censuré par youtube (mais pas sur Playlist) !
Il faut dire que le gars et son équipe de graphiste n'y vont pas de main morte. S'inspirant sans vergogne du Duel de Steven Spielberg en le mélangeant avec Faster Pussycat Kill Kill de Russ Meyer, Les Fous du Volant (souvenez-vous, Satanas et Diabolo, hihihihohoho !!), y ajoutant les outrances d'un pervers otaku fan de manga Hentai et les délires les plus machistes d'un amateur de porno allemand sous viagra, le tout rendu dans un trip graphique de vidéo game typé 8 bits pour platines Sega, "Truckers Delight" fera hurler de rire les plus décomplexés d'entre vous, autant qu'il dérangera par son jusqu'au-boutisme (si si, vous verrez vous aussi à la fin), et bien... les plus décomplexés d'entre vous !
Reste que ce morceau est un tour de force. D'abord, c'est celui qui lança Flairs et son personnage, bien avant le single "Better Than Prince", ensuite c'est le seul entièrement instrumental de l'excellent album Sweat Symphony dont nous célébrions les mérites il y a quelques mois. Pour être anecdotique sur le dit album, il retrouve ici une seconde vie grâce à l'imagination débordante d'une équipe de graphiste fous furieux et d'une paire de remixeurs... hors pairs ! En l'occurrence, Alex Gopher et Alixander III en vacances de son duo Azari & III, réinterprétant tous les deux, cet hymne pour camioneur en manque d'amour.
Chapeau Flairs, tu as encore frappé, et pour un coup, c'est un coup bas ! ;)
Charlotte Gainsbourg et Beck ont un bon clip pour ''Heaven Can Wait''L'album de Charlotte Gainsbourg et Beck qui sort le 7 décembre s'appellera IRM, ce qui n'est pas très logique puisque l'album est en anglais et qu'en anglais, on dit "MRI". Ce n'est pas très grave, de toute façon, parce que ça s'annonce plutôt mauvais : le premier extrait, qui s'appellait lui aussi "IRM" était sans intéret, le nouveau, "Heaven Can Wait", imite passablement Feist qui imite Spoon. Il ne fallait pas en attendre plus de la collaboration entre un type qui sort d'une décennie léthargique et d'une actrice française, condamnée dès le départ par sa condition.
A ce tarif, on doit plutôt être reconnaissant de tirer de tout ça UNE très bonne chose : un clip réalisé par un certain Keith Schofield, auteur du clip du remix de Let Love Rule par Justice, qui s'amuse ici à accumuler les plans absurdes rigolos. Bien sûr on peut y voir un plagiat du travail de Spike Jonze dans les années 1990 mais il y a un moment où il faut arrêter d'être critique et jouir un peu du peu que le monde a à nous donner.
''Cousins'', le premier clip du nouvel album de Vampire WeekendLes Vampire Weekend nous prouvent une fois de plus qu’ils savent maintenir leurs fans en haleine avant la sortie de leur 2ème album, Contra, le 12 janvier prochain. Après avoir diffusé sur leur site internet un compte à rebours qui annonçait la mise en ligne de leur premier single, l’excellent "Horchata", les New Yorkais preppy viennent de sortir un clip réalisé pour leur deuxième single, "Cousins". Derrière la caméra, on retrouve le jeune réalisateur anglais Garth Jennings, à qui l’on doit notamment le clip de "Coffee & TV" de Blur (vous savez, le périple de la brique de lait à la recherche d’un Graham Coxon porté disparu). Devant la caméra, les 4 garçons s’en donnent à cœur joie tandis qu’ils sont filmés d’avant en arrière dans une rue étroite par des mouvements de caméra rapides qui collent parfaitement à l’énergie punk du morceau. Vivement la suite.
Bob Dylan fait son clip de NoëlCela faisait une dizaine d'années que Bob Dylan n'était pas apparu dans l'un de ses clips, voire qu'il ne faisait pas de clips du tout. C'est chose faite pour ce mini-non-événement de saison : Dylan tient le premier rôle dans cette vidéo de Must Be Santa, l'un des morceaux et le "single" de son album de Noël. Il s'habille presque en Père Noël (un chapeau) et déambule dans une fiesta en bois massif. Le résultat est évidemment assez surprenant, tant sur le plan cinématographique (réalisation Nash Edgerton) que sur le plan musical où la chanson mélange les traditions de Noël et festives des cultures nordiques, saxonnes avec un brin de culture juive. Pour ceux qui aiment les détails, Nash Edgerton est le frère du réalisateur plus connu Joel Edgerton. Nash, auteur d'un unique film, faisait office de doublure d' Ewan Mc Gregor dans son interprétation d'Obi WanKenobi sur la saga Star Wars : Episode 1 - La Menace fantôme prequel. Ca alors ! Cela vous permettra de poser à vos amis fans de Dylan (ou de la Guerre des Etoiles) une belle colle :
- Quel est le rapport entre Dylan et la Guerre des Etoiles ? - Nash Edgerton. (autre réponse plus satirique : ils ont tourné la fin avant le début).
L'album lui-même est tout aussi étonnant. Christmas in the heart regroupe quelques classiques du genre pour un ensemble qu'on peut qualifier, en étant gentil, d'assez... horrible. Pas sûr du moins que les gamins aient intérêt à écouter ces versions de standard par un Dylan nasillard au possible et visiblement artistiquement bourré sur ce coup-là. La meilleure nouvelle, c'est qu'on tient un nouvel ensemble de chansons à fourrer dans nos tops marronniers de fin d'année. Sinon, la pochette est chouette...
Bob Dylan - Must Be Santa
Vladimir Poutine kiffe grave le hip hopOn peut dire ce qu'on veut sur Vladimir Poutine : qu'il n'aime pas trop les journalistes, les Tchétchènes ou les écologistes, mais on ne peut pas dire qu'il n'aime pas le hip hop, pour lequel il a tenu à professer son amour lors de l'emission télévisée russe "Battle For Respect". Il kiffe le "réalisme social" des rappeurs, il trouve que le graffiti ça gère et il admire les break dancers straight edge. Bien sûr, tout ce bel amour n'est pas à sens unique puisque le rappeur invité de l'emmission kiffe Poutine, "une icône, un modèle". Total respect. C'est beau et authentique comme une track de Pierre Sarkozy pour Doc Gyneco.
Dan Treacy a la forme et c'est une bonne nouvelleLa chose ne saute peut-être pas aux yeux pour qui n'a pas suivi la (longue) carrière des Television Personalities mais il y a entre ces deux vidéos, l'enregistrement live à Londres fin septembre du toujours fringant "Three Wishes" (si j'avais trois souhaits/j'en voudrais trois de plus...) et le premier volet d'un remarquable documentaire sur Dan Treacy en 4 parties, un peu plus d'une année et surtout une excellente nouvelle : le retour en bonne forme de Dan Treacy, l'un des songwriters les plus doués et remarquables de ces 30 dernières années.
Depuis son retour officiel en 2006 (l'album My Dark Places), avec son collègue Ed Ball d'abord puis sans, Dan Treacy a alterné les bonnes et les mauvaises phases, comme c'est plus ou moins le cas depuis ses débuts. L'homme souffre depuis toujours de "désordres mentaux" qui l'ont fait disparaître pendant près de 10 ans, perdu dans une addiction au krach redoutable, des séjours en institution et un emprisonnement de 6 mois sur une prison-péniche, en bout de course (pour des vols et agressions) qui lui aurait sauvé la vie.
Aujourd'hui, Treacy joue à nouveau. On l'avait vu bourré en 2006-2007 et en assez piteux état vocal. Il était venu récemment en France pour un concert assez moyen (et brouillon) en janvier 2009 à la Flèche d'or. Il a enchaîné plusieurs dates dans des salles miteuses de Londres (3 ou 4 livres l'entrée dans des pubs, des mini-boîtes, des fish'n'chips presque) et s'apprête à faire un petit tour d'Espagne qui devrait l'amener dans les derniers jours de décembre, à Toulouse, où on ne peut que recommander aux fans et aux autres de se presser. Treacy est en voix, tient debout et chante plutôt juste. Ses textes sont toujours incroyablement bons, truffés de références pop ou littéraires, faisant de lui la dernière merveille souterraine de la pop music, une sorte de chaînon manquant entre The Fall (pour la déglingue, l'origine populaire, la gouaille), The Smiths (pour la qualité des textes, les références, la classe british) et Daniel Johnston (pour la légèreté, le caractère naïf et fragile des chansons). Au top 50 des chanteurs les plus fous, Treacy gagne à tous les coups, mais il figure aussi en très haute position sur la liste des types qui savent que composer une pop song est un boulot à temps plein.
Savoir que ce type là est revenu à son meilleur niveau (comme on dit en sport) et pourrait tout aussi bien mourir demain, fais partie des excellentes nouvelles de cette fin d'année. La meilleure peut-être.
Television Personalities - Three Wishes (Live London 30 septembre 2009) Television Personalities - Documentary (Part 1)
Washed Out : Îles flottantes
Alors que le genre néo baléaric semble souffler toujours un peu plus son air tiède sur l'hiver, gageons d'entrée de jeu que nous allons bientôt entendre parler un peu partout de Washed Out (si si, tapez ce nom dans Google !), projet d'Ernest Greene, un jeune américain originaire de Caroline du Sud et vivant actuellement à Macon en Georgie (patrie de l'excellent écrivain Harry Crew).
A l'écoute de son premier EP, Life of Leisure, et des vidéos qui l'accompagnent, il semblerait qu'Ernest ait trouvé là le paradis sur terre. Sa musique, mélange de pop shoegazeuse et de disco lo-fi, s'inscrit irrémédiablement dans le genre néo baléaric, mais cela ne semble pas être une volonté affirmée de la part de son créateur.
La recette du son Washed Out c'est en constant décalage. Des morceaux qui semblent tous composés de couches dépareillées et mal calées, donnant à l'ensemble l'impression d'écouter Cocteau Twins jouant une samba impromptue à la radio ou d'entendre My Bloody Valentine céder à l'hédonisme disco (les saturations en moins) la tête sous l'eau. Solaire, lumineuse, mais aussi brumeuse à cause de la proximité de l'océan, Greene fabrique une pure musique sudiste, et Life of Leisure est un petit bonheur languide que l'on ne veut pas voir s'arrêter et qui nous donne envie d'en écouter plus !
Alors, à quand l'album ??
Pourquoi tout le monde parle du SOS de Diams ?La sortie du nouvel album de Diam's est un événement médiatique autant que musical. Un retour réussi, pour la rappeuse, expliqué en 5 points.
1. Parce que c'est une femme et qu'une femme qui rappe, en France, c'est inhabituel On peut aligner les noms et tester ça autour de soi. Il est à parier que Diams est la seule rappeuse française connue du grand public. Qui connaît Princess Anies, Bam's, Casey, Sté ou Lady Laistee ? Si on parle de Diam's, c'est parce que "les gens" et les jeunes en particulier préfèrent généralement les chanteuses aux chanteurs (voir la Star Ac et autres nouvelles stars) et que Diams est la seule chanteuse du genre sortie du néant des musiques urbaines.
2. Parce que ça change de Joey Starr : aussi Dans un univers de blanchettes où le rap reste associé aux bad boys, aux blacks à chaîne, aux bagouzes, et aux cités, l'assez peu féminin de Diams offre une alternative séduisante qui officie quelque part entre Grand Corps Malade (une telle fille ne peut pas faire de mal) et Mc Solaar (le côté délicat). Diams, et cela devrait s'amplifier, présente une image morale du rap qui gagne pas à pas du terrain avec les années. La face émergée du mouvement avec le glissement progressif du NTM via Kool Shen vers des positions plus responsables est désormais sous dominante daisy age, relatif, mais daisy age tout de même.
3. Parce qu'elle a soi-disant viré islam radical
4. Parce qu'elle ne parle pas On n'y revient pas. Le refus de s'exprimer reste dans notre société le moyen le plus sûr de faire causer de soi. On dit : bien joué. Le discours : "je ne parle plus aux médias parce que j'ai trop donné et souffert avant, je cherche à me protéger" rappelle évidemment la rhétorique sarkozyste. C'est assez amusant, paradoxal et évident. Les victimes sont des victimes parce qu'elles sont les meilleures coupables.
5. Parce que son album est bon
L'album lui-même embarque plusieurs chansons impeccables comme le "Mélanie" d'ouverture où Diams dialogue avec son inspiration (très bon), l'introspectif "I Am Somebody" (bien mieux que le single au demeurant). "Dans le noir" ou "Coeur de bombe" font également mouche dans des registres différents. D'une manière générale, Diams se donne ici à "coeur ouvert" comme on dit, revenant sur une période difficile de sa vie, faite de déceptions, de doutes et de souffrances. Ces moments là font généralement de bons disques : ce qui est le cas ici. On pourra évidemment épingler ces sempiternels mêmes défauts du rap français : des titres sans épaisseur ou aux textes lourdement démonstratifs comme "L'honneur d'un peuple" ou "Rose de bitume". L'un dans l'autre, Diams confirme qu'elle est une artiste majeure de cette scène-là. Elle a des choses à dire et les crache plutôt bien. Si nous vivions dans un monde parfait, on ne retiendrait évidemment que ça.
Diams - X Factor - les Enfants du désert
Joss Stone fait n'importe quoiOn avait, avouons-le, totalement oublié l'existence de Joss Stone. Au début de la décennie, autant dire il y a une éternité, elle était la première des chanteuses anglaises rétro à voix, longtemps avant qu'Amy Winehouse ne débarque dans le jeu avec sa stratégie de la terre brûlée.
Joss Stone, donc, son truc c'était la soul américaine. Elle se prenait pour Aretha. Et elle n'a pas arrêté. Il lui faut du R.E.S.P.E.C.T. parce que contrairement à toutes les Duffy et Adele du royaume, elle c'est une "authentique". Elle a donc enregistré en 2008 un album intitulé Colour Me Free, un album plus "libre" que les précédents, enregistré live en une semaine avec de vieux pros du funk de studio. Le résultat, sans être si dingue que ça, n'est pas désagréable à l'oreille, mais EMI n'avait pas envie de vendre Stone comme ça et a trainé des pieds pour sortir l'album. Pendant plus d'un an, Stone a lutté, allant jusqu'à offrir publiquement deux millions de livres pour racheter son contrat et pouvoir sortir l'album. Finalement celui-ci est bien sorti chez EMI il y a un mois, se vendant pas trop mal, mais Joss Stone a toujours autant envie de regagner sa liberté. Ce qui explique surement ce nouveau clip terroriste rigolo qui nous plaît beaucoup :
Gossip a explosé le public du Bataclan... les vidéos...façon pop corn ! Le groupe de Beth Ditto était en concert dimanche soir au Bataclan et remet ça les 16 et 17 novembre. On y était et on vous a ramené des vidéos.
Passage en revue efficace, et on pourrait dire sans surprise (connaissez-vous quelqu'un qui a pu vous dire du mal de ce groupe en live ?) des deux albums de Gossip : Standing In The Way Of Control et le petit dernier Music For Men. Beth Ditto, toujours plus en forme que jamais, endosse tour à tour les rôles de diva, secouriste (quand elle distribue des bouteilles d'eau) avant de se mettre à l'aise en sous-vêtements. Extravagante au possible, c'est surtout une grande entertaineuse, dont la présence éclipse souvent celle des trois autres musiciens. En avant-goût de ces prochains concerts au Bataclan, 3 titres tournés lors du premier soir : "Dimestore Diamond", "Pop Goes The World" et "2012". On ne vous dévoile pas tout, mais hier pour le dernier morceau... Ditto a tout donné.
Deezer se prend pour SpotifyDeezer vient de lancer une offre "premium" et plutôt que de vous expliquer longuement en quoi elle consiste, on vous reproduit le tableau explicatif de Deezer, puisqu'ils ont payé quelqu'un pour faire ça très bien : ![]()
Bref, avec cette offre Deezer ne parvient pas vraiment à rattraper son retard sur Spotify (qui propose d'ailleurs toujours un catalogue de musique plus étendu) mais la différence entre les deux offres s'est amoindrie, et Deezer peut toujours compter comme atout ses fonctions sociales et, en France du moins, sur une plus grande notoriété. Reste à voir si ça suffira dans un domaine qui est de plus en plus compétitf : après le finalement timide Google Audio, c'est au tour de Niklas Zennstrom et Janus Friis, les créateurs de Skype et de Kazaa, d'annoncer leur service de streaming gratuit. "Rdio" devrait être lancé l'an prochain, et mis à part le fait qu'il ne proposerait aucune offre gratuite, on ignore encore en quoi il se distinguera mais avec le CV de ces types, on peut s'attendre à quelques bonnes surprises. Le clip nudiste des Flaming Lips"Watching The Planets" est un des nombreux morceaux chaotiques du double album Embryonic. La mélodie est réduite à sa plus simple expression mais les "oh oh oh" et "yes yes yes" que chantent Wayne Coyne sont sans doute ce qu'il y a de plus catchy sur un album très pauvre en refrains et autres éléments accrocheurs alors pourquoi ne pas en faire un single ?
Embryonic n'est certainement pas un disque facile à vendre, mais on peut compter sur les Flaming Lips pour la mise en scène. Dans ce clip réalisé par Wayne Coyne et George Salisbury, une foule de jeunes gens nus émerge d'une énorme boule poilue par une ouverture qui ressemble fort à l'origine du monde, et ça n'est que le début de leurs aventures. Les gens nus, évidemment, ça marche toujours, vous avez forcément envie de les regarder. Yacht présente la mixtape subconsciente de See Mystery Lights![]()
Retour sur l'excellent See Mystery Lights de Yacht, l'un des albums les plus spirituels et dansants de la rentrée. Nous savions Jona Bechtolt et Claire L. Evans gentiment "allumés" (et extrêmement cultivés quand il s'agit de contre-culture new age américaine), mais ce n'est rien comparé à la grande entreprise mystique dans laquelle les deux Américains se sont embarqués quelques semaines après la parution du disque.
Inspiré par la découverte en 2006 des "lumières de Marfa", un étonnant phénomène lumineux nocturne qui apparaît régulièrement au Texas en été, See Mystery Lights serait, selon ses auteurs (interrogés par votre serviteur) : "Influencée par le fait de vivre un mystère inexpliqué de cette envergure à une époque d'information scientifique omniprésente. Le témoignage d'une expérience transcendante. Il reste très peu de mystère et de magie dans ce monde et pour nous, ses lumières sont la métaphore de tout ce qui est inexpliqué ici bas. Et nos deux Yacht d'ajouter : Dans le cas de See Mystery Lights, l'intention était véritablement de faire un album dansant traduisant notre contact avec ses lumières inexpliquées. Notre musique est un message caché qui parle de ce phénomène, comment il a influencé nos choix par la suite, etc".
Mais bien sûr, See Mystery Lights est avant tout un album. Jona et Claire ont beau être des artistes multimédia, la musique n'en demeure pas moins leur principale référence. Aussi, ont-ils décidé de créer une mixtape qui nous éclaire sur les influences conscientes ou inconscientes qui ont participé à l'élaboration de l'album.
"Lorsque nous regardons en arrière et que nous observons notre musique comme un tout, nous découvrons alors des influences individuelles. Un cocktail de musiques et d'idées qui nous ont permis d'être ce que nous sommes. Depuis nous avons revisité l'album et avons essayé de notre mieux d'établir des parallèles entre la musique et nos vies. Pour cela nous avons composé une mixtape qui vient compléter chaque chanson de l'album et illustre peut-être comment nous avons fabriqué la musique de See Mystery Lights.", nous expliquaient-ils il y a quelques mois.
Cette mixtape, intitulée Anthem of the Trinity, comprend, entre autre, des titres de Terry Riley, Dinosaur L. (aka Arthur Russel), Outkast, Brian Eno, Joy Division, Tears for Fears, Nirvana, The B-52's, Bad Brains, Talking Heads et INXS, elle est disponible contre 5$ (paiement sur paypal) sur le site Teamyacht.com. Il est accompagné depuis peu d'un magnifique poster présentant ses influences - musicales et non musicales - sous la forme d'un arbre généalogique allant d'Aleister Crowley à Raoul Vaneigem en passant par Pier Paolo Pasolini, Star Trek VI : terre inconnue, Nikola Tesla, la secte des Davidiens Adventistes du 7ème jour (!) ou Alex Grey. Yacht distribue également un livre à la fin de ses concerts, The Secret Teachings of the Mystery Lights: A Handbook for Overcoming Humanity and Becoming Your Own God (L'enseignement secret des lumières mystérieuse : Un livre de poche pour le futur de l'humanité ou comment devenir son propre dieu).
Allez en paix, ou faute d'être totalement converti, courrez commander la mixtape, Anthem of the Trinity, sur le site de Yacht, car nos deux Américains ont beau être sérieusement "illuminés" si j'ose dire, ils n'en perdent pas moins ce fameux "esprit du capitalisme protestant" dont parlait Max Weber dans son livre éponyme (The Protestant Ethic and the Spirit of Capitalism) et ça c'est vraiment magique non ?! ;) Morrissey en impose au ZénithOn le disait affaibli, épuisé, en petite voix et au bord de l'implosion. Morrissey a fait mentir hier soir les plus sceptiques de ses admirateurs en offrant au Zénith (en configuration rikiki) une performance vocale impressionnante de justesse et d'énergie. Soutenu par un groupe qui n'aura eu pour seul défaut que de massacrer en ouverture le cultissime "This Charming Man", Morrissey a montré tout au long d'un spectacle ramassé (1h15, rappel inclus) mais intense que, même accompagné de musiciens plus à l'aise lorsqu'il s'agit de lâcher les chevaux que de sauter les obstacles mélodiques, il restait l'un des meilleurs chanteurs en activité.
Plus en jambes que lors de son dernier passage parisien, ayant perdu quelques kilos, l'ancien chanteur de The Smiths a rendu justice aux titres de son solide Years Of Refusal du début d'année, flamengo-ant sur le superbe "When I Last Spoke To Carol", roucoulant en terre conquise sur "I'm Throwing My Arms Around Paris", faisant son numéro sur "One Day Goodbye Will Be Farewell", ou affirmant sa posture de héros solitaire sur le magnifique "I'm Ok By Myself", sans doute le morceau le plus difficile à interpréter et ici rendu à la perfection.
![]()
Côté vieilleries patrimoniales, peu de surprises par rapport à la setlist trimballée un peu partout cet automne mais du solide : un "Ask" souverain, "Death At One's Elbow" incisif et iconoclaste, "Is It Really So Strange ?", "How Soon Is Now", meilleur morceau du lot, et "Cemetry Gates", quelque peu étouffé par le groupe mais aussi les "The Loop" solo et "Why Dont You Find Out For Yourself ?", seul survivant de Vauxhall And I.
Puisqu'il s'agissait aussi de soutenir la nouvelle compilation Swords, qu'on continue de recommander, Morrissey a lâché quelques faces B, trop peu à notre goût, tirées de cette jolie collection : l'engagé "Ganglord", le social "Teenage Dad On His Estate", l'affreux "Dont Make Fun of Daddy's Voice", transcendé par l'interprétation et c'est à peu près tout. On aurait aimé évidemment entendre "Christian Dior", "Friday Mourning" ou "Never Played Symphonies". Il faudra repasser, ceux-ci ayant été délaissés au profit de quelques titres de la reconquête dont on se fatigue un peu à la longue comme "The World is Full of Crashing Bores" ou "Irish Blood English Heart". Seule ombre au tableau : la conclusion de cet excellent concert, brutale, est intervenue trop vite sur un "Something Is Squeezing My Skull" agressif mais qu'on aurait aimé prolongé d'un ou deux autres morceaux. Après ses récentes péripéties, Morrissey se ménage. A 50 ans et quelques mois, l'aventure continue donc en beauté pour le Mancunien solitaire. Le lobby interne a encore de beaux jours devant lui... Faisons jouer les musiciens morts
Vous pourriez aussi entendre Rachmaninov jouer du Rick Astley avec John Coltrane. Bien sûr, si vous n'êtes pas un psychopathe total, vous pouvez aussi imaginer des exemples potentiellement merveilleux aussi, comme Miles Davis jouant avec Jimi Hendrix, mais n'est-ce pas encore pire, quelque part ? La réponse à cette question est "non".
La réponse à la seule vraie question intéressante qui se pose pour l'instant c'est : grâce à un logiciel qui analyse le jeu d'un musicien pour en tirer un algorythme complexe qu'il suffit ensuite d'appliquer à une partition quelconque pour obtenir via un piano/guitare/cequevousvoulez une interprétation "dans le style du musicien" d'une justesse soi disant bluffante. La question, bien sûr, c'était "comment procéder pour faire jouer des musiciens morts ?".
La société californienne Zenph Studio est la responsable de ce tour de nécromancie. Elle a développé un logiciel qui prétend extraire "l'ADN" des musiciens et qui permet son clonage. Ils sont cependant encore bien loin de pouvoir réaliser nos plus grands rêves et nos pires cauchemars : ils n'ont pour l'instant extrait l'ADN que de quatre pianistes, n'ont pas fini de mettre au point la technologie pour les autres instruments et vont avoir besoin de beaucoup de temps et d'argent pour le faire. Sans parler du fait que les ayant droits des morts et leurs avocats pourraient ne pas voir tout ça d'un très bon oeil.
Pour l'instant, Zenph a limité l'utilisation de sa technologie à l'un de ses usages les moins aventureux et les plus respectueux : ils ont analysé des enregistrements de Rachmaninov, Art Tatum et Glenn Gould et les ont fait rejouer avec la plus grande exactitude par leur piano électronique. L'intérêt c'est bien sûr de pouvoir l'enregistrer avec une qualité sonore moderne. Le résultat est bluffant. Si on n'en est pas encore au point où les fantômes de musiciens morts vont remplacer les musiciens de studio (enfin, autrement que via un sample), ce jour pourrait venir prochainement. Bonne nouvelle ?
Lady Gaga vit une Bad Romance artySi Lady Gaga a aujourd'hui piqué des parts de marché à Paris Hilton, Madonna et Michael Jackson, c'est autant pour sa musique que pour son sens de la provocation et son opportunisme artistique.
Avec ce nouveau clip, Lady Gaga qui tutoie sans cesse le mauvais goût démontre toute l'intelligence ambigue de sa stratégie (tragédie) : alimenter les tabloïds tout en laissant croire que ses déviances relèvent aussi de la pose et de l'attitude arty. Dernier exemple donc, cette réalisation confiée à Francis Lawrence, l'homme derrière Constantine, le film avec Keanu, et Je suis une légende, le film avec Will, qui lorgne vers le film de monstres et adresse des clins d'oeil appuyés à Matthew Barney, l'homme à la tête de couille. Côté musique, on ne change pas une formule qui gagne : nappes synthpop horripilantes cotoyent beat rétro façon début des années 90. Au final, cela donne un son puissant et une rythmique de laboureur tout à fait adaptée à ce qu'elle décrit : la naissance d'un monstre enfanté par la célébrité... Mouais. Ajoutez un refrain imparable et on tient tout de même un titre assez convaincant pour qui aime ça : dansant, faussement sulfureux et pas si idiot qu'il a l'air de ne pas l'être (idiot). "Bad Romance", mais pas pour tout le monde.
Lady Gaga - Bad Romance Magic Kids, pop-psyché de MemphisAprès l'écoute de "Let's Go Surfing" (de The Drums) on ne saurait trop vous conseiller l'écoute de "Hey Boy", petit tube jovial des Magic Kids.
Merci à Goner Records.
Hot Chip : Take It In, le nouveau son des puces![]()
Ça gigote décidément très fort chez les puces. Hot Chip vient en effet d'annoncer la date de sortie de son prochain album, le quatrième à ce jour. C'est officiel, la parution de One Life Stand, puisque tel est son titre, est donc prévu pour le 9 février 2010 !
Un album qui serait, selon la maison de disque (Astralwerks et Parlophone via EMI à la distribution), "Un saut dans l'inconnu, un album qui regorge des audaces sonores qui sont la marque de fabrique de Hot Chip, ainsi que d'une intensité émotionnelle fulgurante de la première piste à la dernière." Toujours selon le label, relayé par Fact Magazine : "One Life Stand est de loin le travail le plus complet de Hot Chip à ce jour ". L'album serait aussi "Plus cohérent et plus soulfull que son prédécesseur de 2007, Made in the dark, et plus ambitieux que The Warning, nommé aux Mercury Awards et nominés aux Grammy." Pour finir, "One Life Stand établit Hot Chip dans la catégorie des groupes les plus pertinents et créatifs de notre époque." Rien que ça !!
Si après ça vous n'êtes pas sur les dents dans l'attente d'un tel chef-d'oeuvre... c'est que vous êtes comme nous, un peu dubitatif devant une telle avalanche de superlatifs...
Plus intelligemment, Pitchfork propose de se faire une idée sur le vif en écoutant un premier extrait de l'album : "Take It In", morceau plutôt sombre et rythmé. Un new wave track matîné de Bowie 80. Pas de quoi fouetter un chat, du moins jusqu'aux choeurs plutôt sympathiques, mais pas non plus un repoussoir. Verdict en février donc...
En attendant, Joe Goddard sort Harvest Festival , son premier album solo, dont nous reparlerons sous peu...
En écoute : Hot Chip "Take It In" :
Téléchargez Flash Player pour lire cette vidéo
8bit collective reprend les Smiths à l'oeil![]()
Histoire de se mettre en jambe avant le concert de Morrissey ce soir au Zénith, les amis de Smiths pourront aller faire un joli tour électronique sur le site du 8bit collective qui met à disposition pour quelques jours encore une série de covers du quatuor de Manchester. L'idée des 8bit(s) est la même depuis des années, composer ou reprendre des titres célèbres en mode électronique et avec des moyens limités, synthé vintage, vieil atari, computer love, etc.
C'est souvent réussi, toujours curieux et intéressant. Ici, les approches sont différentes : fidèle sur "This Charming Man", iconoclaste sur "A Chip and A Bit And The Land Is Ours" et globalement on ne s'ennuie pas si on aime évidemment les originaux. Le tribute est en download ici Bot'Ox : Soft Crash
Découvert par hasard sur myspace en 2007, à l'occasion de la sortie du très troublant et séduisant EP " Babylon By Car ", Bot'Ox compose la bande son de notre époque post-moderne en mélangeant l'ancien et le nouveau, accouchant d'une musique unique qui plaît aux aficionados des musiques électroniques comme aux vieux briscards de la new wave et du post-punk.
Affutée et déterminée, portée par de subtiles dérapages electronica, des guitares tantôt discrètes, tantôt foudroyantes et des attaques rythmiques dignes du meilleur Wire, période 154 ou Chairs Missing, la musique de Bot'ox semble poursuivre un but secret. Une direction que ses auteurs ont certainement capté, à rebours, dans le rétroviseur d'un vieux coupé sport ou d'une grosse et antique routière, vestige d'une époque où la route, l'autoroute (remember Kraftwerk) et les lignes d'une belle automobile, étaient un plaisir banal et non pas mortifère.
Bot'Ox, c'est certain, est animé de fantasmes autoroutiers récurrents. On ne peut en doter à l'écoute de "The Crash Theme" (que l'on trouvera sur la compilation DC Recordings Presents Death Before Distemper 2: Revenge Of The Iron Ferret), "Babylon By Car", "Tragedy Symphony", "Rue de l'Arsenal" ou "Drive By Shooting", sur lesquels naissent des images que l'on croirait inspirées des récits post-apocalyptiques et mécaniques de J.G. Ballard et David Cronenberg (l'obsession du Crash !, bien sûr !), mais il règne aussi une certaine douceur malsaine, une nonchalance toute rock, sur ces titres ambiguës et hors du temps, parfaits pour parcourir de nombreux kilomètres.
A ce titre, Blue Steel, leur nouvel EP, est exemplaire. Titre pop paradoxal, porté par la voix douce et légère d'Anna Jean du groupe néo-folk Domingo, "Blue Steel" épouse les canons de la chanson sur 3 minutes 30, format roi de la pop music : couplet refrain, mais aussi motifs synthétiques répétitifs et gribouillis électroniques métronomiques. De son côté, "Bearded Lady Motorcycle Show" est un track vicieux oscillant entre post-punk et psychédélisme, mélodique et balistique typique du Bot'ox de "Babylon By Car" ou de "Crash Them". Une équation qui rend encore plus troublant l'art de Bot'ox, à l'image de cette vidéo statique où le vestige roulant d'une ère entièrement dédiée à la route et à la consommation jusqu'à l'excès d'énergie fossile, se crashe en douceur sur des formes géométriques molles et immobiles. Un artiste contemporain "jeune et moderne" n'aurait pas fait mieux.
Vivement l'album!
Et l'inoxydable "Babylon By Car" :
Téléchargez Flash Player pour lire cette vidéo
Ready, Able en pâte à modeler pour Grizzly BearEncore un clip en pâte à modeler ! Pour "Ready Able", Grizzly Bear a certes opté pour cette technique, mais avec une esthétique assez différente des clips habituellement réalisés avec ce matériau. Pas d'animaux qui parlent, pas de sucreries, mais des créatures étranges pour cette vidéo réussie et réalisée par Allison Schulnik.
Après avoir fait appel au peintre William J. O'Brien qui avait réalisé les pochettes aux allures de kaleidoscope de l'album Veckatimest et du single "While You Wait For The Others", le groupe continue de s'associer aux artistes contemporains avec le clip de "Ready, Able", l'un des plus beaux titres (le plus beau ?) de leur opus. Pour la vidéo, l'artiste californienne a mis en scène son personnage de "Hobo Clown" qu'elle a déjà peint ou animé par le passé pour ses projets purement personnels. Ci-dessous, le premier film d'animation avec pour bande-son "Granny Diner" des Grizzly.
Pour "Ready, Able", retrouvailles avec le "hobo clown", mi-homme des forêts, mi-clown, dans un sous-bois et sur le point de se faire enlever. Mélange de matériaux, de textures, rappel de l'univers kaleidoscopique, apparition d'un vaisseau spatial et en fil conducteur le motif du visage difforme du clown, repris tout au long de cette vidéo, une des plus belles de l'année.
Voir notre interview vidéo avec Grizzly Bear et lire la chronique de Veckatimest Rappel : Grizzly Bear en concert le 21/11 à la Cigale Au secours de l'industrie du disque, les lives à emporter sur clé usb ?
Comment cette technologie fonctionne ? Est-elle lucrative ? Représente-t-elle une roue de secours pour l'industrie musicale ? Lire notre enquête sur le concert à emporter sur clé usb. Le Club Folamour est de retour jeudiLe Club Folamour est de retour au Point Ephémère pour sa deuxième soirée mensuelle, jeudi prochain. Attention, pas de Windmill pour cette édition ; ils seront finalement en première partie de Wild Beasts le 27 novembre, au même endroit. En revanche, l'Italien exilé à Londres Banjo Or Freakout est bien là. Celui qui s'était attiré les louanges des plus grands blogs et de la presse outre-Manche avec ses covers bien senties (d'Amy Winehouse à Battles) a sorti son premier EP en mai dernier, et a la réputation d'offrir des shows explosifs. A ses côtés, on retrouvera le quator parisien Nelson ainsi que Løzninger et ses mélodies folk.
Réservez vos places pour le Club Folamour #2. Le site de Super Mon Amour L'album de Them Crooked Vultures à écouter en intégralitéUne semaine avant sa sortie, l'album éponyme de Them Crooked Vultures est écoutable en entier sur Youtube. Le groupe étant constitué de Dave Grohl, John Paul Jones et Josh Homme, beaucoup attendaient de l'entendre avant de pouvoir faire leur top de fin d'année (on est déjà en novembre, rendez-vous compte, vous êtes en retard !) et si trois musiciens pouvaient se montrer à la hauteur de la hype qu'ils ont engendré, on se disait que c'était bien eux.
Dave Grohl a-t-il jamais été mauvais derrière les futs ? Josh Homme a-t-il jamais manqué de riffs décastateurs ? Et John Paul Jones n'est-il pas resté le membre le plus classe de Led Zeppelin, choisissant toujours plutôt bien ses rares apparitions depuis la fin du groupe ?
Le résultat de cette collaboration, on est encore en train de le digérer mais... Il faut se calmer. Ca ressemble beaucoup à une bande de vieux pros qui s'amusent plutôt bien ensemble. Ca ressemble beaucoup à Queens Of The Stone Age. Il y a Homme qui promène son falsetto au dessus de sa bonne vieille guitare barbelée, Grohl qui tape fort et juste, Jones qui ne se fait pas plus remarquer que ça, si ce n'est pour un petit solo de clavinet funky ressorti de "Trampled Underfoot" sur "Scumbag Blues". Il est trop tôt pour vraiment parler de chef d'oeuvre ou de catastrophe, de toute façon, l'album est là pour une semaine encore, le temps pour chacun de se faire un avis.
20 ans après la chute du mur, Berlin, capitale de la création musicale électro
Interrogé il y a quelques jours suite à la pétition pour sauver la nuit parisienne, Eric Labbé, nous parlait de Berlin comme la capitale mondiale de la musique électronique. Pas une nouveauté, juste un constat évident, tant la ville a réussi à développer un environnement propice à la création musicale depuis quelques années. Berlin a donné naissance à une myriade de labels électro, les plus connus ayant quasiment tous été fondés à la fin des années 90. Dix ans (à peine) après la chute de son mur, Berlin voit ses talents électro s'activer et lui donner au hasard : Chain Reaction en 1995, Monika Enterprise fondé à la fin des années 90 par Gudrun Gut ou encore Bpitch Control, le label d'Ellen Allien.
Côté artistes, peut-on citer Jahcoozi, Sascha Funke, To Rococo Rot, Modeselektor ou encore Apparat ? La liste pourrait-être exhaustive. Si d'autres villes dans le monde n'ont rien à envier à Berlin côté électro (New York, Detroit...), la ville attire tout de même de plus en plus d'artistes français (et autres) à la recherche, non pas d'une inspiration, mais d'un environnement, d'un réseau et d'une liberté propres à la capitale allemande.
Tous à Berlin ! Fluctuat twitte de Berlin
Le batteur de !!! victime d'un accident mortel![]()
Gerhardt Fuchs, batteur au sein des groupes !!! et The Juan MacLean est mort hier matin, à l’âge de 34 ans. Coincé dans un ascenseur alors qu’il partait d’un gala de charité, il aurait tenté de sauter à l’étage d’en-dessous, mais est finalement tombé de quatre étages. Figure respectée de la scène de Brooklyn, les hommages se sont succédés depuis la triste nouvelle ; James Murphy, notamment, a salué l’un des plus grands batteurs qui lui ait jamais été donné d’entendre. Coïncidence macabre, c'est la deuxième fois qu'un batteur au sein de !!! meurt tragiquement : en 2005, Mikel Gius était victime d'un accident de vélo.
Voir aussi Lire notre interview avec Chk Chk Chk et la chronique de leur album Myth Takes WMF Club 2009 : Berlin brule-t-il ?![]()
Le Club WMF, pilier des nuits underground berlinoise fête lui aussi le 20ème anniversaire de la chute du mur ! A cette occasion, le must de la nuit berlinoise défile le 19 novembre prochain avec au programme, Ricardo Villalobos, Moritz Von Oswald, DJ Koze, Radio Slave, Max Loderbauer Whignomy Brothers et bien d'autre. Normal pour un club mythique né au cœur du quartier de Kreutzberg qui a toujours participer activement à l'unification... des multiples tendances électroniques !
A l'origine lieu de rencontre festive pour squatteurs en manque de bpm, le WMF Club à Berlin est devenu un des lieux incontournables de la nuit berlinoise depuis presque 20 ans, lui aussi. Malgré les déménagements et autres diverses péripéties, il a su s'imposer comme vecteur de dynamisme auprès des artistes électroniques de la ville. Pour le 20ème anniversaire de la chute du mur, les organisateurs ont voulu célébrer dignement le passage au troisième millénaire en invitant la crème de l'electro actuelle. Mais WMF, c'est aussi un label, le WMF Records ! Le catalogue qui compte plus d'une cinquantaine de signatures (12" et cd) , dont un excellent mixe de Stefan Betke, fondateur de Pole et patron du label voisin ~Scape. L'ex-The Orb, Thomas Fehlmann participa, lui aussi, un temps à l'élaboration de cette structure tout comme Gudrun Gut, patronne de Monika Ent. On notera aussi Night Effect la compilation manifeste des soirées du même nom, un opus très remarqué de Dj Highfish paru en 2002 et qui rassemble avec bonheur techno minimaliste, l'electronica down-tempo et electro pure et dure.
![]()
WMF illustre une formule bien allemande : La collaboration pour le moins réussie entre music business et création artistique, au sein d'un club et d'un label qui surfent allègrement sur les tendances électroniques actuelles en conservant une cohésion artistique avec, en plus, la désormais célèbre "german touch".
Fluctuat twitt de Berlin Liars : L.A. ConfidentialLa rumeur enfle sur le net concernant Sisterworld, le prochain album de Liars, qui devrait sortir début 2010 chez Mute. En effet, une fois n'est pas coutume, ce mystérieux opus s'inscrit dans un concept global illustrant une "certaine idée du monde selon Liars" (remember Drums Not Dead qui nous plongeait déjà dans les méandres d'un album concept énigmatique à souhait).
Après un exercice de haute-voltige consistant à créer en étant séparé par plusieurs continents (Allemagne, Australie, Angleterre, USA), ce nouvel opus est annoncé comme enregistré pour la première fois entièrement aux Etats-Unis, plus exactement à Los Angeles, aux côtés de Tom Biller (collaborateur de Jon Brion qui s'est illustré sur les albums de Robyn Hitchcock, Evan Dando (The Lemonheads), Fiona Apple, Rufus Wainwright, mais aussi Kanye West et Beck). Tout mystérieux qu'il peut encore être à l'heure où vous lisez ces lignes, Sisterworld s'annonce aussi comme un défi. Les membres du groupe ayant en effet déclaré qu'ils s'étaient donnés pour contrainte de rester totalement en dehors de l'influence que peut avoir Los Angeles sur les artistes, et en particulier sur les musiciens, ignorant donc le mythe L.A., son Sunset Boulevard, Venice Beach, Hollywood, le désert, Laurel Canyon, Mulholland Drive et toute la mythologie "rock" entourant la ville. Aaron, Angus et Julian, nos trois Liars, se sont donc enfermés en studio pour créer leur propre univers, le "sisterworld". Un lieu encore bien mystérieux, isolé du monde, qui pourrait faire référence à la nature (Gaïa ?) au vu des petits clips présentant l'album sur le site officiel, mais rien n'est moins sûr, les Liars n'étant jamais là où on les attend comme on a pu le constater sur l'étourdissant Liars, album éponyme de 2007.
![]()
Voir notre interview vidéo avec Liars Jacno : Disparition d'un (éternellement) jeune homme chic![]()
Jacno est mort hier, des suites d'un cancer.
Triste nouvelle, surtout après la mort de Bashung, un artiste avec qui Denis Quilliard (pour l'état civil) partageait de nombreux points communs, obsessions et addictions. Bon vivant à sa façon torturée, Jacno ne faisait pas partie des frileux qui renonçaient à ce qui faisait son personnage et son art. Personnage discret par nécessité, Jacno était de ces artistes avant-gardiste, constamment tiraillés entre les contradictions, résultat d'une vie passée à surfer sur les extrêmes, entre punk rock et pop, synthétiseurs et guitares, Gauloise et pinard, Elli & Jacno.
Jacno était surtout un esthète, de ceux qui font de leur vie, même bancale, une oeuvre d'art. Pionnier de la première vague punk, il fonde les Stinky Toys en 1976, aux côtés d'Elli Medeiros. 1976 ! Rendez-vous compte ! Dans la France de Giscard ! En 1979, il sort Jacno, un mini-album six titres dont on pourrait dire a postériori qu'il est emblématique de toute une époque. Croisement des "Novö Visions" d'Yves Adrien et des sorties de "Nightclubbing" d'Alain Pacadis. Partagé entre la pop autoroutière de Kraftwerk et les comptines électroniques d'un Jean-Jacques Perrey, Jacno, l'album, et surtout "Rectangle" morceau ligne claire par excellence, annonce la new wave avec 2 ans d'avance.
Contrairement à ce que son invisibilité laissait croire, Jacno fut très occupé de la séparation des Stinky Toys à aujourd'hui. Quand son duo avec Elli prend fin, il travaille en solo (7 albums au compteur) ou avec de nombreuses figures de la chanson française, en tant que musicien ou producteur. Toujours classieuses, ses collaborations vont de Daho à Lio, en passant par Françoise Hardy, l'égérie 80 Pauline Lafont, Mathématiques Modernes, Daniel Darc, Les Valentins et Jacques Higelin. L'ex miss France, Mareva Galanter fut sa dernière égérie, juste avant que le crabe ne le ronge jusqu'aux os (qu'il avait fins). Son dernier album, Tant De Temps, date de 2006.
Avec la disparition de Jacno, dandy nucléaire, c'est toute la génération novö qui est aujourd'hui en deuil, celle d'Etienne Daho, des Rita Mitsouko, d'Yves Adrien, du Palace et du Rose Bonbon... Le dernier des jeunes hommes chic, celui pour qui Jean-Charles de Castelbajac avait dessiné un costume de scène en 1985, s'en est allé.
Morrissey : la tragicomédie continueLa tragicomédie Morrissey continue et le suspense demeure quant à la réalité des shows français programmés la semaine prochaine, à Lille et Paris.
Après un malaise à Swindon, un retour en fanfare sur la scène fétiche du Royal Albert Hall, Morrissey, qu'on disait en petite forme, a encore fait parler de lui à Liverpool où il se produisait hier soir. Après une entame de concert incisive ("This Charming Man"), Morrissey a été "frappé", semble-t-il, mollement par le jet d'une canette de bière en provenance des premiers rangs au cours du second titre "Black Cloud". Une main sur le crâne, quelques secondes d'interrogation et le chanteur sanctionne les 9000 personnes présentes d'un "Goodbye" solennel et quitte la scène avec ses musiciens. Il ne reviendra pas. Les forums du site de référence se déchaînent et les plus fidèles supporters commencent à marquer leur agacement. "Morrissey est-il fini ?", "est-ce la tournée de trop ?". A côté des habituelles critiques pointues sur la composition de la setlist, sur les chutes de forme du chanteur, on assiste en ce moment à un débat de fond sur la capacité de l'ancien chanteur des The Smiths à mener à bien cette tournée volontairement maousse et, plus globalement, à donner une suite à sa carrière. Réponse les 11 et 12 novembre dans l'Hexagone, peut-être.... Comme beaucoup de fans historiques, on veut encore croire au miracle.
Morrissey - Liverpool Arena Los Campesinos! jouent les funambulesLe troisième album de Los Campesinos ne sortira que le 1er février 2010, soit quinze mois après le second, We Are Beautiful, We Are Doomed et vingt-trois après le premier Hold On Now Youngster.... Ils ont doublé leur délai inter-album. Sauf qu'ils ont fini d'enregistrer Romance Is Boring en juin dernier, et que le ralentissement n'est qu'une illusion bien pratique pour un groupe pour lequel le plus fort danger est la surexposition.
Si vous détestez déjà Los Campesinos! ça n'y changera bien sûr rien mais les membres du groupe sont visiblement assez malins pour savoir que leur mélange d'indie-pop hyperactive, de paroles ultra détaillées et d'une poignée d'autres éléments qui méritent tout autant de superlatifs à double tranchant pourraient provoquer une overdose chez le plus fervent de leur fans. Le groupe est prudent, donc, et ça s'entend dans "The Sea Is A Good Place To Think About The Future", l'excellent extrait de l'album qu'ils ont révélé en premier : c'est toujours aussi affecté, surtout dans la façon dont le chanteur Gareth Campesino tente de faire rentrer ses paroles trop détaillées dans une mélodie qui a du mal à en supporter autant, mais c'est carrément moins acidulé, puisqu'il est question d'une histoire d'amour mal barrée avec une anorexique et que le refrain en choeur, la signature du groupe, se retrouve réduit au strict minimum pour ne pas gêcher l'atmosphère relativement aride de la chanson.
Le groupe a cependant bien du mal à se retenir, puisqu'il a déjà filmé un deuxième clip pour un autre extrait de l'album, "There Are Listed Buildings". A ce rythme là on aura un clip pour la moitié des chansons de l'album avant sa sortie. Cette deuxième chanson voit le groupe retrouver le son de son premier album : guitare + violon + glockenspiel + choeurs montés sur ressort pendant toute la chanson, comme si le groupe ne s'était jamais rendu compte qu'il avait trop de membres pour qu'ils jouent tous toujours en même temps. Heureusement on reste toujours du bon côté de la frontière qui sépare la musique de la cacophonie, mais si ces deux premiers extraits sont plutôt très bons, on ne peut s'empêcher d'avoir peur pour Los Campesinos! A jouer les funambules sur la limite entre réussite et catastrophe, ils nous tiennent en haleine mais c'est au moins en partie à cause de notre côté voyeur qui n'attend qu'une chose : les voir tomber.
Les prénoms les plus cités dans la musique depuis 1891Des stats au graphisme ! C'est avec cette devise que Dorothy transforme les chiffres en visuels sur son site Very Small Array. Dans sa dernière création, elle a compilé les prénoms régulièrement cités dans les paroles des titres les plus populaires depuis 1891. Le résultat c'est une frise chronologique de plusieurs pixels de long réalisée à partir des données du classement Billboard Pop ME.
La graphiste transforme ainsi tout type de données en dessins (cartes, camemberts, courbes) et ce, dans différents domaines. Pour la musique, si vous voulez connaître les labels les plus représentés dans le top titres de Pitchfork en 2008, c'est possible. Ou l'origine géographique des musiciens qui ont classé un de leurs titres en première position des charts de 1950 à 2007 ?
Si vous voulez connaître le post le plus long de l'histoire de ce blog, voire de Flu ? vous y êtes.
![]() En images : Reformations de groupes, les différents modèlesLes années 2000, années des reformations ? Entre les heureuses, les moins heureuses, les improbables, les inutiles... chaque reformation est pourtant unique et répond à un modèle bien précis. Les différents types de reformations, c'est le diapo consacré aux retrouvailles de nos groupes
Sans prétendre à l'exhaustivité, on a passé en revue les 20 reformations les plus significatives de ces dernières années... chacune répondant à une problémqtique bien précise (The Smiths, Take That, Skunk Anansie...)
Voir aussi nos autres diapo : Mark E Smith nous donne des nouvelles de The Fall![]() crédit photos : Visi.com
Enthousiasmé (une fois de plus !), il y a un an par le dernier opus de The Fall, Imperial Wax Solvent, nous attendons patiemment la suite.
Rien ne devrait pourtant plus nous étonner pour ce qui sera le 27 ou 28ème album officiel du groupe de Mark E. Smith (qui est encore capable de faire le compte ?), lui qui a tout exploré, de la disco (voir la reprise de "Lost in Music" de Sister Sledge sur The Infotainment Scan) au reggae ("Why Are People Grudgefull ?" de Lee Perry sur le même) en passant bien sûr par le garage rock, la country, le punk, la new wave, l'hymne footbalistique ("Sparta FC", énorme !), la ballade mélancolique, le brûlot politique, l'improvisation, la techno (avec les souris allemandes de Mouse on Mars), le grand n'importe quoi quand ce n'est pas tout ça sur le même album (ou dans le même morceau !).
Bref, The Fall fait partie du patrimoine musical depuis plus de trente ans et les choses ne changeront pas de sitôt pour un groupe qui est "toujours pareil, sans cesse renouvelé, toujours différent" comme le disait le regretté John Peel dont c'était le combo favori.
Reste que la suite des aventures de Mr Mark, signée chez Domino, dont le titre de travail est pour l'instant Our Futur - Your Clutter et qui devrait atterrir dans les bacs en janvier 2010, s'annonce plutôt bien : "Je suis très content du résultat", déclarait Mark E. Smith il y a peu dans Mojo. "La rythmique est putain de bonne, les synthés sont vraiment mis en avant. Il y a une sorte de thème sur l'album, un truc municipal, à propos de ce qui arrive en ce moment, genre "votre futur, nos profits", toute cette merde ! Mais ça tourne au surréalisme à un certain point, ce que j'aime par dessus tout. Nous avons passé trois ou quatre mois en studio, nous avons travaillé dur - tous les grands studios sont fermés désormais, tout le monde pense que l'on peut enregistrer un album dans sa chambre, mais je ne suis pas d'accord, The Fall ne peut pas enregistrer séparément. Cela a donc pris du temps par rapport à nos standards. Et deux de nos ingés sons sont devenus fous, ha ha !"
Parions qu'il s'agira encore d'un grand cru !
Quelques titres ont déjà été joués sur scène dont, "I'm Not From Bury", "Hot Cake", "Cowboy George", "Slippy Floor", "Funnel of Love" (une reprise de Wanda Jackson) et "Chino Splashback"... En avant première sur Playlist, "Hot Cake" en live :
La loi Hadopi, du pain béni pour les terroristes ?
La difficulté du jour vient, selon The Register, des services secrets. Ceux-ci sont en effet sur le point d'obtenir le vote d'une autre loi qui leur permettrait de contrôler encore mieux tout ce qui se passe sur le net. Ce qu'ils craignent, cependant, c'est qu'une loi anti-téléchargement pousse les internautes en masse vers les connexions cryptées. Il existe déjà tout un tas de moyens techniques de devenir invisible aux yeux des autorités, mais peu nombreux sont ceux qui les utilisent. Si leur nombre explosait comme le craignent les services secrets de Sa Majesté, la surveillance du réseau deviendrait impossible.
On a plutôt l'habitude d'entendre l'argument spécieux selon lequel le piratage finance on ne sait trop comment le terrorisme international mais, à en croire les experts, la lutte contre le piratage les aiderait beaucoup plus.
Le pire, c'est qu'ils ont raison : une étude vient de montrer qu'en Suède au moins 500 000 internautes masquent déjà leurs activités sur le web, et la moitié de ceux qui ne le font pas encore, se déclare prête à le faire si une loi comme HADOPI venait à être votée. Franchement, on ne peut que se féliciter que la première loi Hadopi soit si mal fichue, sinon les millions de pirates qui auraient eu besoin de crypter leurs allées et venues sur le web auraient mis en danger la sécurité de la nation et on se serait retrouvé avec des attentats en veux-tu en voilà. Merci Christine Albanel. Martin Carr lâche son Brave CaptainCeux qui ont aimé la brit pop mélodique des Boo Radleys se souviennent sûrement de leur artificier en chef, l'inégalable Martin Carr, réfugié depuis la séparation du (grand) groupe derrière le pseudonyme de Brave Captain.
Il n'est sans doute pas besoin de préciser aux mêmes que les Boo Radleys ont fait partie des groupes estampillés brit pop notoirement sous-estimés et que quelques uns de leurs albums méritaient une autre place que celle que l'histoire leur a accordée (un strapotin trois étages sous Oasis, Blur et Pulp). Si les Boo Radleys faisaient de la si bonne musique, c'est parce que celle-ci était issue à 90% du cerveau chevelu de Martin Carr, lequel après avoir frôlé plusieurs fois les dangers de l'auto-édition (sur le net), avoir tenté tout ce qu'il a pu pour sortir son Brave Captain de l'anonymat, s'est décidé enfin à publier des disques sous son propre nom. L'album de Martin Carr vient de sortir, est disponible chez Sonny Boy Records et s'appelle Ye Gods and Little Fishes.
![]()
Ceux qui s'amuseront à écouter les quelques extraits en ligne sauront qu'on parle ici de "pure pop", un art savant pour lequel Carr peut être considéré comme l'un des grands maîtres de son époque, à côté d'un Paddy Mc Aloon (Prefab Sprout) ou d'un Jimmy Webb dont il assure (ce n'est pas un hasard) la première partie sur quelques uns des concerts anglais. Les deux titres livrés, il y a un an, sur scène, figurent tous les deux sur l'album et sont tout à fait représentatifs de l'univers qui fut celui de Carr et de Brave Captain : des guitares mélodiques, quelques larmes et énormément d'émotion. Pour les curieux, il semble bien que la jeune femme qui officie sur le premier morceau soit l'ex-chanteuse d'Echobelly, Sonia Madan. A vérifier tout de même. En attendant, on peut plonger allègrement sa ligne et remonter quelques uns des petits poissons de Carr, pour une friture pop seul ou entre amis.
Martin Carr - Why Are You Gonna Bring Me All This Rain ? Martin Carr - Orpheus Lament Weezer sont-ils des trolls ?Le Snuggie, c'est un "drap avec des manches" qui est vendu aux USA via des infomercials. La cible du snuggie, c'est tout ceux qui aiment leur confort et n'ont pas peur du ridicule. C'est ce qui en a surement fait le produit dérivé idéal dans la tête de Rivers Cuomo, le leader de Weezer. Le résultat, c'est un infomercial totalement ridicule dans lequel les membres de Weezer ont l'air bien à leur place :
Parce que oui, Weezer se ridiculise constamment, ces derniers temps. Passons sur leurs albums précédents et concentrons-nous sur Raditude, celui qui vient de sortir. D'abord, il s'appelle "raditude". C'est déjà beaucoup. Ensuite, sa pochette, c'est ça :
![]() Et puis il y a les collaborations multiples et improbables : Dr Luke (producteur d'Avril Lavigne et Katy Perry), Lil Wayne ("best rapper alive"), Leighton Meester (actrice de la série Gossip Girl), Chamillionaire (auteur du célèbre "Riding") et Kenny G (le pape de la musique d'ascenceur). Weezer surfe habilement entre ridicule et génie. Parce qu'évidemment Rivers Cuomo rit avec nous. Evidemment ? Cette pochette ne peut pas être prise au sérieux. La collaboration avec Kenny G non plus. Le problème, c'est que ces blagues jettent le discrédit sur les bonnes idées comme la collaboration avec Lil Wayne. Ou pas. Surement que Cuomo joue de nos attentes, lançant plus de balles qu'on ne saurait en rattraper. Il essaye de nous perdre, c'est un truc à la Andy Kaufman, c'est ça ? Peut_être. Le vrai problème, en fait, c'est que ce n'est pas vraiment drôle. Non, attendez, le vrai problème, c'est que la musique est mauvaise. Très mauvaise. Au mieux, elle atteint le statut de médiocre sur les singles. Cuomo peut faire diversion autant qu'il veut, au final on se rendra toujours compte au bout d'un moment qu'il n'a pas écrit de bonne chanson depuis... En a-t-il déjà écrit une seule bonne ? Peut-être que la diversion marche un peu, finalement, parce qu'on n'arrive pas à se souvenir. Une pétition pour sortir la vie nocturne parisienne de son sommeilParis, Paris, ville lumière, ville de café et villes musées. Si la capitale continue à attirer des touristes et des événements culturels (concerts, expositions, festivals), nombreux sont ceux qui ne font font plus la fête à Paris, mais à Berlin ou Londres. Pour alerter le public, les autorités et rattraper le retard de Paris sur les autres capitales européennes, une pétition (Paris, quand la nuit meurt en silence) à été mise en ligne.
Si les auteurs de la pétition soulignent les fermetures administratives régulières (Flèche d'Or, le Batofar, la Miroiterie...), ils expliquent aussi cette situation par un contexte sécuritaire général, qui touche tant Paris que d'autres villes en France. Eric Labbé de My Electro Kitchen explique en détails l'impasse actuelle dans laquelle se trouve Paris et les solutions envisagées pour redorer le blason de sa vie nocturne... lire notre interview.
Le buzz Bad Lieutenant est-il mérité ?Avec un large papier dans Libération, des chroniques par wagon et une présentation royale au festival des Inrockuptibles (retransmise en direct chez Lenoir sur France Inter), le buzz Bad Lieutenant bat son plein cette semaine en France comme si Bernard Sumner, son principal animateur, avait passé les dix dernières années dans une cage (de fer ou dorée au choix) et revenait nous prendre par surprise tel un joyau éclatant soudain ressorti de sa gangue (ouah l'image, la honte !). Il se fait étriller un peu partout ailleurs au motif que Sumner tout seul ne fait pas une tête de gondole.
![]()
Le premier album de Bad Lieutenant qui sort cette semaine est à l'image de ce premier single très bien, sorte de prolongement naturel du travail de Sumner avec New Order, ni vraiment mieux ni moins bien, juste très cool à écouter et finalement assez vivifiant. Peter Hook, avec lequel Sumner est sévèrement fâché désormais, a été remplacé par Alex James de Blur qui tient sa place sans plus. La batterie est portée disparue et le(s) titre(s) tout en guitares. "Sink or Swim" est aérien porté par la voix d'un Sumner, qui à force d'être taxée d'impersonnelle et sans cachet, est devenue une vraie signature distinctive. Comment un mec qui n'avait rien ou pas grand chose (un physique à la C. Jérôme, l'air pâlot, une position de 2nd couteau chez Joy Division) en est-il arrivé là ? La question demeure. Qu'est-ce qui a fait que New Order est devenu New Order ? Etait-ce Hook qui faisait la différence ? Etait-ce Sumner qui avait du génie ? Morris ? L'alchimie entre la bande passée la disparition de leur leader ? On pourrait débattre de ces questions pendant des années et ne jamais trouver la réponse. New Order a navigué pendant des décennies sur une ligne fine, entre génie et ridicule parfois. L'électropop du groupe pouvait tutoyer le paradis de l'accessibilité pop ou taquiner l'innommable. La musique de Bad Lieutenant navigue dans les mêmes eaux mais avec bon goût, légère comme l'air et souple comme une liane de bananier. Le buzz autour de Bad Lieutenant est ainsi aussi mérité que les louanges (excessives) pour l'ancien groupe de Sumner (N.O bien sûr, pas le premier qui reste hors catégorie). Le boulot est propre, suffisamment emballant pour se laisser écouter, peut-être un peu morne et manquant de grands titres mais n'est-ce pas ce qu'on a reproché parfois à New Order ? Peut-on bâtir un univers si singulier et sans détacher sans cesse ? "Never Cry Another Tear" porte les textes de Sumner qui sont peu ou prou les mêmes que l'année dernière et l'année d'avant. Il n'a pas faibli (ni pris du poids) en route. Y a-t-il une alchimie qui a disparu avec la dissolution du groupe ? Ce n'est pas sûr. Pas sûr non plus que les réactions de défiance ne viennent pas d'un snobisme mal placé. Bad Lieutenant est vraiment bon.
Bad Lieutenant - Sink or Swim Zevolution : Ze Records Re-Edited![]()
Ze Records, fameux label punk-funk créé à New York par l'anglais Michael Zilkha et le Français Michel Esteban (Z+E = ZE), fête ses trente ans d'existence !
Assurer la pérennité d'une musique aussi dansante que disloquée, telle fut la mission de Zilkha et Esteban, ces deux excentriques label owners, et ce depuis 1981, date de la première parution de ce qui restera comme la marque de fabrique de la structure : les compilations "Mutant Disco". Mais parmi les références proposées, on trouve également les exercices électros primitifs de Suicide, les cabrioles new funk de Kid Creole and The Coconuts, la disco funk de Was (Not Was), les classiques d'Aural Exciters, le pur punk-funk de James Chance (aka James White), le gimmick electro wave de Garçons et les bizarreries ethno punk de la Française Lizzy Mercier Descloux et la pop acidulée de Lio (oui, oui), celles plus rugueuses de son alter ego new yorkais, Cristina, ou encore les premières expériences de Bill Laswell et son groupe Material. Ze faisant en quelque sorte le grand écart entre Mudd Club (haut lieu de la no wave des 80's), Paradise Garage et le Palace parisien. Aujourd'hui, les curieux peuvent se procurer les trois volumes de la fameuse compilation Mutant Disco, vaste panorama qui témoignent de la richesse et de l'ouverture d'esprit d'une époque. C'est sous les highlights de ce label, que se développa le vrai son du New York, celui après lequel court encore aujourd'hui des pointures comme James Murphy ou Morgan Geist.
En écoute :
Téléchargez Flash Player pour lire cette vidéo
Pour plus d'infos, n'hésitez pas à visiter le micro-site Ze-Evolution
Health brise le mur du son au Nouveau CasinoSamedi dernier, c'était Halloween, mais si vous habitiez Paris, il y avait beaucoup plus excitant à faire que de vous badigeonner de faux sang. Le groupe Health était de passage au Nouveau Casino pour la dernière date de leur tournée européenne, et nous y étions pour filmer deux titres. Fatigués les californiens? Ils n'en avaient pas l'air en tout cas. Venus présenter leur deuxième album Get Color, sorti sur l'excellent label Cityslang, les quatre garçons ont livré un show électrique d'un bout à l'autre. Leur son, un mélange de rock noisy, de dance, de shoegaze, est porté pas une voix androgyne qui lui confère une ambiance tout à fait particulière.
Health a l'indéniable qualité (devenue rare) de ne ressembler à aucun groupe, si ce n'est un petit peu à Animal Collective, pour l'aspect tribal de ses percussions. Sur scène, c'est une véritable déflagration, une alternance de bruit pur et de mélodie, portée par des musiciens bondissant, s'agenouillant, transpirant, dans un mouvement perpétuel. 45 minutes de show : ils ne peuvent probablement pas donner beaucoup plus d'eux-mêmes, et ce n'est pas sûr que nos oreilles puissent le faire non plus. Si seulement ils avaient pu éviter de nous souhaiter un "happy halloween", on en aurait presque oublié le jour qu'on était.
Vitalic, moins vital mais tout de même de beaux restes![]()
C'est clair désormais, le trop rare Pascal Arbez, aka Vitalic, ne rééditera pas son exploit de 2001 avec Poney EP. Sa techno dark d'alors, ultra-énergique et tendue, fortement teintée d'electro, n'est plus dans la ligne de mire du Dijonnais. Après près de 15 ans de carrière dans l'électronique, "De l'An-fer to Chicago" comme titrait un de ces CD mix, un passage chez les Munichois de Gigolo et un album remarqué (Ok Cowboy en 2005 chez Different Recordings/Pias), Vitalic se tourne de plus en plus vers les mélodies synthétiques proto-disco et les tracks surcompressés qui font le bonheur d'une certaine french-touch actuelle.
Sur Flashmob, on ne retiendra donc que quelques morceaux, parmi lesquels "Poison Lips", fabuleux moment de mélancolie futuriste comme seule la techno sait nous pondre tous les 2 ans. Vénéneux, comme son titre l'indique ouvertement, "Poison Lips" est certainement le meilleur titre du nouvel album du français. Chanté par Linda Lamb, sa comparse au sein du projet The Silures, le morceau superpose les harmonies vocales psychédéliques langoureuses de l'une et la rythmique disco "moroderesque" de l'autre avec le même bonheur. Un track entêtant, à la fois classe et nostalgique, qui s'inscrit rapidement dans les esprits et risque de devenir aussi emblématique que le fameux "Poney Part.1" qui fit les beaux jours d'International Deejay Gigolo.
Quant à sa vidéo sous influence Millennium Mambo (remember Shu Qi, aah), elle symbolise à elle seule toute la mélancolie inhérente à la techno depuis ses débuts à Detroit, spleen et futurisme glacé, inextricablement mêlé...
Fluctuat arrive sur l'iPhone
Cette application plaira à ceux qui veulent, en un coup d'oeil, avoir un aperçu de l'actu culturelle à chaud : news du blog musique avec les dernières découvertes, les sorties d'albums et encore plus. Musique, mais pas que, puisque vous pourrez aussi retrouver l'actu en ciné, livres et société.
En plus de la saine lecture, Fluctuat propose aussi un zapping télé à ceux qui ne la regardent pas. En deux minutes et à portée d'iPhone, le zapping de Flu, c'est l'outil idéal pour capter ce qui secoue l'écran cathodique et vos collègues à la machine à café. A voir aussi, nos diaporamas : Les personnages des Simpson et leurs petits secrets, Les gestuelles de guitariste les plus drôles, Les cinéastes les plus barrés ou Les tombes de stars.
Enfin, après en avoir eu pour vos yeux, soignez vos oreilles avec nos radios thématiques (Radio Pop Rock, Radio Electro, Radio Reggae...). Derniers arrivages : The Drums, Django Django, Health, Fuck Buttons, Yacht, Antipop Consortium, Julian Casablancas...
Votez pour l'appli de Flu et donner votre sentiment sur I-tunes ou ci-dessous dans les commentaires, nous sommes à votre écoute pour améliorer le service Bob Dylan bien samplé
Naturellement on se méfie de ce genre d'hagiographie d'icônes qui, depuis longtemps, enrichissent plus les vendeurs de t-shirts que nos esprits mais pour le coup, celles-là présentent l'avantage d'être avant tout musicalement irréprochables. Sampler Bob Marley et Fela bien sûr, ça n'a rien d'inédit, mais Dylan a bien plus rarement la faveur des DJ et c'est donc son chapitre qui nous intéresse le plus. J.Period a eu l'intelligence de donner une patine vieillote à ses beats qui se marrient du coup très bien avec le grain des samples de Dylan. K'NAAN n'arrive bien sûr pas à la cheville de son sujet mais s'en sort très bien quand il se cantonne au rôle d'animateur et ne va pas chercher Dylan sur le terrain de la poésie. A notre connaissance, le résultat est le meilleur jamais obtenu par la rencontre de Dylan et du hip hop, mais bien sûr ça n'est pas très difficile.
Pour preuve, jetez une oreille sur ce Don't Think Twice. It's alright.
Téléchargez Flash Player pour lire cette vidéo
jj : african folk, love and ecstasy
Les plus vieux d'entre nos lecteurs se souviennent peut-être de la déferlante Soul ii Soul à la fin des années 80, surtout des fabuleux "Get A life" sur Vol. II (1990 - A New Decade) qui faisait suite à Club Classics Vol. One sur lequel figurait "Back to Life" (énorme), et qui annonçait sans le savoir Massive Attack, Tricky et toute la vague trip-hop de Bristol (ainsi que le Nu Jazz, eurk !). C'est à ces titres que l'on pense immédiatement en visualisant la vidéo de jj (en minuscule), groupe (?) suédois totalement inconnu dans nos contrées et à côté duquel nous sommes honteusement passés cet été au moment de la parution de leur album sobrement intitulé n°2.
Marina in the sky with Diamonds![]()
“2009, année de la meuf”. Ce slogan d’un goût douteux, que vous avez peut-être entendu beugler par un quelconque ami un peu éméché le jour de l'an, n’est pas si absurde qu’il en a l’air. Cette année a vu l’émergence, tout du moins de l’autre côté de la Manche, d’un certain nombre de nouvelles artistes féminines à succès : La Roux, Florence & The Machine, Little Boots... et Marina & The Diamonds. D’ailleurs, Marina n’est pas très fan de l’idée d’être mise dans le lot. Un peu comme ils l’avaient fait à l’époque avec les groupes estampillés Brit Pop, les journalistes anglais ont usé et abusé de ce label un brin simplificateur, et qui a eu pour résultat de donner l'impression aux potentiels auditeurs que s'ils en ont entendu une, ils les connaissent toutes. Ce qui n'est certainement pas le cas avec Marina & The Diamonds, qui est certainement la plus talentueuse de ces chanteuses pop cru 2009.
De son vrai nom Marina Diamandis (née en Ecosse, elle est d’origine grecque), Marina est bien une artiste solo, mais trouve son nom moins égocentrique tel quel. Si elle est accompagnée d’un groupe sur scène, la jeune chanteuse n’est pas prête pour autant à inclure qui que ce soit dans le processus d’écriture. Car c’est bien ça son dada : pour elle, les paroles sont ce qui vient en premier dans la composition ; elle les veut pittoresques, basées sur ses expériences personnelles. D’histoires d’amour qui tournent en rond aux tracas du quotidien, en passant par l’usage d’alcool en guise d'antidépresseur, Marina navigue entre l’ironie et la mélancolie avec un sens de la formule indéniable. C’est d’ailleurs en tenant un blog qu’elle s'est d'abord exprimée sur ses sujets de prédilection, et c’est aussi par ce biais qu’elle a été repérée par le petit et tout nouveau label new-yorkais Neon Gold, qui s’occupe aujourd’hui de Passion Pit ou encore de ses compatriotes de Yes Giantess.
Son premier single, "Obsessions", est littéralement ovniesque. Si il n’y a aucun doute que la pop est au cœur de la musique de Marina, ce morceau fait le grand écart entre une ballade au piano, un couplet super bouncy où les paroles sont quasiment rappées, et un refrain d’une efficacité diabolique. Tous les tracks de son premier EP, The Crown Jewels EP, sont dans la droite ligne de cette versatilité, et la voix bien particulière de Marina (qui peut faire penser à celle de Kate Bush, tout en hoquet mélodique) se prête aussi bien aux mélodies simples au piano ("I Am Not Robot") qu’aux morceaux plus complexes dans l’orchestration. Un des points forts de la belle, c’est la scène, comme elle l’a prouvé en enchaînant les apparitions marquantes à des festivals cet été, notamment celui de Glastonbury. En interview, elle n'a peur de rien, et n'hésite pas à dévoiler que sa préparation au live a consisté à regarder pas mal de shows de Britney Spears (période "avant", bien sûr), et qu’elle compte sur ses robes à sequins achetées sur eBay à des femmes fortes de l’Ohio pour que l'on se souvienne d'elle. Comme si on avait besoin de ça. DJ hero, l'anti-héros de la musique ?![]() Il y a un an, on écrivait partout que Guitar Hero et Rock Band allaient sauver l'industrie de la musique. Exactement comme le marché des sonneries de téléphone allait la sauver dix ans plus tôt. Guitar Hero 3 avait cartonné, et les sorties de Rock Band 2, Guitar Hero 4, Guitar Hero Metallica, Guitar Hero Aerosmith et Guitar Hero Patrick Bruel promettaient de marcher tout aussi bien et de fournir une nouvelle source de revenus intarissable. Curieusement, le marché a vite saturé et seul Beatles Rock Band a réussi à secouer un peu le cocotier.
Aujourd'hui Activision, le développeur de Guitar Hero, espère redonner un coup de fouet au marché avec DJ Hero. Ca devrait marcher, puisque la recette est la même que pour Guitar Hero : on prend un jeu qui cartonne depuis des années au Japon (ici Beatmania) et on l'adapte aux goûts occidentaux, ce qui veut dire obtenir les droits de tas de chansons et faire travailler des DJ connus comme Daft Punk, DJ Am ou DJ Shadow sur des mixes au potentiel de crossover énorme genre Rihanna vs. Motörhead ou Beastie Boys vs. Queen. L'attaché de presse assure aussi que tout le monde de David Guetta à Eminem se fende d'une déclaration pro-DJ Hero et l'affaire est dans la poche, non ?
Apparement, non ? Avec des chiffres de pré-commandes décevants, les projections de vente d'ici la fin de l'année ont été réduites de plus de 50%. Il faut dire que le pack jeu + platine de mixage en plastique coûte une centaine d'euros et qu'aussi bon que soit DJ Hero, ceux qui ont déjà deux guitares et une batterie en plastique qui prennent la poussière dans leur cave vont avoir du mal à se motiver pour sortir à nouveau le porte feuille. Mais qui donc va se charger de sauver l'industrie de la musique à sa place ? En attendant, le jeu aura au moins eu le mérite de nous donner quelques mixes pas trop mauvais.
|
Discussions en cours sur le forum musique :
|