Samedi soir, concert parisien d'Andrew Bird à la Cigale. Après une premièr
e partie sous Stilnox avec des Great Lake Swimmers tout droit sortis d'un bal de fin d'année soporifique, je m'attendais à me réveiller grâce aux cordes magiques de l’oiseau rare. Perché sur ses gambettes tel un criquet issu d'un conte de fées, Andrew Bird débarque sur la scène avec son univers floral, un pote batteur et un sampler multisonore qui figure autant de musiciens imaginaires. Univers enfantin où l'oiseau s'amuse avec ses mimiques illuminées, ses bras rythmant les cordes du violon : ses jambes se plient, ses pieds se mettent en pointe pour former un ballet malicieux. Pourtant, plus je regarde ce môme solitaire se mettre en scène, plus je le trouve livré à lui-même dans une chambre trop grande pour lui. J'essaie bien d'aller au-delà de l'observation admirative, mais il semble qu’Andrew refuse de se laisser aller à la perte de contrôle. Comme s’il n'acceptait pas d'autres enfants dans son bac à sable, d'autres oiseaux sur sa branche. J'ai fini par repartir le coeur déçu de n'avoir pu communier avec cet artiste hors-norme, peut-être trop seul pour faire vivre la scène. Cependant, je ne peux que conseiller son album, The Mysterious Production of Eggs, son site officiel, et celui du label Fargo, pour découvrir, version studio, le chant lyrique du Bird.
Andrew Bird, en concert le 30 Avril 2005 à la Cigale.