Playlist : blog musique

Great Northern : les nouveaux Arcade Fire ?

Posté par Myosotis le 07.11.07 à 11:00 | tags : rock, myspace, pop
Mieux vaut tard que jamais. J'ai beau passer après le NME, Rolling Stone et quelques autres dizaines de webzines US, dire quelques mots de la nouvelle coqueluche du rock indie ne fera de tort à personne, d'autant plus que le succès critique de Great Northern et de son premier album sorti en juin 2007 Trading Twilight For Daylight n'a pas encore franchi massivement l'Atlantique. Le groupe est annoncé comme la relève du rock indépendant et vendu (contre son gré) comme un Arcade Fire plus rock, moins poli, une sorte de combo sophistiqué qui réussit à inspirer le respect aux amateurs de fanfares modernes (souvenez-vous de l'époque où vous aimiez The Divine Comedy) et de rock rythmé. Sur le papier, le groupe est structuré autour d'un duo de chanteurs/compositeurs qui est le noyau dur de Great Northern (Solon Bixler chante et joue de la guitare, Rachel Stolte chante et assure au clavier) et d'une section rythmique rapportée sur le tard (Ashley Dzerigian à la basse et Davey Latter, ami de longue date, à la batterie). A l'écoute de ce premier album, le moins que l'on puisse dire est qu'on n'est pas bouleversé par la démonstration du groupe dont l'attelage-duo évoque un croisement incertain entre The Dresden Dolls (pour le couple et la prééminence du clavier, les voix emmêlées), le Belly de Tanya Donelly (pour les inspirations rock), Arcade Fire évidemment (pour la capacité à habiller un peu trop chaudement des chansons qui n'en valent pas la peine) mais aussi pêle-mêle The Sundays, Black Box Recorder ou mieux encore The Boo Radleys et quelques autres groupes brit pop à leur meilleure époque.

La véritable faiblesse de Great Northern réside dans la production assurée par le producteur Mathias Schneeberger (qui avait travaillé sur QOSTA) et qui donne à l'ensemble déjà assez précieux, une sophistication agaçante et un son FM désagréable. L'ouverture "Our Bleeding Hearts" donne le (mauvais) ton avec voix de femme acidulée (on préfère la voix de Bixler à celle de Stolte, disons-le), clavier-cordes intello à la Lisa Loeb et romantisme sans surprise. Les chansons ont beau être solides et dégager une certaine classe et une grande mélancolie, une bonne partie des titres de cet album sent le maniérisme et l'artisanat pour bobos plus que l'odeur du rock ("Just A Dream", morceau ampoulé de 6 minutes, "Telling Lies", passe-partout horripilant, le joli "A Sun A Sound"). "City of Sleep" évoque par son charme la poésie des Sundays, tandis que des titres ultramélodiques comme "Babies", qui ferme le bal, laisse à penser que les Great Northern auraient un meilleur impact s'ils déshabillaient leurs compositions ou les rendaient plus incisives. Dans le même genre (et pour des raisons qu'on explique mal), on préférera toujours les mornes plaines cultivées par des groupes comme Hood (avant l'électronique) ou même Dakota Suite plutôt que ce type de pleurnichards symphoniques. Malgré tout ça, les Great Northern réussissent à installer un climat dépressif et confortable qui peut séduire sur quelques morceaux. "Home" fonctionne à merveille autour de sa voix masculine et de sa rythmique efficace, rappelant le son des premiers Teenage Fan Club. "Low is A Height" (autre single fort) enrichit la formule de base de beats synthétiques et de reverbs très aboutis. L'économie de moyens dope les effets tristes et met les larmes aux yeux, sur l'un des meilleurs textes de l'album. Rebelote sur "Into the Sun", titre électrifié assez basique mais efficace, qui tombe sur le meilleur titre en plage 9 : le très bon "The Middle", où 3 minutes de satisfaction et de vraie complexité mélodique, autour d'un refrain qui ressemble comme 2 gouttes à une vieille compo de Luke Haines. Great Northern alourdit son son, le décortique et parvient à cet instant à trouver enfin la juste adéquation entre ses fins et ses moyens. Relevée par ces quelques titres réussis, l'impression générale reste bonne, même si on ne peut pas s'empêcher de trouver les Arcade Fire un rien plus inspirés et ce nouveau genre musical assez peu exaltant comparé à d'anciennes tentatives beaucoup plus amusantes comme celles de Jake Skillingford et My Life Story, ou de Neil Hannon de la grande époque. La veine mélancolique lorsqu'elle se chante en formule duo a tendance à fonctionner sur un single ou deux, puis à lasser assez vite, à moins d'être habillée d'autres intentions (Sonic Youth) ou d'être rythmée par une vraie alternance. A suivre donc, mais pas d'aussi près qu'on aurait voulu.

 

Great Nothern - Trading Twilight For Daylight (Eenie Meenie Records, 2007)

http://www.greatnorthernmusic.com

http://www.myspace.com/greatnorthern (Pour une fois, ce ne sont pas les plus mauvais titres qui sont sur myspace.)

Commentaires

Pas encore de commentaire

Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto
Recopie crypto :


  Discussions en cours sur le forum musique :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines
Sources & Friends
. David F (FR)
. La Blogothèque (FR)
. Interprétations Diverses (FR)
. Superette (FR)
. Fluokids (FR)
. Get the Curse (FR)
. Music Thing (EN)
. Pitchfork (EN)
. Said the Gramophone (EN)
. ClipTip (EN)
. I guess I’m floatting (EN)
. WFMU Blog (EN)