Soirée Macumba au Festival des Inrocks 2007 20ème anniversaire oblige, le festival des Inrocks 2007 avait placé son ouverture sous le signe de la fête à neuneu : concert fiesta à la Cigale avec les Happy Mondays en tête d'affiche et sauterie en te-boî avec des surprises à la clé (que je ne connais pas, faute d'y être allé). Ayant échappé à la vague carnavalesque qui semble déferler sur les milieux rock branchés, j'ai pris dans la face le discorock (europop ? ploucmambo ?) des Parisiens de Koko Von Nappoo, groupe très looké qui envoie une musique transgenre entre Morcheeba et Beck. Bon flow, élégance branchée imparable et jolie fille au clavier qui permet de goûter à sa juste valeur (laquelle ?) ce revival dansant aux beats un rien passés de mode partout ailleurs. La prestation des très attendus brésiliens de Bonde Do Role, vendus, depuis un an, comme la nouvelle merveille musicale, m'a convaincu que les scènes électroniques avaient une longueur d'avance sur la sophistication sonore. A coups de samples, de raps qui font passer Mickael Youn, ses Bratisla Boys et n'importe quel groupe français pour Dr Dre, la prestation amusante sur ses 10 premières minutes, sautillante, vaguement dansante et évoluant entre musique de dancehall, saillie punk et spoken word hirsute, ne m'a pas convaincu. Le groupe nous ramène au moins vingt ans en arrière et serait parfait pour animer les fêtes de mariage ou les soirées dansantes de n'importe quelle boîte de nuit après un bon ball-trap. Le croisement entre l'esprit de Patrick Sébastien et le son de Daft Punk, période débile, ne séduit pas tout le monde. Le décalage s'observe dans la salle où un public tendance trentenaire avancée (tête d'affiche oblige) s'oblige à bouger le cou et les oreilles pour rester dans l'ambiance. Entre les deux pochades, une sorte de Beck ultradoué dont je n'ai pas capté le nom (une chanson sort du lot : "I know Karate") assure un interlude original et foutraque d'une dizaine de minutes qui enterre par son amateurisme et son énergie les 2 groupes dont il se devait d'être le faire-valoir. Il restait aux Happy Mondays la lourde charge de rattraper tout ça, ce qu'ils feront les mains dans la poche et avec un grand professionnalisme (malgré quelques problèmes de son qui gâcheront le meilleur titre de l'album Unkly Dysfunktionnal, "In The Blood", et interrompront en plein milieu le morceau précédent) pendant... 1 heure et 5 minutes (sans rappel).La bande de Shaun Ryder, presque aussi mince et classieux que lors de ses meilleures années (casquette blanche vissée sur le crâne, lunettes noires et qui ne bougera de son carré de 25cm de côté que pour aller s'asseoir, aller pisser ou aller chercher une mousse en coulisses), la joue légende vivante et se hisse presque à la hauteur de sa réputation, déjante et agonie sublime en moins. Bez assure le show en façade avec leur chanteuse-choriste black à voix, tandis que les Mondays alignent anciens tubes (un "Kinky Afro" incisif à l'ouverture, une version somptueuse de "Loose Fit", un excellent "Step On" et son classique "You're twistin my melon, man" et le très très planant et simbiotique "Hallelujah") et titre du très bon dernier album ("Jellybeans", "Unkle Dysfunktional"). Le rap de Ryder est toujours aussi bon et canaille et le son mi-funk, mi-raisin rock imparable. La comparaison entre les vieillards et les prestations précédentes laissent ces derniers à des années lumière dernière, même si, là aussi, l'effet nostalgique joue plein pot. La scène est régulièrement envahie par des trentenaires pacifiques et un rien grotesques : je ne savais pas qu'on pouvait monter sur une scène avec un sac à main. Toujours est-il que le show fonctionne et met le feu au dance-floor, mêlant un public bigarré entre rockeurs égarés, teufeurs et filles à franges. Un sentiment de mélancolie envahit parfois l'auditeur incapable de retrouver néanmoins l'effet que cette musique pouvait produire à sa grande époque. On imagine la détresse d'un Bez obligé de faire le clown pendant une heure, complètement sobre... O tempora, o mores, on s'amuse comme on peut. Le set s'achève un rien brusquement et la magie se dissipe aussi vite qu'elle était venue. Métro, dodo, sans extase, ni ecstasy. Bienvenue dans l'âge mûr.
Commentaires
De Isham, posté le 09.11.07 à 12:56
![]() Bravo à Bez ! Il a quand même le boulot le plus débile et le plus dur du monde. Il fait toujours sa dance de taré ? Ajouter un commentaire |
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