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Le groove tentaculaire de Luciano & Cadenza

Posté par Maxence le 16.11.07 à 17:20 | tags : électro, techno, dub, label, myspace

Qui est mieux placé que Luciano pour symboliser le pendant organique et sensuel des polyrythmies synthétiques savamment millimétrées par le Chilien Ricardo Villalobos ? A l'écoute de cette double compilation en forme de bilan la réponse ne fait plus de doute : personne ! Et tout ceux qui ont eu la chance de les voir à l'œuvre sur scène comprennent parfaitement pourquoi les deux compères s'entendent si bien, à la ville comme derrière les platines... Avec Cadenza Contemporary 01 qui présente les derniers maxis et Cadenza Classics qui compile les "tubes", il s'agissait pour le producteur le plus cool de l'electrosphère, de poser les fondations d'une aventure, celle d'un label bâti dans un esprit underground et familial, mais aussi de miser sur l'avenir. C'est pourquoi, plutôt que de présenter un simple "best off", le producteur suisse, chilien par nécessité (et accessoirement par sa mère) a choisi de résumer cinq ans d'activité sur deux CD (rassurez-vous, il ne s'agit donc pas de "dépôt de bilan" ici) et de présenter ses espoirs. Rappelons que Cadenza a acquis ces dernières années une place vraiment à part dans le champ de la techno contemporaine. Parfaitement autonome, Luciano n'y signe que des coups de cœur.

 

Ainsi, Cadenza Contemporary 01 fourmille de découvertes et de surprises, incarnées par les producteurs directement importés de Bucarest que sont Rhadoo et Petre Inspirescu, dit "Pedro", deux prodiges roumains à qui l'on doit les meilleurs moments du premier CD, comme le spot pour subwoofers "Woa Ovuls", ou le tourneboulant "Racakadoom" et la montée ascensionnelle intergalactique de "Galantar". Sur Contemporary 01, ceux qui connaissent le label reconnaîtront immédiatement la house très deeeeep et toute en finesse des productions Cadenza. Les autres découvriront un son minimal mais toujours organique et subtilement hypnotique ("Amplified" d'Argenis Brito, "Honolulu" de Digitaline), avec une propension à cultiver les basses rondes et dubby ("L Delay" de Audomat 3000 & Jan). Une musique naturellement enfumée, aux structures souples et aux géométries variables. Parfaitement addictive (à ce propos, matez attentivement la pochette), cette sélection mixée par le boss himself vous laisse immanquablement béat et ravi, le nez en l'air noyé sous un déluge de percussions, un sourire idiot aux coins des lèvres ("Honolulu" Digitaline & Luciano mix). Côté, Cadenza Classics, on retrouve les arrangements innovants et les séquences polyrythmiques virtuoses qui font la réputation du label depuis 5 ans. Luciano réunit sur la même galette le "hit", "Orange Mistake" où il s'accompagne de Quenum, le soyeux "Amael" avec Pier Bucci, la randonnée groove de plus de 12 minutes de "Funk Excursion" par Luciano & Serafin et nous achèves avec l'énorme "Bomberos" (qui porte bien son nom, une bombe pour dancefloor terrassante) qui nous laisse sur les genoux. La feuille d'info parle de groove flexible et instable, on ne pouvait pas dire mieux !

 

Luciano - Cadenza Contemporary 01/Cadenza Classics (Cadenza/Nocturne)

http://www.myspace.com/cadenzarecords

Commentaires

De rougaille, posté le 16.11.07 à 22:59 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Villalobos, luciano, matthew jonson cobbelstone, ou minus et toute cette clique "minimale", ça m'ennuie d'une force ! c'est des morceaux à rallonge avec un groove parfois bien trouvé (le hasard dans la surproduction ?) mais qui n'évolue pas... aucune mélodie, aucune basse, aucune surprise... une absence de musique... (petite excpetion pour le remix de rhyhtm & sound par villalobos et peut être le côté comique de son morceau avec des cors de chasse !)

question de goûts certe, mais je trouve que cette chronique à base de name dropping et de superlatifs tous azimuts manque parfois d'un peu de discernement et de qualificatifs qui permettraient qu'on s'y retrouve. ("polyrythmies synthétiques savamment millimétrées"... je ré-écoute les morceaux en question et je ne vois pas de quoi il s'agit... j'aurais plutot envie de dire "rythmes binaires réduits au minimum et mis en boucle au maximum...)

pour finir sur une note positive, j'aime bien la techno quand elle est plus mélodique et moins égocentrique : tiefschwarz, rhythm & sound, diplo, james holden, ellen allien, henrik schwarz, herbert, trentemoller, disrupt pour n'en citer que quelques uns... et hop un ptit lien pour illustrer mon propos avec une série de mix très inspirés : http://web.mac.com/diplo1978/

De Maxence, posté le 17.11.07 à 13:47 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

"polyrythmies synthétiques savamment millimétrées" n'est pas du name dropping mais une suite d'adjectifs qualificatifs. Le name dropping c'est "ça ressemble à...", "c'est influencé par ça..." etc. En plus, parler de "name dropping" pour une chronique compilant plus de 15 artistes différents est parfaitement absurde non ? C'est évidemment du name dropping dans ce cas là, je devais taire la liste des invités ?

Mais je comprends qu'on aime pas. La répétition est histoire d'hypnose et de subtiles variations, histoire d'oreilles aussi (certains sont mieux dotés que d'autres), histoire de matériel hi-fi également (ce que je précise dans ma chronique de Villalobos). Et quand on a vu une fois Luciano sur scène, je peux t'assurer que là, même les plus retors à cette musique accrochent immédiatement. Cette musique est une histoire d'hypnose.

Pour finir, si tu aimes Tiefschwarz, Rhythm & Sound, Diplo (enfin, Spank Rock), James Holden (et ici), Nathan Fake et Trentemoller (et ici) ça tombe bien, tu n'as plus qu'à cliquer sur ces liens pour lire des chroniques sur leurs travaux... Ecris par le même auteur, moi. Comme quoi, on peut aimer le minimalisme décharné et anorexyque de Minus et les progression trancey de Holden sans problèmes !



De Maxence, posté le 17.11.07 à 13:52 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

J'ajouterais également que comparer Luciano et Minus (Hawtin) est parfaitement déplacé, cela n'a vraiment rien à voir. Idem pour le "minimalisme" de Luciano qui est un parfait complément parce que justement vivant et organique, de celui de Villalobos plus mathématique (mais des mathématiques du chaos alors). Le groove de Cadenza, son label, est profond justement. Qaund au mélodies, elles sont bien là, mais ce n'est pas de la pop c'est sûr... a l'opposé d'un Holden qui adore le krautrock, le shoegazing etc...



De rougaille, posté le 18.11.07 à 00:24 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Oups
je m'suis trompé de lien
http://justgoodmusic.libsyn.com/

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