Interpol à Forest National (Bruxelles) : toujours du solide !
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Deux jours après leur passage convaincant au Zénith, les New-Yorkais d'Interpol était en transhumance au Forest National de Bruxelles, l'une des plus grandes salles belges (entre le Zénith et Bercy), bourrée à craquer pour accueillir les jeunes prodiges et leur album Our Love to Admire. Précédés des peut-être surcôtés Blonde Redhead dont la prestation aura pâti d'une sonorisation médiocre, les 4 membres historiques d'Interpol et leur nouveau clavier ont emballé un set plus que sérieux et inspiré, mettant de leur côté un public conquis bien qu'assez peu remuant en dehors des "PDA" et "Slow Hands" d'usage. Si la qualité de leurs albums studio va decrescendo (on est en droit de préférer le 1er au 2ème et le 2ème au 3ème), les prestations du groupe sont en revanche meilleures avec le temps, laissant plus de place à de légères variations qui, si elles ne peuvent pas encore être assimilées à des improvisations, suffisent à donner un peu de vie à l'ensemble. Quelques mots entre les titres, un salut en français, un merci et, par exemple, une splendide intro instrumentale qui amène, lors du premier rappel, "PDA" et qui sont autant de preuves que les Interpol se sentent à l'aise et s'affranchissent (légèrement) du modèle ultraprofessionnel de leurs premières tournées. Sur scène, la voix de Paul Banks semble avoir encore gagné en puissance et s'affiche comme un double sonore aussi inquiétant, maniable et gracieux que celle de Ian Curtis. Le principal atout d'Interpol, mis en valeur par les dernières compositions ("Rest My Chemistry", longuet mais joliment interprété, "Pioneer to The Falls" très bon), est plus hallucinant que jamais. Banks s'époumone sans ouvrir la bouche, monte en volume et module sans donner l'impression de fournir le moindre effort, réussissant le prodige d'emplir de ses menaces et de ses plaintes une arène de quasiment 10 000 personnes par dessus des guitares tapageuses. Daniel Kessler assure, derrière l'élégance de ses comparses, un spectacle assez dérangeant et ridicule de danse vaudevillesque, fendant la scène d'un pas qui rappelle celui de Bourvil. Carlos baisse les épaules à la basse et enquille cigarette sur cigarillos. Le batteur Fogarino, qu'on dit le véritable leader du groupe (car le plus âgé) réunit de temps à autre ses troupes autour de sa caisse pour un briefing d'équipe de rugby. En milieu de set, le groupe place un "The Lighthouse" expérimental qui n'a malheureusement pas, dans cette salle immense, la récompense à l'applaudimètre et la poésie escomptées. Le moment même décevant reste impressionnant de cohésion et de mélancolie. "Heinrich Manoeuver" fonctionne bien mais ce sont les titres les plus connus du 2ème album qui recueillent le plus de succès : "Evil" et "Slow Hands" en tête, signent que les kids (trentenaires pour la plupart) ont vraiment mordu à l'hameçon à ce moment-là. Sur le plan musical, on continue de chérir particulièrement les morceaux de Turn On the Bright Lights qui trouvent sur scène une énergie et une densité extraordinaires : "PDA", "Obstacle 1", "NYC" et "Stella Was A Diver" (en rappel) figurent parmi les meilleures chansons indie rock de ces 5 dernières années. Le nombre des titres joués tirés de l'album de 2002 ne laisse pas dupe et laisse à penser que le groupe sait déjà (sans se l'avouer) que le meilleur est... derrière lui. Arc-boutés sur un son cold wave qui rappelle les belles années de Cure, les Interpol dégagent alors une vraie force collective qui ne s'assied jamais sur les mélodies. Le "romantisme noir" du groupe, au bruit clair comme de l'eau de roche, fait fondre les Belges comme des gauffres. "Leif Erikson" et "The Specialist" (mes deux titres préférés) manquent à l'appel des 1h45 de concert (Interpol rajoute un second rappel) mais je me console en rêvant du quatuor en groupe de vieux briscards à la Cure, jouant d'ici 10 ou 15 ans des sets de 2h30 et leur premier album dans l'ordre comme s'ils y croyaient encore. Le gros Robert est annoncé au Forest National pour février ou mars 2008 et les spectateurs promettent de s'y retrouver. D'une grosse machine splendide et sans âme, le groupe a grandi pour proposer un spectacle sans sueur mais globalement émouvant et ultrasolide. On peut dire de la musique et du style du groupe qu'ils appartiennent au passé et non à l'avenir du rock; mais de ce passé, on ne se fatiguera pas de si-tôt.
Commentaires
De Noirval, posté le 30.11.07 à 17:16
![]() Blonde Redhead, surcôté? Je crois qui doit avoir une erreur, là! C'est un groupe immense... (sauf le dernier album 23 qui est décevant)
De Bellamy, posté le 02.12.07 à 20:20 ![]() Oh Blonde Redhead ça allait je trouve! Je n'avais jamais écouté avant, mais depuis j'aime bien quelques chansons! Pour Interpol, c'était très cool comme concert! De Amour, posté le 03.12.07 à 17:35 ![]() Je ne compremds rien ! Il y a trop de choses à lire... Ajouter un commentaire |
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