Pram : Le rock de l'amibe
The Moving Frontier récemment signé chez Domino, ne déroge pas à la règle. Enfin, "la règle", c'est beaucoup dire. Disons qu'on y retrouve la flamboyance discrète de l'orchestre ivre, clabotant doucettement sur le pont du "fameux trois-mâts fin comme un oiseau" (Hisse et ho ! Hic !) Les bluettes chantonnées de la voix blanche typique de Rosie, entre folk et berceuses pour grands enfants ("Salt and Sand", la mer toujours, "The City Suveyor" qui pourrait être la B.O. d'un film d'Ed Wood, le soft jazz de "Salva"), la guitare lysergique de Matt ("Moonminer", un hommage à My Bloody Valentine ? Ou l'exotique "The Silk Road"), les envolées magnifiques ("The Empty Quarter") dont on dirait qu'elles les dépassent après un retour au calme étonné, comme si le groupe se disait "Oups, sorry, ça nous a échappé". Les ritournelles de boites à musique electronica ("Iske", "Sundew", "Hums Around Us"). On aime aussi les instants en apesanteur qui donnent l'impression de faire la planche sur une mer d'huile ("Beluga") ou les plans grand orchestre à la Sun Ra ("Blind Tiger"). "Les frontières sont mouvantes" en effet chez Pram, c'est une musique fluctuante, une musique de l'âme. Ce n'est pas un lac, mais bien un océan. L'écho des vies et les souvenirs des myriades de créatures qui y vivent, et y vécurent, nous parviennent ici dans un millier de mélodies, complexes comme un kaléidoscope dont les motifs seraient trop éblouissants pour être distingués avec précision. Avec The Moving Frontier, Pram signe encore une fois un disque hors du monde et hors du temps. Tout bonnement parfait. Merci Rosie, merci Matt.
PRAM - The Moving Frontier (Domino/PIAS) CommentairesAjouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum musique :
|