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Monika : Une fille plutôt sage pour son âge

Posté par Maxence le 20.02.08 à 18:26 | tags : myspace, label, rock, pop, électro

A l'image de "l'effet papillon" - celui dont on dit qu'un simple battement d'aile à un coin du globe peut provoquer une tempête à l'autre bout - la mort d'un poisson rouge nommé "Monika" aura eu d'étonnantes répercussions dans le domaine musical. C'est en effet après le "suicide" du dit poisson en 1997, que Gudrun Gut, incarnation du Berlin new wave des années 80, décide de créer Monika Enterprise un an plus tard. Dix ans donc que la structure berlinoise qui se consacre à l'épanouissement des filles dans l'électro, jouit d'une aura de respectabilité chez les connaisseurs du post rock et de l'electronica. Fort d'un catalogue d'un peu plus d'une centaine de références, Monika fait partie de ces labels discrets mais indispensables dont je prends régulièrement des nouvelles, par habitude peut-être, par respect aussi. Un intérêt qui s'explique facilement car sans en avoir l'air, la "petite entreprise" est au cœur d'un réseau qui compte des artistes aussi incontournables que Thomas Fehlmann, Thomas Brinkmann, le boss de ~Scape, Stefan Betke (Pole) ou Robert Lippock (To Rococo Rot, Tarwater). Proche de la mouvance Kompakt et Ladomat, c'est grâce à l'électro pop mélancolique de Barbara Morgenstern, ainsi qu'aux soirées Ocean Club du WMF Club à Berlin, que Monika a acquit sa notoriété. Aborder l'histoire du label revient à faire un saut d'une vingtaine d'années en arrière et à imaginer le Berlin ouest des années 80, le quartier de Kreuzberg, sa scène punk colorée et défoncée, ses premiers soubresauts électroniques.

 

C'est aussi ce qui donne envie de saluer cette compilation, Monika Bärchen - Songs for Bruno, Knut & Tom, réunissant la fine fleur du label, soit des artistes - majoritairement féminins - choisis par la tête pensante de Monika Ent. et enchaînés, avec élégance, comme sur un véritable album. Sur cette rétrospective on notera entre autre l'omniprésence des filles sélectionnées pour la série "4 Women No Cry" initiée en 2005. C'est le cas d'Eglantine Gouzy & Landini, sur le magique "L.A.", un titre oscillant entre electronica et pop, mais aussi des miniatures à la fois expérimentales et mélodiques de Chica & The Folder, Milenasong et Rosario Bléfari (cette dernière étant la plus "rock" des trois). Pour le reste, les amateurs retrouveront avec plaisir l'electro-pop-rock imaginative de Masha Qrella (dans une relecture electroacoustique du "Goodnight Lovers" de Depeche Mode), l'ethno electronica élégante de Robert Lippock, le folk répétitif teinté d'electro de Max Punktezahl, l'autre révélation de ce disque, ainsi que la minimal techno de Gudrun Gut et Quarks ou les paysages sonores de l'exceptionnelle Barbara Morgenstern. Ni cérébral parce que toujours poétique, ni bêtement dansant parce que toujours subtil, Monika Bärchen affiche une ouverture d'esprit bienveillante tout en gardant la pertinence de ton reconnaissable entre tous et propose une agréable alternative au formatage des musiques électroniques actuelles.

 

V/A Monika Bärchen - Songs for Bruno, Knut & Tom (Monika Ent./La Baleine)

 

http://www.myspace.com/monikaenterprise

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