Prenons The Mountain Goats en marche
Heureusement pour nous, Heretic Pride, le dernier album des Mountain Goats, arrive avec tous les signes annonceurs du train qui entre en gare pour faire monter un maximum de passagers et cette fois j'ai décidé de prendre mon siège. Si la carrière des Mountain Goats est sur les mêmes rails que celle de la plupart des artistes, cet album sera aussi le dernier bon : l'album où ils rassemblent leur forces une dernière fois pour un disque plus poli et travaillé, une œuvre moins personnelle dans l'émotion que dans le style et qui montre un peu tout ce que Darnielle a accompli dans sa carrière. Sauf que ce récapitulatif donne à entendre un artiste beaucoup trop singulier pour suivre une trajectoire prévisible.
Avec une voix nasillarde difficile à avaler aux premières écoutes et une guitare acoustique traitée avec une délicatesse de bucheron, Darnielle joue des chansons pleines de trop de mots, de solitude, de colère, d'ironie, d'amertume et de beauté. Quelques violons ou chœurs viennent parfois les adoucir ou au contraire des guitares électriques sont rudoyées et des tambours sont battus pour ajouter du poids aux menaces de la guitare de Darnielle. Au cœur pourtant, toutes ces chansons restent avant tout des pièces de folk lettré interprétées avec une intensité pugnace jusque dans les moments les plus doux. "Lovecraft In Brooklyn" est pleine d'une paranoïa à la hauteur de son titre tandis que "Tianchi Lake" est aussi sereine et revigorante que les quelques brassées évoquées dans les paroles, l'étrangeté en plus. "So Desperate" est trop touchante pour être saine pour nous, "Sax Rohmer #1" est sur le papier trop écrite pour être possiblement délivrée avec l'intensité primitive avec laquelle elle ouvre pourtant bien l'album et le final "Michael Myers Resplendent" trop ironique et amer pour que son auteur en reste là très longtemps. C'est ça, l'album accessible des Mountain Goats sur lequel les angles ont été arrondis ? Dois-je avoir peur d'écouter les autres ? Certainement, mais maintenant ça ne suffira plus à me retenir.
The Mountain Goats - Heretic Pride (4AD) Commentaires
De Depassage, posté le 18.03.08 à 20:44
![]() Coucou, A tout hasard, je vous conseille The Sunset Tree (2005), un de ses rares accès autobiographiques à propos d'un beau-père violent. C'est à mon sens l'album le plus accompli, le plus émouvant et le plus équilibré de sa période 4AD (avant effectivement, c'est beaucoup plus touffu). De 2goldfish, posté le 19.03.08 à 13:06 ![]() Merci pour la recommandation :) Ajouter un commentaire |
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