Thomas Brinkmann : Lourd comme un cheval mort
It rocks !, c'est la première impression que l'auditeur éprouvera à l'écoute de ce nouvel opus de l'Allemand qui s'accompagne ici de Winston Tong de Tuxedomoon pour un hommage non déguisé à la new wave et au rock dans sa veine la plus electro. Rassurez-vous, cela reste très raffiné, les filiations ne sont pas évidentes et constamment reliées au présent, à l'ambient et à l'electronica. Avec When Horses Die, ne vous attendez pas à de l'electrorock. Oubliez les sempiternels quatre accords, les rimes faciles et les voix insupportables. A la manière de Suicide dans les années 70, When Horses Die est un album électronique qui véhicule une "idée" du rock, plus qu'il "n'est" rock. L'allemand saisit l'essence, l'ambiance, de cette musique sans en copier les tics et les tropes. Le rock pour Thomas Brinkmann, s'exprime dans toute sa noirceur. Sur "Words" morceau manifeste qui ouvre ce disque éminemment vocal, Brinkmann, tel un Chopin ténébreux, articule son texte d'une voix caverneuse sur fond de piano solitaire. Un sentiment d'abandon plane sur tout l'album d'obédience Velvet/Suicide. When Horses Die semble issu des trottoirs de New York, reflets contemporains des facettes les plus dérangeantes du groupe un temps chaperonné par Andy Warhol (la décadence, l'addiction) ou du duo Alan Vega/Martin Rev (l'obsession du contrôle, l'hypertension). Forcément transgressif et extrémiste, When Horses Die se pare également de stupéfiantes circonvolutions psychédéliques ou d'un tempo martial EBM (voir "Uselessness" qui évoque le croisement de D.A.F. et de Nine Inch Nails dont le leader Trent Reznor est d'ailleurs remercié dans le livret). Sur "Birth & Death" ou "It's Just", pure heroin music teintée d'electronique plutôt discrète, on pense même aux dérives hallucinées de Spacemen 3, le mythique trio de rugby, auquel Brinkmann emprunte le roulement de batterie de "Revolution". Mais le producteur ne se contente pas de cette matrice référentielle, il façonne également de drôle de morceaux hybrides. De l'ambient rampant lourd "comme un cheval mort" ("Spiral"), des ballades désenchantées ("40"), de la jungle amorphe ("Meadows"), du dub industriel ("Souls"), du grime de bikers ("2suns")... A l'image de son créateur, When Horses Die se révèle un album inclassable, innommable et pourtant parfaitement passionnant.
Thomas Brinkmann - When Horses Die (Max Ernst/La Baleine, fév 2008) Commentaires
De digitalbaicyn, posté le 27.02.08 à 00:26
![]() Nouveau groupe de granada De alba, posté le 04.05.08 à 15:14 ![]() le cheval et-il inteligent? Ajouter un commentaire |
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