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Antonelli : Soul Electric pour oldschooler

Posté par Maxence le 04.03.08 à 18:14 | tags : électro, techno, pop, label

Avec Jörg Burger (aka The Modernist, The Bionaut, etc.), Wolfgang Voigt et Thomas Brinkmann, Stefan Schwander dit "Antonelli" fait partie des pionniers discrets et pourtant éminemment respectables, d'une certaine techno allemande mélodique et raffinée née au cœur des années 90. Originaire de Düsseldorf, le fondateur du label Italic est de ces producteurs pour qui l'aspect pop et l'harmonie compte autant que les révélations explosives de la house de Chicago et de la techno découvertes à la fin des années 80. Actif depuis une dizaine d'années sous des pseudos divers (Antonelli, mais aussi Antonelli Electric, Antonelli Electr., A Rocket in Dub, Repeat Orchestra ou Rhythm Maker), une habitude typique des acteurs de la techno de Cologne avec qui Schwander partage de nombreux points communs, l'Allemand est à l'origine d'une house d'orfèvre, à la fois sophistiquée et brute de diamant, qui doit toute sa personnalité à la deepness totalement hypnotique de ses tracks habillés de subliminales et sautillantes mélodies.

 

Sur Soulkiller, son sixième album, Antonelli s'offre un flashback et revient aux bases de ce qui faisait l'electro des années 80. Entièrement produit à partir de machines analogiques, de bons vieux synthétiseurs et des séquencers vintage, l'album est enregistré dans des conditions live sur un simple magnétophone. Warning, all tracks recorded live to tape recorder, no computer used, no overdubs, strictly harware melody, mono machine drum, prévient d'ailleurs l'intéressé dans son livret. Et il y a naturellement une forme de poésie dans cette démarche, le choix résolu d'un ascétisme volontaire dans le sens noble du terme. De fait, rarement techno aura sonné aussi "naturelle" et fraîche. Une fraîcheur qui est paradoxalement la conséquence d'une discipline et d'une austérité assumées, qui viennent redorer le blason d'une techno minimale de plus en plus décriée. Sur "Soulkiller", point de facilitée, malgré l'évidence d'enchaînements répétitifs subjuguant et prononcés. On reste simplement fasciné par la finesse des patterns ("Claps Unlimited"), le groove bondissant ("Hamilton"), les nappes évanescentes ("Ensemble of Eight"), ou le sens du décalage pop en forme de clins d'œil sur l'éponyme "Soulkiller", sans oublier "When Terry Sings", un hommage non déguisé au chanteur des Specials, Terry Hall. Disque généreux à l'énergie rayonnante et aux mélodies directes et franches, Soulkiller bénéficie également d'une "touch of soul" vraiment particulière, de celle qui fait d'Antonelli un artiste unique et l'un plus brillant outsider de l'electro allemande, pas moins.

 

Antonelli - Soulkiller (Italic/Nocturne, fév 2008)

http://www.italic.de/

Commentaires

De Tom, posté le 11.03.08 à 09:07 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
T'es au courant que cet album que tu défends s'est fait laminer par la critique acerbe du mag Tsugi? Encore une fois, en tant que pour un pôvre mortel qui compte ses sous et qui n'a pas la chance d'avoir tous les jours des cds gratos dans sa boite aux lettres, est ce que cet album vaut vraiment L'achat ou qu'on s'y penche, tout simplement?

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