Albums cultes des géants du bizarre #33 : Young Marble Giants - Colossal Youth
Tic Tic, Toc Toc, Tic Tic, Toc Toc, c'est ainsi que débute ce Colossal Youth dont le titre ne peut se lire que comme une énorme blague, tant les compositions de ces trois-là feraient passer n'importe quel titre de Wire pour du rock progressif boursouflé. A eux trois, ces Anglais introvertis signèrent pas moins qu'une vingtaine (plus un) de classiques instantanés ("N.I.T.A.", "Salad Days", "Wurlitzer Jukebox!"). A la fois poétique et surannée, leur musique construite sur de petits riffs nerveux ("Include Me Out", "Music for Evening"), accompagnée d'une boite à rythmes rachitique ("Searching for Mr Rigth"), le fameux stylophone ("The Taxi") et d'une basse post-punk - autant dire new wave - ("Eating Noddemix", "Constantly Changing") s'intronise pop minimale avant-gardiste malgré elle et ouvrira la voie au mouvement lo-fi dans les années 90. Adulé par Peter Buck de R.E.M., Colossal Youth était aussi le disque fétiche de Kurt Cobain tandis que "Credit In The Straight World" fut repris par Courtney Love de Hole. Intemporel, il inspirera plus tard des artistes comme The Notwist, Tarwater ou To Rococo Rot. Musique pour robots en manque d'amour ("The Man Amplifier") piqueté de funk blanc dépressif ("Wurlitzer Jukebox!") et de calypso racho ("Salad Days"), Colossal Youth est aussi l'album de chevet de Thomas Morr, le fondateur du label de référence de la pop électronique et mélancolique, Morr Music. Cet aspect à la fois funky et anémique des derniers morceaux de l'album, sera d'ailleurs la carte de visite d'Alison Statton qui partira plus tard fonder Week-end. 28 ans après, Colossal Youth nous laisse toujours sur les genoux, époustouflés. Et dire qu'il y en a encore pour penser qu'il ne s'est rien passé dans les années 80, alors que le talent et le génie de ces trois-là auraient pu, à lui seul, suffire à toute une décennie. A noter que le groupe s'est réuni exceptionnellement à l'occasion du festival ATP (All Tomorrow's Parties) 2007, dont le curateur était le webzine Pitchfork. Colossal Youth a également été réedité en 3 CD remplis de bonus et de goodies. On lui préférera pourtant à jamais la version originale, et séminale, de Rough Trade.
Young Marble Giants - Colossal Youth (Rough Trade, 1980) Commentaires
De Kill Me Sarah, posté le 05.03.08 à 19:36
![]() Ah j'adore ce disque, c'est une merveille de fraîcheur. (pas contre Weekend c'est pas ça du tout) De Maxence, posté le 05.03.08 à 19:41 ![]() Ouais, Week-end c'est une sorte de Carmel, ou Everything but the girl palôt... c'est vrai. De Kill Me Sarah, posté le 05.03.08 à 20:40 ![]() Par contre j'aime bien l'album de The Gist de Stuart Moxham (d'ailleurs Daho avait une reprise d'une de leurs chansons (love at first sight)) De david, posté le 05.03.08 à 20:48 ![]() "A cause de l'aura de respectabilité sans partage dont ils jouissent outre-atlantique, on oublie souvent que les Young Marble Giants sont anglais." mmmh pas exactement. Cardiff est au Pays de Galles. Ils sont du royaume uni, mais pas anglais De Maxence, posté le 05.03.08 à 20:51 ![]() Arg ! David m'as tué... "Britannique" aurais-je du dire, ou "Citoyens du Royaume-Unis" (soyons fou) !!
; ) De BK, posté le 06.03.08 à 12:19 ![]() Mince, j'ai cette album sur ma liste des trucs à absolument écouter, vite, vite. De jopo, posté le 19.03.08 à 10:29 ![]() Je crois que Week End mérite réhabilitation… si certes, c'est un peu du Carmel, Working Week (qu'une partie de YMG rejoint parès le split), le disque "varieté" est quand même risqué pour son temps. Stereolab et consort l'ont pillé sans vergogne. Ajouter un commentaire |
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