Drone metal : Le chapitre final
Finalement, de 2006 (année métal) à aujourd'hui, le genre bourdonnant et puissant, dont certains d'entre nous continuent d'observer les mutations les plus improbables, semble avoir (déjà) fait le tour de ce que la musique contemporaine - acousmatique, ambiant, dub, industriel, math - pouvait lui apporter. Du noise extrême au metal manga, en passant par le revival Black Sabbath et l'hommage appuyé à Earth, le metal a parcouru toute la fréquence du spectre pour revenir là où tout commence : la haute fréquence indomptable et indomptée, le drone ultime, ce bourdonnement venu du fond des âges incarné par Sunn O))), KTL (dont nous parlons ici et ici) et autres évocations maléfiques, mais, forcément, salvatrices en ces temps d'ascèse électronique minimale ou d'hédonisme proto-néo-disco.
En ce sens, les albums qui nous intéressent ici, sont symptomatiques d'une époque. Avec Smile par exemple, le dernier album de Boris, les japonais se réfugient dans les bras de maman, entamant une régression infantile bienvenue, celle que pratiquent les grands artistes quand ils veulent retrouver l'innocence des origines. On se couvre la tête de boue et on crie à la lune tout nu dans la prairie. En l'occurrence, le combo japonais préfère revenir à la simplicité J-pop, aux génériques d'anime des années 80, au hair metal le plus improbable, bref, à mille lieux de la noise pure et dure, Smile est un album revigorant, psychédélique en diable, jouissif et jouisseur, qui fera bondir plus d'un fan de musique torturée et malade. Et c'est tant mieux.
A l'autre bout de ce spectre musical, il y a, encore et toujours, la puissance brute. L'agression sauvage, incarnée dans la rencontre Boris + Merzbow. Entre heavy rock maltraitant les solis comme de beaux diables et drone post-rock vrillés, Rock Dream offre en effet, le temps de deux CD magnifiquement packagé par Stephen O'Malley, la parfaite antidote à un metal qui se prend trop au sérieux. Ironique, cette double galette de "rock de rêve" n'est que résurgence d'un passé rock imaginaire, où le grotesque se dispute au pachydermique. Drôle, mais plombant. Le champ du cygne en quelque sorte. Encore, une fois, Rock Dream illustre bien la situation dans laquelle se trouve le metal aujourd'hui : Les années d'or du "metal pour hypster" sont certainement derrière nous, mais gageons que le genre n'a pas fini de nous surprendre, pour cela, nous pouvons encore lui faire confiance.
Boris - Smile (Southern/differ-ant) Commentaires
De Cadfael, posté le 22.04.08 à 17:59
![]() Je trouve ce nouvel album plus brutal et moins hypnotique que leur précédent "Pink" qui était une merveille....et dieu que je déteste le métal ! De Maxence, posté le 22.04.08 à 19:17 ![]() Comme tous les auditeurs de metal de Playlist Cadfael si cela peut te rassurer ; ) De metal-city.com, posté le 18.05.08 à 15:57 ![]() Et ben bonjour j'ai mis un nouveau site web en ligne et il me manke les chroniqueurs ... alors s'il y a kekin interessé voila mon mail mbhdeth@yahoo.fr chrniquer news tt n'importe koi lol ciao Ajouter un commentaire |
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