Quand Manu Chao chauffe une cigale, le concert qui vient ensuite ne peut pas être foncièrement mauvais. Même si Manu s'est fait discret lors de ses apparitions sur la scène d'Amadou et Mariam, difficile d'échapper au feu qu'il déchaîne avec ses rythmes effrénés que l'on connaît par coeur, mais dont on ne se lasse pas. Pourtant, malgré son immense présence scénique, Manu Chao n'a pas fait oublier la musique lumineuse de ce couple débordant de générosité et époustouflant de charisme. Les cordes extatiques de la guitare d'Amadou ressucitent un John Lee Hooker en transe (ce qui n'est pas sans rappeler les chants mystiques de Tinariwen). Le djembé, frénétique, se lance dans des duels avec la basse, la batterie, jusqu'à la syncope. Teintés d'une fausse naïveté, les mots doux de Mariam et d'Amadou, chantés en français et en bambara, comme les gestes tendres qu'ils ont l'un pour l'autre, ont redonné le sourire aux aigris de la vie parisienne, et une envie de dimanche à Bamako.
Amadou et Mariam, en concert le mardi 17 mai à la Cigale