You may need a murderer, Vis ma vie de Low
Le trio de Duluth (ville du Minnesota) est réduit dans ce DVD à son essence même, représentée par le duo Alan Sparhawk/Mimi Parker, membres fondateurs du groupe et couple dans la vie. L'expérience interdite et impensable a permis à David Kleijwegt de s'imposer pendant 1 mois dans la vie des Sparhawk-Parker (en tournée, à l'église, dans leur ferme, au sein de la famille)...pas évident connaissant la discrétion du trio. Documentaire oui, mais surtout portrait d'un couple américain, mormon, parent de deux enfants et qui exerce en tant que musiciens dans un groupe de rock. En partant de Low, You may need a murderer se concentre principalement sur le couple, mettant quasiment de côté le 3ème membre (le bassiste Matt Livingston) qu'on voit peu et qui n'est jamais interrogé. Un documentaire intimiste et inquiètant, à l'image des premières scènes. Sparhawk chantant "Pretty People" dans un sous-bois, le visage peu rassurant et surtout convaincu de ce qu'il chante ("All the poets / And all the liars / And all you pretty people / You're all gonna die"). Confirmation obtenue quand on l'interroge sur la fin du monde imminente et qu'il approuve cette thoérie. Image et entrée en matière glaçante, qui n'est que le début d'une plongée dans l'univers des deux membres du groupe. Ce qui n'est pas brandi comme un trophée au sein même du groupe apparaît finalement ici comme une dominante majeure et essentielle dans la vie du couple. Une foi à toutes épreuves, qui donne à Sparhawk, une dimension insoupçonnée jusqu'ici. Cette foi-même qui le pousse à dire qu'il pourrait être appêlé un jour par Dieu pour accomplir certaines tâches (là il s'agit d'un meurtre). Une foi qui fait presque passer la musique au second plan. You may need a murderer n'est clairement pas un doc sur le groupe, ses compos, son histoire...aucune date, aucune mention d'albums n'y sont faites et il faut admettre que c'est finalement un bon procédé pour approcher le groupe dans sa face cachée. Enfin le film apporte aussi des images ou des explications pour accompagner l'écoute de la difficile mais troublante musique de Low. Un train de vie particulier (complètement en marge de ce que l'on peut attendre d'un groupe de rock), un environnement calme, des gestes et attitudes qui collent parfaitement à l'atmosphère d'un disque de Low. On pourrait presque parler de monotonie. On se demande parfos si un artiste est à l'image de sa musique ; dans le cas de Low, la ressemblance est bien présente et même rassurante, comme s'il elle apportait une sincérité et une valeur inestimable à sa musique que rien et personne d'autre ne pourrait produire. Le DVD vaut aussi pour ses instants de dialogue avec Mimi Parker et Alan Sparhawk, comme pour ses moments de silence et d'immobilisme. Extraits de concerts et sessions acoustiques inédites viennent agrémenter ce portrait inquiètant mais prenant du groupe.
Titres acoustiques : 01. I Started A Joke ( 4:13)
Low - DVD You May Need A Murderer, 2008 Commentaires
De éèëê, posté le 13.08.08 à 11:14
![]() ça me fait penser à l'une des meilleures interprétations du couple Parker / Sparhawk : la chanson "Codes" sur 360 Business / 360 Bypass de Pan American. C'est le premier morceau que j'ai entendu d'eux, et bizarrement, la musique de Low m'a parue... logique après ce morceau très dub. Ajouter un commentaire |
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