T'écoutes quoi doudoudidon ? (2) : 21 chroniques "Creative" subjectives Mon Creative est plein à craquer cette semaine mais je ne suis pas très satisfait de ma sélection estivale : un peu trop saisonnière à mon goût, pas assez équilibrée en vieilleries et surtout comportant trop de déchets pour supporter en toutes circonstances une transhumance agréable, en train ou en voiture. Après quelques soucis techniques (le fermoir du Creative est extrêmement fragile - 2ème échange en 1 an), j'ai retrouvé le plaisir de me servir de mon baladeur. J'expérimente depuis quelques semaines maintenant les écouteurs dits "internes" qui se positionnent directement dans l'oreille. C'est à la fois écoeurant et sûrement le meilleur moyen de devenir sourd (bizarre, aucun fabricant ne communique sur les risques potentiels) mais ça marche : le son est excellent et on s'y croirait. Petite revue des 21 albums qui tournent.
1. Altspeak - It's Up to You : premier album d'un groupe de Seattle, It's Up To You est sorti début juillet et se trouve un peu partout en téléchargement en ce moment. C'est un bon album pour ceux qui aiment l'indie pop : un mélange assez abouti de Oasis pour le son et le chant, avec des résurgences brit pop plein les plages, noisy pop par moment. Je me suis promis de me plonger un peu plus profondément dans les chansons de ce groupe (les textes,...) pour voir s'il y avait mieux à prendre chez eux qu'une simple imitation nostalgique. Très écoutable en attendant et une vraie découverte.
2. Amanda Palmer - Who Killed Amanda Palmer ? Premier album de la brechtian punk des Dresden Dolls, produit par Ben Folds, Amanda Palmer, ce Who Killed qui sort dans quelques semaines me conforte dans l'idée que cette musique n'est pas tout à fait pour moi, même si l'album est très bon. Le syndrome Castafiore-Cranberries- Björk-Mystère des Voix Bulgares est encore sous contrôle. L'album est tout en voix et rappelle quelques bons (et moins bons) passages de Siouxsie Sioux. Mais j'ai du mal avec les voix qui pleurent et font trop d'effets mais la scansion de Palmer est impressionnante. Les textes sont habiles, les mélodies plutôt agréables. Dans le genre, j'ai toujours préféré Anne Clark, plus sec, plus aride mais infiniment plus simple. Pas sûr que j'écoute cet album très longtemps néanmoins mais il vaut le coup d'oreille.
3. Black Kids - Partie Traumatic : Ils viennent de Floride, ils font de la musique de m*** imparable et surtout impeccable pour l'été. J'étais sceptique quand j'ai écouté ce disque pour la première fois (les Black Kids avaient lâché quelques bons singles en début d'année) et je me suis lentement laissé gagner par leurs hymnes concon. Les textes après examen ne sont pas si mauvais, mais il faut accepter de se laisser entraîner dans des trips régressifs. Sensualité, basdufrontisme, sautiller sur place : voilà le programme. On y revient dans une chronique digne de ce nom.
4. Brett Anderson - Wilderness : rien de sauvage dans ce nouvel album de l'ancien leader de Suede, Wilderness qui sort à la fin août, mais au contraire du crooning du plus bel effet, placé sur un piano-violon. Anderson est complètement essoré, sans énergie mais chante toujours aussi crânement. Les textes sont sombres, le ton désespéré et on se demande où sont passés les rêves de grandeur de l'ancien frontman flamboyant. Ce n'est pas désagréable (mais très ennuyeux), un rien nostalgique et parfois presque faux. Anderson est trop présomptueux : on ne peut pas faire tenir un album entier sur son organe. Il y a quelques excellents titres sur l'album, "Clowns", "Funeral Mantra"... On se demande tout de même comment on peut encore être fan de ce mec aujourd'hui.
5. Christophe - Aimer Ce Que Nous Sommes : Comme pas mal de monde, j'ai un peu de mal "psychologiquement" avec Christophe mais me suis rangé à l'avis de Maxence et des critiques. J'ai donc finalement téléchargé cet album pour l'écouter attentivement : expérimentations sonores à tout va, un son sublime, une atmosphère... généreuse. La voix de Christophe continue de me rebuter et j'ai encore un peu de mal à séparer le personnage que j'ai toujours trouvé ridicule de sa musique mais je me soigne. Christopher pourrait tout aussi bien être le Scott Walker français que je n'y verrai que du feu. La culture a un prix et je ne sais pas si je pourrai le payer, s'agissant de Christophe, cette fois-ci. Je suis sûr que non. On y va pour entendre. C'est beau mais non merci.
6. Cinerama - BBC Session : Je ne suis pas encore sorti de ma période The Wedding Present, suite à la découverte d'El Rey, leur dernier album. Du coup, je me suis aussi replongé dans l'aventure Cinerama. Le coffret 3 CD des BBC Sessions est non seulement très beau mais un petit trésor. J'ai un faible pour le volume 2 et l'ouverture : "Your Charms", une chanson sublime de Gegde dont le livret raconte que le titre lui a été indiqué (une sorte de commande) directement par John Peel. Le son est tout à fait indiqué pour un repas de plage, avec cocktail et olives, sable et bikini ajusté. C'est élégant.
7. CSS - Donkey : A côté des Black Kids, le deuxième album des Brésiliens sexy ressemble à un album de Nick Cave. C'est au choix beaucoup moins drôle qu'avant ou une évolution vers la maturité. Très honnêtement, pas le genre de disques que j'écoute d'habitude, même si le son est excellent. Le bassiste originel s'est fait la malle et a été remplacé par le premier batteur. La production est assurée par le vieux routier Mark Spike Stent. C'est à la fois solide et un rien ennuyeux. Le problème de ces groupes réjouissants, c'est que la spontanéité se perd très vite. Qu'est-ce qu'on peut faire ensuite ? Ecrire des chansons, oui, mais comme il en faut au moins 11 pour faire un album...
8. Del The Funkee Homosapien - Eleventh Hour : je suis fan de Del The Funkee depuis ses premiers pas solo (I Wish My Brother George Was Here, en 1991, découvert par hasard lors d'un séjour linguistique en Angleterre !) et je continue de le considérer comme un des meilleurs rappeurs du monde. Après le pic Deltron 3030, Del The Funkeea sorti un beau best of et ce nouvel album que je trouve tout simplement impeccable. Ce n'est pas le plus varié des rappeurs, pas le plus imaginatif mais il chante juste et a un flow qui m'enchante. Cela fait 4 mois au moins que j'écoute cet album et je n'arrive pas à l'épuiser.
9. Dirty Pretty Things - Romance At Short Notice : En d'autres temps, on aurait fait tout un plat de ce deuxième album des DPT mais pas un mot cette fois. Carl Barat et ses amis livrent pourtant une copie propre sous haute influence Kinks-Beatles. C'est parfois complètement à côté de la plaque, toujours joué avec le rétroviseur en main mais c'est parfois très agréable. Considéré par la plupart comme un album raté, Romance n'est pas si mauvais et peut faire plaisir à tous les fans de pop anglaise. Barat continue de souffrir de sa séparation avec Doherty (qui est enfermé à la campagne pour enregistrer son premier album solo).
10. Hans Zimmer et James Newton - The Dark Knight Soundtrack : après avoir vu le film, je cède à la folie The Dark Knight, Le Chevalier Noir avec cette BO du pape du scoring US. Après Rain Man, Zimmer est devenu une machine à composer des musiques originales (souvenez vous Gladiator). Il est si productif qu'on l'a accusé souvent de se contenter d'encadrer les travaux de musiciens à sa botte. La BO de Batman est au moins aussi bonne que le film, alternant les séquences symphoniques dynamiques et les épisodes apaisés. La musique tient évidemment la route sans le film qui va avec.
11. Human Highway - Moody Motorcycle : C'est mon album de l'été. Un groupe canadien formé de Nick Thornburn et Jim Guthrie, des héros des musiques souterraines pop. Moody Motorcycle rappelle un peu le Plastic Operator de l'année dernière mais aussi certains albums des Radar Bros. C'est à la fois un peu pop, un peu electro, un peu tout : comme du Herman Düne en plus professionnel, dansant, sérieux et formidablement inspiré. L'intro de "The Sound", l'un des titres de l'album, est l'un des gimmicks sonores les plus évidents que j'ai jamais entendu depuis Babybird. A découvrir absolument.
12. Joy Division - Best of : sans commentaire. Un best of sans intérêt si ce n'est quelques titres live fourrés en bonus. Une jolie pochette et des chansons dont on ne parle plus.
13. Kid Carpet - Casio Royale : deuxième album du Bristolien Ed Patrick. Kid Carpet fait de l'electro pour les gosses, les nuls avec des instruments de base, des Casio, des trucs de chez Fisher Price. Certains appellent cela de la "shit-pop" tellement ça a l'air mauvais ou de la "kiddy disco punk". Le premier album était assez emballant et celui-ci l'est (presque) tout autant. Là encore, c'est assez régressif, parfois outrancier (les chansons sont trop longues, parfois rasoir et toujours bâties sur des motifs répétitifs) mais souvent magique et mélodiquement bien trouvé. De la musique qui met en joie. Saisonnière. Solaire etc. Les meilleurs titres sont les plus courts comme le génial "Can't Stop the Pop", imparable.
14. Mercury Rev - Snowlake Midnight : l'album payant qui sort fin septembre traîne déjà partout alors que le disque compagnon qui sera offert en téléchargement est introuvable. Ironie du piratage. L'album est vendu comme une expérience sonore incroyable, un trip psyché-tantrique à la hauteur disons d'un film de Terrence Malick. A l'arrivée (même si je n'aime pas beaucoup Mercury Rev), il faut avouer qu'il y a un énorme travail de production. On se croirait chez l'ami Christophe. Pourtant cela sonne plus prétentieux que beau, plus lourd (à l'arrivée de la synth pop rien que ça) que divin. Tant qu'à vouloir suggérer l'immensité de la Terre, des phénomènes naturels, autant se taper un CD d'ambiance de chez Nature et Découvertes. La voix de Donahue est difficile à soutenir sur la durée. Je vais persévérer au delà des 3 écoutes réalisées jusqu'ici.
15. The RZA - Digisnacks : si on excepte les trop nombreuses séquences RnB qui polluent cet album, Digisnacks est un chouette album du RZA, qui n'avait plus rien fait (tout seul) depuis Afro Samurai, dont on avait parlé. Cela reste du hip hop de très haute volée pour ceux qui n'aiment pas le hip hop ou n'en sont pas des spécialistes. La manière de mixer les sons de RZA reste inimitable.
16. Sophia - Technology Wont Save US : j'adore Sophia (un type quasi seul qui s'appelle Robin Propper-Sheppard). Cet album sorti en 2006 est le plus ambitieux de tous : les chansons ont une amplitude que n'avaient pas celles de Fixed Water. La voix de Propper-Sheppard est hypnotique et l'accompagnement, souvent quasi-acoustique, donnent un résultat souvent aussi désolé et glaçant que les premiers Palace. C'est évidemment parfois un peu monotone, voire morne, mais splendide.
17. Stereolab - Chemical Chords : Pourquoi pas écouter le nouvel album de Stereolab après tout ? (sortie mi-août). Le groupe qu'on aime ou qu'on aime pas à une certaine importance dans le paysage indie anglais depuis son Emperor Tomato Ketchup. Le dernier est dans la lignée des précédents (et sûrement des futurs) : une pop vintage avec ce chant si particulier aussi agaçant qu'indéchiffrable. On y trouve quelques chouettes morceaux comme "Self Portrait with Electric Brain" ou l'étrange "Nous Vous demandons Pardon". Stereolab est une valeur sûre et indémodable.
18. The Smiths - Complete Peel Sessions : sans commentaire. Impossible de ne pas avoir un Smiths dans la machine. Les Peel Sessions y sont depuis si longtemps que je crains de ne pouvoir plus les effacer.
19. The War on Drugs - Wagonwheel Blues : le rapprochement de ce nouveau groupe avec les icônes américains Dylan et Springsteen est assez vite fait. Les War On Drugs ont décidé de jouer un mauvais tour aux musiques américaines. Quand c'est réussi, ça ressemble à un bootleg de Jesus and Mary Chain vs Dylan emballant, quand ça ne fonctionne pas on se croirait à Nashville en train d'écouter un bluesman chiqué branché sur secteur. La voix (voir Dylan) est caractéristique, limite horripilante mais le groupe tente vraiment d'expérimenter : des plages quasi instrumentales sont lumineuses, il y a quelques titres électriques de toute beauté. A découvrir pour se faire une idée.
19. The Wedding Present - The RCA Years : une excellente compilation des premiers albums du groupe. Le Wedding Present se révèle comme le groupe le plus excitant de l'époque : des pop songs jouées à toute berzingue, des paroles déchirantes et amusantes à la fois. Ceux qui ne connaissent pas Gedge et sa bande ont tout intérêt à se précipiter sur cette compilation.
20. Wire - Object 47 : Maxence en parlera plus tard. L'album n'est pas mauvais à mon sens et assez pop. Avec Object 47, cela reste quand même un peu Retour vers le futur, le son est un peu trop new wave pour l'époque même si on trouve pas mal de bizarreries électro. Le tout est ramassé en une grosse demie-heure. J'aime Wire pour ce sens de l'économie et cette précision pop, la fidélité au post-punk et cette capacité à résister aux titres à la rallonge et au délayage. Sobre et efficace à la fois. Commentaires
De Nicholas, posté le 15.08.08 à 15:34
![]() Petit aparté sur les écouteurs intra-auriculaires que tu sembles découvrir, ils sont justement bien moins dangereux que les écouteurs classiques. Etant donné qu'ils isolent bien mieux que ces derniers, aucun besoin de monter le niveau sonore a des volumes dangereux pour l'ouïe pour profiter de sa musique, même en environnement bruyant. En contrepartie, ils sont souvent plus sensibles, plus proches du tympan et donc potentiellement plus dangereux. Ca reste à l'appréciation de l'utilisateur. Il peut se rendre sourd avec n'importe quel casque s'il le veut vraiment. Sinon, bien d'accord sur la BO de Dark Night. Vraiment sympa. De Hugues, posté le 15.08.08 à 16:32 ![]() J'ai eu les deux phases, et les écouteurs intra-auriculaires sont plus dangereux, pour moi c'est certain. De Nicholas, posté le 15.08.08 à 17:15 ![]() Tu peux développer ? En quoi les intras sont plus dangereux ? Pour l'ouïe ? Pour des risques d'infection du canal auditif ? Ou autre chose ? Parce que j'ai eu grosso modo tout ce qui se faisait sur le marché entre les oreilles, à titre personnel ou pour test, des semi-intras aux moulés sur mesure. Et ce qui en ressort, c'est que le meilleure est l'isolation, plus faible est le volume d'écoute. De Hugues, posté le 15.08.08 à 19:07 ![]() Conviction acquise par expérience personelle: j'ai eu ma phase (quelques années) aux écouteurs intra-auriculaires (avec baladeur CD), ça a fini par me faire mal aux tympans (et je ne suis pas du genre à écouter fort). Depuis plusieurs années, j'écoute énormément de musique au casque chez moi, et je n'ai plus de problème. Entre temps je suis aussi passé par deux années d'animation radio, où on utilise le casque. Aucun problème non plus. Quant à l'isolation, elle dépend des casques aussi. J'ai plusieurs casques audio aux qualités d'isolation distinctes, selon qu'il couvre plus ou moins les oreilles. Ceux que j'utilise chez moi ne les recouvre pas totalement (contrairement à ceux qu'on utilisait à la radio). De arthur, posté le 16.08.08 à 11:25 ![]() Tu as raison sur un point : l'album de christophe est insupoortable. Je me suis fait avoir aussi en lisant les critiques. De Nicholas, posté le 17.08.08 à 17:40 ![]() Hughes> Le truc avec les intras, c'est qu'il est extrêmement difficile de tirer des conclusions à partir de ses expériences personnes. Par curiosité, c'était quels intras, avec quel type d'embouts ? Et tu compares ces intras avec quels casques ? Pour la radio, c'est sans doute un AKG ou le bon vieux Sennheiser HD25 qu'on retrouve absolument partout. De Hugues, posté le 17.08.08 à 18:36 ![]() sorry Nicholas, peux pas te dire, je n'ai plus ces écouteurs intra-truc, me souviens pas de la marque. L'embout était rond, comme une pommette de douche (j'ai de très grandes oreilles...). Pour la radio, yes, les marques que tu cites. Chez moi j'ai un Sennheiser HDR 120. De patrick, posté le 17.08.08 à 19:30 ![]() 21 critiques et ça parle casque : ça doit te faire plaisir, hein myosotis ? Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum musique :
|