Where the ladies at ? #4 : Queen Latifah, de l'art de rue au 7ème art Mouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.Passer du Hip-Hop tendance Zulu Nation à Hollywood, des combos avec KRS-One et De La Soul aux collaborations sur grand écran avec Catherine Zeta-Jones et Gérard Depardieu, pour se découvrir sur le tard en "crooneuse" de jazz façon Nina Simone, tel est le destin singulier de la reine des female MC's, miss Dana Elaine Owens aka Queen Latifah. Une touche à tout qui n'a pas fini de nous surprendre. Avant de reprendre le rôle de Sami Naceri dans le remake américain de Taxi, ou de donner sa voix à Ellie le Mamouth dans l'L'Age de glace 2, Queen Latifah aura donc connu une première vie de rappeuse. Et pas n'importe laquelle. Auteur, entres autres, de deux albums majeurs du rap féminin (All Hail The Queen et Black Reign), proche de la Zulu Nation d'Afrika Bambaataa et du Native Tongue de Jungle Brothers, De La Soul et ATCQ, responsable du décollage de la carrière de Naughty by Nature, le cursus de Latifah impose le respect. La native de Newark, New Jersey, prend le train du Hip-Hop dès le Lycée au sein du groupe Ladies Fresh. Le temps d'intégrer le Flavor Unit de DJ Mark The 45 King, qui glisse sa démo à Fab Five Freddy, présentateur de l'émission culte Yo ! MTV Raps. Nous sommes en 1988. Elle signe chez Tommy Boy, label phare du Hip-Hop, et sort un an plus tard son premier long format, All Hail The Queen, qui casse la baraque dans le sillage du single "Ladies First", en duo avec la rappeuse anglaise Monie Love. Si les Roxanne Shanté, Salt-N-Pepa et autres MC Lyte ont sévit avant elle, Latifah amène le rap féminin à un autre niveau de par la maturité de ses textes et une conscience politique au dessus de la moyenne, influencée par les préceptes afrocentristes de la Zulu Nation (d'où le préfixe Queen accolé à son surnom Latifah). Mouvement aujourd'hui obsolète mais qui aura marqué la philosophie de la première ère du Hip-Hop avec un mot d'ordre salutaire à une époque où la guerre des gangs faisait rage : "transformer l'énergie négative en énergie positive." Message que l'on retrouvera sur un des autres classiques de la Queen, "U.N.I.T.Y.", figurant sur son troisième album (Black Reign, 1993).Il n'est donc pas tout à fait étonnant que la carrière de MC de Latifah n'ait pas vraiment survécu à la fin de cet âge d'or. Après un dernier disque rap passé à peu près inaperçu, Order In The Court (1998), elle se lancera corps et âme dans le métier d'actrice, avant de revenir avec deux albums de chant. Sans doute parce qu'elle ne se reconnaissait plus dans ce mouvement Hip-Hop qui avait perdu son esprit d'ouverture pour devenir un monstre cynique, véhiculant les pires clichés. Pas l'idéal pour une femme qui n'aura jamais pu assumer son homosexualité (supposée) dans ce milieu et est surnommée "King Latifah" sur les blogs people. "C'est insultant de demander à quelqu'un ‘êtes-vous gay", répondait Latifah dans son autobiographie parue en 1998 après que son rôle de braqueuse lesbienne dans Set if Off (Le Prix à payer) a réveillé les soupçons. "Une femme ne peut pas être forte, dire ce qu'elle pense, être compétente et gérer son propre business, se défendre toute seule, jouer un rôle dans un film de manière convaincante, savoir ce qu'elle veut - et l'obtenir - sans être gay ?" Apparemment pas dans le Hip-Hop. Queen Latifah feat Monie Love : "Ladies First" (1989) Queen Latifah featuring Al Green : "Simply Beautiful" (2004) Commentaires
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