Live Rock en Seine #1: These New Puritans, Hot Chip et Kaiserchiefs
![]() Deuxième journée de Rock en Seine 2008, première partie : Début des hostilités par les These New Puritans, dont la mine blafarde est plutôt raccord avec la grisaille parisienne. Les Anglais très "mode" (Hedi Slimane les a-do-re), maigres et impassibles, jouent un post punk robotique de bonne facture, mais la lumière du jour n'a pas l'air de convenir à leurs yeux aveuglés...Muni d'un improbable t-shirt à écailles de féraille, genre armure du Moyen Age, Jack Barnett parvient néanmoins à emporter l'adhésion des kids agglutinés dans la fosse. Leurs ainés sont plus circonspects. Témoin , ce commentaire d'un spectateur barbu, saisi à la volée par votre reporter à l'affût : "mouais bof, une chanson style New Order, une chanson style Joy Division, et ainsi de suite pendant tout le concert !" On ne lui donne pas tort. Direction les Hot Chip qui jouent de l'autre côté. Allez, on se remotive. Et grosse impression des Anglais. Emmenés Alexis Taylor (photo), sorte de François Hollande qui aurait : - perdu 20 kilos, - acheté sur e-bay les lunettes à cadrans de l'inspecteur Derrick, - décidé de porter une camisole de force sous une veste jaune et de se piercer l'oreille gauche, les Hot Chip ressemblent à des geeks, certes, mais enflamment rapidement la foule avec leur electropop sautillante et stylée. Il fait grand jour, mais la Grande Seine se croit en boîte un saturday night, lève les bras et siffle tout son bonheur...puis sa pinte de bière tiède, à l'écoute de la scie princière "Nothing compares 2 u", joliment interpétée en rappel. On comprend pourquoi la coolitude pop-rock-electro actuelle (Le Tigre, Jamie lidell, M.I.A, The Chap...) s'arrache les remixes de ces joyeux zinzins. On enchaine avec un léger creux : que choisir entre Serj Tankian (la voix de System Of a Down), The Do (la sensation finno-française de l'année) et Narrow Terrence (personne ne le connait mais le guide le vend comme un mélange de Tom Waits, Morricone et Deus. Ah...les guides !) Bref, nos pas nous conduisent malencontreusement vers le beau Serj. Les filles du premier rang connaissent les morceaux par coeur. Les autres (garçons compris) rongent leur frein en espèrant un petit "Chop Suey", "Atwa" ou "Forest", bref une bonne chanson de SOAD, et pas une reprise-massacre d'Abba - il l'a faite, le bougre. On bat en retraite vers The Do, sans trop d'entrain non plus, mais bon , "Ils ont une ou deux très bonnes chansons sur leur album, quand même", dit la rumeur. C'est vrai, enfin plutôt une : "on my shoulder", qui est effectivement une vraie bombinette pop, assez imparable. Le reste du set est d'une grande platitude, malgré les pénibles efforts vocalistico-vestimentaire de la chanteuse en leggin rose paillette. La nuit tombe sur Carl Barât et ses Dirty Pretty Things, mais rien ne se passe sur scène : ça déroule, ça déroule...Des chansons interchangeables, plutôt efficaces mais sans relief, qui font une fois de plus regretter la split des explosifs Libertines. Les groupies de 15 ans, elles, semblent apprécier le placebo. Rayon Brit Pop toujours, moins detroy mais plus enthousiaste : les Kaiser Chiefs s'emparent de la Grande Scène. Devant un gigantesque panneau siglé "Kaiser chiefs" - en relief et tout - Ricky Wilson en fait des caisses. Le leader des Kaiser fait quasiment son jogging sur scène, monte sur les échafaudages, fend la foule pour grimper sur un autre échafaudage plus haut...Et ça fonctionne ! "Everyday i love you less and less", "Rudy", "I predict a riot"...Que des tubes ! Le quintet de Leeds ne sait faire que ça, des "tubes" avec, en rituel, le refrain en onomatopée ("la lalala la", "na nana na", "toudou doou", etc) : du Prêt-à-Chanter en quelque sorte. Le public français, venu en majorité pour REM, semble assez friand de cette brit pop tapageuse. "Oh my god", leur meilleure chanson, clôt en beauté ce show survitaminé.
Commentaires
De Julien, posté le 29.08.08 à 12:52
![]() Kaiser Chiefs sur scène, ça déchire! Mais à la longue dans le poste, c'est moins bien... Il y avait aussi Wax Taylor avec une mise en scène niveau zéro... Ecouter le disque à la maison aurait été plus sympathique que de se faire bousculer par la jeune populace de la fosse en transe à l'idée d'abimer leurs tympans devant un Wax reconnaissant ("merci, merci beaucoup, merci encore...") mais qui n'a fait qu'appuyer sur la touche "play" de sa machine à tube.. Heureusement que la douce Charlotte Savary a illuminé la scène en compagnie de charmantes musiciennes. Question : mais qui est le pseudo rappeur (jean retroussé d'un côté, lunette, montre et bonnet) aux deux et (heureusement) brèves apparitions?
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