Scopitone round 2 : Esclaves mécaniques vs Expériences acoustiquesDifficile de résumer un festival comme le Scopitone de Nantes. Sa richesse, le foisonnement de ses activités et de ses propositions est tel, que le simple live report ne convient pas vraiment. Pourtant, encore une fois, aujourd'hui comme hier, je m'y essaie.
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Vendredi 19 septembre, la journée s'annonce encore une fois pleine de surprise. A peine le temps de refaire le tour des nombreuses installations proposées sur les "Friches Numériques", que je suis invité à me rendre au Planétarium, un lieu insolite situé logiquement sur les hauteurs de la ville. Là, le collectif Digital Slaves, un groupe d'activistes numériques, connu pour leurs installations et performances électroniques, offre une projection sur la surface à 360° du planétarium. Une expérience sonore et visuelle qui évoque la rencontre de Funkstörung ou d'autres sorciers de l'electronica, avec les visions de l'inventeur américain du terme "cyberespace" William Gibson. Car c'est bien dans le ventre de la machine que nous sommes conviés durant ce voyage digital. Une expérience en temps réel qui transforme le dôme bombé du site en champ des possibles pour exploration numérique à la Matrix. Vision étrange des données en mouvement, évocation d'un monde de science-fiction, mieux !, prémonition de ce qu'il se passe dans votre ordinateur quand il est connecté à l'infini des réseaux de communications mondiales. On en ressort plus que jamais persuadé que, comme le prophétisait Gibson en 1984, "Oui, il y a quelque chose derrière ce monde de 0 et de 1. Ça grouille, ça vit, ça s'agite".
La soirée ne sera pas ennuyeuse elle non plus puisqu'en guise d'apéritif, les Australiens de Pivot et le Canadien Paul Dickow alias Strategy se produisent gratuitement aux Friches Numériques. Si le dub fulminant et nuageux de Strategy nous séduit sans peine, soutenu par des projections vintage qui fleurent bon l'Amiga et l'Attari de nos parents, Pivot fini de nous décevoir après un album déjà pas forcément convaincant. C'est dit, ces trois là ressemblent à des punks qui feraient du rock progressif, et la recette ne fonctionne pas. Brian Eno d'accord, Jean-Michel Jarre saturé (ou pas), non !
![]() Qu'importe puisque plus loin, au cœur d'une nef quasi-mystique, souvenir grandiose des anciens chantiers navals de la ville de Nantes, se tient le concert magique de Gong Gong. A la fois psychédélique et funky, le duo emballe carrément le public avec sa musique porteuse de multiples influences et habitée d'un groove languide et organique. Les projections sur ballons et autres bulles lumineuses finissent de nous séduire tandis que la foule se masse sous les nefs impressionnantes dans l'attente d'un demi dieu : Etienne de Crecy ! Et c'est bel et bien dans un halo christique que le pionnier de le French Touch se produit se soir-là. Habillé de lumière, offrant au public sa techno énergique mais toujours humaine dans une scénographie totalement aboutie, entre Kraftwerk et Vitalic. Les spectateurs/danseurs présents ne s'en remettront pas.
![]() Nous finissons la nuit avec les terroristes de l'image numérique, Digital Slaves, au LC Club cette fois. Initialement une simple boite de nuit et donc pas le cadre idéal d'un festival, ils y animeront pourtant avec brio, les murs intégralement blancs de 22 heures à l'aube. Temporairement transformé en club pour esthètes electros, le lieu se remplit dès 23 heures d'une foule de fluo kids et de quadras, midinettes et chaud(e)s lapin(e)s, resquilleurs et V.I.P., tous pressés d'assister aux prestations de Scratch Massive (Laurent Garnier ayant annulé pour cause d'otite), Danton Eeprom, Sascha Funk, Radio Slave et Thomas Schumacher, soit le dessus du panier. Est-il nécessaire de le dire, la nuit fut longue et certaines scènes de liesse pas banales. La plupart des danseurs s'étant transformés au cours de la nuit, comme les loups-garous de légendes, en étranges créatures lubriques et ondulantes. On en reparle demain.
A noter que Digital Slaves animera également de ses mapping improbables, les Utopiales de Nantes, le fameux festival dédié à la science-fiction, du 29 octobre au 2 novembre. http://www.digital-slaves.com/ Commentaires
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