Where the ladies at ? #6 : Lady of Rage contre la machine Mouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.Rappeuse promise au succès sous la bannière Death Row, Lady of Rage aura finalement connu une carrière chaotique, entre espoirs déchus et traversée du désert interminable. Victime du machisme et de la descente aux enfers du label fondé par le sulfureux Suge Knight, l'ancienne protégé de Dr Dre espère réussir son retour au sein du collectif FEM (Females Earning Money). Mais à 37 ans, son heure est sans doute passée. Malgré une discographie maigre comme un bras d'Amy Winehouse, Lady of Rage est souvent considérée comme LA représentante féminine du gangsta rap. Sans doute un peu par défaut, peu de rappeuses ayant donné dans ce sous-genre ultra-mysogine - hormis Yo-Yo, la protégé d'Ice Cube. Mais surtout parce que les quelques couplets qu'elle a claqué sur deux des albums les plus mythiques de l'histoire du rap, The Chronic de Dr. Dre et Doggystyle de Snoop Dogg, resteront à jamais dans les annales. Tout comme le puissant "Afro Puffs", probablement le seul titre solo de la miss qu'un auditeur de rap lambda saurait citer. Problème, Robin Yvette Allen (son vrai nom) n'aura jamais eu l'occasion de capitaliser sur ce buzz. "Quand je suis arrivée, on m'a dit que mon disque suivrait The Chronic. Snoop a tellement explosé sur cet album qu'il était naturel qu'il soit le suivant. On m'a alors dit que j'arriverais après Snoop", déclarait-elle au site Raptalk.com en 2007. Mais Rage se fera encore doubler par Tha Dogg Pound. "Quand mon disque est finalement sorti, c'était dans la tourmente, l'Empire s'effondrait. 2pac avait été tué, Suge était sous les verrous, Dre parti et Snoop sur le point de le faire. Là-dessus, mon album est sorti sans promotion ni marketing, rien." Résultat, Necessary Roughness (1997) fait un four. Destin cruel pour cette jeune rimeuse native de la Virginie qui s'apprêtait à enregistrer un disque à New-York sous la houlette de Chubb Rock quand Dr Dre l'a appelé pour l'inviter à rejoindre Death Row. Un couloir de la mort où elle végéta encore quelques années, restant liée par contrat jusqu'en 2003 et donc dans l'incapacité de signer pour un autre label. Même avec quelques apparitions aux côtés de Gang Starr (sur le remix de "You Know My Steez") ou Snoop, le retour à l'anonymat était inévitable. Un beau gâchis pour une des rares rappeuses à pouvoir rivaliser avec les mâles sur le terrain du hardcore. Loin de baisser les bras, Rage fait son retour en 2005 avec la mixtape From VA 2 L.A.. Mais le rap féminin a depuis bien changé. Les Lil' Kim et autres Foxy Brown sont passées par là, et les female MCs du calibre de Lady of Rage n'ont malheureusement plus leur place dans le "rap jeu". Son projet d'album, Verbal Abuse, qui devait sortir en 2007 est encore dans les cartons. Et ce n'est pas en s'associant avec des rappeuses de seconde zone comme Amil, Babs Bunny et Lady Luck au sein du collectif FEM que ça va s'arranger. Lady of Rage : Afro Puffs (1994)
Commentaires
De leo, posté le 12.11.08 à 23:41
![]() C'est bien dommage elle a vraiment un flow excelent surtout sur big bad lady dans"necessary roughness" qui est resté dans l'ombre..mais comme tu l'as dit a 37ans on en donne pas long sur sa carrière.. Ajouter un commentaire |
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