Le futur de la musique est-il vraiment rose ?
Qu'est-ce qui pourrait gâcher notre beau rêve ? Pourquoi pas Deezer, Last FM et surtout Myspace Music ? On a tous bien ri quand les majors ont arrêté de poursuivre Napster pour investir dedans, c'était au moins aussi drôle que Titanic. Avec Myspace Music, même si Myspace pourrait tout aussi bien être leur Hindenburg, Universal et tous ses ennemis pourraient bien avoir trouvé leur planche de salut. Les majors sont en effet copropriétaires d'un énorme appareil de promotion pour leurs artistes et d'un potentiellement tout aussi énorme réseau de distribution. Les lois antitrust, plus personne ne sait ce que ça veut dire à l'ère 2.0, de toute façon.
Du coup les artistes signés sur des majors reçoivent de l'argent au moindre streaming sur Myspace Music, tandis que les indépendants se contentent des miettes qu'on veut bien leur accorder. Il est évident à tout le monde que les revenus des streamings gratuits représenteront très vite une grosse part du business. Sur Deezer, vous avez intérêt à faire partie d'une maison de disque ou d'un label qui a signé avec eux, sinon, vous ne pourrez même pas y trouver votre propre musique. Sur Last FM, on essaie de rémunérer les artistes de façon équitable qu'ils soient sur une major ou non... Mais combien de temps Last FM tiendra sur cette position ? Les accords globaux avec des multinationales, c'est tellement plus facile... Et si elles venaient à racheter une part de Last FM pour le contrôler comme Myspace Music ? Dans le futur, être un artiste indépendant, ça paiera peut-être, mais pas forcément autant. La suppression des intermédiaires ne sera peut-être pas rentable pour tous les groupes.
La centralisation de la musique sur des sites "web 2" va aussi faire qu'on n'aura jamais, semble-t-il, le total contrôle de sa diffusion : c'est l'effet minitel 2.0 appliqué à la musique. Oh, oui, bien sûr on peut balancer le lien Deezer d'un groupe qu'on aime bien à tous ces amis et peut-être même qu'ils en feront autant, mais le bouche à oreille sur le web n'aura jamais le même poids que quelques dizaines de milliers de dollars de bandeaux publicitaires. Les sucess story myspace bidonnées de Lily Allen ou Arctic Monkeys en attestent.
Financièrement, donc, être indépendant pourrait ne s'avérer un bon choix que si vous êtes Max Tundra ou Nine Inch Nails, beaucoup plus problématique si vous êtes Of Montreal. Côté auditeur, l'internet reste une très bonne nouvelle : on pourra de plus en plus écouter ce qu'on veut légalement, quand on veut... mais il ne faut certainement pas s'attendre à ce que tout le monde le fasse pour autant.
Commentaires
De c'est un ami, posté le 27.10.08 à 11:11
![]() Plutôt énervé pour un lundi matin De Maxence, posté le 27.10.08 à 12:16 ![]() Personnellement je n'ai jamais eu aucun fantasme concernant la musique sur internet. Malheureusement, la musique comme le reste sur le net a fait l'expérience de ce qu'est globalement devenu ce média : un vaste supermarché. Supermarché aux objets, mais aussi supermarché aux idées.
La seule et unique leçon du monde dans lequel nous vivons est l'absurdité de celui-ci En 2008 Sony Music annonce officiellement la fin de la production du CD chez eux et en paralèlle le vinyle ne s'est jamais aussi bien porté !! Absurdité quand tu nous tiens. Personnellement je n'ai jamais autant acheté de vinyl de ma vie et trevendu autant de CD ! Quant à tous mes amis, ils achètent du vinyle régulièrement (et je ne parle pas d'occas') ! Alors "la mort du support" me fait bien rire, c'est un leurre, encore un, et de toute façon quand il s'agit d'internet et de musique, on le sait bien, il n'est pas question de musique, mais de business encore une fois ! Pourquoi ? Parce que quand il s'agit de musique, nous sommes dans le domaine de l'indépendant, et les indépendants ne se prennent pas la tête avec ce genre d'effet d'annonce à deux balles. Ils font de la musique point.
Dire qu'en 1999 je parlais d'internet comme d'un média libre, open et passionnant, pour les musiciens comme pour les autres (voir l'interview sur Fluctuat d'ailleurs). A l'époque j'avais le crane rasé, je m'habillais en plastique... j'avais 31 ans, j'écoutais de l'electro
Si j'avais sut que 10 ans plus tard, je porterais des converses, un cuir pourri, les cheveux longs et que j'écouterais de nouveau Suicide, le 13th Floor Elevator et les Sonics De guigui, posté le 27.10.08 à 12:45 ![]() Pourquoi ce "succes bidonné" des arctics monkeys et de lilly allen? j'avoue que je comprends pas... De vento, posté le 27.10.08 à 12:54 ![]() Moi j'aimerais bien l'idée d'un Deezer machin bidule sur les bases d'un fonctionnement à la wikipedia, c'est à dire par don. Un gros serveur dédié à une association de labels indépendants qui se réuniraient et partageraient les machines et le streaming; c'est par don que l'association trouverait son fonctionnement, les grosses têtes ramèneraient évidemment l'argent pour héberger les petits. Faut prendre le fonctionnement de ce qui a déjà existé: United Artists a été fondé parce que les gros studios prenaient toute la thune et qu'ensemble, Chaplin & Griffith, on trouivait leur force. Je crois que le "Nouvel Hollywood" avait aussi créé sa propre structure pour financer les films que les grands studios ne voulaient pas produire. Ceci dit, les net-labels ont déjà Archive.org qui s'occupe de ça très bien. Evidemment, Archive.org, c'est pas super glamour et il manque quand même pas mal d'originalité dans ce qu'il s'y produit. Je pense qu'il faut arrêter de faire dans le psycho-drame à chaque information. Il y a une alternative qui existe toujours; il n'y a pas de "fin" à un système, si ce n'est par métamorphose, par changement de son fonctionnement -- on trouve de nouvelles connexions, de nouveaux fonctionnements, le système change, évolue et c'est ça qui fait toute la vitalité de ce qu'on vit actuellement. Comme dit Max, le retour du vynil est génial et était marketingement imprévisible; idem pour le retour des fanzines faits à la photocopieuse, et ça, c'est génial. Et puis il serait bon d'arrêter de croire en MySpace; c'est super pourri, l'ergonomie est dégueulasse, incompréhensible, la qualité du player est moisie, etc., c'est suffisamment pourri pour que cela renforce l'ego du quidam de base à croire qu'il est super développeur et que mettre en ligne ça demande des compétences -- tu vois, j'ai trop mis des scripts sur mon MySpace -- waow, Marc-Alexandre, tu fais comment, t'es trop fort! -- ouais, écoute Priscilla, moi je suis un webdesigner tu vois -- Je t'aime! Alors il n'y a pas à s'étonner que MySpace va supporter la daube en Fa Majeur parce que c'est déjà son trip. De victor, posté le 27.10.08 à 13:18 ![]() Oui à un MySpace / Wikipedia de label indépendant dédié à la musique sans participation de major ... évidement les financements et la rentabilité reste à trouver (dons? abonnement?)... mais ça existe pas déjà quelque part ? Et sinon pour utiliser MySpace sans son interface pourri c'est ici ;) http://www.musiic.net/myartists/ De Heebooh, posté le 27.10.08 à 14:16 ![]() Et si toutes les maisons de disques arrêtaient la fabrication de CD pour ne produire que des vinyles ? Evidemment, on pourrait quand même les encoder, mais ça serait tellement plus chiant à faire ! De alibaba, posté le 27.10.08 à 15:20 ![]() Compte tenu de la récente sortie du merveilleux album des "Bienvenue dans mon slip", "Jour de pleine lune", il paraît quelque peu risible de n'être que pessimiste quant au futur de la musique. De Marx, posté le 27.10.08 à 21:27 ![]() Bonjour à toi. Curieux ton idée de fin de l'histoire selon Marx. Chez Marx, il n'y a pas de fin de l'histoire, sinon celle de l'humanité par arrêt de tout mouvement, donc de la vie. Pour le désenchantement, bien sûr, parce que tu étais enchanté. C'est là qu'il aurait fallu lire Marx. Comment l'Internet serait-il autre chose qu'un produit de nos sociétés ? Oui, on y retrouve évidemment tout ce dont on a l'habitude, mais aussi, et cela est loin d'être négligeable, tout ce qui est ignoré, voire combattu, par les circuits médiatico-politiques ou institutionnels. Et là, le peu de choses devient gigantesque. Pour la musique aussi, pas seulement en terme d'offre, mais aussi par des changement d'habitudes à l'accès, par une modification des procédures dévaluations ou de formation du goût. Je pense que c'est cela que les majors redoutent, bien plus qu'un perte sèche en euros, c'est leur pouvoir d'imposer leurs choix qui est mis en danger dans l'Internet. D'où les campagnes de dénigrement, le forcing pour discréditer la Toile, campagne tellement bien engagée, que tu y participes aussi, sans le vouloir. Cela devient de bon ton de dire que l'Internet c'est nul. Ce qui est une contrevérité. Marx De esekion, posté le 28.10.08 à 01:19 ![]() Il existe des alternatives à myspace, deezer, lastfm... Electrobel par exemple ou jamendo. Sur ces sites les artistes upload leur musique qui est automatiquement protegée par la licence Creative Commons . Résultat la musique est téléchargable gratuitement (en tres bonne qualité en plus). Jetez plutôt un oeil par ici : http://www.electrobel.fr De esekion, posté le 28.10.08 à 01:33 ![]() Nous avons lancé une nouvelle communauté sur la France, inspirée du portail belge ( http://electrobel.be ) Il s’agit d’un portail pour les compositeurs de musiques électronique. Le portail est entièrement gratuit et permet aux artistes d’y déposer leurs créations et d’avoir accès à toute une série d’outils … Une partie Vidéo est ouverte depuis peu qui permet également de déposer des créations Visuelles (vdjiing, trés court metrage, présentation de groupe, ...) originels Nous travaillons sur une GFX section, tous les designers, photographs, drawers, et autres artistes graphique pourrons mettre leurs travaux en ligne sur le site. toujour avec l'esprit 'Share alike' de la Creative Commons Licence. Electrobel deviendra un portail multi-media à long terme ! Electrobel.fr a également son émission radio tout les jeudi soir a partir de 18h sur une web radio Associative OMBILIKAL WEB RADIO D'autres sont à venir et nous sommes ouvert à toutes propositions de partenariat avec d'autres webradio ou FM. Le site Belge a reçut en novembre 2005 le 3° prix mondial dans la catégorie Creativity & Culture au WSYA. Il comporte plus de 1000 artistes et plus de 6000 mp3 libres de téléchargement. http://www.youthaward.org/wsya Le portail français a été lancé le 7 mars 2006, on lui espère le même succès Vous pouvez créer votre espace perso et le gérer a votre guise. Il s’agit ici de faire connaitre les artistes électroniques du site, d’y laisser vos impressions et d’encourager la création ainsi que l’échange. Ecoutez les morceaux disponibles et laissez des commentaires même si vous n’êtes pas inscrits ou compositeur. Vous pouvez les telecharger et les faire écouter à vos amis c'est gratuit L’aspect communautaire du site et ses multiples outils le différencie de ses consœurs. Tout les morceaux sont libres de droits et protégés par la License Créative Commons http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/ Les morceaux sont donc non comercialisable ni modifiable sans l'accord de l'auteur! Rejoignez nous dans l'aventure electrobel ! Electrobel, site d’échange et de partage musical : http://electrobel.fr [img]http://www.electrobel.fr/ebel-banner-4.gif[/img] De groovenvibes, posté le 28.10.08 à 21:02 ![]() Une autre source excellente pour trouver des netlabels qui sortent des titres en Creative Commons , c'est Internet Archive : http://www.archive.org/details/netlabels Mais, la musique en Creative Commons reste encore marginale surtout en musique électronique ( même si quelques labels ont pu émerger). Par contre, quid de l'avenir des disquaires ( physiques ou en ligne ) si toute la musique devenait dispo en CC ? De Lorie, posté le 29.10.08 à 00:56 ![]() On s'est toujours adapté et on s'adaptera encore... Rien à foutre d'internet, des maisons de disques, des majors, de la CC (heu..), du physique et du virtuel... L'important est et restera la musique. Il y aura toujours des solutions pour contrecarrer les plans les plus vicieux. Et ceux qui veulent faire de l'argent avec leur musique... Ou devrais-je plutôt dire en vivre... Faites du live !!! Ayez de l'imagination. De 2goldfish, posté le 29.10.08 à 09:45 ![]() Cher Marx, Tu as raison, tu n'a jamais parlé de fin de l'histoire, mes cours sur toi son loins loins loins... En fait pour toi, la véritable histoire commencera avec la fin de la lutte des classes, j'aurais sans doute plutôt du parler de "début de l'histoire". Cependant je crois que tu te fourvoie quand tu dis que je participe au dénigrement capitaliste de l'internet : je ne fais que nuancer les propos révolutionnaire de certains (dont je fais souvent partie, je le dis encore une fois) tout comme tu le fais toi même. Nous somme d'accord que l'internet n'est qu'un produit de nos sociétés, en fait nous somme d'accord sur à peu près tout. Je dois être marxiste. De vento, posté le 29.10.08 à 10:27 ![]() Je plussoie le commentaire de Marx. Il n'y a vraiment pas à s'inquiéter. C'est sur la peur que les mass-medias et producteurs tentent d'activer les foules -- reprenant les bonnes vieilles méthodes politiciennes, avec plus ou moins de succés. Minitel 2.0 existe que si on veut bien le voir. Je discutais avec une nana qui me demandait si j'allais voir des petits concerts ou si les concerts où j'allais n'étaient que dans des grandes salles, genre Zenith. Pour elle, les petits concerts, c'était dans des salles de 300 personnes. Pour moi, un petit concert, c'est dans un rade avec 20 personnes. A Pivot, il y avait 30-50 personnes maxi et c'était sur une péniche à Toulouse. Tu peux te demander, comment ils font pour bouffer, avec 30-50 personnes, alors qu'ils sont sur Warp. Tu peux aussi te demander comment ils font leur musique et ça c'est le plus intéressant, parce que pour bouffer, ils utilisent leur bouche et pour déplacer les amplis, ils n'ont pas des roadies, mais ont des bras. Parce que ça dépend de la relation que t'as avec la musique et dans quel rapport tu places les éléments toi (auditeur ou consommateur?) / musique / société. L'être humain ne peut pas se passer des grandes messes et les multinationales fourniront toujours de quoi en organiser de grandes et de belles; et si les multinationales n'existent plus, il y aura toujours quelqu'un, un groupe qui fera de grandes messes. Bon, j'ai l'impression d'écrire n'importe quoi, mais je crois que non :-) Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum musique :
|