
Même les membres de l'équipe actuelle, officiant pourtant depuis 4 ans, ne savent pas quand ils doivent fermer. "Nous ne sommes que des petites mains et on nous tient loin des négociations qui sont en train de se faire" nous avoue Alexandre Gaulmin, responsable communication de la Flèche d'Or. Ils ont donc arrêté la prog au 30 avril sans pouvoir faire de soirée d'adieu digne de ce nom et attendant qu'on les remercie du jour au lendemain.
La décision de la société Trigano, gérant/actionnaire majoritaire de la Flèche d'Or (hé oui) viendrait de plaintes pour nuisances sonores enregistrées par un immeuble mitoyen récemment construit. Des travaux avaient été faits en 2008 pour arranger le problème lié aux riverains, mais il semblerait que ce ne soit pas suffisant. Il manque encore quelques centaines de milliers d'euros pour insonoriser convenablement la salle.
Cependant, toute cette histoire concorde étrangement avec le chamboulement du 20ème arrondissement. Une médiathèque va en effet voir le jour sous peu dans le même immeuble que le Mama Shelter, un hôtel grand standing qui se situe juste en face de la Flèche, et dont le propriétaire est, ô coïncidence, Monsieur Trigano himself. Cet énorme complexe culturel pourrait alors se voir embêter de voir s'agiter à ses pieds des mélomanes indomptables. Le remède pour passer cet espace sous contrôle réside donc avec la disparition de la Flèche d'Or telle qu'on la connaît. La fermeture est donc irrévocable, malgré un groupe Facebook dédié à la sauvegarde des lieux recensant plus de 10 000 membres.
Mais peut-on vraiment parler de fermeture ? Car on ne sait pas pour l'instant ce que deviendra le lieu. D'après 20minutes.fr, Serge Trigano aurait déclaré ne pas avoir l'intention d'arrêter les concerts. Cependant, si l'on se rend sur le site de la société Trigano, il est indiqué que la Flèche d'Or est "le lieu idéal pour l'organisation de soirées privatisées : réceptions, cocktails, dîners, buffets dînatoires, open bars, séminaires, enregistrements et concerts, galas, discothèque". On peut donc se demander si les concerts ne seront pas adressés aux séminaristes de la COGIP venus se retrouver dans le Mama Shelter pour un week-end où plaisir rime avec professionnalisme. Cela ferait un sacré changement d'ambiance... Passer de lieu emblématique de la culture indé à repère pour cadres internationaux ça en fout un coup. D'ailleurs, la vidéo qui circule actuellement dans les réseaux internes de Trigano à propos de la Flèche d'Or laisse dubitatif :
Au même moment, une autre salle un peu plus underground, la Miroiterie, est elle aussi menacée de fermeture. Ce squat parisien emblématique de la culture DIY (Do It Yourself) existe depuis 12 ans, mais le rachat des lieux par une agence immobilière contraint ses artistes à déménager fissa sous peine d'expulsion. Une pétition est actuellement en ligne pour sauver l'endroit. Deux sales coups pour la scène indé parisienne en une semaine, voilà qui commence à faire beaucoup.
La raison à ces deux fermetures est des plus basiques : l'argent. A l'heure de "La Crise", le monde a les yeux fixés sur son porte-monnaie troué et les secteurs dont la rentabilité n'est pas chiffrée risquent d'en faire les frais. La culture va donc être une des premières victimes de cette conjoncture. Et d'autant plus celle dite "indépendante", qui se nourrit d'huile de coude et d'aides de l'Etat, avec laquelle on peut nouer des liens particulièrement forts et qui nous fait nous battre pour la musique. C'en est fini des amateurs volontaires qui s'échinent 70 heures par semaine à donner une âme à leur lieu. Place à la culture qui rapporte et qui communique, place aux professionnels avec un plan marketing. Pfff, je sais que ça fait longtemps que cela se passe comme ça et que j'exagère un tantinet, mais ça fout quand même le bourdon toutes ces histoires. Quelqu'un entrevoit-il un avenir radieux ? J'ai besoin qu'on me remonte le moral là...

| James Murphy présente le making of du prochain LCD Soundsystem ! |
| Phoenix vs Snooki de MTV : 1-0 |
| I'm New Here de Gil Scott-Heron en exclu sur le Guardian |
| Hot Chip, les men in love en interview vidéo |
| Phoenix repart avec un Grammy |
| This Is It fait de nouveau danser les prisonniers philippins |
| Lali Puna, de nouvelles inventions pour mars ! |
| Youtube Disco s'attaque à Deezer et Spotify ? |
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métiers
En tous cas ça fait plaisir d'avoir un retour positif, c'est plutôt rare sur le Net (et je crois que tu en sais quelque chose...)
Il y a d'autres sales qui surfent sur la même vague sur Paris ?
Pour l'avenir radieux, je dirai qu'on aura qu'à trouver (et il y aura certainement du monde pour les remplir) d'autre salles périphériques qui sauront prendre le relai... hmmm. Et sur cette phrase pas super bien construite, j'ajouterai que ça se passe toujours comme ça quelque part non? (tout change)
Je regrette ces endroits fortement néanmoins :'(
Tant que ça n'influe pas sur la prog, ça ne me dérange pas. Depuis que la Flèche est payante, je n'ai pas l'impression que la prog en aît pâtie.
Et puis tant mieux pour les jeunes "décérébrés" qui peuvent profiter d'un lieu où écouter de la bonne musique.
Mais je déplore également depuis plus longtemps la chute qualitative du lieu, qui a perdu en sympathie, et gagné en consumérisme sur la programmation et les consos.
Il mérite la démolition rien que pour ça :)
Je n'ai pas mis les pieds à la flèche d'or depuis 5 ans, pour ces raisons.
Avec recul, je ne juge plus trop de la prog', de peur que les bobos pseudos branchouille faussement hype ne déteignent.
hôtel grand standing qui se situe juste en face de la Flèche
Je vois difficilement comment il pourrait être en face, la gare est audessus de la petite ceinture?!

Je diconne
Ceci dit, en dépassant le sujet musical, j'ai beaucoup de mal à croire que l'édifice pourrait disparaitre au profit d'une médiathèque. a la rigueur, qu'on preserve le site, et qu'ils en fasse un espace de domicialiation d'artistes (comme pour les Frigos par exmple), mais pas foutre une barre monstrueuse comme l'hôtel montré!
L'intérêt de l'endroit, c'était que tu pouvais croiser des marginaux, quasi SdF, autant que des branchés désargentés. Le tout dans une ambiance trans-générationnelle. Bref, le vrai 20e quoi!
Les lieux où tu peux sortir pour pas cher à Paris sont quand même très rares, d'où le fait que la nouvelle politique de la Flèche a dégouté les clients 'historiques'. M'enfin, c'est la vie...
La Miroiterie...
Fini les squats comme des petits pains !
Tout est repoussé en banlieu et encore... elle aussi est inquiétée...
La médiathèque existe déjà, on ne va pas raser la flèche d'or... mais elle deviendra une salle de divertissement associée à l'hôtel Mama (comme tu nous l'explique Carter).
Pour les lendemains radieux tu repasseras... No Futur... mais No Pasaràn !
Nyärk !
Phil
<br/> www.discordance.fr
(Mais c'est un détail maintenant detoutes façons)
à Phillipe : Mais quelle scène ?? La Flèche d'Or recevait toutes sortes de groupes auparavant, elle a réduit le champ des possibilités à un domaine beaucoup plus restreint qu'avant !
Attachez-vous à un vrai drame : la disparition du Lavoir Moderne Parisien, ça c'est une vraie catastrophe pour la culture !
http://www.lejdd.fr/cmc/culture/200915/le-nouvel-envol-de-la-fleche-d-or_201603.html
Coooool !