Gossip à la Boule Noire : le show d'une Beth de scène![]()
En allant voir un concert de Gossip à la Boule Noire, on s'attend à une prestation énorme - sauf le respect de miss Ditto, dont on connaît les frasques. On espère un truc survitaminé, déchaîné, on veut hurler, rigoler, gigoter dans tous les sens. On veut que le groupe originaire d'Olympia nous fasse oublier la disparition des groupes phares du mouvement Riot Grrrl, comme Le Tigre ou Sleater-Kinney. En une heure top chrono, tout cela a été fait.
Dans la salle, tout le monde bavarde ensemble, gays et lesbiennes affichés, hétéros venus en célibataire ou en couple. Les lumières s'éteignent, la tension monte d'un cran et voilà qu'une main me tapote gentiment l'épaule et qu'une voix de petite fille me dit "Escousez-moi, sivouplay". Je me retourne : c'est la Ditto, qui fend la foule avec un sourire jusqu'aux oreilles pour pouvoir rejoindre sur scène son guitariste-claviériste au look improbable Brace Paine (d'un côté il a des cheveux, de l'autre non), son bassiste et sa batteuse, la très tatouée et longiligne Hannah Billie. Vêtue d'une sorte d'edredon rose fuschia qu'elle a transformé en gilet (il y a des trous plus grands pour les bras), d'un t-shirt diforme frappé d'un faux dollar américain cachant un body en lycra noir et maquillée façon Morticia dans La Famille Addams, Beth Ditto se hisse sur la scène et c'est parti mon kiki.
Non seulement Beth Ditto chante remarquablement bien, mais en plus elle est drôle. Le concert donne lieu à un festival de blagues. Elle fait croire que son guitariste Brace lui fait la tronche, alors elle en profite pour le taquiner ("On se croirait au Muppet Show, non ? Je suis Piggy la Cochonne, et lui (Brace, nldr) c'est Kermitt la Grenouille !"). Et vas-y qu'elle fait des bruits de pets avec sa bouche, qu'elle rote un coup (tout le monde se marre), qu'elle fait des fautes de français tellement attendrissantes que ça ne sonne même pas culcul. Elle déclare son amour à Paris, communique avec son public et dédie une chanson aux gays qui hululent de plaisir.
Côté musique, les chansons, assez courtes pour la plupart, s'enchaînent dans un rythme infernal. C'est un mélange parfait et équitable de titres des quatre albums (celui à venir donc, Music for Men, et des trois précédents datés de 2001, 2003 et 2006), auquel le public est parfaitement réceptif. C'est tellement bon que cela passe bien, bien trop vite. C'est l'explosion générale au moment de "Standing in the Way of Control", LE tube de l'album éponyme, tout le monde chante "wooo wooo wowowo ouhouhohou" en choeur, Beth balance son micro dans la foule, Brace envoie sa guitare valdinguer dans le public et un heureux élu réceptionne la baguette d'Hannah en pleine poire. La folie ambiante est palpable, les corps ne se contrôlent plus, Ditto (qui se retrouve en body noir) secoue sa cellulite comme une possédée, cheveux longs collés le visage. Le rappel ne comportera qu'une seule chanson - "Listen Up!", mais gorgée d'une telle énergie que ce n'est pas possible, on ne peut pas en rester là. Il faudra pourtant se faire une raison.
Lire aussi Commentaires
Pas encore de commentaire
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum musique :
|