Sorcerer : Fan des années 80![]()
Sorcerer ne pouvait voir le jour qu'en Californie dans les années 2000. Il faut être né à la fin des années 80 en effet, et être passé à côté du principal de cette décennie aussi immorale, clinquante et politiquement conservatrice que subversive et puissamment créative, pour être nostalgique à ce point d'une ère que l'on a pas connue.
Sorcerer est le projet solo de Daniel Judd - moitié du duo Windsurf qu'il forme avec Sam Grawe de Hatchback, un duo dont la musique est déjà profondément sous-tendue de références 80 (voir le vidéo clip évocateur de " Weird Energy " maniant avec un bonheur évident tous les clichés que l'on associe généralement à cette période). Un Daniel Judd dont nous célébrions déjà le premier album, White Magic, il y a un an, encensant son mélange de funk blanc, de krautrock, de balearic, d'italo disco et de pop instrumentale. Avec Neon Leon, nouvel album au titre dadaïste qui vient d'atterrir dans les bacs, Sorcerer se vautre une nouvelle fois dans la coolitude de pacotille d'une époque où le bon goût avait laissé la place au goût du luxe. Pour donner une comparaison extra-musical, disons que les vibrations hédonistes qui résonnent sur les disques de Judd sont aussi évidentes et subtiles que les refrains entêtants accompagnant les héros et héroïnes des séries télévisées de l'époque.
En effet, pour réellement apprécier Neon Leon, nul besoin d'avoir vu l'intégral de Magnum, Hawaï Police d'Etat, K2000, l'Agence Tout Risque, l'Amour du Risque et Miami vice - Deux flics à Miami, mais ça aide. Surtout qu'en ce qui concerne ces références justement, Judd est visiblement gavé jusqu'aux oreilles de BO de série d'époque. Sa musique est un hymne continu au riffs de guitares jazzy et synthétiques, aux batteries électroniques et aux boites à rythme les plus cheap enregistré sur K7 Chrome, sans oublier ça et là, un fantasme de saxophone hantant parfois ses tracks languides et déhanchés. Parcouru d'accélérations équivoques et de plages de béatitudes maritimes (le mot " plage " étant à prendre au sens propre, ici, Daniel Judd glissant toujours ça et là un sample de vague léchant le sable, histoire de nous rappeler aux bons souvenirs de son mini-tube, " Surfing At Midnight "), Neon Leon évoque une ballade nocturne en Ferrari Fiorano 599 GTB, les cheveux dans le vent sur une autoroute côtière Californienne.
De quoi reprendre son souffle entre deux rendez-vous de la rentrée. Autant dire qu'en ces temps de stress et d'obligations incontournables, la musique de Sorcerer est à la fois une bulle d'air, et une machine à voyager dans le temps dont on ne saurai se passer. Illustration en image avec la vidéo de ce "Push To Freeze" réellement délectable, un hommage aux séries Japonaises qui hantèrent notre enfance/adolescence, cette fois (souvenirs, souvenirs) :
Commentaires
De Heebooh, posté le 07.10.09 à 00:23
![]() Pfff... Mais que c'est beau :') De Heebooh, posté le 07.10.09 à 00:28 ![]() Tiens d'ailleurs, ça me fait penser au clip de Hard To Explain des Strokes. Peut-être le même réa ? De Odso, posté le 07.10.09 à 09:00 ![]() Bonjour, J'aime beaucoup la musique des années 80, je loue le maximum de cd sur un site spécialisé (en ce qui me concerne j'utilise e-loue.com)
O De Heebooh, posté le 10.10.09 à 22:43 ![]() En fait, Daniel Judd semble bel et bien monter ses clips tout seul comme un grand. J'ai relu ton papier, Maxence, j'aime beaucoup les images que tu utilises. De Maxence, posté le 11.10.09 à 12:24 ![]() J'allais le dire Heebooh, il explique sur son site qu'il les faits lui-même en effet... Ajouter un commentaire |
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