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Phil Elverum l’homme qui aimait le vent, les arbres et les montagnes…

Posté par éèëê le 05.10.09 à 16:23 | tags : folk
... et également ses fans. Phil Elverum, connu sous les noms de The Microphones et de Mount Eerie, écrit depuis deux poignées d'années une œuvre labyrinthique, souvent rebouclée sur elle-même, mais d'une subtilité et d'une originalité rare. Ultra-hype ou anti-hype au possible, l'homme produit à la main un catalogue qui s'efface avec le temps, composé d'un grand nombre d'œuvres limitées. Le CD est depuis longtemps un format trop restrictif pour celui qui inclut des posters de 1 mètre de côté dans un boîtier cristal. Parmi les vinyles blancs, les fanions phosphorescents, les versions les plus improbables de ses disques (l'enregistrement des batteries de No Flashlight), le fan est invité à (re)construire une œuvre ambitieuse dédiée aux éléments naturels (montagnes, lueurs, vents) et à la vacuité du songwriting. Dernier objet en date, un livre de quelques kilos où l'artiste a réuni une collection photographique d'instants qui, selon lui, permettent de mieux comprendre son personnage. A l'instar de sa musique, dans son travail pictural le sublime surgit de son regard candide et amoureux du monde ; l'aspect artisanal ne peut masquer la brutalité de son talent.


Réfugié dans les montagnes de la frontière americano-canadienne dépeintes par la série Twin Peaks, Mount Eerie livre peut-être cette année la clef (de voûte) de son art, Wind's Poem. Ici, Elverum poursuit ses expérimentations de Black Wooden (comprendre un black metal artisanal, hybride metal/folk/amateurisme) et écrit encore les mélodies les plus belles du monde ("My Heart Is Not A Peace", "Summons", et les 9 morceaux restants). Là, il reprend le titre éponyme d'un Lost Wisdom intimiste enregistré l'an dernier avec Julie Doiron, cette fois comme si Godspeed You! Black Emperor revenait décrire l'apocalypse. Plusieurs écoutes révèlent une complexité sans précédent chez l'Américain, qui se joue des références à Twin Peaks de façon ouverte ("Between Two Mysteries") ou sous la forme d'un hommage fleuve à Badalamenti ("Through The Trees"). Bien évidemment, l'évocation du vent reste centrale, inévitable, remplaçant par de puissantes métaphores soniques des fields recordings qui auraient été trop évidents.

 

Wind's Poem est le disque ultime d'un artiste méconnu et qui a pourtant produit plusieurs chef-d'œuvres indie : la pop qui s'enlise dans les ambiances abstraites de The Glow Pt2 (2001), les symphonies de papier de Mount Eerie (2003) et Mount Eerie Pts. 6 et 7 (2007), le rnb murmuré au coin du feu de No Flashlight (2005). Pour la première fois cependant, Wind's Poem donne l'impression glaciale d'être l'aboutissement d'une carrière.





Commentaires

De Verdigris, posté le 05.10.09 à 17:20 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Petite erreur, c'est Wind's Poem. Sinon, cet album est une petite merveille.

De éèëê, posté le 05.10.09 à 18:40 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Merci beaucoup !
je corrige immédiatement.

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