Playlist : blog musique

Les Nuits Sonores de Lyon, comme si vous y étiez (3)

Posté par Maxence le 27.05.06 à 16:32 | tags : copinage, live, nuits sonores, punk
La pression monte, ou Servez m’en un autre, patron !

Cette troisième nuit sonore commence bien tranquillement, vers 21 heures, dans un excellent resto lyonnais, en compagnie de notre rédac’ chef adjoint Benoît Carretier, un gone d’origine, le truculent Franck Bolluyt, Odile de Plas, Patrice Bardot notre chef en chef, Laure Narlian, sa compagne (Attention aux vampires, Laure !), Angelo Perritore, notre DA, Jean-Yves Leloup et le photographe/reporter Pierre-Emmanuel Rastoin. Le Picoton Lyonnais est fameux mais on va certainement rater les Bush Tetras, le mythique groupe free punk new yorkais, dont le guitariste Pat Place jouait avec James Chance aux même Nuits Sonores, l’an dernier. En même temps, je ne vais pas me plaindre, je suis assis à côté d’Arnaud fondateur du projet electronica Portnoy avec qui nous avons une longue et fameuse discussion sur le système des "dates" (les rencontres) aux Etats-Unis. Système qui se décline comme suit : Premier jour restaurant/rencontre. Deuxième jour : French Kiss. Troisième jour : Fellation. Quatrième jour : La totale. Très organisée ces américaines !
De son côté, Jean-Yves Leloup, désireux de recentrer le débat, nous révèle qu’il prépare un nouveau livre. Mais chut, c’est un secret (on en reparlera en temps et en heure).
Juste avant ce fascinant intermède anthropologique, nous avions eu droit à la prestation d’un quintette Krautrock parisien, à la piscine du Rhône, Zombie, à la tête duquel on retrouve Etienne Jaumet, le sax de Married Monks. Batterie métronomique à la Can, vocaux lancinants, hypnose électrique, bref, une bonne mise en bouche (en oreille, plutôt) qui n’aurait pas déplu à Bishop, notre fan de Kraut. Suivra Cheveu, que l’on préférera perdre en route…
Après une visite rapide (en taxi) du vieux Lyon (ainsi qu’un rapide passage au bar) avec notre vieux lion à nous, le boss et toujours Benoît, notre autochtone qui connaît, aime et sait parler des beautés - comme des horreurs - de sa ville comme personne, nous voilà de retour Quai Rambaud, pour une nouvelle longue nuit sonique.
Un petit passage au bar et … malheur, c’est sur les dernières notes de Nathan Fake que je débarque dans la salle 2 ! Et moi qui attendait le bonhomme de pied ferme (putain de picoton Lyonnais). Etrangement, l’anglais termine son set sous un déluge de bruit blanc, plus proche des expériences sonores du japonais Merzbow que du shoegazzing électro de son album Drowning in the Sea of Love. Des personnes interrogées dans le public m’annoncent qu’il s’est défoulé, privilégiant l’aspect ambiant et drone de ses compositions d’origine, délaissant du coup ses superbes mélodies. Ah ces artistes quand ils veulent faire les malins…
Mais il est déjà 23 heures et je n’ai pas le temps de me poser de questions, ESG, commence à jouer scène 1. ESG nom de dieu, les quatre gamines du Bronx qui se sont sorties de la débine en inventant une musique unique mêlant rythme funk, basse new wave et guitare rythmique noisy. Un truc totalement inattendu, né à la fin des années 70, au moment même où New York vibrait déjà sous les coups de boutoir de la no wave !! Un passage au bar, et hic hop, me voilà dans la place.
Et là, c’est fabuleux, le son est juste absolument fait pour elles. Ces filles sont énormes (oui aussi, mais très très belles, surtout celle du milieu, en robe rouge, vénus callipyge, tellement sensuelle et groovy qu’on en mangerait), les basses rebondissent et le public entre doucement en trance. Les musiciennes sourient, elles sont vraiment avec nous, c’est une généreuse douche sonore, pleine de roulement de hanche (aïe, la mienne !) et de clins d'yeux complices. Magnifique. Tout ça donne soif et un petit passage au bar s’impose. Surtout que The Hacker balance son électro retro-futuriste salle 2. The Hacker pour ceux qui ne connaissent pas, c’est ce français mordu de new wave (sa génération, comme moi il n’est plus très jeune) capable d’enchaîner un vieux Front 242 ou Depeche Mode avec un track de Japanese Telecom ou la dernière hype du moment. Un esthète dans son genre, à qui on aurait confié des platines. La salle répond plutôt bien, et dans mes veines, les passages au bar aussi… C’est la fête ! Youhouu ! zouig, zouig, les genoux, les épaules, ouais, on se la donne tous ! Dansons avec des lunettes noires, tiens, j’en ai jamais eu l’occasion, j’ai l’air d’un cake, c’est super !
Pourtant il faut décrocher, car Alan Vega, la légende new yorkaise débarque sur la scène 1. L’inventeur de l’electro body music cultive un faux air de Régine en vieillissant, lunettes d’aviateur, bandeau en strass, tignasse hirsute et lippe boudeuse, il n’en reste pas moins un putain de personnage. Pendant 1 heure, Vega harangue la foule rageusement, pendant que Christine Devier-joncourt (oui, la ressemblance est frappante c'est vrai Erwan - Perron, rédacteur électro de Télérama...) fait du bruit derrière lui. Pas gâteux le papy, il nous arnaque avec quelques secondes de Bip Bop Kid et paf, nous assène une enclume rythmique électro-indus (incontestablement son truc du moment) par surprise. L’apocalypse post 11 septembre, le ground zéro, c’est ici, maintenant. Pour le coup, j’en oublierais presque de passer au bar, tiens ! "Too young too die" qu’il dit l’Alan, bin vrai ça, et comme je me suis couché à 6 heures hier, je vous garde The Chap (extraordinnaire, dans tous les sens du terme), Booka Shade, Trentemoller et Agoria pour demain. Allez, m’en voulez pas… On y parlera de Luz !




Commentaires

De marianne, posté le 27.05.06 à 23:21 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
On dit picodon !
Une lyonnaise électro et amateuse de fromage de chèvre !

De alex, posté le 27.05.06 à 23:28 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Hhhhooooo marianne té bonne

De Maxence, posté le 28.05.06 à 12:24 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Ouais, bin c'était vachement bon, merci Marianne !!

De Tampopo, posté le 21.06.06 à 14:25 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Alan Vega, inventeur de l'electro body music...

ça se discute.

Etant un grand fan de Suicide et des sieurs Vega et Rev, j'ai un peu de mal à rapprocher ces deux dinosaures new-yorkais des combos EBM Front242, Nitzer Ebb... Suicide sont plutôt les entrepeneurs d'un mutant-punk poisseux, soulful, aux forts accents bluesy et rock 'n' roll et ne s'apparentent pas à mon sens à une attitude martiale et industrielle véhiculée par l'EBM qui reste très européenne, du nord...

Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto


  Discussions en cours sur le forum musique :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines
Sources & Friends
. David F (FR)
. La Blogothèque (FR)
. Interprétations Diverses (FR)
. Superette (FR)
. Fluokids (FR)
. Get the Curse (FR)
. Music Thing (EN)
. Pitchfork (EN)
. Said the Gramophone (EN)
. ClipTip (EN)
. I guess I’m floatting (EN)
. WFMU Blog (EN)