Eh oui, j'ai réussi à me trouver une vieille cousine à enterrer ce matin... enfin non, la vérité, c'est qu'ici, écouter du blues un lundi midi, ça fait partie du cahier des charges en quelque sorte... pas besoin d'excuse bidon. Alors c'est tout naturellement que je me suis rendue à la Défense pour écouter Bjørn Berge, le nouveau roi du blues moderne. Avec le soleil à son zénith et l'estomac dans les talons (aiguilles), je me demande si la Défense va réussir à échanger son costard cravate contre le sea, sex and blues... En effet, pour débrailler les cadres sup' de la Défense, il va falloir y mettre un peu du sien... Clope au bec, tee-shirt moulant sur torse large et musclé, Bjørn Berge ne semble pourtant pas très avenant, débutant le set sans même un bonjour. Mais dès le deuxième morceau, ce n'est plus que succession de plaisanteries et de bonne musique, de quoi oublier que l'on est dans l'endroit de Paris le moins bluesy du monde et qu'il est seulement midi trente... Chose que n'oublie pas Bjørn Berge, qui rappelle plusieurs fois qu'il n'est pas dans ses habitudes d'être aussi matinal, un lundi de surcroît... A le voir exceller à toutes les cordes et chauffer son public avec une énergie folle, on croirait plutôt que le génie du Saint Slide fait ça tous les midi. Même si je ne vois personne tomber la chemise après tant d'efforts, les sourires sont sur tous les visages, chacun admirant aussi bien l'agilité et la maîtrise du guitariste que la générosité de Bjørn Berge, qui pourrait jouer des heures devant tous les publics, avec la seule force époustouflante de son blues. La "Bjørn Berge mania" a d'ailleurs commencé dans d'autres pays, puisque, dixit ce bluesman plein d'humour : "En Suède, je suis déjà célèbre pour savoir faire trois choses en même temps : fumer une clope, rester cool, et jouer de la guitare". C'est ça la classe...