Pere Ubu aux Nuits Sonores : t'vaar ta gueule ! Bon, c'est vrai je vous l'avais promis ce live report de Pere Ubu aux Nuits Sonores. Et comme flyer pointe un revolver - chargé -sur ma sécurité sociale depuis une semaine, je vais m'y mettre. Surtout que le moins qu'on puisse dire, c'est que Pere Ubu sur scène, c'est du spectacle. Rendez-vous donc, au Ninkasi Kao, salle de concert extrêêêêêmement excentrée, où se donnait, ce jour là, le mythique concert. Rappelez-vous - pour ceux qui ont suivi mes pérégrinations - nous sommes samedi 27 mai et c'est le dernier jour des Nuits. Ce soir là, j'arrive malheureusement trop tard pour voir les excellents Clinic, en première partie. Mais coup de chance, je débarque dans la salle au moment ou David Thomas, leader Ubuesque (et vous allez voir que le terme se mérite) depuis les origines, investit la scène avec son groupe. A l'instar du colérique Mark E. Smith, Thomas est connu pour ces changements de line up incessants. Et on ne rigole pas avec "Môssieur David Thomas". Imaginez la plus grande carcasse du rock indé (je dirais dans les 120 kg pour 1 m 95) affublée de la plus étrange voix flutée qui soit. Autoritaire en plus ! Sans compter que le bonhomme fume et boit sur scène (et pas que de la grenadine…) Le set commence très fort, limite hardcore, dans un garage-rock enlevé sur fond de Theremin exalté. Jusque là tout va bien pour tout le monde, puis soudainement, Thomas se jette sur son harmoniciste et lui plaque brutalement les mains sur le clavier ("Joue, putain !"). On ne peut s'empêcher de se demander ce qui peut bien lier ce chanteur hargneux et ces musiciens masos, bref… La soirée ne fait que commencer. Après quelques signes véhéments, notre "Pa Ubu" très colère, signal d'un doigt rageur un problème de retours. Il s'agace, bougonne, tourbillonne, montre les poings, hurle "Fuck !", "Shit !" au milieu du vacarme, crache et fait signe au groupe d'arrêter. Fin du concert, tout le monde se casse rideau. Pendant ce temps, le technicien du son semble avoir perdu 10 kilos et 20 centimètres. Il se cache derrière sa console. De notre côté, nous n'aurons eu le droit qu'à trois morceaux seulement ! Autant dire que le public n'apprécie pas. Ça siffle sec. Blasé (on m'avait prévenu), je m'apprête à sortir, quand toute la bande revient sur scène. Et reprend direct le concert sur le cultissime "Modern Dance", un titre du premier album. Toute la salle est en transe. Il y a même la petite chanteuse d'ESG dans la salle, elle trépigne de joie ! La suite du set se déroulera sans interventions inopinées du monstrueux chanteur, hormis, normalement, derrière son micro. Après trois rappels, le public termine émotionnellement vidé (Un Pere Ubu en colère, c'est effrayant !) mais heureux. On peut cependant regretter que le groupe ait privilégié les morceaux du nouveau répertoire, ne jouant que peu de classiques, hormis "Non Aligment Pact" et "Final Solution". Et voilà, c'est fini pour les Nuits 2006... A l'année prochaine... Heurg !Commentaires
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