Pianissimi (JOUR 100) En ce vendredi 7 Juillet, éèëê a cherché un peu de fraîcheur dans l’auditorium Saint Pierre des Cuisines, ou le piano était à l’honneur pour le second concert payant du Festival des Siestes électroniques. Autant le show de Kevin Blechdom and the Spankings avait été exubérant, autant les prestations de Marion Lambert et de Hauschka furent mesurées et intimistes.La première partie fut emmenée par les mains virevoltantes de Marion Lambert. La jeune concertiste a proposé un petit voyage dans la musique du début du XXe siècle, comme autant de pistes explorées deux générations plus tard par les artistes électroniciens. De Prokofiev aux français Satie, Debussy et Ravel, le concert très impressionniste brillait par sa cohérence et son interprétation. Notons juste que ce choix de morceaux a autant inspiré la musique électronique que le jazz modal de Davis ou les chansons de Wyatt. Qu’importe le flacon tant qu’on a l’ivresse ! Pour actualiser son approche, Marion Lambert a joué une pièce (apparemment improvisée) avec un musicien électronique… où l’expérimentation n’a mené à peu près nulle part. Pas d’émulation, pas de jointure, une succession de plans sonores heurtés, sans logique apparente. Une pianiste engoncée dans des gimmicks un peu trop discrets et un électronicien agité du preset, qui tripatouillait constamment sa matière sans lui laisser d’espace. Une vingtaine de minutes assez décevantes, que le concert d’Hauschka allait gommer avec bonheur. L’allemand s’est installé à son piano droit préparé - un tas d’objets, hétéroclites mais soigneusement choisis, sont coincés entre les cordes afin d’obtenir des sonorités nouvelles – pour un joli concert de trois quarts d’heure. Si la technique de piano préparé évoque directement John Cage, son inventeur, la musique d’Hauschka avait davantage de connexion avec le répétitisme d’un Steve Reich, la candeur d’un Hausmeister ou le son faussement naïf d’Aphex Twin. Comptines, ragtimes ou morceaux doux et touchant, le point d’orgue du concert fut certainement cette pièce où l’artiste a débarrassé progressivement le piano de ses prothèses sonores. Au terme d’un effeuillage sensuel fut révélée la beauté intrinsèque d’un instrument NU. ![]() ![]() Parce qu’il se plie avec le même bonheur à la sophistication et la virtuosité d’une part, la simplicité et le dispositif d’autre part, le piano était la véritable vedette de cette confrontation réussie entre deux approches antithétiques.
Commentaires
De Nokenny, posté le 08.07.06 à 19:35
![]() Les traditions se perdent mais l'art reste... De Hodiho, posté le 10.07.06 à 00:30 ![]() Merci pour ce petit moment de magie. ![]() De Menzo, posté le 16.09.06 à 11:17 ![]() Ouai perso je prefere l'art de rue Le RAP Fonky Family SNIPER ça c'est bon c'est de l'art ahhhhh ! Gloire a l'art de rue !!!!!!!! RAP Ajouter un commentaire |
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