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Ils nous ont quittés. Fin du tempo. Retour à la poussière. Fade out. Nous leur souhaitons bon voyage.
Le producteur culte Jerry Finn est mort : les punks pleurentLa nouvelle avait été annoncée (façon Pascal Sevran, on en trouve des traces sur le site des Inrocks par exemple) un peu avant l'heure mais tout le monde la savait imminente : le producteur Jerry Finnest mort en fin de semaine dernière après un coma de plus d'un mois. Jerry Finn avait subi une grave alerte cardiaque suivi d'une attaque cérébrale en juillet qui l'avaient laissées dans un état végétatif. Sa famille avait pris la dure décision de le débrancher et de précipiter son destin. Jerry Finn était sans conteste le plus grand producteur punk des années 90. Il avait ainsi travaillé avec les plus grands groupes américains du genre : les affreux Rancid (And Out Come the Wolves en 1995, leur meilleur album), Green Day, Blink 182(l'album Enema Of The State surtout en 1999) mais aussi AFI, Sum 41, Bad Religion ou encore Madness. Finn avait contribué récemment, et dans un genre complètement différent, au retour de Morrissey, produisant l'album You Are The Quarry en 2004, et terminant malheureusement et précocement (il n'avait pas 40 ans) sa carrière avec la production du nouvel album de l'ancien chanteur des Smiths, Years of refusal (prévu en février 2009). L'importance de Finn n'aura pas été négligeable dans la mise en valeur de groupes punk auxquels on aura reproché tout du long de n'arriver pas à la cheville des groupes punk historiques. Sa production était caractérisée par un côté brut, proche du son live qui rendait à la perfection la fougue et la vigueur des jeunes pousses. Finn faisait partie sur le plan technique des producteurs ingénieurs (par opposition aux grands producteurs créateurs) et avait notamment mis au point une innovation majeure. Celle-ci consistait en une manière originale d'enregistrer les batteries au moyen de deux micros et d'un diaphragme. Finn disposait un micro large sur le haut de la batterie et un micro dynamique sur la caisse du bas, ce qui permettait de donner un effet de profondeur inédit. Le mélange des deux enregistrements au moment du mixage conférait à la batterie desdits groupes (il suffit de jeter une oreille à l'un des albums précités pour s'en rendre compte) une force étonnante et proche de l'effet garage. CQFD. A 39 ans, Finn semblait en passe avec Morrissey ou Tiger Army's d'élargir sa palette de producteur. Les punks ont la crête en berne et l'épingle à nourrice qui pleure.
Isaac Hayes est mort
Sans lui le label Stax aurait eu deux cent chansons de moins dont il pourrait être fier. Sans lui on jouerait sans doute la soul beaucoup plus vite aujourd'hui. Sans lui on se souviendrait de Dionne Warwick. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de rapper et on aurait en tout cas eu beaucoup moins à sampler. Sans lui le terme "bling" n'aurait jamais été inventé. Sans lui Pink Floyd n'aurait jamais vendu tant de millions de son Space Rock. Sans lui Otis Redding aurait eu moins de tubes. Sans lui un million de bébés n'auraient jamais été conçus. Sans lui Mr T, Barry White et Samuel L. Jackson ne seraient rien. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de mettre des violons dans le disco. Sans lui les musiciens noirs ne se seraient peut-être jamais lancés dans une course à l'égo. Sans lui, pas de Hot Buttered Soul.
Il va falloir faire avec, Isaac Hayes, 65 ans, a été retrouvé mort chez lui dimanche après midi. Décès de Daniel Caux, la fin d'un beau voyage
Venu du jazz expérimental et de l'école minimaliste américaine, il était de ceux que les musiques électroniques, et en particulier la techno la plus rigoureuse, n'effrayait pas malgré le fossé générationnel. Daniel Caux, défricheur, découvreur et passeur, s'est éteint samedi 12 juillet dernier à 10 heures 30 à Paris. Directeur artistique du fameux label Shandar, journaliste et critique, animateur radio, essayiste, commissaire d'exposition, il découvrit la musique concrète en 1959 avec Pierre Schaeffer, Pierre Henry et Luc Ferrari. Explorateur de tous les sons, il fut le premier à inviter Sun Ra en France. Ami intime de Terry Riley et de La Monte Young, Daniel connaissait son John Cage, Steve Reich et Philip Glass sur le bout des doigts, mais pas seulement. Lui qui avouait avoir vécu l'avènement des musiques électroniques et de la techno au début des années 90 comme une épiphanie, se lia avec les plus grands du genre : Carl Craig, Kevin Saunderson, Jeff Mills, Juan Atkins, mais aussi, bien sûr, Richie Hawtin.
Cekika volé la pierre tombale de Ian Curtis ?![]() On se croirait dans un mauvais remake du Dr Frankenstein ou dans un de ces vieux films de la Hammer où des bossus roumains viennent déterrer les ossements de célébrité et les cadavres à la lueur de chandelles en graisse de porc. Après la disparition des cendres de Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, il y a quelques semaines dans la maison qu'il partageait jadis avec la lippue Courtney Love, c'est la pierre tombale de Ian Curtis, le frontman suicidé de Joy Division, qui a été subtilisée au cimetière de Macclesfield, près de Manchester, où le chanteur avait vécu et était mort pendu à l'âge de 23 ans. Cette pierre tombale qui faisait au bas mot plus d'une centaine de kilos était l'un des lieux de pélerinage les plus fréquentés des fans de Joy Division. On s'y était rendu il y a quelques années avec beaucoup d'émotion. Elle était couverte de mousse (en son pied) et frappée très sobrement de l'inscription "Ian Curtis - 18 mai 1980 - LOVE WILL TEAR US APART". Au loin, on apercevait quelques immeubles, un peu de verdure et des restes d'activité industrielle. Mort d'Alain Dister, photographe et journaliste rock![]() Alain Dister, photographe rock connu pour ses clichés de Jimi Hendrix, Frank Zappa et autres, dont il était bien souvent devenu l'ami, mais aussi critique dans la presse musicale (Rock'n'Folk), vient de décéder, à l'âge de 66 ans. Il y a quelques mois, interview avec Alain Dister dans son appart parisien, que veux-je dire rencontre et souvenir inoubliable dans mon parcours de journaliste ! Le rendez-vous avec le photographe connu pour son activisme dans le rock avait duré bien plus que les 20 min que l'on peut bien souvent avoir aujourd'hui avec les groupes. Aucune actu particulière à cette époque (automne 2007), juste l'envie de le voir, de l'entendre partager ses souvenirs et sa vision des choses sur le journalisme rock ou du moins musical. Des minutes à converser avec lui, des minutes à observer sa chevalière verte, des minutes aussi à l'envier quelque part, lui, qui avait vécu la musique des années 60/70 from the inside, lui qui avait vécu une époque bénie pour les journalistes musique..."Heureux temps où l'on pouvait devenir amis et tirer tous les portraits qu'on voulait" Alain Dister nous avait abreuvé d'anecdotes et avait couronné l'interview en nous montrant sa collection de clichés en noir et blanc. Il avait pris le temps et on l'en remercie encore une fois. Voir l'interview avec Alain Dister Bo Diddley disparu, cette fois ça y est, le rock est mort !
Vrai fils du sud, né Otha Ellas Bates le 30 décembre 1928 à McComb dans le Mississipi, Bo Diddley était peut-être Jésus, il était surtout le rock. Plus que Ike Turner et autant qu'Elvis, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Little Richard ou plus tard Vince Taylor, il n'y a qu'à voir son public sur les vidéos disponibles en ligne sur youtube. Pourtant le bonhomme était vraiment atypique dans son genre. Son jeu syncopé issu du blues, restera dans les annales de l'histoire du rock comme sa légendaire guitare carré (rectangulaire ?) fabriquée par le maître himself, ses lunettes noires et son indétrônable chapeau (noir aussi, bien sûr). Il est surtout celui qui accompagna, voir annonça, le passage du blues au rythm'n'blues puis au rock'n'roll avec des titres mythiques comme "Hey Bo Diddley", "Say Man", "You Can't Judge a Book by Its Cover", "Shave and a Haircut", "Who Do you Love?", "Roadrunner" et "The Mule". Il influença toutes l'école anglaise des 60's (au moment de la British Invasion), les Stones, le Velvet Underground, les Doors (qui reprirent également "Who Do you Love?"), Jonathan Richman et bien d'autres (le jeu de The Edge de U2 par exemple).
R.I.P. Bo, un grand bonhomme est mort. En guise d'hommage on se repasse ces deux vidéos plutôt brulantes, en témoignage d'une époque :
Disparition d'Albert Hofmann, bêta testeur du LSD malgré lui
On ne va de toute façon pas se poser longtemps la question car ce n'est pas le but de cet article, mais il fallait bien en parler puisque c'est en pleine "commémoration" soixante-huitarde que tombe l'annonce de la mort d'Albert Hofmann, chimiste suisse qui inventa le LSD par accident dans les laboratoires Sandoz en 1943 et alimenta bien malgré lui les aspirations à la transcendance de toute une génération.
Initialement prévu pour soulager les troubles pulmonaires et respiratoires par le bon professeur Hofmann, le LSD devait connaître une toute autre destinée et devenir, entre autre par le biais d'une autre grande figure de la contre-culture américaines des 60's, Timothy Leary, la drogue privilégiée du mouvement hippie et de tous les jeunes en quête d'expérience dépassant les fameuses "portes de la perception".
Créé à partir de l'ergot de seigle, le LSD fut d'abord considéré comme inefficace par son concepteur qui commença par ranger sa découverte dans un placard, jusqu'au jour où il décida de le ressortir afin d'effectuer quelques nouveaux tests. Fatigué d'une longue journée, le doc laisse tomber quelques gouttes sur ses manches et s'essuie malencontreusement la bouche avant de prendre son vieux vélo pour rentrer chez lui. Et là, stupeur, en chemin Albert Hofmann va vivre une "expérience psychédélique" ! Expérience qu'il décrira plus tard comme une perte totale de repères dans l'espace, l'impression de sentir sa conscience se déplier comme un origami, l'autre, plus angoissante, d'être observé par une force incommensurable, bref, le professeur Hofmann est en plein trip sur sa bicyclette !
Plus tard il préconisera l'utilisation du LSD dans le traitement de la schizophrénie et Sandoz le produira même sous forme de cachet pour l'armée, toujours en quête de nouveautés bizarres, et les hôpitaux. Testé par des universitaires peut-être un poil trop enthousiastes (dont Leary), le LSD échappe à ses créateurs et se diffuse dans toute la société (certains fanatiques de la conspiration diront, "sur ordre de la CIA", mais passons). Reste que la substance aura le destin qu'on lui connaît et aujourd'hui encore, le véritable LSD est considéré comme le Saint-Graal des stupéfiants.
Albert Hofmann ne se lassait pas de dire à quel point il était fasciné par ce qui était arrivé à son produit, réfutant les allégations concernant le fait que cette drogue avait certainement participé aux bouleversements de l'époque, mais ne niant pas en avoir repris quelques gouttes de temps en temps... Sacré Albert !
Flu commémore les 40 ans de Mai 68 avec un dossier spécial Mai 68. Albums cultes des géants du bizarre #36 : NEU! - Neu! 2
Mais on raconte mal l'histoire de NEU!. Plus que des échappés de Kraftwerk, NEU ! c'est plutôt "Kraftwerk sans Ralf Hutter" ou "NEU! avec Florian Schneider", puisque c'est au cours d'une session mémorable durant laquelle les quatre musiciens jammaient ensemble (sous le nom de Kraftwerk donc) que Ralf Hutter pèta un plomb et quitta le groupe suite à la tendance de Dinger et Rother à composer des morceaux free rock répétitifs et proto-techno à rallonge que ne supportait pas Hutter. Reste que, réduit à deux artistes après le départ de Florian Schneider, NEU! enregistra ce qui allait être le premier album d'importance de la vague Krautrock allemande.
Du coup, Neu! 2 son successeur, peut être envisagé comme sa parfaite antithèse, puisqu'il signe la fin de NEU!. Sous la pression, les deux Allemands enregistrent rapidement un single faisant suite au premier album, le fameux "Neuschnee", suivit de "Super". Le premier est un beau morceau mélodique au groove hypnotique, typiquement NEU! donc, le second, un hymne protopunk au chant hurlé sur fond de guitare acérée. Totalement totalement génial et hors normes pour l'époque (nous sommes en 1973, personne n'a même jamais entendu le mot "punk"). Encore une fois, c'est un succès. Le 45 tours bat des records de vente. La pression monte et le duo s'attelle un peu vite à l'enregistrement du nouvel album. Dans l'élan de "Neuschnee", ils composèrent le fameux "Für Immer", un pur moment de transcendance, ainsi que "Lila Engel", autre sommet punk malgré son titre naïf et tout joli.
Hélas, arrivé à la moitié de l'album, Brain, label indépendant et peu solvable, leur annonce un gros problème de budget. Ils ne peuvent plus rien faire. Rendu fous de rage (et complètement paniqués) Dinger et Rother décidèrent de transformer la face B en une sélection de collages, déconstructions-reconstructions de "Super". ("Super 16" et "Super 78" passés en 78 tours, ralentis, accélérés, en version 16 tours minutes, etc, "Neuschnee 78", idem, "Casseto" mélangeant un peu tout ça sur vieilles cassettes, etc.) en plus des originaux. Autant dire que pour le public, c'est l'incompréhension totale. L'album fait un flop. Carrément flippés, les deux freaks se séparent. Dinger continue son chemin seul et fonde La Düsseldorf, tandis que Rother fonde Harmonia et enregistre Musik Von Harmonia quatre mois plus tard. Les fans ne regrettent rien, Harmonia et La Düsseldorf étant les deux plus beaux projets Krautrock de tous les temps. Pour l'anecdote, NEU! se reforme en 1975, sous le nom de Neu! 75 et produisit un autre chef-d'œuvre mémorable du genre. Loué soit Klaus Dinger, de là ou il nous lit (peut-être)...
Neu ! - Neu ! 2 (Brain, 1973) Claude François, Autrement Dit : le faux hommage![]() On fête aujourd'hui (façon de parler bien sûr), les 30 ans de la mort de Claude François. Parmi les documentaires, émissions spéciales, les archives télévisées détérées par le site de l'INA et les soirées en boîtes, Playlist s'attarde sur Claude François, Autrement Dit. Petite compile sous forme d'hommage rendu par des chanteurs et chanteuses français à Clo Clo. Autrement Dit, c'est 18 artistes français qui reprennent chacun un titre du chanteur décédé. "Vieille garde" avec Alain Chamfort, et surtout "Nouvelle génération" avec Adrienne Pauly, Jeanne Cherhal ou Elodie Frégé, les deux unissent ici leur style pop-rock pour annuler la disco-pop-variét de Claude François. La musique de Clo Clo ne se danse plus en short en satin et bottes en skaï et gagne en tristesse. Même si cette compil permet de réveler certaines chansons moins populaires que d'autres ("Une petite larme m'a trahi", "17 ans"), l'ensemble nous fait penser soit que cette scène française n'est pas fort douée en reprises (ou pas douée tout court), soit que Clo Clo en dehors de "baracuda" ne vaut pas une peanut en songwriting. Dix-huit tires au total, on en a disséqués qu'une poignée : Où est passée la gaieté de ce titre ? Jérémie Kisling vraisemblement ne veut pas croire à ce lundi au soleil et transforme cette chanson en triste, mais agréable complainte relevée ça et là par quelques cuivres dorés. Vincent Baguian - "Une chanson populaire" Oui, une chanson populaire, qui se casse la gueule sur le refrain et qui se la joue "bal musette sur les bords de la Marne". Une reprise qui joue la carte de la légèreté. Halte ! Reprise reggae. L'idée est très mauvaise, aussi rigolote et originale qu'elle aît pu être au départ dans la tête d'Alexis, ce n'est pas en posant des touches de reggae que l'on s'improvise reggae man.Copie à revoir. Adrienne Pauly - "Même si tu revenais" Enfin une vraie reprise ou du moins, enfin un titre qui sort de l'ensemble (avec peut-être celui d'A.S Dragon). Fini la guitare en bandoulière du musicien des cafés parisiens, Adrienne endosse le costume d'une écorchée vive à la voix de sorcière et fait état d"une vraie proposition (comme ils disent à la Star Ac). Pas la reprise du siècle non plus... Elodie Frégé ne s'en sort pas plus mal que les autres, Brisa Roché, et ce n'est pas parce qu'on l'aime bien, réussit à nous faire oublier que l'on écoute les pires reprises de Claude François par une génération pas brillante de musiciens français. Alain Chamfort et La Grande Sophie, repartent la tête haute ; Elli Medeiros, elle, clôt comme il se devait cette compilation par un titre tout aussi fade que les autres. Pas de regret, le disque s'arrête comme il avait commencé. On l'a écouté et on déplore seulement que l'effort pour rendre homage à Clo Clo n'ait pas été mené à bien. Teo Macero et Miles Davis à nouveau réunis au studio "Heaven"
Teo Macero est décédé le 19 février dernier à l'âge de 82 ans. Pour beaucoup, Teo Macero restera le petit homme rondouillard derrière Mile Davis. Celui avec lequel l'autoritaire prince du jazz s'enfermait des heures durant dès que les musiciens avaient le dos tourné. Celui qui bricola comme un dieu sur Sketch of Spain, coupant, collant, raccordant à la sauvage, inventant l'échantillonnage et le cut-up sonore, à partir de bandes magnétiques (la technologie électronique high-tech d'alors !) pour un disque sur lequel l'usage de l'électronique justement, ne sera même pas créditée ! Et pourtant, ce disque doit tout aux outils techniques de son époque, aussi artisanaux soient-ils aujourd'hui, et il doit beaucoup plus encore à Macero, tout comme plus tard les fantastiques déconstructions influencées par Sly Stones et Jimi Hendrix de In A Silent Way, On the Corner et Bitches Brew.
Ce talent d'innovateur, le producteur, également saxophoniste et compositeur experimental, l'entretenait depuis les années. Déjà à l'époque de Porgy & Bess, en 1958, il copiait-collait des bandes, redonnant vie aux sons, transformant déjà la musique en flux d'information, s'investissant malgré lui précurseur des méthodes qu'utiliseront 40 ans plus tard, les musiciens et producteurs de house et de techno. Jusqu'à la fin, dans sa maison de Long Island, il fut le gardien du temple de la période électrique de Davis, couvant ses archives avec passion et donnant volontiers des interviews sur le sujet. Evidemment, Miles Davis est un grand du jazz, mais il serait injuste d'oublier les travaux de Macero avec Charles Mingus , Duke Ellington, Dave Brubeck, Thelonious Monk, Dave Brubeck, Leonard Bernstein, et j'en oublies, des années 50 jusqu'au début des années 70.
Grand ami des compositeurs d'avant-garde Edgard Varèse, Otto Luening et Vladimir Ussachevsky avec lesquels il fonde ce qui deviendra le Columbia-Princeton's Electronic Music Center, Teo Macero était de ces esprits curieux pour qui le jazz n'était qu'une ouverture parmi d'autre dans le vaste océan de sons offert par la musique. Pour preuve, au crépuscule de sa vie, ce fan de rock (il adulait Jimi Hendrix) collabora avec Prince Paul, Bill Laswell, DJ Spooky, DJ Logic et bien d'autres outsiders du dub et du hip hop. Autant dire que son lègue dépasse le cadre étroit des puristes jazz, et des autres. Respect. Godspeed n'est plus ?La nouvelle est tombée ce week-end, Godspeed You! Black Emperor n'est plus. Le groupe canadien a décidé de mettre fin au suspense mou (tout le monde n'a pas le sens du feuilleton de notre cher président) qui régnait autour de sa reformation potentielle. La séparation officielle est notamment reportée sur le site du NME, pour une raison assez originale mais qui finalement sied à la bande des utopistes Montréalais : la guerre en Irak (numéro 2) aurait causé au sein de la formation une panique existentielle ("an existantial freakout"). Rappelons que la musique de Godspeed est essentiellement instrumentale, comme un long cri contre une certaine politique occidentale qui place l'ensemble des humains derrière l'intérêt des puissants. La bataille fait rage quant au style : rock progressif, post rock, avant rock, rock tribal, musique de chambre avec des guitares... Vous trancherez.
Ci-dessus : la pochette de l'EP "Slow Riot From New Zero Kanada" : tout un programme.
L'histoire du groupe est assez peu connue et les erreurs biographiques, en ces temps de fantasmagories virtuelles de l'Internet, nombreuses. Aucune véritable photo officielle de la formation, un site officiel laconique... Même la nouvelle sur le site du NME comporte son lot d'imprécisions, comme l'album "Tiny Little Hammers" de 2004 qui n'existe pas en réalité, ou le nombre de sorties discographiques (six, alors que l'on en compte cinq en incluant une K7 audio éditée à 33 exemplaires). Pour les membres de feu-GYBE, l'aventure musicale continue dans divers projets soutenus par les labels Constellation, Alien 8 ou Madrona ; il est en outre toujours possible d'écouter l'un des 32 enregistrements pirates de leurs concerts sur archive.org, tout en lisant le dossier Constellation publié dans nos colonnes. Je paraphrase maman pour finir là-dessus : les cimetières de la musique sont plein de groupes indispensables...
CORRECTIF : Godspeed n'est pas plus (mais n'en est pas pour autant vivant). Suite à une interview accordée à Drown in Sound pour la promo du dernier Silver Mt Zion, Efrim a tenu des propos sur GYBE qui laissent entendre, suivant l'humeur, que le groupe ne peut plus continuer, et cela EN PARTIE à cause de la guerre en Irak, en partie à cause de considérations personnelles. Un démenti du split du groupe a été reporté par Pitchforkmedia qui aurait contacté Efrim Menuck. Veuillez m'excuser pour mon emballement ! GYBE n'est pas mort, il est toujours comateux. Décès d'Henri Salvador à 90 ans, le lion est mortLa nouvelle a été confirmée en fin de matinée par sa maison de disques (Polydor), le chanteur Henri Salvador est décédé aujourd'hui à l'âge de 90 ans. C'est une rupture d'anévrisme qui l'a emportée. Salvador avait fait ses adieux à la scène en décembre dernier au Palais des Congrès. Chanteur grandement inspiré des musiciens noirs américains, Henri Salvador était une personnalité multi-casquettes. En plus de sa musique aux frontières de la chanson française, du jazz, de la comptine pour enfants ("Une chanson douce"), le chanteur et guitariste a aussi tourné dans les cabarets parisiens en tant qu'humoriste et fait plusieurs apparitions à la télévision en tant que présentateur ou au cinéma. Après une petite retraite, Salvador revient en 2000 avec Chambre avec vue, un album en collaboration avec Keren Ann et Benjamin Biolay artistes de la jeune génération. On le voit aussi sur scène aux côtés de Benabar en 2004. Salvador, c'était une carrière longue de plus de 60 ans, un rire et une voix inoubliables, des costards à rayures, et c'était surtout des chansons populaires "Zorro est arrivé", "Le lion est mort ce soir", "Faut rigoler", "Juanita Banana" et le "Blues du Dentiste" interprété ici avec Benébar sur le plateau de l'émission Taratata...vidéo ! Pour en savoir plus, lire le portrait de Henri Salvador. Décès de Carlos, le chanteurCarlos le chanteur et non le footballeur ou le terroriste est décédé ce matin...il avait appris fin 2007 qu'il était atteint d'un cancer. C'est le site de l'Express qui a annoncé son décès en fin de matinée. Carlos c'était l'auteur "Rosalie", "Tout nu tout bronzé" et de "Big Bisou". Depuis 1998 et son titre "Allez la France", il n'avait plus rien sorti et s'était consacré à une série de documentaires pour la chaine Odyssée. Grand Concours Amy Winehouse !![]() Le meilleur pire site internet et de la semaine ! Devinez la date de la mort d'Amy Winehouse et gagnez un iPod ! Franchement, et c'est pas juste parce que je suis plus préoccupé par le 1er de l'an en ce moment, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais ajouter. Ah si, mon estimation à moi : le vendredi vingt-et-un Décembre 2012, comme nous tous. Bonne année ! James Brown, c'était il y a un an...Noël 2006, on découvrait nos cadeaux au pied du sapin et en allumant la télé ou la radio on apprenait cette triste, trop triste nouvelle. James Brown, the Godfather of Soul venait de mourir. Il avait 73 ans et est mort le jour de Noël, le jour de la naissance de Jésus. Une date de mort hautement symbolique pour ce chanteur qui était, avant même son décès, culte. Des albums à en pleuvoir, des standards plein le tiroir-caisse pour ce chanteur de soul-funk aimé de tous (ou presque ?!). A plus de 60 ans, James Brown avait encore la patate sur scène à en rendre jaloux les plus jeunes artistes. Aujourd'hui 25 décembre 2007, Fluctuat vous souhaite un Joyeux Noël et rend un hommage à JB ! Pour en savoir plus sur le Godfather, sa jeunesse, sa carrière, son succès et son influence dans le rap, lire la bio de James Brown. Décès d'Ike Turner C'est en Californie, à son domicile, que le musicien Ike Turner est décédé mercredi 12 décembre. Il avait 76 ans, avait été marié à la chanteuse tigresse Tina Turner et s'était vu décerné un chouette titre de la part des historiens de la musique. Son titre "Rocket 88" écrit en 1951 a été qualifié par les grands chercheurs, docteurs et analystes du rock comme le premier titre de l'histoire du rock'n'roll jamais écrit. Un putain d'honneur, même si on admet qu'il y a plusieurs pères du rock'n'roll (Elvis, Chuck Berry, Little Richard...). Grâce à ce "Rocket 88", Ike et son band les Kings of Rythm sont devenus célèbres dans la ville de St Louis et le reste de sa carrière sera surtout lié à une rencontre. Alors qu'il a 16 ans, il fait la connaissance d'une chanteuse, Anna Mae Bullock, qui est en fait la future Tina Turner. Leur rencontre aboutira à la formation du groupe Ike & Tina Turner et à un mariage qui a fait parler de lui et qui a été rompu en 1976. A part "Rocket 88", il faut ajouter d'autres titres à l'oeuvre de Turner : "River Deep", "Mountain High" ou encore "Nutbush City Limits". Plus près des années 2000, on avait vu Ike Turner participer à un album de Gorillaz et remporter en 2007 un Grammy Awards pour son album "Risin’With the Blues". Stockhausen est mort, la musique contemporaine perd le KontaktCoïncidence macabre, mercredi 5 décembre dernier alors que je rédigeais un post fustigeant les tenants prétentieux de l'avant-garde à "œillères", Karlheinz Stockhausen, véritable outsider de la musique contemporaine, s'éteignait dans sa maison de campagne de Kürten. De quoi se sentir coupable... Plus sérieusement, au vu de l'importance de l'œuvre de ce compositeur incontournable sa disparition ne pouvait pas passer inaperçu sur Flu' et c'est avec modestie et respect que nous lui rendons hommage.
Stockhausen étudia avec les plus grands, Frank Martin et les français Olivier Messiaen et Darius Milhaud. En 1953, il participe à la fondation du Studio de musique électronique expérimentale de la Westdeutscher Rundfunk. Profondément influencé par l'œuvre d'Anton Webern, Stockhausen est de toutes les avant-gardes. Il évolue rapidement du style pointilliste au sérialisme extrême ("Kontra-Punkte", "Klavierstücke I-IV"). Entre 1955 et 1956 il réalise les premiers chef-d'œuvres de la musique électronique. C'est "Gesang der Jünglinge" ou "Kontakte", premier morceau sur 4 pistes jamais enregistré. Des pièces qui illustrent les fulgurances d'un esprit curieux si ce n'est aventurier. L'anecdote veut que pour cette pièce, c'est Stockhausen lui même qui bricola un système de speaker rotatif passant régulièrement devant les 4 micros disposés en cercle. C'est je crois, à la lumière de ce genre d'inventions, de celles qui dénotent d'une passion qui va plus loin que la recherche de la simple perfection technique, que l'on reconnaît le génie visionnaire. Une assertion qui vaut aussi bien pour la musique contemporaine ou électronique que pour le rock et la pop. Des musiques "populaires" que le compositeur allemand ne renie d'ailleurs pas, lui qui s'avouait fasciné par le Jefferson Airplane, et à qui les Beatles rendront hommage sur Sgt Peppers en glissant son visage parmi les nombreuses personnalités qui figurent sur la célèbre pochette. Franck Zappa se réclamera lui aussi de l'oeuvre électronique de Stockhausen. Et tandis que celui-ci explore les possibilités de l'indétermination et de l'usage du hasard et de l'improvisation (un voyage qui l'emmènera jusqu'aux confins d'une musique dite "intuitive") Stockhausen s'implique parallèlement toujours plus dans la diffusion de ses idées auprès des plus jeunes. On retrouve d'ailleurs Irmin Schmidt et Holger Czukay, parmi ses anciens élèves. Ceux là même qui formeront plus tard, un des groupes emblématique du krautrock allemand : can. Par ailleurs, à partir des années 1960, les œuvres de Stockhausen prennent de l'ampleur sur la durée et se font volontiers méditative, dans le sillage des compositeurs minimalistes Terry Riley, Steve Reich ou La Monte Young. C'est l'époque de "Stimmung" (1968) et plus tard, "Mantra" (1970), une œuvre de 70 minutes, construite sur différentes sonorisations d'un même accord.
Quoiqu'il en soit, le grand homme nous a donc quitté, laissant derrière lui tout un pan de la création contemporaine encore à explorer et une œuvre profondément originale et novatrice, qui a marqué la création musicale pour toujours. Aujourd'hui, celui qui déclarait "Et maintenant, chaque compositeur est fier de demander au public de vivre des moments de silence, jusqu'a deux ou trois minutes, dans un morceau de musique" (voir notre fiche) va être satisfait, durant les semaines à venir les minutes de silence vont être innombrables. Fred Chichin est mort, que deviennent les Rita ?Posté par LovelyRita le 28.11.07 à 16:26 | tags : cimetière, chanson française, pop, news, vidéos musicales, youtube
Les derniers concerts des Rita Mitsouko avaient été annulés en raison de l'état de santé de Fred Chichin. Leur dernier album, Variety, ne nous avait pas totalement convaincu, par contre on était convaincu que les Rita étaient l'une des figures majeures de la scène musicale française des années 80. Annulations de concerts, aggravation de l'état de santé de Fred et mort des suites d'un cancer fulgurant. Diagnostiqué il y a à peine 2 mois, le cancer a eu raison du guitariste et des Rita Mitsouko, à présent il ne reste plus que Catherine Ringer, seule à bord des Rita. Hommage d'une Rita à la moitié des Rita : Adieu Stylus, je t'aimais bien...
J'ai déjà écrit tout le bien que je pense de Stylus il n'y a pas si longtemps. Stylus était en quelque sorte un fantasme de journaliste, bourré d'articles aussi longs qu'ils le voualient sur des sujets aussi ésotériques ou aussi obscurs qu'ils le voulaient, de chroniques de singles à la chaîne, de listes et tops improbables, de papiers-confessionaux, de podcasts et de tout un tas d'autres choses qui n'intéressent que les gens qui aiment autant écrire sur la musique que l'écouter. On dit que plusieurs contributeurs de Stylus vont probablement être accueillis par Pitchfork (un certain nombre travaillait déjà pour les deux) mais la perte de Stylus est la perte d'un espace unique et il convient de verser une petite larme. Avant de s'en aller, le site offre une orgie de listes de fin d'année/de décade prématurées. A l'heure où j'écris ces lignes nous sommes hier et les listes musicales "importantes" n'ont pas encore été publiées et tout ce vers quoi je peux vous diriger c'est une liste des meilleures rééditions de l'année, des meilleurs films du millenium (ce qui sonne beaucoup que "des sept dernières années") et surtout un best-of de Stylus Magazine lui même, plein de liens vers des articles essentiels sur Mariah Carey, des listes des plus définitives aux plus inconséquentes et puis, côté inédit, les ultimes critiques en haïku, une idée à voler au plus vite. Oink ne grouinera plus
Oink faisait partie de ces sites sans lesquels un tas d'artistes "alternatifs" ou "indépendants" d'Arcade Fire à MIA en seraient encore à tenter de rameuter trois amis sur myspace et sans lesquels tout un tas de mp3blogs n'auraient rien à poster et personne ne lirait des sites comme Pitchfork, la Blogothèque ou celui-ci qui parlent de beaucoup trop de musique différente pour que vous l'achetiez tous. Evidemment, Oink opérait dans l'illégalité la plus totale et nous connaissions tous la règle du jeu. Sa fermeture n'est pas véritablement une surprise et les amateurs de musique trouveront de toute façon bientôt un nouvel endroit où se réunir et partager. Il paraît, d'ailleurs, que les majors sont très en colère après leurs chasseurs de pirates car ceux ci resteraient inefficaces face à ce bon vieux Soulseek. Mort de St Thomas
Pour en finir je termine avec une petite phrase insérée dans le livret de son 2ème album et qui tombe à pic : "St Thomas is 25 years old. He was born in Oslo. His heart gets warm if you appreciate his music. Please take care of him". Pour se faire, allez écouter sur son site officiel ou sur son myspace le Live In Europe édité à 1000 copies en 2003. Le live y est en intégralité et je vous conseille d'écouter le sketch du rat en intro de "Strangers Out of Blue" et la présentation des membres du groupe à la fin de "I'm Coming Home". Crédit photo : St Thomas au Point Ephémère en 2005, par N.Cuissard du Camembert Magique Pavarotti est mort, mais qui donc va chanter avec les Spice Girls et Florent Pagny ?Luciano Pavarotti est mort aujourd'hui des suites de son cancer du pancréas. Le chanteur d'opéra ou de popéra s'est produit avec une foule de personnalités de la musique pop et internationale. En guise de best-of, sélection de liens youtube des collaborations de Pavarotti and Friends ! Pavarotti chante avec : - "Vento" avec Ricky Martin - "Perfect Day" avec Lou Reed - "Let It Rain" avec Bon Jovi - "Hero" avec Mariah Carey - "Miss Sarajevo" avec U2 - "It's a Man's World" avec James Brown Hilly Kristal est mort
Tony Wilson est mortIl avait eu un film à son hommage, 24 Hour Party People, sur son oeuvre son activisme sur la scène musicale mancunienne et par extension sur la scène musicale anglaise, il a porté les valeurs de la culture anglaise au travers des groupes qu'il soutenait et promulguait, Tony Wilson a succombé à une crise cardiaque hier 10 août 2007 à l'âge de 57 ans. Diagnostiqué d'un cancer depuis l'an dernier, Tony Wilson est donc parti. Après la vague de décès de cet été dans le milieu du cinéma, la mort de Lee Hazlewood il y a quelques jours, l'hécatombe continue avec la mort de l'un des plus importants activistes culturels Outre-Manche. Lançant sa Factory Records permettant à Joy Division puis New Order, aux Happy Mondays, à A Certain Ratio, aux Durutti Column d'éditer leurs oeuvres, Tony Wilson fut aussi l'un des hommes de la révolution "Madchester" grâce à sa boîte de nuit la Haçienda, lieu mythique de mutation culturelle, qui vit l'arrivée de la house en Europe avant d'être une des scènes incontournables de la scène rave. Quel triste été. Interview de Tony Wilson en 1988
Mort de Lee HazlewoodSon dernier album, "Cake or Death" était sorti en décembre 2006, c'était le dernier de sa carrière disait-il. Voilà 3 ans qu'il luttait contre un cancer. Lee Hazlewood s'est éteint le 4 août dans sa résidence du Nevada, il avait 78 ans et laisse derrière lui ses trois enfants, sa femme et une carrière musicale vieille de presque 50 ans. Son premier grand hit, il l'a écrit pour un chanteur de country Sanford Clark, "The Fool" se classe dans le top 10. Plus tard, Lee se fera surtout connaître grâce à une chanson, qui résonne encore dans nos oreilles et sur les ondes. "These boots are made for walking" chanté par Nancy Sinatra en 1966, le titre est numéro 1 aux Etats-Unis et en Angleterre. Deux après, l'année 1968 nous offre le beau duo entre Hazlewood et Sinatra sur "Some Velvet Morning". Après s'être retiré en Suède au début des années 70, Lee Hazlewood se fait plus discret ; ce n'est que dans les années 90 que l'on "redécouvre" son travail. Grâce à des artistes tels que Sonic Youth, une partie de sa discographie se voit rééditée. En 2002, Astralwerks avait sorti Total Lee : The Songs of Lee Hazlewood, un tribute regroupant des reprises de ses titres par Jarvis Cocker, Calexico, Valérie Leulliot, Richard Hawley, Lambchop... Sa mort a été annoncée hier sur son myspace. |
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