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Ils nous ont quittés. Fin du tempo. Retour à la poussière. Fade out. Nous leur souhaitons bon voyage.

Le producteur culte Jerry Finn est mort : les punks pleurent

Posté par Myosotis le 26.08.08 à 12:00 | tags : morrissey, cimetière, punk, rock, people

La nouvelle avait été annoncée (façon Pascal Sevran, on en trouve des traces sur le site des Inrocks par exemple) un peu avant l'heure mais tout le monde la savait imminente : le producteur Jerry Finnest mort en fin de semaine dernière après un coma de plus d'un mois.

Jerry Finn avait subi une grave alerte cardiaque suivi d'une attaque cérébrale en juillet qui l'avaient laissées dans un état végétatif. Sa famille avait pris la dure décision de le débrancher et de précipiter son destin. Jerry Finn était sans conteste le plus grand producteur punk des années 90. Il avait ainsi travaillé avec les plus grands groupes américains du genre : les affreux Rancid (And Out Come the Wolves en 1995, leur meilleur album), Green Day, Blink 182(l'album Enema Of The State surtout en 1999) mais aussi AFI, Sum 41, Bad Religion ou encore Madness. Finn avait contribué récemment, et dans un genre complètement différent, au retour de Morrissey, produisant l'album You Are The Quarry en 2004, et terminant malheureusement et précocement (il n'avait pas 40 ans) sa carrière avec la production du nouvel album de l'ancien chanteur des Smiths, Years of refusal (prévu en février 2009).

L'importance de Finn n'aura pas été négligeable dans la mise en valeur de groupes punk auxquels on aura reproché tout du long de n'arriver pas à la cheville des groupes punk historiques. Sa production était caractérisée par un côté brut, proche du son live qui rendait à la perfection la fougue et la vigueur des jeunes pousses. Finn faisait partie sur le plan technique des producteurs ingénieurs (par opposition aux grands producteurs créateurs) et avait notamment mis au point une innovation majeure. Celle-ci consistait en une manière originale d'enregistrer les batteries au moyen de deux micros et d'un diaphragme. Finn disposait un micro large sur le haut de la batterie et un micro dynamique sur la caisse du bas, ce qui permettait de donner un effet de profondeur inédit. Le mélange des deux enregistrements au moment du mixage conférait à la batterie desdits groupes (il suffit de jeter une oreille à l'un des albums précités pour s'en rendre compte) une force étonnante et proche de l'effet garage. CQFD.

A 39 ans, Finn semblait en passe avec Morrissey ou Tiger Army's d'élargir sa palette de producteur. Les punks ont la crête en berne et l'épingle à nourrice qui pleure.

 

 


Isaac Hayes est mort

Posté par 2goldfish le 11.08.08 à 10:21 | tags : funk, rnb, news, soul, cimetière

 

Sans lui le label Stax aurait eu deux cent chansons de moins dont il pourrait être fier. Sans lui on jouerait sans doute la soul beaucoup plus vite aujourd'hui. Sans lui on se souviendrait de Dionne Warwick. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de rapper et on aurait en tout cas eu beaucoup moins à sampler. Sans lui le terme "bling" n'aurait jamais été inventé. Sans lui Pink Floyd n'aurait jamais vendu tant de millions de son Space Rock. Sans lui Otis Redding aurait eu moins de tubes. Sans lui un million de bébés n'auraient jamais été conçus. Sans lui Mr T, Barry White et Samuel L. Jackson ne seraient rien. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de mettre des violons dans le disco. Sans lui les musiciens noirs ne se seraient peut-être jamais lancés dans une course à l'égo. Sans lui, pas de Hot Buttered Soul.

 

 

 

Il va falloir faire avec, Isaac Hayes, 65 ans, a été retrouvé mort chez lui dimanche après midi.


Décès de Daniel Caux, la fin d'un beau voyage

Posté par Maxence le 18.07.08 à 12:32 | tags : jazz, news, cimetière, contemporaine, techno

Venu du jazz expérimental et de l'école minimaliste américaine, il était de ceux que les musiques électroniques, et en particulier la techno la plus rigoureuse, n'effrayait pas malgré le fossé générationnel. Daniel Caux, défricheur, découvreur et passeur, s'est éteint samedi 12 juillet dernier à 10 heures 30 à Paris. Directeur artistique du fameux label Shandar, journaliste et critique, animateur radio, essayiste, commissaire d'exposition, il découvrit la musique concrète en 1959 avec Pierre Schaeffer, Pierre Henry et Luc Ferrari. Explorateur de tous les sons, il fut le premier à inviter Sun Ra en France. Ami intime de Terry Riley et de La Monte Young, Daniel connaissait son John Cage, Steve Reich et Philip Glass sur le bout des doigts, mais pas seulement. Lui qui avouait avoir vécu l'avènement des musiques électroniques et de la techno au début des années 90 comme une épiphanie, se lia avec les plus grands du genre : Carl Craig, Kevin Saunderson, Jeff Mills, Juan Atkins, mais aussi, bien sûr, Richie Hawtin.


Un grand monsieur à la générosité sans pareil et à l'ouverture d'esprit hors du commun nous a quitté. Daniel était aussi un raconteur d'histoire exceptionnel, et ces récits resteront. Témoignage :


Il faut être conscient des filiations existantes entre la disco, le dub,  le funk et la techno. Mais concernant la techno pure et dure, celle de Detroit, je pense qu'il faut prendre en considération l'apport incroyable de l'émission d'Electrifying Mojo. Ce Dj était un véritable génie de l'expression radiophonique dont les émissions étaient écoutées tous les soirs par les pionniers du genre, Derrick May, Juan Atkins, Kevin Saunderson, Jeff Mills et Carl Craig, quand ils avaient entre 10 et 15 ans. Dans ses émissions Mojo passait aussi bien aussi bien le funk de Georges Clinton que la rock allemand bien électronique de can ou Kraftwerk. Des musiciens allemands, qui eux-même, ont été, à leurs débuts, largement influencés par les grandes messes répétitives et psychédéliques de Terry Riley sur son orgue électrique. Alors, ce que Mojo a apporté aux futurs DJs et producteurs de Detroit à travers ce rock allemand étrange, c'est l'idée d'une musique qui abandonne la notion de chanson avec couplet-refrain au profit d'une nouvelle forme mutante qui n'en finit pas de se répéter et se répéter, en se transformant peu à peu, comme le minimalisme américain. Selon moi, c'est le psychédélisme qui unit la musique minimaliste et la techno. Pour autant, je ne confond pas les deux genres : je trouve par exemple que le mixage dans la techno permet un plus grand mélange des genres que la musique minimaliste et aussi un travail plus développé sur le timbre. Ce qu'elles ont en commun, en revanche, c'est leur caractère hypnotique. (propos recueillis pour le magazine Coda en 2003)


Cekika volé la pierre tombale de Ian Curtis ?

Posté par Myosotis le 08.07.08 à 17:26 | tags : news, cimetière, people

On se croirait dans un mauvais remake du Dr Frankenstein ou dans un de ces vieux films de la Hammer où des bossus roumains viennent déterrer les ossements de célébrité et les cadavres à la lueur de chandelles en graisse de porc. Après la disparition des cendres de Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, il y a quelques semaines dans la maison qu'il partageait jadis avec la lippue Courtney Love, c'est la pierre tombale de Ian Curtis, le frontman suicidé de Joy Division, qui a été subtilisée au cimetière de Macclesfield, près de Manchester, où le chanteur avait vécu et était mort pendu à l'âge de 23 ans. Cette pierre tombale qui faisait au bas mot plus d'une centaine de kilos était l'un des lieux de pélerinage les plus fréquentés des fans de Joy Division. On s'y était rendu il y a quelques années avec beaucoup d'émotion. Elle était couverte de mousse (en son pied) et frappée très sobrement de l'inscription "Ian Curtis - 18 mai 1980 - LOVE WILL TEAR US APART". Au loin, on apercevait quelques immeubles, un peu de verdure et des restes d'activité industrielle.

Selon la police, ce genre de forfaits est exceptionnel et ne s'explique pas vraiment. Les membres de New Order (groupe dissout rappelons-le depuis quelques mois) ont fait paraître un communiqué pour dénoncer cet acte odieux et demander aux voleurs de restituer la pierre tombale. Les habituelles recherches sur ebay n'ont rien révélé, tandis qu'on se demande qui d'autre qu'un fan transi, sans doute dopé par le récent biopic Control dans sa passion, pourrait être à l'origine d'un tel vol. En attendant la garde a été renforcée à Tanworth On Aden sur la tombe de Nick Drake, à Paris sur celles de C Jérôme et de Bézu. Le profanateur de sépultures rock court toujours et il est sacrément dangereux. Rentrez vos morts.


Mort d'Alain Dister, photographe et journaliste rock

Posté par LovelyRita le 02.07.08 à 18:33 | tags : news, rock, cimetière


Alain Dister, photographe rock connu pour ses clichés de Jimi Hendrix, Frank Zappa et autres, dont il était bien souvent devenu l'ami, mais aussi critique dans la presse musicale (Rock'n'Folk), vient de décéder, à l'âge de 66 ans.

Il y a quelques mois, interview avec Alain Dister dans son appart parisien, que veux-je dire rencontre et souvenir inoubliable dans mon parcours de journaliste ! Le rendez-vous avec le photographe connu pour son activisme dans le rock avait duré bien plus que les 20 min que l'on peut bien souvent avoir aujourd'hui avec les groupes. Aucune actu particulière à cette époque (automne 2007), juste l'envie de le voir, de l'entendre partager ses souvenirs et sa vision des choses sur le journalisme rock ou du moins musical. Des minutes à converser avec lui, des minutes à observer sa chevalière verte, des minutes aussi à l'envier quelque part, lui, qui avait vécu la musique des années 60/70 from the inside, lui qui avait vécu une époque bénie pour les journalistes musique..."Heureux temps où l'on pouvait devenir amis et tirer tous les portraits qu'on voulait"

Alain Dister nous avait abreuvé d'anecdotes et avait couronné l'interview en nous montrant sa collection de clichés en noir et blanc. Il avait pris le temps et on l'en remercie encore une fois.

Voir l'interview avec Alain Dister

Myspace d'Alain Dister


Bo Diddley disparu, cette fois ça y est, le rock est mort !

Posté par Maxence le 17.06.08 à 10:19 | tags : rock, cimetière, pionnier, youtube

"Bo Diddley Is Jesus" clamait The Jesus And Mary Chain en 1986 sur Barbed Wire Kisses (quel titre !), et les Ecossais de reprendre l'halluciné "Who Do You Love" sur la même compilation de rareté. Il faut espérer parce qu'en l'occurence, cela nous donnerait une chance de le revoir, à Pâques par exemple, car malheureusement Bo Diddley s'est éteint le 2 juin dernier à 79 ans, d'une attaque en Floride.

 

Vrai fils du sud, né Otha Ellas Bates le 30 décembre 1928 à McComb dans le Mississipi, Bo Diddley était peut-être Jésus, il était surtout le rock. Plus que Ike Turner et autant qu'Elvis, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Little Richard ou plus tard Vince Taylor, il n'y a qu'à voir son public sur les vidéos disponibles en ligne sur youtube. Pourtant le bonhomme était vraiment atypique dans son genre. Son jeu syncopé issu du blues, restera dans les annales de l'histoire du rock comme sa légendaire guitare carré (rectangulaire ?) fabriquée par le maître himself, ses lunettes noires et son indétrônable chapeau (noir aussi, bien sûr). Il est surtout celui qui accompagna, voir annonça, le passage du blues au rythm'n'blues puis au rock'n'roll avec des titres mythiques comme "Hey Bo Diddley", "Say Man", "You Can't Judge a Book by Its Cover", "Shave and a Haircut", "Who Do you Love?", "Roadrunner" et "The Mule". Il influença toutes l'école anglaise des 60's (au moment de la British Invasion), les Stones, le Velvet Underground, les Doors (qui reprirent également "Who Do you Love?"), Jonathan Richman et bien d'autres (le jeu de The Edge de U2 par exemple).

 

R.I.P. Bo, un grand bonhomme est mort. En guise d'hommage on se repasse ces deux vidéos plutôt brulantes, en témoignage d'une époque :

 

 


Disparition d'Albert Hofmann, bêta testeur du LSD malgré lui

Posté par Maxence le 30.04.08 à 19:00 | tags : cimetière, news, rigolo, psychédélique

Que serait la génération 68 sans l'usage des drogues psychédéliques et en particulier du LSD ? Les Beatles n'auraient certainement pas composés Sergent Pepper's, ni "Lucy in the Sky with Diamonds", Syd Barrett serait encore un Pink Floyd (au secours !), Charles Manson serait libre (et Rocky Ericsson aussi !), le psychiatre de Brian Wilson serait bien embêté... et les années 60 n'auraient pas été ce qu'elles furent, car au-delà de l'aspect purement politique et révolutionnaire des différents mouvements qui agitèrent la planète, l'usage de cette drogue puissament psychédélique donnera à l'époque une aura de spiritualité, parfois surestimée, souvent naïve, mais certainement pas mensongère, ni critiquable, du moins si l'on en croit les témoignages de ceux qui en consommèrent alors.

 

On ne va de toute façon pas se poser longtemps la question car ce n'est pas le but de cet article, mais il fallait bien en parler puisque c'est en pleine "commémoration" soixante-huitarde que tombe l'annonce de la mort d'Albert Hofmann, chimiste suisse qui inventa le LSD par accident dans les laboratoires Sandoz en 1943 et alimenta bien malgré lui les aspirations à la transcendance de toute une génération.

 

Initialement prévu pour soulager les troubles pulmonaires et respiratoires par le bon professeur Hofmann, le LSD devait connaître une toute autre destinée et devenir, entre autre par le biais d'une autre grande figure de la contre-culture américaines des 60's, Timothy Leary, la drogue privilégiée du mouvement hippie et de tous les jeunes en quête d'expérience dépassant les fameuses "portes de la perception".

 

Créé à partir de l'ergot de seigle, le LSD fut d'abord considéré comme inefficace par son concepteur qui commença par ranger sa découverte dans un placard, jusqu'au jour où il décida de le ressortir afin d'effectuer quelques nouveaux tests. Fatigué d'une longue journée, le doc laisse tomber quelques gouttes sur ses manches et s'essuie malencontreusement la bouche avant de prendre son vieux vélo pour rentrer chez lui. Et là, stupeur, en chemin Albert Hofmann va vivre une "expérience psychédélique" ! Expérience qu'il décrira plus tard comme une perte totale de repères dans l'espace, l'impression de sentir sa conscience se déplier comme un origami, l'autre, plus angoissante, d'être observé par une force incommensurable, bref, le professeur Hofmann est en plein trip sur sa bicyclette !

 

Plus tard il préconisera l'utilisation du LSD dans le traitement de la schizophrénie et Sandoz le produira même sous forme de cachet pour l'armée, toujours en quête de nouveautés bizarres, et les hôpitaux. Testé par des universitaires peut-être un poil trop enthousiastes (dont Leary), le LSD échappe à ses créateurs et se diffuse dans toute la société (certains fanatiques de la conspiration diront, "sur ordre de la CIA", mais passons). Reste que la substance aura le destin qu'on lui connaît et aujourd'hui encore, le véritable LSD est considéré comme le Saint-Graal des stupéfiants.

 

Albert Hofmann ne se lassait pas de dire à quel point il était fasciné par ce qui était arrivé à son produit, réfutant les allégations concernant le fait que cette drogue avait certainement participé aux bouleversements de l'époque, mais ne niant pas en avoir repris quelques gouttes de temps en temps... Sacré Albert !

 

Flu commémore les 40 ans de Mai 68 avec un dossier spécial Mai 68.


Albums cultes des géants du bizarre #36 : NEU! - Neu! 2

Posté par Maxence le 09.04.08 à 18:29 | tags : cimetière, culte et bizarre

La disparition malheureuse de Klaus Dinger (24 mars 1946 - 21 mars 2008, R.I.P.) à 61 ans, moitié de NEU! est l'occasion pas vraiment folichonne de raconter l'histoire vraiment bizarre d'un album foncièrement culte. Dans le vaste champ du krautrock, NEU! est un groupe souvent négligé. On cite volontiers can, Faust, Amon Düül, mais on a tendance à oublier le duo formé en 1972 par Klaus Dinger et Michael Rother. Cela vient peut-être de la relative complexité de l'œuvre de ces deux transfuges de Kraftwerk première période. NEU! en effet, est le travail autiste de deux artistes ne désirant rien d'autre qu'expérimenter ensemble sans rien demander à personne. Un paradoxe quand on sait que justement, Neu! le premier album éponyme, rencontra un succès incroyable en Allemagne et surfa au sommet des ventes pendant des mois grâce à "Hallogallo", formidable cavalcade motorik de plus de 10 minutes hypnotiques dont les Allemands ont le secret.

 

Mais on raconte mal l'histoire de NEU!. Plus que des échappés de Kraftwerk, NEU ! c'est plutôt "Kraftwerk sans Ralf Hutter" ou "NEU! avec Florian Schneider", puisque c'est au cours d'une session mémorable durant laquelle les quatre musiciens jammaient ensemble (sous le nom de Kraftwerk donc) que Ralf Hutter pèta un plomb et quitta le groupe suite à la tendance de Dinger et Rother à composer des morceaux free rock répétitifs et proto-techno à rallonge que ne supportait pas Hutter. Reste que, réduit à deux artistes après le départ de Florian Schneider, NEU! enregistra ce qui allait être le premier album d'importance de la vague Krautrock allemande.

 

Du coup, Neu! 2 son successeur, peut être envisagé comme sa parfaite antithèse, puisqu'il signe la fin de NEU!. Sous la pression, les deux Allemands enregistrent rapidement un single faisant suite au premier album, le fameux "Neuschnee", suivit de "Super". Le premier est un beau morceau mélodique au groove hypnotique, typiquement NEU! donc, le second, un hymne protopunk au chant hurlé sur fond de guitare acérée. Totalement totalement génial et hors normes pour l'époque (nous sommes en 1973, personne n'a même jamais entendu le mot "punk"). Encore une fois, c'est un succès. Le 45 tours bat des records de vente. La pression monte et le duo s'attelle un peu vite à l'enregistrement du nouvel album. Dans l'élan de "Neuschnee", ils composèrent le fameux "Für Immer", un pur moment de transcendance, ainsi que "Lila Engel", autre sommet punk malgré son titre naïf et tout joli.

 

Hélas, arrivé à la moitié de l'album, Brain, label indépendant et peu solvable, leur annonce un gros problème de budget. Ils ne peuvent plus rien faire. Rendu fous de rage (et complètement paniqués) Dinger et Rother décidèrent de transformer la face B en une sélection de collages, déconstructions-reconstructions de "Super". ("Super 16" et "Super 78" passés en 78 tours, ralentis, accélérés, en version 16 tours minutes, etc, "Neuschnee 78", idem, "Casseto" mélangeant un peu tout ça sur vieilles cassettes, etc.) en plus des originaux. Autant dire que pour le public, c'est l'incompréhension totale. L'album fait un flop. Carrément flippés, les deux freaks se séparent. Dinger continue son chemin seul et fonde La Düsseldorf, tandis que Rother fonde Harmonia et enregistre Musik Von Harmonia quatre mois plus tard. Les fans ne regrettent rien, Harmonia et La Düsseldorf étant les deux plus beaux projets Krautrock de tous les temps. Pour l'anecdote, NEU! se reforme en 1975, sous le nom de Neu! 75 et produisit un autre chef-d'œuvre mémorable du genre. Loué soit Klaus Dinger, de là ou il nous lit (peut-être)...

 

Neu ! - Neu ! 2 (Brain, 1973)


Claude François, Autrement Dit : le faux hommage

Posté par LovelyRita le 11.03.08 à 13:02 | tags : pop, chanson française, cimetière, news
 

On fête aujourd'hui (façon de parler bien sûr), les 30 ans de la mort de Claude François. Parmi les documentaires, émissions spéciales, les archives télévisées détérées par le site de l'INA et les soirées en boîtes, Playlist s'attarde sur Claude François, Autrement Dit. Petite compile sous forme d'hommage rendu par des chanteurs et chanteuses français à Clo Clo. Autrement Dit, c'est 18 artistes français qui reprennent chacun un titre du chanteur décédé. "Vieille garde" avec Alain Chamfort, et surtout "Nouvelle génération" avec Adrienne Pauly, Jeanne Cherhal ou Elodie Frégé, les deux unissent ici leur style pop-rock pour annuler la disco-pop-variét de Claude François. La musique de Clo Clo ne se danse plus en short en satin et bottes en skaï et gagne en tristesse. Même si cette compil permet de réveler certaines chansons moins populaires que d'autres ("Une petite larme m'a trahi", "17 ans"), l'ensemble nous fait penser soit que cette scène française n'est pas fort douée en reprises (ou pas douée tout court), soit que Clo Clo en dehors de "baracuda" ne vaut pas une peanut en songwriting.


Dix-huit tires au total, on en a disséqués qu'une poignée :
 
Jérémie Kisling - "Le Lundi au Soleil"
Où est passée la gaieté de ce titre ? Jérémie Kisling vraisemblement ne veut pas croire à ce lundi au soleil et transforme cette chanson en triste, mais agréable complainte relevée ça et là par quelques cuivres dorés.
 
Vincent Baguian - "Une chanson populaire"
Oui, une chanson populaire, qui se casse la gueule sur le refrain et qui se la joue "bal musette sur les bords de la Marne". Une reprise qui joue la carte de la légèreté.
 
Alexis HK - "Belle, belle, belle"
Halte ! Reprise reggae. L'idée est très mauvaise, aussi rigolote et originale qu'elle aît pu être au départ dans la tête d'Alexis, ce n'est pas en posant des touches de reggae que l'on s'improvise reggae man.Copie à revoir.
 
Adrienne Pauly - "Même si tu revenais"
Enfin une vraie reprise ou du moins, enfin un titre qui sort de l'ensemble (avec peut-être celui d'A.S Dragon). Fini la guitare en bandoulière du musicien des cafés parisiens, Adrienne endosse le costume d'une écorchée vive à la voix de sorcière et fait état d"une vraie proposition (comme ils disent à la Star Ac). Pas la reprise du siècle non plus...
 
Elodie Frégé ne s'en sort pas plus mal que les autres, Brisa Roché, et ce n'est pas parce qu'on l'aime bien, réussit à nous faire oublier que l'on écoute les pires reprises de Claude François par une génération pas brillante de musiciens français. Alain Chamfort et La Grande Sophie, repartent la tête haute ; Elli Medeiros, elle, clôt comme il se devait cette compilation par un titre tout aussi fade que les autres. Pas de regret, le disque s'arrête comme il avait commencé. On l'a écouté et on déplore seulement que l'effort pour rendre homage à Clo Clo n'ait pas été mené à bien.

Teo Macero et Miles Davis à nouveau réunis au studio "Heaven"

Posté par Maxence le 29.02.08 à 10:46 | tags : contemporaine, électro, jazz, cimetière, news

Teo Macero est décédé le 19 février dernier à l'âge de 82 ans. Pour beaucoup, Teo Macero restera le petit homme rondouillard derrière Mile Davis. Celui avec lequel l'autoritaire prince du jazz s'enfermait des heures durant dès que les musiciens avaient le dos tourné. Celui qui bricola comme un dieu sur Sketch of Spain, coupant, collant, raccordant à la sauvage, inventant l'échantillonnage et le cut-up sonore, à partir de bandes magnétiques (la technologie électronique high-tech d'alors !) pour un disque sur lequel l'usage de l'électronique justement, ne sera même pas créditée ! Et pourtant, ce disque doit tout aux outils techniques de son époque, aussi artisanaux soient-ils aujourd'hui, et il doit beaucoup plus encore à Macero, tout comme plus tard les fantastiques déconstructions influencées par Sly Stones et Jimi Hendrix de In A Silent Way, On the Corner et Bitches Brew.

 

Ce talent d'innovateur, le producteur, également saxophoniste et compositeur experimental, l'entretenait depuis les années. Déjà à l'époque de Porgy & Bess, en 1958, il copiait-collait des bandes, redonnant vie aux sons, transformant déjà la musique en flux d'information, s'investissant malgré lui précurseur des méthodes qu'utiliseront 40 ans plus tard, les musiciens et producteurs de house et de techno. Jusqu'à la fin, dans sa maison de Long Island, il fut le gardien du temple de la période électrique de Davis, couvant ses archives avec passion et donnant volontiers des interviews sur le sujet. Evidemment, Miles Davis est un grand du jazz, mais il serait injuste d'oublier les travaux de Macero avec Charles Mingus , Duke Ellington, Dave Brubeck, Thelonious Monk, Dave Brubeck, Leonard Bernstein, et j'en oublies, des années 50 jusqu'au début des années 70.

 

Grand ami des compositeurs d'avant-garde Edgard Varèse, Otto Luening et Vladimir Ussachevsky avec lesquels il fonde ce qui deviendra le Columbia-Princeton's Electronic Music Center, Teo Macero était de ces esprits curieux pour qui le jazz n'était qu'une ouverture parmi d'autre dans le vaste océan de sons offert par la musique. Pour preuve, au crépuscule de sa vie, ce fan de rock (il adulait Jimi Hendrix) collabora avec Prince Paul, Bill Laswell, DJ Spooky, DJ Logic et bien d'autres outsiders du dub et du hip hop. Autant dire que son lègue dépasse le cadre étroit des puristes jazz, et des autres. Respect.


Godspeed n'est plus ?

Posté par éèëê le 14.02.08 à 10:46 | tags : cimetière, rock, news

La nouvelle est tombée ce week-end, Godspeed You! Black Emperor n'est plus. Le groupe canadien a décidé de mettre fin au suspense mou (tout le monde n'a pas le sens du feuilleton de notre cher président) qui régnait autour de sa reformation potentielle. La séparation officielle est notamment reportée sur le site du NME, pour une raison assez originale mais qui finalement sied à la bande des utopistes Montréalais : la guerre en Irak (numéro 2) aurait causé au sein de la formation une panique existentielle ("an existantial freakout"). Rappelons que la musique de Godspeed est essentiellement instrumentale, comme un long cri contre une certaine politique occidentale qui place l'ensemble des humains derrière l'intérêt des puissants. La bataille fait rage quant au style : rock progressif, post rock, avant rock, rock tribal, musique de chambre avec des guitares... Vous trancherez.

 

Ci-dessus : la pochette de l'EP "Slow Riot From New Zero Kanada" : tout un programme.

 

L'histoire du groupe est assez peu connue et les erreurs biographiques, en ces temps de fantasmagories virtuelles de l'Internet, nombreuses. Aucune véritable photo officielle de la formation, un site officiel laconique... Même la nouvelle sur le site du NME comporte son lot d'imprécisions, comme l'album "Tiny Little Hammers" de 2004 qui n'existe pas en réalité, ou le nombre de sorties discographiques (six, alors que l'on en compte cinq en incluant une K7 audio éditée à 33 exemplaires).

Pour les membres de feu-GYBE, l'aventure musicale continue dans divers projets soutenus par les labels Constellation, Alien 8 ou Madrona ; il est en outre toujours possible d'écouter l'un des 32 enregistrements pirates de leurs concerts sur archive.org, tout en lisant le dossier Constellation publié dans nos colonnes. Je paraphrase maman pour finir là-dessus : les cimetières de la musique sont plein de groupes indispensables...

 

CORRECTIF : Godspeed n'est pas plus (mais n'en est pas pour autant vivant).

Suite à une interview accordée à Drown in Sound pour la promo du dernier Silver Mt Zion, Efrim a tenu des propos sur GYBE qui laissent entendre, suivant l'humeur, que le groupe ne peut plus continuer, et cela EN PARTIE à cause de la guerre en Irak, en partie à cause de considérations personnelles. Un démenti du split du groupe a été reporté par Pitchforkmedia qui aurait contacté Efrim Menuck. Veuillez m'excuser pour mon emballement ! GYBE n'est pas mort, il est toujours comateux.


Décès d'Henri Salvador à 90 ans, le lion est mort

Posté par LovelyRita le 13.02.08 à 13:01 | tags : chanson française, cimetière, dailymotion, news
La nouvelle a été confirmée en fin de matinée par sa maison de disques (Polydor), le chanteur Henri Salvador est décédé aujourd'hui à l'âge de 90 ans. C'est une rupture d'anévrisme qui l'a emportée. Salvador avait fait ses adieux à la scène en décembre dernier au Palais des Congrès.
Chanteur grandement inspiré des musiciens noirs américains, Henri Salvador était une personnalité multi-casquettes. En plus de sa musique aux frontières de la chanson française, du jazz, de la comptine pour enfants ("Une chanson douce"), le chanteur et guitariste a aussi tourné dans les cabarets parisiens en tant qu'humoriste et fait plusieurs apparitions à la télévision en tant que présentateur ou au cinéma. Après une petite retraite, Salvador revient en 2000 avec Chambre avec vue, un album en collaboration avec Keren Ann et Benjamin Biolay artistes de la jeune génération. On le voit aussi sur scène aux côtés de Benabar en 2004.
Salvador, c'était une carrière longue de plus de 60 ans, un rire et une voix inoubliables, des costards à rayures, et c'était surtout des chansons populaires "Zorro est arrivé", "Le lion est mort ce soir", "Faut rigoler", "Juanita Banana" et le "Blues du Dentiste" interprété ici avec Benébar sur le plateau de l'émission Taratata...vidéo !
Pour en savoir plus, lire le portrait de Henri Salvador.


Décès de Carlos, le chanteur

Posté par LovelyRita le 17.01.08 à 13:58 | tags : news, youtube, cimetière
Carlos le chanteur et non le footballeur ou le terroriste est décédé ce matin...il avait appris fin 2007 qu'il était atteint d'un cancer. C'est le site de l'Express qui a annoncé son décès en fin de matinée. Carlos c'était l'auteur "Rosalie", "Tout nu tout bronzé" et de "Big Bisou". Depuis 1998 et son titre "Allez la France", il n'avait plus rien sorti et s'était consacré à une série de documentaires pour la chaine Odyssée.
 


Grand Concours Amy Winehouse !

Posté par 2goldfish le 02.01.08 à 11:11 | tags : people, pop, rigolo, cimetière, uk, ipod

Le meilleur pire site internet et de la semaine ! Devinez la date de la mort d'Amy Winehouse et gagnez un iPod ! Franchement, et c'est pas juste parce que je suis plus préoccupé par le 1er de l'an en ce moment, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais ajouter. Ah si, mon estimation à moi : le vendredi vingt-et-un Décembre 2012, comme nous tous. Bonne année !


James Brown, c'était il y a un an...

Posté par LovelyRita le 24.12.07 à 11:27 | tags : cimetière, à lire, soul, funk
Noël 2006, on découvrait nos cadeaux au pied du sapin et en allumant la télé ou la radio on apprenait cette triste, trop triste nouvelle. James Brown, the Godfather of Soul venait de mourir. Il avait 73 ans et est mort le jour de Noël, le jour de la naissance de Jésus. Une date de mort hautement symbolique pour ce chanteur qui était, avant même son décès, culte. Des albums à en pleuvoir, des standards plein le tiroir-caisse pour ce chanteur de soul-funk aimé de tous (ou presque ?!). A plus de 60 ans, James Brown avait encore la patate sur scène à en rendre jaloux les plus jeunes artistes. Aujourd'hui 25 décembre 2007, Fluctuat vous souhaite un Joyeux Noël et rend un hommage à JB !    
 
Pour en savoir plus sur le Godfather, sa jeunesse, sa carrière, son succès et son influence dans le rap, lire la bio de James Brown.
 

Décès d'Ike Turner

Posté par LovelyRita le 13.12.07 à 17:36 | tags : news, blues, rock, cimetière
C'est en Californie, à son domicile, que le musicien Ike Turner est décédé mercredi 12 décembre. Il avait 76 ans, avait été marié à la chanteuse tigresse Tina Turner et s'était vu décerné un chouette titre de la part des historiens de la musique. Son titre "Rocket 88" écrit en 1951 a été qualifié par les grands chercheurs, docteurs et analystes du rock comme le premier titre de l'histoire du rock'n'roll jamais écrit. Un putain d'honneur, même si on admet qu'il y a plusieurs pères du rock'n'roll (Elvis, Chuck Berry, Little Richard...). Grâce à ce "Rocket 88", Ike et son band les Kings of Rythm sont devenus célèbres dans la ville de St Louis et le reste de sa carrière sera surtout lié à une rencontre. Alors qu'il a 16 ans, il fait la connaissance d'une chanteuse, Anna Mae Bullock, qui est en fait la future Tina Turner. Leur rencontre aboutira à la formation du groupe Ike & Tina Turner et à un mariage qui a fait parler de lui et qui a été rompu en 1976. A part "Rocket 88", il faut ajouter d'autres titres à l'oeuvre de Turner : "River Deep", "Mountain High" ou encore "Nutbush City Limits". Plus près des années 2000, on avait vu Ike Turner participer à un album de Gorillaz et remporter en 2007 un Grammy Awards pour son album "Risin’With the Blues".

Stockhausen est mort, la musique contemporaine perd le Kontakt

Posté par Maxence le 08.12.07 à 12:36 | tags : cimetière, contemporaine, électro

Coïncidence macabre, mercredi 5 décembre dernier alors que je rédigeais un post fustigeant les tenants prétentieux de l'avant-garde à "œillères", Karlheinz Stockhausen, véritable outsider de la musique contemporaine, s'éteignait dans sa maison de campagne de Kürten. De quoi se sentir coupable... Plus sérieusement, au vu de l'importance de l'œuvre de ce compositeur incontournable sa disparition ne pouvait pas passer inaperçu sur Flu' et c'est avec modestie et respect que nous lui rendons hommage.


Stockhausen étudia avec les plus grands, Frank Martin et les français Olivier Messiaen et Darius Milhaud. En 1953, il participe à la fondation du Studio de musique électronique expérimentale de la Westdeutscher Rundfunk. Profondément influencé par l'œuvre d'Anton Webern, Stockhausen est de toutes les avant-gardes. Il évolue rapidement du style pointilliste au sérialisme extrême ("Kontra-Punkte", "Klavierstücke I-IV"). Entre 1955 et 1956 il réalise les premiers chef-d'œuvres de la musique électronique. C'est "Gesang der Jünglinge" ou "Kontakte", premier morceau sur 4 pistes jamais enregistré. Des pièces qui illustrent les fulgurances d'un esprit curieux si ce n'est aventurier. L'anecdote veut que pour cette pièce, c'est Stockhausen lui même qui bricola un système de speaker rotatif passant régulièrement devant les 4 micros disposés en cercle. C'est je crois, à la lumière de ce genre d'inventions, de celles qui dénotent d'une passion qui va plus loin que la recherche de la simple perfection technique, que l'on reconnaît le génie visionnaire. Une assertion qui vaut aussi bien pour la musique contemporaine ou électronique que pour le rock et la pop.

Des musiques "populaires" que le compositeur allemand ne renie d'ailleurs pas, lui qui s'avouait fasciné par le Jefferson Airplane, et à qui les Beatles rendront hommage sur Sgt Peppers en glissant son visage parmi les nombreuses personnalités qui figurent sur la célèbre pochette. Franck Zappa se réclamera lui aussi de l'oeuvre électronique de Stockhausen. Et tandis que celui-ci explore les possibilités de l'indétermination et de l'usage du hasard et de l'improvisation (un voyage qui l'emmènera jusqu'aux confins d'une musique dite "intuitive") Stockhausen s'implique parallèlement toujours plus dans la diffusion de ses idées auprès des plus jeunes. On retrouve d'ailleurs Irmin Schmidt et Holger Czukay, parmi ses anciens élèves. Ceux là même qui formeront plus tard, un des groupes emblématique du krautrock allemand : can. Par ailleurs, à partir des années 1960, les œuvres de Stockhausen prennent de l'ampleur sur la durée et se font volontiers méditative, dans le sillage des compositeurs minimalistes Terry Riley, Steve Reich ou La Monte Young. C'est l'époque de "Stimmung" (1968) et plus tard, "Mantra" (1970), une œuvre de 70 minutes, construite sur différentes sonorisations d'un même accord.


Le paradoxe veut que ces compositeurs, qui eux aussi ont une importance extrême dans le développement de la musique contemporaine, étaient d'anciens disciples de Stockhausen. On peu alors dire que le maître ne figure plus réellement dans le peloton de tête des grands découvreurs mais qu'importe, il a déjà défriché le terrain pour une cinquantaine d'années et n'a plus rien à prouver. A ce propos, Holger Czukay dira : "C’est sans doute le plus grand inventeur musical. Il a développé tellement de pistes qui sont aujourd’hui récupérés par les artistes de l’électronique. A l'heure actuelle, beaucoup de musiciens travaillent comme lui, mais Stockhausen allait bien plus loin que la plupart d’entre eux, et c’était il y a quarante ans !" Plus qu'aucun autre compositeur contemporain, c'est certain, Stockhausen et sa musique complexe ont influencé la jeune génération de producteurs électronique. Il n’y a qu’à écouter Aphex Twins, Oval, Microstoria ou Autechre, pour s’en rendre compte. Une nouvelle génération qui laissait cependant papy Stockhausen un peu sceptique. Il déclarerait dans Art Press en 1998 : "Je regrette qu’ils ne soient pas plus expérimentateurs"

Quoiqu'il en soit, le grand homme nous a donc quitté, laissant derrière lui tout un pan de la création contemporaine encore à explorer et une œuvre profondément originale et novatrice, qui a marqué la création musicale pour toujours. Aujourd'hui, celui qui déclarait "Et maintenant, chaque compositeur est fier de demander au public de vivre des moments de silence, jusqu'a deux ou trois minutes, dans un morceau de musique" (voir notre fiche) va être satisfait, durant les semaines à venir les minutes de silence vont être innombrables.

Fred Chichin est mort, que deviennent les Rita ?

Posté par LovelyRita le 28.11.07 à 16:26 | tags : cimetière, chanson française, pop, news, vidéos musicales, youtube
Les derniers concerts des Rita Mitsouko avaient été annulés en raison de l'état de santé de Fred Chichin. Leur dernier album, Variety, ne nous avait pas totalement convaincu, par contre on était convaincu que les Rita étaient l'une des figures majeures de la scène musicale française des années 80. Annulations de concerts, aggravation de l'état de santé de Fred et mort des suites d'un cancer fulgurant. Diagnostiqué il y a à peine 2 mois, le cancer a eu raison du guitariste et des Rita Mitsouko, à présent il ne reste plus que Catherine Ringer, seule à bord des Rita.
 
Hommage d'une Rita à la moitié des Rita :
 
 
 

Adieu Stylus, je t'aimais bien...

Posté par 2goldfish le 31.10.07 à 17:46 | tags : a lire, web, cimetière, médias

Après la regrettable disparition d'Oink, c'est au tour du site de critique musicale (et cinématographique aussi, un peu) Stylus Magazine de fermer ses portes aujourd'hui. Tout mon système s'effondre, je vais finir par écouter les CD promos qu'on m'envoit (sauf qu'en fait on m'envoit des URL avec un nombre de logins limités maintenant). Cette fermeture n'est pas le fait d'Interpol ce coup-ci mais juste la conséquence de la lassitude de Todd Burns, éditeur en chef du magazine.

J'ai déjà écrit tout le bien que je pense de Stylus il n'y a pas si longtemps. Stylus était en quelque sorte un fantasme de journaliste, bourré d'articles aussi longs qu'ils le voualient sur des sujets aussi ésotériques ou aussi obscurs qu'ils le voulaient, de chroniques de singles à la chaîne, de listes et tops improbables, de papiers-confessionaux, de podcasts et de tout un tas d'autres choses qui n'intéressent que les gens qui aiment autant écrire sur la musique que l'écouter. On dit que plusieurs contributeurs de Stylus vont probablement être accueillis par Pitchfork (un certain nombre travaillait déjà pour les deux) mais la perte de Stylus est la perte d'un espace unique et il convient de verser une petite larme.

Avant de s'en aller, le site offre une orgie de listes de fin d'année/de décade prématurées. A l'heure où j'écris ces lignes nous sommes hier et les listes musicales "importantes" n'ont pas encore été publiées et tout ce vers quoi je peux vous diriger c'est une liste des meilleures rééditions de l'année, des meilleurs films du millenium (ce qui sonne beaucoup que "des sept dernières années") et surtout un best-of de Stylus Magazine lui même, plein de liens vers des articles essentiels sur Mariah Carey, des listes des plus définitives aux plus inconséquentes et puis, côté inédit, les ultimes critiques en haïku, une idée à voler au plus vite.


Oink ne grouinera plus

Posté par 2goldfish le 24.10.07 à 11:55 | tags : music biz, mp3, news, cimetière

C'était l'un des... que dis-je, LE meilleur site au monde pour découvrir de la musique, que ce soit des nouveautés en avant première ou des vieux disques oubliés de tous (en particulier des maisons de disques), Oink.cd vient d'être fermé suite à une plainte déposée par l'IFPI et le BPI contre son webmaster, un britannique de 24 ans et le site est maintenant remplacé par une page menaçante qui parle d'une improbable enquête menée sur les anciens utilisateurs. Oink était un site de partage un peu exclusif, auquel on n'accédait que sur invitation et qui avait une politique très sévère avec ceux qui prenaient plus qu'ils rendaient. Du coup, quand on avait finalement réussi à y rentrer, on s'assurait de ne pas se faire virer et tous les autres en faisant autant, la fiabilité, la richesse et la qualité du contenu était sans équivalent sur le net. Sans parler du fait qu'on trouvait toujours les albums sur Oink un peu avant partout ailleurs.

Oink faisait partie de ces sites sans lesquels un tas d'artistes "alternatifs" ou "indépendants" d'Arcade Fire à MIA en seraient encore à tenter de rameuter trois amis sur myspace et sans lesquels tout un tas de mp3blogs n'auraient rien à poster et personne ne lirait des sites comme Pitchfork, la Blogothèque ou celui-ci qui parlent de beaucoup trop de musique différente pour que vous l'achetiez tous. Evidemment, Oink opérait dans l'illégalité la plus totale et nous connaissions tous la règle du jeu. Sa fermeture n'est pas véritablement une surprise et les amateurs de musique trouveront de toute façon bientôt un nouvel endroit où se réunir et partager.

Il paraît, d'ailleurs, que les majors sont très en colère après leurs chasseurs de pirates car ceux ci resteraient inefficaces face à ce bon vieux Soulseek.


Mort de St Thomas

Posté par LovelyRita le 12.09.07 à 15:20 | tags : folk, news, cimetière, pop

Après Joe Strummer, Elliott Smith et d'autres, voilà un autre artiste chéri niché sur mon étagère à CD qui s'en va. Rangé pas très loin de Sigur Ros me semble-t-il, le chanteur St Thomas est décédé le 10 septembre, on ne sait pas trop comment. Chanteur folkeux from Norway, Thomas Hansen, 31 ans, avait développé une musique pop folk, naïve et chaleureuse. Rien de novateur soit, mais un sens de la mélodie et de la pop-folk song très appréciable sur ses premiers albums : Mysterious Walks, I'm Coming Home et Hey Harmony. Véritable ambassadeur de la folk norvégienne, St Thomas conscient que sa musique était fortement Neil Youngesque, s'amusait soit à forcer le caractère en usant banjo et violon à gogo, soit à prendre du recul par rapport à cet univers western qu'il s'était inventé en chantant : "I've never seen a cowboy before" sur "The cool Song". Il avait six albums à son actif, les derniers n'avaient pas reçu le même engouement que les premiers. On gardera aussi en mémoire ses prestations live, qui m'ont donné les plus beaux fou rires de concert. Un showman, un humoriste qui passait beaucoup de temps à blablater entre les morceaux.

Pour en finir je termine avec une petite phrase insérée dans le livret de son 2ème album et qui tombe à pic : "St Thomas is 25 years old. He was born in Oslo. His heart gets warm if you appreciate his music. Please take care of him". Pour se faire, allez écouter sur son site officiel ou sur son myspace le Live In Europe édité à 1000 copies en 2003. Le live y est en intégralité et je vous conseille d'écouter le sketch du rat en intro de "Strangers Out of Blue" et la présentation des membres du groupe à la fin de "I'm Coming Home".

Crédit photo : St Thomas au Point Ephémère en 2005, par N.Cuissard du Camembert Magique


Pavarotti est mort, mais qui donc va chanter avec les Spice Girls et Florent Pagny ?

Posté par LovelyRita le 06.09.07 à 12:20 | tags : youtube, opéra, news, cimetière

Luciano Pavarotti est mort aujourd'hui des suites de son cancer du pancréas. Le chanteur d'opéra ou de popéra s'est produit avec une foule de personnalités de la musique pop et internationale. En guise de best-of, sélection de liens youtube des collaborations de Pavarotti and Friends !

 
Pavarotti chante avec :
 
  
 
 
 
 
 
 

Hilly Kristal est mort

Posté par Maxence le 03.09.07 à 12:01 | tags : rock, punk, cimetière, news

Décidément, l'été fut meurtrier. Après Tony Wilson, c'est au tour d'une autre grande figure du rock de la fin des 70's de prendre la tangente et de rejoindre des cieux plus bleus le 31 août dernier. Et plus bleus, ils n'auront pas de mal à l'être, comparés au macadam new yorkais que côtoyait quotidiennement Hilly Kristal, fondateur du CBGB et promoteur (malgré lui) de la scène rock de la grosse pomme depuis 1973. Salle de concert et bar mythique, ce club situé dans le quartier des clochards (le Bowery) hébergea la toute nouvelle scène punk rock représentée alors par Patti Smith, Television, les Ramones, Talking Heads, Blondie, Johnny Thunder et ses Heartbreakers et j'en passe. Ce qui est très drôle quand on sait que les initiales de la salle (originalement CBGB & OMFUG) signifiaient "Country, Bluegrass, Blues and Other Music For Uplifting Gourmandizers", une vocation qui ne devait pas vraiment concerner le public du club. De fait, Kristal a managé nombre de clubs "classique" avant celui-ci et n'a jamais vraiment décidé de faire du CBGB une salle de concert "punk rock". Dans son cas, clairement, c'est l'histoire qui s'est imposée à lui et il en a d'ailleurs bien profité (Kristal était connu pour n'être ni un misanthrope, ni un sentimental au cœur d'or, il suffit de lire Please Kill Me, l'histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs, chez Allia, pour s'en rendre compte). Reste que, comme disait un ami (le "Neal Cassidy" de la chronique rock, il n'a jamais écrit ou presque, mais sa verve apocalyptique a imprégné la chronique musicale de ce début de 3ème millénaire", héhéhé) : "Le type qui n'a jamais rien compris, mais a quand même été indispensable, est mort." Belle épitaphe non ?


Tony Wilson est mort

Posté par Kris le 11.08.07 à 10:09 | tags : cimetière, youtube, news, joy division, new wave

Il avait eu un film à son hommage, 24 Hour Party People, sur son oeuvre son activisme sur la scène musicale mancunienne et par extension sur la scène musicale anglaise, il a porté les valeurs de la culture anglaise au travers des groupes qu'il soutenait et promulguait, Tony Wilson a succombé à une crise cardiaque hier 10 août 2007 à l'âge de 57 ans. Diagnostiqué d'un cancer depuis l'an dernier, Tony Wilson est donc parti. Après la vague de décès de cet été dans le milieu du cinéma, la mort de Lee Hazlewood il y a quelques jours, l'hécatombe continue avec la mort de l'un des plus importants activistes culturels Outre-Manche.

Lançant sa Factory Records permettant à Joy Division puis New Order, aux Happy Mondays, à A Certain Ratio, aux Durutti Column d'éditer leurs oeuvres, Tony Wilson fut aussi l'un des hommes de la révolution "Madchester" grâce à sa boîte de nuit la Haçienda, lieu mythique de mutation culturelle, qui vit l'arrivée de la house en Europe avant d'être une des scènes incontournables de la scène rave.

Quel triste été.

Interview de Tony Wilson en 1988

 


Mort de Lee Hazlewood

Posté par LovelyRita le 06.08.07 à 12:45 | tags : youtube, cimetière, news, pop, vidéos musicales

Son dernier album, "Cake or Death" était sorti en décembre 2006, c'était le dernier de sa carrière disait-il. Voilà 3 ans qu'il luttait contre un cancer. Lee Hazlewood s'est éteint le 4 août dans sa résidence du Nevada, il avait 78 ans et laisse derrière lui ses trois enfants, sa femme et une carrière musicale vieille de presque 50 ans. Son premier grand hit, il l'a écrit pour un chanteur de country Sanford Clark, "The Fool" se classe dans le top 10. Plus tard, Lee se fera surtout connaître grâce à une chanson, qui résonne encore dans nos oreilles et sur les ondes. "These boots are made for walking" chanté par Nancy Sinatra en 1966, le titre est numéro 1 aux Etats-Unis et en Angleterre. Deux après, l'année 1968 nous offre le beau duo entre Hazlewood et Sinatra sur "Some Velvet Morning". Après s'être retiré en Suède au début des années 70, Lee Hazlewood se fait plus discret ; ce n'est que dans les années 90 que l'on "redécouvre" son travail. Grâce à des artistes tels que Sonic Youth, une partie de sa discographie se voit rééditée. En 2002, Astralwerks avait sorti Total Lee : The Songs of Lee Hazlewood, un tribute regroupant des reprises de ses titres par Jarvis Cocker, Calexico, Valérie Leulliot, Richard Hawley, Lambchop...

Sa mort a été annoncée hier sur son myspace




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