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De news ! C'est frais, c'est neuf et ça sera périmé demain. A consommer très frais !
Cure 4/13 : Perfect boy, enfin...On avait fait la fine bouche jusqu'ici et déjà relevé les oreilles et la tête à demi sur "Sleep When I'm Dead" : voici enfin de quoi retrouver le sourire gothique avec ce quatrième extrait du futur Thirteen. "Perfect Boy" n'est peut-être pas un chef d'oeuvre absolu mais sûrement ce qu'on a entendu de mieux de la part de Robert Smith et des Cure depuis qu'ils ont décidé de livrer un single issu de leur album à venir chaque mois. Ce très beau morceau est emballé en 3 minutes 23 secondes, ce qui est en soi déjà une bonne nouvelle : un chant parfait, un refrain facilement identifiable, des couplets qui font sens et enfin des guitares tenues en laisse et qui n'en font pas des tonnes. Le texte est sec, clair et précis avec un final classique dans l'écriture de Robert Smith où l'expression amoureuse se termine en constat d'une impossibilité ontologique de ces amours parfaits et fantasmés. "The Perfect Boy", c'est la fille fantôme de "Just Like Heaven" qui s'échappe et vous laisse seul au bord de la falaise avec le petit matin, c'est l'harmonie manquée d' How Beautiful You Are, empruntée aux Yeux des Pauvres de Baudelaire, etc. En un mot, du Cure comme on l'aime, rêveur, adolescent et... romantique. Les nostalgiques de la première trilogie en seront pour leurs frais : Cure tape encore une fois dans l'environnement référentiel post Kiss Me Kiss Me Kiss Me, période Wish lorsque la rythmique (basse/batterie) avait déjà cédé du terrain face aux guitares mélodiques. En prime, la face B "Without You" en mode semi-acoustique se tient bien également et nous revoici en train de rêver à un album meilleur que ce qu'on avait entrevu jusqu'ici. You and me And her heart
Heart, hundred, perfect, world, dream : les mots clé sont de sortie comme d'habitude, disposés les uns après les autres, comme si Smith avait choisi de déshabiller son écriture, de la résumer à ce qu'elle est depuis longtemps : une sorte de ligne claire de l'écriture pop, faite de concepts et déréalisée à l'extrême. A suivre.... Bloc Party annonce la sortie d'IntimacyIntimacy, le nouveau Bloc Party va sortir incessament sous peu. Ah oui, petit rappel utile : Bloc Party va sortir un nouvel album. Quoi, vous n'êtes pas au courant, pourtant ça a été annoncé il y a un bail, lundi soir quoi. Bloc Party se la joue un peu comme Radiohead sur ce coup et sort, dans une version digitale tout d'abord, les titres d'Intimacy ce jeudi 21 août. La version 2, à savoir le CD physique, quant à elle, est attendue pour le mois d'octobre. C'était une demi-surprise dans la mesure où le groupe avait sorti cet été le titre "Mercury". Même si on ne savait pas trop quand, on se doutait que le single serait suivi d'un album. Demi-suprise aussi, parce que Radiohead nous a déjà fait la blague avec In Rainbows. Le groupe a eu recours à ce stratagème d'une pour se faire un peu de pub, on l'imagine, et aussi pour éviter que son opus soit leaké... Bloc Party l'a sûrement toujours mauvaise pour A Weekend In The City leaké des mois avant sa sortie, à l'époque (en 2007) L'album est donc dispo en téléchargement payant pour 5£ à partir de jeudi 21 août ; la version CD est attendue pour le 27/28 octobre. Voir la traclkist et la pochette de l'album Intimacy Bloc Party - Mercury Edit du 20/08 : un nouveau titre "Trojan Horse" est en écoute sur le net Oasis : Dig Out Your Soul, psyché devant ! Alors qu'on approche tout doucement de sa sortie, prévue le 6 octobre, les frères Gallagher ont livré quelques détails supplémentaires concernant le nouvel album d'Oasis nommé Dig Out Your Soul . La première : sa couverture, conçue par le designer branché Julian House, est inspirée très nettement de l'ère psyché et évoque celle qui sortira, elle, le 1er septembre du nouvel album du Beach Boy, Brian Wilson. Tracklist : 1) Bag It Up
Le site de la radio britannique XFM (qui a diffusé "The Shock Of The Lightning" en avant-première) permet de réécouter le morceau, ici-même Route du Rock 2008 : Youpi, mais...
L'autre bonne nouvelle de la soirée, c'est que les festivaliers sont venus suffisament nombreux cette année pour renflouer les caisses et permettre une Route du Rock 2009 (collections hiver et été, même). On n'en aurait pas juré en naviguant tranquillement dans la foule clairsemée mais voilà, s'il y avait deux fois moins de monde pour Sigur Ros que pour les Smashing Pumpkins l'an dernier, tout le monde s'est sérré la ceinture (des artistes qui ont baissé leur cachet aux bénévoles qui ont payé leur propre assurance) pour la survie du plus attachant des festivals de France. Reste seulement à éspérer que l'an prochain la situation financière un peu meilleure permettra une programmation plus intéressante. Il n'y avait pas que Menomena ce soir là, mais si on a choisi de ne pas parler des autres artistes, ce n'est que par charité... Sleep When I'm Dead : léger mieux sur le front CureOuf, on commençait à avoir sacrément peur pour eux après l'affreux Freakshow du mois dernier. Robert Smith et les Cure se refont une petite santé avec le troisième single tiré de leur futur album Thirteen, qui sortira le... 13 septembre (on s'amuse comme on peut) et comportera... 13 titres : le très classique "Sleep When I'm Dead". Encore une fois, le titre semble influencé par la période Kiss Me Kiss Me Kiss Me, soit un mélange baroquisant de sombre et de festif, soit un morceau que d'aucuns trouveront manquant de "focus" mais qui a son petit charme. Le texte de Robert Smith n'est pas mal troussé autour de ses mots clés habituels : "sleep", "dead", "dream", en trio magique. En l'absence d'un générateur automatique de paroles de Cure, le gros Bob reste le meilleur artisan en la matière, parvenant à exprimer avec un vocabulaire qui tourne en boucle depuis près de 30 ans maintenant, une gamme d'émotions étonnamment riche. La thématique elle-même nous ramène au fil des chansons dites "de l'épuisement", amorcées avec "Open", sur Wish, et "Bare", le meilleur titre de Wild Mood Swings, et bien d'autres. Robert Smith, cela fait maintenant dix ans qu'il le chante, est un homme fatigué, épuisé mais qui vit encore (et chante encore) pour dieu sait quelle raison. On ne peut pas en dire autant de son groupe qui joue vraiment très mal depuis quelques titres, même si on a désormais une petite idée de ce qui fait aller Porl Thompson : le transformisme bien sûr. Le refrain donc se tient bien : "Sleep when I'm dead, you angels I'll sleep when I'm dead, I said Sleep when I'm dead, you angels I'll sleep when I'm dead, I said Sleep when I'm dead, you angels I'll sleep when I'm dead, I said Sleep when I'm dead, you angels I'll sleep when I'm dead Well until then... I may as well be tired, I think Before I lay me down to dream", mais les Cure ne savent décidément plus trop quoi faire de leurs guitares. Le morceau a de faux airs de "Just Like Heaven" qui aurait un verre (ou une pédale) de wah-wah dans le nez. Il est freiné par une abondance d'effets assez mal placés, qui défigurent aussi l'intéressante face B groovy-Wild Mood Swings-kermesse baptisée "Down Under". Ce qui frappe chez les Cure 2008, c'est une lourdeur incroyable et désagréable des mélodies, un manque de maîtrise des couches de guitares, des hésitations coupables entre les genres, un côté pataud et maladroit qui condamne et sanctionne presque immédiatement toutes leurs tentatives de sonner à nouveau pop et, sans doute, leurs espoirs de décrocher un nouveau hit planétaire. Après 3 singles, le ton de 13 semble, contrairement à ce que Smith avait annoncé, plus pop que noisy, plus flashy que dark, et, on n'en doutait pas, plus mineur et médiocre que majeur et exaltant. Il faut avoir la fidélité bien accrochée ou mal placée pour s'infliger tant de souffrance. Suite au prochain épisode. You may need a murderer, Vis ma vie de Low
Le trio de Duluth (ville du Minnesota) est réduit dans ce DVD à son essence même, représentée par le duo Alan Sparhawk/Mimi Parker, membres fondateurs du groupe et couple dans la vie. L'expérience interdite et impensable a permis à David Kleijwegt de s'imposer pendant 1 mois dans la vie des Sparhawk-Parker (en tournée, à l'église, dans leur ferme, au sein de la famille)...pas évident connaissant la discrétion du trio. Documentaire oui, mais surtout portrait d'un couple américain, mormon, parent de deux enfants et qui exerce en tant que musiciens dans un groupe de rock. En partant de Low, You may need a murderer se concentre principalement sur le couple, mettant quasiment de côté le 3ème membre (le bassiste Matt Livingston) qu'on voit peu et qui n'est jamais interrogé. Un documentaire intimiste et inquiètant, à l'image des premières scènes. Sparhawk chantant "Pretty People" dans un sous-bois, le visage peu rassurant et surtout convaincu de ce qu'il chante ("All the poets / And all the liars / And all you pretty people / You're all gonna die"). Confirmation obtenue quand on l'interroge sur la fin du monde imminente et qu'il approuve cette thoérie. Image et entrée en matière glaçante, qui n'est que le début d'une plongée dans l'univers des deux membres du groupe. Ce qui n'est pas brandi comme un trophée au sein même du groupe apparaît finalement ici comme une dominante majeure et essentielle dans la vie du couple. Une foi à toutes épreuves, qui donne à Sparhawk, une dimension insoupçonnée jusqu'ici. Cette foi-même qui le pousse à dire qu'il pourrait être appêlé un jour par Dieu pour accomplir certaines tâches (là il s'agit d'un meurtre). Une foi qui fait presque passer la musique au second plan. You may need a murderer n'est clairement pas un doc sur le groupe, ses compos, son histoire...aucune date, aucune mention d'albums n'y sont faites et il faut admettre que c'est finalement un bon procédé pour approcher le groupe dans sa face cachée. Enfin le film apporte aussi des images ou des explications pour accompagner l'écoute de la difficile mais troublante musique de Low. Un train de vie particulier (complètement en marge de ce que l'on peut attendre d'un groupe de rock), un environnement calme, des gestes et attitudes qui collent parfaitement à l'atmosphère d'un disque de Low. On pourrait presque parler de monotonie. On se demande parfos si un artiste est à l'image de sa musique ; dans le cas de Low, la ressemblance est bien présente et même rassurante, comme s'il elle apportait une sincérité et une valeur inestimable à sa musique que rien et personne d'autre ne pourrait produire. Le DVD vaut aussi pour ses instants de dialogue avec Mimi Parker et Alan Sparhawk, comme pour ses moments de silence et d'immobilisme. Extraits de concerts et sessions acoustiques inédites viennent agrémenter ce portrait inquiètant mais prenant du groupe.
Titres acoustiques : 01. I Started A Joke ( 4:13)
Low - DVD You May Need A Murderer, 2008 Isaac Hayes est mort
Sans lui le label Stax aurait eu deux cent chansons de moins dont il pourrait être fier. Sans lui on jouerait sans doute la soul beaucoup plus vite aujourd'hui. Sans lui on se souviendrait de Dionne Warwick. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de rapper et on aurait en tout cas eu beaucoup moins à sampler. Sans lui le terme "bling" n'aurait jamais été inventé. Sans lui Pink Floyd n'aurait jamais vendu tant de millions de son Space Rock. Sans lui Otis Redding aurait eu moins de tubes. Sans lui un million de bébés n'auraient jamais été conçus. Sans lui Mr T, Barry White et Samuel L. Jackson ne seraient rien. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de mettre des violons dans le disco. Sans lui les musiciens noirs ne se seraient peut-être jamais lancés dans une course à l'égo. Sans lui, pas de Hot Buttered Soul.
Il va falloir faire avec, Isaac Hayes, 65 ans, a été retrouvé mort chez lui dimanche après midi. Le vide grenier d'Universal
Le prix par chanson est élevé mais c'est pour vous encourager à acheter les albums entiers, comme chez un vrai disquaire. Et pas la peine de se lamenter que ce site prenne la place des "vrais" disquaires : en ce moment je suis à au moins deux heures de routes du moindre disquaire correct, les vrais disquaires ont déjà pratiquement disparu et ce n'est pas ce petit site qui y changera grand chose. Prog complète de Rock en Seine 2008![]() Les 20, 28 et 29 août, le Domaine de St Cloud accueillera la 6ème édition du festival Rock en Seine, qui depuis quelques années, s'est taillé une belle place sur la scène des festivals d'été. A quelques semaines du rassemblement pop-rock, annonce de la prog complète, histoire de vous faire un guide perso et absolument subjectif des "à avoir"/"à ne pas voir". Mercredi 20 août Rage Against The Machine, Mix Master Mike, Lostprophets, Blood Red Shoes Jeudi 28 août R.E.M., Kaiser Chiefs, Tricky, Serj Tankian, The Do, Apocalyptica, Dirty Pretty Things, Hot Chip, Wax Tailor, Plain White T's, These New Puritans, The Infadels, Narrow Terence, Da Brazilians, The Latitudz Vendredi 29 août Amy Winehouse, The Raconteurs, Justice, The Roots, The Streets, Kate Nash, Jamie Lidell, Louis XIV, Black Kids, DB Clifford, The Jon Spencer Blues Explosion, Scars on Broadway, Brooklyn, Molecule, Fortune. Il plâne tout de même sur cette édition le "mystère de Amy Winehouse, viendra/viendra pas ?". Sinon avec des moyennes têtes d'affiches telles que R.E.M. (une plus grosse avec RATM certes) et une prog dans son ensemble moins pointue que celle de 2007, RES 2008 remplira-t-il le Domaine de St Cloud autant que l'année précédente (65 000 personnes en 2007) ? Et pour finir si on peut se permettre un tout petit conseil, veillez à ne pas rater la prestation du dandy déjanté Jamie Lidell, dont Flu parraine le concert de Rock en Seine.
Lire notre entretien avec Jamie Lidell Achetez vos places pour Rock en Seine sur la billeterie concert de Flu. Le site de Rock en Seine Live : Surf Up's with The Sonic Youth in Leucate
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Le rendez-vous était donné, hier lundi 04 août 2008, sur la plage de Leucate (Pyrénées-Orientales), pour assister à l'ouverture des Méditerranéennes. Pas que le programme de ce festival de trois jours soit bien passionnant, et c'est un euphémisme (Grand Corps Malade, Sanseverino, Agnès Bihl...), mais il était difficile il faut bien l'avouer de résister à la tentation de voir... Sonic Youth (oui, vous avez bien lu !) les pieds dans le sable à 100 mètres de la mer sur l'un des plus beaux sites protégés (qui ne l'était plus pour le coup ce soir-là) de la côte méditerranée.
Pour l'occasion, c'est en touriste, sans carte de presse ou invitation, que je me suis rendu sur place, entouré de quelques amis, et d'une foule de fans de rock de la région - et ils sont nombreux, les P.O. étant l'un des plus vigoureux vivier d'authentique garage rock de l'hexagone, ainsi que de quarantenaires accompagnés, comme moi, de leur fils ou filles ainé(e). De fait, l'ambiance était tout à fait laidback sur le site ensablé, chacun étant venu voir les new yorkais sur un terrain inusité. Ceci étant, Sonic Youth dans les P.O., ce n'est pas si étonnant. Il faut signaler que le groupe est lié depuis longtemps avec Pascal Comelade, le promulgateur de la toys music qui reprenait Rober Wyatt et Bob Dylan en version minimaliste avec guitare en plastique, castagnettes et vibraphone jouet, en son temps. Quand le groupe passe sur nos terres, il n'est pas rare qu'il s'arrête quelque jours chez le barde catalan, parfois accompagné de Richard Pinhas, pionnier du rock industriel et bruitiste française.
Voilà pour l'anecdote, abordons le concert. Pour le coup, nos quatre Américains ne le furent pas vraiment (bruitistes) à l'image de leurs deux derniers (et excellents) albums, ce qui, en tant qu'auditeur rodé de Sonic Youth n'était pas pour me déplaire. Malgré la relative rapidité de leur prestation (1 heure 1/4 tout de même), ils donnèrent un excellent concert de plage, sélectionnant parmi leur répertoire, les titres les plus groovy de leur pléthorique discographie. Autant dire qu'après le set pathétique de Mademoiselle K (qui ça ?) et la prestation middle of the road des Belges dEUS, retrouvez Steve Shelley (un rien enrobé), Thurston Moore, Lee Ranaldo et Kim Gordon (toujours aussi svelte et carrément plus sexy d'années en années) est de ces plaisirs qu'on ne boude pas. Entamé avec un "100%" presque surf rock avec l'écho des vagues et l'odeur des embruns, le set parcourut une bonne part de l'histoire du groupe, privilégiant le monumental Daydream Nation ("Hey Joni", "Eric's Trip", "Teen Age Riot"), passant rapidement sur Sister (un énorme "Schizophrenia" speed punk), redressant la barre avec un "Bull In The Heather" tiré d'Experimental Jet Set, Trash And No Star bondissant de son rythme métallique déglingué comme un buggy aux suspensions mortes dans les dunes environnantes, balançant un clin d'œil à leur tout premier album récemment réédité en vinyl et dont le titre m'échappe (pas l'album, le morceau), intro percussive et grappe de cloches bouddhistes agitée par Lee Ranaldo, rappelant au passage ce que le quatuor doit à la musique contemporaine de John Cage et Edgar Varèse, repartant à fond de train sur quelques morceaux de metal en apesanteur extrait de Dirty, puis calmant le jeu avec deux très belles compos récentes, dont le poppy "Jams Run Free" et le power pop mélodique "Incinerate", de l'album Rather Ripped. Bien sûr, je ne vous ferais pas la playlist complète, c'est sans intérêt. Il vous suffira de savoir que le groupe était en grande forme ce soir-là, accompagné d'un deuxième bassiste, ce qui donnait certainement ce parfum post-punk et presque dancefloor à l'ensemble. Une représentation sans excès, nous ne sommes plus à l'époque d' Xpressway to Your Skull, mais pas sage non plus. Les Sonic Youth tapent toujours sur leurs guitares avec de multiples objets contondants, mais assument aussi entièrement leur statut de groupe rock (d'où l'ironique et joyeux "Do you like Rock'n Roll ?" de Thurston Moore au court du concert) à une époque où de nombreux quadras élevés au post-punk écoutent Pere Ubu comme Beck et éduquent leur progéniture en conséquence (moyenne d'âge du concert, 35 ans). Pour preuve : un rappel plutôt casual, dans une veine Goo/Dirty/Sonic Nurse, à la fois furibard et classique. La carte postale de la soirée restant certainement l'effet de lightshow final, transformant la scène en fonderie d'argent, au sein de laquelle la "vieillesse, toujours aussi sonique" manipulait et torturait allègrement leurs instruments.
En bonus, cette vidéo Lo-Fi, certainement capturée au téléphone portable par un des nombreux spectateurs étrangers, présent sur le Festival : Sonic Youth - Teenage Riot, (Port Leucate 04 Aug 08)
Qui veut la peau de Chet Baker ? : Let's get lost et les vidéos volées2008 est comme 2006 et 2007 l'année Chet Baker : publication de la biographie de James Gavin, La Longue Nuit de Chet Baker, enfin traduite en français et (re)sortie en salles du documentaire mythique de Bruce Weber sur le trompettiste, Let's Get Lost. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes (organiser une fête pour le 20ème anniversaire de sa mort, une chambre d'hôtel miteuse, du speedball, un clairon, une platine CD, quelques métisses sexy,...), si étrangement, cette nouvelle chetmania ne s'était accompagnée de la disparition surnaturelle de TOUTES les vidéos de Chet Baker jusqu'ici hébergées sur youtube ou dailymotion et autres sites de partage. Alors que Chet avait passé les dix dernières années de son existence à tapiner dans tous les clubs et jazz-bars d'Europe, alors qu'on pouvait jusqu'ici zieuter à satiété des dizaines et des dizaines de versions de "My Funny Valentine", "All Blue" ou "Embraceable You", plus rien à se mettre sous la dent. Après enquête, impossible de dire ce qui s'est passé au juste mais un indice néanmoins : seule subsiste en ligne la bande-annonce du film de Weber, dont on imagine mal qu'il ait eu la puissance de feu (on n'est pas chez Batman) de faire interdire toutes les autres images. On peut se reporter (anomalie cruelle de l'histoire) sur la chanson éponyme de Vanessa Paradis, qui, encore plus sournoisement, vient parasiter désormais toutes les tentatives de recherche autour de Chesney Henry. Misère. Qui a volé les vidéos de Chet Baker alors ? Michal ? Non, pas encore. Les méchantes maisons de disque ? Les méchants dieux du jazz ? On en sait rien mais c'est un sale coup. Faut-il parler du film de Weber ? Sorti en 1990, le documentaire primé par un Oscar a plutôt bien vieilli même s'il nous présente une image un peu trop travaillée de Chet Baker. Dans un noir et blanc roublard, le réalisateur interviewe à tour de bras les ex-copines du trompettiste, quelques (rares) musiciens et passe quelques séquences épuisées avec le maître en personne. La poésie mélancolique et l'impression d'épuisement qui se dégagent de ces images donnent le sentiment que le document est monté en l'honneur d'un homme déjà mort, alors que Chet Baker ne disparaîtra que quelques mois après. Weber joue beaucoup trop sur la JamesDeanisation de Chet Baker, fait de lui un beau fantôme, un chromo à la fois gisant et ultraséduisant, qui est tout à fait contestable. Les amies encore enamourées mais toutes trompées (on sent poindre en elles parfois le ressentiment, le regret) offrent un panorama plutôt distant de ce que pouvait être la vie avec Baker. Etrangement, et malgré ses effets de manche nombreux, Weber s'approche assez peu de la vérité musicale de Chet Baker. Quelques séquences de lui en train de jouer (à Cannes notamment, dans des bars) contrebalancent la dimension clipesque du documentaire qui "bâtit la légende". Weber en fait un peu trop mais le résultat reste très plaisant et complètement envoûtant. Le visage de Baker suffit à "faire cinéma", comme dirait Godard et évoque par ses traits émasciés et quasi squelettiques, la dureté du combat intérieur. Baker est celui qui ici affiche le plus de retenue, de pudeur. Lorsque Weber l'interroge sur le sens de toutes ces années, sur la réalité de sa "souffrance" (en bonne pute journalistique) Baker refuse de répondre, refuse d'en dire plus. Il y a dans ces quelques dix secondes, un non dit qui suffit à annihiler toute la tentative biographique du réalisateur mais aussi à donner un sens au film. Baker est l'homme tout entier dans sa musique. Il l'est encore plus pour lui-même que pour l'auditeur. Un peu plus loin, et toujours vers la fin, la rencontre des enfants du trompettiste est aussi terrifiante et affolante. Une lignée de doubles, une lignée d'enfants abandonnés, sacrifiés à la beauté du jeu, sur l'autel du speedball. Weber passe à côté de la violence de Baker. Il ne rend pas le corps tendu vers le prochain shoot, la trahison, le mensonge qui font le (mauvais) sel de la biographie de Gavin. Baker est un beau vieillard hollywoodien ici. Un type qui glisse sur la surface des choses mais ne ramasse pas. En réalité, c'est un spectre gorgé de sang et de poudre. Un spectre qui joue de la trompette comme un ange musicien. C'est ce qui est écrit sur l'étiquette justement. "La beauté du diable", un bel argument marketing qui ne dit rien à personne. Un type qui perd sa trompette, ne sait pas lire la musique, ne s'exerce jamais, n'a plus de dents, n'arrive pas à l'heure mais parvient parfois (combien de fois ? à quelle fréquence ?) à jouer comme jamais personne n'a joué. Si ce n'est pas de l'ésotérisme... On en revient toujours là mais il n'y a qu'un livre à lire sur Chet Baker et c'est celui qu'il a écrit lui-même : Comme si j'avais des ailes, aux éditions 10x18. Ca tombe bien, c'est le moins cher et celui à l'aide duquel on comprend tout.
Mogwai, (aigle) impérial : toujours aussi bon...Le prochain album de Mogwai s'appelle The Hawk Is Howling et est annoncé dans les bacs pour le 22 septembre. Pas chiens, les Ecossais ont mis en ligne sur leur site et sur leur espace myspace, un premier extrait qui donne une petite idée de l'orientation prise par le groupe : moins de gros son, intégration un peu plus prononcée de sonorités électroniques, option mélodisme. "The sun smells too loud", habillé ici de bien belle manière par un fan, est un excellent titre. L'album fait 63 minutes et compte 10 titres, tous enregistrés dans la mère patrie. La tracklist comprend, comme souvent, des énoncés assez sybillins et prometteurs pour des instrumentaux comme "I'm Jim Morrisson, I'm Dead", "Batcat", "I Love You, I'm Going to Blow Up Your School" ou encore "Scotland's Shame" ou "The precipice". L'album sera suivi d'une tournée mondiale (américaine notamment, où le groupe commence à avoir une belle petite renommée) et passera en France le 28 octobre au Casino de Paris. Préparez... les bouchons d'oreille. Les veinards (dont on est) qui ont pu écouter Top Ranking de Diplo et Santogold : Here Comes A New Challenger Top Ranking, c'est le nom de la mixtape de Diplo et Santogold qui rappelle à tout le monde qu'en 2004 quand on écoutait en boucle Piracy Funds Terrorism du même Diplo et de M.I.A. (ou 2005-2006 quand on l'écoutait fébrilement pour passer pour un de ceux qui l'ont bien écouté en 2004).Aujourd'hui la situation est un peu différente puisque tout le monde connait Santogold, au moins à cause des pubs Converse, et qu'après la sortie de Santogold la mixtape tient plus lieu d'examen a posteriori des ingrédients mélangés dans le disque que de déclaration d'intention comme Piracy Funds Terrorism qui précédait Arular. Dans l'album de Santogold, on entendait donc de la new wave, du hip hop, du dancehall et dans Top Ranking on a droit à un obscur morceau des B-52's, à un vieux Three Six Mafia et Cutty Ranks entre des remixes des chansons de Santogold. Le tout est, n'hésitons pas à le dire, proprement excellent, comme ce "Get It Up", remix de Radioclit avec des apparitions de M.I.A., Gorilla Zoe, Street Fighter II et des indiens. Si je dois faire la fête cet été, ce sera sur ça. Paul Westerberg solde son album à 49 cents
Peu importe, dans ce package tout sauf deluxe, on trouve quelques unes des meilleures compos récentes de l'ancien Replacements enregistrées à l'arrache, souvent juste en duo guitare/voix, ainsi qu'un pot pourri de reprises de classiques du rock. Ironiquement, les distributeurs de musique en ligne qui pressent tout le monde pour baisser leurs prix, iTunes en tête, ont presque tous refusé de vendre un mp3 si peu cher. Il n'est donc disponible que sur le site Tunecore et celui d'Amazon (.com, même pas .fr). Vous ai-je déjà dit que qu'il y avait quelque chose de pourri au royaume du music biz ? Téléchargez le nouveau single de Deerhoof !
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Hop, le voilà ! Pour une version en plus haute résolution, plus lisible et plus facile à imprimer, c'est par là. Vous trouverez aussi les mp3 premières versions enregistrées par des fans en attendant celle du groupe lui même qui devrait arriver sans doute avant Offend Maggie, le prochain album du groupe, en octobre prochain. L'idée est véritablement excellente, en tout cas je le pense parce que je l'avais eue moi-même il y a quelques temps déjà et j'attendais de voir quel groupe l'aurait aussi. Je ne me vante pas, le concept, à l'époque du web 2.0, est évident, mais je suis fier que ce soit Deerhoof qui ait eu la même idée que moi plutôt que, disons, Coldplay. Du coup je vais peut-être apprendre à lire la partition et enregistrer une reprise au kazoo et à la cowbell. Je vous tiens au courant. Pour une loi anti-EMO en Russie : la cocasserie du jourSi vous aussi vous avez peur des EMO (pour emotive ou emotional), de leurs attirails post-gothiques, de leurs grosses chaussures à semelle d'aluminium, de leurs clous dans le nez, le gland et le bout des doigts, si vous craignez les coupes de cheveux corbeaux, les moues boudeuses, le rouge à lèvres qui déborde, les mèches qui cachent les deux tiers du visage, les attitudes suicidaires, antiéconomiques, alors il n'y a qu'une destination pour cet été : la Russie. A la surprise générale, le NME qui suit cette affaire de très près a relayé l'information selon laquelle la Douma aurait dans ses tablettes un projet de loi anti-EMO susceptible d'être soutenu par une majorité de députés du peuple. Le dispositif prévoierait une régulation des sites EMO, ainsi qu'une interdiction des fringues gothiques dans les établissements scolaires. La loi s'appuierait sur un constat (déjà relayé maintes fois ici et qui a fait l'objet d'études plus ou moins fumeuses), selon lequel les attitudes EMO favoriseraient le suicide et la dépression chez les jeunes. Autant dire que les Russes avec leur taux maousse d'adultes en détresse picolo n'ont pas besoin de ça. Des manifestations pro-EMO sont prévues ce weekend et la résistance est en train de s'organiser un peu partout. Le leader du groupe russe MAIO (rien à voir avec la sauce) a déclaré que "manifester ses émotions ne pouvaient pas faire l'objet d'une interdiction" (non, mais), tandis que les membres du groupe My Chemical Romance, emblématique du genre, ont témoigné leur soutien aux jeunes Russes et répété pour la dernière fois que gothisme et suicide n'avaient rien à voir. Pour ceux qui débarquent, rappelons que le mouvement EMO est issu d'une dérivation du punk hardcore et a depuis évolué (en même temps qu'il ralliait des hordes d'ados) vers un mélange de rock gothique et de mouvement de mode générationnel, empreint d'affectation, de gros son et de sensiblerie. On a tout dit des EMO, qu'ils étaient chiquéS, toc, méchants, satanistes, sexistes, racistes, peu importe. En plus, ils se font des bisous dégueus et pensent que les derniers albums de Cure sont bons....
L'attaque raciste de John Lydon sur Kele Okereke de Bloc Party
Toutes ? Non, j'oubliais bien sûr Lydon qui envers et contre tout résiste aux accusations de racisme et de connerie en général, attribuant ce qu'il qualifie d'accusations mensongères à la jalousie supposée d'Okereke. Ce dernier a déclaré, par contre, avoir été moins choqué par les coups que par la découverte que son héros serait raciste.
Résumons les deux "scoops" dans cette affaire : John Lydon se comporte comme un connard, dit quelque chose de choquant. Bon, ça n'est pas comme s'il avait chanté l'amour fraternel toute sa vie ou qu'il était jamais apparu comme quelqu'un de sympathique. La nouveauté, c'est que d'une, il prononce des propos racistes et donc brise LE tabou qu'il lui restait à briser et deux qu'il nie, sans doute parce qu'il se rend compte qu'il a fait une bêtise, alors qu'à la grande époque il aurait assumé fièrement sa provocation et prétendu qu'il voulait nous faire réfléchir à une chose ou une autre.
Avec sa pitoyable reformation des Pistols et des années de ridicule derrière lui, Lydon doit bien savoir qu'il n'a plus la légitimité pour nous demander de réfléchir à quoi que ce soit, et s'il a si mal pris la question d'Okereke, c'est peut-être non pas à cause de la couleur de la peau de celui-ci mais plus parce qu'en évoquant PIL, Okereke lui a rappelé une époque de sa vie dont il peut être fier, bien plus en tout cas que celle qu'il vit maintenant. Avril Lavigne avec ou contre Youtube ?
Selon Wired qui a suivi toute l'histoire, le manager d'Avril Lavigne aurait déclaré que puisque la vidéo de "Girlfriend" est la plus vue de l'histoire de Youtube avec au moment où j'écris 93 millions de spectateurs au compteur, Youtube devrait deux millions de dollars à la punkette bubblegum. Mais comment cette vidéo a-t-elle pu être vue plus de fois que celle des deux "scientifiques" qui faisaient une chorégraphie à base de Coca et de Mentos, que celle de Ok Go qui dansaient sur des tapis roulant et celle de Tay Zonday qui chantait "Chocolate Rain" ? C'est totalement improbable et en vérité totalement faux : il s'agit juste d'une opération montée par les fans d'Avril Lavigne qui ont décidé de faire dépasser les cent millions de vues au compteur de "Girlfriend" sur Youtube. Pour ce faire ils auraient même créé un site qui si vous vous y connectez se rafraichit automatiquement toutes les quinze secondes et crée un visionnage "fantôme" du clip. On savait déjà que certaines compagnies vendent aux artistes, qui veulent se faire signer, des inflations artificielles et automatiques de compteur Myspace et Youtube et que les compteurs des deux sites ne sont pas très fiables. En réponse aux déclarations du manager de Lavigne, un porte parole de Youtube a fait savoir que le site avait connaissance de ce genre de pratiques frauduleuses et avait les moyens de débusquer les tricheurs. Bien sûr, ces moyens n'ont pas été révélés et si on peut imaginer un moyen de repérer les bots (=robots) qui visionnent les vidéos automatiquement, dans le cas de gamines qui par millions cliquent sur "play" toutes les trois minutes, c'est plus difficile. Et puis ce n'est pas vraiment dans l'intérêt à court terme de Youtube de pourchasser trop férocement les pirates : Youtube aussi touche sa part de l'argent de la pub. Les fans d'Avril Lavigne, qui ont mis en place le site de visionnage fantôme? déclarent maintenant que ce site ne fonctionnait pas mais servait juste à créer un buzz autour du projet "faisaons de Girlfriend la vidéo la plus vue de Youtube" et que les 93 millions n'ont été atteints qu'à la force de l'index des fans. Si c'est bien le cas (et on ne doute pas de toute façon que ce genre d'opération est mené "en vrai" par des fans d'autres artistes tous les jours), Youtube ne peut nier le fait que ces fans ont été exposés à la pub et donc qu'Avril Lavigne mérite ses deux millions. On en vient donc à un système où ce ne sont pas les artistes les plus populaires qui gagneraient de l'argent mais ceux dont les fans sont les plus dévoués : une différence notable qui pourrait mettre Nine Inch Nails et Tool loin devant, disons, Norah Jones. Un artiste pourrait faire fortune en se concentrant sur l'idée de plaire au fan plutôt qu'au grand public. Pas sûr que la musique soit meilleure pour autant. Le spot de l'été : musique sur Pilotis
![]() Non la côte méditerranéenne n'est pas que ce refuge à touristes en goguette, ce repère à beaufs en bermuda et bob Pastis 51, que certains nous dépeignent à longueur d'année, confondant consumérisme sauvage et défouloir estival, avec une quête de dépaysement et d'authenticité que d'autres cherchent encore avidement. La côte méditerranéenne, côté Pyrénées Orientales, devenue ma région d'adoption depuis 10 ans, c'est aussi les étangs d'eaux salées, leurs faunes (hérons, aigrettes garzettes, flamands rose, mouettes et cormorans, mais aussi chevaux sauvages, vachettes, taureaux camarguais, sans oublier les fameux scorpions bruns), leurs flore (lis d'eaux, lêche, roseaux, bambous, ifs, chênes lièges, chênes méditerranéens, jacaranda, pins méditerranéens, etc.), la montagne, les châteaux cathares, le vin de soif, les grillades et les cargolades dans les vignes. Côté plage, beaucoup sont encore sauvages et ils existent des coins réellement magnifiques entre Baynuls et Cerbère, Collioure ou Port-Bou (sans oublier Port Vendre, Sète, Saint-Cyprien, certaines zone d'Argelès...) S'il est un spot réellement bluffant dans l'Aude par exemple, je dois dire que c'est Philippe Gash, restaurateur Catalan et amateur de bonne musique qui en tient la palme. Situé à Leucate, juste après le village, son restaurant sur pilotis (comme son nom l'indique) fait face à la mer, pas la flaque huileuse que beaucoup connaissent généralement, une mer encore vive, sauvage et houleuse (qui ronge son quota de terre chaque année d'ailleurs ! Changement climatique oblige). Là, vous pourrez déguster les petits vins de la région, le muscat bien sûr, mais aussi les pareillades de poissons et crustacés, les grillades maisons, les encornés et les gambas à la plancha, accompagnés de fruit et de légumes frais. Quand le poisson arrive frais dans les caisses quasiment sous votre nez, et que vous savez que Port Leucate est un des plus actifs de la région, vous mangez de bon cœur, sans vous poser de question. L'accueil est sympa, et surtout, Philippe, ancien disquaire renommé de Perpignan, vous fera une petite sélection musicale dont vous vous souviendrez. Ce n'est pas souvent que l'on peu déjeuner face à la mer, en écoutant Chromatics, Glass Candy, Laïka, Burial, Portishead et autres. A noter que le soir, le patron invite des groupes de la région, mais aussi des pointures internationales. Certains restent pour manger. On attend par exemple les Sonic Youth, qui joueront à Port Leucate (à 100 mètre du restaurant), le 04 août par exemple. Les Pilotis - Plage des Pillotis 11370 Leucate - 06.26.35.17.86. Décès de Daniel Caux, la fin d'un beau voyage
Venu du jazz expérimental et de l'école minimaliste américaine, il était de ceux que les musiques électroniques, et en particulier la techno la plus rigoureuse, n'effrayait pas malgré le fossé générationnel. Daniel Caux, défricheur, découvreur et passeur, s'est éteint samedi 12 juillet dernier à 10 heures 30 à Paris. Directeur artistique du fameux label Shandar, journaliste et critique, animateur radio, essayiste, commissaire d'exposition, il découvrit la musique concrète en 1959 avec Pierre Schaeffer, Pierre Henry et Luc Ferrari. Explorateur de tous les sons, il fut le premier à inviter Sun Ra en France. Ami intime de Terry Riley et de La Monte Young, Daniel connaissait son John Cage, Steve Reich et Philip Glass sur le bout des doigts, mais pas seulement. Lui qui avouait avoir vécu l'avènement des musiques électroniques et de la techno au début des années 90 comme une épiphanie, se lia avec les plus grands du genre : Carl Craig, Kevin Saunderson, Jeff Mills, Juan Atkins, mais aussi, bien sûr, Richie Hawtin.
"House of Cards" de Radiohead, filmé sans caméraThom Yorke en avait marre d'être filmé par une caméra dans ses clips. Un beau jour, il s'est dit quelque chose comme "Sapristi, mais pourquoi ne pas utiliser des lasers et des ordis pour capturer des images en 3D trop zarbi, nom d'un Linux ?!" Satisfait, il aurait conclu - toujours en son for intérieur - par un cinglant : "No camera ! Ok computer !". Non, en vrai, c'est Aaron Koblin un ingé-designer brillant qui a eu l'idée. Responsable d'expériences visuelles assez hallucinantes ( les vols d'avion au dessus du nord US !) et d'un clip d'Interpol, le jeune surdoué, entre deux expos réalisées pour le MoMA, s'est mis au service de Radiohead. Le clip de "House of Cards" a donc été tourné selon des procédés fort compliqués (voir le making-of ci-dessous) que l'on pourrait résumer ainsi : usage d'un scanner spécifique pour capturer les images les plus proches (visages de Yorke), à ne pas confondre avec le "Velodyne Lidar", qui, comme chacun sait, est une bécane réservée aux trucs éloignés (paysages). Résultat, des données, des chiffres et donc, des images (et non pas des lettres, Laurent Romejko). Mouhaha, s'esclafferont certains. Pourtant, le clip, certes un peu geekien dans l'âme, a de la gueule. La face de Yorke se liquéfiant sur fond noir, les travellings dans des ruelles aux couleurs inversées, la "party" parasitée et fantômatique, tout cet univers mystérieux en version "négatif" et sablonneuse colle grâcieusement à l'atmosphère désolée de la chanson. Pour les fans, il est même possible de télécharger et remixer la video (ici). Avis aux amateurs. Le 14 juillet... fête de la musique sur Arte
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On dit ça en passant mais il y a cette année une vraie alternative au défilé militaire (dont l'invité principal est le président syrien Bachar El-Hassad) : une journée en béton montée tout exprès pour la fête nationale de la musique (le 21 juin) par Arte, la chaîne franco-allemande qui fait du service public comme on doit faire du service public. Le programme est centré sur la Route du Rock de Saint-Malo 2005 et plutôt alléchant : 9H50, concert d'Art Brut, le groupe post-punk londonien qui monte, de Metric, groupe canadien qu'on connaît mal, enchaîné à 10h50 par une captation de la prestation des Cure, enregistrée sur la Grande Scène du festival devant 12 000 personnes, dixit le programme télé. On se souvient que la prestation avait été particulièrement appréciée par les fans parce que les Cure y avaient joué serrés serrés et avaient semblé retrouver une cohésion et une lourdeur de son perdues depuis pas mal d'années. On trouve du reste sur le site d'Arte Tv (http://www.arte.tv/fr/art-musique/Journee-Speciale-Rock/2114282.html) une intéressante version soundcheck d'At Night qui permet d'apprécier le gros Robert en civil, chemise noire déboutonnée sur le poitrail et pantalon de toile gris très élégant. Pour les autres, il y aura des parachutistes place de la Concorde. Ca peut valoir le coup aussi... Journée Spéciale Rock sur Arte
Christophe, l'interview et la vidéo sur Fluctuat.netPosté par Maxence le 11.07.08 à 17:33 | tags : vidéos musicales, flu, youtube, chanson française, électro, news
Aimer Ce Que Nous Sommes c'est le challenge que nous propose Christophe en 2008. Un vrai défi en cette époque mal aimée, époque de crise, de doute et de remise en question pour nous, mais aussi pour lui, cow-boy solitaire de la chanson française, auteur d'albums - et morceaux - cultes et bizarres, à la carrière comportant autant de pics de kitsch mainstream assumés ("Aline", "Les Mots Bleus", "La Dolce Vita", "Senorita") que de nombreux moments brillamment expérimentaux (le glaçant Le Beau Bizarre, l'album Bevilacqua en compagnie d'Alan Vega de Suicide, la scène avec le même accompagné par une Harley au moteur tournant à plein régime, sa collaboration avec le Mexicain electronica Murcof sur son dernier disque, etc.)
Et pourtant, il ne sera pas difficile d'aimer ce qu'est Christophe aujourd'hui, un grand artiste tout simplement, hors des modes, hors du temps et hors des normes. En témoigne notre entretien avec le chanteur décalé ainsi que "Mal Comme", morceau phare et première vidéo offerte au public par le bonhomme.
Lire notre chronique d'Aimer Ce Que Nous Sommes et notre entretien avec Christophe. Billy Corgan est vieux
"Nous jouons les chansons d'un album sorti il y a six ou sept mois mais la plupart des gens ne connaissent pas les chansons. Les gens n'écoutent plus les disques. Ouais, quand Siamese Dream [ndt : en 1993] était populaire, plus de gens nous écoutaient mais quand on jouait Machina / the Machines Of God en 2000, 50% du public connaissait l'album. Aujourd'hui tu joues, c'est genre 10% du public qui connait les chansons parce que les gens n'écoutent plus d'albums. C'est que des playlists sur des iPods et des trucs. [...] Je pense que c'est ce que Radiohead va découvrir très vite en donnant leur musique comme ça. [...] J'aurais aucun problème avec l'idée d'offrir gratuitement ma musique si les gens l'écoutaient. Je ne pense pas que quiconque avait prévu que "gratuit" voudrait dire "pas écouté" et "pas aller au concert". C'est le truc qui me mystifie. Ouais, quand on était gamins, on échangeait des cassettes et tout le monde s'en foutait que je n'ai pas payé pour le disque : ça faisait de toi un fan du groupe et tu allais écouter leurs disques. Aujourd'hui pour je ne sais quelle raison tchnologique ou générationelle, ça ne se traduit plus en écoute. Tu passe s énormément de temps à t'assurer que la neuvième chanson de ton album est aussi bonne que la première mais au fond tu te dis "mais personne va écouter ce putain de truc". Alors on abandonne [les albums]" C'est assez admirable la façon dont il parvient à répéter "les gens n'écoutent plus les albums" sans jamais se tromper et dire "les gens n'écoutent plus MES albums". Une personne comme vous et moi, moins sûre d'elle même, aurait fait le lapsus. C'est pour ça que Corgan est dans la télé quand vous jouez à Guitar Hero et vous simplement devant. Bah, mais pourquoi je vous explique ça, vous êtes sûrement un de ces gamins d'internet qui ne respecte plus rien. De mon temps, on était pas comme ça, je peux vous l'dire, on avait du respect pour le rock, parce que le rock, c'était autre chose, y'avait Grand Funk Railroad et Cheap Trick et tous les jours pour aller à l'école je faisais cinquante kilomètres à genoux en short sur du gravier. Jeff Buckley, Nouvelle Star, Nouveaux Fans
Il se trouve justement qu'un email m'est parvenu aujourd'hui avec une petite histoire, très classique somme toute (ce n'est ni la première, ni la dernière fois qu'elle se produit) qui nous rappelle qu'il y a "rien compris" et "rien compris du tout du tout, la vie d'ma mère je sais pas de quoi vous parlez". Sony/BMG a envoyé une sommation aux fans responsables du site JeffBuckley.fr parce qu'en "usurpant le nom de domaine qui selon eux devrait leur appartenir, ils ont "porté préjudice aux ayants-droit de notre artiste comme à [leur] société qui réalise d'importants efforts de promotion autour de Jeff Buckley". Vous voyez, en créant un lieu accueillant où les fans du chanteur qui nageait très mal pouvaient se rencontrer, échanger des infos sur, par exemple, la dernière compilation de bootlegs de Jeff live sous la douche que maman Buckley et Sony/BMG mettaient généreusement à leur disposition dans un coffret deluxe en ivoire contenant le CD de vingt minutes et une vraie fiole d'eau du Mississipi, ces gens ont fait du MAL à la mémoire et à l'image de la marque Jeff Buckley. Ces gens sont une plaie. Jeff Buckley est beaucoup mieux servi par les gens de la Nouvelle Star qui génèrent des ventes en reprenant "Hallelujah" comme s'il l'avait écrite lui-même (qui se souvient de Leonard Cohen, vraiment ?. Il y a une nouvelle génération de fans à qui vendre et revendre l'oeuvre complète d'un type qui a sorti dix chansons dans sa vie. Il faut un nouveau site, un qui sera débarassé des vieux fans râleurs qui commencent à en avoir marre qu'on essaye de leur vendre n'importe quoi à n'importe quel prix. On peut se moquer du romantisme de Jeff Buckley, l'âme en peine qui chantait d'une voix haute qui fait mouiller des culottes lycéennes depuis bientôt quinze ans avec le plouf tragique dans lequel il s'est éteint. La vraie tragédie, vraiment, c'est surtout celle de l'avarice des rapaces qui se sont accaparés ses restes.
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