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La zic se savoure avec les yeux. Tous les billets consacrés aux infos à lire (livres, lectures, infos en ligne) sur Playlist.
Thierry Crifo nous emmène aux Portes du Garage
A noter, la parution ce mois, de Feuque ! saga punk-rock non moins jouissive (et aussi touchante pour les amateurs de polars de série B) du maître Jean-Bernard Pouy au CV long comme le bras (auteur, créateur du Poulpe et de Pierre de Gondole, découvreur de talents - Dantec, c'est lui ! - etc.) sous une couverture de Franck Margerin. Collector !
Thierry Crifo - Les portes du garage(Ed. Mare Nostrum, coll. Polar Rock)
Mangrove, un EP fulgurant
EP où l’on parcourt une jetée post-punk en hiver, belle à pleurer, traversée d’éclairs mélodiques hérités du shoegaze et sécouée par des coups de tonnerres soniques indus. Passé un peu inaperçu, ce mini-album dévoile pourtant un talent de songwriting à tomber par terre, trop rare en nos contrées. On se rachète donc en publiant la chronique de l'album de Mangrove sur Flu. Bluffant coup d’essai des Français, qui ce sont adjoint les services de Julien Trimoreau, qui produit aussi Nelson et a bossé avec les orfèvres folk-rock de The National. Le résultat ressemble à un mélange de Joy Division, Radiohead et Ride. Que du bon! Un maxi à se procurer - sans mauvais jeu de mot - les yeux fermés. Portishead, interview et chronique de ThirdLe nouvel album de Portishead est enfin sorti...Après les rumeurs, les doutes, l'impatience, qu'en est-il de leur retour et de Third ? On peut juste vous dire que les 10/11 ans d'attente en valaient la peine...on a du mal à câcher notre joie. Interview exclusive avec Portishead (Adrian Utley et Geoff Barrow) au saut du lit, chronique de Third, programmation de l'album sur Radio Flu et portrait de Portishead. Portishead sera en concert les 5 et 6 mai au Zénith, et pour vous donner un aperçu, extraits live de "The Rip" et de "Threads" R.E.M. des premiers murmures à l'accélération du tempsCeux qui n’ont pas embrassé avec la langue, et de leur vivant, une fille, un mec ou même animal (majeur, s’entend) à la sortie d’une boîte de nuit en écoutant "Losing My Religion" ne comprendront jamais ce que R.E.M. a apporté au rock et à ceux qui l’écoutent. C’était il y a 15 ou 16 ans maintenant mais chacun s’en souvient comme si c’était hier : l’explosion médiatique et commerciale d’un groupe né, comme l’exigent les légendes, dans un magasin de disques d’Athens (Georgie) au début de l’année 1980. Peter Buck était derrière le comptoir et Michael Stipe, sorte de grand échalas (chevelu) et "supposément gay", venait lui acheter les disques qu’il avait tenté de planquer pour sa consommation personnelle. Treize albums ont passé depuis dont Out Of Time et Automatic For The People, leurs deux plus grands succès mais pas nécessairement les meilleurs (Murmur tient la corde, devant le cafardeux Fables Of The Reconstruction, moins connu et produit par le vétéran Joe Boyd). R.E.M. s’est remis de tout et de pas grand-chose. Il aura fallu dix ans et quelques albums moyens (dont le dernier Around The Sun, incroyablement décevant) au groupe pour oublier la perte de leur batteur Bill Berry, pour raisons médicales. Il aura fallu dix ans ou presque pour accepter l’idée d’être R.E.M. et de devoir faire ce qui était prévu par les plans des Dieux du Rock. (Myosotis) Et si Accelerate, sorti en mars 2008 était n'était rien d'autre qu'un album de R.E.M. et qu'il nous renvoyait l'image d'un groupe vieillissant du mieux qu'il peut. Analyse de l'album, grâce au track by track d'Accelerate, (long) portrait de R.E.M. et écoute des albums (Murmur, Out Of Time, Automatic For The People, New Adventures In Hi-Fi, Up et Reveal) sur la radio pop-rock. Côté actu, R.E.M. a balancé sur Youtube une conférence de presse sur les penchants sexuels de ses membres : Cure XXL à Bercy : une bouchée d'éternitéThe Cure est en pleine tournée européenne et s'est arrêté à Bercy hier soir pour un concert de plus de 3h. Compte-rendu de la soirée et dans la foulée dossier New Wave à lire de toute urgence pour revivre les "fabuleuses années New Wave".
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Il faut finalement assez peu de temps, derrière la gigantesque et théâtrale machinerie d'un des groupes dinosaures des années 80 pour sentir le cœur battre et monter l'émotion. Qui peut tenir Bercy pendant 3h40 (vous avez bien lu), sans reprendre son souffle ? Qui peut aligner aujourd'hui 43 titres et quatre rappels sans jamais donner l'impression de prendre son public par surprise ? Les Cure ont un master plan et l'exécutent comme on fusillerait quelqu'un de sa propre famille, avec tendresse et sincérité. Qui peut chanter, jouer de la guitare, se prendre le visage à deux mains et poser pour un futur DVD devant des caméras-grues avec autant d'aisance et de naturel ?
Les clones ont disparu ou presque. Des résidus gothiques sont suspendus en étendard aux escaliers à 67 euros pièce. Les seniors (de 30 ou 35 ans) ont pris le pouvoir, mais Robert Smith invite à domicile et joue dans son théâtre d'ombre de 15000 places comme il jouerait dans son arrière-cour de Crawley. L'entame nous ramène quelques années en arrière, au temps où les Cure en rangs serrés ouvraient sur "PlainSong" et "Prayers for Rain". Smith prend position et place une note tenue monumentale qui met la barre très haut et fait frissonner les murs. Smith aime Disintegration et le fait savoir. L'album qui a 19 ans maintenant est le pont naturel entre ce que les Cure ont été hier et ce qu'ils sont devenus. Il sert souvent de fil conducteur au parcours, assez peu interactif, que le quatuor tisse dans sa propre discographie. Porl Thompson ressemble à un moine soldat qui s'oublie parfois dans des solos qui lui étaient étrangers hier mais tient la boutique à cordes. La basse de Simon Gallup, jouée bas et musclé comme à son habitude, n'a peut-être jamais été aussi lourde et expressive. Jason Cooper donne du fût à qui mieux mieux. Robert Smith est au sommet de son art : sa voix est à sa botte, sa guitare domptée comme un bon cheval, capable de remplacer le clavier sur "Lovecats" ou de tromper les bandes synthétiques sorties pour la première fois. La setlist ressemble à un Greatest Hits, ce qui ici n'est pas peu dire. Cure donne du vieux et du moderne. "Kyoto Song" a fière allure, "Push" est impressionnant de savoir-faire. La nostalgie fonctionne à plein régime et donne une assez bonne idée de ce que serait une Tournée des YésYés sans Richard Anthony, Sylvie Vartan et Rika Zaraï. On s'attend à voir débarquer d'autres légendes perdues mais Smith les a bouffées au petit déjeuner et est assez costaud pour jouer tout seul à la machine à remonter le temps.
Le concert s'organise en séquences dont on sort parfois lorsqu'elles sont trop légères (2ème rappel pour les filles : "Lovecats", "Lets Go To Bed", le nouveau "Freak Show", "Close To Me" et "Why Cant I Be You") avant de replonger dans l'imparable ("Shake Dog Shake", "Primary", "Never Enough", "100 Years", puis plus loin "At Night", "M", "Play For Today" et "A Forest"). Les Cure d'aujourd'hui n'ont plus la légèreté d'avant mais cela ne s'entend que lorsqu'ils composent. "A Boy I Never Knew" lancé après "Primary" donne le change. Qui peut aimer "Friday I'm In Love" ? La mer verte fonctionne toujours aussi bien. Comme tu es belle. "To Wish impossible Things" en invité surprise et son romantisme passe encore.
Comme le concert est filmé (Cure in Paris, la revanche du fils de la fiancée de Robert Smith 2), le groupe aligne pour la galerie l'intégralité des titres joués au cours de cette tournée européenne. Le public parisien est verni. Il se tape toutes les fins alternatives jouées à Marseille, Barcelone ou Prague, et servies sur un plateau. La plongée en eaux profondes est sublime sur la dernière demi-heure et suffit sur son seul énoncé à suggérer le plaisir qu'on a à y être, encore, et toujours. "3 Imaginary Boys". "Fire In Cairo". "Boys Dont Cry". N'en jetez plus. "Jumpin", qu'on avait rarement entendu en vrai. "Grinding Halt". "10 :15". "Killing An Arab". J'ai toujours un faible pour "Play For Today", qui n'aurait pas fait tâche dans cette séquence finale. Et puis "Faith", en version un peu raccourcie. "I went alone, with nothing left but Faith". Tout est dit et pour le meilleur. Comme l'a dit Thierry Roland un soir de juillet, je veux bien mourir après ça. Pourquoi vous devriez recommencer à donner votre argent aux maisons de disque
"J'ai vite appris un des fondamentaux de la survie en réunion : tout dire avec la plus absolue des certitudes, comme si votre vie en dépendait". J'ai vu une figure très respectée de l'industrie (quelqu'un qui, selon toute vraissemblance, a signé et développé des disques que vous possédez) balancer le premier album des White Stripes par la fenêtre du quatrième étage avec les mots "Personne n'avalera jamais - jamais - ces putains de conneries". J'ai été plus loin. Alors que les derniers accords d'une démo un peu chaude résonnaient encore j'ai brisé le silence dans la salle de conférence en déclarant "Quelqu'un voudra-t-il encore vraiment une autre pelletée de bêtises sous-Radiohead ?" tuant ainsi dans l'oeuf l'intérêt de notre compagnie pour Coldplay. Comme vous l'avez probablement compris, il y avait un problème avec ma carrière dans l'A&R. J'étais complétement nul. Mais tous les autres aussi."
Je crois que je saurais faire ça, tiens, je serais même plutôt doué. Dommage que les années 1990 soient passées. Niven explique ensuite comment sa vie était passée entre conventions (comme le MIDEM à Cannes) et fêtes chez des stars, les deux n'étant pas très différent : des prétextes à la consommation de cocaïne et de vodka et à des notes de frais faramineuses, tout ça financé par les marges énormes prises sur les ventes de CD. Aujourd'hui monsieur Niven est "romancier" et se voit sans doute bien en Frédéric Beigbeder anglais. Bonne chance à lui. Hip hop : le dossier sur Fluctuat !![]() Le hip hop, un vaste courant et mouvement artistique populaire (dans le bon sens du terme) dont l'impact sur notre culture et notre réalité sociale se mesure encore aujourd'hui. Théoriciens du sampling, DJ et producteurs actuels, beaucoup doivent leurs carrières, et l'existence même de leur art, à quelques figures majeures du mouvement hip hop. Sommes-nous bien conscients de l'importance du lègue qu'une poignée de Jamaïcains, d'abord, puis d'afro-américains, nous ont laissés ? Aujourd'hui le hip hop est une économie, il représente plus de quatre billions de dollars au sein de l'économie de loisirs mondiale et compte plus que sa part de railleries et de clichés, mais cela ne doit pas nous faire oublier la richesse de son histoire, la créativité de ses outsiders, ceux qui se sont éloignés du devant de la scène pour œuvrer dans l'ombre, ces peintres de rues, ses chantres et ses prophètes. Fluctuat se devait de revenir sur cette musique bien vivante, ses racines, son histoire, son influence et son futur, dans un dossier à la (dé)mesure de cette vaste nébuleuse artistique. *C'est parti !* Lire le dossier Histoire du Hip Hop et profitez-en pour écouter notre radio hip hop.
The Magnetic Fields en écoute et en distorsion Difficile de savoir par où prendre cet album. D’un côté il s’agit du huitième disque de The Magnetic Fields, un groupe qui a vingt ans de carrière et qui en est à son quatrième changement drastique de style et Stephin Merritt, leader Maximo du "groupe", a pondu au moins autant d’albums sous d’autres noms. Certains n’hésitent pas à l’appeler parfois le plus grand songwriter américain vivant. Qu'en est-il de leur album Distorsion ?Oui, qu'en est-il ? La réponse (si réponse il y a), c'est 2goldfish qui l'a et qui vous la donne dans son article Les distorsions des Magnetic Fields. Et pour en savoir plus, allez lire les portraits de The Magnetic Fields et de Stephin Merritt. Et pour faire de cette lecture un pur moment de bonheur, enchaînez avec l'écoute intégrale de l'album sur le myspace des Magnetic Fields. Musiques & Cultures Digitales : Cinq ans sur les pistes numériques !
D'autres réseaux, d'autres artistes sont également à découvrir pour les arts numériques, c'est le cas de Calvacréation, plate-forme de création multimédia créée par Fabrice Croizé et Sabrina Montiel-Soto et la compagnie PuceMuse qui revisite la MAO en démocratisant la pratique musicale numérique.
Concernant les pistes, virtuelles cette fois, le magazine vous donne rendez-vous sur Second Life pour les soirées régulières "An Electronic Space", et dans la Maison des Métallos reconstruite à l'identique sur l'île Cultures Digitales, les 3 et 10 janvier, à 22h, pour Secousses Internes de Marie Menges.
Pour connaître les points de distribution et de consultation nationaux de M&CD (Musiques & Cultures Digitales), suivez ce lien et cliquez sur l'onglet "Distribution". Le testament New Wave de Jean-François Bizot
Extrait : Outre de nombreuses formes artistiques innovantes et foncièrement originales, l'époque a en effet vu naître une véritable philosophie (passée largement inaperçue du grand public, il faut bien le dire) : la subversion par la norme. A l'échec patent du punk et contre la léthargie baba, la new wave prêchait pour un ultra conformisme provocateur et ironique. "Conform to Deform" disait Stevo, boss du label Some Bizarre, un slogan qui disait tout. Entrer dans la norme et le conformisme pour mieux le détruire de l'intérieur, parfois en le singeant à outrance. Jamais les principes situationnistes ne furent aussi près d'être appliqués à la lettre. Alors que le punk se targuait de nihilisme en crachant par terre, la new wave célébrait l'énergie atomique et le progrès technologique, tout en fêtant joyeusement l'apocalypse nucléaire et la fin de la civilisation humaine. Quand les babas prêchaient le retour à la terre et les valeurs authentiques, la new wave oeuvrait pour un avenir urbain déshumanisé et concentrationnaire afin de hâter sa fin prochaine et bannissait tout ce qui était "authentique" au profit de ce qui apparaissait comme superficiel et clinquant, moderne et innovant, futuriste et provocant. Pour tout cela, les années new wave furent sans aucun doute les années de l'outrance et du paradoxe, mais aussi des années expérimentales par excellence. (Lire la suite) New Wave de Jean-François Bizot, Mariel Primois et Jean Rouzeaud (ed. Panama) Philippe Robert sur les musiques expérimentales et transversales
"Une anthologie comme celle-ci c'est un peu comme une cour de récréation. On n'est pas là pour faire ami-ami avec tout le monde. C'est le moment de vérité, en tête à tête avec l'autre. Au pire, on pourra toujours se faire son album perso des douloureuses, des impossibles et des mochetés. Au mieux, on se sera fait des petites listes et des notes de disques à trouver, que personne n'a chez soi." écrit-il en quatrième de couverture. Et c'est cette simplicité, cette sincérité qui séduit dans la démarche de Philipe Robert, loin de toute prétention et de d'académisme (forcément !), l'auteur échafaude sa petite histoire, tout en en respectant la nécessaire chronologie. D'où, certainement, le choix de présenter ces artistes hors-normes (au sens propre comme au figuré) dans l'ordre chronologique sans parti pris de genres artificiels. De fait, ce livre très complet, reprend où le Experimental music, Cage et au-delà de Michael Nyman, s'étaient arrêtés, puisque Philipe Robert, en plus de recenser les grands "classiques" de l'expérimentale (Russolo, Schaeffer, Isou, Varèse, Scott, Stockhausen, Lucier, etc), fait appel à ses plus "actuels" défenseurs. Citons par exemple Merzbow, Keiji Hano, Phill Niblock, Charlemagne Palestine, Loren Mazzacane Connors, DJ Spooky, Mimeo, Jim O'Rourke, Dean Roberts, Dominique Petitgand, Nurse With Wound, sans oublier l'aspect historique : du psychédélisme pré-ambiant (La Monte Young) à la no wave (DNA), en passant par le krautrock (Damo Suzuki), le post-punk (Throbbing Gristle, Public Image Ltd), les platinistes (Otomo Yoshihide, Martin Trétreault), l'improvisation (Derek Bailey, Joëlle Léandre) et les inclassables (Alan Licht, AMM, Musica Elettronica Viva, Taku Sugimoto). Une bible donc, une somme, allègrement écrite, dans un style fluide et plein de vie par un auteur tout à sa passion, la musique et rien que la musique. On a envie de dire, "exemplaire" ! C'est les fêtes il n'y a pas longtemps, offrez-le !
Philipe Robert - Musiques expérimentales, une anthologie transversale d'enregistrements emblématiques, éditions Le Mot et le Reste, avec le concours du GRIM. Devo ? -> Mutato !
Mothersbaugh explique aujourd'hui volontiers Devo (le concept était assez transparent de toute façon) mais comment réconcilie-t-il son passé de rockeur subversif avec le fait d'être aujourd'hui à la solde du grand capital ? D'une part il y a le fait que l'argent récolté lui permet de financer ses autres projets (un livre de montage photo "mutato", la fabrication de tapis bizarres et de nombreuses collections ésotériques). D'autre part, on sait que Devo n'a jamais cru au concept de contre-culture. Ils célébraient la dévolution de l'intérieur : en jouant du rock sur MTV. On peut se demander où est la subversion dans une petite musique à peine audible dans le fond d'une pub Apple. Comment est-on subversif sans mots, d'abord ? Peut-être est-ce à nous d'aller chercher le message. Après tout, on nous dit depuis toujours que la société moderne nous abrutit, ça ne nous a jamais fait faire demi-tour. La musique de Mutato est bizarre... légèrement bizarre. Celle de Devo l'était aussi, ils ont pourtant, pendant un temps, été très populaires. Aujourd'hui, le genre de new wave que le groupe jouait il y a vingt-cinq ans est devenu le mode par défaut du groupe de rock faussement alternatif qui rêve d'être le nouveau Bloc Party. La musique de Mutato est bizarre, elle est aussi infantile. Plutôt, elle est dévolué. Oui, elle est fun, elle est stupide, c'est de la pop music. C'est ça que nous voulons. C'est ça que de riches industriels demandent à Mutato. Mutato nous le met dans les oreilles et la question qui se pose, silencieusement, c'est... "veut-on vraiment en arriver là ?". Si la réponse est oui -et à en juger par le succès de Fergie, c'est le cas- qui est Mothersbaugh pour nous le refuser ? James Brown, c'était il y a un an...Noël 2006, on découvrait nos cadeaux au pied du sapin et en allumant la télé ou la radio on apprenait cette triste, trop triste nouvelle. James Brown, the Godfather of Soul venait de mourir. Il avait 73 ans et est mort le jour de Noël, le jour de la naissance de Jésus. Une date de mort hautement symbolique pour ce chanteur qui était, avant même son décès, culte. Des albums à en pleuvoir, des standards plein le tiroir-caisse pour ce chanteur de soul-funk aimé de tous (ou presque ?!). A plus de 60 ans, James Brown avait encore la patate sur scène à en rendre jaloux les plus jeunes artistes. Aujourd'hui 25 décembre 2007, Fluctuat vous souhaite un Joyeux Noël et rend un hommage à JB ! Pour en savoir plus sur le Godfather, sa jeunesse, sa carrière, son succès et son influence dans le rap, lire la bio de James Brown. Le Gibus a 40 ans, chapeau !
Du twist au rythm'n'blues, du rock au hip hop, de la house à la jungle, de la techno au RnB, cette salle mythique, drivée de mains de maîtres par les frères Taïeb, sera le temple de la musique, quel que soit son style ou son école. Il faut le dire, peu de gens eurent assez de flaire et de talent pour surfer sur l'avant-garde comme le fit ce clan familial issu de Tunisie. Une équipe à qui l'on doit les premières soirées punk rock en 1977 mais aussi les premières soirées electro. Le Gibus fut pour beaucoup dans l'émergence de la French Touch et l'arrivée des rois de l'electro de Chicago, Detroit ou Berlin, à Paris. A la fin des années 90, c'est au Gibus que naissent les soirées dédiées aux Baby Rockeurs avec les festivals "Passe ton bac d'abord"... C'est ce que racontent Philippe Manoeuvre, Damien Almira, Busty et l'ex-manager de Bijou Jean-William Thoury dans ce très beau livre commandé pour l'anniversaire du club. En 192 pages et plus de 300 photos couleurs et noir et blanc, de nombreux documents d'archives et de témoignages plus nombreux encore, 40 ans de musiques au Gibus (notez le pluriel) retrace l'histoire d'un lieu unique sans lequel l'impact de ce que l'on nomme communément les "musiques actuelles" ne serait certainement pas le même. Un beau livre et un beau cadeau pour Noël d'un coup d'un seul. Chapeau !
40 ans de musiques au Gibus par Damien Almira, Busty et Jean-William Thoury sous la direction de Philippe Manœuvre (éditions Hugo Image)
Moins d'artistes, plus de profits
Les patrons des radios ont déclaré que cette augmentation des tarifs les pousserait à diffuser moins de musique. Axel Duroux de RTL a menacé de remplacer l'émission musicale de la nuit de George Lang par des rediffusions des Grosses Têtes. Pierre Bélanger, patron de Skyrock, déclare : "Les radios portent le risque, la diversité et la découverte. Vouloir les taxer est donc ahurissant et sucidaire". Là on commence à rigoler. Il suffit d'écouter un petit peu ces radios pour savoir que leur direction se fout bien de nous faire découvrir de la musique. Les mêmes morceaux des mêmes artistes sont diffusés en rotation ultra-lourde sur toutes les plus grosses radios et il y a fort à parier qu'une réduction du temps d'antenne consacré à la musique ne se traduirait pas par moins du dernier Pascal Obispo mais plutôt encore moins d'artistes et de morceaux différents. Le pire ? C'est peut-être bien ce que les maisons de disque souhaitent.
Ces contrats ont deux conséquences négatives prévisibles. La première c'est que les maisons de disques, puisqu'elles investiront plus dans chaque artiste, devront nécessairement réduire le nombre d'artistes signés. Je veux dire : les réduire encore plus qu'elle ne l'ont déjà fait ces dernières années. La seconde, c'est qu'elles pourraient mettre en oeuvre un système de bakchich similaire à celui qui leur permet de vérrouiller l'accès aux radios FM pour vérrouiller de même l'accès aux salles de concerts (comme si la situation n'était pas déjà suffisamment sombre comme ça). On ne pourra en tout cas plus dire que la seule réaction des majors aux nouvelles technologies, c'est de faire des procès à ses clients. Youpi. Rock et Racisme
L'article de Frere-Jones commence très mal en prenant l'exemple d'Arcade Fire. Certes, la musique des Canadiens ne comporte que très peu des signifiants traditionellement associés à la musique "noire". On pourrait s'arrêter là et dire "et alors ?". Y-a-t-il beaucoup d'artistes blacks qui prennent la peine d'essayer de sonner comme Arcade Fire ? Ce n'est pas pour faire mon Jean-Pierre Pernaud mais pour qu'il y ait la "fusion" à laquelle Frere-Jones aspire, il faut bien tout d'abord des courants musicaux distincts, un terroir qu'on doit entretenir et laisser évoluer indépendament. On pourrait aussi remarquer qu'Arcade Fire est largement influencé par les Talking Heads et Bruce Springsteen, et que même si en dehors du saxophoniste du E Street Band tous ces gens sont blancs comme neige, ils s'inspiraient du rythm & blues, du funk et des polyrythmies africaines. Et puis Frere Jones n'a pas du entendre Haïti.
Adieu Stylus, je t'aimais bien...
J'ai déjà écrit tout le bien que je pense de Stylus il n'y a pas si longtemps. Stylus était en quelque sorte un fantasme de journaliste, bourré d'articles aussi longs qu'ils le voualient sur des sujets aussi ésotériques ou aussi obscurs qu'ils le voulaient, de chroniques de singles à la chaîne, de listes et tops improbables, de papiers-confessionaux, de podcasts et de tout un tas d'autres choses qui n'intéressent que les gens qui aiment autant écrire sur la musique que l'écouter. On dit que plusieurs contributeurs de Stylus vont probablement être accueillis par Pitchfork (un certain nombre travaillait déjà pour les deux) mais la perte de Stylus est la perte d'un espace unique et il convient de verser une petite larme. Avant de s'en aller, le site offre une orgie de listes de fin d'année/de décade prématurées. A l'heure où j'écris ces lignes nous sommes hier et les listes musicales "importantes" n'ont pas encore été publiées et tout ce vers quoi je peux vous diriger c'est une liste des meilleures rééditions de l'année, des meilleurs films du millenium (ce qui sonne beaucoup que "des sept dernières années") et surtout un best-of de Stylus Magazine lui même, plein de liens vers des articles essentiels sur Mariah Carey, des listes des plus définitives aux plus inconséquentes et puis, côté inédit, les ultimes critiques en haïku, une idée à voler au plus vite. Let's Get Technical Il y a un article sur Stylus qui tente de réintroduire la notion de technique dans la critique musicale après sa réinsertion façon ours dans les Pyrénnées par toute une série d'artistes tels que Battles et Marnie Stern. C'est intelligent et intéressant aussi certainement beaucoup trop pour que la plupart d'entre nous le lise, aussi je vais vous le résumer de façon honteusement grossière : 1- Nous ne sommes plus dans les années 1970 et les charts ne sont plus dominés par des super-musiciens et il n'y a plus a priori de raison de les détester. Et on devrait parler de la technique des groupes qui n'en font pas forcément la démonstration. 2- Stylus continue à produire du porno pour critiques (ce qui est trop pas con au niveau marketing quand tout le monde se croit critique, même moi). Bref, c'est promis je me souviendrais dans ma prochaine chropnique d'album que derrière les instruments il y a des hommes et des femmes qui travaillent et je ne dirais plus que le prog rock c'est nul par principe, juste par expérience. Et puis j'expierais mes péchés passés en m'entraînant tous les jours à jouer de l'instrument impossible, la véritable raison d'être de ce billet est le joujou le plus geek du monde dans un monde qui en est déjà rempli : le séquenceur rubik's cube. Via MusicThing, bien sûr. Moby est un vendu, OK. Mais les autres ?
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Le Washington Post, auquel on ne connaissait pas une telle propension à la déconne, vient de créer le Quotient Moby, soit le résultat d'une équation complexe qui nous permet de déterminer avec précision à quel point on doit être scandalisé de l'usage d'une chanson dans une pub. Le quotient est bien sûr nommé d'après Moby, l'homme qui refuse de porter des chaussures cuir mais qui vend sa musique au premier fabriquant de voitures venu. Vous aussi, calculez le quotient Moby du Velvet Underground dans une pub pour Renault ou de KT Tunstall pour Alice Télécom et découvrez lequel est le plus grave ! Vous pouvez même vous en servir pour estimer le rapport coût en crédibilité, gain en chèque géant avant d'accepter cette offre d'un marchand d'arme pour votre chanson de Death Metal. Rick Rubin ne sauvera pas la musique
On nous rappelle les faits de gloire passés de Rubin, quand il passait sans ciller de l'invention du hip-hop "commercial" avec LL Cool J à la production du mythique Reign In Blood de Slayer, et puis ces trucs un peu surestimés qu'il a fait avec Johnny Cash. Rubin n'a sans doute pour nous plus la même classe qu'il y a vingt-ans (il produit toujours les Red Hot Chili Peppers !) mais une major comme Columbia a sans doute plus besoin d'un type comme lui que d'un mec hyper pointu qui écoute des trucs bizarres. L'idée en faisant venir Rubin à la tête de Columbia, c'était d'avoir un type qui connait la musique pour diriger une maison de disques et de tenter de sortir de la crise actuelle non pas avec des root-kits, des procès ou des nouveaux formats farfelus mais en produisant de la bonne musique. A priori, ce n'est pas une mauvaise idée. A la lecture de l'article du Times, Rubin apparait pourtant surtout comme un producteur de luxe avec une grande marge de manoeuvre et un visage un peu célèbre à afficher aux actionnaires et au public pendant que le business est toujours géré par les mêmes gens avec toujours les même vieilles idées faussement neuves et faussement bonnes ("un département en charge du bouche à oreille", franchement). Bien que ressemblant fort à une pure opération de communication de la part de Columbia à laquelle le Times a bien voulu se prêter, l'article est très intéressant et dégage un parfum de "trop peu, trop tard" qui n'augure pas du meilleur pour l'industrie du disque. L'art du bruit, du 20 au 24 août sur France Culture
Make Some Noise, c'est le titre de cette série en 5 volets, traitera de manière extrêmement vivante et avisée de l'histoire du son dans les musiques populaires du XXe siècle, du phonographe au son surround 5.1, en passant par le hip-hop, le rock, la pop', la techno, les musiques électroniques, l'ambient, etc. L'emission s'attachera donc à expliquer et décrypter "comment la technique crée des mondes sonores". Avec les voix de David Toop, Brian Eno, DJ Shadow, Juan Atkins, Michel Geiss, (ingénieur du son, spécialiste de l'enregistrement sonore) Richie Hawtin, Bruno Heuzé, (journaliste, spécialiste averti des mondes sonores) et Tony Herrington, (directeur du magazine The Wire) ! Inutile de vous dire qu'il ne faut pas rater ça. Playlistien, à vos agendas ! Émission 1. Lundi 20 août. Émission 2. Mardi 21 août. Émission 3. Mercredi 22 août. Émission 4. Jeudi 23 août. Émission 5. Vendredi 24 août. Pour plus d'infos sur le programme, les sujets traités et ses invités, rendez-vous également sur le profile myspace de l'émission. Compost présente Elaste Vol. 1 : Cosmic Discoteca
Nous parlerons d'ailleurs prochainement de l'excellente compilation du tout jeune label américain Italian do it Better, qui réactive le genre italo en nous offrant une nouvelle compilation digne de I-F Mixed Up In The Hague Vol. 1 ou du Unclassic de Morgan Geist, et qui nous viens cette fois du New Jersey ! En attendant n'hésitez pas à vous rendre sur le profil myspace d'Elaste où pour une fois, vous trouverez du contenu avec toute l'histoire du Cosmic Club. Idem pour le fameux magazine Discopia proposant interviews et chroniques des cadors de la constellation nu-disco et des autres, et last but not least, checkez cette page en italien proposant des photos unique des abords et l'intérieur de la Discoteca Cosmic. Pour finir ruez vous également sur ce très bon mix de Trakse, ambiance space disco garantie, qui s'accordera très bien avec les images (merci à lui) ! Compost présente Elaste Vol. 1 - Slow Motion Disco (Compost/Nocturne) Les plus meilleurs disques trop pas coolsA l'exact inverse de la liste du Guardian dont je vous parlais l'autre jour, Blender vient d'ajouter à son incroyablement imposant amas de listes débiles une liste qui n'est pas si stupide que ça, à y regarder de plus près : les mauvais albums préférés de leurs artistes préférés. Si on veut bien passer outre le fait que beaucoup des artistes en question ne sont sûrement pas les artistes préférés de qui que ce soit (le Guardian avait un casting bien plus impressionant) et qu'ils ne parlent pas d'albums qu'eux considèrent mauvais, juste le reste du monde. Ca donne des membres de The Hold Steady, The Narrator ou Justice qui défendent les Carpenters, le Self Portrait de Dylan ou la B.O. de Staying Alive. Il se trouve que je suis en vacances, ce qui veut dire que je n'aurais pas à craindre vos regards soucieux, attérrés ou carrément hostiles quand je vous ferais l'aveu de l'horrible disque que moi même j'aime. Pourtant ce courage qui me manque je vous invite à le trouver pour avouer vous aussi dans les commentaires quel disque terriblement pas cool vous chérissez en secret. Je suis certain qu'une thérapie collective nous fera à tous le plus grand bien sur le long terme. Hmm, bon, bref, faut que je me lance.
Le fait que cet album fonctionne reste pour moi un mystère mais il n'en est pas moins indéniable. Une part de mon attraction pour ce disque tient sans doute au fait que j'étais trop jeune pour savoir que tous ces trucs qu'on y entend sont officiellement reconnus par les plus hautes autorités comme étant de très mauvais goût. Une autre part est liée au fait que le groupe lui n'en avait rien a faire du bon goût et surtout de la bonne mesure. Quand John Frusciante est revenu parmi eux pour Californication, il a apporté avec lui l'idée que, peut-être, il ne fallait pas être à fond tout le temps. Aujourd'hui le seul risque qu'on imagine en écoutant les Red Hot Chili Peppers, c'est celui du cancer de la peau après une vie passée sous le soleil californien et un léger abrutissement lié à une consommation de drogue passée. A l'époque, on avait l'impression en les écoutant d'être à deux doigts de devenir complètement dingue comme eux et de ne plus se vêtir que d'une chaussette et de se percer les tétons. Et toi, donc, cher lecteur, quel disque pas cool aimes-tu ? Qu'est-ce qu'écoute le grisli ?Le son du grisli c'est le nouveau, enfin presque nouveau venu dans la blogosphère, puisque le site existe tout de même depuis janvier 2007. Le Grisli en question, rédacteur pour Les Inrockuptibles, Jazz Hot ou encore Dmute, propose un blog tout en noir et ocre (est-ce bien du ocre ??) consacré au jazz et aux musiques improvisées. Au programme de ce rejeton de Dmute, des chroniques CD, DVD, livres et des interviews. Pour vous lécher les babines, vous pourez y trouver des chroniques de l'album de Fennesz & Sakamoto (Cendre), de Afternoon in Paris d'Anthony Ortega ou encore du Cornell 1964 de Charles Mingus. Côté interviews : David S. Ware et Ross Bolleter. Ca a commencé avec un post par mois et aujourd'hui le blog en compte de plus en plus !! A suivre, et bon courage au Grisli ! Portrait du journaliste (et de nos lecteurs) en fond d'écran
Un fond d'écran en dit beaucoup sur son propriétaire. La façon dont on décore et organise son ordinateur personnel serait donc révélateur de la psychologie de celui qui en dispose ? C'est du moins ce que pensait Pierre Belouin, artiste contemporain et label manager d'Optical Sound & Fine Arts quand il lançait son projet Desktop en 1998 . Et pourquoi pas ? Ainsi, pendant que presque tous mes collègues sont en vacances je profite lâchement du vide laissé derrière eux (snif) pour me faire mousser : voici mon fond d'écran de l'été ! Syd Barrett période The Madcap Laugh, une image symbole qui accompagne à merveille notre feuilleton de l'été sur les albums cultes des géants du bizarre. Et vous, quel est votre fond d'écran estival ? Postez le dans la rubrique "Desktops d'été" sur le forum de Fluctuat.net ! |
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