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Eurockéennes épisode 7 : Dernière ligne droite

Posté par Flyer le 04.07.05 à 03:16 | tags : live, rock, eurockéennes, sonic youth, kraftwerk, andrew bird
Andrew Bird, malgré tout les superlatifs dont on l'a affublé, nous a déçu. Sur la scène de la Loggia, c'est à un concert ni inspiré, ni entraînant auquel nous avons assisté. De bonnes idées parfois, mais un manque profond de rythmes et de mélodies, souvent. Un type du public l'a qualifié rapidement de "Sting avec un violon", c'est très injuste certes, mais au vu du set poussif et sans relief donné aux Eurocks, c'est compréhensible. Bref, ça donnait simplement envie de dormir. Certains appellent ce type de composition (longue nappe de son, rythme lent, voix geignarde) de la subtilité, c'est pire : c'est ennuyeux.

Sonic le hérissonique !20h30, sur la Grande Scène, le (désormais) quintet new yorkais accro aux festivals de Sonic Youth entre en piste. Comme d'hab' avec Thurston Moore, Kim Gordon et leurs copains, le concert dégénère rapidos en délire bruitiste. Moore descendant vers le premier rang du public tel un halluciné, sa guitare tourbillonant autour de lui, écrasant les cordes contre le bord de scène dans sa quête de dissonance, puis s'en frottant l'entrejambe. Lee Ranaldo courre vers lui, les deux se lancent dans un duel ou les guitares se transforment en sabres, où les sons torturés poignardent nos tympans... Sonic Youth, quoi, qu'on aime ou pas. Parfois, on revient à quelque chose de plus cadré, à un format de chanson (géniale) plus habituel, tel l'un de mes titres préférés, "Drunken Butterfly". Kim, la voix travaillée par des années de clopage intensif, nous balance alors ces "I love you, I love you, I love you, what's your name ?" de paumés défoncés et on se retrouve à claquer du pied sans s'en rendre compte. Le concert s'achève avec un Moore complètement pêté qui hurle dans un micro arraché à une gratte électrique, son pote Ranaldo l'accompagne en secouant des clochettes. Thurston s'éternise dans ses gueulantes tordues jusqu'à mettre la foule mal à l'aise. Expérimentation ou hallucination ? Le débat Sonic Youth devient plus épineux avec les années. Un concert dans la plus grande tradition rock'n roll swindle toutefois. Au grand cirque du rock, Sonic Youth explose tympan et jeu de scène.

Le vélo des tarésFini le rock psychédélique à tendance tripotage de guitare, Dave et moi filons vers le Chapiteau pour Kraftwerk, les vieux papes de l'électro allemande. Kraftwerk, d'une certain façon, ils m'ont toujours fait un peu peur. Des types qui composent des chansons sur les autoroutes, les trains, les ordinateurs ou qui font tout un album sur le Tour de France, ça me perturbe. Toutefois, j'avais bien hâte de les voir en live, sujet soumis d'une sorte de curiosité hallucinée. Pour faire court : j'ai kiffé. C'était l'un des derniers concerts du festival, et les gens trippaient comme des sauvages sur l'électro toute cheloue des allemands, pareil pour moi. J'ai gueulé les "Perfect Mecanic - Aerodynamic" et d'autres trucs en -ic de rigueur alors que Dave me regardait d'un oeil navré. Avant le rappel, devant le stand de gauffres au nutella, je disais à Dave que maintenant je voulais "We are the robots" en extended version sans même savoir qu'elle existait. Et v'là-ti pas qu'les teutons redébarquent et me jouent exactement ça : un "Robots" de presque 10 minutes (loriginale fait 6 minutes déjà). Je suis en transe, je bondis au milieu des autres fans psychopathes ma gauffre à la main et on se regarde tous dans les yeux en gueulant "We are the Robots" et les types de Kraftwerk qui avaient débarqué en costumes noirs très sobres sont devenus tout bizarres et ils ressemblent aux mecs de la pub Intel parce que l'éclairage fait ressortir un cadrillage jaune tout zarbi de leur costard et leurs tronches sont tout bleues et "We are the robots" encore plein de fois et ils disent des phrases en allemand que personne capte mais que tout le monde trouve vachement bien placées dans le délire et sérieusement, Kraftwerk c'est quand même sauvagement hypnotique ! Et lorsque les quatres allemands complètement psychiquement tarés se barrent de la scène et que tout le monde hurle et qu'un sample "MUSIC NONSTOP" tourne soixante dix fois au moins et que tout le monde gueule et applaudit à s'en détruire les paumes jusqu'au silence et que le Chapiteau, où notre aventure avait commencé avec Emilie Simon, commence à se vider et que je reste seul, au centre, du nutella sur le bout des doigts, encore perturbé par le concert, assis sur le sable... les Eurockéennes prennent définitivement fin dans mon esprit.



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