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Musique noire idolâtrée par les blancs. Ici, tous les billets consacrés à ce style musical fait de tendres invitations au suicide.

Albums cultes des géants du bizarre #40 : Dr. John – Gris Gris

Posté par Maxence le 21.05.08 à 16:30 | tags : blues, culte et bizarre, psychédélique, rock

Un peu pour Hugues, qui me l'avait demandé, un peu pour l'hommage à 68, un peu pour l'été qui arrive avec ses chaudes soirées, j'ai eu envie de vous parler du Gris Gris de Dr John, The Night Tripper. Album culte et bizarre (encore un !) parce qu'empli d'influences musicales et de réminiscences d'un passé pas forcément rock, alors que produit durant la décennie psychédélique, Gris Gris s'impose aujourd'hui comme l'un des tous meilleurs Dr. John, à l'égal d'un bon Captain Beefheart disons.

 

De son vrai nom Mac Rebennack, Dr. John fascine déjà par ses origines. Gris Gris, premier album du plus noir des musiciens blancs de rythm'n'blues est empli de références à la musique cajun et aux rythmes créoles, pour ne rien dire des cultes vaudous qui hantent tout l'album. Un goat head soup ("soupe à la tête de bouc", ou "recette de marinade pour sorcière" bien connue) qui résonne de tout ce que la Nouvelle-Orléans d'avant le cyclone Katrina de 2005 recelait de magique et de merveilleux.

 

D'ailleurs les titres parlent d'eux mêmes et il suffit de se plonger dans les 5:34 de "Gris-Gris Gumbo Ya Ya" ou les presque 8 minutes de transes nonchalantes du primitif "I Walk On Guilded Splinters" (Coco Robicheaaaaux !!!!) pour se laisser happer par la magie du bon docteur. Un docteur dans le sens "sorcier" bien sûr, de ceux qui ont la main lourde sur les hallucinogènes et vous font voir d'autres mondes. Avec Gris Gris, vous voyagez sur les terres de Papa Legba, le seigneur des crossroads, ou Maman Brigitte et sa troupe de saints dévoyés par les religions animistes africaines ("Mama Roux"). Pourtant, c'est un fait, si Gris Gris sent le souffre c'est avec bonhomie, comme une magie blanche pour des rites plutôt noirs ("Danse Kalinda Ba Doom").

 

C'est cet aspect qui donne à cet album un parfum carnavalesque de Mardi Gras. Dr. John qui n'ignore rien de la musique du vieux carré de la Nouvelle Orléans, mêle avec bonheur les tarentelles et autres airs français d'avant le jazz ("Danse Fambeaux") pour les mélanger au blues et aux rythmes hypnotiques de l'afrique ("Jump Sturdy"). Si l'on ajoute à cela l'usage d'un phrasé qu'il hérite du nom moins excentrique Professor Longhair, et de nombreuses expressions française-cajun qui émaillent ses paroles, on obtient un très curieux album, à la fois langoureux et agité, aérien et très terrien, ou encore enfumé mais déjà consumé. Une musique fatiguée, telle qu'après une longue nuit à veiller et dansant dans le bayou aux côtés des fantômes de petites diablesses à la peau noire, de mulâtres efféminés et de sorcières blanches de la haute société. Un enivrant poison qui contaminera par son ambiance le fameux Exil on Main Street des Rolling Stones et même Spiritualized qui enregistrera un temps avec le Docteur sur l'énorme Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space.

 

Dr. John - Gris Gris (ATCO Records, 1968)


Les oubliés du... blues : Tony Mc Phee et les Groundhogs

Posté par Myosotis le 28.03.08 à 10:23 | tags : blues, rock, youtube, oubliés-de-la-pop
 
Ce n'est pas parce que Mark E. Smith et  The Fall reprennent sur leur nouvel (et excellent) album, un titre des Groundhogs ("Strange Town"), qu'il ne faut pas en parler. Ceux qui aiment et n'aiment pas le blues (Steve Vai joue-t-il du rock ou du blues d'ailleurs) sauront de qui on veut parler rien qu'à les écouter : les Groundhogs sont peut-être l'un des secrets les mieux gardés de la planète blues, l'un de ces groupes légendaires toujours à la limite du supportable et de l'enchanteur qui hantent le circuit depuis maintenant près de 40 ans. Beach Boys du blues pour les uns ou stade ultime du catastrocapitalisme musical selon les autres, les Groundhogs sont un mystère pour le bon goût et la poésie.
 
Si leur chanteur et guitariste en chef, Tony Mc Phee, et son ancienne section rythmique (Ken Pustelnik et Peter Cruishkank) se disputent aujourd'hui le droit de porter le nom du groupe originel, c'est parce que, sur scène, la simple évocation du groupe qui joua avec John Lee Hooker ou Champion Jack Dupree, mais aussi qui ouvrit pour les Rolling Stones (en 1971), suffit à faire entrer la money. Il se raconte même que, depuis leur création en 1963, Tony Mc Phee n'a pas pris un jour de congés, s'assurant concert après concert qu'une majorité d'êtres humains l'ont vu sur scène un jour.
 
Si l'homme a pris un coup de vieux depuis qu'il a récupéré la serpillière qui servait de chevelure à Jay Mascis depuis la séparation des Dinosaur Jr, Mc Phee n'a pas tellement changé depuis leur premier album Scratching the Surface en 1968. Les Groundhogs n'ont cessé d'explorer les possibilités de la guitare électrique et les limites humaines au solo de guitares (de qualité). Bizarremment, c'est leur troisième essai, le bien nommé Blues Oblituary, qui reste aujourd'hui leur disque le plus fréquentable. Sur Light Was The Day, le dernier morceau de 7 minutes et quelques, Mc Phee n'est pas loin d'égaler la virtuosité psychédélique de Jimmy Hendrix. Son slide est monumental, se déployant dans l'espace comme une longue vague (très très longue) d'accords qui vous tombe sur la tronche, fait passer votre surf pour une péniche ailée et prend vite des allures hypnotiques. Heureusement Mc Phee sait aussi chanter et réussit entre Neil Young et... Marillion, à créer de splendides moments de grâce. C'est grâce à ce genre d'enregistrements et à d'autres délires moustachus que les Groundhogs sont devenus au fil des années l'un des groupes pré-progressifs et blues rock les plus célèbres des Iles Britanniques. Ceux qui ne sont pas prêts à franchir le pas du tout expérimental pourront aller faire un (petit) tour du côté de Thank Christ for the Bomb, album concept dont est tiré le "StrangeTown" de The Fall, et qui reste, peut-être leur album le plus accessible. Les chansons sont plus courtes qu'à l'accoutumée et mettent en valeur le jeu de guitares d'un Mc Phee étrangement sobre et peu volubile.
 

Nick Cave balladurien

Posté par 2goldfish le 15.01.08 à 11:37 | tags : rigolo, youtube, vidéos musicales, rock, blues

 

 

 

Nick Cave c'est un peu comme -et j'écris avec toute l'autorité de quelqu'un qui le connait mal- c'est un peu donc comme Edouard Balladur ou Raymond Barre sur la fin. Il a semble-t-il fait une croix sur son ambition d'être l'égal de Bob Dylan/Neil Young/Tom Waits. Oh, les critiques l'aiment bien mais, peut-être parce qu'il lui manque UN album définitif, il semble condamné à occuper un rang un peu inférieur à celui de ces trois-là. Comme Edouard qui ne sera jamais président, donc, il se lâche. Bon, Edouard Balladur qui se lâche, c'est pas génial non plus et c'est surtout très limité mais il est quand même beaucoup plus marrant depuis une dizaine d'années qu'à l'époque de "Je vous demande de vous arrêter". Nick Cave qui se lâche, par contre, ça nous a donné l'excellent Grinderman l'an dernier et maintenant ce clip "Dig, Lazarus, Dig", premier extrait de l'album du même nom sur lequel il retrouve les Bad Seeds. C'est drôle, c'est cool, c'est bon.


Décès d'Ike Turner

Posté par LovelyRita le 13.12.07 à 17:36 | tags : news, blues, rock, cimetière
C'est en Californie, à son domicile, que le musicien Ike Turner est décédé mercredi 12 décembre. Il avait 76 ans, avait été marié à la chanteuse tigresse Tina Turner et s'était vu décerné un chouette titre de la part des historiens de la musique. Son titre "Rocket 88" écrit en 1951 a été qualifié par les grands chercheurs, docteurs et analystes du rock comme le premier titre de l'histoire du rock'n'roll jamais écrit. Un putain d'honneur, même si on admet qu'il y a plusieurs pères du rock'n'roll (Elvis, Chuck Berry, Little Richard...). Grâce à ce "Rocket 88", Ike et son band les Kings of Rythm sont devenus célèbres dans la ville de St Louis et le reste de sa carrière sera surtout lié à une rencontre. Alors qu'il a 16 ans, il fait la connaissance d'une chanteuse, Anna Mae Bullock, qui est en fait la future Tina Turner. Leur rencontre aboutira à la formation du groupe Ike & Tina Turner et à un mariage qui a fait parler de lui et qui a été rompu en 1976. A part "Rocket 88", il faut ajouter d'autres titres à l'oeuvre de Turner : "River Deep", "Mountain High" ou encore "Nutbush City Limits". Plus près des années 2000, on avait vu Ike Turner participer à un album de Gorillaz et remporter en 2007 un Grammy Awards pour son album "Risin’With the Blues".

Vic Chesnutt chez Constellation : Une rose dans le désert

Posté par Maxence le 03.09.07 à 19:00 | tags : rock, blues, folk, label

Franchement, il est des albums qui méritent mieux que ces temps de superficialité et de tendances futiles, North Star Deserter de Vic Chesnutt est de ceux là. Album ample d'une générosité inouïe, North Star Deserter célèbre la rencontre de Vic Chesnutt et des musiciens de Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra and Tra-la-la Band, soit la fine fleur du label Constellation et l'un des meilleurs paroliers de l'americana contemporaine, réunis sous la houlette du réalisateur de film : Jem Cohen. Un réalisateur comme producteur ? Hé oui, les artistes ont parfois besoin de changer de casquette, c'est bien connu. Cohen s'en explique d'ailleurs en ces termes dans le livret de l'album :"J'avais besoin de faire ce disque avec Vic, une personne que je connais depuis plus de 20 ans, un ami dont le travail me touche plus que je ne serais le dire et avec qui j'avais envie de travailler depuis de longues années". Voilà pour la petite histoire, celle de sessions ferventes, enregistrées un certain hiver 2006 à l'Hotel2Tango de Montréal.

Concernant la musique proprement dite, c'est à la fois aussi simple et plus compliqué. Bien sûr il y a la poésie que Vic Chesnutt clame de sa voix cassée de baladin alcoolique (ce qu'il a longtemps été, et qu'il avoue sur son fameux album Drunk), ses métaphores teintées de religion ("Glossolalia"), ses histoires de villes abandonnées, ses constatations désabusées sur la vie, l'amour, le passé, la mémoire et la douleur existentielle. Et puis il y a l'accompagnement du Silver Mt. Zion Memorial Orchestra, tour à tour incandescent, tout de saturation et d'électricité (le mémorable "Everything I Say", "Splendid", le terrible "Debriefing"), intimiste et tout à l'écoute du chanteur ("Warm", "Wallace Stevens", le poignant "Fodder on Her Wings") quand ce n'est pas carrément d'une légèreté ahurissante (l'anthologique "You are Never Alone" accompagné du chœur du Tra-la-la Band). Sur North Star Deserter, les chansons de celles qui vous plaquent contre les murs pour mieux vous faire pleurer ensuite. On y retrouve la rage contenue typique des productions du groupe de Montréal, sans le bruitisme obsessionnel de leurs premiers enregistrements. Les musiciens savent se poser et offrir un espace d'expression au poète américain et s'accorde parfaitement aux ambiances de Chesnutt. North Star Deserter, est bel et bien une rencontre entre deux univers solidaires. Chesnutt comme les piliers de Constellation semblent animés d'idées communes et d'une vision complémentaire, si ce n'est similaire, du monde en général et de l'art en particulier. A bien réfléchir, et pour peu que l'on connaisse un peu leurs œuvres respectives, on se dit que ces artistes ne pouvaient que se rencontrer. C'est aujourd'hui chose faîte et c'est tant mieux !

Vic Chesnutt - North Star Deserter (Constellation/Differ-ant, août 2007)


Albums cultes des géants du bizarre #11 : Captain Beefheart - Trout Mask Replica

Posté par Maxence le 27.08.07 à 19:00 | tags : psychédélique, blues, rock, culte et bizarre

Allez, un album facile pour continuer cette série. Enfin quand je dis "facile", je parle bien sûr du choix évident de cet album culte, cela ne concerne pas sa musique. Car s'il existe des albums cultes et bizarres relativement faciles, le Trout Mask Replica de Captain Beefheart n'en fait assurément pas parti ! C'est le genre de disque dont on lit qu'il est "souvent cité, jamais écouté" (ce n'est pas complètement faux). On le trouve également souvent parmi les Les 1001 disques à avoir pour se la péter grave (j'adore la formule !) mais avant tout c'est un vrai album culte et un sommet du bizarre.

Sur Trout Mask Replica Don Van Vliet, alias Captain Beefheart envoi bouler 50 ans d'histoire du blues et une décennie de rock'n'roll d'un ample mouvement rageur. Dégoûté par la production de son précédent album Safe As Milk et de la censure par A&M de ce qui deviendra Strictly Personnal, il recrute une bande de musiciens amateurs pour s'attaquer frontalement aux canons, selon lui éculés, du rock classique. Pas fou, le "capitaine coeur de boeuf" reprend tout de même Jeff Coton à la guitare et John French à la batterie, deux musiciens qui furent pour beaucoup dans l'élaboration du son du Magic Band, qu'il rebaptise, comme le reste du groupe, des noms d'Antennae Jimmy Semens (Jeff Coton) et Drumbo (John French). Les autres seront The Mascara Snake (basse, clarinette et chant), Rockette Morton (basse et "narration ?") et Zoot Horn Rollo (guitar, flute, "glass finger" ??) Tout au long des sessions à venir, Beefheart n'aura de cesse de prouver qu'il est capable de démanteler la musique. Trout Mask Replica comporte pas moins de 28 titres dont beaucoup ne dépassent pas les 2 minutes. Un collage bruitiste et dadaïste qui doit autant au blues du delta, qu'au free jazz d'Ornette Coleman, d'Albert Ayler et de Cecil Taylor . Beefheart y laisse aller sa voix gutturale à la Howlin' Wolf et ses syllabes explosives sur des morceaux comme "Frownland", "Moonlight on Vermont", "Sweet Sweet Bulbs" ou "Hobo Chang Ba" et exploite à fond l'inventivité débordante de ses textes d'inspiration surréaliste. Même si les lyrics sont souvent obscurs, le son même des mots, leur résonance, leur puissance d'évocation ("Pachuco Cadaver", "She's Too Much For My Mirror") et leur rythme, font tout l'art de Captain Beefheart. Concernant la musique c'est bien simple, chaque instrumentiste se comporte comme un soliste. La basse, la guitare et la batterie jouent souvent plusieurs mélodies en même temps accompagnant tant bien que mal les mélopées de leur leader, qui, il faut le signaler, n'a jamais su écrire la musique et dicte ses décisions en donnant des indications sonores souvent vagues et difficilement compréhensibles. Cela donnera une "cacophonie cohérente", où traînent les fantômes déchiquetés du jazz, du blues, du folk et du hilly billy, barbotant dans une soupe psychédélique bouillonnante et épicée ("Hair Pie: Bake 1", "Bills Corpse", "My Human Gets Me Blues", "Pena", "Wild Life"). Plus qu'un disque, Trout Mask Replica s'avère être un "gumbo" musical, à l'image du plat cajun dans lequel baignent écrevisses, crabes, poissons divers, poulet et parfois même d'autres choses dont il ne vaut mieux pas connaître l'origine.

De fait, l'album a été enregistré sous l'influence de tellement de substances psychoactives différentes que la question n'est pas de savoir s'il est bon où non, mais plutôt "quelqu'un a t'il été blessé durant sa production ?" Blague à part, l'album EST bon ! Ne serait-ce que pour ses morceaux de poésie lo-fi étrange et poignante comme "The Dust Blows Forward 'N The Dust Blows Back", où l'on peut entendre les gémissements du désert en arrière plan, ou encore "Dachau Blues", le blues de "China Pig", "Ant man Bee", le boogie frappadingue de "Veteran's Day Poppy" et bien d'autres encore, cités plus haut. Précurseur des déconstructions post-punk (avant le punk), inspirateur de la scène krautrock allemande, mais aussi de Père Ubu, de The Fall et même de PiL, on retrouve aussi du Trout Mask Replica dans le fameux III de Sebadoh ou le Skellington de Julian Cope, bref, dans tout ce que la musique a produit de culte et bizarre.

Captain Beefheart & his Magic Band - Trout Mask Replica (Straight, 1969)


Les dix commandements du guitariste selon Captain Beefheart

Posté par 2goldfish le 26.06.07 à 15:56 | tags : à lire, rock, blues, rigolo

Non non, ne fuyez pas, je ne vais pas vous parler des leçons de guitare d'Yngwie Malmsteem ni de cheat-codes pour guitar hero mais de véritables conseils utiles proposés par quelqu'un qui sait de quoi il parle : Captain Beefheart. Toute une philosophie de la guitare intelligente, drôle et très juste pour jouer comme Gary Lucas ou Marc Ribot et surtout pas comme Steve Vai.

1. Ecoutez les oiseaux : C'est de là que vient toute la musique. Les oiseaux savent comment ça doit sonner et d'où ce son doit venir. Et regardez les colibris. Ils volent très vite, mais la plupart du temps ils ne vont nulle part.

2. Votre guitare n'est pas vraiment une guitare : Votre guitare est une baguette de sourcier. Utilisez-la pour trouver des esprits dans l'autre monde et les ramener. Une guitare est aussi une canne à pêche. Si vous êtes bons, vous en tirerez un gros.

3. Entrainez-vous devant un buisson* : Attendez que la lune se lève puis sortez, mangez un pain aux graines et jouez de votre guitare devant le buisson. Si le buisson ne remue pas, mangez un autre morceau de pain.

4. Marchez avec le diable : Les vieux joueurs de blues du Delta appelaient leur ampli une "boîte du diable". Et ils avaient raison. Vous devez être un employeur qui ne fait pas de discrimination à l'embauche quand vous ramenez quelqu'un de l'autre côté. L'électricité attire les démons et les diables. Les autres instruments attirent d'autres esprits. Une guitare acoustique attire Casper. Une mandoline attire Wendy. Mais une guitare éléctrique attire Belzébuth.

5. Si vous êtes coupable de pensée, vous êtes viré : Si votre cerveau entre dans le processus, vous êtes en train de passer à côté. Vous devriez jouer comme un type qui se noie, luttant pour atteindre la côte. Si vous pouvez piéger ce sentiment alors vous avez un truc à fourure. (?!)

6. Ne pointez jamais votre guitare vers quelqu'un : Votre instrument a plus de pouvoir que la foudre. Jouez juste un gros accord et courez dehors pour l'entendre. Assurez-vous que vous n'êtes pas dans un espace ouvert.

7. Ayez toujours votre décapsuleur : Vous devez avoir votre décapsuleur avec vous et utilisez-le quand on vous le demande. C'est votre part de l'arrangement. Comme One String Sam. C'était un musicien de rue à Détroit qui jouait d'un instrument qu'il avait fabriqué lui-même. Sa chanson "J'ai besoin de cent dollars" c'est du chou à la crême. Un autre porteur de décapsuleur était Hubert Sumlin, le guitariste de Howlin' Wolf. Il se tient juste là debout comme la statue de la liberté, vous donnant envie de regarder sous sa robe pour voir comment il fait.

8. N'essuyez pas la sueur de votre instrument : Vous avez besoin de cette puanteur dessus. Ensuite vous devez mettre cette puanteur dans votre musique.

9. Gardez votre guitare dans un endroit sombre : Quand vous n'en jouez pas, couvrez votre guitare et gardez-la dans un endroit sombre. Si vous n'en jouez pas pendant plus d'une journée soyez sûr de lui laisser une soucoupe d'eau.

10. Vous devez avoir un capot sur votre moteur : Portez un chapeau quand vous jouez et gardez-le sur votre tête. Un chapeau est une cocotte-minute. Si vous avez un toit sur votre maison l'air chaud ne peut pas s'échapper. Même un haricot de Lima doit être enroulé dans une feuille de papier mouillée pour pousser.

(via Music Thing, qui propose aussi pour les autres une guitare-épée avec des ailes)

* "bush" peut aussi se traduire autrement, vous le savez sans doute.


White Stripes - Icky Thump - la plus courte chronique du monde !

Posté par 2goldfish le 22.06.07 à 12:06 | tags : rigolo, blues, rock

 

 

Les White Stripes sortent un nouvel album, Icky Thump.

Ils jouent de la musique de White Stripes dessus, pas comme sur le précédent.

Plutôt bien.

 

PS : Je l'ai pas encore écouté mais on m'a dit.


La Musique après l'Apocalypse

Posté par 2goldfish le 23.03.07 à 10:32 | tags : news, folk, blues

J'ai une grande sympathie pour la Library Of Congress américaine. Sans elle et le travail d'Alan Lomax dans la première moitié du siècle précédent, on ne saurait rien de Leadbelly, Robert Johnson ou Jelly Roll Morton . Son rôle d'archivage et de préservation a été déterminant dans la popularité du blues et de la folk dans l'entre deux guerre puis dans les sixties. Avec le développement de l'industrie du disque et toutes les facilités d'accès à l'enregistrement qu'on connait aujourd'hui, on pourrait se dire que le rôle de cette bibliothèque est moins déterminant. Il est probable que l'humanité disparaîtra avant tous les enregistrements des Beatles, qui supporteront bien mieux les bombes à neutrons, les hivers nucléaires, les changements climatiques oo le nuage de poussière qui couvrira le soleil après l'impact avec un astéroïde en 2036. Pire, tous les enregistrements de Mariah Carey survivront sans doute eux aussi.

Le rôle de l'archiviste est aujourd'hui de sélectionner les enregistrements suffisamment significatifs par leur qualité et leur historicité pour être inscrit dans un registre auquel les historiens pourraient se référer dans cent ou mille ans. Je veux croire qu'ils prennent suffisament de précautions pour que les civilisations extra-terrestres qui découvriront la planète dévastée dans cinquante ans puissent quand même trouver ces enregistrements en bon état. Il est sans doute plus important de faire une place dans les bunkers pour eux plutôt que pour George W. Bush.

La Library Of Congress vient justement d'annoncer la liste des enregistrements sélectionnés pour l'année 2006. Ces enregistrements, pas nécessairement mais principalement musicaux, doivent avoir au moins dix ans et être "culturellement, esthétiquement ou historiquement signifiants" pour être eligibles. Vous pouvez jeter un oeil à la liste des vingt-cinq sélections qui incluent le Velvet Underground, les Ronettes, Cole Porter et que des bonnes choses en général. C'est pour ça que les critiques l'emporteront toujours sur le public : ce sont eux qui écrivent l'histoire. Vous pouvez proposer des nominations pour 2007 par là, mais ne vous trompez pas : Mariah Carey n'y sera jamais.


Blues Maker

Posté par Flyer le 28.05.06 à 13:13 | tags : rigolo, web, blues

Blues maker
Vous avez le blues du dimanche ? Cliquez sur les petits carrés et donnez lui vie.

La case de l'affreux Thom

Posté par Myosotis le 09.05.06 à 10:47 | tags : web, blues, soul
Jimmy Mac CracklinCe n'est pas parce que le principal animateur de ce blog musical est du Nord, comme moi, que j'ai une affection particulière pour la Case de l'Affreux Thom.
Ce qui compte c'est qu'on peut y écouter des morceaux de blues et de soul qu'on ne trouve pas ailleurs, et que ce que dit l'affreux Thom sur l'histoire du disque, des musiques noires, des labels et des chanteurs est particulièrementjuste et intéressant. Lorsqu'il parle, comme aujourd'hui, d'un type comme Jimmy Mc Cracklin, on croirait qu'il va débarquer dans notre salon et nous jouer un truc.
Pas étonnant que Thom cite Nick Tosches parmi ses écrivains favoris.

Salve musicale no.3 : le best-of de 2Goldfish

Posté par 2goldfish le 13.04.06 à 15:36 | tags : copinage, anniversaire, blues, mp3, pop
Baby Rock"Mes deux chansons à moi", par 2goldfish
Quand Flyer m'a demandé deux chansons pour l'anniversaire de Playlist, j'ai immédiatement foncé vers le magasin le plus proche pour trouver un Cd "Happy Birthday Playlist". Las, il n'y en a que pour les prénoms communs comme Emilie ou Cédric. Que d'heures de rire ironique et décalé avons nous manqué ! A la place, j'ai du me rabattre sur ces deux chansons:

"She's Like Heroin To Me" de Gun Club
Rien que le titre : a-t-on fait mieux pour une chanson d'amour ? Ne choisir que deux chansons, ce n'est franchement pas facile, mais avec celle là seule, j'avais déja tout : le blues, la country, le punk, Dieu, la mort, l'amour. C'est comme un morceau d'Highway 51 revisited joué à vitesse double. La chanson idéale pour fêter son anniversaire au bord d'une falaise.

Gun Club, "She's like Heroin to me"


"Slow Motion" des Flaming Lips
L'une des consignes pour choisir ces chansons (que Myosotis n'a pas du tout respecté, bou-ouh) c'était qu'elles devaient avoir un (je cite) happy feeling. Tout de suite, je me suis demandé "Quelle chanson des Flaming Lips dois-je choisir?". C'est qu'il y a ce truc dans la voix de Wayne Coyne qui a le même effet qu'une pleine poignée de Prozac, le risque de s'étouffer dans son vomi en moins. La musique derrière joue son rôle aussi, et s'en aquitte plus que bien, mais fondamentalement, il y a ce type, capable de nous faire pleurer de joie en chantant qu'on va tous mourir, et ça, c'est mieux que de la drogue, c'est de la magie.

Flaming Lips, "Slow Motion"



Et en dessert, du Tom Waits ?

Posté par Flyer le 04.04.06 à 18:05 | tags : web, blues, mp3
Tom WaitsCalum Marsh, de Mocking Music, vient de lâcher une anecdote rigolote sur les wannabees qui infestent son nouveau magasin de disques préféré (il vient de déménager).
Enfin bref, la vraie news Mp3 du jour, c'est qu'il dresse ensuite un parallèle pas idiot entre Man Man et Tom Waits, avec plein de musiques à l'appui ! Des extraits du dernier Man Man donc, Six Demon Bag, plus 3 titres du vieil oncle Tom, dont les merveilleux "Clap Hands" et "Rain Dogs" tirés de l'album du même nom. 
Une ambiance de cabaret (plongé dans la fumée d'opium, le cabaret) par ce jour de grève générale, ça changera (un peu) du CPE. 

Stray Dog Blues

Posté par 2goldfish le 09.02.06 à 13:27 | tags : people, rigolo, news, blues
malteser2.jpgAttention, grand concours pour gagner une guitare dédicacée du roi du blues, BB King ! Pour gagner, rien de plus simple: il vous suffit de retrouver sa chienne, un bichon maltais de deux ans, perdue il y a dix jours dans Hollywood. La chienne s'appelle Lucille, comme la guitare, à laquelle il avait consacrée une chanson du même nom. Donc si vous trouvez Lucille, vous pourrez gagner Lucille, et jouer Lucille avec.
Bon, OK, vous pourriez rire de cet homme, parce que les Bichons Maltais, c'est quand même pas super masculin, mais il a quatre vingts ans, il est acariâtre, et sachant que la première Lucille tiens son nom de la femme qui avait provoqué un incendie que BB a bravé, au péril de sa vie, pour sauver sa guitare, vous pouvez aussi vous dire que si vous retrouvez la chienne en premier, vous pourriez négocier bien plus qu'une guitare qui vaudra déjà beaucoup sur eBay. Le faire chanter, quoi.

Bjørn Berge se déchaîne à la Défense

Posté par Moonlight Drive le 13.06.05 à 20:43 | tags : live, blues

Bjorn Berge (Archive)Eh oui, j'ai réussi à me trouver une vieille cousine à enterrer ce matin... enfin non, la vérité, c'est qu'ici, écouter du blues un lundi midi, ça fait partie du cahier des charges en quelque sorte... pas besoin d'excuse bidon. Alors c'est tout naturellement que je me suis rendue à la Défense pour écouter Bjørn Berge, le nouveau roi du blues moderne. Avec le soleil à son zénith et l'estomac dans les talons (aiguilles), je me demande si la Défense va réussir à échanger son costard cravate contre le sea, sex and blues... En effet, pour débrailler les cadres sup' de la Défense, il va falloir y mettre un peu du sien... Clope au bec, tee-shirt moulant sur torse large et musclé, Bjørn Berge ne semble pourtant pas très avenant, débutant le set sans même un bonjour. Mais dès le deuxième morceau, ce n'est plus que succession de plaisanteries et de bonne musique, de quoi oublier que l'on est dans l'endroit de Paris le moins bluesy du monde et qu'il est seulement midi trente... Chose que n'oublie pas Bjørn Berge, qui rappelle plusieurs fois qu'il n'est pas dans ses habitudes d'être aussi matinal, un lundi de surcroît... A le voir exceller à toutes les cordes et chauffer son public avec une énergie folle, on croirait plutôt que le génie du Saint Slide fait ça tous les midi. Même si je ne vois personne tomber la chemise après tant d'efforts, les sourires sont sur tous les visages, chacun admirant aussi bien l'agilité et la maîtrise du guitariste que la générosité de Bjørn Berge, qui pourrait jouer des heures devant tous les publics, avec la seule force époustouflante de son blues. La "Bjørn Berge mania" a d'ailleurs commencé dans d'autres pays, puisque, dixit ce bluesman plein d'humour : "En Suède, je suis déjà célèbre pour savoir faire trois choses en même temps : fumer une clope, rester cool, et jouer de la guitare". C'est ça la classe...


La carte du blues selon Bjørn Berge

Posté par Moonlight Drive le 10.06.05 à 19:17 | tags : live, blues

Bjørn BergeEn juin, la Défense se libère avec son festival annuel de jazz, et après cinq jours de fanfares survitaminées, propose un "Jazz à la Carte" détonnant à l'esplanade de la Défense, où je pourrai enfin découvrir en live, le colossal Bjørn Berge et tous ses tatouages, que j'avais loupés au Festival Art Rock, les pouvoirs du badge jaune n'ayant cette fois rien pu faire face à la déferlante d'aficionados de ce guitariste-slide hors pair. Sur disque, la voix éraillée d'excès de clopes, le blues moderne, brut et puissant de Bjørn Berge, m'avaient sacrément donné envie de me remettre à la guitare (ça aussi, c'est un petit miracle en soi), et de maîtriser comme lui le Bottleneck (trop dur, j'ai fini par laisser tomber). Bjørn Berge fait aussi, sur cet album, des reprises étonnantes de Zappa, des RHCP ou de Motorhead, et habite avec une telle force chacune de ses chansons, que l'on a du mal à croire qu'il se la joue en solo, en studio comme sur scène. Alors pour ne pas manquer ce bluesman norvégien novateur et inspiré, trouvez dès maintenant une vieille cousine à enterrer, et prenez le premier métro pour la Défense.

Bjørn Berge en concert à l'esplanade de la Défense, La Défense Jazz Festival, lundi 13 juin à 12h




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