On avait fini par croire qu'il avait trouvé le secret pour tenir la faucheuse à distance. Apparu en 1993 avec un premier album néo-réaliste et haut en couleurs, le chanteur Mano Solo est mort à 46 ans des suites d'une longue maladie (comme on dit - anévrisme apparemment) après avoir été hospitalisé le lendemain d'un dernier concert donné en novembre à l'Olympia.
Célébré en 1995 avec son album Les Années Sombres, Mano Solo était de longue date séropositif et suivait depuis de longues années une trithérapie. Fils du dessinateur Cabu (Cabut de son vrai nom), le jeune homme avait eu une enfance sauvage et libertaire, influencée par le punk, dont il avait ramené une hargne et une colère inénarrables. Il avait réalisé entre 2005 et 2009, cinq albums (et 2 lives) que plus grand monde ne chroniquait et continuait de remplir les salles et de s'engager. Mano Solo avait ses fidèles. Nous n'en étions pas, n'ayant pas prêté une oreille, disons-le, à ce qu'il faisait depuis l'assez chouette Dehors, en 2000. Ca n'empêche pas de trouver qu'il était sympa.... et d'apprécier quelques titres comme ce "Te Souviens-tu" qui sent bon l'ancienne France, le temps où les Garçons Bouchers ne travaillaient pas chez Aldi, où les punks écoutaient Piaf et Fréhel en slips. A son enterrement, on boira de la bière avec les chiens et les accordéons. Les gens de droite et les Bobos ne seront pas invités.
Arnaud Fleurent-Didier a l'oeil acerbe, la mélancolie ravageuse et une capacité à arranger sa vie en sons et en harmonies qui en font un des plus subtils mélodistes français depuis les "scoristes" François De Roubaix ou Michel Legrand. Son chant en flow racé est ici particulièrement à son avantage et cotoye le niveau supérieur de certains titres (géniaux) du précedent album Portrait Du Jeune Homme En Artiste, sorti en 2004, comme le "21ème arrondissement de Paris" ou "Vivre autrement". On pourra dire que tout ceci est un peu vain et précieux (le site du jeune homme met une citation d'Horace en exergue, les références culturelles ne manquent pas, le parisianisme règne), du moins affreusement français, mais il faut reconnaître au mouvement global une vraie détermination et une force remarquable. "France Culture" est un grand et bon titre, franc et qui donne le ton d'un album à la narration très intimiste et quasi confessionnale (ou confessionnelle). Dans le monde de la littérature, Fleurent-Didier serait sans nul doute un bon auteur d'autofiction (s'il y en a), quelqu'un qui réussit à déballer sa vie et à en faire quelque chose d'universel ou, à défaut, de partageable.
La Reproduction, qu'on a déjà pu écouter, est un album ambitieux et intime à la fois, un album qui constitue un véritable tour de force musical mais qui pêche parfois dans revue de détails. Difficile, par exemple, de faire quelque chose d'un morceau qui s'appelle "Rissotto aux courgettes". La pop a des pouvoirs mais pas celui de changer la gastronomie en art. Nous en reparlerons.

Après avoir sciemment incarné la décadence et l'hédonisme haïs des années 70/80 sur son dernier album Sexuality, Sébastien Tellier s'offre un clip épuré et sobre comme un chameau (un comble quand on connaît le goût du bonhomme pour les plaisirs qui se consomment en liquide !) signé Roman Coppola.
Après la mièvrerie assumée de "Roche", l'orgiaque "Kilometer", le futurisme rétro de "Sexual Sportswear" et la bouffonnerie de "Divine", la vidéo de "L'amour et la violence", s'impose comme la conclusion logique d'un album presque entièrement clippé, kitsch à l'excès, gorgé de champagne, croulant sous le strass et les paillettes.
La chanson quant à elle, est de celle qui remet tout l'album dans l'axe de l'émotion et éclaire les choix de son auteur sur un disque faussement superficiel et majoritairement incompris. Poignante, sans chichi ni fioriture, "L'amour et la violence" conclut Sexuality et installe Tellier dans le rôle du producteur vieillissant, sorte d'Eddy Barclay de carnaval, jetant un dernier regard mélancolique sur sa jeunesse. Un rôle bien sûr, juste avant le prochain, mais quel talent !
Pour illustrer cet état, Roman Coppola a choisi la simplicité : un plan fixe du musicien derrière son clavier, une intro minimaliste au piano qui ouvre le bal et laisse s'envoler les machines synthétiques, petits points clignotants dans la pénombre. Capturant de ci, de là, quelques images désuètes. Le tout débordant sur un final cosmique qui dit tout de la beauté véritable - et de la sincérité aussi - de cet album magnifique.
Alors fini Sexuality ? Finis les excès ? Tellier passe à autre chose ? Seul l'avenir nous le dira...
L'artiste connu sous le nom de Sim est mort des suites d'une embolie à 83 ans dans le Sud de la France où il vivait. Humoriste, homme de radio (... les Grosses Têtes dont il était le doyen), acteur (Loulou la Brocante notamment, Pinot, Asterix, Cartouche et des tas d'autres films chouettes), chanteur, oui, chanteur aussi, Simon Berryer, natif des Hautes Pyrénées, élevé en Bretagne, avait beaucoup bossé avec Guy Lux.
Ses deux meilleurs morceaux étaient sans doute cette reprise pas si mal de "Ma Gueule", morceau popularisé par l'icône nationale Johnny Hallyday, et "J'aime pas les Rhodondendrons", enregistré en 1971. Sim était avec Alice Sapritch (R.I.P Alice) l'une des représentations emblématiques des "gueules cassées", de la laideur, qu'il incarna grâce à son faciès démantibulé, à ses grimaces, son physique macriobiotique et des déguisements plus ridicules les uns que les autres, pendant près de 40 années. La France sans Sim, c'est comme... la France sans Sim. Et la musique dans tout ça ? Bah, elle devrait s'en remettre évidemment. Associé à Patrick Topaloff, Sim avait brillé dans sa parodie de Grease sur le single "Où est ma chemise grise ?". On lui devait également le morceau "Pépé Reggae". Il avait eu une grande influence sur la veine "parodique" française (Licence IV notamment, Florent Pagny et Renan Luce). On est vraiment obligés, là ? Oh, rien qu'une dernière fois.... "Pépé Reggae". On en avait marre de la bourrée...
Kaassée !
Contrairement à Tellier qui avait joué la carte du décalage (et du ridicule), Kaas a pris son rôle très au sérieux et aligné une performance solide flairant bon la France de carte postale et le Président Pompidou. Attitudes empruntées à la Môme Piaf, sèche et plantée sur scène immobile, Kaas a sorti sa voix des grands soirs pour un titre d'une sobriété terrifiante : vibratos de PMU, zébrures d'accordéon et émotions saturées soulignées au bazooka par l'interprétation. Son "S'il fallait le faire", sacrificiel et à la démesure brelienne, était sûrement un peu trop sévère et plombant pour l'occasion. La modernité du Norvégien aura fait la différence. Kaas était taillée pour remporter le concours en 1979. Difficile de faire valoir ses droits trente ans plus tard, quand la daube europop, les seins à l'hélium, la guimauve Dion-ique ou la technoworld font la loi.
La pop qui avait fait jadis les beaux jours du concours a quasiment disparu, au profit d'un revival des musiques traditionnelles moulinées moderne par des productions stéréotypées. L'Azerbaïdjan insupporte, la Moldavie fait regretter l'URSS et ses chars, tandis que l'Arménie mêle world et rayons verts du meilleur effet. La Russe abandonnée par Raspoutine dans un fauteuil s'égosille comme à la parade. Les prestations décalées ne sont plus en odeur de sainteté : la compétition est ouverte et tout le monde y croit. Oreilles fragiles s'abstenir. Que retenir de remarquable ici ? La Beyoncé du Bosphore a la paupière Loana qui tombe mais des hanches amoureuses. Un Klaus Nomi suédois déguisé en fille, et probablement coupé dans l'adolescence pour passer les contrôles anti-dopage, une Portugaise flamenquiche plutôt agréable et moderne, un grand clubber grec à la chemise entrouverte réclamant vraisemblablement qu'on lui élargisse le fondement. L'Eurovision a depuis longtemps un côté camp. Il faut voir le candidat américain recruté par l'Allemagne pour le croire : pantalon en alu à facettes, danseuses style cabaret soutenues par Dita Von Teese herself et faux airs de Ricky Iglesias.
Zzzz !! Le mauvais cru 2009
L'Islandaise s'éclate le gosier tandis que des dauphins sont projetés sur un chœur de maquereaux en flanelle débarqués de la Croisière s'amuse. Il faut se farcir les commentaires insipides (une blague minable sur la pizza Regina, nom du très new wave candidat Bosniaque) et assez peu inspirés de Courbet et Hanouna, tandis qu'une patate rousse maltaise fait la Castafiore. Le Danois Brink aligne un "I Want To Believe" qui n'est pas si mauvais vu le contexte. Et puis quoi d'autre ? Coup de fatigue vers 22h30 malgré le spectacle surréaliste donné par l'Albanie : Ariel, la fée de la Tempête, 16 ans s'envoie en l'air avec un Fantômas SM et des gorilles lutins. Qui dit mieux ? Le violoneux norvégien présenté comme un favori est décevant. L'ugly Madonna ukrainienne est si vulgos qu'elle ferait passer l'originale pour Nana Mouskouri. La sélection est aussi mauvaise que sans relief. Moscou s'ennuie et on traverse en zombie la pénible demi-heure qui mène aux votes. Le cru 2009 est un cru ennuyeux et sans grand intérêt : les amateurs de variétés et les cyniques repartent déçus. Pas de groupe métal ou grand guignol pour se fendre la pêche. 2 points. 3 points. 7 points. Kaas ne parvient pas à claquer les gros scores et émarge à chaque fois dans le ventre mou. Karamba ! Encore Raté ! Vivement les Victoires de la Musique ! L'année prochaine, on envoie Carla Bruni ou bien Alain Bashung.
Voir aussi
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A quelques jours de sa dernière grande tournée française (tremblez lensois, nantais, marseillais, montpellierains), baptisée Tour 66 en référence à la mythique route 66 et à son âge, Johnny Hallyday s'entraîne sévère.
Tour 66 est de loin l'événement musical de ce printemps : 200 à 250 personnes sur chaque show, une scène de 2000m2, 70 camions chargés de convoyer plus de 1200 tonnes de matos, 8 écrans géants dont 4 montés sur des robots hi-tech. Avant le démarrage prévu le 8 mai à Saint Etienne, une question subsiste : après l'hélico du Stade De France, il y a 11 ans, de quelle manière Johnny va-t-il choisir de rentrer en scène ? Camus, son producteur et organisateur de spectacles, a parlé d'un Phénix géant mais qui, compte tenu de son envergure, ne pourra être utilisé qu'au Stade de France. Le suspense est donc complet : comment entrer en scène en province lorsqu'on s'appelle Johnny et qu'on est habitué à la surenchère. Comment bon sang ? 5 idées à la volée, piochées à droite à gauche :
1. Lâché par un anus géant : Peu probable que Johnny s'inspire de cette mise en scène inaugurée il y a quelques années dans un épisode de South Park. Un cul géant de 7 mètres en latex posé sur le Zénith de Clermont Ferrand ferait pourtant un effet boeuf. Roulements de tambour et Johnny qui déboule dans son costume marron or et crépitement d'étincelle.
2. Avec un jeu de fumigènes. Tour 66, c'est roots. Return to basics. Une machine à faire de la fumée, c'est rétro mais ça pourrait bluffer les fans de Johnny. Une idée : avec des ampoules de couleur qui éclairent les fumigènes, on peut donner l'impression au public que les fumées sont bleues, rouges, jaunes. C'est classe. Un peu cheap ? Non mais. Avec un budget de 15 millions pour 50 dates et des places entre 49 et 120 euros, il y a de quoi se faire plaisir non ?
3. A dos d'éléphant. Bon, ok, c'est une idée pourrie mais l'éléphant à côté d'un hélico, ça coûte rien en entretien : un peu de fourrage, quelques litres de flotte et un cornac en 24/24H et puis un éléphant qui tape du pied sur "Gabrielle" qui passe sa vie enchaînée d'amour, bah, ça n'a jamais été fait. Question : éléphant d'Asie ou d'Afrique ? Il paraît que l'asiatique est plus intelligent. Préférer l'africain alors, histoire de ne pas faire d'ombre aux artistes.
4. Idée scénar 1: Johnny est dissimulé dans la salle, déguisé en vieillard. Le début du concert se fait sans lui quand soudain on entend chanter. Les fumigènes cherchent d'où ça vient. Le vieillard se lève et merde, c'est pas Johnny, ou plutôt si, le vieillard marche dans la foule et rajeunit à vue d'oeil (on lui projette des images de synthèse sur la gueule façon Brad Pitt dans Benjamin Button). Le vioque chante comme Johnny et fend la foule comme Jésus ouvre la mer Rouge. A la fin, il saute sur un trampoline et rejoint les musiciens sur scène où un autre Johnny en 3D l'attend. On projette des Johnny partout, des jeunes, des vieux, si bien que les spectateurs ne savent plus où donner de la tête. Ça craint ?
5. En Harley, à croucrou avec Christian Audigier, son méga pote de Von Dutch, Naf Naf, Ed Hardy. Ce serait complètement naze mais ça éviterait que pour la 12ème fois, Audigier squatte l'affiche de Zone Interdite, cet été, en organisateur de fête merdique à Honolulu, Los Angeles, ou Saint Bart'. Hallyday et Audigier, ce serait le couronnement d'une belle amitié et un vrai plaisir pour les yeux. Là encore, ça ne coûterait pas très cher. Audigier a allongé 150 000 euros pour que Michael Jackson vienne dire 2 mots à sa soirée anniversaire. Il est à peu près certain qu'il serait prêt à filer un max d'oseille pour se payer une entrée de César avec Jojo.
Comme on est pas rat, on file des albums de Depeche Mode et de Doves à celui qui trouve la bonne entrée. Réponse dans quelques jours...
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On continue sur la lancée des annonces de festivals avec l'éclectique et partisan Jazz Nomades. Rebaptisé en 2005 "La Voix est Libre", cet événement se veut avant tout un "(mani)festival", ce qui est bien la preuve de l'amour des jeux de mots engagement des organisateurs. Mêlant d'un même élan slams, musique, théâtre et littérature, les organisateurs placent l'humain au coeur de la musique et revendiquent clairement la différence entre le statut d'artiste et les industries culturelles.
Ainsi le programme mélange musiciens et penseurs dans les mêmes soirées. Le 12 mai, par exemple, Albert Jacquard viendra présenter Terre d'écueil (lui aussi aime les bons mots la nature) avant que Taoufiq Izeddiou ne se laisse "prendre à l'âme-son" de Ballaké Cissoko. Le 14 mai, Christophe Monniot viendra, lui, interpréter Les Quatres Saisons à l'heure du réchauffement climatique, inspiré par le concerto de Vivaldi, tandis qu'Arthur H fera résonner le Théatre des Bouffes du Nord de son groove grave.
Chaque soirée est basée sur une thématique précise qui donne une cohérence aux artistes bigarrés qui se succéderont sur scène (slam, chant, danse, orchestre instrumental, etc.). Cela donne une soirée "Odyssées" le mardi 12 mai, "Jets d'Encre" le mercredi 13 mai et "Élément-Terre" le jeudi 14 Mai. Des appellations ouvertement symboliques qui laissent penser que les jeux de mots l'écologie et le cosmopolitisme (non ce n'est pas une notion négative) seront à l'honneur de cette 6ème édition.
Pour voir la prog complète c'est sur le site de Jazz Nomades et pour réserver vos places, c'est ici
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Bashung, l'homme tranquille, le rockeur français, le génie des mots s'en est allé emportant dans sa tombe tout le mystère qui pouvait l'entourer. L'artiste se faisait rare à la télé, ses quelques apparitions n'en devenant que plus précieuses. A voir, une sélection de vidéos retraçant la carrière du dernier géant de la chanson française.
En 1969, le jeune Bashung en est à ses débuts, il interprète l'un de ses premiers titres, "Les Romantiques".
En 1985, il chante "SOS Amor" sur le plateau de Champs Elysées. Saxo, funk eighties, claviers et long manteau de cuir pour un Bashung dansant.
Après son premier grand succès, "Vertige de l'amour", il revient en 1991 avec l'album Osez Joséphine. Entre images de séances studio, parties de billard et interview, un reportage pour revenir sur la genèse de cet album.
En 2003, Bashung, 56 ans, 30 ans de carrière derrière lui, fait son grand retour. Huit d'ans d'absence des scènes françaises : extraits de son concert au Bataclan et interview.
En 2007, il s'associe à des artistes de la jeune génération pour la tournée "Les Aventuriers d'un autre monde". On envie Cali, Raphaël ou Jean-Louis Aubert qui partagent le micro avec Bashung.
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posté par Caro Michael Jackson vivant ! La preuve par le...
posté par LovelyRita Sauvons Britney Spears, sauvons le monde
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