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Compositeurs mythiques, virtuoses des "nobles" instuments, retrouvez ici tous les billets consacrés à la musique classique et à ses grandes figures sur Playlist.

Jazz Nomades 2009, le festival qui réfléchit

Posté par Carter le 16.04.09 à 09:39 | tags : news, agenda, classique, chanson française

On continue sur la lancée des annonces de festivals avec l'éclectique et partisan Jazz Nomades. Rebaptisé en 2005 "La Voix est Libre", cet événement se veut avant tout un "(mani)festival", ce qui est bien la preuve de l'amour des jeux de mots engagement des organisateurs. Mêlant d'un même élan slams, musique, théâtre et littérature, les organisateurs placent l'humain au coeur de la musique et revendiquent clairement la différence entre le statut d'artiste et les industries culturelles.


Ainsi le programme mélange musiciens et penseurs dans les mêmes soirées. Le 12 mai, par exemple, Albert Jacquard viendra présenter Terre d'écueil (lui aussi aime les bons mots la nature) avant que Taoufiq Izeddiou ne se laisse "prendre à l'âme-son" de Ballaké Cissoko. Le 14 mai, Christophe Monniot viendra, lui, interpréter Les Quatres Saisons à l'heure du réchauffement climatique, inspiré par le concerto de Vivaldi, tandis qu'Arthur H fera résonner le Théatre des Bouffes du Nord de son groove grave.


Chaque soirée est basée sur une thématique précise qui donne une cohérence aux artistes bigarrés qui se succéderont sur scène (slam, chant, danse, orchestre instrumental, etc.). Cela donne une soirée "Odyssées" le mardi 12 mai, "Jets d'Encre" le mercredi 13 mai et "Élément-Terre" le jeudi 14 Mai. Des appellations ouvertement symboliques qui laissent penser que les jeux de mots l'écologie et le cosmopolitisme (non ce n'est pas une notion négative) seront à l'honneur de cette 6ème édition.


Pour voir la prog complète c'est sur le site de Jazz Nomades et pour réserver vos places, c'est ici

 

Lire aussi
- Les Femmes s'en Mêlent 2009 : la prog à frange
- Le festival Villette Sonique passe Mach 2 en 2009




Les Noces de Figaro reprises par Mystery Guitar Man

Posté par 2goldfish le 02.03.09 à 14:28 | tags : youtube, rigolo, classique, cover
On ne sait pas exactement comment il a fait ça, surtout qu'il prétend ne pas savoir jouer de la guitare, mais celui qui se fait appeler le Mystery Guitar Man s'est très certainement donné du mal pour jouer les Noces de Figaro de Mozart à la guitare.

 

 

 

De deux choses l'une : soit ce type a un logiciel très intéressant qui permet d'associer une image à une note jouée par un fichier MIDI, soit comme il le prétend il a passé un petit millier d'heures à faire ce montage complétement fou. Dans un cas comme dans l'autre, il est un peu fou mais heureusement pour lui, pas assez pour avoir oublié de se masquer avant de lancer sa vidéo virale sur le web. Ce serait tellement dommage pour lui de devenir le nouveau Rick Astley.

 

Lire aussi :
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On the eve of war : Jedi Mind Tricks, le Wu, Tyson et Karl Jenkins

Posté par Myosotis le 03.11.08 à 10:44 | tags : classique, électro, hip hop, youtube


 
Sur la récente et excellente (on y revient) compilation éditée par le Wu Tang Clan, Soundtracks from the Shaolin Temple, figure le remix d'une chanson de Jedi Mind Tricks par le mystérieux "Julio Caesar Chavez" (un boxeur mexicain légendaire) qui mérite à elle seule l'achat de l'album. "On the Eve of War" est l'un de ses titres incroyables dont ne pas parler constituerait une véritable faute professionnelle. Si Jedi Mind Tricks est un bon rappeur, affilié au Wu Tang Clan depuis plusieurs années (il est blanc, du reste, ce qui n'est pas si fréquent), la version originale de son titre, chantée avec GZA, l'un des tauliers du collectif kung fu, ne vaudrait pas tout le bien qu'on en dit si elle n'était transcendée, dans cette version sortie en même temps que l'originale, par l'adjonction fort à propos d'un sample du compositeur gallois Karl Jenkins, tiré de son morceau phare -le plus connu, disons - "Palladio".

Le titre remixé est un hommage et une référence au combat (de boxe) épique qui opposa Caesar Chavez à Meldrick Taylor en mars 1990 pour le titre de champion du monde. Le match est un de ses matchs du siècle qui méritent leur nom puisque les deux hommes (le puncheur américain Taylor et le supertechnicien Chavez) s'opposèrent jusqu'au round final qui connut un rebondissement extraordinaire. Alors que Chavez était mené aux points assez largement, il assaillit son adversaire de coups dans la dernière reprise, amenant l'arbitre, dans une décision controversée, à déclarer son adversaire, coincé dans les cordes, KO à deux secondes de la fin du match. Le texte d'On the Eve of War évoque la pugnacité du rappeur, sa vitesse et sa précision comparée à celle du boxeur. GZA chante avec sa langue rasoir : "There is no escaping once my blade start scraping / my sword indeed make more niggaz bleed / Wanabe of the mc's is shaken / So swift naked eye couldn't record the speed." Sur le clip d'illustration, le montage est fait encore une fois avec beaucoup d'intelligence autour d'images d'un autre champion, plus connu celui-là des profanes, Mike Tyson. Le télescopage du boxeur, du rappeur et du sample de Karl Jenkins est un bonheur pour les yeux et pour les oreilles mais également une belle leçon de choses autour de la virtuosité nécessaire aux meilleures productions hip-hop.

La version de Palladio conduite par Jenkins ne doit pas faire oublier (si elle fait pâle figure par rapport au montage précédent) que ce Gallois de 60 et quelques années a livré quelques pièces incroyables (utilisées pour la plupart dans des publicités) et aussi été l'un des membres fondateurs du collectif Soft Machine. Jenkins a joué et composé pour tous les types de musique, du jazz au prog rock en passant par des orchestres symphoniques et avec un bonheur quasi égal. Ceux qui aiment la musique classique iront écouter son cycle Adiemus, une série d'albums qui place la voix au coeur du dispositif musical, comme si elle était un instrument comme un autre. C'est dit.



Le cercle des reprises improbables #3 : Alarm Will Sound et Aphex Twin

Posté par Myosotis le 29.10.08 à 16:37 | tags : classique, electro, élucubration, youtube

J'aurais pu choisir dans le domaine des reprises classiques de morceaux modernes de parler des travaux du Balanescu Quartet sur le matériel du groupe allemand Kraftwerk. Mais tout le monde connaît ces joyaux par coeur. Cela ne m'aurait pas permis non plus de présenter les virtuoses de l'ensemble classique Alarm Will Sound. Composé d'une vingtaine d'instrumentistes, Alarm Will Sound est un collectif d'origine new-yorkaise qui mélange des musiciens classiques et quelques électroniciens. Ce sont eux sans doute qui ont orienté le groupe vers le travail de Richard D. James et d'Aphex Twin donc, qui donna lieu en 2005 à la sortie d'un album complet de covers. Cette démarche a au moins 2 vertus. La première est, s'il le fallait encore, de donner ses lettres de noblesse à la musique électronique qui, répétons-le, et même/surtout lorsqu'il s'agit de l'electronica la plus avancée, est composée de notes de musiques, de séquences harmoniques, susceptibles d'être couchées sur une partition et interprétées par des ensembles à cordes, des orchestres, des jazzmen, à la guitare ou comme vous voudrez. Oui, Richard D. James est un compositeur de musique, peut-être pas le Mozart de l'electro comme on l'a présenté parfois, mais pas non plus un simple type qui fait chanter les machines en appuyant sur un programmateur.

 

L'interprétation de "Cliffs", l'un de ses morceaux emblématiques, figurant sur l'album Selected Ambient Works, Vol. II, sorti en 1994, semble un véritable casse-tête pour l'ensemble acoustique américain. Richard D. James présente dans cet album une série de morceaux ambient, dont la texture est très difficile à rendre avec des instruments traditionnels, puisque le matériau originel s'est débarrassé des percussions pour ne s'intéresser qu'à des nappes/couches de synthétiseurs. Du coup, "Cliffs" n'est pas rythmé ou scandé. Alarm Will Sound prend le parti intelligent de jouer l'affaire en délicatesse comme s'il s'agissait de musique atonale et de se concentrer sur l'effet produit plutôt que sur le décalque note à note de l'ambiance. Richard D. James disait de son album, composé en synesthésie (en dormant il combine couleurs-nombre et sons), qu'il donnait le sentiment de "se trouver à l'intérieur d'une centrale électrique sous acide". Débrouillez vous avec ça. Alarm Will Sound travaille avec la matière Aphex Twin comme ils l'avaient fait en d'autres occasions avec Steve Reich, Michael Gordon, ou Philip Glass. A l'arrivée, on ne peut s'empêcher toutefois de trouver l'original bien meilleur que son interprétation, ce qui nous amène à notre seconde conclusion du jour : le jeu des reprises démontre que la musique électronique est non seulement de la musique (hé oui) mais une musique qui a sa propre autonomie, sa propre logique, son propre système d'organisation. En gros que le média (le synthé ici) commande en partie la partition. Derrière l'évidence, est battue en brèche cette idée bien enracinée selon laquelle la musique ne serait jamais qu'une partition et rien qu'une partition. Rien n'est plus faux. La musique est une partition POUR un instrument précis, pour un objet avant d'être une partition pour un interprète.

 

Pour en revenir à la sensation laissée par ce "Cliffs", le prodige tient dans la difficulté de rendre par des instruments synthétiques le vertige lié à une sensation 100% naturelle, comme celle de se tenir, debout, face au vent, en surplomb de la mer. Aphex Twin y parvient sans trop de difficultés en montant une boucle hypnotique sur un petit cliquetis reconnaissable qui tient lieu de gimmick mélodique. Du coup, on peut s'amuser à sentir les vents arriver par vagues (le temps est clair, c'est une certitude), à humer l'air du large puis à déporter son regard contre la paroi en prenant garde de ne pas piquer du nez. Les falaises de Richard D. James sont étrangement paisibles et ressemblent à des falaises de contes de fées. Elles sont contemplatives et pas contaminées par des émotions violentes ou romantiques comme dans le "Just Like Heaven" de Cure par exemple, ce qui laisse penser qu'il s'agit bien d'un rêve de falaises plutôt que de vraies et authentiques falaises calcaires.

 




Le métal et la musique classique unis par le marketing

Posté par 2goldfish le 23.09.08 à 15:38 | tags : classique, metal, news, rigolo

Un peu partout dans les journaux et sur le net (j'aurais plein de liens à vous donner, le meilleur, comme souvent, est celui de la BBC), on apprend qu'un chercheur australien aurait découvert via une étude réalisée auprès de milliers et de milliers d'internautes que les fans de musique classique et de hard rock sont des gens également sensibles et fondamentalement pas bien différents les uns des autres. Il aurait aussi découvert que les fans d'indie rock ont une mauvaise image d'eux-même mais se considèrent comme créatifs, que les amateurs de hip hop sont des gens extravertis, que les gens qui écoutent de la country travaillent dur alors que ceux qui écoutent du reggae pas du tout. Bref, il aurait prouvé par l'étude quelques vérités parmi les plus basiques qu'on découvre rapidement en fréquentant des mélomanes de tous bords. La proximité des personnalités des amateurs de classique et de métal semble être la découverte qui surprend le plus puisque c'est celle qui fait les titres de tous les articles sur l'étude . Il faut vraiment n'avoir côtoyé que très peu de métalleux pour croire que ce sont des bêtes humaines satanistes et violentes et pas dans leur majorité des geeks qui apprécient dans la musique la même chose que les amateurs de musique classique pompeuse type Mozart ou Wagner (la technique, le grand spectacle et une certaine idée de l'élitisme).

 

Celà dit, quand on jette un oeil au questionnaire sur lequel l'étude est basée, on est très surpris par la méthodologie. Tout d'abord, n'importe qui peut participer à partir du moment qu'il a trouvé le lien, ce qui nous donne un échantillon représentatif de pas grand chose, à peu près. On y voit notamment toute une série de questions bizarrement tournées sur les relations amoureuses : si vous êtes avec quelqu'un, vous décrivez votre relation, sinon, vous décrivez votre relation avec votre ex et si vous n'avez pas d'ex, vous décrivez le genre de relation que vous souhaitez avoir. Bien sûr, vous ne répondrez pas du tout la même chose si vous parlez de votre ex, de votre future ex ou de la femme de vos rêves mais au final vous cochez les mêmes cases. Et puis un type comme moi qui aime le hip hop, l'indie rock et la country est-il un schizophrène fainéant travailleur timide extraverti ?

Comme toujours, il faut se méfier de ces études qui confirment les stéréotypes les plus éculés avec une méthodologie douteuse dans le but de créer des petites cases pour ranger les cibles d'un plan marketing. C'est vraiment curieux la façon dont ils trouvent toujours des résultats exploitables et faciles à transformer en brève amusante pour journaliste fainéant là où beaucoup d'autres scientifiques ne parviennent qu'à produire des résultats complexes et nuancés avec une approche beaucoup plus rigoureuse.




John Zorn fait son Malin

Posté par Myosotis le 08.11.07 à 15:00 | tags : classique, contemporaine, jazz
 

A 54 ans, John Zorn règne sur le jazz avant-gardiste et multiplie depuis quelques années les enregistrements, solo ou en groupes, les productions, les compositions, les projets sur un rythme qui ne permet plus au suiveur amateur de l'accompagner. Rien qu'en 2007 et avec ce From Silence to Sorcery, le pape du déconstructivisme a dû livrer 4 ou 5 disques qui auraient tous mérité un petit mot et qui, l'un chassant l'autre, ont rendu tout commentaire superflu. Bizarremment et alors qu'il aurait sans doute mieux valu parler du beau Astronome (2006) ou des Six Litanies for Heliogabalus (2007), c'est avec From Silence to Sorcery qu'on se remet à parler de Zorn.

 

Pour ceux qui n'auraient pas suivi les épisodes précédents, Zorn est un multi-instrumentiste (saxophoniste de prédilection) qui s'est attaqué dans sa longue carrière à à peu près tous les genres musicaux. Les seuls points de convergence dans son oeuvre sont à chercher autour de la notion de déconstruction qui lui permet de varier les travaux (jazz, punk, rock, compo de films) et les formes (voix qui tuent, orchestres qui pleurent, guitares saturées, objets en tous genres), sa fascination pour l'occulte (option kabbale) mais aussi une forte imprégnation juive (Zorn est le fondateur du label Tzadik records et son seul vrai directeur artistique). Au milieu de tout cela, trônent des projets comme Masada, cycle d'interprétation de la culture juive qui reste indépassable sur le plan musical, ou la série horrifique (pour les oreilles) des Painkiller, où l'avant-garde touche au supplice génial. From Silence to Sorcery consiste en une introduction en demie-teinte à l'univers incroyablement riche et varié mais peut consituer une porte d'entrée comme une autre vers une découverte plus approfondie de Zorn. Le disque qu'on peut découper en 3 sous-ensembles est entièrement dédié à l'occulte et plus spécialement à la kabbale qui semble obséder les productions solo de Zorn depuis 3 ans, et après l'album Magick notamment. Le premier ensemble appelé "Goetia" (numéroté de I à VIII) est une sorte de caisse de résonnance interprétée au violon solo pour des ensorcellements, des sorts et des formules magiques qui ne viendront pas. On entend sur ces séquences de quelques secondes à quelques minutes, la mise en place d'une ambiance lugubre, entre le vieux film d'horreur et les couloirs sordides traversés par des créatures mi-comiques, mi-effrayantes. Le rythme s'accélère de temps à autre ("Goetia III"), se fait plus solennel parfois ("Goetia IV") comme si une messe noire allait bientôt être célébrée. Rappelons, pour mémoire, que le violon est l'instrument du Diable par excellence et celui dont le cri de cordes est le plus susceptible de faire rappliquer le Malin. Les pièces restent assez en deça de ce qu'a l'habitude de servir Zorn mais ont le mérite d'amener rapidement aux deux plats de résistance que constituent les séquences suivantes. "Gris-Gris", inspirée (d'après ce qu'on peut en comprendre) par le vaudou africain ou d'Haïti, le chamanisme coréen et une scène du Port de l'Angoisse d'Howard Hawks, est une superbe composition interprétée uniquement par des percussions, soit une légion d'une douzaine de tambours. De longs passages quasi-silencieux viennent perturber l'organisation du morceau et créer une atmosphère à la fois envoûtante, confortable et inquiétante. Là encore, "Gris-Gris" est à inscrire dans la veine morne et expérimentale de Zorn et ne donne pas une juste image de son extrême dynamisme habituel. Le dernier ensemble, "Shibbolethis" est plus classique (clavecin, cordes et percussions) et rend hommage, sur fond de Shoah (récurrente chez Zorn) à la poésie de Paul Celan. Il faut évidemment pas mal d'imagination pour filer les liens entre Celan et ce qu'on écoute, mais l'influence biblico-poétique est opérante et suffit à nous projeter dans un Ailleurs qui est visé par ce nouvel opus.

 

C'est bien le talent de Zorn, quels que soient les moyens qu'il emploie pour y parvenir, de nous projeter chaque fois dans un univers sonore nouveau et presque tout le temps déconcertant. Si From Silence to Sorcery n'est (et de loin) pas son travail le plus intéressant, il constitue un jalon supplémentaire dans une oeuvre cohérente, qui vise à établir des liens logiques entre ce qui s'écrit (textes, musiques) et ce qui s'entend. Zorn, en bon kabbaliste, donne à entendre une totalité qui s'adresse à tous les sens et qui, de fait, ne peut pas s'apprécier comme de la seule musique.

 

http://www.tzadik.com




String Quartet Tribute : culte ou hérésie ?

Posté par Myosotis le 10.08.07 à 11:06 | tags : classique, élucubration, rock
 
Au rayon curiosités, l'activisme du String Quartet Tribute, formation majoritairement américaine à géométrie variable dont les oeuvres sont encadrées, produites et distribuées par le label Vitamine Records, reste l'une des grandes énigmes de l'histoire des musiques contemporaines. Le groupe (composé de vrais musiciens classiques, parfois venus des plus grands orchestres de la planète) n'a pas d'existence réelle, ni pignon sur rue, donne quelques concerts mais ne vise pas le succès. Tout juste est-il possible d'identifier la prévalence d'un homme appelé Todd Mark Rubbenstein ( www.tmrpro.com) qui semble apparaître sur la plupart des titres et fait office de coordonnateur secret et sans visage de cette obscure franchise.
Les String Quartet Tribute ont un fond de commerce qui consiste à reprendre en formation classique (cordes, orchestre, quartet,...) les plus grands titres populaires, qu'ils fussent rock, rap, soul, reggae, new wave, hardcore, en consacrant 1 album par artiste, à l'image de cet extrait de Nirvana tiré du très bon String Quartet Tribute to... Nirvana évidemment.
La question qu'on se pose souvent à écouter et à collectionner ces disques (le String Tribute to Morrissey vient de sortir, mais je vous conseille aussi vivement le ST to Joy Division, le ST to The Cure, à pleurer de rire, le ST to The Doors, bien meilleur que l'original, etc) est simple : POURQUOI ? AH QUOI BON ?
 
Les deux attitudes se valent alors même s'il faut bien avouer qu'il est souvent (toujours) extrêmement difficile de ré-écouter plus de 2 ou 3 fois un String Quartet Tribute sans avoir l'air ridicule :
- soit la reprise classique de titres pop, rock, rap (le ST to 2 Pac, est un must-have) permet de mesurer les réelles qualités d'écriture ou de composition d'une chanson. Argument débile s'il en est puisque les instrumentalistes du Quartet s'amusent aussi à jouer avec les mélodies vocales par dessus, ce qui brouille clairement le spectre musical stricto sensu:
- soit cette tentative de reprises est purement absurde, ridicule, misant sur le snobisme des fans ou leur mauvais côté completist;
- 3ème option : chacun fait ce qu'il veut après tout.
Rappelons toutefois quel plaisir on peut tirer de découvrir un nouveau disque ou une nouvelle variation des morceaux de son chanteur ou groupe favori, même s'ils sont mauvais ou inécoutables. L'offre du String Quartet (résumée ici) est infinie : peu importe la raison quand il y a le plaisir.
 



Erik Satie est-il un hippie ?

Posté par 2goldfish le 12.06.07 à 10:05 | tags : classique, électro, psychédélique, rigolo

Loin de moi la prétention de le prouver sans doute possible comme Philippe Labro à travers Johnny Hallyday l'avait fait pour Jésus Christ mais on peut raisonnablement se dire que, fut-il né à peine moins d'un siècle plus tard, le compositeur génial/fou aurait probablement ressemblé à Julien Clerc dans Hair. Son tempérament eccentrique et individualiste l'a à son époque fait tourner le dos à toutes sortes de groupes, certes, mais il aura pour cela d'abord fallu qu'il les rejoigne et puis son tempérament mystique, qui l'ammena à fonder sa propre église (dont il était le seul fidèle) se serait certainement plu dans l'âge d'aquarius et toutes ces conneries. Et si vous pensez que Satie avait trop de classe ou d'intelligence pour mordre au même hameçon que Demis Roussos, pensez juste qu'il n'a jamais connu le LSD.

Ce point de vue se défend en tout cas comme un autre et c'était certainement celui des auteurs du disque déterré par les rois de l'artefact incongru de wfmu : The Electronic Spirit of Erik Satie (Music Mystically Inspired). Le disque, apparement réalisé par une bande de hippies défoncés qui ont mis la main sur beaucoup trop de moyens, parmis lesquelles évidemment un studio (c'est déjà trop), un orchestre et un synthétiseur Moog, consiste en une série de réinterprétations à côté de la plaque de trente-neuf pièces courtes de Satie. Les adjectifs cosmique, mystique et stone ont été inventé pour des choses comme celle là.

Les mp3 sont en fait beaucoup moins rigolos que les notes de la pochettes reproduites largement par wfmu. On a la preuve de la présence de l'esprit de Satie lors de l'enregistrement dans l'amnésie du joueur de Moog. J'aime les hippies.




Ipod vs. Stradivarius

Posté par 2goldfish le 17.04.07 à 10:06 | tags : à lire, classique, ipod

Intéressante expérience menée par le Washington Post : le journal a demandé à Joshua Bell, violoniste virtuose, de jouer de son Stradivarius hors de prix pour ce qui est probablement (avec les rockeurs bordelais) le pire des publics. Bell a en effet donné gracieusement un petit concert aux usagers du métro en route pour le boulot un matin de semaine. Partant de l'idée que des pièces de Bach ou Schubert pouvaient être considérées d'une "beauté objective", le Post a voulu mettre à l'épreuve notre capacité à apprécier la beauté hors de tout contexte. Bien sûr, l'immense majorité du "public" de Joshua Bell l'a simplement ignoré et il n'a pas vraiment été plus populaire que l'accordéoniste alcoolique moyen ne l'est dans nos rues. Les journalistes du Post en tirent un article plutôt intéressant (bien qu'un poil trop long) illustré de plusieurs vidéos, dans lequel ils ruminent sur l'importance de la présentation de l'art et sur la déshumanisation de notre société de robots toujours pressés etc... Vous pouvez allez le lire, je vous attends.

L'article soulève un point tout à fait valable bien qu'un peu éculé, mais passe trop de temps à déplorer la déchéance de l'homme moderne pour voir l'évidence qui leur pend sous le nez. Ils arrêtent un type à la sortie du métro qui est passé devant Bell sans le voir ou l'entendre puisqu'il était en train d'écouter son iPod. Tragédie de la modernité pour le post, tous ces ipod qui nous isolent du monde. Pourtant le type écoutait "Just Like Heaven" de The Cure (coïncidence incroyable qu'ils tombent sur un type qui écoute de la bonne musique !). Evidemment un enregistrement qu'il aurait pu réécouter plus tard ne pèse pas lourd comparé à l'occasion unique qu'il vient de rater. Une occasion unique justement, tout à fait artificielle, qui finalement ne pèse peut-être pas si lourd dans la balance entre une vie de transport en commun autrement parfaitement laide et ces petits moments de beautés qu'un ipod peut mettre quotidiennement dans notre vie. Vaut-il mieux passer à côté d'un seul moment exceptionnel comme celui-ci ou bien garder toute sa vie ses oreilles ouvertes au rugissement du métro juste au cas où un violoniste virtuose passerait par là ?

Ce que le Post refuse de voir, c'est que si nous avons perdu notre capacité à apprécier la beauté, ce n'est pas parce que nous nous activons industrieusement comme des fourmis en permanence mais plutôt par la dévaluation inévitable d'une "beauté" surabondante. Avant même l'avènement de l'interweb, la plupart d'entre nous avait accès à plus de "culture" et de "beauté" qu'aucune génération précédente. Mince, on trouve même des concerts de Joshua Bell au milieu des articles du Post ! Notre véritable problème est peut-être un problème d'information : savoir quoi, où, quand regarder ou écouter dans tout cet art qui envahit notre espace privé. Et savoir quand fermer les yeux et les oreilles. Dans ce contexte, le métro semble le premier endroit où un homme sensé devrait commencer à ignorer le monde qui l'entoure.




Musicora : classic is not dead

Posté par Daveinthehay le 12.03.07 à 15:32 | tags : agenda, classique
Si Bach et Beethov trouvent leurs héritiers les plus glams dans le pop-rock (les Beatles, Pink Floyd), le ou plutôt les courants classiques n'attendent pas après ce legs. Aujourd'hui un John Cage ou un Steve Reich ont plus de poids qu'un Amadeus et que dire de Michael Nyman qui s'est payé le luxe de diriger Damon Albarn. En France, l'Adami présente depuis 10 ans ses révélations, dernière édition ce vendredi 16 mars, 20h30, au Studio-Théâtre de la Comédie Française (99 rue de Rivoli, Paris 1er). L'occasion de plonger également dans le répertoire de 5000 CD exposé durant ce week-end au salon Musicora. De quoi mettre en pratique les quelques connaissances acquises via la petite histoire du classique de Flu...



La voleuse de pianos

Posté par 2goldfish le 07.03.07 à 09:40 | tags : classique, news, rigolo

L'histoire de Joyce Hatto était déjà pleine d'un certain romantisme : pianiste anglaise peu connue, elle fut contrainte d'abandonner les concerts en 1976 par un cancer. Quand elle s'est finalement éteinte l'an dernier, elle était devenue une sorte de légende, une virtuose capable de jouer avec brio un répertoire extrêmement large mais que personne n'avait vu depuis des années. On ne la connaissait que par les CD publiés confidentiellement par son mari. Puis un jour quelqu'un a mis son disque des 12 études transcendentales de Liszt dans son PC et celui-ci l'a bien identifié comme étant les 12 études... mais interprétée par un autre pianiste nommé Lászlo Simon.

Après avoir été contacté, le magazine Gramophone a demandé à un spécialiste de comparer les ondes sonores, ce qui a irréfutablement démontré que "l'enregistrement" de Hatto était un faux, tout comme plusieurs autres identifiés entre temps. Pressé de s'expliquer, le veuf de la pianiste, qui publiait les disques de sa femme sur son label, a après plusieurs jours de déni intenables fini par avouer. Selon lui, sa femme ne se doutait de rien. Elle aurait réalisé des enregistrements inexploitables car ponctués par des grognements de douleur. Il aurait utilisé d'autres enregistrements pour recouvrir les passages inexploitables et permettre à sa femme d'accéder à la reconnaissance qu'elle méritait. Elle même pourtant s'en serait moquée, déclarant après avoir lu une critique élogieuse dans Gramophone (toujours) "Il est trop tard pour tout ça".

Après ça, on est tous trop occupés à sortir nos mouchoirs pour crier au voleur. C'est plutôt une belle histoire, du genre qui pourrait inspiré un film hollywoodien. On vient d'ailleurs d'annoncer un biopic pour Milli Vanilli. C'est aussi totalement invérifiable, d'autant plus que le mari de Joyce Hatto a détruit son stock de CD et refuse d'expliquer clairement quels enregistrements sont effectivement de sa femme. Il n'y en a peut-être aucun. Il n'a cependant jamais fait fortune avec son "arnaque" et le doute dans lequel il nous laisse promet de longues discussions aux mélomanes.




La position magique de Patrick Wolf : onzième

Posté par 2goldfish le 06.03.07 à 10:39 | tags : classique, pop

Tout à le goût de l'excès chez Patrick Wolf, du rouge vif de sa chevelure à... eh bien absolument tout le reste de la pochette de Magic Position (les souliers old-school ! le jean rouge ! le titre de l'album en néon !). Et il en va de même pour sa musique bien sûr, qui refuse de choisir entre pop orchestrale et synthétique. Tour à tour crooner et diva, Wolf se rêve fils d'Aladdin Sane et du 30th Century Man. Il n'y réussit pas trop mal, d'ailleurs, même si à choisir il serait plus vraisemblablement (et pas que pour des raisons biologiques) le rejeton de Kate Bush et Neil Hannon.

Magic Position est l'album où il découvre coïncidemment les joies des accords majeurs de l'appui d'une major. Un soutien qui a sûrement aidé à donner au disque sa dimension épique, avec cordes en abondances, des transitions fluides entre les morceaux et un caméo de Marianne Faithfull qui déclame quelque vers en actrice Shakespearienne sur l'outro du single "bluebells". Wolf est parait-il très ami avec Owen Palett de Final Fantasy et partage avec lui son goût pour un certain classicisme, mais là où le canadien lorgne vers la musique de chambre, lui serait plutôt symphonique. Même les incursions électroniques doivent plus au big beat qu'à l'electronica.

J'imagine déjà les autocollants "Attention, chef d'oeuvre !" qui orneront le disque dans toutes les bonnes FNAC comme dans les mauvaises, et pour une fois on n'aura pas à blamer le marketing : l'artiste lui même aurait-il déclamé ces mots avant "overture", son ambition n'en aurait pas été plus claire. C'est là que le bas blesse pourtant : en se donnant de tels airs d'importance, Magic Position déçoit plus qu'il ne devrait. Si nous avons à faire à un bon disque, il est plutôt du genre qui terminera l'année à la onzième place d'un top ten, surtout quand 2007 commence si fort avec Deerhoof, Dälek et Of Montreal. Le disque n'est jamais meilleurs que sur ces morceaux les plus simplement pop, comme ce "Get Lost" qui évoque les Magnetic Fields de plus d'une façon. On soupçonne que le chef d'oeuvre de Patrick Wolf n'arrivera que quand son auteur ne s'y attendra pas. Reste à espérer qu'il laisse son ambition au vestiaire avant trop longtemps.




Radicalfashion : Electronica impressionniste

Posté par Maxence le 08.02.07 à 18:01 | tags : classique, électro, label, myspace

Hefty Records est vraiment un label étonnant. Peu de structures peuvent se targuer d'une telle ouverture d'esprit. De l'electronica pastorale de Solo Andata, l'electro d'obédience Chicago/Detroit de Plus Device, les balades grésillantes de Telefon Tel Aviv ou le pointillisme de Radicalfashion, le moins que l'on puisse dire est que ce discret label de Chicago cultive un éclectisme de (très) bon goût. Preuve en est une nouvelle fois avec ce Radicalfashion, un projet du japonais Hirohito Ihara. De fait, Ihara n'aurait pas pu trouver un nom qui lui sied plus mal. Ni "radiclal", ni "fashion", ce japonais de formation classique  - comme beaucoup de ses compatriotes - est plutôt un fan avoué de Ravel, et certainement aussi à l'écoute de ce très beau Odori, de l'oeuvre d'Erik Satie. Sur Odori, Hirohito Ihara développe des climats électroacoustiques apaisés, nimbés de mélodies iridescentes et légères comme des bulles de savon. Accompagné du prestigieux compositeur Carl Stone, le japonais réactualise également le minimalisme serein de l'école française qu'il mêle au travail sur les rythmiques obsédantes d'un Steve Reich ou d'un Terry Riley. Si la filiation évidente avec Satie et Ravel prédomine, on doit aussi ce sentiment à la subtile dislocation mélodique et à l'impressionnisme de ses compositions. Sur "Suna", Ihara s'approche des travaux d'un Ryuichi Sakamoto jammant avec Nobukazu Takemura. "Ballet", illustre la rencontre inattendue de Satie et des dernières technologies en matière d'édition musicale, tandis que le bruitisme d'"Usunibi", évoque un paysage fauve uniquement composé de pixels en mouvement. Aussi technique soit-elle, l'electronica de Radicalfashion n'est pas dénué de sensibilité, au contraire. Sa musique elliptique jouant sur l'espace et le vide est même emprunt d'un certain mysticisme. Essayez le, malgré son classicisme, ce disque est unique ! Pour vous en convaincre, n'hésitez pas à vous rendre sur le profil myspace du bonhomme.

Radicalfashion - Odori (Hefty Records/La Baleine)




Les larmes de Bill Conti

Posté par Myosotis le 23.01.07 à 17:22 | tags : classique

 

 

Nos collègues ciné ont dit tout le bien qu'ils pensaient du nouveau Rocky. Pour avoir vu le film ce week-end, il me semble que l'un des ressorts principaux de la nostalgie passe évidemment par cette incroyable musique rythmant les pas et les poings du boxeur de Philadelphie. J'avoue avoir écrasé assez connement une larme seul devant mon PC quand a retenti pour la 1ère fois dans le film le fameux thème de Rocky, mondialement connu et repris, devenu depuis 1976, l'illustration musicale par excellence du dépassement de soi et de l'élan épique. Sans musique, pas de Rocky ? Rocky n'est pas un film de boxe mais un mélodrame musical, l'illustration cinématographique d'une bande son, un vidéo-clip géant ? Voilà des pistes intéressantes.... L'auteur de la BO est un certain Bill Conti, chef d'orchestre précoce, et qu'on tient souvent, pour la "vulgarité" de ses compositions pour un sous-Ennio Morricone. Si l'on y regarde de plus près, on se rend compte que Bill Conti est l'un des compositeurs de BO les plus sous-estimés du marché car l'un des plus efficaces. A la baguette derrière Karaté Kid (la prise de la cigogne, le cultissime thème du laveur de vitres, celui qui a changé Ralph Maccio en star, c'est lui), dans L'Etoffe des Héros, ou sur la série Dynastie, Bill Conti est le maître incontesté de la chanson qui suggère l'élévation du héros. Il ne fait pas bien pleurer, il ne sait pas décrire le repos, l'amour, la tension mais peut évoquer à merveille ce moment crucial où le tâcheron va s'arracher à sa misérable condition pour devenir un prince, un dieu vivant.

Pour ceux que ça intéresse (les autres peuvent se moquer), la meilleure BO de Bill Conti est la BO des Maîtres de l'Univers, film adapté de la fameuse série animée avec le tigre, Adam et Musclor, le maître d'armes et She-Ra. Sur la durée du film, Conti produit une soundtrack merveilleuse, à base de cordes réelles, de claviers, qui est ce qu'on a fait de meilleur depuis Wagner (sans déconner) pour décrire la force d'un super-être en majesté.




Pachelbel est partout

Posté par 2goldfish le 04.01.07 à 17:09 | tags : classique, rigolo, vidéos musicales, youtube
Le canon de Pachelbel fait partie de  ces quelques pièces de musique classique universellement connues, du genre que vous entendrez partout de la fête de la musique, à la garden party de l'Elysée en passant par une pub pour du papier toilette. Une des raisons pour ça est que sa ligne de basse répétitive se prête à des réinterprétations infinies dans tous les styles de musique populaire du vingtième siècle. L'autre raison, c'est que ces quelques notes sont une super recette pour vendre plein de disques.



Glotte'n Roll

Posté par Flyer le 13.11.06 à 11:19 | tags : classique, flu, mozart, sexe en musique, vidéos musicales, youtube
Lundi matin, un message de Mon Missionnaire illumine ma boîte mail.
"Je te mets au défi de connaître cette vidéo ! Elle a été postée y'a une semaine. C'est un enfant de choeur qui chante l'air de la "Reine de la nuit" de Mozart. A voir sa gueule, on a l'impression qu'il galère grave, on a mal pour lui mais en même temps il reste vachement stoïque."




J'ai mal à la gorge rien qu'à le regarder, man. En même temps, il a sûrement une congestion testiculaire parce qu'il prend ça trop bien. J'ai connu une nana qui chantait, et du coup sa bouche était très agile et...
Ps : pour continuer à suivre la discussion de flyer et son Missionnaire, envoie SEXE par sms au 81081, 37€ la minute (la première seconde est gratuite).



Beethoven 3.0

Posté par Flyer le 08.11.06 à 15:51 | tags : beethoven, classique, web
Beethoven Symphonie 3

La "belle" culture passe aussi par le réseau. Voici une merveilleuse appli en flash développé pour le site de Keeping Score, une émission de musique classique de la chaîne américaine PBS. Un joli soft qui vous propose d'entrer dans l'univers historique et musical de la 3e symphonie de Ludwig van Beethoven, l'Héroïque. A gauche, le replacement historique et les références aux campagnes et généraux de Napoleon, qui inspira la fameuse symphonie. A droite, la partition jouée en streaming, et quelques clics qui révèlent, à nos yeux esbaudis, le thème, les clés et les corrections apportées au texte mélodique. Le tout est par ici. Il est intéressant de noter le soin et la minutie apporté à cette réalisation, dont ni le sujet ni le genre n'est en passe d'exploser les baromètres de popularité du Web (ni 1, ni 2, ni 3.0). Soulignons donc deux fois de notre plus beau curseur cet investissement de temps et d'argent pour le plaisir de nos sens seulement.



Edito électro mais pas trop : Trentemoller et Jean-Sebastien Bach

Posté par Flyer le 16.10.06 à 16:16 | tags : classique, édito, électro, flu, news
Actu d'hier et d'aujourd'hui, tandis que Maxence nous effeuille la rentrée (des facs) électronique en trois disques sous le tendre titre de Laptops d'Autnomne, Flu publie un mini-dossier sur Jean-Sebastien Bach, sa vie, son oeuvre, avec du mp3 à déguster sur place.
Trentemoller - The Last ResortQuid de Trentemoller, technoïde nordique qui a décidé de vous balader dans les contrées cauchemardesques de The Last Resort, son premier album sombre, tendu et exquis (pour peu que les ambiances à la Lovecraft soient de votre goût) ?
Comment saluer le bon coup de James Murphy et Tim Goldsworthy, qui avec DFA Remixes Chapter Two ont réussi le pari de tirer un disque dansant et abouti d'un catalogue globalement merdique ?
En direct de l'usine électronique Fabric, nous sommes légèrement en retard mais toujours conquis par le dernier opus de Fabric, mixé par les frères Thiefschwartz. Ils ont des noms étranges, ils sont allemands, mais leur came est bonne.

Côté forum, venez draguer sur le forum des Pipettes (qui ne parle plus trop du disque), élisez vos disques de l'année 2006, le cannabis, avouez que c'est dangeureux (ou pas), sachez ce qu'il faut retenir de l'intégrale de Bach, et le Zune de Microsoft, il vous inpire quoi ?

Bonne semaine sur Flu ! D'ici là, n'oubliez pas que "le progrès est l'oeuvre de gens paresseux qui cherchent un moyen plus facile de faire les choses."



Graph Theory : Violon Dingue

Posté par Flyer le 05.10.06 à 15:06 | tags : classique, geek, rigolo, web, web 2.0
Graph TheoryC'est une expérience pour les internautes multiples à destinations des joueurs de violon ou de violoncelle accros au cyber et à la musique aléatoire. Graph Theory vous permet de naviguer entre 61 boucles de violon(celle), en sautant de l'une à l'autre, et crée en direct, à partir des participations des internautes, une partition à destination de nos amis à cordes, pour qu'ils s'en servent selon leur bon vouloir.
Chaque boucle nous offre à chaque fois trois ou quatre possibilités pour continuer la composition aléatoire, laissant le choix d'accélérer, ralentir, monter ou baisser le ton de la composition. Les participations sont ensuite amalgamées, retraçant le parcours moyen des internautes au sein du site et générant en temps réel pour nos musiciens : la partition pour violon, et celle pour violoncelle.
Au final, ça ne mène pas à grand chose, mais ça laisse intact le plaisir d'aller nulle part en se tenant tous par la main virtuelle.



Une terrible invention : l'étireur de tendons

Posté par Flyer le 29.09.06 à 12:12 | tags : classique, geek, rigolo, web
Doigt StretchJe vous ai sûrement déjà dit à quel point je trouve que le briton de Music Thing est le meilleur blogueur du monde entier de l'infini dans mon coeur. Il dégote toujours des trucs bizarres qui font halluciner rien qu'à les voir. Il y a peu de temps, il est tombé sur cette chose en bois à droite, qui date à peu près du 19e siècle.
C'est un étireur de tendons. Un objet destiné aux pianistes qui désirent assouplir leurs doigts au grand mépris des limites de la bonne fée Nature. On met l'index à droite, le majeur à gauche, puis on étire et on résiste le plus longtemps possible. D'après la légende et ce site, le pianiste romantique Robert Schuman se serait détruit les tendons de la main droite en utilisant une version antérieure de l'objet que vous voyez ici. D'autres disent qu'il s'est détruit la main à la suite d'une opération chirurgicale ratée qui visait à lui étirer le tendon, d'autres encore blament son traitement anti-syphilis.
Doigt boboRemarquez, les pianistes ont bien d'autres exercices barbares pour se faire du mal à la grâce de l'art. Par exemple, posez le petit doigt de votre main directrice bien droit sur une table, puis ramenez le dos de la main vers le bas, jusqu'à ce qu'il soit perpendiculaire avec votre auriculaire bien tendu, puis relâchez le poids de votre main sur l'auriculaire. Oui, c'est désagréable. C'est sensé vous permettre d'avoir une bonne position des mains quand vous jouez. C'est génial. N'empêche que des musiciens comme Duke Ellington et Nat King Cole ne jouaient pas comme ça, leurs mains étaient bien horizontales comme seuls des autodidactes peuvent en avoir.
Bref, si vous voulez quand même risquer de vous étirer les tendons à l'ancienne, sachez que vous pouvez toujours le faire grâce à eBay, sauf que la fée Marketing a transformé l'objet boisé qui fait peur ci-dessus par des petites boules multicolores et sympathiques qui donneront vingt ans d'avance à votre arthrite.



Mozart en rollers

Posté par Flyer le 09.09.06 à 09:09 | tags : classique, mozart, rigolo, vidéos musicales, web, youtube


C'est l'année Mozart, et parfois il ne suffit que de ça pour faire n'importe quoi.
Mais du très joli et très laborieux n'importe quoi !



Musique classique pour tous sur France 2

Posté par Syl le 13.07.06 à 14:34 | tags : agenda, audio, blogs, classique, mp3, télévision
Jean-François ZygelCet été, la chaîne publique à décidé de faire comprendre - et aimer - la musique classique au plus grand nombre. Une noble cause avec pour porte drapeau le pianiste virtuose Jean-François Zygel. Pédagogue hors pair, ce musicien anti-élitiste a entamé sa mission d'initiation musicale à la Mairie du 20e arrondissement de Paris, pour ensuite "Répandre les lumières de la musique classique" sur France Musique avec sa Leçon de musique.
Le voici maintenant au petit écran pour une série de 6 émissions diffusées tout l'été en seconde partie de soirée. La boîte à musique de Jean-François Zygel, dont le premier opus est à voir demain 14 juillet à 23h35 veut réconcilier la "grande musique" avec le grand public. Toujours accompagné d'une guest star de la chanson française, Zygel se mue successivement en chef d'orchestre, en gentil professeur et en présentateur aimable pour nous dresser un panorama à la fois pointu et ludique de l'oeuvre d'un grand compositeur.
La boîte à musique de JF ZygelAu menu du permier épisode : une rencontre virtuelle entre Chopin et Julien Clerc. Chose rare pour une émission de télévision, l'invité n'est pas sur le plateau décoré façon cabaret pour faire sa promo, mais pour discuter tranquillement du parcours d'un musicien illustre. On découvre ainsi que Mr Clerc, quand il ne chante pas "femmmmmmmmes je vous aiiiiiiiiime !" est aussi un sacré connaisseur de classique. A suivre ensuite : l'exploration de la musique de Beethoven en charmante compagnie d'Emilie Simon puis de Bach avec Anaïs.
Beau programme. Espérons que l'audience, qui régit tout à la télé - même sur le service public - sera au rendez-vous.

La boîte à musique de Jean-François Zygel sur France 2, Vendredi 14 Juillet à 23h35 (durée : 1h)



Pianissimi (JOUR 100)

Posté par éèëê le 08.07.06 à 09:29 | tags : classique, électro, live, siestes électroniques
En ce vendredi 7 Juillet, éèëê a cherché un peu de fraîcheur dans l’auditorium Saint Pierre des Cuisines, ou le piano était à l’honneur pour le second concert payant du Festival des Siestes électroniques. Autant le show de Kevin Blechdom and the Spankings avait été exubérant, autant les prestations de Marion Lambert et de Hauschka furent mesurées et intimistes.

La première partie fut emmenée par les mains virevoltantes de Marion Lambert. La jeune concertiste a proposé un petit voyage dans la musique du début du XXe siècle, comme autant de pistes explorées deux générations plus tard par les artistes électroniciens. De Prokofiev aux français Satie, Debussy et Ravel, le concert très impressionniste brillait par sa cohérence et son interprétation. Notons juste que ce choix de morceaux a autant inspiré la musique électronique que le jazz modal de Davis ou les chansons de Wyatt. Qu’importe le flacon tant qu’on a l’ivresse !
Pour actualiser son approche, Marion Lambert a joué une pièce (apparemment improvisée) avec un musicien électronique… où l’expérimentation n’a mené à peu près nulle part. Pas d’émulation, pas de jointure, une succession de plans sonores heurtés, sans logique apparente. Une pianiste engoncée dans des gimmicks un peu trop discrets et un électronicien agité du preset, qui tripatouillait constamment sa matière sans lui laisser d’espace. Une vingtaine de minutes assez décevantes, que le concert d’Hauschka allait gommer avec bonheur.
L’allemand s’est installé à son piano droit préparé - un tas d’objets, hétéroclites mais soigneusement choisis, sont coincés entre les cordes afin d’obtenir des sonorités nouvelles – pour un joli concert de trois quarts d’heure. Si la technique de piano préparé évoque directement John Cage, son inventeur, la musique d’Hauschka avait davantage de connexion avec le répétitisme d’un Steve Reich, la candeur d’un Hausmeister ou le son faussement naïf d’Aphex Twin. Comptines, ragtimes ou morceaux doux et touchant, le point d’orgue du concert fut certainement cette pièce où l’artiste a débarrassé progressivement le piano de ses prothèses sonores. Au terme d’un effeuillage sensuel fut révélée la beauté intrinsèque d’un instrument NU.

Parce qu’il se plie avec le même bonheur à la sophistication et la virtuosité d’une part, la simplicité et le dispositif d’autre part, le piano était la véritable vedette de cette confrontation réussie entre deux approches antithétiques.



Fête de la Musique 2006 : qu'est ce qui se passe ?

Posté par Flyer le 20.06.06 à 13:37 | tags : agenda, arts visuels, classique, fête de la musique, live, rock, soul
Louvre DvorakLe 21 juin, depuis 1982, c'est la Fête de la Musique. Une célébration de la musique et de l'été, l'évènement se tenant pile au solstice, le jour le plus long de l'année, rappellant un peu les fêtes païennes consacrées à la Nature.
Occasion rêvée pour les amateurs de réaliser leurs fantasmes de rock star en herbe, la Fête de la Musique est aussi devenue une célébration du n'importe quoi musical, du live foireux, et du cliché à guitare. Mais parfois, on y tombe sur de si belles perles... où et quand, voilà la question !
Syl et moi allons tenter de vous faciliter la tâche avec notre petite sélection (parisienne, sorry) des concerts prometteurs de cette 25e édition de la Fête de la musique.

Coup de coeur pour moi : l'Orchestre National de France, dirigé par Kurt Masur, interprêtera la sublime Symphonie du Nouveau Monde (Symphonie no.9 en mi mineur) d'Antonin Dvorak, sous de la Pyramide du Louvre, entre 22h30 et 23h30. Le concert sera retransmis en direct sur France Musique (fréquence par ici). Métro : Palais-Royal.

En hommage à Picasso, le Surnatural Orchestra et sa vingtaine de musiciens mêlant jazz et blues, confronteront leurs mélodies aux créations visuelles du musée. Cela se passera en quatre fois, à 19h, 20h, 21h15 et 22h au Musée National Picasso, Hôtel Salé, 5 rue Thorigny. Métro : Chemin Vert, Saint-Paul, Saint-Sebastien-Froissard.

Un septet klezmer, Untchak Attack, déferle sur la Caravane à grands renforts de cuivres festifs, de vents contraires et de vieux tromblons. Faîtes la fête ! C'est à 21h, 35 rue de la Fontaine au Roi. Métro : Goncourt, République.

Plus insolite, le Musée National du Moyen Age propose un florilège de chansons médiévales entre 12h30 et 13h30, au 6 place Paul Painlevé. Métro : Cluny-la-Sorbonne.

Défaites de la MusiqueSans oublier la troisième édition du contre-festoche Jack Languien, les Défaites de la Musique : le festoche punk "contre la mainmise des majors, de l'Etat et autres margoulins sur la production et la diffusion culturelle. Parce que notre musique est à nous, la rue aussi !". Du côté de la place Marc Bloch, de 18h à 1h du mat'.

Les bons plans de Syl :
Il ne faudra pas être en retard sous la nouvelle verrière Est de la Gare du Nord pour participer à la chorale éphémère de 100 voix en l’air. Entre 19h et 19h45, les chœurs seront ouverts à toute personne qui voudra y participer. Prière de ne pas chanter faux. Métro : Gare du Nord.

Sortez le nez de vos bouquins et déchainez vous au son des guitares des quatres filles de Plasticine, suivis par Second Sex (punk rock), Legoparty, Vegomatic, les Hush Puppies (rock garage) et Razorlight (glam rock) sur le gris parvis de la Bibliothèque François Mitterrand. Pour une fois qu’elle ne sonnera pas creux, ça sera de 17h30 à 00h15. Métro : Quai de la gare, Bibliothèque François Mitterrand.

Ambiance Gospel du côté de Bercy Village. Venez purifier vos âmes au son des neuf groupes d’Afro spirituals, nu soul, gospel traditionnel, contemporain ou urbain qui se succèderont, de 20h30 à 00h00 sur la scène du Club Med World. Hallelujah ! Métro : Cour Saint Emilion.



Nabaz'Mob : l'Opéra des 100 lapins

Posté par Myosotis le 05.06.06 à 10:52 | tags : classique, opéra, rigolo, vidéos musicales
Rabbit Party
Le génial compositeur Jean-Jacques Birgé, omniprésent sur les scènes de France, revient avec un opéra moderne mettant en scène des légions de lapins entre classicisme et musique contemporaine. La pièce a été donnée à  plusieurs reprises et s'offre un site assez drôle, sur lequel on trouvera notamment une vidéo très jolie et amusante de cette Rabbit party.
De quoi réconcilier les civets et la recherche musicologique, les chercheurs, les mélomanes et les chasseurs de la Somme. On est loin ici des happenings lapinesques de Chantal Goya, mais plutôt dans l'idée de ramener l'inaccessible à portée de toutes les oreilles.





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