Playlist : blog musique

Fairmont et Gravenhurst à Nordiq Impact fin octobre

Posté par Maxence le 16.10.09 à 12:24 | tags : agenda, électro, rock, egographie
Gravenhurst (à gauche), Fairmont (à droite)

 

Il y a des jours, le journaliste se prend à rêver... Rêver d'un monde meilleur où electro, techno, pop et rock cohabiteraient sans rivalités, ni guerres de clans, mariant le meilleur des deux genres sans tomber dans le cliché (riffs de guitare saturés sur de la techno compressée, électro glitch sans imagination cachée dans les recoins d'une mélodie pop) pour accoucher d'une musique meilleure, authentique, qui nous parlerait vraiment d'aujourd'hui...


Mais cette musique, elle existe non ? Peut-être en effet. Et c'est quand on apprend que des artistes comme Jake Fairley, alias Fairmont, auteur avec Coloured In Memory d'un des plus beaux albums de techno à consonances rock de 2007, et Nick Talbot de Gravenhurst, vont jouer ensemble au sein d'une même manifestation, que l'on se dit - peut-être naïvement - que tout est encore possible. Naïvement car "ensemble" est un bien grand mot. En effet, chacun de ces artistes se produira simplement dans le même festival, en l'occurrence l'excellent Nordiq Impact, qui se tiendra à Caen du 20 au 24 octobre prochain (avec Pierre Henry, Vitalic, Yuksek, Howie B., Erol Alkan, Sebastian Schuller, The Subs, Buraka Som Sistema, Superpitcher, Kevin Saunderson, Nathan Fake, Etienne de Crecy et bien d'autres).


Ce vers quoi je voulais attirer l'attention dans cette notule, c'est qu'en tant qu'auditeur et journaliste, ces deux projets qui semblent pourtant foncièrement opposés, m'ont pourtant toujours semblé très proches. Même romantisme à fleur de peau des deux bonhommes, même accointances avec l'electro pour l'un (Gravenhurst même si très "rock indé" est tout de même signé chez Warp, fer de lance de l'electro intelligente des 90's), avec le rock (surtout psychédélique) pour l'autre (Coloured in Memory se clôt même sur "Time's Fool", une des plus belles ballades psyché-pop de tous les temps).


On se dit alors, qui sait, qu'une telle rencontre initiera peut-être une nouvelle aventure ? Une collaboration ? Ou au moins un sentiment de reconnaissance mutuelle que les deux artistes ne vivront peut-être que dans leur fort intérieur...


Il y a des jours, le journaliste se prend à rêver...

 

 

Fairmont - Time's Fool (sur Coloured in Memory) :

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Gravenhurst - Cities Beneath The Sea (sur Fires In Distant Buildings) :

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Top 10 des artistes qui n'ont servi à rien en 2008

Posté par Definitely Maybe le 10.12.08 à 09:24 | tags : top, egographie

 

On me jeterra des tomates, des oeufs pourris et de la brandade de morue avariée (virtuels - tout du moins j'espère !!) après la publication de ce post. Parce que j'y dresse la liste des nouveaux venus en 2008 qui, selon moi, ne servent à rien... Certes, on pourra avancer des tonnes de contre-arguments passionnés et acharnés, mais cela n'est bien sûr QUE mon avis, et n'engage QUE moi... "Humour, humour, je précise".
 

1) The Virgins. Je vous ferai une confession : j'ai été la première à faire "Ouaowww, mais c'est génial ça c'est quoi ?" à la première écoute de "Rich Girls". Sauf que, après avoir prêté l'oreille à l'album entier, je me suis rendue compte (comme pas mal de personnes je pense) que ce n'était que du sous-Strokes, qu'ils étaient prétentieux et bébêtes en interview, et que c'était typiquement le genre de groupes sur lequel ELLE pouvait faire une double page après que Tania Bruna-Rosso en ait parlé sur Canal +. Bingo.

 

2)Sam Sparro. OK, il est méga beau gosse, l'Australien, mais n'est pas Cut Copy, ni même Calvin Harris qui veut. Même Just Jack chante mieux que lui, et puis trop de synthé tue le synthé. C'est du vu, vu, et revu. Au suivant !


3) Late Of The Pier. Non que je déteste. D'ailleurs, ceci n'est pas un post où je crache ma haine contre des groupes : c'est juste que, bon, ben ça m'a pas transcendé plus que ça, au point que je doute de leur utilité. Late Of The Pier fait partie de cette liste. OK, c'est cool, c'est sympa, et ils sont croquignolets. Mais ils ne sont pas à la hauteur de Foals ni de Friendly Fires. Figurer sur la compil' Kitsuné Maison n'a jamais été synonyme de gage de qualité. Et puis, moi qui ait eu l'occasion de les voir sur scène : bof bof.


4) Black Kids. Grosse incompréhension de l'année. Ils voudraient bien avoir l'air, mais ils n'ont pas l'air du tout. Faut pas jouer aux MGMT, quand on vaut pas un clou...

 

5) Zombie Zombie. Alors par contre, là, coup de haine. Immonde. Inaudible. Pouah. Caca. Zombie Zombie ? Même George Romero n'en voudrait pas en B.O pour un de ses films !

 

6) The Ting Tings. Probablement ceux qui ont le plus de talent dans le lot. Mais tout de même, ils n'ont rien inventé, ces deux-là... Et puis je ne supporte plus de les entendre en fond sonore des magazines de M6... Bon OK, y a peut-être aussi un peu de jalousie vis-à-vis de la plastique parfaite de Katie White. Bref, shut up et laissez-moi continuer.


7) Crystal Castles. Deuxième grosse incompréhension de l'année. Ca ne chante pas, ça gueule, et musicalement c'est assez laid. Ca ne sert à rien, quoi, à part si vous cherchez à vous provoquer des migraines comme ça, pour le plaisir.

8) The Last Shadow Puppets. Et c'est quelqu'un qui adore les Arctic Monkeys (donc, qui n'est pas réfractaire à la voix d'Alex Turner) qui vous le dit. Je ne sais pas, trop de cordes, trop de pathos... Enfin, j'ai dû écouter l'album deux fois, je l'ai remis dans son boîtier cristal et je ne l'ai plus jamais bougé de l'étagère. Ce n'est pas mauvais du tout, en plus les clips sont assez sympas. Juste : était-ce bien nécessaire ? A méditer.


9) Glasvegas. Que dire ? Pas trop, trop mal, mais pas assez solide pour tenir la route. Fait un petit tour et puis s'en va...

 

10) The Courteneers. A mettre dans le même sac que The Enemy, The View, The Twang et consorts. Aucune originalité, rien qui les distingue des autres, bref aussitôt écouté, aussitôt oublié.







Britney Spears / Iggy Pop, même combat

Posté par Maxence le 06.12.08 à 11:06 | tags : egographie, rigolo

Ok, Pete Doherty reste coincé dans l'Eurostar, se tape Kate Moss et s'envoie tout ce qui s'injecte, se sniff et se fume dans les trous de nez et autres orifices. C'est très rock'n'roll il paraît. Ok, Amy Winehouse picole comme un trou et tente de rattraper l'anglais sus-nommé au concours de celui qui plane le plus haut. A croire que c'est un fond de commerce. Reste qu'il y en a une qui bat tout de même des records d'auto-humiliation et d'inconscience dans ce domaine, c'est Britney Spears.

 

Les punk rockeurs vont certainement faire une crise d'urticaire mais permettez moi de faire un rapprochement osé. Et si Britney était la version californienne platine de l'Iguane Iggy ? Pas facile en effet de passer du stade de petite poule blonde adulée des teenagers à celui de quasi-psychotique en voie de se voir refuser la visite de ses propres enfants ! Si l'on observe attentivement la carrière de Britney Spears, force est de constater que dans le domaine du masochisme rock'n'roll, peu de stars actuelles ont été aussi loin. Souvenez-vous de Britney la virgin. Britney je n'y touche pas. Britney jamais avant le mariage et ce, jusqu'à 25 ans. On n'y croyait pas, bien entendu. N'empêche, c'était là son fond de commerce à elle. Et puis soudain c'est la fissure, le pétage de câbles, tous les plombs fondent et la blondinette se retrouve au volant de son Barbie-car cul nu sous sa micro jupe, crâne rasé, assommée de barbie-turique direction l'HP le plus proche ! Peu ont osé de tels extrêmes, même David Crosby des Byrds période héroïne, ou Brian Wilson des Beach Boys, période psychiatrique, n'ont jamais été aussi loin dans l'automutilation en public.

 

On ne voit qu'Iggy Pop, torse poil sur scène, se roulant dans les débris de verre, ou crane rasé, couvert de croix gammées et de crachats, pour sombrer dans un tel océan de haine de soi exhibitionniste. Il faut bien le dire, à côté Winehouse et Doherty font tapettes. On retrouve aussi des points communs dans le "grand retour" de Britney (fade pour beaucoup) et celui de James Newel Osterberg Jr. (Iggy Pop pour les incultes) en pleine descente de méthamphétamine à Los Angeles, soutenu à bout de bras par un David Bowie en pleine période nazi, et également considéré sans saveur à l'époque par une foule de voyeurs auto-proclamé "fans de rock". De là, à en déduire que Britney Spears est notre dernier véritable "rock'n'roll animal" il n'y a qu'un pas. En parlant de celle qui fut un temps la présentatrice du Mickey Mouse Club, c'est tentant en effet, mais osera-t-on le franchir ?




Deezer : Selection automne / hiver 2008 - 2009

Posté par Maxence le 20.11.08 à 14:51 | tags : egographie, électro, punk, rock, techno, web 2.0

Qu'on se le dise, je ne vais jamais sur Deezer, ou presque. J'en ai encore fait l'expérience aujourd'hui en composant cette playlist dédiée à vous mes lecteurs (et les autres de passage), cet outil n'est pas pratique du tout. Changement de page quand on tape "enter", noms de groupes mal orthographiés (allez chercher "Chk Chk Chk" ou " !!! " par exemple), etc. Pourtant, je l'avais déjà dit il y a un an, c'est une alternative agréable au P2P (il y en a d'autres évidemment) et un moyen d'échanger vos coups de cœur musicaux avec ceux que vous aimez et qui sont loin. Ce blabla pour dire que je me suis amusé à recréer ici un mix qui ressemble à ce que je joue (rarement et jamais seul, trop mauvais DJ) en soirée, ou ce que je rêverais de jouer (pour certains titres que je n'ai pas en vinyl). Un constat consternant cependant : pas beaucoup de titres de 2008. En partie la faute à Deezer, en partie la faute à l'âge je crois. Voilà, c'est pour vous, ça commence volcanique, ça continue funky, puis hypnotique et enfin mélancolique. On est en hiver non ? Enjoy !

 




Matias Aguayo : Minimal is dead !

Posté par Maxence le 22.10.08 à 17:01 | tags : egographie, électro, techno, youtube
 

Ce n'est pas moi qui le dis mais le DJ et chanteur Germano-Chilien Matias Agayo, moitié de l'ex - et regretté - duo electro house Closer Musik et actuel Agayo & Rocness. Il le dit d'autant plus haut et fort que son dernier morceau, ironiquement intitulé "Minimal", explose aujourd'hui tous les dancefloors dans une avalanche de battements polyrythmiques et d'invitations à bouger des hanches. Le morceau a eu son heure de gloire cet été et le fait qu'Agayo clame radicalement son dégoût de ce que l'on nomme la "minimal techno" ne semble rien y changer. Cuz that music got no groove / got no balls / no me hace PUMPIN' PUMPIN' PUMPIN' / porque yo quiero bailar / con un ritmo / más nocturno / más profundo / más sensual / ¡BASTA YA DE MINIMAL! (Parce que cette musique n'a pas de groove, pas de couilles, pourquoi ne pas plutôt danser, sur un rythme plus nocturne, plus profond, plus sensuel, ras le bol de la minimal !) voilà en substance le message du garçon.

 

Autant dire que le bonhomme a du se faire de nombreux amis au sein de la scène techno actuelle puisque son coup de gueule en musique a récemment rebondi sur le blog du Gardian. On imagine la tête de Richie Hawtin et de tous les producteurs du collectif M_Nus, sans oublier Ricardo Villalobos, l'ami d'Agayo, qui a su depuis le début développer une musique au groove irrésistible tout en restant minimale. Pour l'anecdote, l'ironie de l'histoire veut que ce morceau ait justement vu le jour durant une jam session entre DJ Koze (qui remixe également le track) et Matias Agayo, autour d'une rythmique d'inspiration latino empruntée à Ricardo Villalobos. L'intéressé goûtera certainement l'analogie. Alors bien sûr, on peut reprocher à la minimal de parfois tourner un peu en rond ; reste que produire une musique pour boîte de striptease comme celle d'Agayo ne fera en tout cas certainement pas avancer la musique de club. Sans compter que réclamer l'avènement d'une musique plus sensuelle en la comparant à la rigueur minimale, c'est un peu comme de demander au punk d'enfiler des portes-jarretelles (Ah ! On me glisse à l'oreillette qu'ils l'ont déjà fait et que cela s'appelait la new wave. Ce n'est pas faux).

Pour finir, une vidéo qui ne bouge pas mais qui en dit long (et une jolie fille aussi) :

 




1968, c'était hier pour moi aussi...

Posté par 2goldfish le 01.05.08 à 15:48 | tags : egographie, funk, pop, vidéos musicales, youtube

Je contemplais l'idée d'honorer l'esprit de 68 en renonçant à tous mes idéaux pour m'installer dans un pavillon avec femme et enfants quand j'ai commencé à réfléchir. On reproche souvent aux baby-boomers d'idéaliser leur jeunesse et d'avoir imposé l'idée dans notre culture des années 60-70 comme pinacle de la musique pop et rock, comme une époque où on aurait tout inventé et qu'on ne ferait que copier aujourd'hui. Le pire c'est qu'ils ont été si convaincaints qu'aujourd'hui on se retrouve avec des groupes comme The Kooks qui jouent une musique résignée à ce soi disant état de fait. Peut-on évaluer l'évolution de la musique populaire depuis quarante ans ? Voilà un petit exercice : depuis 1968 il s'est passé autant de temps qu'il s'est passé autant de temps qu'entre ça...

 

 

(Bertold Brecht qui chante "Die Moritat von Mackie Messer" ou "Mack The Knife" ou "La Complainte de Mackie le Surineur", chanson de son Opéra de Quat'Sous dont la première a été donnée à Berlin en 1928)

et ça..

(Sly & The Family Stone qui jouent "Dance To The Music" et "Higher" a un concours de talents en Ohio)

On en est où aujourd'hui ? 

Dossier Mai 68 sur Flu 




Mai 1968 en mode egographique : joli mois de juin

Posté par Maxence le 01.05.08 à 08:39 | tags : egographie, rigolo

On m'a demandé de faire un post 68. Alors, ok 1968 est un tournant dans l'histoire de la jeunesse du monde entier, tout ça. En France, en Italie, en Espagne, aux Etats-Unis ainsi mais aussi Japon, des bouleversements culturels, sociologiques et politiques sans précédents, ont secoué les pouvoirs en place. La musique quant à elle, ouvre les portes de la perception aidée en cela par de nouvelles substances stupéfiantes, le cinéma s'éclate, la littérature se tape un trip, mais il ne faut pas oublier le plus important ! En cette année de grâce 1968 (en juin !), naissait celui qui laissera une marque indélébile dans l'histoire de la propagande culturelle aussi nommée "journalisme", le fameux Maxence Grugier, votre serviteur donc ! Loué soit son nom et fêté soit l'anniversaire de sa procréation !*

 

 

 

*La semaine prochaine, Maxence Grugier, 8 mois, cul nu dans une bassine sur la table de la cuisine. Stay tuned !

 

Les 40 ans de Mai 68 sur Flu




Detroit - Berlin : L'ultime pélerinage des hommes-machines

Posté par Maxence le 28.04.08 à 15:16 | tags : egographie, électro, techno
 

On a tous une théorie sur la techno de Detroit, cette musique de l'âme humaine communiant avec la machine, celle-là même qui la soutient, l'aide, pourvoit à son confort et la détruit dans un même mouvement. Cette musique dont les racines plongent loin dans le blues, le jazz, mais aussi la musique répétitive et minimaliste américaine et les musiques électroniques européennes. Dans cette optique, l'axe Detroit-Berlin en a fait rêver plus d'un. Et même si ses prophètes ne sont pas originaires de Berlin mais de Düsseldorf, cela commence certainement avec ce refrain, "Wir fahr'n fahr'n fahr'n auf der Autobahn, fahr'n fahr'n fahr'n auf der Autobahn". Une unité de ton se créait donc, fin des années 70 et début des années 80, entre l'Allemagne industrialisée et les Etats-Unis en pleine crise économique. Et cette unité s'incarnait dans l'automobile. D'un bout à l'autre de l'Atlantique, la présence des usines automobiles, des chaînes de montage, des gestes répétitifs, des pistes d'essais de vitesse, annonçaient l'avènement des rythmes machiniques envoûtants de la musique Techno, créant un pont entre l'Europe et le nouveau monde, ainsi qu'un "mood" psychologique et musical particulier, comme le dira Jacqueline Caux dans son fameux reportage sur Detroit et les origines de la Techno, The Cycle of The Mental Machine.

 

L'imaginaire n'a pas fini de se nourrir de cette imagerie largement utilisée par les producteurs et les labels de ces deux pays (remember Eddy Flashin Fowlkes, sur Detroit-Berlin, l'album éponyme paru chez Tresor, mythique label techno berlinois, ou encore Basic Channel/Chain Reaction, célébrant dix ans durant l'union de la techno métronomique allemande et de l'ambiance suburbaine évoquée par cette musique, sans oublier le son à la fois mathématique et emphatique de Richie Hawtin, le Landcruising de Carl Craig qui s'ouvre justement sur un véritable hommage à l'Autobahn des Allemands de Kraftwerk, etc. J'en oublie volontairement tant les exemples sont nombreux). A ce titre, et pour prouver que ses influences sont bien vivaces, même au-delà des frontières de l'amitié américano-allemande (Deutsche Amerikan Freundschaft) The Dash de l'Anglais James Ruskin est emblématique du pèlerinage qu'effectuent encore les producteurs contemporains.

 

A cheval entre techno onirique et paysage electronica, la musique de ce producteur est typique, comme son look ascétique évocateur, d'une certaine décennie techno (celle des 90's). De "Scene" (où Boards of Canada rencontre Jeff Mills) à l'Autechre-like "Torridon Void", en passant par le sombre "Lahaine", les dynamo techno de "Road Trip", "Outlined" et "Your Journey" ou l'ambient de "Glasshoppers" et "Vox", The Dash s'impose comme un archétype à la fois jouissif et inquiétant de de ce que la techno intelligente peut générer d'atmosphères synthétiques et futuristes tout à fait dignes de Detroit, et ce, sur un label berlinois, le mythique Tresor.

 

Mais les producteurs de la capital du Michigan ne sont pas en reste, puisque de son côté, Osborne, aka Todd Osborn, rejeton de Spectral, sous-label de Ghostly International, sort lui aussi un album sous influence Detroit évidente, avec des titres comme "Downtown", "L8", "Ruling" ou "Afrika", sans oublier ce que le genre doit au hip hop tendance technologique "à la Dabrye" ("Our Definition of Breakdown" ou l'electro-pop inspirée par Kraftwerk ("16th Stage"). Le tout sur un album hétérogène et visionnaire ou, encore une fois, les douceurs rêveuses de l'electronica la plus fine côtoient les rythmes martiaux de la Motor City.

 

En Allemagne enfin, c'est cette fois au tour d'un compatriote de rendre hommage au Beach Boys de Düsseldorf (aka Kraftwerk) et Saint-Patrons de la techno des origines, sous la forme d'un mix album drivé de main de maître par la moitié du duo Wighnomy Brothers, Robag Wruhme, sur son propre label Freude am Tanzen. Un pur moment de bonheur, hors du temps et des contraintes du dancefloorisme (comme  c'est souvent le cas chez Wruhme) où Lisa Gerrard de Dead Can Dance rencontre False (aka Matthew Dear), où Trentemoller croise le fer avec Stewart Walker et où Bugge Wesseltoft jamme avec DJ Koze dans un exemple imparable de groove autoroutier pour rouler (ou danser) jusqu'au bout de la nuit sur l'autobahn imaginaire qui relie Detroit à Berlin et retour !




Egographie #5 : Devenir transparent, devenir machine

Posté par Maxence le 28.02.08 à 17:55 | tags : egographie, électro, youtube

 

Je relisais récemment le livre du musicien, critique et essayiste David Toop, "Ocean of Sound, ambient music, mondes imaginaires et voix de l'éther", et il m'est apparu clairement qu'avec la prédominance actuelle des médias électroniques et la virtualisation de l'objet musical, ainsi que la multiplication des endroits dans lesquels nous étions amenés à écouter de la musique, la place du corps, et celle de l'auditeur, avait radicalement changé. La diffusion de plus en plus immatérielle de la musique, l'absence de visage de certains producteurs et DJ, la disparition du "jeu de scène", la distribution et l'échange de fichiers via internet, les lecteurs MP3, le iPod, etc. ont largement remis en cause la place du corps dans une musique qui fut il y a peu, entièrement dévouée au mouvement et aux regroupements.

 

Or, comme le fait remarquer David Toop, quand "l'océan des sons" devient numérique, ses frontières deviennent de plus en plus floues. Le champ de résonance musical mais aussi émotionnel perd ses repères familiers, "la musique n'est plus narrative - et donc forcément structurée - mais devient non-linéaire", selon les mots de l'auteur lui-même, or, l'auditeur attentif ressent fortement ce manque de structure. Il y a parfois une réelle frustration à l'écoute de certains disques. L'auditeur trépigne, hésite entre l'apathie, la concentration d'un long voyage sonore et les mouvements saccadés, les breaks et les bleeps. Il se produit alors une tension intérieure, car l'auditeur est partagé entre deux états : pas entièrement dématérialisé, mais déjà déterritorialisé, il touche aux limites de l'univers physique dans lequel il évolue sans pouvoir s'en échapper complètement. Pourtant c'est certainement ce que recherche l'auditeur en phase d'écoute prolongée : un dépaysement, une détente, une sortie du corps. Comment atteindre cet état de nirvana auditif et physique quand musique ambiante et design sonore se révèlent parfois aussi dérangeantes qu'une visite de centrale nucléaire (comme c'est le cas des œuvres d'Autechre par exemple) ? Nous vivons une époque sur-technologique où "l'envie de transcender le corps est un thème dominant (...)" dirait David Toop, et "les fantasmes de réalités virtuelles et de cyberespace, la science-fiction, expriment les désirs récurrents de quitter la "prison biologique" et de passer du stade humain, à celui de cyborg".

 

La tentative de fusion mentale et physique entre l'auditeur et les musiques électroniques contemporaines - particulièrement l'ambient et ses multiples dérivés (dub, industriel ou electronica) mais aussi la techno minimale, sa consoeur progressive plus psychédélique mais néanmoins mentale, ou encore le dubstep - représenterait donc peut-être une façon de renouer avec la spiritualité dans une société ou la technologie du virtuel semble pousser certaines personnes à devenir eux-mêmes des "machines". Certaines oeuvres électroniques (la techno de Detroit par exemple, Untrue de Burial, 37th Floor At Sunseth de David Toop justement ou encore les travaux les plus abstraits de Richie Hawtin ou Pan Sonic...) semblent réduire les limites entre l'homme et la machine, le temps d'un album ou d'un morceau. Elles permettent l'accomplissement fantasmé d'un accouplement momentané certes, mais efficace, entre l'homme et la technologie. Une fusion mystique en musique, en somme.

 

Qui sait, l'émergence de ces idées annonce peut-être une future "religion du virtuel désincarné", l'une des particularités de notre époque étant l'amalgame entre la spiritualité et l'univers informatique. Et il ne serait pas étonnant que la musique, dont toutes les évolutions se retrouvent à tous les niveaux de notre société, y soit en partie pour quelque chose... A suivre.

 




Palmares 2007 : Une année électro

Posté par Maxence le 30.12.07 à 12:26 | tags : egographie, électro, top

Foin de longs discours, 2007 aura été un grand cru ! Une foule de bons albums, un déluge de mixes et de compilations de qualité, des morceaux emblématiques à la pelle, bref, largement de quoi tenir tout une année et même plus. Vous vous en doutez il n'a pas été facile d'établir un top en se tenant à 10 titres et uniquement 10 (n'est-ce pas môssieur Traske… je rigole !) Si difficile en fait, que le résultat final a même été bousculé en dernière minute et ce n'est pas 1, mais 2 disques de l'année que je me suis permis d'élire ici. Pourtant, nulle véritable surprise dans le fait que, comme beaucoup de mes confrères, je plébiscite l'excellent Sound of Silver de LCD Soundsystem, mais on ne pouvais pourtant décemment passer à côté du magnifique album de techno psychédélique de Fairmont, Coloured in Memory. Vous les retrouvez donc côtes à côtes dans ce top 10. Pour le reste, c'est à l'avenant, l'inoubliable Burial bien sûr, mais aussi notre chouchou Mark E. Smith et ses deux souris martienne, la funky fresh d'International Pony, la minimal (qui fait le maximum) de Gui Boratto, l'electronica très pop d'Apparat (grand oublié des tops, quel dommage pour une album aussi exceptionnel), j'en passe et des bien mieux encore (si, si, c'est possible). Une manière détournée en fait, de vous souhaitez à tous de bonnes fêtes et un passage aussi doux que possible de 2007 à 2008. A l'année prochaine !

 

Albums :

 

1. LCD Soundsystem - Sound of Silver (EMI/Labels) ex aequo avec Fairmont - Coloured In Memory (Border Community/Sokadisc) !
2. International Pony - Mit Dir Sind Wir Vier (Mule Electronic/Nocturne)
3. Fujiya & Miyagi - Transparent Things (Tirk/La Baleine)
4. Gui Boratto - Chromophobia (Kompakt/Nocturne)
4. Ricardo Villalobos - Fizheuer Zieheuer (Playhouse/Nocturne)
5. Burial - Untrue (Hyperdub/Differ-Ant)
6. Von Südenfed - Tromatic Reflexxions (Domino/Pias)
7. Uusitalo - Karhunainen (Huume/La Baleine)
8. Rodion - Romantic Jet Dance (Gomma/Discograph)
9. Apparat - Walls (Shitkatapult/La Baleine)
10.False - 2007 (Minus/La Baleine)

 


Mix & compilations :

 

1. Lo Recordings present Milky Disco (Lo Recordings/La Baleine)
2. Prins Thomas Presents - Cosmo Galactic Prism (Eskimo Records/La Baleine)
3. Radio Slave - Mish Mash vol. 4 (Nocturne/La Baleine)
4. VA After Dark - Italians Do it Better (Italians Do it Better/Import)
5. Dirty Space Disco - s/t (Tigersushi/Discograph)

6. VA M_Nus - Nothing Much + Something More (M_Nus/La Baleine)
7. Jazzanova - Computer Incarnation for World Peace (Sonar Kollektiv/Nocturne)
8. Cadenza Contemporary 01 (Cadenza/Nocturne)
9. Headman - V/A Relish (Relish/Nocturne)
10.V/A - Tirk 01 (Tirk/La Baleine)

 

Morceaux ou single :

 

1. Smith N' Hack "Falling Star"
2. Rub n' Tug "The Main Thing"
3. Manthraxx "I Feel the Love"
4. Aeroplane "Aeroplane"
5. Reverso 68 "Tokyo Disco"
6. LCD Soundsystem] "Someone Great"
7. Bo'tox : "Babylon by Car"
8. Ronny & Renzo "Big smack of flies"
9.The Mungolian Jet Set "It Ain`t Necessarily Evil (A Mung`s Portrayal Of The Traditional Norwegian Suoivean Idjagie Dance)"
10. Fujiya & Miyagi "Ankle Injuries"

 

(tous ces morceaux sont en écoute sur le myspace des artistes cités)

 

Meilleur espoir 2007 :

 

Guillaume & The Coutu Dumonts - Face à l'Est (Risquée Musique/Nocturne)




Egographie #4 : Oops I did it again !

Posté par Maxence le 07.12.07 à 18:11 | tags : egographie

Soyons clair, je suis le rédacteur de la rubrique "Culte et Bizarre", mais je n'ai que mépris pour ceux qui se revendiquent avec arrogance comme les tenants de l'underground et de l'expérimental. Précisons que ce mépris n'est pas dirigé vers les artistes concernés par ces deux catégories, au contraire (et ceux qui me lisent le savent bien) Et pourquoi ? Tout simplement parce que la plupart des musiciens - ou artistes en général - expérimentaux ou d'avant-garde n'avaient même pas la conscience de l'être quand ils agissaient en conséquence. Prenez Pierre Schaeffer, pensez-vous qu'il se considérait comme d'avant-garde ? Certainement pas. Et pourtant, avec la musique concrète, ce Français est à l'origine d'une des théories parmi les plus importantes dans le domaine musical du 20ème siècle, si ce n'est pas LA plus importante. Prenez Chuck Berry ou Lee Perry, Sun Ra ou Jonathan Richman, prenez Joy Division ou The Cure, Afrika Bambaataa ou Grandmaster Flash, pensez-vous qu'ils se vantaient d'être d'avant-garde ? Non, ils se contentaient d'œuvrer dans leur coin à une nouvelle forme d'art, vaguement conscients peut-être de faire quelque chose d'unique, mais ne disposant pas du recul nécessaire pour se rendre compte de la portée révolutionnaire de leur travail.

 

Mon mépris va donc surtout à ceux qui, par ignorance, ou à cause des œillères qui les aveuglent, cataloguent la musique en en prônant uniquement la complexité, l'abstraction, la difficulté, oblitérant par là même une des bases principales de la culture pop, le mélange de la haute culture et de la culture de masse. Ceux-là, sous prétexte d'étaler ce qu'ils pensent être leurs différences, oublient que la simplicité aussi peut-être d'avant-garde. Le blues est une musique simple, bâtie à l'origine sur quelques accords, un instrument et un interprète, parfois anonyme, et ce fut pourtant une musique d'avant-garde. La musique de Giorgio Moroder est tout aussi expérimentale que celle de Sun Ra. La musique des Talking Heads est tout aussi subversive et d'avant-garde, sinon plus, que celle des Ramones. L'univers de Roxy Music aussi riche que celui de Brian Eno en solo. La liste est longue. A la lumière de ces exemples authentifiés par l'histoire, je reste foncièrement persuadé qu'il n'existe nul besoin d'afficher de manière ironique, agressive ou véhémente, une opinion tranchée en musique, l'ouverture et la curiosité suffisent. Cela peut se faire très simplement, sans pour autant confondre, manipulation médiatique et talent, opportunisme et sincérité, produit de consommation et art véritable. C'est ce qui différenciera toujours Britney Spears et Abba: le travail, l'apprentissage, la sincérité (les 4 Suèdois composaient leur musique, eux !) en opposition au marketing, au culte de l'image et à l'avènement de la pop star ultime, celle qui ne fait rien qu'être là pour elle-même.

 

Et à propos de sincérité, le débat qui suivit la publication d'un extrait du live de Daft Punk est exemplaire. Beaucoup, même parmi ceux qui, je le sais, aiment sincèrement la musique, confondent simplicité et populisme, à l'aune de leur sensibilité personnelle. C'est dommage. La musique est avant tout histoire de feeling, de passion, de moment, de contexte aussi. Daft Punk live (que je n'ai jamais eu la chance de voir) doit être aussi impressionnant dans son genre que ce petit bout de femme de PJ Harvey debout seule sur scène avec son batteur, que j'ai eu la chance de voir à Paris en 1991. Et puis dénigrer Daft Punk au profit de Joy Division ou du disco, c'est oublier qu'à une autre époque, l'un comme l'autre furent considérés comme des musiques de merde.

Bref, à notre époque de métissage et de fusion omniprésents, le véritable amateur de musique doit savoir ouvrir son cœur et ses oreilles aux paysages infinis de "la musique", afin que d'avant-garde ou commerciale, expérimentale ou populaire, il ne reste qu'elle. Personnellement c'est ce que j'aime sur Fluctuat, cette ouverture, ses pistes multiples, ses dossiers thématiques variés. Le combat contre l'élitisme, ce n'est pas rien. Et soyez sûr qu'on y reviendra, en exemples et en vidéos. Stay Tuned !




Egographie #3 : Us vs Them, Over and over again

Posté par Maxence le 12.11.07 à 18:02 | tags : egographie

J'ai été surpris la semaine dernière à la lecture que certains avaient du "Losing My Edge" de LCD Sounsystem ! Rappelons tout d'abord qu'il s'agit du premier succès des new yorkais James Murphy and Tim Goldsworthy en 2002. Sur ce titre, le chanteur incarne un maniaque de musique qui exprime tout haut son étonnement, voire même son admiration envieuse et secrète, de la culture musicale de toute une génération de gamins 100 fois plus fondus de musique qu'il ne l'a jamais été, lui qui pourtant "aurait vu le premier concert de Can en 1968" (ce qui évidemment une vanne, James Murphy étant né en 1970 - et non pas en 1967 comme j'ai pu le lire, qui est la date de naissance d'un autre Murphy, guitariste de heavy metal de son état.) Comme je l'écrivais il y a peu dans ma chronique de Sound Of Silver : "Losing my Edge", ne parle que de ça : sa passion dévorante pour la musique et comment les petits jeunes autour de lui, le rattrapent et le poussent, tout à la fois, à aller encore plus loin dans le délire autoréférentiel et l'ironie. Murphy joue bien évidemment un rôle dans cette chanson, même si celle-ci comporte une bonne part d'auto-biographie, il ne parle pas uniquement de lui, mais de tous les disquaires et fanatiques de musique qu'il a connu dans sa vie. Ce n'est pas la chanson d'un donneur de leçons comme j'ai pu le lire. C'est le constat effaré clamé sur le mode humoristique d'un mec de 35 ans, fanatique de musique et persuadé d'être branché, qui découvre qu'il ne fait pas le poids à côté de la nouvelle génération connectée. Celle qui échange indifféremment sur le net le premier album de Liquid Liquid, le nouveau Justice ou la série de singles introuvables d'un obscur groupe disco underground des années 70. "Losing my Edge", c'est un peu le cri du cœur pathétique de Rob, le personnage principal de High Fidelity de Nick Hornby, qui réaliserait à quel point il est largué comparé à cette nouvelle génération de nerds. C'est aussi un hommage à une génération qui l'a faite, auquel LCD Soundsystem doit son succès.

 

 

Pourquoi parler de "Losing My Edge" dans une egographie ? Simplement parce que je me sens inévitablement proche de ce personnage décrit par Murphy. Comme je le disais également : LCD Soundsystem cultive une véritable histoire d'amour avec la musique et avec les passionnés de musique que nous sommes. Faisant partie de la génération qui a galéré pour se construire une identité musicale à coup d'import, de recherches acharnées de collectors, d'inédits et d'impossible 45 tours épuisés, je suis aussi abasourdi que lui, coincé entre les fans de tecktonik affublés de la coupe de cheveux "Ziggy Stardust", les bébés rockeurs qui citent Pacadis et les spécialistes d'electronica mariant dans le même mp3 mix Autechre et Britney Spears. Comment ne pas être désemparé, voir dépassé, devant ce phénomène ? Aujourd'hui, tout est trouvable. Facilement. Un déferlement de musique qui s'accompagne paradoxalement d'une totale ignorance de son histoire, de ses racines, de son sens profond, des combats qu'elle représente parfois, de sa culture. Je parlais la semaine dernière de "culture, d'éducation et de liberté" offertes par l'accès à internet, pourtant, au milieu de cette abondance, c'est surtout l'impression d'être pleinement entré dans l'ère du "tout se vaut" qui prédomine. Et quand tout se vaut, on dirait bien que "tout ne vaut plus rien". Dans ces conditions, le journaliste se sent obligé de faire sens, de passer outre la simple "chronique" pour raconter "l'histoire", de surnager au milieu des courants et des tendances tout en restant fidèle à lui-même. Chaque jour c'est un peu "Us vs them, over and over again". Et passé 30 ans, il y a quelque chose de pathétique et de sinistrement drôle dans ce combat permanent (pourvu qu'on ait le sens de l'autodérision). Sinistre parce que tout de même, la musique est notre passion, c'est important. Pathétique et drôle, parce que finalement cela semble parfois bien superficiel comparé aux vrais combats quotidiens.




Egographie #2 : de la liberté de ton et comment on en use.

Posté par Maxence le 29.10.07 à 17:44 | tags : egographie, rigolo

En lisant le post de 2Goldfish sur Britney Spears et ses déboires avec la drogue, j'ai enfin compris l'acharnement que les fans ont à défendre leurs idoles sur le net.
Si comme je le disais l'autre fois, les goûts musicaux (et esthétiques en général) sont histoire d'éducation, savoir les exprimer est aussi une histoire d'apprentissage de la liberté.

En effet, pour nous c'est évident, la différence entre le net et les autres médias, c'est que sur le net les journalistes, chroniqueurs et autres, peuvent se permettre de dire ce qu'ils pensent et non pas ce que les majors labels et l'industrie du divertissement leur demandent de dire ! Or, finalement les gens sont tellement peu habitués à user de cette liberté, même de la simple liberté de ton ou d'expression, que celle des autres, bien souvent, les dérange plus qu'autre chose.

Pour beaucoup d'entre vous lecteurs de Flu', j'imagine que cette liberté d'expression, est justement ce qui vous fait aimer internet. A contrario, les fans (pour la plupart), utilisent ce média non pas pour exprimer leur avis propre, mais pour défendre un avis déjà prédéterminé par les médias traditionnels.
Cela me rappelle une anecdote : Dans ma ville, une radio associative a lancé un appel d'offre pour créer de nouvelles émissions. Les jeunes étaient appelés à se présenter et à faire des propositions. Résultat, la plupart des candidats souhaitaient passer exactement la même musique que Skyrock, NRJ ou Fun Radio.
Concrètement, on a beau vivre dans une société qui érige la liberté d'expression en droit fondamental, les gens n'ont pas l'habitude d'en profiter. Et la plupart ne voient pas en internet un média libre (du moins, en partie) sur lequel nous pouvons enfin nous exprimer comme bon nous semble.

En gros, si les fans de Britney n'aiment pas voir d'autres personnes exprimer des avis libres sur leur idole, c'est tout simplement parce qu'ils n'appréhendent pas le net comme un vrai média. Pour eux, il ne s'agit toujours, au mieux, que d'un grand supermarché mondial, un lieu de rencontre amicale ou érotique, ou un repaire de bloggeurs adolescents et de sites de potes qui déconnent entre amis et, au pire, un nid de pédophiles et de pirates, comme leur serinent les "old medias" à longueur d'années.

Surtout, ces fans n'ont pas l'habitude de voir s'exprimer des goûts "différents". Comprenez, pas "différents des leurs", mais "différents" tout court !
Le mouton bêlant qui habite chacun de nous se rebiffe quand on lui dit qu'il en est un. Même quand on ne fait que lui suggérer en usant soi-même de la liberté qui nous est due. C'est sûr, la liberté de ton qui règne (ou devrait régner) sur internet, ça les change de la TV ! Voilà pourquoi ils sont également aussi choqués de voir ce qu'ils considèrent comme des "wannabe" journalistes même quand il s'agit de journalistes confirmés (mais qui ne passe pas à la TV eux) se permettrent de descendre leur star favorite en ligne.
Pour ces fans, c'est simple, il y a ce qu'il passe à la radio et à la TV, donc qui est bien, et ce dont ils n'ont jamais entendu parlé, et donc c'est de la merde.
En effet, comment peut-on encore en douter ?
Si c'est passé sur la une, la deux ou Canal +, forcément c'est génial !
Et qui sont ces amateurs de "musiques bizarres" pour dire le contraire ?
Eux qui n'écoutent même pas des artistes connus
(sous entendu médiatisés par les grandes chaînes et stations de radio), donc évidemment des losers sans talent.
A la lecture noire sur blanc de cet argumentaire aussi simpliste soit-il, on peut comprendre en effet que les fans soient choqués.

Au final, plus que Britney ou ses producteurs, managers ou labels, ce sont ses fans et leur manque patent de personnalité, que le chroniqueur touche et pointe du doigt quand il écrit sur elle. Et c'est ça qui fait vraiment mal.




Imagine : Philippe Manoeuvre à la Nouvelle Star

Posté par 2goldfish le 11.10.07 à 18:02 | tags : egographie, news, rigolo, rock, télévision

La rumeur en faisait état depuis longtemps, c'est maintenant confirmé : le jury de l'émission "La Nouvelle Star" d'M6 sera composé cette année de Lio, la chanteuse toujours partante pour un nouveau gimmick (fut-ce Jacques Prévert ou Teki Latex), de Sinclair, l'homme le moins funky de France qui doit être bien content de trouver un boulot et André Manoukian, AKA "l'autre, là" qui était déjà dans l'ancien jury mais qui n'a jamais réussi à s'enregistrer dans mon cerveau (ce que les autres ont fait sans que j'ai jamais eu besoin de regarder l'émission) et que j'oublierai dès la fin de cette phrase. Voilà. Il y aura aussi, et c'est là ce qui nous vaut cette notule, ce bon vieux Philippe Manoeuvre, toujours fidèle à lui même.

OK, un tas de lecteurs innocents de Rock'n'Folk vont crier à la trahison, mais La Nouvelle Star c'est un peu comme un soirée baby-rock au Gibus. Le but c'est de nous faire dévouvrir les jeunes artistes pénibles qui grouillent en France, non ? Et puis il paraît que leurs directeurs de casting approchent même des vrais groupes de rock comme les Four Black Taxis. Ne faites pas comme si ces deux mondes étaient si différents.

Dans mes rêves les plus fous, j'imagine que Manoeuvre perdra définitivement toute crédibilité (même si, selon toute logique, ça aurait du être fait depuis longtemps), que ses lecteurs laissent tomber les armes, cessent de faire semblant de croire qu'Eudeline et Steeve Estatof n'ont rien à voir, qu'ils aillent rouler des pelles aux fans de Julien Doré, que tous les mythes du rock s'effondrent enfin totalement sur eux-même, qu'on ne lise plus nulle part "Kurt Cobain est mort pour...", qu'on cesse de traiter Pete Doherty et Britney Spears si différement, que plus personne n'achète de bouquins étroits d'esprit qui s'appellent "les cents super disques les mieux" ou "l'encyclopédie du rock"n"roll de R à L", que la production de perfectos s'arrête et que plus de deux bons disques de rock sortent cette année.

Vous pouvez dire que je ne suis qu'un rêveur, mais je ne suis pas le seul.




Tsugi : Next Wave

Posté par Maxence le 11.10.07 à 15:59 | tags : copinage, egographie, électro, médias, techno

Un mois et demi seulement après la décision de lancer un nouveau magazine suite à notre échec pour racheter Trax, notre ancien magazine, nous touchons au but. L'aventure est passionante, pas sans risques, mais exhaltante puisque nous sommes maîtres à 100% de ce projet. Oubliées les années d'errance auprès d'éditeurs-aventuriers, dépourvus d'ambition autre que celle de se remplir les poches à moindre coût, cette indépendance est la base de de notre histoire, nous annonçait Patrice Bardot, ex-rédac' chef du magazine Trax, il y a quelques semaines. Le résultat ? 108 pages, un format plus "carré" (presque "4x4 four to the floor" on va dire) un CD sampler, des tonnes de chroniques, une pelleté de signatures, parmi lesquelles de nouvelles têtes et des vieilles connaissances, c'est Tsugi, le nouveau projet "musiques-tendance-électroniques" de l'ancienne équipe de Trax. Si le nom du magazine vous laisse dubitatif (rassurez-vous, vous n'êtes pas seul mais on s'y fait très bien) sachez que cela signifie "Next", "Nouveau", "Prochain" en japonais.

 

Foin de pinaillage étymologique, Tsugi se présente donc comme une suite logique à l'aventure Trax, sans pour autant copier l'ancien magazine phare de la culture electro. Au sommaire (exhaustif) : Miss Kittin & The Hacker "le retour" (logique après leur maxi tueur - et tuant - de l'été), l'idiotisme serein de Modeselektor, un formidable portrait de Tony Wilson (RIP) et l'épopée Factory, également prétexte à une présentation de Control, le film, un dossier Shoegazing in the 00's (par votre serviteur), la scène electro à Cuba, une belle évocation de notre Chloé nationale à l'occasion de la sortie de son excellent album, une enquête sur le business du remix, des interviews de Trentemoller, Swayzak, Boyz Noise et un micro-trottoir Tektonik (si, si). Du côté des nouvelles rubriques, Kill your Television (le titre parle de lui-même), un portfolio carte blanche mensuel offert à un photographe (non ce n'est pas des "pages modes"), un panorama des pistes chez nos amis belges et suisses et surtout, une très belle idée, la rubrique "Inspiration/expiration" qui retrace en une poignée d'albums le parcours d'un artiste. Tout ça au prix de lancement de 5 €. Pour finir, l'avis d'un de nos lecteurs sur le blog Tsugi : "Tsugi déchire, déboite, explose toutes les barrières... !!!", c'est peut-être un peu fort, mais il faut avouer que l'ouverture du mag est certainement son point fort, en plus de nous régaler tous les mois d'une tonne de références, de pistes musicales, de bons mots et de bons conseils. La presse française était en manque de culture électronique (et affiliée) depuis 3 mois, Tsugi vient pallier ce manque flagrant. Alors, souhaitons lui bon vent !

 

Outside a new day is dawning
Outside sububias sprawling everywhere
New york to east california
Theres a new wave coming

Tsugi, le blog du mag (et bientôt, Tsugi le site)

 

A noter que le mag donne une "Fête de soutien" le 24/10 Paris à La Loco, le programme est ici.




Egographie #1 : Du journalisme élitiste et conscient

Posté par Maxence le 29.09.07 à 15:41 | tags : britney spears, copinage, egographie, médias, rigolo
J'ai toujours détesté les étiquettes.

Ce qui est paradoxal puisque comme tout journaliste s'exprimant dans le domaine musical, j'en colle partout. Pourtant, plus que le fait d'écouter certains styles de musique, c'est celui d'écouter LA musique qui me touche, qui compte.

Pour moi, il n'y a pas de différences entre, mettons, Liars et TV On The Radio et Ricardo Villalobos ou Juan Atkins. L'important n'est pas le style de musique ou l'artiste que l'on écoute, mais l'émotion et les sensations que l'on éprouve en l'écoutant.
C'est pour cela qu'au-delà du rock, du funk, du post-punk et du metal, de hip hop ou du dub, de la techno, du disco, du krautrock ou de la pop léchée et surproduite des 70's, je ne perds jamais de vue que j'écoute avant tout de la musique, et rien d'autre.

Evidemment, en temps que critique, cela ne va pas sans mal, car ce genre de philosophie devrait me rendre indulgent envers tous les artistes et tous les "genres" de musique, et par là même, me rendre incapable de critiquer quoi que ce soit.
Je devrais par exemple, comprendre que l'on puisse s'extasier et apprécier sincèrement Céline Dion et Britney Spears, Diam's et Marylin Manson (autrement que dans le cadre d'une étude sociologique je veux dire).
Or, ça ne marche pas.

 

Comprenez moi bien, je ne méprise pas les auditeurs de ces artistes, mais je ne peux m'empêcher de penser que les apprécier prouve une vision faussée de l'art, de la culture et même de la réalité. Traitez-moi de snob si vous voulez.
Pourtant, si je suis mon raisonnement sur l'émotion, je ne devrais pas juger celles éprouvées par les auditeurs de Céline Dion à l'aune de mes propres goûts personnels. Je devrais même soutenir les personnes qui s'adonne à l'écoute de Garou (oui, oui, même lui) ou du dernier album de Yannick Noah.

 

Alors pourquoi n'est-ce pas le cas ?

Parce que malgré l'adage qui dit que "tous les goûts sont dans la nature", les goûts malheureusement, ne viennent pas de nulle part. L'apprentissage du goût, en musique comme à la cantine, est une histoire d'éducation. Et même si tout cela reste subjectif, la subjectivité elle-même est une question de culture.
Si vous avez 4 de moyenne générale au collègue, que vous écrivez uniquement en sms (avec des fautes) et que vous pensez vraiment que Mia Frye et Pop Stars sont les dignes représentants de ce que la civilisation occidentale a fait de mieux à ce jour, et bien il y a des chances que vous aimiez Britney Spears.
Attention, n'y voyez pas une critique de classe ! Il y a des gens extrêmement bien nés, socialement parlant, comme les membres de TTC de Versailles, qui ont certainement eu 4 de moyenne au collège - ou pas - et qui vous soutiendront que Britney est le sommet de l'art occidental. C'est très post-moderne d'aimer Britney aujourd'hui. Quelque part, c'est même très "avant-garde". Rien de mal à aimer Britney donc, mais il y a des chances que vous passiez à côté de bien belles choses dans la vie si vous vous contenter éternellement de la soupe que l'on vous sert à la radio ou à la TV, et je ne parle pas uniquement de musique ici.

Donc je n'aime pas les étiquettes et logiquement cela veut dire que j'aimerais peut-être un jour un titre de Britney, Diam's ou Marylin Manson, comme j'ai aimé Michael Jackson plus jeune.
Mais je ne peux m'empêcher de penser que le type de raisonnement qui nous fait accepter les yeux fermés un type de musique parce qu'on le voit à la TV ou l'entend continuellement à la radio, est le fruit d'une stratégie de nivellement par le bas qui arrange bien des gens (les maisons de disques, le gouvernement, la société de consommation). Appelez ça de la paranoïa conspirationniste à la sauce X-Files, vous avez certainement raison.

Mais qui sait...

Après tout, ceci est mon espace d'expression sur ce blog, je suis ici pour faire découvrir des artistes que l'on a peut souvent l'occasion de voir et d'entendre dans les grands médias. Et tout cela sans étiquette. Ce qui ouvre la porte à tous les sytles de musique, de la plus commerciale à la plus obscure. Mais dites-vous bien que je l'aurais toujours choisi.

Je suis donc un indécrottable snob sans étiquette, élitiste et pédant.
Et pour votre bien à tous, mes amis, je le resterais.






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