L'électro est une musique mutante, pleine de machines, de synthés, de boîtes à bips et de beats à rythme. - Lire aussi : notre petite histoire de l'electronica. En écoutant : la radio electro ! - Consultez le who's who de l'electro sur l'encylo Musique Justice et Stress vont-ils lancer une polémique ?Justice, qui vient de sortir son dernier clip, "Stress", va sans doute lancer une polémique. Changement d'univers visuel radical avec cette vidéo réalisée par Romain Gavras (fils de Costa-Gavras et membre du collectif Kourtrajmé). Le stress est ici représenté par la violence qui motive une bande de jeunes que la caméra suit de près dans ses virées. Le clip, interdit de diffusion à la télé, se place dans la lignée des films La Haine et Orange Mécanique et provoque déjà beaucoup de réactions sur le net : on parle de violence gratuite, de pavé dans la mare, d'acte dénonciateur...
Flu vous fait gagner des places pour la tournée de Justice : concours Justice 1968 : Albums cultes des géants du bizarre #38 : Silver Apples - Silver Apples
Pour preuve, le premier titre "Oscillations", est un véritable manifeste de ce qu'est Silver Apples, soit : un percussionniste au jeu à la fois souple et métronomique, et une batterie d'oscillateurs justement, ces ancêtres de synthétiseurs modulaires composés de multiples "plug-in" à la différence près qu'à l'époque les "patch" et autres "effets" étaient des boîtiers connectés à part sur la machine principale et non pas, dans le programme comme aujourd'hui. Silver Apples c'est l'union improbable de l'esprit hippie, pattes d'eph' et cheveux longs, avec les expériences électroniques et psychédéliques héritées des pionniers de l'electroacoustique comme Morton Subotnick (entre autre), dont le nom du duo s'inspire d'ailleurs pleinement puisqu'il reprend le titre d'une de ses plus fameuses composition : "Silver Apples of The Moon". En 1968, Danny Taylor et Simeon sont donc à l'origine d'une musique inouïe, une electro-pop d'avant l'electro-pop, une série de comptines électroniques bourdonnantes et merveilleusement extra-terrestres, à la fois musique des sphères et transe chamanique pour nomades urbains.
On retrouve chez Silver Apples, l'innocence des pionniers et des grands illuminés. D'ailleurs, l'album sombrera rapidement dans les oubliettes de l'histoire, trop bizarre pour son époque. Mais c'était compter sans les fouineurs de bacs à disques, les infatigables gravediggers, qui exhumèrent les perles qu'était "Velvet Cave", "Dancing Gods", "Dust" et plus tard sur Contact, le deuxième album, "A Pox On You" ou "I Have Known Love". Aujourd'hui, 40 ans après sa parution, Silver Apples est plus que jamais entré dans le patrimoine pop mondial. Cité par les membres d'Animal Collective (dont les comptines hystériques doivent beaucoup au duo) comme une influence majeure, Silver Apples influença également Laïka, Suicide, Spacemen 3, Moonshake, Portishead, Zombie Zombie, Boom Bip, et j'en passe. En 1998, le duo sort de l'ombre, en partie grâce à tous ces groupes, et sort deux albums, Decatur (un long morceau de 42 minutes) et The Garden récemment réédité chez Bully Records, le label du rappeur canadien expérimental Sixtoo. Aujourd'hui le projet continue en solo puisque Dan Taylor est mort en 2005, même si Simeon, toujours vert après un léger accident cardiaque, se fait momentanément accompagner d'un nouvel acolyte en la personne de Xian Hawkins. Papi Simeon collabore avec Sonic Boom sur son projet Spectrum et tourne dans le monde entier (comme on a pu le voir il y a peu à Paris), vérifiant l'adage selon lequel, décidément, c'est dans les vieilles converse qu'on fait les meilleurs soupes.
Silver Apples - Silver Apples (Kapp Records, 1968) Silver Apples sur Youtube Portishead, interview et chronique de ThirdLe nouvel album de Portishead est enfin sorti...Après les rumeurs, les doutes, l'impatience, qu'en est-il de leur retour et de Third ? On peut juste vous dire que les 10/11 ans d'attente en valaient la peine...on a du mal à câcher notre joie. Interview exclusive avec Portishead (Adrian Utley et Geoff Barrow) au saut du lit, chronique de Third, programmation de l'album sur Radio Flu et portrait de Portishead. Portishead sera en concert les 5 et 6 mai au Zénith, et pour vous donner un aperçu, extraits live de "The Rip" et de "Threads" Detroit - Berlin : L'ultime pélerinage des hommes-machines![]() On a tous une théorie sur la techno de Detroit, cette musique de l'âme humaine communiant avec la machine, celle-là même qui la soutient, l'aide, pourvoit à son confort et la détruit dans un même mouvement. Cette musique dont les racines plongent loin dans le blues, le jazz, mais aussi la musique répétitive et minimaliste américaine et les musiques électroniques européennes. Dans cette optique, l'axe Detroit-Berlin en a fait rêver plus d'un. Et même si ses prophètes ne sont pas originaires de Berlin mais de Düsseldorf, cela commence certainement avec ce refrain, "Wir fahr'n fahr'n fahr'n auf der Autobahn, fahr'n fahr'n fahr'n auf der Autobahn". Une unité de ton se créait donc, fin des années 70 et début des années 80, entre l'Allemagne industrialisée et les Etats-Unis en pleine crise économique. Et cette unité s'incarnait dans l'automobile. D'un bout à l'autre de l'Atlantique, la présence des usines automobiles, des chaînes de montage, des gestes répétitifs, des pistes d'essais de vitesse, annonçaient l'avènement des rythmes machiniques envoûtants de la musique Techno, créant un pont entre l'Europe et le nouveau monde, ainsi qu'un "mood" psychologique et musical particulier, comme le dira Jacqueline Caux dans son fameux reportage sur Detroit et les origines de la Techno, The Cycle of The Mental Machine.
L'imaginaire n'a pas fini de se nourrir de cette imagerie largement utilisée par les producteurs et les labels de ces deux pays (remember Eddy Flashin Fowlkes, sur Detroit-Berlin, l'album éponyme paru chez Tresor, mythique label techno berlinois, ou encore Basic Channel/Chain Reaction, célébrant dix ans durant l'union de la techno métronomique allemande et de l'ambiance suburbaine évoquée par cette musique, sans oublier le son à la fois mathématique et emphatique de Richie Hawtin, le Landcruising de Carl Craig qui s'ouvre justement sur un véritable hommage à l'Autobahn des Allemands de Kraftwerk, etc. J'en oublie volontairement tant les exemples sont nombreux). A ce titre, et pour prouver que ses influences sont bien vivaces, même au-delà des frontières de l'amitié américano-allemande (Deutsche Amerikan Freundschaft) The Dash de l'Anglais James Ruskin est emblématique du pèlerinage qu'effectuent encore les producteurs contemporains.
Mais les producteurs de la capital du Michigan ne sont pas en reste, puisque de son côté, Osborne, aka Todd Osborn, rejeton de Spectral, sous-label de Ghostly International, sort lui aussi un album sous influence Detroit évidente, avec des titres comme "Downtown", "L8", "Ruling" ou "Afrika", sans oublier ce que le genre doit au hip hop tendance technologique "à la Dabrye" ("Our Definition of Breakdown" ou l'electro-pop inspirée par Kraftwerk ("16th Stage"). Le tout sur un album hétérogène et visionnaire ou, encore une fois, les douceurs rêveuses de l'electronica la plus fine côtoient les rythmes martiaux de la Motor City.
En Allemagne enfin, c'est cette fois au tour d'un compatriote de rendre hommage au Beach Boys de Düsseldorf (aka Kraftwerk) et Saint-Patrons de la techno des origines, sous la forme d'un mix album drivé de main de maître par la moitié du duo Wighnomy Brothers, Robag Wruhme, sur son propre label Freude am Tanzen. Un pur moment de bonheur, hors du temps et des contraintes du dancefloorisme (comme c'est souvent le cas chez Wruhme) où Lisa Gerrard de Dead Can Dance rencontre False (aka Matthew Dear), où Trentemoller croise le fer avec Stewart Walker et où Bugge Wesseltoft jamme avec DJ Koze dans un exemple imparable de groove autoroutier pour rouler (ou danser) jusqu'au bout de la nuit sur l'autobahn imaginaire qui relie Detroit à Berlin et retour ! MOTOGIGZ à la FLÈCHE D’OR samedi 26 avril
Sympathique soirée ce soir à La Flèche D'Or. Comme à son habitude l'association Mymotomusic nous a préparé un line-up de rêve ("super super, good, good, brilliant" comme dirait les Chap dans leur dernier tube "Fun & Interesting" qui ne dépareraient pas au programme... je dis ça, je dis rien). Jugez plutôt : de l'electro psychédélique et décontractée de Yacht (Live), de l'indie folk pop de Make Model (Live), du néo-disco laid back teinté de pop de Junior Boys (Dj set) en passant par l'electro vrillée mais mélodique de Thieve Like Us (Live), rien ne manque. A savoir qu'un soir par mois, les soirées MOTOGIGZ de La Flèche D'Or sont l'occasion de passer une excellente soirée tout en découvrant de nouveaux talents venus des scènes françaises, européennes et nord-américaines, ou d'autres confirmés, mais que l'on a peu souvent l'occasion de voir dans un lieu aussi intimiste et surtout en France. Avec son cadre privilégié, La Flèche d'Or, reste de toute façon un des endroits où l'on se sent bien quelque soit l'humeur dans la capitale. Et, ce Samedi 26 avril, tous les éléments semblent en tout cas bel est bien réunis pour que la votre soit bonne ! Enjoy et passez sur le blog nous raconter !
MOTOGIGZ
Albums cultes des géants du bizarre #37 : Chrome - Alien Soundtracks
Dès Alien Soundtracks (quel titre !), deuxième album et véritable mutation du groupe, Chrome s'embarque dans un voyage au long court vers des contrées jusqu'alors uniquement explorées par les plus barges des groupes acid-rock du moment, et encore, très vaguement. Rapidement, le duo met au point une recette à base de synthétiseurs tranchants, de bandes magnétiques triturées, de guitares à l'arrachée, de rythmes dopés au speed et de chant vrillé/hurlé déformé par un vocoder. Ce truc bien à eux, ils décident de l'appeler : acid-punk. On ne pouvait trouver mieux ! Mélange de déviances psychédéliques et d'urgence punk, Chrome entamait son ascension vers... le néant ! Car malgré une batterie d'album plus novateurs et plus brutalement passionnants les uns que les autres, le groupe ne rencontre que peu de succès à la fin des mornes 70's. Et pour cause.
Si la musique de Chrome est bel et bien "acide", elle évoque plus un bad trip au LSD mâtiné d'abominations cosmiques évoquées par Lovecraft ou encore les paysages glacés du cyberpunk des années 80 (bien avant que le genre littéraire, et même le mot, n'existe), que son pendant hippie, fleuri et bucolique. En ce sens, Alien Soundtracks ne pouvait mieux porter son titre : début 77 c'est un ovni qui vient d'atterrir dans la baie de San Francisco, et ses occupants n'étaient pas des plus sympathiques, plutôt du genre à vous bouffer tout cru sans états d'âmes.
Sur les 10 titres originaux de cet album prémonitoire (le punk lui doit beaucoup), la voix effroyablement déformée de Damon Edge, les riffs de Moog hallucinés de Gary Spain et la guitare coupante comme des lames de rasoir sur du fil de fer barbelé d'Helios Creed, invoquent la face noire du psychédélisme de la fin des 70's. En ce sens, Alien Soundtracks est clairement le fruit de la rencontre de la paranoïa d'une époque abusée par les drogues et désabusée politiquement et socialement. Mais c'est surtout le témoignage inquiétant des survivants d'un voyage dans l'inconnu. Un périple intensément perturbant, que durent effectuer Edge et Creed pour créer cette musique mutante au beau milieu d'une époque où tout s'écroulait, les idéaux pacifistes, comme la grande vague d'espoir des 60's. Chrome c'est la perte absolue de tout repères, l'ouverture des portes de la perception qui ouvre aussi la boîte de Pandore, le total dérèglement des sens dans le sens flippant du terme, quand le voyage vous échappe et que vous vous réveillez avec le masque grimaçant de quelque succube, ou incube, au dessus de vous. Une musique pour extra-terrestre, faite par des aliens égarés sur terre. Un chef d'œuvre, totalement culte et vraiment, vraiment, bizarre.
Chrome - Alien Soundtracks (Siren Records, 1977) Drone metal : Le chapitre final
Finalement, de 2006 (année métal) à aujourd'hui, le genre bourdonnant et puissant, dont certains d'entre nous continuent d'observer les mutations les plus improbables, semble avoir (déjà) fait le tour de ce que la musique contemporaine - acousmatique, ambiant, dub, industriel, math - pouvait lui apporter. Du noise extrême au metal manga, en passant par le revival Black Sabbath et l'hommage appuyé à Earth, le metal a parcouru toute la fréquence du spectre pour revenir là où tout commence : la haute fréquence indomptable et indomptée, le drone ultime, ce bourdonnement venu du fond des âges incarné par Sunn O))), KTL (dont nous parlons ici et ici) et autres évocations maléfiques, mais, forcément, salvatrices en ces temps d'ascèse électronique minimale ou d'hédonisme proto-néo-disco.
En ce sens, les albums qui nous intéressent ici, sont symptomatiques d'une époque. Avec Smile par exemple, le dernier album de Boris, les japonais se réfugient dans les bras de maman, entamant une régression infantile bienvenue, celle que pratiquent les grands artistes quand ils veulent retrouver l'innocence des origines. On se couvre la tête de boue et on crie à la lune tout nu dans la prairie. En l'occurrence, le combo japonais préfère revenir à la simplicité J-pop, aux génériques d'anime des années 80, au hair metal le plus improbable, bref, à mille lieux de la noise pure et dure, Smile est un album revigorant, psychédélique en diable, jouissif et jouisseur, qui fera bondir plus d'un fan de musique torturée et malade. Et c'est tant mieux.
A l'autre bout de ce spectre musical, il y a, encore et toujours, la puissance brute. L'agression sauvage, incarnée dans la rencontre Boris + Merzbow. Entre heavy rock maltraitant les solis comme de beaux diables et drone post-rock vrillés, Rock Dream offre en effet, le temps de deux CD magnifiquement packagé par Stephen O'Malley, la parfaite antidote à un metal qui se prend trop au sérieux. Ironique, cette double galette de "rock de rêve" n'est que résurgence d'un passé rock imaginaire, où le grotesque se dispute au pachydermique. Drôle, mais plombant. Le champ du cygne en quelque sorte. Encore, une fois, Rock Dream illustre bien la situation dans laquelle se trouve le metal aujourd'hui : Les années d'or du "metal pour hypster" sont certainement derrière nous, mais gageons que le genre n'a pas fini de nous surprendre, pour cela, nous pouvons encore lui faire confiance.
Boris - Smile (Southern/differ-ant) Death of the Neighbourhood : Stephen Jones, toujours parfaitStephen Jones, notre chouchou des Babybird, est de re-retour et toujours aussi farceur. Son nouveau projet après la bérézina commerciale de son dernier album solo s'appelle Death of the Neighbourhood, un nom de groupe taillé pour se faire un tas d'amis de proximité (la mort du voisinage) et qui sent bon l'electro expérimentale. Le nom en lui-même n'est pas nouveau puisqu'il avait déjà servi par le passé à baptiser quelques titres de chanson numérotées, notamment sur le rare Plastic Tablets. Les trois titres qui sont actuellement en écoute sur la page myspace du groupe sont assez intéressants, et notamment ce très joli clip de "Cokeholes" qui semble rencontrer un bon écho critique. Le premier album du groupe sera normalement dans les bacs début juin et accueilli sur la structure Atic fondée par l'excellent [/people_restrictif], du groupe [people_restrictif], avec lequel Stephen Jones avait déjà noué quelques collaborations croisées. Le disque est annoncé comme un double album, un disque en chant vocoder dans la lignée du bizarre Almost Cured of Sadness de 2003 et un disque entièrement instrumental, annoncé comme une musique d'un film non existant. Si l'électronica de Stephen Jones n'a, en soi, rien de novateur, elle dégage à l'instar de celle composée par son ami producteur, une intense émotion mélancolique, qui nous fait attendre ce disque imaginaire avec pas mal d'impatience. Midnight Juggernauts, disco from outta spaceLes Midnight Juggernauts relèvent de l'association de Vincent Juggernaut, Andy Juggernaut et de Daniel Juggernaut. Pas frères de sang, mais de musique, les trois Australiens s'apprêtent à sortir leur premier album Dystopia, le 21/04. Ils étaient en concert cette semaine en première partie de Jamie Lidell et reviendront bientôt à Paris. Basses renforcées et inspirations Giorgio Moroder pour une pop stellaire qui ferait la bande-son idéale d'un film de science-fiction. A découvrir le clip de "Into the galaxy" et celui de "Shadows" Le titre "Shadows" est déjà en prog sur Radio Flu et Radio Pop Rock, découvrez le reste de l'album sur nos ondes radio à partir du 21/04. Les gaillards reviennent fin mai pour une tournée française : vous pouvez déjà acheter vos places pour Midnight Juggernauts Electronic Wonderland : Une autre idée de l'electroDécouvert grâce au site web participatif Dayrobbers, Electronic Wonderland est une petite émission hebdomadaire consacrée aux musiques électroniques, plutôt pointue et bien foutue. Pour ceux qui pensent que la TV c'est de la merde, Oskar Glauser, créateur de Dayrobbers propose une petite sélection du meilleur de ce tout jeune broadcast. Sébastien Tellier, le label Poker Flat, The Glimmers, Hercules and Love Affair, Kelley Polar, M.A.N.D.Y., Justus Köhncke, Autechre, les edits de Disco Beard, Ewan Pearson, The Juan McLean, Kerri Chandler, sont, entre autre évoqués dans l'émission. Même s'il faut bien le reconnaître, les premiers "épisodes" n'avaient rien de bien folichon, trop courts et survolant l'actu électro en mode zapping, elles permettent tout de même d'apercevoir ceux qui font la culture électro contemporaine et que l'on ne voit strictement jamais ailleurs. Et puis la formule semble prendre forme doucement, puisque les dernières, proposant entre autre, des interviews de A Mountain of One (le groupe du renouveau psychédélique electro britannique que l'on découvrira aux Siestes Electroniques de Toulouse cette année !!), Robert Hood, Jamie Lidell, le crew du Sonarkollektiv Orchester, sont légèrement plus étoffées. Quoiqu'il en soit, saluons cette initiative du Suédois Stefan Thungren, enfin un producteur qui décide de redonner une certaine visibilité (ou "crédibilité médiatique", ce dont elle a bien besoin) à la culture électro !
Quelques exemples :
Electronic Wonderland 6. Sebastien Tellier and Jean-Michel Jarre
Electronic Wonderland 9. A Mountain Of One Interview Electronic Wonderland 7. Kelley Polar and Juan Maclean Retrouvez toute la série d'Electronic Wonderland, ici. Visiter Los Angeles avec Madlib et Peanut Butter Wolf (DVD)
On doit la série The Other Side au magazine de voyage branché Time Out. Avant l'opus sur Los Angeles qui nous occupe ici, l'équipe de Time Out s'était penché sur le cas de Berlin, invitant la Berlinette Ellen Allien du label Bpitch Control à nous faire visiter sa ville. Une très bonne idée, d'autant que les artistes natifs des villes choisies ont tendance à connaître tous les bons plans, les petits restos confidentiels, les hôtels pas chers, les coins branchés mais pas trop, les frippes marrantes et les bons disquaires. C'est en tout cas le cas des deux invités de ce volume, épaulés pour l'occasion par le magazine musical et culturel Angeleno, Urb. Musicalement justement, Madlib étonne par son éclectisme, qui reflète au final assez bien le côté multiculturel et l'excentricité de la ville. Cybotron y côtoie Sun Ra , Jaylib répond au Freestyle Fellowship, Dabrye jamme aux côtés de l'Outlaw Blue Band et de Quasimoto dans une sarabande ininterrompue frayant avec le free jazz, le funk, le hip hop expérimental, l'electro et le rythm'n'blues. La parfaite B.O. pour une balade virtuelle au cœur de la ville ensoleillée. Ballade que l'on fera en compagnie de Peanut Butter Wolf, très au fait des meilleures boutiques de fringues (fans de baskets, tu vas trembler) comme des restaurants bien fréquentés, des galeries d'art détonnantes et des boites où "ça" se passe. A noter que la série ne se contente pas de vous faire découvrir les coins où consommer, même si ceux-ci sont souvent underground, mais une partie de la visite comprend également l'architecture, qui, à Los Angeles est extrêmement riche et avant-gardiste, est-il besoin de le rappeler ? Du quartier de Long Beach aux églises pittoresques, en passant par les petites rues oubliées, les fresques des artistes latino et les graffitis, The Other Side : Los Angeles s'attarde sur la face cachée de L.A.
Le digipack de cette édition est accompagné de l'indispensable plan de la ville, sur lequel on retrouve toutes les adresses et les sites internet des lieux visités. L'idéal pour préparer vos vacances dans une ville souvent décrite comme peu agréable par ceux qui y passent en coup de vent. Ce volume de The Other Side dédié à Los Angeles est là pour les détromper. Construire soi-même son synthétiseur analogique
C'est la nouvelle folie des geeks et des collectionneurs voyez-vous. Certains plans sont distribués gratuitement sur le net, d'autres encore sont carrément payants, tellement l'engouement pour ce loisir puéril mais éminemment sympathique prend de l'ampleur sur le net. La référence en la matière reste certainement l'excellent blog Matrixsynth, qui propose des images des réalisations d'artistes ou d'anonyme. On retrouve l'émulateur EMS de Meat Beat Manifesto, ou le Doepfer Modular (pour connaisseur), le Moog Acid, etc, seuls, ou mis en situation comme ici, avec de petits personnages.
Totalement inutile, voir régressif, mais mignon tout plein, la maquette de synthé vintage fait ressurgir le grand enfant en nous. Et ça marche aussi pour les ordinateurs de l'âge d'or de l'informatique (voir ce magnifique Commodore Pet 2001).
![]() Justice, la tournée printemps-été 2008![]() En 2007, Justice se fait connaître au près du public, en 2008 le duo passe à l'étape suivante avec une tournée assez offensive. Après des concerts au Japon, aux Etats-Unis et en Europe, le duo Justice repart sur la route à partir du 18/04. Coup d'envoi de la tournée au Zénith de Strasbourg et passages à Dijon, Nantes, Grenoble et dans les festivals du monde (Coachella, Bourges, Rock Am Ring, Sonar, Werchter, Benicassim, Leeds...). Ils seront quasiment partout, à Paris (Olympia) le 18/05 et termineront cette tournée de 5 mois au festival Rock en Seine fin août. Les places sont déjà en vente sur la billeterie concert de Flu et des places, il y en a aussi à gagner grâce à notre concours Justice. Sébastien Tellier : Divin MarquisPosté par Maxence le 11.04.08 à 17:48 | tags : vidéos musicales, youtube, eurovision, pop, électro, rigolo
C'est donc officiel, Sébastien Tellier sera notre représentant à l'Eurovision. La chanson choisie, "Divine", est un hommage à tout ce que le rock a produit de kitsch et de touchant depuis 40 ans, des Beach Boys aux Rubettes, en passant par la B.O. de Phantom of the Paradise de Brian De Palma par les Juicy Fruits. Comme nous l'avions prévu, le relatif succès de Sebastien Tellier et de son album Sexuality fait polémique jusque sur les pages de Playlist. Second degré, pas second degré, les fans et les antis sont irrémédiablement partagés. Pourtant il serait temps de dépasser ces clivages manichéens. Nous sommes en pleine ère post-moderne et une chose est sûre, ce qui était du second degré hier, se pare des atouts de la sincérité les années passant (les Beach Boys en sont un bon exemple, les anciens n'ont qu'à relire leurs vieux numéros de Rock'n'Folk pour s'en convaincre puisque c'était le groupe honni de tous les rockeurs). Cela s'appelle la nostalgie, mes amis.
Alors, "nostalgie de Biarritz en été, des filles qui changent de couleur de peau", qu'on aime (c'est "aaaah") ou pas (c'est "beuuuh") qu'à cela ne tienne, Tellier nous est sympathique. Sympathique pour plusieurs raisons :
- Tellier raconte des blagues pas drôles
Et pour tout ça, Playlist soutient Sébastien Tellier ! En attendant sa prestation, on se déguste le clip de "Divine", conçu spécialement par le réalisateur américain Ace Norton, pour l'évènement :
Tom Vek, pionnier malgré luiQui se souvient de Tom Vek ? Ce jeune producteur originaire de Londres et dont les compositions crossover mêlaient allègrement punk et funk, electro et rock, pop et disco lo-fi. A priori pas grand monde. C'est dommage, parce qu'aujourd'hui, de Hot Chip à Neon neon, en passant par MGMT, Glass Candy, Midnight Juggernauts, Chromatics, Yacht ou Cut Copy, tout le monde fait du Tom Vek. Alors bien sûr, pas question ici de verser dans le "c'était mieux avant", mais juste de rappeler à quel point il est parfois dommageable pour un artiste d'avoir dix ans d'avance sur tout le monde (Trax "canal historique" ne s'était pas trompé et l'avait mit en couv' du mag à l'époque). Et ce n'est pas Helmut Geier, alias DJ Hell de Gigolo Records qui nous dira le contraire, lui qu'on accuse d'arriver après la bataille avec son fabuleux mix italo disco alors qu'il est clairement l'inventeur du mélange de new wave et de techno que d'aucun (à Paris comme à New York) nommèrent electroclash. Allez, juste histoire de se rafraîchir la mémoire et de rendre à César ce qui lui appartient, je vous propose de mater la petite vidéo de "Nothing But Green Lights" le titre le plus disco de l'album We Have Sound de Tom Vek l'oublié. Hot Chip ? Vous êtes toujours là ??
The Notwist se lance dans la fake music
"Nouvelle" méthode imparable des artistes désireux d'éviter le leaking abusif (la mise en ligne sur les réseaux P2P si vous préférez) de leurs productions sur internet, le fake album. Pratiqué par Why? récemment (l'aventure est arrivée à un de nos chroniqueurs), par Boards of Canada au moment de la parution de The Campfire Headphase (faux album de vieux morceaux mis en ligne sous le titre du vrai), par Trent Reznor de Nine Inch Nails pour With Teeth, Madonna pour son nouvel album, j'en passe et j'en oublie volontairement (on se demande d'ailleurs quelle est la part des labels dans la diffusion de fake, et parfois, des albums complets sur le net, mais c'est un autre sujet), aujourd'hui, c'est au tour de The Notwist de brouiller les cartes avec l'annonce d'un nouvel album pour mai, proposé sous au moins trois titres différents. Le nouveau CD des frères Asher & Friends devrait donc s'appeler Planet Off puis The Devil, You + Me (City Slang), On Planet Off (un peu partout sur le réseau), The Devil, You + Me (les Inrocks, puis, un peu partout sur le réseau), bref, on ne sait plus où donner de la tête. Cela n'empêche pas les internautes malins de l'avoir déjà trouvé et comme le prochain The Fall, la chose est déjà dispo en ligne un peu partout. On en reparle sous peu sur Fluctuat, le mag. Et histoire de patienter (pour ceux qui ont encore une éthique, ou sont trop lâches pour oser télécharger en ligne), on se remet une petite dose de "Pilot", un des meilleurs titres de leur précédent album Neon Golden (5 ans déjà !)
Scratch Massive s'exhibe sur DVD (trailer) C'est dur la vie de DJ (mais il y a aussi des bons moments). Si vous n'y croyez pas, regardez Underground Needs Your Money Baby, le "DVD album/concept/tranche de vie/états d'âmes" du duo français Scratch Massive. Un projet qui fait suite à la performance exceptionnelle donnée avec Plaid à la Géode, au printemps 2007.
De fait, avec ce DVD concept, Maud Geffray et Sebastien Chenut prouvent une fois encore (la dernière était leur excellente BO pour Broken English, un film de Zoe Cassavettes, sorte d'A bout de souffle britannique que l'on attend toujours sur nos écrans) que nous avions raison de miser sur eux en tant que relève de l'electro francophone au côté de Jennifer Cardini, Ivan Smagghe, Chloé et consort. Scratch Massive vient d'ailleurs du même moule, le Pulp (que nous retrouvons ici dans une petite séquence émotion), ce que le duo ne manque pas d'évoquer dans ce DVD composé de trois parties comprenant un live, un documentaire et des clips. Le spectateur partage ainsi un peu de la trépidante existence de DJ/producteur, entre Paris, Milan, Madrid, New York et plus.
Agréable, généreux et sans prétention, Underground Needs Your Money Baby est un parfait exemple d'hybride audio et vidéo. Il illustre à merveille l'univers mental du duo, voyage, absinthe, course dans les coursives d'aéroport... Ici, les deux médias s'imbriquent au point que l'auditeur/spectateur ne sait plus s'il doit fermer les yeux et se trémousser, ou s'assoir et apprécier le flash rémanent du spectacle des photons qui dansent.
Pour l'exemple, voici 4 vidéos trailer disponible sur youtube, check it !
Scratch Massive - Underground Needs Your Money Baby DVD (Modular/Nocturne) Post Punk, Cold Wave et Culture Novö en France, exposition à la galerie du jour agnès b
Agnès B présente : « DES JEUNES GENS MÖDERNES »
Avec une trentaine d'années de recul, le projet "Des Jeunes Gens Mödernes" propose de réactiver cette scène post punk / novö diskö / new & cold wave hexagonale, à travers une exposition, un livre, une compilation et un documentaire, mettant ainsi en évidence sa spécificité et sa diversité créative de manière transversale, en s'intéressant aussi bien à sa production musicale, qu'à l'esthétique, l'attitude, et aux problématiques qu'elle a développées en parallèle _et notamment son rapport à la modernité, précisément.
(via www.90bpm.net)
Lire notre dossier Histoire de la New Wave Interview Paysages Electroniques 2008 #3 - Principles of GeometryPosté par LovelyRita le 04.04.08 à 18:44 | tags : électro
Le festoche les Paysages Electroniques continue à Lille et nos interviews aussi. Les Principles of Geometry étaient de passage le 3 avril et répondent à nos questions. Le duo a sorti l'année dernière un album très bien accueilli par la presse (Lazare) où l'on pouvait retrouver une collaboration avec Sébastien Tellier.
Oui. Très bien merci. Nous sommes actuellement en studio, notre lieu de prédilection pour mixer une nouvelle version d'"Interstate Highway System" qui sortira très bientot en vinyl avec des remix de Poni Hoax et de Eat. On a pas mal d'autres projets à effectuer en plus de nos lives. Donc ça va. Oui, tout va bien. Vous faites de plus en plus de dates, comment cela se passe pour vous sur scène ? On essaye de proposer une transcription de certaines pièces de l'album dans un ordre que l'on espère assez tendre, assez cathartique. Jusqu'ici tout va bien. Nous travaillons de plus en plus avec un batteur. Pas mal de premières parties de Sébastien Tellier. Le concert en stéréoscopie que nous avons donnons à Lille va aussi voyager un peu partout dans le monde. Et nous essayons de conjuguer tout cela avec notre perpetuelle envie de composer. Si votre musique était un paysage ?
Votre playlist idéale pour voyager ?
Qu'est-ce que vous ne comptez pas rater lors des Paysages Electros ?
Votre dernière découverte électro/album électro ?
Le mot de la fin ?
Lire la chronique de Lazare. Site des Paysages Electroniques
Ivan Smagghe : l'electro, une exception culturelle ?
Du coup, on se demande ce qui fait de notre pays une exception culturelle en terme de production musicale ? Pourquoi l'electro, alors qu'en la matière, nous ne sommes pas plus brillants, ou plus originaux que nos voisins? Cela tient peut-être, comme en Allemagne, à une longue tradition d'expérimentateurs, les Schaeffer, Ferrari, Bayle, J. J. Perrey, Henry, Parmegiani, et aujourd'hui Zanési et Dufour (j'en oublie volontairement, cette scène étant d'une richesse et d'une densité que la simple énumération ne peut refléter). Il ne faut pas oublier en effet que c'est le Français Pierre Schaeffer qui, dès 1948, mit au point la théorie de la musique concrète et fonda le fameux Groupe de Recherche Musicales (GRM) quatre ans plus tard. La production concrète et acousmatique cependant, diffèrent complètement de ce que l'on appelle la techno et la house. On ne peut, à la rigueur, que la rapprocher de certaines formes d'electronica, dans sa forme la plus écrite, technique et improvisée. On est loin donc, des artistes calibrés "danse", tels que Justice ou Daft Punk.
Restent, les mutants, les drôles d'oiseaux, ceux que le dancefloor intéressent, mais qui ne se laissent pas brider par le formatage ambiant. Et c'est là qu'intervient Ivan Smagghe. L'originalité évidente des mix de Smagghe depuis Hard! en 2002, n'est pas à chercher dans la technique bien que le Français soit un excellent DJ, mais bel et bien dans la "matière première" souvent soigneusement pesée et volontairement choisie hors des sentiers balisés du dancefloor actuel. Prenez "Atlas" de Battles (remixé par DJ Koze) le morceau qui introduit Cocorico 3', son dernier mix album pour les Italiens de Mantra Vibes, c'est en soit un bijou de déviance sautillante et déglingué, un track dansant mais totalement hors normes. Quel choix pour introduire un mix ! Il n'y a que le Français pour oser ça. Idem pour Runaway et leur psychédélique "She Did It for The Money" qui ferme l'album. Le reste est à l'avenant. On pourrait citer "Blood on my hand" de Shackleton remixé par Villalobos, de "Patient Saints" de Two Lone Swordsmen, "Kanibal" de Fred Hush & Noseda, "Face Control" de Danton Eeprom ou "Telescope" de Partial Arts, pas de dancefloorisme facile ici. Par ses choix, la grâce infinie de certains enchaînements, ou au contraire, leur côté "bancal" (l'adjectif étant également le nom du studio qu'il vient de monter avec Eeprom), Smagghe se préoccupe plus de poser une ambiance, que de faire danser le plus grand nombre.
En ça, la démarche du DJ rejoint celle du laborantin de l'electroaccoustique et de la musique concrète : ils créent tous deux de nouvelles formes à partir de l'océan de sons disponibles autour d'eux. L'un utilise les productions des autres, déconstruisant, allongeant, triturant, créant véritablement, une histoire. L'autre use des sons du monde quotidien, capturés et interprétés live dans un environnement sonore approprié (l'acousmonium, on en reparle). Nous sommes donc bien en face d'une école ici, dans le sens d'éducation par la pratique, de filiation et d'héritage, que celui-ci soit conscient, ou non.
Ivan Smagghe - Cocorico 3' (Mantra Vibes/Import) Interview Paysages Electroniques 2008 #2 - Don RiminiPosté par LovelyRita le 03.04.08 à 18:03 | tags : électro
Coup d'envoi, ce soir, du festival les Paysages Electroniques à Lille et c'est jusqu'au 5 avril. Hier, James Taylor de Swayzak répondait à notre interview Paysages Electroniques, aujourd'hui, c'est Don Rimini qui s'y colle.
Je vais archi bien !!! Certes archi débordé, mais tout va super bien !!! Mon EP Absolutely Rad est sorti en février. Les retours sont dingues ! J’enchaîne les dj sets dans tous les sens. Mon remix de Young Mc ("Bust A Move") va sortir dans 1 mois sur un label qui m’est archi culte Delicious vinyl… Mon remix d’Aaron Lacrate sortira 2 semaines plus tard et mon maxi perso ainsi qu’une mixtape verront le jour avant l’été… Il devrait aussi y avoir quelques remixes surprise avant l’été... Certes archi busy, mais franchement… que rêver de plus… la vie est belle mec ! Tu fais de plus en plus de dates, comment cela se passe pour toi sur scène ? Je suis de moins en moins ivre… et de plus en plus heureux sur scène… En fait j’adore ça, il y a peu j'ai fait 4 shows en 3 jours. Les salles étaient pleines a craquer de clubkids hysteros, le son énorme et une véritable énergie entre le public et moi. Dingue… Si ta musique était un paysage ? Le Paradis ! Après, à chacun son interprétation du paradis… donc à chacun son interprétation de ma musique. Ta playlist idéale pour voyager ? Sur l’Autoroute :
Qu'est-ce que tu ne comptes pas rater lors des Paysages Electros ?
Ta dernière découverte électro/album électro ?
Le mot de la fin ?
A suivre : nos autres interviews Paysages Electroniques... Site des Paysages Electroniques
Antony (sans les Johnsons) s'improvise diva disco
Hercules & Love Affair (DFA/EMI)
Oui, le titre "Hercules' Theme" est joussif et il est en prog sur Radio Flu ! Interview Paysages Electroniques 2008 #1 - James SwayzakPosté par LovelyRita le 02.04.08 à 17:38 | tags : électro
A l'occasion du festival les Paysages Electroniques qui se tient les 3,4 et 5 avril à Lille, Flu propose une petite série d'interviews des artistes programmés. On commence aujourd'hui avec James Taylor de Swayzak, qui sera présent lors de la soirée Click Boum Tchak, jeudi 3 avril.
New Thing- various - mo wax Miami - krysta - mp3
A suivre : nos autres interviews Paysages Electroniques avec Principles of Geometry, entre autre Site des Paysages Electroniques
Albums cultes des géants du bizarre #35 : Suicide – St
Avec un tel passif et un tel parcours, facile de deviner que Suicide est un projet culte et bizarre. Forcément leur discographie ne l'est pas moins. Pour illustrer cette chronique, je choisirais pourtant la première éjaculation électrique, le fameux album sanglant, celui que l'on connaît désormais sous le nom de Suicide l'album. Paru en 1977 ce disque est un choc pour l'industrie du disque et le public. Une électrocution. Tous les morceaux emblématiques joués live par le duo depuis 76 sont présents, sous une pochette digne du nom que se sont choisi ces deux mutants : une scarification ensanglantée sur fond "blanc lavabo". Plus qu'un disque, Suicide est le manifeste d'une ville malade mais libre, celle du No New York de Lydia Lunch, de James Chance, de DNA et Mars, des premières expériences de Jim Jarmush (Permanent Vacation), bref, celui de la No Wave à venir. Suicide sur scène est plus proche de la performance que du véritable concert. Alan est vêtu de noir, uniquement muni d'un micro et Martin arborant ses célèbres lunettes de ski géantes, se tient raide, en retrait, derrière un orgue électrique bricolé, voire parfois une simple boite de sa fabrication équipée de quelques touches. Il ne "joue" qu'avec une main, l'autre servant à rejeter les débris que le public lance sur la scène. La musique du duo fait immanquablement penser au célèbre tableau du peintre expressionniste Edward Munch, "Le Cri". Et le cri, c'est Vega bien sûr.
Sur l'éponyme Suicide, Alan Vega éructe, geins et hulule des textes parlant de motard fantôme ("Ghost Rider"), de chômeur désespéré exécutant toute sa famille avant de mettre fin à ces jours ("Frankie Teardrop") ou de bombes nucléaires frappant les Etats-Unis ("Rocket U.S.A"). Hypnotique. Envoûtant. Effrayant. De son côté, Martin Rev fait bourdonner ses machines, attise les infrabasses et développe des boucles hypnotiques pour une musique répétitive et robotique, qui annoncera avec 5 ans d'avance la scène industrielle et, plus loin encore, la techno. Je n'ai jamais rien entendu qui soit de l'avant-garde, déclare Alan Vega en 1980, en parlant de Suicide. Pour moi, c'était seulement le blues de New York City. Un blues urbain perverti par les machines, qui s'assagit malgré tout dés le deuxième album sobrement intitulé Alan Vega - Martin Rev. Avec des titres comme "Diamonds, Fur Coat, Champagne", "Shadazz" ou "Dance", Vega et Rev célèbrent les fêtes underground de New York et mélangent sans complexe l'esprit disco du Paradise Garage et du Studio 54 avec les remugles du punk et le désespoir de la new wave naissante. Encore un must, mais c'est une autre histoire...
Suicide - St (Ariola, 1977) + de multiples rééditions, dont une en double CD accompagnée d'un live. Zombie Zombie fait danser "la chose" de John Carpenter |