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Skip Spence repris par Beck, Wilco, Feist et Jamie LiddellBeck poursuit son travail d'hommage au sein du Record Club en décidant de reprendre l'immense – et malheureusement oublié – Alexander Spence, plus connu sous le pseudonyme de "Skip", auteur du vénéneux Oar, un album de folk à la noirceur incandescente (si c'est possible !). Un sommet du genre enregistré en 1969.
Bob Dylan bien samplé
Naturellement on se méfie de ce genre d'hagiographie d'icônes qui, depuis longtemps, enrichissent plus les vendeurs de t-shirts que nos esprits mais pour le coup, celles-là présentent l'avantage d'être avant tout musicalement irréprochables. Sampler Bob Marley et Fela bien sûr, ça n'a rien d'inédit, mais Dylan a bien plus rarement la faveur des DJ et c'est donc son chapitre qui nous intéresse le plus. J.Period a eu l'intelligence de donner une patine vieillote à ses beats qui se marrient du coup très bien avec le grain des samples de Dylan. K'NAAN n'arrive bien sûr pas à la cheville de son sujet mais s'en sort très bien quand il se cantonne au rôle d'animateur et ne va pas chercher Dylan sur le terrain de la poésie. A notre connaissance, le résultat est le meilleur jamais obtenu par la rencontre de Dylan et du hip hop, mais bien sûr ça n'est pas très difficile.
Pour preuve, jetez une oreille sur ce Don't Think Twice. It's alright.
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jj : african folk, love and ecstasy
Les plus vieux d'entre nos lecteurs se souviennent peut-être de la déferlante Soul ii Soul à la fin des années 80, surtout des fabuleux "Get A life" sur Vol. II (1990 - A New Decade) qui faisait suite à Club Classics Vol. One sur lequel figurait "Back to Life" (énorme), et qui annonçait sans le savoir Massive Attack, Tricky et toute la vague trip-hop de Bristol (ainsi que le Nu Jazz, eurk !). C'est à ces titres que l'on pense immédiatement en visualisant la vidéo de jj (en minuscule), groupe (?) suédois totalement inconnu dans nos contrées et à côté duquel nous sommes honteusement passés cet été au moment de la parution de leur album sobrement intitulé n°2.
Les sorties Constellation de l'automne 2009 : passage en revueCela doit bien faire six mois que je n’ai pas pipé mot sur mon label favori, Constellation. Six mois durant lesquels je n’ai pourtant pas cessé d’écouter certaines galettes du label.
Et puis il y a eu l’album de Clues, merveilleuse collection de chansons rock concoctées entre autre par un ex-Arcade Fire et un ex-Unicorns. La musique n’est pas pile poil entre les deux formations mais un peu plus loin, lorgnant vers le punk, l’arty ou le carrément déprimant, mais sans perdre une verve quasi adolescente (et vous rappeler la nôtre : Fugazi, Blonde Redhead…). Saupoudrez le tout de trompettes, de claviers et de batteries bien crades, vous obtenez des morceaux imparables comme le single "Perfect Fit", le déhanché "Remember Severed Head", ou encore un cathartique "Ledmonton" à beugler dans les grands moments de solitude. A tester en concert le 29 octobre au Glaz’Art !
La rentrée annonce le retour des poids lourds. L’événement, c’est la sortie du nouvel album de Vic Chesnutt, At The Cut, en compagnie de la même équipe que son album précédent : A Silver Mount Zion et Gui Picciotto. Le résultat, peut-être un peu en dessous de North Star Deserter, apporte malgré tout son lot d’émotions. L’écriture à vif de "Coward", la verve de "Philip Guston" ou de "Chinaberry Tree" et ses guitares acides, l’intense mélancolie de "We Hovered With Short Wings", le contrepied champètre de "Flirted With You All My Life" (le meilleur morceau ?) ou le touchant "Granny"… Les perles s’enchaînent dans un album incroyablement riche et cohérent. Pas de doute, Chesnutt a trouvé un écrin adapté à son songwriting hors pair en s’épaulant des gars de Constellation. Le groupe semble n’avoir été qu’un depuis toujours !
Disparition de l'arrangeur anglais Robert KirbyHommage à Nick Drake - Italie 2008
Kirby - Hommage à Nick Drake 2008
S'il a fait d'autres choses comme travailler avec Elton John, Bernie Taupin, les Catchers (vous vous souvenez des Catchers), Robert Kirby qui a disparu le 3 octobre des suites d'un malaise cardiaque, à 61 ans, restera l'homme d'un seul homme. Ami de Nick Drake, qu'il rencontra à l'université (et invita à son mystérieux Caius Breakfast Club), Kirby fut invité à arranger le premier album de la légende folk pop anglaise (alors inconnue et qui devait le rester longtemps) lorsque celle-ci, pendant l'enregistrement de son premier album, récusa l'arrangeur choisi par son producteur Joe Boyd (l'arrangeur s'appelait Hewson). Ainsi naquit Five Leaves Left, le premier album de Drake. Kirby qui n'avait jamais mis les pieds en studio avant s'y sentit immédiatement comme un poisson dans l'eau, amenant les compositions de son collègue dans un ailleurs dont il n'est toujours pas revenu. Pour l'anecdote, on se rappellera quand même que Boyd choisit de confier les arrangements de "The River" qu'il considérait comme LA chanson de l'album à un type plus expérimenté que Kirby, ce que celui-ci regretta toujours.
Quelques mois plus tard, en 1970, Kirby et Drake se retrouvèrent pour le deuxième album de Drake, Bryter Layter. Le travail de Kirby sur cet album fut contesté : trop présent, trop pompier pour les chansons d'un Drake qui s'enfonçait dans la déprime. Il est vrai qu'à l'écoute de "At The Chime of the City Clock" ou "Poor Boy", on se dit que Kirby aurait pu la jouer plus en dedans. Cet arrangeur talentueux à qui un vieux professeur avait un jour fait cette remarque :"votre musique ressemble à de la pub pour des céréales". - Ah, oui, c'est si bon que ça ?, aurait-il répondu. Kirby sur Bryter Layter a eu les coudées franches et peut-être un peu trop. La veine jazzy de l'album avait été choisie en commun accord avec Boyd pour faire sortir Nick Drake du microcosme de la folk et donner à sa musique un plus large écho. Ce fut une catastrophe puisqu'à part quelques critiques jazz, personne ne fit grand cas du disque. Il n'en reste pas moins que l'album est un miracle et que la plupart des titres, portés par l'accompagnement de John Cale et des Fairport Convention, font date. "Northern Sky" est l'une des plus belles chansons tristes de tous les temps (en partie grâce à Kirby), "Sunday" un monument. Bryter Layter fut à plusieurs reprises élu l'album le plus mélancolique de tous les temps, ce qui n'est pas rien.
Kirby survécut à la disparition de Drake en multipliant les projets. Il travailla à la chaîne sur de nombreux albums, joua des claviers dans un groupe et termina reconverti dans le marketing industriel. La légende veut que Kirby avait chez lui plusieurs cassettes d'arrangements qu'il comptait mettre à la disposition de Drake quand celui-ci lui demanderait. Leur chemin se sépara peu après Bryter Layter, Drake choisissant d'enregistrer son dernier chef d'oeuvre Pink Moon seul à seul. Il se raconte que Kirby pourrait avoir chez lui quelques démos de Drake et peut-être une capture K7 d'un concert qu'ils donnèrent ensemble, avec 8 autres élèves en composition classique, dans la salle de bal de la fac.
Dans les dernières années de sa vie, Kirby avait participé à plusieurs hommages à Nick Drake, rejouant sa musique avec des orchestres à Londres, New York ou comme ici en Italie. On lira ici l'une de ses dernières interviews à propos des deux albums qui ont fait sa renommée. Phil Elverum l’homme qui aimait le vent, les arbres et les montagnes… ... et également ses fans. Phil Elverum, connu sous les noms de The Microphones et de Mount Eerie, écrit depuis deux poignées d'années une œuvre labyrinthique, souvent rebouclée sur elle-même, mais d'une subtilité et d'une originalité rare. Ultra-hype ou anti-hype au possible, l'homme produit à la main un catalogue qui s'efface avec le temps, composé d'un grand nombre d'œuvres limitées. Le CD est depuis longtemps un format trop restrictif pour celui qui inclut des posters de 1 mètre de côté dans un boîtier cristal. Parmi les vinyles blancs, les fanions phosphorescents, les versions les plus improbables de ses disques (l'enregistrement des batteries de No Flashlight), le fan est invité à (re)construire une œuvre ambitieuse dédiée aux éléments naturels (montagnes, lueurs, vents) et à la vacuité du songwriting. Dernier objet en date, un livre de quelques kilos où l'artiste a réuni une collection photographique d'instants qui, selon lui, permettent de mieux comprendre son personnage. A l'instar de sa musique, dans son travail pictural le sublime surgit de son regard candide et amoureux du monde ; l'aspect artisanal ne peut masquer la brutalité de son talent.
Wind's Poem est le disque ultime d'un artiste méconnu et qui a pourtant produit plusieurs chef-d'œuvres indie : la pop qui s'enlise dans les ambiances abstraites de The Glow Pt2 (2001), les symphonies de papier de Mount Eerie (2003) et Mount Eerie Pts. 6 et 7 (2007), le rnb murmuré au coin du feu de No Flashlight (2005). Pour la première fois cependant, Wind's Poem donne l'impression glaciale d'être l'aboutissement d'une carrière. Leonard Cohen récupère après un malaise sur scèneLes images sont assez angoissantes et spectaculaires. Alors qu'il était en concert au Vélodrome de Valence et interprétait le titre "Bird On A Wire", Leonard Cohen a été victime d'un (assez) spectaculaire malaise. On voit sur cette vidéo les membres de son groupe se porter à son secours ainsi que les équipes de sécurité.
Le chanteur, âgé de 74 ans, s'est écroulé et a perdu connaissance pendant quelques instants. Selon un communiqué des médecins livré le lendemain matin, Leonard Cohen avait souffert de crampes d'estomac durant toute la journée qui a précédé le concert, sans doute victime d'une sorte d'intoxication alimentaire. Le malaise a été jugé sans gravité et semble lié à ce désordre interne. Cohen a été gardé en observation à l'hôpital puis rendu à la vie civile. Il devrait même être en mesure d'assurer la date prévue ce soir à Barcelone. Plus de peur que de mal donc.
Le Canadien reste engagé depuis 2008 dans un programme de tournées incroyable, multipliant les dates complètes, doublant les séances et ce malgré des prix prohibitifs. Après un passage en France cet été et la tournée espagnole, Cohen doit partir en octobre et novembre, écumer le continent américain en compagnie de ses "Suzanne", de ses "Sisters of Mercy" et autres "Hallelujah". Après la polémique Johnny Halliday, la défaillance de Madonna, les annulations de Morrissey, on se demande si la logique des tournées à rallonge chargées de compenser la baisse tendancielle des ventes de disques, ne va pas venir à bout des artistes les moins résistants. Comme disait la chanson : "At the record company meeting / On their hands - a dead star / And oh, the plans they weave / And oh, the sickening greed // At the record company party / On their hands - a dead star / The sycophantic slags all say : / "I knew him first, and I knew him well".
Morrissey/The Smiths - Paint A Vulgar Picture Le Loup, nouvelle meute folk
Si on découvre Le Loup avec leur deuxième album Family, le groupe existe depuis 2005/2006 et a sorti The Throne Of The Third Heaven Of The Nations' Millennium General Assembly en 2007. Folk allangui tantôt orchestré, tantôt expérimental pour le groupe mené par Sam Simkoff, seul au début de l'aventure. Sur Family, celui qui a débuté l'aventure Le Loup dans sa chambre, convie ici sa meute, sa famille riche en nouveaux membres à tater de la mandoline, du banjo, à pincer de la corde de guitare ou pousser la voix pour des instants de musique tribale.
Les Fleet Foxes se paient le Grand RexDéjà vus et à revoir ! Hier à la Flèche d'Or, au Festival des Inrocks, à la Cigale et demain (le 16 septembre précisément) au Grand Rex, les Fleet Foxes (qu'on ne présente plus ici) reviennent en concert à Paris.
Aux quatre coins du monde on a pu croiser cette année la route de Robin Pecknold et de ses fantastiques renards. Arrêt de la meute folk en Californie pour le festival de Coachella en avril (voir les vidéos ci-dessous). Le public du festival et les palmiers en moins, la date de la semaine prochaine, devrait tenir ses promesses... comme le groupe le fait déjà depuis plusieurs concerts. Ouverture sur les grand paysages, choeurs montés en épingle, compositions folk-baroques merveilleuses, c'est Flu qui vous le dit, on ne s'en lasse pas, allez-y.
Réserver vos places pour ce concert de Fleet Foxes au Grand Rex le 16 septembre
Bob Dylan prépare un album de Noël, se fait masherSans doute parce que rien ne dit mieux "je suis un mystérieux prophète mythique d'une génération et vous ne me comprendrez jamais", Bob Dylan vient d'annoncer qu'il travaillait sur un album de noël. Evidement, ceux qui essayent de deviner en quoi Dylan croit depuis qu'il aurait renié sa période évangeliste vont avoir de nouvelles questions à se poser en l'entendant chanter "O Little Town Of Bethleem" entre "Ill be home for Christmas" et"Here Comes Santa Claus". On espère qu'il ne fera pas que des reprises de chants traditionnels mais qu'il composera aussi pour l'occasion. On imagine bien un "Santa highway blues" de huit minutes dans lequel le père noël rencontrerait un juge, un voleur et le joker tout au long d'un road trip à travers les USA. Ou pas.
La roue tourne pour Sufjan StevensCa fait déjà quatre ans que Sufjan Stevens a sorti Come On Feel The Illinoise et depuis il n'a toujours pas sorti de véritable nouvel album. Il a compilé ses chutes de studios dans The Avalanche, ses chansons de Noël dans le coffret Songs For Christmas, produit des albums, co-écrit ici ou là... bref, il a surtout tout fait pour eviter de sortir un vrai nouvel album comme il le faisait une ou deux fois par an avant que tout le monde ne lui dise que "Chicago" est la meilleure chanson qu'il a jamais écrit. Vraisemblablement, il a du les croire et craindre que ce ne soit aussi la meilleure chanson qu'il ne fera jamais. Fin 2007, il a malgré tout présenté son oeuvre la plus ambitieuse jusque là, "The BQE", une "Exploration symphonique et cinématographique de la célèbre Brooklyn Queens Expressway de New York". Composition instrumentale d'une trentaine de minutes jouée par trente-six musiciens et accompagnée d'un film tourné par Stevens, les trois représentations de "The BQE" ont été plutôt bien reçues par les chanceux témoins de la soirée et fait baver d'envie beaucoup d'autres. Les baveurs seront donc heureux d'apprendre la sortie le 20 octobre prochain d'un coffret rassemblant le CD de la musique, DVD du film, booklet d'une quarantaine de pages, disque pour visionneuse stéréoscopique View Master et dans la version deluxe, un comic book et un disque vinyle. "The BQE" est ambitieux, un vrai pari et un défi pour Stevens qui s'éloigne de ses racines folk pour se consacrer plus pleinement à ses racines arty et minimalistes au sens musical du terme (cf Steve Reich) mais aussi prometteur que ça sonne, on ne peut s'empêcher de se dire que ça n'est toujours pas une nouvelle chanson. Le motif de la roue est parait-il au centre du film de "The BQE", qui est plein de roues de voitures et de hula hoop. Reste à voir si ça veut dire que Stevens va avancer ou bien tourner en rond. Blitzen Trapper joue à être vieuxSur "Black River Killer" Blitzen Trapper lorgne avec insistance du côté de Dylan. En fait, si ce n'était pour la petite ligne de synthé cheap qui sort de nulle part pour se poser sur le refrain, l'hommage à Desire aurait plutôt relevé de l'ennuyeuse leçon d'histoire. "Black River Killer" est donc une chanson folk qui parle d'un hors-la-loi, pas vraiment le genre de Robin des Bois qu'aurait évoqué Dylan, cependant, mais plutôt un tueur façon No Country for Old Men. Du coup les paroles, pleines d'allusion au péché, au pardon et au baptême évoquent plutôt le Dylan de l'époque chrétienne. Avec Blitzen Trapper, cependant, plutôt que de ressentir une véritable conviction on a plutôt l'impression d'un jeune groupe indie qui joue avec les vieux codes moraux de leurs grands-parents comme avec d'antiques jouets trouvés dans un grenier. Un peu comme avec la plupart des groupes d'indie-folk d'aujourd'hui.
Le clip, tout en faux plan séquence et effet "fausse vieille pellicule" via filtre numérique, est tout aussi réussi et artificiel que la chanson.
My Name Is Nobody : un nom à retenir…Dehors une pluie Bruxelloise incessante, mais j’ai retrouvé Vincent Dupas, alias My Name Is Nobody dont je vous avais déjà dit tout le bien que j’en pensais. Sur son dernier album, The Mentor, il est entouré des Desert Foxes, sa formation électrique et émérite. Soit l’orgue-wurlitzer de Faustine Seilman, une excellente section rythmique composée d’Erwan Fauchard (basse) et Franzl O’Gautreau (batterie), avec de surcroît le concours des banjoseries de Vassili Caillosse et d’un demi Berg Sans Nipple à la trompette et aux percus. (D’ailleurs, cette moitié de Berg Sans Nipple donne des petites touches qui rappellent immanquablement son excellente prestation sur le Next Year In Zion d’Herman Düne – écoutez "The Sea Sprays"…).
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Pour les influences, c’est bien chez Arbouretum, Howe Gelb ou Palace Brothers qu’il faut aller chercher les mentors. Tantôt crispé comme la mâchoire du pionnier, tantôt relâché comme une balade en baudet entre deux déserts, le disque est une réussite totale. Le fil de l’histoire ne se perd jamais, et Dupas sait conter avec l’inflexion américaine juste. Un son profond et sincère se mue en tornade sur les puissants "The Mentor" (époustoufflant), "Doom" et "Miklos The Hopeless" (bouleversant), avant d’envelopper tendrement nos esgourdes sur le morriconesque "Down In The City" ou les superbes chansons-d’après-l’orage "A Tree, A Home" et "Stars Are Falling". Sans peine, on oubliera le bancal Song Of The Pearl d’Arbouretum, surclassé ici par des transitions limpides, un sens mélodique impressionnnat et une instrumentation ouvragée (des accents métal de "Strange" au chœur exalté de "Harvest & Wine"). The Mentor esquisse un sans faute entre cruauté et douceur, et toujours mène son homme vers la félicité. Aux frontières de la folk : Rio en Medio et Caroline Weeks à l'International![]()
Ce dimanche à l'International deux artistes nous emméneront sur les terrains vagues de la folk. Rio en Medio, une proche de la clique Cocorosie et Devendra Banhart et Caroline Weeks, affiliée à Bat For Lashes seront à partir à 20h dans ce nouveau lieu parisien.
Entre Brooklyn et le Nouveau Mexique où Danielle Stech-Homsy (aka Rio En Medio) vit et Brighton, ville de Caroline Weeks, la folk traverse les frontières musicales pour atterir sur un nouveau territoire. Caroline Weeks, que l'on a pu voir dernièrement au Bataclan pour une première partie et pendant le set de Bat For Lashes aux côtés de Natasha Khan a choisi de se confronter à l'adpatation en musique de poèmes d'Edna St Vincent Millay. Le résultat, sur son album Songs For Edna (sorti chez Manimal Vynil) est épuré, gracieux et assez intemporel.
Son set sera précédé par celui de Rio en Medio, auteur d'une folk ciselée d'électro. Plasticienne, écrivain et aussi réalisatrice, nous dit-on, Danielle, une habituée du grand-écart, et sous la houlette de Manimal Vynil (again) a publié l'année dernière, le bien-nommé Frontier. Sur cet album-collection, l'artiste réunit la base guitare-voix de la folk à un éventail de trouvailles sonores pour créer une folk environnementale. Programmation électronique, sons d'ambiance, clap et claviers donnent à ses compositions une dimension un rien spatiale... la bande-son idéale à écouter dans une navette spatiale entre la terre et la lune. Son album ressortira en édition deluxe cet été et en attendant, les curieux iront faire un tour à L'International ce dimanche.
Rio en Medio - Concert à Emporter
Les Dimanches Acoustiques avec Jay Bennett est mortJay Bennett avait quitté Wilco après la sortie de leur meilleur album, Yankee Hotel Foxtrot, qui avait commencé comme le disque sur lequel il allait avoir une place plus importante que jamais (les crédits de composition en attestent) mais qui a finit comme celui sur lequel il s'est faché avec Jeff Tweedy, leader du groupe, après que celui-ci ait mis les chansons de Bennett entre les mains du producteur Jim O'Rourke. $
C'est ce qu'on retiendra surtout de lui : il était le type qui était dans Wilco puis qui en est parti après les événements qu'on a pu voir documentés dans le film I Am Trying To Break Your Heart. Peu importe, ses albums solos que presque personne n'a écouté (rattrapons nous tous avec Whatever Happened I Apologize qu'il a mis gratuitement en ligne en novembre dernier dans l'indifférence générale) ou ses trois albums pré-Wilco avec le groupe Titanic Love Affair qui dans la catégorie Dinosaur Jr junior s'en sortait plutôt pas mal.
Il y a heureusement bien pire comme destin que d'être retenu comme celui qui a créé le son de l'excellent album Summerteeth ou comme le type qu'on voit dans cet extrait d'I Am Trying To Break Your Heart, documentaire sans doute pas très flatteur pour son caractère mais qui ne remet pas en cause son talent.
Jay Bennett avait quarante cinq ans et est mort dans son sommeil de cause pour l'instant inconnue. On sait cependant qu'il avait décidé de poursuivre Wilco il y a quelques mois pour une histoire de royalties impayées, peu de temps après avoir révélé devoir subir une opération de la hanche qu'il ne pouvait payer faute d'assurance.
Lire aussi Vincent Moon, le Neil Young de la videoMathieu Saura alias Vincent Moon est un vidéaste qui filme les musiciens avec un talent fou. Parti de la volonté de rapprocher l'artiste du public, il a cette capacité à faire ressortir les émotions de manière très crue. Sa méthode est souvent la même : filmer les artistes dans des décors communs, loin des artifices de la scène. Il se balade souvent avec eux dans les rues de Paris ou d'autres villes, et le décalage entre la figure de l'artiste à fleur de peau et la banalité des rues fait mouche.
Andrew Bird - Spare Oh
Sur son blog Fiumenights, Vincent Moon s'inscrit encore plus dans une démarche intimiste et propose des vidéos d'artistes du monde entier sur le même concept que les concerts à emporter qui font la fierté de la Blogothèque. Exemple avec Elvis Perkins, filmé dans ce qui semble être une chambre d'hôtel après son passage au SXSW festival d'Austin, Texas.
Elvin Perkins par Vincent Moon
Si vous êtes comme moi sensibles à ces vidéos, sachez que d'autres du même accabit sont disponibles sur le blog, que Vincent Moon continue d'alimenter fréquemment. En attendant on s'en fait une petite dernière pour le plaisir, c'est Nikaido Kazumi, filmée à Osaka, en février de cette année :
Nikaido Kazumi par Vincent Moon
Lire aussi : - Réédition des premiers albums de Nick Cave & The Bad Seeds Neil Young et la criseCe qui est terrible, quand on est un artiste un peu vieux comme Neil Young, c'est que plus personne ne s'intéresse à vos nouveaux projets. Nombre de ses fans ont pris l'annonce de la sortie de son nouvel album Fork in the Road comme une mauvaise nouvelle.
Ce n'est pas cette sortie que les fans attendent mais celle d'un coffret anthologique de ses raretés des seventies qu'on annonce depuis longtemps et qui pour des raisons de marketing évidentes ne pourra pas sortir tant que le cycle promo de Fork In The Road ne sera pas terminé. Heureusement, ce cycle promo devrait être assez court puisque Fork in The Road est un album concept consacré aux voitures éléctriques Lincvolt.
Le public ne sera peut-être pas intéressé par ce millionième album de Young et de son concept sorti de nulle part, mais Neil Young fait ce qu'il veut, comme toujours. La preuve avec cette nouvelle vidéo pour la chanson "Cough Up The Bucks" qui présage d'un album terrible dans tous les sens du mot. Terrible mais rigolo.
Et en effet, au moment même où je tapais ces mots, tombe la nouvelle que le coffret Neil Young Archives volume 1 : 1963-1972 va finalement sortir le 2 juin. Il couvrira la carrière de Young de ses débuts dans le groupe canadien The Squires à son seul réel succès commercial en solo, l'album Harvest. Il contiendra, selon les éditions, huit à dix disques, CD, DVD ou Blu Ray et il peut d'ores et déjà être pré-commandé pour une somme allant de cent à trois cent dollars. Chaque coffret contient aussi un gros bouquin plein de textes et de photos, de quoi rendre fou n'importe quel fan. Personnellement, j'attends surtout un second coffret qui couvrirait le reste des années soixante-dix, de Tonight's The Night à Rust Never Sleeps. Je risque d'attendre longtemps. Téléchargez Here Lies Nothing, le nouveau single de Bob Dylan
Avec l'accordéon et les cuivres qui harmonisent au fond, le décorum a tout de même un peu changé. Et si le résultat peut évoquer les vieux disques Chess comme ceux qui ont déjà entendu l'album le prétendent, pour le coup on pense surtout et également à Tom Waits. Les années ont rajouté dans la voix de Dylan la dose de gravier que la nature, le tabac et le bourbon ont donné à Waits très jeune. Et puis sortir des guitare/basse/batterie/clavier, ça n'est pas la première fois pour Dylan mais ça n'est pas non plus son habitude, contrairement à Tom Waits. Il y a cependant un côté très hispanique dans la musique, qui rappelle que le rock avait aussi, en plus de la country et du blues, quelques racines latines.
Côté parole, on est assez surpris de ne finalement pas avoir grand chose à se mettre sous la dent. Quelques couplets existentialistes amusés, laissent surtout la place aux solos de guitare. Trois minutes cinquante, pour Dylan, c'est très court. Bref au final rien de très nouveau sous le soleil, on n'attendait pas vraiment de surprise de la part d'un quasi-septuagénaire, de toute façon, et Dylan n'a pas été un artiste à singles depuis bien longtemps. On prend les paris : Together Through Life sera très bon, comme d'habitude.
Lire aussi Les Fleet Foxes ne signeront pas chez une major... ils y sont déjà
![]() Robin Pecknold des Fleet Foxes a marqué plein de bons points auprès des fans des seventies en niant en bloc les rumeurs d'un second album chez Virgin. Sur le blog Myspace du groupe il avait écrit : "Fleet Foxes ne signera jamais, jamais avec une major, dans aucune circonstance, de maintenant et jusqu'à ce que le monde s'étouffe dans les fumées de pot d'échappement. Ceci est valable pour tous les dérivés et permutations à venir. Jusqu'à notre mort." Croix de bois, crois de fer etc... C'est très joli et émouvant, les fans ont applaudi des deux mains.
Quelqu'un a semble-t-il averti Pecknold que Sub Pop, son label, appartient pour 49% a Warner. Dans un premier temps, il aurait amendé son post en précisant qu'il n'avait rien contre la distribution par des majors : "on remplit vos camions de CD et on paye l'essence" avait-il écrit. Cependant 49% de Sub Pop, c'est un peu plus que ça. Quelqu'un a du le lui faire remarquer, car le post a purement et simplement disparu. Tout ce qu'on trouve sur le blog Myspace de Fleet Foxes aujourd'hui c'est un message de remerciement aux fans des plus banals.
Ce qui est bien avec les Fleet Foxes, c'est qu'ils poussent leur trip régressif hippie jusqu'au bout, avec des déclarations pseudo-politiques pas très réfléchies et la compromission qui va avec juste après. Au rythme où ils vont, dans deux ans ils auront abandonné les joints pour la coke, les chemises à carreaux pour les vestes à épaulette, ils attacheront leurs cheveux longs avec un catogan et ils seront devenus yuppies. Ils découvriront les synthés, ce sera horrible. J'ai hâte.
Voir les Fleet Foxes en concert
Lire aussi : Maggie8 créera-t-il la surprise en 2009 ?Le premier single de Maggie8 n'est pas tout à fait représentatif de ce qu'on attend de ce groupe qui devrait sortir son premier album dans les prochains mois sur le label Atic Records d'Andy Turner. La musique de Maggie8 est un mélange folkish à la Beirut, soyeux comme les Beach Boys et qui dégage une mélancolie électroacoustique évoquant un Portishead sorti de l'ère glacière. La chanteuse est particulièrement intéressante pour ses harmonies vocales, alternant le chant à plat et des effets de manche sous influence hindi trance tout à fait remarquables. Le groupe semble arrivé, après quelques années d'existence, à maturité et a su donner une dynamique plus pop à ses chansons, en même temps que le son se densifiait. Loin d'être un groupe gnangnan et atone, Maggie8 sait à bon escient exploser et délivrer des séquences quasi-noisypop (pour ce genre de musique) qui en font un des groupes à surveiller cette année. Maggie8 - Punish Yourself Décès du guitariste John Martyn
Agé de 61 ans, Martyn aura eu une carrière assez incroyable, d'électron libre du folk blues à la mode écossaise au cachalot savant joueur de guitares monojambiste, en passant par le statut de beau gosse chevelu et querelleur. Né d'un père et d'une mère chanteurs d'opéras, l'artiste écossais avait démarré sa carrière chez Islands Records (le label de Chris Blackwell) naviguant entre folk et jazz. C'est à cette occasion qu'il avait mis en place son jeu de guitare extraordinaire, lequel ferait, plus tard, l'admiration des plus grands comme Clapton et Drake, dont il devint l'un des seuls amis. Animé d'un tempérament volcanique, alcoolique notoire, Martyn a souvent fait les titres de la presse "people" musicale pour des rixes, des échauffourées et d'autres aventures burlesques : il se fit tirer dessus à plusieurs reprises par des maris jaloux ou directement par une de ses maîtresses. Il s'était fait amputer de la jambe droite en 2003 après avoir laissé un kyste s'enflammer dessous le genou. Sur le plan musical (quand même), Martyn était un exemple incroyable. Après avoir vendu par courrier 10 000 exemplaires de son live à Leeds, refusé par sa maison de disques, Martyn s'offrit une année sabbatique qu'il passa en grande partie en Jamaïque à la recherche de nouveaux sons de basse et de guitare. La légende veut que son album One World, en 1977, soit le précurseur du son trip-hop. L'album qui est une merveille a été "saisi" en extérieur et baigne dans les bruits et mélodies du paysage alentour. Son autre grand album avait été enregistré quelques années auparavant dans un style plus traditionnellement folk mais tout aussi influencé par le Jazz avec notamment Danny Thompson à la basse. C'est à cette époque avec Solid Air, album baptisé ainsi en hommage à Nick Drake, que Martyn met en place son chant si particulier : une voix veloutée avec laquelle, comme un Chet Baker barbu, il essaie de reproduire la chaleur et les harmonies d'un saxophone. Le catalogue de chansons de Martyn a pas mal circulé et a fait l'objet de nombreuses reprises souvent excellentes. De Solid Air à Dreams by the Sea, en passant par le splendide Road To Ruin, album duo enregistré avec sa femme Beverley, Martyn était un grand artisan folk, un manieur de mots désespéré sensible et que ses traumas personnels (divorce, séparation, sa jambe en moins) avaient lesté d'une gravité impressionnante. En 1998, il s'était payé l'audace de reprendre sur son album de covers (The Church with One Bell), le "Glory Box" de Portishead à la guitare. Sa version est une merveille. L'homme reposera désormais dans cette boîte de gloire et de tristesse pour l'éternité.
Les Fleet Foxes sur le plateau de Saturday Night LiveDe passage le 17 janvier sur le plateau de l'émission américaine, les Fleet Foxes y ont interprété deux morceaux : "Mykonos" et "Blue Ridge Mountains". Les vidéos youtube sont disponibles depuis quelques jours. Le groupe sera à Paris pour un concert le 25 février à la Cigale. D'ici là, profitez des deux lives à SNL et des autres vidéos du groupe.
Fleet Foxes - Mykonos
Fleet Foxes - Blue Ridge Mountains
Animal Collective se fait un film![]() Leur neuvième effort Merriweather Post Pavilion n'est pas encore dans les bacs (on se précipitera dessus le 20 janvier prochain) que le quatuor foufou de Baltimore Animal Collective se prépare à, tenez-vous bien, sortir "un disque visuel". Certes, nous ne sommes plus à une originalité près de la part de la bande à Panda Bear (après les séances photos promotionnelles de Strawberry Jam où ils avaient la tronche tartinée de confiture et la sortie d'une ligne de vêtements assez, euh laids). Voilà comment David Portner (aka Avey Tare) décrit le projet : "Faire un disque visuel, c'est quelque chose que nous avions en tête depuis un bout de temps. Au début, c'était assez flou, on ne savait pas si cela allait être un vrai film, mais qui n'aurait en aucun cas une ligne narrative. Il s'agirait plus d'une collaboration entre potes : c'est notre ami Danny Perez (réalisateur de leur clip "Who Could Win A Rabbit" en 2004, nldr) qui filmerait tout ça." Perez, 28 ans, travaille sur ce film encore orphelin de nom depuis plus de deux ans avec le collectif animal. "Cette année", a ajouté Brian Weitz (aka Geologist), "nous avons eu le temps d' enregistrer pas mal de démos, qui pourraient devenir la bande-son de ce fameux film." Au rythme d'un album par an, et avec la tournée qui se prépare (ils seront de passage au Bataclan le 16 janvier 2009), on ne sait pas quand les rock-folkeux expérimentaux auront le temps de boucler leur long-métrage. Faisons confiance aux bêtes à poil...Mais pourquoi tout le monde écoute-t-il Fleet Foxes quand The Acorn existe ?Glory Hope Mountain, l'album de The Acorn me fait, pour beaucoup de raisons, penser à Parc Avenue de Plants & Animals : les deux sont l'oeuvre de Canadiens, ils sont remplis de folk/rock hippie à base de guitares acoustiques agiles et de choeurs qui sentent le sirop d'érable et ils sont passés relativement inaperçus. En bref, ils jouent un peu dans la même catégorie que Fleet Foxes et remportent un bien plus grand succès dans mes oreilles que dans celles de tout le monde, semble-t-il. The Acorn ont pourtant pour eux d'excellents clips, celui de "Crooked Legs" que vous voyez là haut et celui de "The Flood part 1". A moins que mon gout immodéré pour les clips animés bizarrement me trahit une fois de plus. The Acorn a aussi une bonne histoire, du genre qui facilite le travail des journalistes et assure ainsi une couverture médiatique minimum : Glory Hope Mountain est la traduction grossière de Gloria Esperanza Montoya, le nom de la mère du chanteur Rolf Klausener et les douze chansons de l'album nous racontent sa vie."The Flood Pt. 1" raconte comment elle est devenue orpheline au Honduras, "Crooked Legs" raconte sa fuite du pays et ce n'est que le début de l'album. Au minimum on est obligé d'apprécier le sujet plutôt original pour un album indie. Qu'est-ce qu'ils racontent les Fleet Foxes, déjà ? La dernière fois que je les ai écouté, il m'a semblé que le sujet de l'album était la beauté de leurs harmonies vocales. La musique n'a pas besoin d'avoir d'autre figure qu'elle même, bien sûr, mais la différence entre l'esthète et le narcisse est parfois si infime qu'on peut facilement se laisser tromper. Pour ma part en tout cas, je ne doute pas que The Acorn soient des putains d'esthètes. Fleet Foxes et Alela Diane : le folklore américain en marche à l'OlympiaIl fallait hier se parer de plumes dans les cheveux, de son jean slim et avoir laisser pousser sa barbe pour être dans le ton de la 1ère soirée du festival des Inrocks 2008. Un Olympia complet depuis des semaines pour accueillir l'Amérique hippie et psychédélique de cette année. Mis à part les Français de Coming Soon (qu'on a bien ou mal fait de râter ?), les Inrocks avait fait honneur à trois des révélations musicales de cette année, trois révélations US, trois artistes auteurs de premiers albums (ou presque) et qui se jouent habilement de la temporalité en 2008, en revisitant les musiques folk et psychédliques.
![]() C'est avec le titre "Sun Giant" qu'on les a découvert, c'est avec "Sun Giant" également que les Fleet Foxes ouvriront leur set étonnament plus électrique qu'à l'accoutumée, mais toujours haut-perché. Un titre a cappela, un choeur d'église... oui, on est bien au festival des Inrocks en train de voir les Fleet Foxes tenter d'abattre de leurs vocaux les murs de l'Olmypia. Le recueillement et la sérennité ont toujours eu la part belle dans leur compos, mais hier ce n'était pas sans compter une fougue et une électricité intelligemment associées à la délicatesse des choeurs. Des choeurs menés par un Robin Pecknold, qui montrait ses dents et dont le visage se contorsionnait pour chanter plus fort, plus haut, plus...des parties de guitares qui soutenaient cet ensemble sonore puissant qui a résonné au delà des murs, dessinant batisses médiévales et paysages terrestres. Des paroles reprises dans le public, des envies de monter des chorales, des applaudissements à n'en plus finir à la fin du set... C'est sans artifices et avec classe que les Fleet Foxes ont marqué cette soirée des Inrocks. Manquaient qu'un "Quiet Houses" et/ou "He doesn't Konw Why" et on se serait laissé pousser la barbe pour de bon.
![]() Que ce soit du côté d'Alela Diane, ou des Fleet Foxes, une bonne partie de la soirée d'hier flattait le folklore américain, celui des territoires sauvages et des spiritualités. Les choeurs d'église chez FF et le gospel pour Alela Diane, accompagnée hier d'un backing band qui a tantôt nui, tantôt relevé sa prestation. Une salle qui aurait pu être trop grande pour une Alela défendant seule son Pirate's Gospel, mais qui aurait mérité de résonner hier au seul son de sa voix et d'une guitare...un risque à prendre, certes. En attendant, les trésors de Diane ont été enrobés et épaissis de choeurs, banjo et batterie. Un accompagnement superflu, mais qui a eu le mérite de donner un peu de rythmique et de coffre aux titres épurés d'Alela Diane. La fin de soirée, quant à elle, a basculé dans le pyschédélisme avec les trop attendus MGMT. Auteurs du très beau Oracular Spectacular qui lui vaut le statut de groupe de l'année, MGMT devrait aussi se voir décerner d'ici peu celui de "mauvais performeurs live". Un concert comme à son habitude brouillon, loin de provoquer l'enthousiasme et la folie que l'on était en droit d'attendre de la part du groupe, des intermèdes instrumentaux (la prétention en plus d'être les leaders du psychédélisme en 2008), une puissance vocale proche de 0...on passe sur cette Amérique pysché et on lui préfère le charme authentique d'un Pecknold ou d'une Diane.
Merci à Thomas pour les photos
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