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Flairs en concert au Panic Room !Vous auriez tort de rater ce concert exceptionnel de Flairs au Panic Room demain, mercredi 18 février. Double évènement, la soirée sera également l'occasion de présenter l'album Sweat Symphony qui intronise le Français dans la catégorie punk funk (pensez LCD Soundsystem, pensez Who Made Who). Après "Better Than Prince" un single remarqué sur Fluctuat.net et ailleurs, Flairs devra prouver qu'il est capable de porter son album sur scène. Un défi, que le plus british des french cowboys saura sans aucun doute relever sans peine, le bonhomme a déjà des heures de vol. Il sera accompagné pour l'occasion d'amis artistes et compagnons de label : Panico, Cocosuma, Housse de Racket et Alex Gopher. En attendant de le découvrir en live, profitez de l'occasion pour lire notre chronique de Sweat Symphony, ainsi que l'interview de celui qui s'impose déjà comme l'un des artistes marquants de 2009.
![]() Lire aussi : Flairs : Vantard mais prometteur![]()
On l'annonçait déjà il y a un mois, l'année 2009 s'annonce musicalement prometteuse ! Confirmation avec Flairs, un frenchy de 37 ans féru de culture anglo-saxone au CV long comme le bras, qui vit son rêve entre working class heroe et California Dreaming avec son son album Sweat Symphony.
La vidéo a déjà fait le tour du web bien avant que nous en parlions ici, mais Flairs n'avait encore fait aucun album à cette époque. Seulement voilà, le 2 février prochain, il faudra pourtant compter sur la grande gueule de ce français sans complexe qui nous assène un "Better Than Prince" à la fois drôle et bien foutu. Un titre phare, qui n'est pourtant qu'une pépite au milieu de toutes les autres sur ce Sweat symphony (titre bien vu et pochette géniale) bourré jusqu'à la gueule de tubes en puissance ("Superlife", "Re Balls", "Radio" et un "Truckers Delight" déjà méchamment buzzé sur la planète internet et également présent sur le mix que les Belges de Soulwax viennent de réaliser pour la magazine Mixmag. Promis vous en entendrez parler sur Fluctuat et en attendant d'en savoir plus, repassez-vous cette excellente vidéo signée par le duo français qui monte, qui monte : Jonas & François, les responsables (entre autre) des clips du "D.A.N.C.E" de Justice, du "Good Life" de Kanye West et du "4 Minutes" de Madonna.
I can dance better than Prince
Voir le concert de Flairs à la Flèche d'Or en vidéo sur Grandcrew Top des futurs albums "cultes et bizarres" de 2008La rubrique "culte" (et bizarre) n'est plus, mais la tradition des albums et des artistes voués à la création de disques ovnis perdure. Retour sur ce phénomène en 10 albums étranges mais souvent très recommandable, de cette année 2008 décidement riche en expériences :
Retrouvez tous les top de la rédaction Qui c'est qui débarque dans les bacs ? C'est Whomadewho ! En recherche intensive d'un digne successeur à l'album Sound Of Silver de LCD Soundsystem ? "TV Friend", le single qui annonce le nouvel album des Danois de WhoMadeWho (ou Who Made Who, c'est selon) devrait répondre aux attentes de certains.
Malgré leur amour immodéré pour AC/DC, dont ils tirent leur nom, Tomas Hoffding (chanteur), Jeppe Kjellberg (guitariste) et Tomas Barfod (batteur et bricoleur electro) privilégient l'harmonie, qu'elle soit vocale, comme ici sur "TV Friend" (qui bénéficie également d'un remix explosif de Hot Chip), ou simplement instrumentale. Avec Whomadewho, les mélodies des Beach Boys rencontrent le punk funk de LCD Soundsystem, la disco chaudasse fait du frotti frotta avec la prude new wave. "Comme tout le monde aujourd'hui", pourra-t-on dire !? Peut-être, mais avouons que Whomadewho le fait très bien. En témoigne une vidéo rigolote où nos trois bonshommes grimés en primitifs modernes balancent un des tracks parmi les plus addictifs que l'on ait entendu depuis... "Knickerboker" de Fujiya and Miyagi. N'empêche "TV Friend" vaut son pesant de paillettes et on y revient plus souvent qu'à son tour. Attention, le trio annonce son nouvel album pour mars 2009 et donnera un concert exceptionnel au Social Club, le 3 décembre prochain !
DJ Mujava : Révélation "electro township funk" du ghetto![]()
C'est le nouveau coup de cœur du label Warp. DJ Mujava et son "Township Funk" fait trembler la sphère électronique. Qui eut cru qu'un jour l'Afrique du Sud s'inscrirait aussi brutalement sur la carte de l'électro actuelle ? Peut-être ceux qui en leur temps crurent également aux dérives syncopées pour Amiga du ragga-dancehall jamaïcain des années 80. Avec son titre spasmodique, DJ Mujava, alias Elvis Maswanganyi, lance donc une petite révolution, tout en renouant avec un vieux mythe de la musique populaire, celui qui dit que les rythmes qui dominent le dancefloor viennent toujours du ghetto. Warp ne s'y est pas trompé, eux qui signaient déjà le hip hop scandé d'Anti pop Consortium, les délires progressifs de Flying Lotus et les hit pour consoles préhistoriques d'Harmonic 313. Reste que Mujava semble bel et bien avoir le vent en poupe puisqu'il vient de créer son propre label, House Therapy Productions, avec le producteur gospel Cry. Les particularismes de "Township Funk", son sens du décalage, son ascétisme et sa sécheresse, le placent en tout cas bien loin des rythmes ronronnant actuels. Plus proche de l'electronica des 90's que du minimalisme agonisant qui sévit encore dans les clubs européens, le titre a toutes les chances de devenir un classique.
"Township Funk" l'original : et sa version dubstep :
DJ Mujava - Township Funk (Warp/Discograph)
Thriller à soixante quatre voixOn pourrait réunir dans une pièce Mike Patton, Rahzel, Pow Wow, Tunde Adebimpe, Bobby McFerrin et il faudrait pourtant encore plus de la moitié des cent choristes au chômage de TF1 pour refaire en live ce que François Macré a fait : une version de "Thriller" entièrement jouée à la bouche sur 64 pistes. C'est sans doute beaucoup plus de pistes que ce dont Michael Jackson et Quincy Jones ont eu besoin pour l'original mais ils trichaient un peu eux avec leurs synthés, leurs guitares et autres instruments non biodégradables. Avec de telles facilités, ils n'ont probablement pas passé trois cent cinquante heures sur le morceau. On peut admirer la dédicace de François Macré, ce n'est pas rien ce qu'il a accompli là. Et rappellons-nous que le fou dans l'histoire, officiellement, c'est bien Jacko. (merci à David Koresh pour le lien) Les Jackson 5 reviennent au grand complet... en 2009 Ils étaient séparés depuis près de 20 ans et l'album 2300 Jackson St (1989). Ils n'étaient pas réapparus ensemble depuis 7 ans, pour un concert événement donné à l'occasion du trentième anniversaire de carrière de leur jeune frère Michael. Les Jackson 5 ont annoncé, par l'intermédiaire de leur frère Jermaine, le premier à avoir quitté le groupe, au départ de Motown, qu'ils engageraient une grande tournée dans le courant de l'année 2009 en appui d'un album à venir. Jermaine a confirmé, ce que personne n'osait espérer, que Michael, le plus jeune élément et aussi le plus célèbre, serait bien de la partie. Leur soeur Janet, qui ne fait pas partie du groupe original, sera également invitée à participer à la fête de famille internationale et ouvrira chaque concert par une performance en solo. "Cela a pris un certain temps pour réunir la famille et mettre tout le monde dans le coup", a confié Jermaine, qu'on disait, en coulisses, le plus attaché (sentimentalement et financièrement) au retour de l'un des groupes soul funk les plus célèbres de l'histoire. "Actuellement, tout ce que nous avons fait, c'est de travailler sur la musique et les questions d'organisation. Nous sommes en studio et nous devrions être prêts pour une sortie en 2009." Formés sous le nom de Jackson Five en 1965 et managé par le patriarche Joe Jackson, les Jackson, dont Jermaine était le leader originel et Michael la recrue la plus douée, ont enchaîné les tubes à partir de 1968 après avoir rejoint le label Motown. Ils enchaînent les numéros 1 au début des années 70 dans un genre baptisé Bubblegum Soul pour son côté léger, festif et dansant, parmi lesquels "ABC", "Mama's Pearl" ou "I'll Be There". Michael Jackson ne s'est pas encore exprimé sur cette reformation mais avait laissé entendre, lors de la sortie de la compilation King Of Pop à l'occasion de son 50ème anniversaire, qu'on aurait de ses nouvelles en 2009. Les fans se demandent aujourd'hui s'il faudra se contenter de cet album annoncé des J5 ou si Michael sortira cette même année, ce qui paraît assez peu probable, son premier album véritable depuis l'Invincible de 2001. Voodoo Funk : Afrique en force !![]() De plus en plus nombreux sont les groupes occidentaux qui s’inspirent des rythmes, tessitures, mélodies du continent africain. Citons Vampire Weekend évidemment, mais aussi, et depuis plus longtemps TV On The Radio, sans oublier Tortoise. Plus près de nous, c’est Mahjongg, C.O.C.O, Battles, Excepter, Mi Ami (les Ex-Black Eyes), Invisible Conga People, la découverte des Américains Italians Do It Better, les Français d’NLF3 ou encore les très arty Gang Gang Dance, inspirés autant par les volutes du maghreb et l'électronique d'avant-garde que par les musiques d'Afrique centrale (Cameroun, Tchad, Soudan, Congo), et dont la signature chez Warp ainsi que la sortie d'un nouvel album (Saint Dymphna) très prochainement (le 10 novembre), laisse à penser que nous aurons affaire à une révélation. Un engouement dont nous parlons longuement dans cet article et qui trouve un écho bienvenu sur Voodoo Funk, un excellent blog de passionnés proposant de nombreux enregistrements inédits, introuvables en Europe parce que ne bénéficiant pas de distribution ou tout simplement retirés du marché (voire appartenant uniquement au marché africain), sans parler des multiples K7 et vinyls white label pressés à 500 exemplaires.
Un site qui, à la manière des magazines Vibration - ou The Wire -, rappelle la richesse et la créativité qui affleure continuellement de cet immense continent. Entre les polyphonies vocales hallucinantes du Congo, le jeu de guitare unique de l’Afrique du sud et du Ghana (high life), les pianos à pouces amplifiés (Konono N°1), les rythmes d’une complexité et d’une profondeur sans commune mesure avec ce dont nous avons l’habitude même au sein de la scène techno la plus élaborée, où encore les artistes faisant aujourd’hui le pont entre folklore et futurisme, traditionnel et électronique (voir les compilations Congotronics), l’Afrique a décidément encore beaucoup de choses à nous apprendre.
Comme vous êtes des gens biens lecteurs de Flu’, voici donc le lien vers ce site quasiment pédagogique. Je sais que vous en ferez bonne usage. Tout le monde aime TV On The Radio...Oui, oui, surtout nous à Fluctuat, on les adore vraiment. Par contre, on n'aime pas Dear Science et quand on regarde un peu alentours, on se sent un peu seuls parfois... Peu importe, ce sont des choses qui arrivent. Si ça ne dérange pas les autres d'entendre leur groupe préféré tenter une ballade à la Coldplay, c'est leur affaire. On est bien tous d'accord sur "Golden Age", heureusement, que Tv On The Radio nous avait donné à entendre en avance sur son site juste pour nous faire croire que le reste de l'album serait au même niveau. C'est bas ça, messieurs. Je suis d'autant plus déçu.
Grace Jones : Funk cannibal![]()
On connaissait la propension toute personnelle à la metamorphose de Grace Jones durant toute sa carrière. Incarnation même du phénomène Queer, Jones n'est ni homme ni femme, ni humaine, ni machine, toujours un peu des deux, mais toujours troublante de séduction et de volupté. Sa carrière est à son image, insaisissable. Entre la reprise de "Warm Leatherette", un classique post-punk sado-maso interprété initialement par The Normal et "La Vie en Rose", il y a des mondes, nombreux et totalement hétérogènes, faute d'être hétérosexuels, que la Jamaïcaine n'a jamais hésité à explorer.
Alors, on peut dire et penser ce que l'on veut du revival disco sous ses atours mutant funk, punk funk, italo new wave et cosmic disco, reste qu'une fois de plus la créature revient avec un morceau stupéfiant incarné par "Corporate Cannibal", une vidéo dirigée par Nick Hooker. A 60 ans (si si !) la princesse de l'ère des clubs novö aurait pu nous la jouer nostalgique, c'est oublier son passé de grande prédatrice, elle qui a toujours su se couler dans les moules à la demande, mais bien souvent des moules fabriqués par elle et elle seule - ou bien par des génies comme Jean-Paul Goude, qu'elle finira par dévorer comme la mante religieuse qu'elle est. De fait "Corporate Cannibal" et son imagerie mutante impose à nouveau la diva comme une artiste hors normes, ridiculisant les Björk et consort dans leurs pathétique tentative de paraître différentes. Ce morceau qui évoque l'ambiance du Mezzanine de Massive Attack (autant dire pas le plus riant album du groupe de Bristol), avec qui elle faisait d'ailleurs réapparition sur scène en juin dernier lors du Meltdown Festival, est donc la mise en bouche d'un prochain album, intitulé Hurricane, coproduit avec Ivor Guest. As usual, des contributions de Sly & Robbie et de Brian Eno, vieux briscars et vieux amis de la dame, sont également évoqués. Autant dire qu'on attend la chose avec impatience...
Isaac Hayes est mort
Sans lui le label Stax aurait eu deux cent chansons de moins dont il pourrait être fier. Sans lui on jouerait sans doute la soul beaucoup plus vite aujourd'hui. Sans lui on se souviendrait de Dionne Warwick. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de rapper et on aurait en tout cas eu beaucoup moins à sampler. Sans lui le terme "bling" n'aurait jamais été inventé. Sans lui Pink Floyd n'aurait jamais vendu tant de millions de son Space Rock. Sans lui Otis Redding aurait eu moins de tubes. Sans lui un million de bébés n'auraient jamais été conçus. Sans lui Mr T, Barry White et Samuel L. Jackson ne seraient rien. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de mettre des violons dans le disco. Sans lui les musiciens noirs ne se seraient peut-être jamais lancés dans une course à l'égo. Sans lui, pas de Hot Buttered Soul.
Il va falloir faire avec, Isaac Hayes, 65 ans, a été retrouvé mort chez lui dimanche après midi. 1968, c'était hier pour moi aussi...Je contemplais l'idée d'honorer l'esprit de 68 en renonçant à tous mes idéaux pour m'installer dans un pavillon avec femme et enfants quand j'ai commencé à réfléchir. On reproche souvent aux baby-boomers d'idéaliser leur jeunesse et d'avoir imposé l'idée dans notre culture des années 60-70 comme pinacle de la musique pop et rock, comme une époque où on aurait tout inventé et qu'on ne ferait que copier aujourd'hui. Le pire c'est qu'ils ont été si convaincaints qu'aujourd'hui on se retrouve avec des groupes comme The Kooks qui jouent une musique résignée à ce soi disant état de fait. Peut-on évaluer l'évolution de la musique populaire depuis quarante ans ? Voilà un petit exercice : depuis 1968 il s'est passé autant de temps qu'il s'est passé autant de temps qu'entre ça...
(Bertold Brecht qui chante "Die Moritat von Mackie Messer" ou "Mack The Knife" ou "La Complainte de Mackie le Surineur", chanson de son Opéra de Quat'Sous dont la première a été donnée à Berlin en 1928) et ça.. (Sly & The Family Stone qui jouent "Dance To The Music" et "Higher" a un concours de talents en Ohio) On en est où aujourd'hui ? Dossier Mai 68 sur Flu James Brown était un indien
"Une nuit de l'été 2001, après qu'il l'ait recouverte de vaseline ("Il vous aimait complètement graissée",d it-elle. "Comme une côte de porc") et épuisée en essayant de jouir, il abandonna et quitta la pièce et Gloria s'est endormie. Quand elle s'est réveillée, M. Brown était debout au pied du lit, un long manteau de vison sur son torse nu, un chapeau de cowboy noir et un pantalon de pyjama en soie dont une jambe était fourée dans une botte de cowboy et l'autre pendait. Il avait un fusil à l'épaule et une bande blanche de crème sous chaque opeil. "Je suis un indien ce soir, bébé" annonça-t-il. "Viens, on va leur en donner." Puis il a laissé tomber un bocal de pièces sur le sol, lui a dit d'attraper une machette et est parti vers le garage. Il a pris la Rolls, conduit dix miles vers Augusta en zig-zaguant tout le long de la route, shootant des boites aux lettres, fumant encore plus de dope et criant qu'il était un indien."
J'ai hate de voir comment ils vont édulcorer ça dans le biopic. James Brown a été élevé dans un bordel. il considérait les femmes commes des objets, laissait même des "assistants" s'occuper des préliminaires. Il a aussi passé sa vie défoncé, se faisait régulièrement arrêté pour possession ou pour les comportements violents qu'entrainaient ses abus. Dans les biopics hollywoodiens de ces dernières années, l'idée principale est que ces types dont on nous parle ont le droit d'avoir plus de talent et plus de succès que nous parce qu'ils ont beaucoup souffert, ce qui leur donne aussi le droit de se droguer un peu et d'être un peu un salaud avec leur femme... du moment qu'ils finissent clean et gentils. James Brown ressemblait plus à un personnage de Scorcese. Aux dernières nouvelles Spike Lee devait faire le film, on peu espérer qu'il ne nous livrera pas une version trop expurgée du film mais avec toutes les personnes qui risquent de poursuivre le studio si elles n'aiment ce qu'elles voient d'elles à l'écran, on peut parier que les avocats du studio regarderont de près le scénario. Il va falloir marcher sur des oeufs. James Murphy & Pat Mahoney : Funky Homosapiens
Evidemment, James Murphy qui ne fait rien comme personne, prend ici des libertés avec l'image que la plupart des gens se font de lui. Murphy encore une fois, tourne le dos aux rumeurs qui font de lui un opportuniste uniquement motivé par la reconnaissance et la hype. Secondé par son comparse, le boss de DFA choisit d'exhumer une sélection impeccable de funk d'outre tombe et de disco gay obscur sur lequel flotte encore une odeur musquée de backroom mal ventilée. Pas de punk funk facile ici, pas d'electrorock bas de front, pas de velléités fluo qui piquent les yeux ou de titres vus ou entendus sur toutes les compilations mutant disco actuelles, non, rien que de la bonne vieille musique de dance (to the) underground, la vraie, celle qui sévissait sur les dancefloors de New York de 1976 à 1980. Murphy et Mahoney dégotent par exemple les trépidants "Beginning of the Heartbeat" et "Don't Don't", fameux titres du Love of Life Orchestra parus uniquement sur un single 12", sur lequels s'expriment entre autres, Arto Lindsay, Peter Gordon et David Byrne des Talking Heads, dont la guitare rythmique funky et sèche comme un coup de trique, accompagnée des distorsions géométriques de Lindsay, donnent tout son relief au morceau. Minimal electro funk (un "Primetime (Uptown Express)" pre-Detroit de Baby Oliver, "I Got My Mind Made Up" d'Instant Funk, "Adventures In Bickett Wood" de Mudd), funk à paillette ("Love Has Come Around" de Donald Byrd & 125th St, NYC, , "Lies", GQ), classiques indémodables ("I Feel Your Love Comin' On" de Chic, "Tell Me That I'm Dreaming" de Was (Not Was), tout ça fait à la main, avec en prime ce son compressé et approximatif généré par une bonne vieille Bozak, console analogique mythique et quasiment introuvable. Alors évidemment, on peut reprocher à cet album ses titres enchaînés comme une compilation plutôt que véritablement mixés par un James Murphy et un Pat Mahoney qui s'y connaissent visiblement autant que moi en matière de Djying, mais ce serait injuste, et surtout, hors-propos, Fabriclive 36 étant avant tout un effort de vrais fans de musique qui nous offrent et partagent tout simplement ce qu'ils aiment. Comme dirait Herbert Leonard, "pour le plaisir" et rien de plus". ; )
James Murphy & Pat Mahoney - Fabriclive 36 (Fabric/Pias) Strange Breaks & Mr Thing : American BoogieSur le site de BBE Music, le musicien et label manager Peter Adarkwah s'explique, "Mon idée avec BBE, c'est de fournir une plate-forme créative à mes producteurs favoris. La série existe grâce à une suite de coïncidences - une combinaison de hasards et de rencontres qui doivent beaucoup au pouvoir de la culture hip-hop. Cette initiative a été couronnée de succès car elle m'a permis d'intégrer au sein d'un même label les différentes influences qui m'ont inspiré jusqu'ici. La plupart des producteurs que j'admire ont de vastes collections de disques, de musique brésilienne, de rock, de jazz, de disco, de house etc. Avec BBE, j'ai décidé de donner à ces producteurs et musiciens, la possibilité d'exprimer toutes les facettes de leur talent". Et en effet, avec BBE Music (pour "Barely Breaking Even Records", soit "des disques qui dépassent à peine le seuil de rentabilité", en VO) Adarkwah illustre depuis maintenant 12 ans, une certaine idée de la culture black et de la musique en général. Celle du métissage et de l'ouverture, qui reste pourtant en constante connexion avec ses origines.
A suivre, puisque c'est promis, nous reparlerons de ce label riche et passionnant...
Mr Thing - Strange Breaks & Mr Thing
Erykah Badu de pochette en pochette
Fin Février, Nu Amerykah Part One : Fourth World War sera le premier album d'Erykah Badu depuis Worldwide Underground en 2003 (et encore, il n'était pas censé compter comme album, juste comme Ep malgré ses 50 minutes). J'ai entendu les premiers leaks par la fenêtre d'une voiture voilée qui est passée devant moi à toute allure sans que j'ai le temps de relever son numéro, et le disque s'annonce plutôt bien. Dans le clip du premier single "Honey", produit par 9th Wonder, on la retrouve en plein délire soul-funk 70's comme d'habitude mais avec un côté plus léger, chaleureux et ludique qu'à l'accoutumée dans la voix, les mots et les images. Ce n'est pas déplaisant du tout. Bon, maintenant, avez-vous reconnu toutes les pochettes pastichées ? Thriller, le mythique album de Michael Jackson fête ses 25 ans![]() Après les anniversaires, les anniversaires de mort, nos calendriers doivent maintenant compter avec les dates-anniversaires d'album. L'année dernière, on fêtait les 10 ans de l'album Ok Computer de Radiohead et les 20 ans de Joshua Tree de U2. Aujourd'hui très précisément c'est l'anniversaire de Thriller de Michael Jackson. Anniversaire qui est marqué par la réédition de l'album dans une vesion enrichie. Après 25 ans d'existence, on ne cesse de souligner ses qualités et les chiffres records qui y sont associés. En 1982, quand l'album sort il s'agit d'une petite révolution. Produit par Quincy Jones, Thriller est un déclic pour la musique noire américaine. Pop, funk, soul mais aussi disco, Thriller est clairement un album ancré dans les années 80. Les collaborations et les tubes que contient le disque en font un album impressionnant. Paul McCartney présent sur "The girl is mine", Eddie Van Halen, des membres du groupe Toto et aussi Vincent Price, acteur de films d'horreur. "Beat It", "Thriller", le fabuleux "Billie Jean" et le "Wanna be startin something" que Rihana ne s'est pas privée de sampler pour son single "Please don't stop the music". Thriller est dopé de tubes et arrive sur le marché du disque au moment opportun où le vinyle est à son apogée. A sa sortie, l'album a passé 80 semaines dans le top 10 aux Etats-Unis, a été certifié 27 fois disque de platine ; en 1984 lors de la cérémonie des Grammy Awards Jackson remporte 12 récompenses dont 7 rien que pour cet album. Il reste encore aujourd'hui l'album le plus vendu au monde. Les chiffres varient de 55 millions à 104 millions d'exemplaires. Disque de tous les records, disques aux influences multiples, Thriller et son single du même nom révolutionnent aussi le monde du clip. Pour ce titre, le chanteur fait appel à John Landis pour réaliser pas seulement un clip, mais un court-métrage célébrissime pour avoir fait danser des morts-vivants. Petit bijou, le clip sera largement diffusé à la télévision et parodié par la suite. Pour cette occasion, sort le 11 février 2008, une réédition avec 7 titres supplémentaires et autres bonus. Des remixes signés par des artistes de la jeune génération (Kanye West, Akon, Fergie et Will.i.am), un inédit issu de la session d'enregistrement originale et les clips de "Thriller", "Beat it" et "Billie Jean" sur la partie dvd. Cette ressortie va-t-elle doper les ventes et va-t-elle momentanément détourner l'attention que les fans portent à l'éventualité d'un nouvel album pour 2008. Bon anniversaire Thriller ! Pour ses 25 ans, Flu vous propose de découvrir cette nouvelle édition de Thriller en écoute spéciale cette semaine sur Radio Flu ! Luke Solomon : Freak out !
The Difference Engine tout d'abord c'est le titre d'un fameux roman steampunk (pour faire court, "du cyberpunk à l'époque des machines à vapeur", ou de la "science-fiction victorienne", si vous préférez) écrit à quatre mains par deux maîtres de la SF contemporaine, Bruce Sterling et William Gibson. Luke Solomon avoue s'être livré à une lecture assidue de l'œuvre, y piochant d'édifiantes leçons pour un premier album solo qui restera comme l'un des trucs les plus dingo qu'il nous ait été donné d'entendre dans le champ de la "house music". Attention, ce projet ne manque pas pour autant de cohérence, au contraire. Solomon se livre ici à une exploration en règle de plus de 30 années, de patrimoine électronique, saluant la fin des 70's, surfant sur les 80's et appliquant ça et là les idées retenues durant les 90's. On y retrouve donc des clins d'œil à l'acid house made in Chicago ("Skins"), des accents disco et italo bien sûr, de l'electro funk très moite également, sans oublier des hybrides inclassables, fruits de divers d'expériences inavouables. C'est en quelque sorte le lègue panoramique électro global de Mr. Solomon aux futures générations. "This record is a message to young people, to people under the age of 25", annonce-t-il d'ailleurs sur "The Beat Goes". Entièrement mixé, l'album s'aborde comme un vaste continuum électro house baroque et déjanté. Pour le coup c'est vraiment "A Weird and Wonderful Trip into the Mind of Mr. Solomon" !
Côté "weird" d'abord, l'Anglais s'est clairement donné pour mission de révéler la face tordue de la house. C'est le cas sur "Junkies And Whores", parfaite bande son pour coma éthylique ou abus de GHB, borborygmes inaudibles, boucles acides et "conscious, so conscious" répété comme un mantra afin de conjurer l'évanouissement qui nous guettera immanquablement sur le dancefloor. Autre sommet de groove bizarroïde, "Martin, A Cello And Me" évoque les déconstructions new wave arty du early Tuxedomoon, peu de funk, beaucoup de punk donc. Côté "wonderful", Solomon prouve qu'il est aussi capable de pondre de langoureux moments d'electro house vocale ("Top, Bottom", "People, places Thoughts And Faces"), hypnotique et presque pop ("The Different Engine"), des pièces minimales étranges ("The Darkest Secrets", une batucada éthylique et enjouée) suivies d'envoûtantes ballades electros vrillées, comme ce "Spirits" aux accents balearic délicieusement pervertis. Tout au long de The Difference Engine, Solomon reste maître d'une musique libre, intelligente et respectueuse. Libre quand il se permet un saxophone sur "The Beat Goes", intelligente quand il inclut un sample de l'écrivain William Burroughs sur "Open Fire", respectueuse dans son hommage au mutant disco de Liquid Liquid sur l'éponyme "Liquid" qui clôt le disque. Avec Solomon, le message est clair : à l'instar de la science-fiction rétrofuturiste du roman de Gibson et Sterling, il y a du bon à regarder par dessus son épaule et à jeter un œil dans le rétroviseur pour envisager la culture - et la musique - de l'avenir.
Luke Solomon - The Difference Engine (Rekid/Nocturne, janv 2008)
Solomon ne présente malheureusement presque aucun des morceaux de The Different Engine sur son profil myspace. Kasper Bjørke : Electronic voodoo land
In Gumbo a tout de l'ovni. Sorti de nulle part sous une pochette réellement intrigante, ce premier album solo de Kasper Bjørke (il est également membre du groupe Filure. Qui ça ? Ok, oubliez...) est la carte de visite plutôt salement emballante d'un artiste polymorphe au charisme certain. Je sais, ça sent la formule, mais croyez-moi, c'est totalement sincère. Ce Danois filiforme d'une trentaine d'années que l'on imagine raisonnablement aussi fan de Prince que d'electro classique, accouche avec du genre d'album jouissif que l'on garde par devers soi. Pas par égoïsme, mais avec un peu de honte, de peur de se heurter à l'incompréhension de ses amis. Il faut dire que cette grande bringue frisée ne nous mâche pas le travail. Comme beaucoup de ses compatriotes (au hasard, Oh no Ono), Bjørke flirte constamment avec les limites du
Si vous aimez le gumbo, cette soupe de la Nouvelle-Orléans dans lequel marine un peu de tout, vous y serez ici à votre aise. C'est chaud, épicé, varié, il y a plein de truc bizarre dedans et on ne s'ennuie jamais.
Kasper Bjørke - In Gumbo (Plant Music/Discograph, oct 2007)
James Brown, c'était il y a un an...Noël 2006, on découvrait nos cadeaux au pied du sapin et en allumant la télé ou la radio on apprenait cette triste, trop triste nouvelle. James Brown, the Godfather of Soul venait de mourir. Il avait 73 ans et est mort le jour de Noël, le jour de la naissance de Jésus. Une date de mort hautement symbolique pour ce chanteur qui était, avant même son décès, culte. Des albums à en pleuvoir, des standards plein le tiroir-caisse pour ce chanteur de soul-funk aimé de tous (ou presque ?!). A plus de 60 ans, James Brown avait encore la patate sur scène à en rendre jaloux les plus jeunes artistes. Aujourd'hui 25 décembre 2007, Fluctuat vous souhaite un Joyeux Noël et rend un hommage à JB ! Pour en savoir plus sur le Godfather, sa jeunesse, sa carrière, son succès et son influence dans le rap, lire la bio de James Brown. The Motorik sound of Pilooski Edits
Ce rythme si particulier, c'est justement celui qu'affectionne le Français Pilooski, "l'éditeur venu de l'est" comme le nommait à juste titre, Philippe Azoury, mon collègue de Tsugi, le mois dernier (Cédric Pilooski, puisque c'est son vrai nom, ayant des origines polonaises). De fait, qu'il s'agisse de Prince ou d'Alan Parsons Project, chaque morceau approché par Pilooski semble soudain avoir été écrit et composé par Can, ou Suicide. C'est particulièrement évident sur cette compilation à tirage limitée (1000 exemplaires en tout et pour tout) qui réunit une partie des maxis collectors du Français. Sur Dirty Edits vol. 1, on retrouve sa version du "Send Him Back" joyeusement frénétique des The Pointer Sisters, quelques interludes poétiques et étranges. Un cut de la "La Nuit du Chasseur" en intro, classe. "Le Petit Chevalier" une comptine parfaitement glaçante, ou l'inénarrable reprise de "Black Hole Sun" de Soundgarden, "Franck Sinatra-isée" par Steve and Eydie, mais surtout, des edits cultes du signor Pilooski, comme son travail sur "The Brain of Oscar Panizza" de Michael Bundt, un morceau rendu véritablement cosmique dans une total défonce krautrock, tout comme le "I Robot" d'Alan Parsons ou le "Get Up" du funkateer Edwin Star où l'on croirait entendre Alan Vega jammant avec James Brown ! Bien évidemment, Pilooski ne pouvait pas ignorer Can, et quand il s'attaque à "Mothersky", ses guitares suraiguës (la cinquième minute, gniiiiii !!), ses toms en furies, c'est véritablement l'heart attack qui nous guette ! Pour finir, l'album offre une version à la fois émouvante et hilarante de "The Wicked Game" de Chris Isaac par Les Reines Prochaines. Si vous ne connaissiez pas, c'est le moment de vous y mettre. Bref, il n'y a rien à jeter sur ce volume 1 des Dirty Edits et ceux qui s'étaient rués sur les maxis vinyles avant tout le monde le savent bien. Les autres devraient se dépêcher, il n'y en aura pas pour tout le monde. Quant à nous, on attend la suite avec impatience...
A propos, surveillez avec attention le profil myspace du bonhomme pour écouter ses nouveau travaux souvent proposés en ligne en avant première, et taper "Pilooski" sur le site Hype Machine qui répertorie tous les blogs musicaux qui proposent gratuitement ses édits.
Pilooski - Dirty Edits Vol.1 (Tigersushi/Discograph) Le thé au Harem de Guillaume & The Coutu Dumonts
Normal, puisque si Guillaume & The Coutu Dumonts est un nouveau projet, ce transfuge du fameux festival Festival Mutek de Montréal et protégé de son directeur artistique, Alain Mongeau, n'est pas moins à la tête d'un nombre étonnant d'initiatives, dont Egg (avec Julien Roy), Luci (avec David Fafard), Chic Miniature (avec Ernesto Ferreyra), Flabbergast (avec Vincent Lemieux) et j'en oublie. Sur Face à l'Est, l'exotisme des influences moyen-orientales ou africaines a beau être présent, le producteur privilégie constamment la subtilité. Ces influences sont plutôt là en filigrane, comme un souffle, uniquement audibles à celui qui sait écouter. Une exception pourtant sur "Les Gans", largement inspiré par la musique éthiopienne, où Coutu Dumonts réunit minimal house et jazz, et qui est une vraie réussite. Sa musique est à la fois très organique et très précise, presque mathématique, mais de ces mathématiques du chaos à la Villalobos (qui joue d'ailleurs régulièrement les maxis du Canadien). Elle joue sur les échos, la polyrythmie et les sons microscopiques. Sur ses morceaux les plus hypnotiques, Coutu Dumonts crée des espaces en apesanteur et des mélodies sous forme de nappes ou de bleep electronica. Des variations qui utilisent également les voix, donnant une teinte housey à des compositions qui gagnent alors en chaleur et surtout en sens, même si c'est souvent de manière subliminale. A ce propos, le Québécois m'expliquait récemment en interview : "L'Occident a les yeux rivés sur l'Orient (et le Moyen-Orient). Pour plein de raisons, je crois que nous courrons vers une confrontation si la machine ne se renverse pas. Parfois je crois que la musique électronique est un peu trop dépourvue de sens. Il n'est pas facile de passer un message lorsqu'il n'y a pas de paroles (quoique l'on retrouve du texte sur l'album). Sans vouloir passer un message politique... j'aime penser que le titre donne le ton à l'album. Pose une question en sourdine...Pour moi les artistes ne doivent pas faire de la politique mais une de leur fonctions est de poser des questions. Sagesse et transcendance, intelligence et goût du risque, réunis sur un même album, décidemment ce Coutu Dumonts est un cas ! Meilleur espoir 2007, pas moins.
A écouter sur son profil myspace "Don't Cheet With Concrete", "Yenon" et "They Only Come Out, tous trois tirés de Face à l'Est.
Guillaume & The Coutu Dumonts - Face à l'Est (Musique Risquée/Nocturne) Roxy Music vs Talking Heads : The same (good) old sceneDimanche en mode nostalgie ? Non, juste le (mon) petit revival Talking Heads annuel, mis en perspective cette année avec le Roxy Music de 1980, "The Same old Scene" (d'ailleurs excellement remixé par The Glimmers cette année) et "Life During Wartime" (1979) dans sa version live sur Stop Making Sense. Guitares, basses en avant, synthés, funky feeling avec du sens, les années 80 quoi. "Old is but good is". Deux fois 5 minutes (et des poussières) de bonheur pur. On reparle de Talking Heads très bientôt.
Albums cultes des géants du bizarre #24 : Pylon - Gyrate (Plus)
Avec Gyrate Plus, Pylon réussit l'exploit de vous faire effectuer les contorsions les plus sauvages tout en restant parfaitement rigide ! La dance du zombie quoi ! C'est la quintessence du disco punk américain, à la fois dansante et désossée, tel qu'entendue chez les tenants de la no wave new yorkaise, comme James Chance, DNA ou Bush Tetras, et dont le slogan pourrait clairement être : "Contort Yourself !". On peut aussi oser une autre comparaison en déclarant que, tout en cultivant le même sens du rythme monolithique et en jouant dans la même cour, celle du punk funk, Pylon c'est un peu ESG à l'os, sans les rondeurs et sans la soul. Deux groupes exécutant le même genre de musique à la fois funky et janséniste, mais dont les origines diamétralement opposées aboutissent au final à un résultat aussi totalement différent qu'étonnamment proche. C'est ce que j'appelle le paradoxe du funk blanc. Sur Gyrate Plus, le combo interprète donc une forme parfaitement froide et minimaliste du funk, mais il l'exécute avec une frénésie communicative et jouissive. Un peu à la manière de Talking Heads période Stop Making Sens, sans les apports ethniques "kora, sanza, balafon et blablabla" ! Musicalement on pense aussi au Wire de Colin Newman, si les Anglais avaient jamais su (et surtout voulu !) nous faire danser, ou encore à une troupe de robots répétant les tubes de Gang Of Four. Soutenu par la voix de félin famélique de Vanessa Briscoe Hay qui nous déchire littéralement le cœur sur "Feast on My Heart", Pylon balance ses bombes dancefloor disco punk avant l'heure, avec une telle facilité qu'on finit par se dire qu'il y a des chances pour que ce soit eux qui aient inventé le genre ! Leur musique aussi répétitive et saccadée soit-elle ("Cool", "Volume") n'en est pas moins rageuse et engagée (écoutez "Human Body", "Driving School" ou "Read A Book" !). Le groupe pond aussi de véritableS tubes en puissance, comme l'hypnotique "Dub", ou "Danger", le morceau que LCD Soundsystem aurait rêvé signer, et c'est ce qu'il a fait en quelque sorte puisque grâce à cette magnifique réédition tout le monde va pouvoir écouter Pylon. Loué soit DFA et son saint patron (on ne le dira jamais assez !)
Une fois n'est pas coutume, de nombreux morceaux (dont les excellents "Cool", "Stop it", "Volume" et "Danger 2", la version dub de "Danger", sont disponible à l'écoute sur leur profil myspace. PYLON - Gyrate Plus (DFA/Differt-Ant) Prince n'aime pas ses fans
La semaine dernière il envoyait ses avocats menacer les sites de fans www.housequake.com, www.princefams.com et www.prince.org de poursuite pour violation de copyright, demandant que soit retiré de ces sites toute musique, vidéo, parole de chanson ou image de Prince ou représentant Prince (jusqu'aux photos des tatouages à son efigie que se sont fait faire quelques fans). Non seulement il n'a pas légalement le droit d'obtenir tout ça mais ce qui choque c'est surtout que Prince s'en prenne ainsi à ses propres fans. Les fans, persuadés que le véritable but de Prince était de les faire taire et d'étouffer toute critique, ont créé le site Prince Fans United pour expliquer leur décision. Ils seraient en pourparler avec les avocats de Prince, tout devrait s'arranger selon eux... Sauf que Prince vient de créer le site Prince Fams United (la différence est dans le M) qui consiste en une simple page sur laquelle vous pouvez écouter le morceau "PFUnk", une espèce de longue diatribe à moitié incompréhensible adressée à ses fans : "La seule raison pour laquelle vous dites mon nom c'est pour avoir vos quinze secondes de célébrité, personne ne sait ce que vous faites vraiment" puis finalement "J'vous aime tous mais ne m'emmerdez plus jamais". Une série d'insultes ("big fat punk") et de menaces est réservée à un dénommé "Weemolicious". Les forums de fans débattent de son identité, plusieurs sont même persuadés d'être Weemolicious. Tout ça serait pathétique - Que dis-je ? C'est pathétique. - Tout ça serait uniquement pathétique si la chanson "PFUnk" n'était pas plutôt excellente, un vrai morceau de P Funk avec une méchante guitare funkadélique, des trompettes façon JB's et, parce que Prince est Prince, de l'hélium dans la voix et d'amusantes cochonneries jazzy sur la fin. C'est le genre de morceau que le nain pourpre est capable d'écrire et enregistrer d'une main en se curant le nez de l'autre et c'est pour ça qu'on l'aime toujours. Il a toujours été capable de ça, son problème aujourd'hui, c'est surtout que la plupart des morceaux sur lesquels il se donne de la peine ne sonnent pas aussi bien que ça. |
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