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Yacht présente la mixtape subconsciente de See Mystery Lights

Posté par Maxence le 14.11.09 à 10:23 | tags : new wave, punk, funk, électro

 

Retour sur l'excellent See Mystery Lights de Yacht, l'un des albums les plus spirituels et dansants de la rentrée. Nous savions Jona Bechtolt et Claire L. Evans gentiment "allumés" (et extrêmement cultivés quand il s'agit de contre-culture new age américaine), mais ce n'est rien comparé à la grande entreprise mystique dans laquelle les deux Américains se sont embarqués quelques semaines après la parution du disque.

 

Inspiré par la découverte en 2006 des "lumières de Marfa", un étonnant phénomène lumineux nocturne qui apparaît régulièrement au Texas en été, See Mystery Lights serait, selon ses auteurs (interrogés par votre serviteur) : "Influencée par le fait de vivre un mystère inexpliqué de cette envergure à une époque d'information scientifique omniprésente. Le témoignage d'une expérience transcendante. Il reste très peu de mystère et de magie dans ce monde et pour nous, ses lumières sont la métaphore de tout ce qui est inexpliqué ici bas. Et nos deux Yacht d'ajouter : Dans le cas de See Mystery Lights, l'intention était véritablement de faire un album dansant traduisant notre contact avec ses lumières inexpliquées. Notre musique est un message caché qui parle de ce phénomène, comment il a influencé nos choix par la suite, etc".

 

Mais bien sûr, See Mystery Lights est avant tout un album. Jona et Claire ont beau être des artistes multimédia, la musique n'en demeure pas moins leur principale référence. Aussi, ont-ils décidé de créer une mixtape qui nous éclaire sur les influences conscientes ou inconscientes qui ont participé à l'élaboration de l'album.

 

"Lorsque nous regardons en arrière et que nous observons notre musique comme un tout, nous découvrons alors des influences individuelles. Un cocktail de musiques et d'idées qui nous ont permis d'être ce que nous sommes. Depuis nous avons revisité l'album et avons essayé de notre mieux d'établir des parallèles entre la musique et nos vies. Pour cela nous avons composé une mixtape qui vient compléter chaque chanson de l'album et illustre peut-être comment nous avons fabriqué la musique de See Mystery Lights.", nous expliquaient-ils il y a quelques mois.

 

Cette mixtape, intitulée Anthem of the Trinity, comprend, entre autre, des titres de Terry Riley, Dinosaur L. (aka Arthur Russel), Outkast, Brian Eno, Joy Division, Tears for Fears, Nirvana, The B-52's, Bad Brains, Talking Heads et INXS, elle est disponible contre 5$ (paiement sur paypal) sur le site Teamyacht.com. Il est accompagné depuis peu d'un magnifique poster présentant ses influences - musicales et non musicales - sous la forme d'un arbre généalogique allant d'Aleister Crowley à Raoul Vaneigem en passant par Pier Paolo Pasolini, Star Trek VI : terre inconnue, Nikola Tesla, la secte des Davidiens Adventistes du 7ème jour (!) ou Alex Grey. Yacht distribue également un livre à la fin de ses concerts, The Secret Teachings of the Mystery Lights: A Handbook for Overcoming Humanity and Becoming Your Own God (L'enseignement secret des lumières mystérieuse : Un livre de poche pour le futur de l'humanité ou comment devenir son propre dieu).

 

Allez en paix, ou faute d'être totalement converti, courrez commander la mixtape, Anthem of the Trinity, sur le site de Yacht, car nos deux Américains ont beau être sérieusement "illuminés" si j'ose dire, ils n'en perdent pas moins ce fameux "esprit du capitalisme protestant" dont parlait Max Weber dans son livre éponyme (The Protestant Ethic and the Spirit of Capitalism) et ça c'est vraiment magique non ?! ;)




Zevolution : Ze Records Re-Edited

Posté par Maxence le 04.11.09 à 12:01 | tags : électro, funk, cover

 

 

Ze Records, fameux label punk-funk créé à New York par l'anglais Michael Zilkha et le Français Michel Esteban (Z+E = ZE), fête ses trente ans d'existence !


Pas une mince affaire, surtout que les genres affiliés à ce label mythique (punk-funk, néo disco, etc.) font aujourd'hui constamment la une des blogs et magazines grâce aux efforts continus d'une cohorte d'aficionados parmi lesquels LCD Soundsystem, The Juan McLean, Yacht, Padded Cell, le team de Horse Meat Disco, les Ecossais d'Optimo, l'animateur radio Tim Sweeney, les bardes nu disco venus du nord (Todd Terje, Lindstrom, Prins Thomas) ou bien, plus près de chez nous, des artistes comme Joakim et Tigersushi, le D.I.R.T.Y. Crew ou le magazine Trax.

 

Assurer la pérennité d'une musique aussi dansante que disloquée, telle fut la mission de Zilkha et Esteban, ces deux excentriques label owners, et ce depuis 1981, date de la première parution de ce qui restera comme la marque de fabrique de la structure : les compilations "Mutant Disco". Mais parmi les références proposées, on trouve également les exercices électros primitifs de Suicide, les cabrioles new funk de Kid Creole and The Coconuts, la disco funk de Was (Not Was), les classiques d'Aural Exciters, le pur punk-funk de James Chance (aka James White), le gimmick electro wave de Garçons et les bizarreries ethno punk de la Française Lizzy Mercier Descloux et la pop acidulée de Lio (oui, oui), celles plus rugueuses de son alter ego new yorkais, Cristina, ou encore les premières expériences de Bill Laswell et son groupe Material. Ze faisant en quelque sorte le grand écart entre Mudd Club (haut lieu de la no wave des 80's), Paradise Garage et le Palace parisien. Aujourd'hui, les curieux peuvent se procurer les trois volumes de la fameuse compilation Mutant Disco, vaste panorama qui témoignent de la richesse et de l'ouverture d'esprit d'une époque. C'est sous les highlights de ce label, que se développa le vrai son du New York, celui après lequel court encore aujourd'hui des pointures comme James Murphy ou Morgan Geist.



Histoire de fêter dignement ces 30 ans d'activité, Ze, accompagné des archéologues de Strut Records, sort une luxueuse double compilation au livret et packaging soignés, regroupant une bonne partie des hymnes du label. Des classiques auxquels viendra s'ajouter le 23 novembre prochain, un double LP (ou CD) de remixes et d'edits réalisés par les cadors du nu disco et punk-funk actuel. Dans la lignée du fabuleux edit de "Contort Yourself" par le duo de DJ Optimo, Richard Sen de Padded Cell, les Idjut Boys, Todd Terje, mais aussi Rub n' Tug, les gars des soirées Horse Meat Disco, le pionnier de l'edit Greg Wilson, le Français Pilooski et bien d'autres, se sont attribués un morceau de la discographie du label, rendant ainsi à "CéZar", ce qui lui appartient !

 

En écoute :

Material With Nona Hendryx – Bustin Out (Rub n' Tug Edit)

Téléchargez Flash Player pour lire cette vidéo

 

Pour plus d'infos, n'hésitez pas à visiter le micro-site Ze-Evolution







jj : african folk, love and ecstasy

Posté par Maxence le 02.11.09 à 18:10 | tags : youtube, folk, pop, funk, électro

 

Les plus vieux d'entre nos lecteurs se souviennent peut-être de la déferlante Soul ii Soul à la fin des années 80, surtout des fabuleux "Get A life" sur Vol. II (1990 - A New Decade) qui faisait suite à Club Classics Vol. One sur lequel figurait "Back to Life" (énorme), et qui annonçait sans le savoir Massive Attack, Tricky et toute la vague trip-hop de Bristol (ainsi que le Nu Jazz, eurk !). C'est à ces titres que l'on pense immédiatement en visualisant la vidéo de jj (en minuscule), groupe (?) suédois totalement inconnu dans nos contrées et à côté duquel nous sommes honteusement passés cet été au moment de la parution de leur album sobrement intitulé n°2.



Si le rapprochement entre les deux groupes peut sembler tiré par les cheveux, au moins en ce qui concerne la production, c'est en tout cas la même ambiance érogène qui règne sur le titre "Ecstasy" de jj et sur, disons "Back To Life" de Soul ii Soul. "Ecstasy" et son étrange vidéo floutée usant de tous les clichés outranciers du rap bling bling (La Vegas, costards, cadillac, chaudasses en mini-short et fourrure) est un titre d'autant plus étrange que l'album de jj lui, oscille entre ballade folk, rythmes africains et latinos, pop, nu balearic et intermèdes electronica, le tout produit de manière très organique et évoquant le syncrétisme d'un Cocteau Twins produit par Jazzy B et chanté par Georgia Hubley de Yo La Tengo (Si ! Ecoutez "Things Will Never Be The Same Again")



Anachronisme dans le paysage néo-folk contemporain, jj c'est de la soul blanche produit par des blacks nés en Suède (?), des folkeux suèdois produisant de la musique black, Neneh Cherry faisant son comeback sous un nouveau pseudonyme (après tout, elle est née à Stockholm en Suède et y réside toujours)... Pure supposition que tout cela car, il est impossible d'en savoir plus sur ce groupe. Ni le site de leur label (Sincerely Yours), ni Google ne donnent rien sur ce groupe. Reste la musique, un peu trop léchée à mon goût, mais il faut bien avouer que cet "Ecstasy" langoureux et souple comme un léopard au plumard, ne laisse pas de glace... A tester à deux, donc.

 




Bye Bye Bayou : LCD Soundsystem s'offre une reprise d'Alan Vega

Posté par Maxence le 29.10.09 à 09:40 | tags : cover, news, électro, funk
lcd soundsystem

 

" J'ai une relation malsaine avec les paroles de James Murphy. Je peux déclarer sans honte que je suis capable de réciter ses textes par coeur et j'affirme que chaque piste de LCD Soundsystem est capable d'aliéner toute personne qui s'y intéresse (en gros tout le monde). J'ai presque pleuré de joie quand Murphy a annoncé qu'il travaillait sur son nouvel enregistrement, et j'ai sangloté à nouveau quand j'ai su que sa première sortie serait une reprise d'un morceaux du premier album d'Alan Vega, qui est pour moi l'un des plus influents artistes de tous les temps ".

 

Voilà en quelques mots ce que déclarait il y a peu un blogger anglais sur son site. On ne sait pas ce qu'Alan Vega lui-même a pensé à l'annonce de la sortie de "Bye Bye Bayou", titre issu de son premier album solo éponyme de 1980 et premier single à paraître le 7 novembre, qui annonce la sortie en mars 2010 du prochain LCD Soundsystem, mais on ne peut que partager l'enthousiasme un peu bitchy du critique amateur britannique. James Murphy nous donne bel et bien des orgasmes auditifs !

 

Alors c'est peu dire que l'on attendait ce morceau, un morceau, n'importe quel morceau, pourvu que James Murphy, "The Murph", nous donne notre content de rythmes à la fois robotiques et nonchalants, de textes ironiques et de références à toutes les musiques qui nous font vibrer, du disco au krautrock en passant par le post-punk et le punk-funk.

 

Avec ses presque 8 minutes hypnotiques, son rythme ultra-répétitif, son texte annoné d'une voix éteinte et ses effets spéciaux inquiétants ("woof, woof, woof" font les hélicoptères), "Bye Bye Bayou" semble vouloir incarner la quintessence du "Soundsystem de LCD" version 2009, et il existe un mot pour ça : addictif ! "Repetition, repetition, repetition, the only way to transcend life and reality", comme je l'écrivais il y a peu sur Facebook (et oui, moi aussi, rrmhmmh, mais passons...), soit tout ce que l'on aime chez ce groupe et qui nous fait déjà saliver en pensant à l'album à venir.

 

En attendant, après une offre de téléchargement gratuit proposé par Murph' lui-même sur le site officiel du bonhomme (et malheureusement rapidement épuisée puisqu'initialement limitée à 200 downloads), il est à nouveau possible de trouver le titre en mp3 de bonne qualité puisque le leader maximus de LCD Soundsystem l'a proposé au webzine Pretty Much Amazing, for free ! Enjoy !

 

En écoute en streaming : "Bye Bye Bayou" par LCD Soundsystem.

Téléchargez Flash Player pour lire cette vidéo

 




En images : ces albums qui n'ont jamais vu le jour

Posté par Shangri La le 21.10.09 à 16:14 | tags : music biz, label, soul, rock, pop, hip hop, funk, en jpeg

Ce n’est pas une nouveauté : maisons de disques et artistes se retrouvent régulièrement dans des situations de conflit, où ils se chamaillent sur des sujets plus ou moins cruciaux quant à l’avenir d’un album : tracklisting, promotion, teneur des paroles. Dans le pire des scénarios, les différends sont tels que l’album en question ne voit même pas le jour, avec de fâcheuses répercussions sur une partie ou l’autre. Quand en 2000 un type de chez Columbia refuse à 50 Cent la sortie de son premier album, arguant qu’un artiste qui vient de se prendre 9 balles dans le buffet risque plus de devenir une source d’ennui qu’autre chose, il est fort à parier qu’il s’est mordu les doigts en voyant quelques années plus tard Get Rich Or Die Tryin se vendre à 12 millions de copies à travers le monde.

 

Plus tragique, le destin du rappeur américain Ras Kass, dont le 3ème album ne verra finalement jamais le jour pour de sombres histoires de fusion de labels, ce qui aura pour effet de mettre un coup d’arrêt à sa carrière : il n’a depuis sorti que des mixtapes, sombré dans la drogue et passé pas mal de temps derrière les barreaux. Mais les responsables de ce type d’échecs qui rendent fous les fans ne sont pas toujours les mêmes grands méchants de l’industrie musicale. Connus pour défendre leur patrimoine bec et ongles, les Beatles ont notamment empêché la sortie d’un best-of de titres exclusifs issus de différentes sessions d’enregistrement, qu’EMI a désespérément essayé de sortir en 1985 sous le nom de Sessions. Quoi qu’il en soit, entre les versions bootleguées disponibles sur le net et les morceaux casés sur des albums suivants, très peu de titres demeurent aujourd’hui introuvables, et souvent ces albums avortés ont donné une certaine aura à des chansons, comme le désormais célèbre "Andrew’s Blues" des Stones. Flu vous propose un petit tour d'horizon en images de ces albums jamais sortis.

 

 




Prince fait sa revue de tubes au Grand Palais

Posté par Myosotis le 13.10.09 à 09:50 | tags : pop, funk, live, youtube

C'était évidemment l'événement du weekend pour les 11 000 personnes qui avaient réussi à décrocher un billet (très cher) pour l'un des deux concerts de Prince et un sujet de curiosité pour tous les autres. 11 000 places vendues en 77 minutes : pas mal pour la France mais pas si remarquable que ça, disaient les mauvaises langues si l'on considère que Prince n'était pas venu à Paris depuis longtemps et que l'événement avait bénéficié par ricochet (la mort de qui vous savez) d'un maximum de publicité.

 

 

 
 

 

Si les spectateurs lambda s'enthousiasment dans la presse matinale ("super, que des tubes" et blabla, "c'est un génie, il a revisité toutes mes chansons préférées en les déstructurant à mort" ouais), les forums de fans sont plus mitigés : usine à tubes, sorte de best-of composite, peu de chansons du dernier né Lotus Flow3r, son assez médiocre et public Mickey Donald et moi. Un premier concert d'un peu moins de deux heures et un second qui était beaucoup plus efficace et intime paradoxalement. La magie était bien là et Prince a pu montrer aux Parisiens qu'il restait le meilleur entertainer du monde. "This Is It", hurlaient certains intelligemment à la sortie du Grand Palais. "This Is It" ! Les set lists des 2 concerts qu'on reproduit ici en attestent : Prince a offert à Paris une cargaison de tubes plus grosse que le Ritz, traversant les époques comme un Leprechaun à guitares, fonçant vers son arc-en-ciel pourpre en Monsieur Loyal des après-midi finissantes. Spectacle ou grand spectacle. Spectaculaire ou show-off comme on dit d'une roucoulade superflue de Ronaldo ou d'un manteau panthère trop haut porté. A vous de choisir, quel Prince vous êtes.

 

Les optimistes sont ressortis avec le sentiment d'avoir vécu un moment rare et exceptionnel (ils ont eu raison), les sceptiques et rabats joie auront eu le sentiment de passer sous un rouleau compresseur (ils ont eu raison). Y a-t-il une alternative, lorsqu'on a trente ans de carrière derrière soi et qu'on connaît le succès international, à produire ce genre de spectacles ? On répondra que Prince n'a pas changé ses pratiques depuis des années. Une exploration sommaire des milliers de concerts que l'on peut trouver sur la toile en atteste : il a toujours joué de cette manière, panachant les créations du jour, les tubes, les vieux titres, sans réfléchir à un agencement particulièrement marketing.

 

L'après-midi :

1999
I Feel For You
Controversy
Sexy Dancer, enchaîné sur Le Freak (reprise de Chic )
Why U Wanna Treat Me So Bad ?
Take Me With U
Anotherloverholenyohead
Raspberry Beret
Girl (acoustique)
All Day, All Night (itou)
I Could Never Take The Place Of Your Man (itou)
The 1 U Wanna C (itou)
Sometimes It Snows In April (itou)
Mountains
Everyday People (reprise de Sly & The Family stone )
I Want To Take U Higher (pareil je crois )
Without Love (reprise des Doobie Brothers )
Play That Funky Music
Partyman (BO de Batman, hé ouais)
Shake your body to the ground
What have you done for me lately

Uptown
Let's Work
Kiss
Cool

Cream
U Got the look

 

En soirée :

1999 (incomplète)
I feel for You
Controversy
Sexy Dance / Le Freak
Controversy (le totu enchaîné)
Why U Wanna treat me so bad ?
Take me with U
AnotherLoverHoleinyohead
Guitar
Raspberry Beret

I Could never take the place of your man
The 1 U wanna C
Sometimes it snows in April
Mountains
Shake Your Body Down
Everyday People
I Wanna Take U Higher
Long Train
Play That Funky Music
All the Critics love U In Paris

Dance 4 Me
No More Candy 4 U

Purple rain (très belle version).

 

 

 




Matias Aguayo : Aïe, aïe, aïe !

Posté par Maxence le 08.10.09 à 11:06 | tags : pop, funk, électro

 

Si on m'avait dit que j'écrirais du bien de Matias Aguayo en 2009, après son single boutade house-pouèt-pouèt dénonçant la minimal techno l'an dernier (souvenez-vous "Basta Ya La Minimal"), je ne l'aurais pas cru. Et pourtant, il faut se rendre à l'évidence, Ay Ay Ay, le prochain album d'Aguayo à paraître à la fin du mois (le 26 octobre pour être précis) est une bombe ! Le genre de disque obsédant qui hantera cette fin d'année et passera certainement la suivante à nos côtés.

 

 

Il faut avoir vu Matias Aguayo sur scène, avec ou sans Roccness, pour comprendre le trip de ce germano-chilien (encore un !) fou de rythme. En effet, ceux qui ont eu la chance de le voir jouer son album Are You Really Lost (paru chez Kompakt en 2005) avec son compère aux Nuits Sonores de 2006, retrouveront sur Ay Ay Ay la même ambiance hypnotique, la même folie à peine contrôlée que nous avions alors constaté sur scène.

 

 

A la manière d'un Alan Vega de Suicide qui aurait troqué le caniveau de New York pour ceux tout aussi moites de Santiago du Chili, Aguayo en solo génère, seul avec son micro et quelques boucles, une atmosphère de fête païenne quasi-tribale. Sur un album où plane l'ombre de toutes les musiques rythmiques du monde (africaine, latino, electro), l'ex-Closer Muzik lance des phrases hypnotiques, s'enivre de beat et de mot, nous faisant doucement glisser dans une trance discoïde complètement ivre. Un pur moment de bouleversement des sens pour celui qui osera s'abandonner.

 

 

Autant dire qu'Ay Ay Ay est un grand disque, plus que ça même, une performance. Quand à ceux qui sont déjà accros à l'obsédant et hypnotique "Walter Neff", présent sur l'excellent volume 10 de la compilation Total Kompakt, impossible d'en douter, ils vont adorer Ay Ay Ay !

 

 

Pour mémoire, "Walter Neff", dernier single en date de Chilien chez Kompakt :

 

 





Sorcerer : Fan des années 80

Posté par Maxence le 06.10.09 à 16:57 | tags : funk, pop, électro, vidéos musicales

 

Sorcerer ne pouvait voir le jour qu'en Californie dans les années 2000. Il faut être né à la fin des années 80 en effet, et être passé à côté du principal de cette décennie aussi immorale, clinquante et politiquement conservatrice que subversive et puissamment créative, pour être nostalgique à ce point d'une ère que l'on a pas connue.

 

Sorcerer est le projet solo de Daniel Judd - moitié du duo Windsurf qu'il forme avec Sam Grawe de Hatchback, un duo dont la musique est déjà profondément sous-tendue de références 80 (voir le vidéo clip évocateur de " Weird Energy " maniant avec un bonheur évident tous les clichés que l'on associe généralement à cette période). Un Daniel Judd dont nous célébrions déjà le premier album, White Magic, il y a un an, encensant son mélange de funk blanc, de krautrock, de balearic, d'italo disco et de pop instrumentale. Avec Neon Leon, nouvel album au titre dadaïste qui vient d'atterrir dans les bacs, Sorcerer se vautre une nouvelle fois dans la coolitude de pacotille d'une époque où le bon goût avait laissé la place au goût du luxe. Pour donner une comparaison extra-musical, disons que les vibrations hédonistes qui résonnent sur les disques de Judd sont aussi évidentes et subtiles que les refrains entêtants accompagnant les héros et héroïnes des séries télévisées de l'époque.

 

En effet, pour réellement apprécier Neon Leon, nul besoin d'avoir vu l'intégral de Magnum, Hawaï Police d'Etat, K2000, l'Agence Tout Risque, l'Amour du Risque et Miami vice - Deux flics à Miami, mais ça aide. Surtout qu'en ce qui concerne ces références justement, Judd est visiblement gavé jusqu'aux oreilles de BO de série d'époque. Sa musique est un hymne continu au riffs de guitares jazzy et synthétiques, aux batteries électroniques et aux boites à rythme les plus cheap enregistré sur K7 Chrome, sans oublier ça et là, un fantasme de saxophone hantant parfois ses tracks languides et déhanchés. Parcouru d'accélérations équivoques et de plages de béatitudes maritimes (le mot " plage " étant à prendre au sens propre, ici, Daniel Judd glissant toujours ça et là un sample de vague léchant le sable, histoire de nous rappeler aux bons souvenirs de son mini-tube, " Surfing At Midnight "), Neon Leon évoque une ballade nocturne en Ferrari Fiorano 599 GTB, les cheveux dans le vent sur une autoroute côtière Californienne.

 

De quoi reprendre son souffle entre deux rendez-vous de la rentrée. Autant dire qu'en ces temps de stress et d'obligations incontournables, la musique de Sorcerer est à la fois une bulle d'air, et une machine à voyager dans le temps dont on ne saurai se passer. Illustration en image avec la vidéo de ce "Push To Freeze" réellement délectable, un hommage aux séries Japonaises qui hantèrent notre enfance/adolescence, cette fois (souvenirs, souvenirs) :

 




The Phenomenal Handclap Band : Retour du funk acoustique !

Posté par Maxence le 30.09.09 à 09:36 | tags : funk, psychédélique, youtube

 

 

Ne vous fiez pas à son apparence, The Phenomenal Handclap Band est un groupe black ! Si, si ! D'ailleurs l'album éponyme à paraître le 19 octobre prochain chez les Allemands de Gomma vous le prouvera : ces sept-là ont autant de groove soulful dans la peau que Chic, The Temptations et The Hues Corporation à la grande époque de 1975 ! J'exagère à peine !

 

Supergroupe formé de Daniel Collas ("The Witch Doctor") et de Sean Marquand ("The Medecine Man"), The Phenomenal Handclap Band bénéficie également du savoir faire de Jon Spencer des Jon Spencer Blues Explosion (oui, oui) de Jaleel Bunton de TV On The Radio, Nick Movshon, bassiste au sein du groupe d'Amy Winehouse et de Luke O'Malley, officiant initialement avec Mary J. Blige. Groupe auquel il faut ajouter une icône féminine du rap, Lady Tigra de L'Trimm.

 

Autant dire que nous n'avons pas affaire à des amateurs et il faut bien avouer que ce septette (octet selon les besoins en choristes) new yorkais, dans sa tentative réussie de renouer franchement avec le disco funk acoustique des 70's teinté de R&B (pour rythm'n'blues, pas R'n'B), ne peut que déchainer l'enthousiasme des amateurs de bonnes musiques black, et des autres. Le big band est d'ailleurs plébiscité par James Murphy de LCD Soundsystem, mais aussi par Tim Sweeney, In Flagranti, Munk ou encore le rappeur extrémiste Rammellzee.

 

Psychédélique, disco, cosmic, funky, soul, rythmes afros et même latinos avec un poil de rock et de pop trempés dans un grand bain d'acide, la recette du The Phenomenal Handclap Band s'inscrit dans la lignée des grands groupes funk psychédéliques et le disco acoustique, les Parliament, Funkadelic, KC & The Sunshine Band et Chic bien entendu. Guitare wah-wah, grosse basse rebondie, piano et claviers analogiques (welcome Fender Rhodes, Hohner, Wurlitzer, Clavinet !), tout est là pour réussir le pari tenu par ce groupe phénoménal. Ne manquent que les cordes !

 

Aussi virtuose que "Cool as fuck", The Phenomenal Handclap Band se déguste d'autant mieux en live, en témoigne cette vidéo captée au Rivington Lounge à New York.

 

 




Les jolies choses #1 : RVNG présente The Purple Brain

Posté par Maxence le 11.09.09 à 16:08 | tags : électro, psychédélique, funk

 

L'ère est à la fois à la dématérialisation et au retour du vinyl, tout le monde le sait. Deux courants antinomiques qui cohabitent pourtant sans réellement se concurrencer. Le grand perdant dans tout cela, c'est l'abominable CD, objet de toutes les haines. Le CD, c'est laid, le CD, c'est fragile, le CD, c'est petit, bref, le CD a TOUS les défauts.



Il fallait quelques furieux pour tenter de réhabiliter la chose maudite, et qui mieux que les iconoclastes du micro-label new yorkais RVNG! Intl pour se lancer dans une telle aventure ? Cette structure tenue par des fers de lance de la scène nu-disco, krautpunk funk de la grosse pomme propose en effet depuis 2004, une série de mix inédit, produit en quantité limité et à commander via paypal sur leur site. Parmi les selectors invités on trouve l'animateur de radio de Beat in Space Tim Sweeney, le patron du label Italians Do It Better Mike Simonetti, JD Twitch d'Optimo (pour un mix punk hardcore absolument dinguo, dont nous parlions ici) ou encore des pointures telles que Betty Botox (autre incarnation d'Optimo), In Flagranti, le roi de l'edit Greg Wilson et les dissidents de DFA, Mock & Toof.



Purple Brain, la dernière parution en date de ce merveilleux petit label consiste en un 45t d'edit afro-beat et nu-disco tendance horrifique, accompagné d'un CD mixé, comprenant des edit absolument stupéfiants de Jimi Hendrix, Stereolab & Nurse With Wound, Irmin Schmidt (Can), Gong, le funk 70 engagé de Barry DeVorzon et d'autres formations plus obscures encore. Le tout est emballé dans un magnifique poster purple et le tirage ne comporte que 500 exemplaires ! N'hésitez plus, ruez-vous sur cette jolie chose qui fera certainement très bien dans toute discothèque digne de ce nom. A bon entendeur (ou " bon auditeur ")...



En prime, un petit teaser de la chose, créé par le duo Purple Brain himself :

 




Chromeo DJ Kicks : pure 80's electro funk shit !

Posté par Maxence le 09.09.09 à 15:16 | tags : funk, électro, news, vidéos musicales

 

Oui vous l'avez sans doute compris ce titre est à double sens. Pour nos amis anglais cette expression, "pure shit", veut généralement dire que l'objet ainsi qualifié "déchire". Pour nous autres Français, toujours aussi compliqués, l'expression revêt un gouffre d'ambiguïté : "de la pure merde" ou "de le bonne grosse merde" ? Et même traduit en français, avouez que cela sonne étrangement.


Dans le cas de Chromeo, cela ne résout pas vraiment le problème. Avouons-le, ce concept duo est un peu terrifiant quand-même ! Si les Québécois peuvent sembler affiliés, au départ, aux amateurs de funky music rigolote tendance, disons... DFA, ils font aussi parfois preuve d'un peu trop de zèle dans leur délire revival 80. P-Thugg et Dave 1 incarnent en effet ce qu'il y a de pire dans la musique de cette époque. Le trip Georges Benson, Quincy Jones, riffs de guitare machos, talkbox, arpèges de synthés high-energy tendance "Flashdance", "What a Feeeeling" et mocassins à glands.


Et pourtant, le duo est aussi à l'origine d'un des plus beaux albums kitsch 80 de ces dix dernières années, l'époustouflant Fancy Footwork, avec ses tubes imparables "Tenderoni", l'éponyme "Fancy Footwork", "Momma's Boys" mais aussi "My Girl is Call Me (A Liar)" ou "Outta Sight". C'est donc avec une inquiétude légitime que l'on se penchera leur opus de la série DJ Kicks (initié par le label allemand Studio !K7), espérant le meilleur, s'attendant pourtant au pire.


Au final, cette sélection Chromeo à paraître à la fin du mois (le 28 septembre) s'avère égale à elle-même : oscillant entre tracks impeccable (l'intro "Ikeya-Seki" de Kano), surprises agréables ("Solar Atapex" de Chateau Marmont) et moments forts ("Pipeline" d'Alan Parsons Project) et pur moment d'horreur ("Tes Yeux" de Diane Tell, ou "J'aime Danser avec Toi" de Pierre Perpall – qui le mérite, le pal !) Et dire que Justice s'est vu refuser un mix chez Fabric pour un Julien Clerc et un Daniel Balavoine...


"Pure 80's electro funk shit" on vous disait !

 

En prime le clip du très bon (et très kitsch) "Fancy Footwork" tiré de l'album éponyme :


 




Le nouveau Boys Noize en mode power !

Posté par Maxence le 08.09.09 à 14:53 | tags : électro, techno, funk, youtube

 

Disons le tout net, nous ne pensions jamais écrire ses lignes, mais il faut bien l'avouer, le nouvel album de Boys Noize (à paraître le 7 octobre prochain) est vraiment très bien !


Si Boys Noize, de son vrai nom Alexander Ridha, est toujours aussi amoureux des compos à la géométrie déchiquetée et des breaks tarés parcourus de gros frissons électros compressés, il dévoile avec Power un talent remarquable (et inattendu) pour des mélodies électroniques (presque) raffinées et une sensibilité quasi électro-funk. Boys Noize en héraut d'une certaine mélancolie électronique début de siècle (qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle, fin de siècle des productions d'un label comme Warp), qui l'eut-cru ? Certainement pas nous, à une époque où nous rangions le projet de l'allemand dans le même sac que les bourrins Justice ou Digitalism. Mais les temps changent et il faut bien évoluer n'est-ce pas ?


Du coup, Power risque d'être la grosse surprise de cette rentrée 2009, un album que nous n'attendions pas particulièrement à Fluctuat, mais qui recèle au final des trésors de subtilités et surtout, qui illustre particulièrement bien la musique de notre époque schizophrène, constamment partagé entre évanescence, dématerialisation et un besoin plus terre à terre (même si également transcendant) de danser.


En avant première, le clip de "Jeffer", l'un des titres charismatique tiré de Power :

 




James Murphy : mes disques m'ennuient

Posté par Maxence le 26.08.09 à 11:21 | tags : funk, électro, rock, punk

Interrogé par le journaliste de Resident Advisor Nick Sylvester, dans son studio de Los Angeles où il prépare actuellement son troisième album en compagnie de Rick Rubin (Spank Rock, Red Hot Chili Peppers, Run DMC, Justin Timberlake, Saul Williams...) James Murphy, leader de LCD Soundsystem affirme être parfois "lassé des disques qu'il passe en soirée ", voire même "éprouver un certain ennui vis à vis du djing" et de ses contraintes.

 

On se pose en effet souvent la question quand il s'agit de personnalités (artistes ou journalistes d'ailleurs) à la culture musicale a priori sans bornes et aux projets variés : "Comment peuvent-ils continuer à se passionner aussi longtemps ? Comment arrivent-ils à poursuivre leurs activités avec la même ferveur, la quarantaine - et même plus - parfois largement dépassée ?". On sait à quel point l'exercice du dJing peut être éprouvant et parfois peu gratifiant. Il n'est pas difficile d'imaginer un ras le bol, même momentané, des plus enthousiastes. En but à tous les raseurs, sous la pression de toutes les hypes, il doit rester intègre tout en continuant à cultiver une curiosité sans limite.

 

Le DJ est souvent caricaturé dans les grands médias, ceux-ci ne connaissant que ses spécimens les plus populaires. Pourtant, l'art du dj set a connu un certain bouleversement avec l'arrivée de gens comme Murphy justement, ou encore Soulwax, Yvan Smagghe, Joakim, Andrew Weatherall, Tim Sweeney ou Optimo. Des gens venant du rock et dont la vocation est aussi de faire danser ceux qui n'en avaient pas l'habitude au début des années 2000. Ou inversement, d'établir des dj set dont le but n'est absolument pas la danse (comme c'est souvent le cas des Ecossais d'Optimo). Aujourd'hui le dj n'est plus seulement un expert du mix, sa sélection elle aussi, doit être irréprochable, ouverte, excitante. Les frères Dewaele arguant même régulièrement qu'un bon dj est plus "un bon selector", qu'un artiste du mix connaissant tous les trucs à base d'enchainements coulés habituellement exigés.

 

Dans ce long et passionnant interview, James Muprhy se pose en exemple de cette génération qui n'a pas de racines dans la techno ou la house, mais qui y est venue par le biais de la new wave, de la musique industrielle et du rock. "Passer des disques qui déstabiliseront l'auditeur", "avoir parfois envie de cesser de passer ceux que tous ses collègues passent", "plonger dans les racines véritables de la musique et ne pas se contenter des edits et des remixes" (comme c'est le cas aujourd'hui avec le disco), voilà entre autre, quelques sujets abordés par l'un des artistes les plus influents de son époque. A ne pas manquer sur Resident Advisor pour bien commencer la rentrée (Attention, cependant, anglais "lu, parlé, écrit", exigé).

 

 

James Muprhy "harcelé" par les puissants : "Alleeez James, tu passes David Guetta !" (Ici, Richard Branson, fondateur et ex-patron de Virgin)




DC Recordings : Death Before Distemper, et de 4 !

Posté par Maxence le 22.08.09 à 12:04 | tags : news, hip hop, funk, électro

 

C'est confirmé, c'est bien Kelpe, la créature lutine et subaquatique de DC recordings (dont nous chroniquions l'album ici), qui prendra les manettes du quatrième volume de la collection Death Before Distemper proposée tous les ans par l'excellent label londonien, à paraître le 7 septembre prochain.

 

Un quatrième opus nettement plus abstrait et moins (néo) disco que les précédents qui voit ce chantre d'une electronica très originale et teintée de funk, se pencher sur les racines électro hip hop du label en faisant honneur à son fondateur, J Saul Kane, aka Depth Charge (pas moins de 6 morceaux du maître sélectionnés si l'on excepte ses multiples autres incarnations...) sans pour autant négliger l'aspect electro funk rugueux et analogique qui fait la réputation de DC Recordings ! Death Before Distemper 4 est un vrai mix album (48 morceaux pour 46 minutes !), extrêmement virtuose, bardé de scratch et de break absolument furieux, l'ensemble formant un hybride détonnant entre l'habituel kraut-disco proposé par son label d'accueil et les divagations expérimentales du platiniste Kelpe.

 

Rappelons que les précédents volumes n'étaient pas moins bons : Death Before Distemper 1 étant une compilation de morceaux phares, Death Before Distemper 2 (Revenge of the iron Ferret), une sélection d'inédits et Death Before Distemper 3 (For a Fistfulof Ferrets), un exercice de cosmic disco psychédélique absolument bluffant mené de main de maître par le duo pionnier Idjut Boys.

 

Après l'acclamé Ex-Aquarium, sorti chez DC Recordings l'an dernier (accompagné quelques mois plus tard d'Extraquarium, un mini-album de remixes, offert au format numérique, de Zombie Zombie, Wes Coats, The Oscillation et The Boats) Death Before Distemper 4 est aussi une manière d'annoncer le prochain album de Kelpe à paraître en octobre 2009. Quoiqu'il en soit, encore une bonne pioche pour ce label pour l'instant exemplaire !




Peter Kruder nous fait visiter sa discothèque

Posté par Maxence le 21.08.09 à 10:08 | tags : funk, électro, dub

 

Talk Talk, Tortoise, Chateau Flight, Japan, Craig Armstrong, Bernard Herman ou encore "Sleazy Rider", un morceau composé avec son compère Dorfmeister, c'est (entre quelques autres) la sélection que nous invite à découvrir Peter Kruder, le dandy envapé du downtempo viennois des 90's sur ce premier et sympathique volume des G-Stone Master Series.

 

Certains se souviennent certainement du bonhomme. Comme DJ, il nous avait offert en duo avec un autre Autrichien languide, Richard Dorfmeister, les plus beaux moments du trip hop de la décennie passée. Entre remixes dub de Depeche Mode ("Useless" sur The K&D Sessions TM) et fabuleuses perles electro-dub made in germany ou made in britain (Rocker Hi-Fi, Rainer Trüby Trio, Roni Size, Sofa Surfers, etc), Kruder & Dorfmeister étaient un peu les Thievery Corporation germaniques (en plus bobo).

 

Sur ce G-Stone Master Series vol.1, Kruder nous prouve qu'il n'est pas uniquement le chantre du downtempo que l'on imaginait, mais que ses goûts vont aussi du jazz au post-rock, en passant par la house, la pop, le disco cosmic et le funk. Pas vraiment un retour par la grande porte, mais l'annonce d'une bonne compilation à écouter en terrasse cet été.

 

En souvenir, retour sur ce "Useless" impeccable, sur lequel la synth-pop de Depeche Mode se fait mollement violence et accueil voluptueusement les rythmes enfumés de K&D. Culte !

 




Antipop Consortium : après la reformation, l'album !

Posté par Maxence le 10.08.09 à 11:05 | tags : électro, hip hop, funk, news

antipop consortium

 

L'heure est aux reformations. Plus ou moins prestigieuses, plus ou moins pertinentes, plus ou moins sincères... L'annonce de la reformation d'Antipop Consortium, groupe culte du hip hop des années 90, pouvait passer pour une nouvelle association de malfaiteurs... erreur ! Grossière erreur !

 

Qu'on se le dise, le retour d'Antipop Consortium sur les platines en 2009 est bel et bien LA reformation que l'on attendait tous en cette époque de hip hop agonisant et de polémiques stériles sévissant dans le milieu du rap. Invitant en guest star Roots Manuva sur le fulgurant et dérangé "NY to Tokyo", Beans, M.Sayyid, Earl Blaize et High Priest signent un album fracassant, réussissant l'exploit de renouer avec les racines du rap tout en projetant la mixture beat, break, scratch & Mcing dans le futur ! Vous avez dit post-moderne ? Pour une fois la définition tient le coup !

 

Signés chez Big Dada, sous-division hip hop de Ninja Tune (sur lequel M.Sayyid et High Priest avaient déjà sorti un volume de leur projet Airborn Audio), les quatre lascars se réunissent finalement autour d'une envie, celle qui les habite depuis toujours : réformer le hip hop ! En ce sens, Fluorescent Black, le nouvel opus d'APC, est vraiment "The rose in the garbage pail of rap" (La rose dans la poubelle de rap) comme l'annonce le provocateur Beans, déjà auteur d'une poignée d'albums solo révolutionnaires chez Warp.

 

Après écoute, nous n'en doutons plus, des morceaux comme le métallique "Lay Me Down", le radical "New Jack Exterminator", "Volcano", "The Solution", les expérimentations vocales de "End Game", "Carpicone One", le single et futur hymne "Apparently" avec sa voix vocodée, ou encore l'éponyme et titanesque "Fluorescent Black", renvoient tous aux géniaux Tragic Epilogue, Shopping Carts Crashing et Arrhythmia, qui figurent parmi les disques hip hop (ou plutôt rap tant le Mcing est ici omniprésent) cultes et totalement incontournables pour tout amateur de musique aventureuse.

 

L'album sort le 29 septembre et déjà, ici et maintenant, je vous fait une promesse : Fluorescent Black ne vous décevra pas !

 

Au cas où vous en douteriez, Fluctuat vous offre un extrait, "Apparently", premier single de l'album. Un exercice de pure énergie au rap hypnotique et précis comme seul savent l'agencer ces terroristes hip hop.

 

Antipop Consortium - Apparently (Big Dada/Pias) :

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A voir
- les meilleurs clips du label Warp




Rain Machine, le projet solo de Kyp Malone de TV on the Radio

Posté par Maxence le 03.08.09 à 10:10 | tags : usa, news, funk, rock, électro, pop

 

Cela fait un moment qu'on en parle ici ou là, mais ce qui n'était encore qu'une rumeur est aujourd'hui devenue une réalité puisque Kype Malone le guitariste et chanteur de TV on The Radio vient d'autoriser la diffusion sur le web 2.0 d'un premier morceau issu de son nouveau projet solo : Rain Machine.

 

 

Sur "Give Blood", premier morceau dévoilé de l'album à venir, chant torturé, choeurs répétitifs, cowbells, rythmique syncopée, influence indéniablement africaine et grosse guitare à l'avenant pour une production un poil moins léchée et calibrée que le dernier TOTR (et on ne s'en plaindra pas). Rude donc, le Kype Malone solo, et peut-être bien de quoi faire tomber la pluie, puisque l'ensemble est diablement déconstruit et sauvagement dissonant ! De quoi plaire à tout ceux qui trouvaient le troisième opus du groupe de Brooklyn un peu trop sage.

 

L'album, produit par Ian Brennan (Ramblin Jack Elliott, Lucinda Williams, Jonathan Richman), paraîtra le 21 September sur Anti-records.

 

La suite bientôt et en attendant, un extrait :

 

Rain Machine - Give Blood :

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LCD Soundsystem, not dead !

Posté par Maxence le 01.08.09 à 11:13 | tags : youtube, news, funk, punk, électro, usa

 

 

Vous vous souvenez certainement (comment ne pas s'en souvenir d'ailleurs ?!) des 45:33 minutes que James Murphy avait concocté pour Nike avec son groupe LCD Soundsystem en 2007 ? Initialement et uniquement disponible sur Beatport, l'album fut ensuite édité au format CD (et vinyl !) accompagné de morceaux inédits ("Freak Out-Starry Eyes", "North American Scum (Onanistic Dub)" et l'excellent "Hippie Priest Burn Out").

 

 

Et bien les amateurs inquiets (dont nous étions) se demandant si le new yorkais mettrait finalement un point final à son projet, comme annoncé à la radio il y a quelques mois, seront rassurés d'apprendre que ces mêmes 45:33 seront très prochainement remixées par la crème de l'electro actuelle dont l'incontournable Prins Thomas, les New Yorkais punk-funk Runaway, le très housey Theo Parrish, Padded Cell (gasp !!), Pilooski (Motorik !!) et Riley Reinhold, boss du très psychédélique label de techno minimal Trapez (Traum, Trapez Ltd, etc). Bien évidemment, remixer l'ensemble de ce disque fou aurait été herculéen, aussi la plupart des artistes présents ici se sont contentés de n'en reprendre qu'une partie chacun.

 

 

Le tout paraîtra dans le courant de l'année sous la forme d'une série de maxis (amateur de vinyls only donc) dont les premières copies seront disponibles au téléchargement et sur support physique au plus tard le 14 septembre via DFA Records/Parlophone.

 

 

45:33 remixed tracklist :

Runaway Remix

Prince Language Remix
Prins Thomas Diskomiks Remix
Theo Parrish’s Space Cadet Remix
Trus’ Me Remix
Padded Cell Remix
Pilooski Remix
Riley Reinhold Remix

 

L'autre bonne nouvelle entérinant le fait qu'LCD Sounsystem est toujours en activité, étant que James Murphy serait actuellement en train de préparer une suite à son excellent Sound Of Silver, également paru en 2007 ! Ce n'est pas des blagues, il aurait même bien avancé comme il le dit lui-même (malgré moulte circonvolutions) sur son blog myspace) So... as usual, stay tuned !

 

Et pour les plus nostalgiques, ceux qui n'en peuvent plus d'attendre, ceux (et celles !) qui mordent l'oreiller en pensant à James Murphy (heuuuu... ?), une vidéo live de très bonne qualité de LCD sur scène à Manchester interprétant "Us vs Them" en 2007.

 

 

 

 

 




Yacht : l'été ne fait que commencer (j'ai déjà mal au pied) !

Posté par Maxence le 03.07.09 à 16:00 | tags : électro, pop, punk, funk, youtube


Yacht, désormais un duo, nous avait bien fait rire avec le clip dadaïste et funky de "See A Penny (Pick It Up)" tiré de l'album I Believe in You, Your Magic is Real. Ils remettent ça avec "Summer Song", une vidéo illustrant un des meilleurs tracks de See Mystery Lights, nouveau LP de ces deux doux dingues (din ding dong).

 

En plus d'être le vidéo clip désormais indispensable de tout musicien contemporain, "Summer Song" se présente comme une leçon hilarante et sacrément féroce de management culturel. Accessoirement, c'est aussi un excellent titre punk-funk à tendance synth-pop et le tube de l'été qui vient. Un gimmick facile à retenir et pourtant savoureux, à base de gros toms synthétiques et de boite à rythmes accompagnée d'une mélodie sautillante 80 qu'on se prend à chanter sous la douche. Il n'y a pas plus simple que "Summer Song" (sans compter son titre limite racoleur et parfaitement synchrone avec la période) et il faut bien avouer que ça marche.

 

L'erreur serait évidemment de prendre tout ça au premier degré. Avec leur concerts-happening ironiques et totalement irrévérencieux singeant la philosophie consumériste new age typiquement américaine (capitalisme mystique mis en image sur des animations powerpoint cheap, chant scandé comme une leçon de commerce pyramidal, détournement de thème religieux à buts commerciaux), les deux de Yacht, dont le nom lui-même sonne comme une provocation, sont en réalité les adeptes d'un situationnisme dont le message passe avant tout par l'humour et la dérision.

 

Pour finir, on rebondira sur le cool "Psychic City", l'autre tube très Talking Heads (d'aucun diront Tom Tom Club) de l'album, inspiré d'un morceau préchi-précha de Rich-Jensen, "Voodoo-City". Une autre illustration de la mystique très particulière de Yacht, le duo d'un pays où tout est possible du moment que les bonnes énergies vous apportent de l'argent (le tout sous couvert d'amour... divin, bien sûr !)

 

So move your feet on the summer song !

 


Yacht - Summer Song
 
 
 
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Rich Jensen - Voodoo City
 
 
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Yacht - Psychic City
 
 
Voir aussi
- le diaporama Tubes de l'été 2009



The Emperor Machine : Hail The New Emperor !

Posté par Maxence le 01.07.09 à 13:58 | tags : youtube, électro, funk


Deux semaines déjà que notre souverain Andrew Meecham, alias The Emperor Machine, digne représentant de la famille nu-disco electro-kraut punk-funk (ou tout du moins de sa branche royale britannique) a officiellement sorti sa dernière exaction, le tonitruant Space Beyond The Egg, un manifeste de pur space funk à forts relents horror movies mâtiné de pop cosmic. Comme le temps passe mes braves !



Ceci étant, c'est un fait pour tous les fidèles de DC Recordings et de The Emperor Machine, Space Beyond The Egg est bel et bien marqué du sceau majestueux de l'empereur Meecham. Il ne serait pas exagéré de dire que c'est même une nouvelle étape dans l'expansion tant souhaitée (et redoutée par les hordes ignominieuses de barbares opposés au régime nu-disco) d'un empire qui devra durer 1000 ans ! Car les frontières de l'empire sont fragiles mes amis ! La terre tremble sous les coups de boutoirs de nos ennemis, hérétiques, idolâtres et impis ! Les ascètes des tribus minimal techno, les sauvages adeptes du curieux culte trans-goa et les païens se trémoussant sur les rythmes décérébrés de la techno hardcore en veulent à l'intégrité de notre monarque tout puissant. Qu'ils craignent, ces dégénérés, la colère de l'empereur ! Tremblez vermines, vous vous soumettrez sans férir aux rythmes implacables (et lascifs, mmmmh) de The Emperor Machine !



Mais le prince est magnanime. Pour preuve, dans sa bonté infinie le Maître nous honore avec bienséance de "Kananana", une nouvelle vidéo devant une bonne fois pour toute porter la bonne parole au delà des océans (et bien au-delà encore comme le montre ce parfait exemple de propagande dédiée aux masses obscurantistes). Car sachez-le mes amis et fidèles, de tous les souverains, The Emperor Machine est aujourd'hui le seul qui puisse nous dire "je suis ton père" et à qui l'on répondra sans hésiter : "OUI ! OUI !"

 

 

 

Voir aussi

- Etienne Jaumet + Dieu = Cosmic Music
- Nouveau Joakim en septembre, l'évènement psycho-disco
- Hecuba : Un nom (difficile) qu'il va falloir retenir




Michael Jackson, James Brown et Prince : la dream team qui n'exista pas

Posté par Myosotis le 29.06.09 à 17:16 | tags : funk, soul, pop, youtube, usa
Quelque part en 1983, lors d'une célébration à l'américaine (un show en l'honneur de James Brown à Atlanta?), quelques centaines de veinards ont pu voir ce qui n'arriveraient plus jamais par la suite : la réunion de la Dream Team des musiques noires américaines de la seconde moitié du vingtième siècle, Michael Jackson, James Brown et Prince.
 
 
Si on a glosé beaucoup ces derniers jours sur la vie de reclus menée par le Roi de la Pop, il ne faut pas oublier que Michael Jackson, avant d'être un artiste solo extraordinaire, était aussi un homme de compagnonnage : obligé avec sa grande famille au sein des Jackson Five, puis choisi avec Quincy Jones en producteur compositeur majeur, en duo avec son idole Diana Ross, Paul Mc Cartney, puis, plus tard, Will I.Am pour un album perdu et jamais achevé qui, parions-le, surgira sous une forme ou une autre d'ici 1 an ou deux. Jackson cherchait les collaborations et aimait le contact musical. Certains diront que ses alliances de circonstance relevaient d'un plan marketing bien huilé et madonnesque.
 
 
Cette brêve séquence historique dit à peu près tout le contraire. James Brown était pour lui un modèle musical, un monument auquel il payait régulièrement tribut. Avec Prince, les relations auront été assez étranges. Une rivalité fut montée (de toutes pièces?) et trouva son apogée au milieu des années 80. Ceux (même blancs) qui n'ont pas connu la période où les deux se tiraient la bourre en Europe à coups de chefs d'oeuvre : Thriller vs Purple Rain, ne peuvent pas comprendre ce qui se passait alors. Jackson, déjà, était accusé d'avoir trahi ses frères : il essayait de devenir blanc. Prince portait encore une coupe afro (affreuse) en mode mulet et épousait la musique rock. Les deux hommes s'évitent à l'image de cette vidéo et Prince refuse l'invitation de MJ qui lui proposait un duo sur Thriller. Faut-il y chercher là une raison de cet évitement manifeste sur scène ? Prince, un peu shooté, empoigne sa guitare. MJ chante comme un dieu et se met à danser, chacun s'installant d'emblée dans sa spécialité, la danse vs la musique. Etrangement, et bien qu'on préfère nettement le nain de Minneapolis à Bambi, il est à peu près clair aujourd'hui que l'importance du second dans la mort et la légende dépassera (sociologiquement et sûrement musicalement) celle du premier. Dans leur duel à distance, Jackson a tout gagné sauf le droit de sortir à l'air libre et de jouer encore de la musique. Il y a quelques mois les sites de fans de Prince avaient bruissé d'une rumeur folle : puisque les deux stars habitaient désormais la même ville (Los Angeles), une rencontre et un single commun pouvaient-ils de nouveau s'envisager ? Personne n'avait démenti mais l'événement paraissait assez peu crédible. Les deux hommes ont suivi jusqu'à la fin des voies opposées. En 2009, Prince n'avait plus besoin de MJ, de maisons de disque, ni de personne pour exister. Michael Jackson avait abusé du marketing et du marchandising au point d'être un artiste sous assistance commerciale artificielle. Prince revenait avec de bons disques distribués gratuitement, MJ refilait des coffrets brochés et n'enregistrait plus rien qui vaille. Prince aimait les femmes. MJ était l'ami de Liz Taylor. Un jour pourtant, ils s'étaient croisés.
 
 

MJ, James Brown and Prince on stage

 

Voir aussi
- d'ailleurs vous êtes plutôt Michael Jackson ou Prince ?
- diapo, meilleurs clips, portrait, vidéos... c'est l'hommage de la rédac de Flu à Michael Jackson




Prins Thomas est partout, surtout au Robert Johnson !

Posté par Maxence le 04.06.09 à 15:33 | tags : funk, électro

 

Avant d'être le "Prins" au nez creux que l'on sait, le Norvégien s'appelait Thomas Hermansen, tout simplement.

 

Aujourd'hui, alors qu'il règne sans partage (ou presque, il cède parfois la place à son compère Hans-Peter Lindstrom) sur le royaume nu disco et balearic actuel, on lui doit bien ce titre princier. Il est d'ailleurs impossible de faire l'impasse sur cet hyperactif qui semble pourtant constamment garder la tête dans un nuage (de beuh ?) contrairement à la légende qui voudrait que les jeunes entrepreneurs aient toujours les pieds sur terre.

 

Patron de Full Pupp, son label personnel, mais également de Tamburin, une nouvelle structure entièrement dédiée aux artistes norvégiens, à bloc de remixes et d'edits, en pleine promo pour II, son nouvel album avec Lindstrom, son compagnon de toujours et aux manettes d'un nouveau volume de la série des mix @ Robert Johnson (sans oublier ses productions personnelles, comme l'imposant "Mammut", sorti il y a à peine un mois), la vie de Prins Thomas est décidément loin de ce qu'évoque sa dégaine d'échalas barbu et décontracté au premier abord.

 

C'est vrai qu'ils étonnent ces Nordiques ! Alors que leur pays, malgré une beauté certaine, n'évoque pourtant pas forcément les rythmes torrides du funk et du disco, il ne se passe pas une semaine sans qu'un track incontournable du genre n'apparaisse sur le net et ne soit relayé par la blogosphère. Alors que Lindstrom nous assurait que des parties mémorables se donnaient sur les plages de Norvège l'an dernier, Prins Thomas, lui, choisi de prêcher la bonne parole dans tous les clubs de la planète, abandonnant un temps, ses fjords natals.

 

On le retrouve donc au Robert Johnson, fameux club de Francfort, où il prend les commandes après la Française Chloé, d'un mix album éclectique réunissant soft rock, dub, electro, funk, krautrock, italo et bien sûr, disco. Plus clubby que son précédent double album chez les Belges d'Eskimo (Cosmo Galactic Prism), moins autocentré que sa compilation Greatest Tits, le live @ Robert Johnson donne une idée plus nette du travail de Thomas sur le dancefloor. Un décalage savoureux qui voit se croiser et se fondre le post-rock de Trans-Am avec les rares cut 70's dénichés par l'intéressé et qui laisse la place à l'ouverture. Au hasard on retrouve le "Sexual Sportwear" de Tellier, les comptines techno glacées de Mathew Jonson, un classique de Closer Muzik, le légendaire "Disco Circus" de Martin Circus, un incontournable ("Test 1" d'Acid Test) ou encore Ricardo Villalobos, Low Motion Disco et Map of Africa. Palme d'or du track mythique avec "Giorgio Carpenter" (quel titre) de Cage & Aviary ! Bref, un mix qui tombe à point nommé en cette période pré-estivale et que l'on aimerait bien entendre résonner sur les plages tout l'été...

 

En attendant, une petite playlist Deezer spéciale Prins Thomas histoire de se souvenir de ses faits d'armes (attention sélection à haute potentialité érogène et hallucinogène !) :

 




The Emperor Machine : L'inexorable marche de l'empereur

Posté par Maxence le 04.05.09 à 17:58 | tags : news, électro, funk

Après une tournée européenne (voire intersidérale !) bien remplie, Andy Meecham, l'homme derrière The Emperor Machine, revient avec un nouvel album electro disco punk et funk, à paraître le 1er Juin prochain !

 

Plus ramassé, plus live aussi, Space Beyond The Egg, puisque c'est son titre, est le fruit des expériences recueillies sur scène durant été. Accompagné de son compère de toujours, Steve Kotey à la batterie, musicien et DJ avec qui il conduisait déjà le trio Chicken Lips, Meecham épaissit le trait, donnant du relief à son space funk sous influence Moroder. Plus cosmic que jamais, Space Beyond The Egg est aussi plus pop, sans pour autant perdre son groove robotique. Preuve d'une maturité nouvelle, ce troisième album de The Emperor Machine sait garder un rythme seigneurial même quand le britannique ajoute du chant à son répertoire.

 

Car c'est la grande nouvelle, oui, The Emperor Machine s'enjolive aujourd'hui de parties vocales ! Une initiative qui semblait évidente à tous ceux qui ont eu la chance d'apercevoir le (désormais) trio sur les scènes estivales. Une expérience inratable que nous conseillons à tous les curieux, amoureux de danse musique aussi irrésistible qu'inclassable.

 

Pour preuve, trois vidéos d'une extraordinaire qualité de la machine de l'empereur en roues libres, au Point Ephémère à Paris, le 27 juin dernier :

 

The Emperor Machine @ Point Ephémère - Emperor Machine



The Emperor Machine @ Point Ephémère - Frontman



The Emperor Machine @ Point Ephémère - Bodiliser Bodilsizer

 

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- Deezer : Cosmic springtime (printemps 2009

- The Horrors : couleur primaire : Noir !

- Le retour des Dukes Of Stratosphear




Le problème avec Prince

Posté par Myosotis le 27.04.09 à 11:41 | tags : rock, soul, funk, rigolo, youtube
Mieux vaut se dépêcher d'y jeter un oeil avant que la censure aprenne le japonais et débarrasse le net de ce clip (à moins qu'il ne s'agisse tout bonnement d'une publicité, peu importe) : la nouvelle vidéo de Prince donne une bonne idée de ce qu'on peut attendre de son nouvel album Lotusflow3r : à peu près rien.

Prince - Crimson and Clover

Il y a un problème avec Prince et un problème de taille. Ce n'est pas tant que ses nouvelles productions soient décevantes (elles ne sont pas mauvaises), qu'elles soient maintenant seulement accessibles par le net (payantes ou Hadopistyle...) ou assorties de productions moins brillantes (l'album de Bria Valente qui accompagne le disque principal est un désastre), le problème avec Prince, c'est qu'on a du mal à aimer vraiment ce qu'il fait maintenant.


"Crimson and Clover" est un titre qu'il a dû décliner un bon millier de fois depuis la période Purple Rain : ça pétille, ça solo de guitare, ça électrifie et ça divague un peu mais à quoi bon ? Le problème avec Prince c'est que peut-être on en a un peu marre de son personnage et aussi de ses gimmicks musicaux. Lotusflow3r est truffé de longs passages de guitares qui en 2009 ne font plus un effet boeuf. Les métaphores de l'amant surpuissant qui donne des coups de reins clipés dans l'air en assaillant un cul imaginaire ont un peu de mal à passer aujourd'hui. Si c'était Bigard qui s'y collait, on dirait qu'il est vulgaire. Il y a d'autres symptômes inquiétants sur cet album. "The Morning After" qui est objectivement une excellente chanson uptempo ressemble à un titre tombé de Sign O The Times en moins bon. "Feel Good, Feel Better, Feel Wonderful" est un énième boeuf jazzy rock où une clique de choristes cuivrés s'excite alors que Prince balance du cul en rythme. "Love like jazz" est le slow qui mouille la culotte de trop ou un peu trop la même culotte au choix, si bien qu'elle ne mouille plus. Et puis quoi ? Il y a une chanson qui s'appelle "$" et qui n'est pas mal du tout, l'histoire d'une nana (une p*** ?) qui nous aimera toute la nuit. Après plusieurs décennies, il est tout de même étonnant que personne n'ait indiqué à Prince que ce genre de filles n'existait pas et qu'il vivait dans un monde un peu... à part.

 

Enfin bref, j'ai beau avoir dit énormément de bien de son 3121 et même écouté un peu son Planet Earth (chez Prince, mieux vaut le sexe que l'écologie de toute façon), Lotusflow3r marque une rupture. Oui, on peut se fatiguer du génie et surtout du génie qui se répète à l'infini. Il y a eu une période d'une dizaine d'années - ce qui est énorme -, disons entre 1981 et 1991, où Prince inventait la musique du XXème siècle. Il semble qu'il inaugure aujourd'hui une décennie de radotage. Bien sûr, un Prince sur scène vaudra toujours son pesant de cacahuètes mais il n'y a pas un océan entre le Michael Jackson de l'O2, sorte de freaks sublime, et le Prince de cabaret qui remplit des salles pour faire le zouave. Tous les deux sont des monstres plus morts que vivants. L'un est empaillé. L'autre ne vieillit pas sans qu'on sache pourquoi... MJ et Prince se tiraient la bourre dans les années 80 pour savoir qui seraient le meilleur à la fin. Ils ont tous les deux gagné mais pas sûr que ce soit une bonne chose pour nous.


On peut évidemment écouter Lotusflow3r avec plaisir et y trouver des tas de qualités. On peut dire qu'il annonce un retour en forme, un clin d'oeil aux grandes années électriques, la revanche du psychérock sur la concision et le new wave, une tentative d'aller à rebours du nouveau rock. Lotusflow3r est sensuel, sexy, funky, érotique, chaud bouillant mais pas nous. A trop nous tourner autour avec la langue sur le bout des lèvres, Prince nous écoeure un peu. Sa musique n'est plus de notre âge et pas du sien non plus. Jalousie ?

 


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Abonnez-vous à Prince

Posté par 2goldfish le 28.03.09 à 10:02 | tags : pop, funk, rnb, news, web, music biz
 

Prince avait, semble-t-il, bien une idée derrière la tête quand il s'est mis à poursuivre tous ceux qui empiétaient sur son copyright sur la toile, y compris ses plus grands sites de fans.

 

C'est même une idée plutôt louable : LOTUSFLOW3R, le site longtemps annoncé, qui vient d'être lancé, propose de s'abonner pour 77$ par an à un flux constant de vidéos, photos et enregistrements inédits de Prince. Et ça commence assez fort avec trois nouveaux albums disponibles exclusivement sur le site une semaine avant leur sortie dans le commerce. Le site est en flash, ce qui est assez ennuyeux, et pour s'inscrire la démarche est assez compliquée : il faut cliquer un peu partout jusqu'à ce que s'affiche un ticket sur lequel vous devez remplir deux cases avec "1986" et "Los Angeles", ce qu'on ne vous explique clairement nulle part sur le site lui même.

Le premier album s'appelle LOTUSFLOW3R, comme le site, et ressemble aux derniers albums du nain de Minneapolis : un peu de tout ce que Prince sait faire, sutout avec sa guitare, la fraîcheur des années 1980 en moins. Mplsound est plus funky, fait pour les clubs. ou les chambres à coucher. Elixer, enfin, est un album de sa dernière protégée en date, Bria Valente, et Prince l'a clairement expliqué, il l'a enregistré parce que Sade ne fera plus d'autre album.

77$, c'est une grosse somme, mais sur un an, et avec déjà trois albums, des vidéos (seulement en streaming, malheureusement), des photos et surtout la promesse de nouveau matériel régulièrement pendant l'année, ça n'est vraiment pas si cher. Et les fans de Prince sont sans aucun doute prêts à payer. Avec cette offre, Prince se place aux côtés de Trent Reznor en tête des artistes qui ont de bonnes idées pour faire de l'argent avec leur musique au XXIème siècle.

Bien sûr, ce nouveau modèle n'est valable, comme d'habitude, que pour les artistes avec une notoriété pré-établie... On imagine cependant qu'un groupe au succès bien plus modeste pourrait tout à fait proposer un abonnement annuel à dix euros à ses fans et s'en tirer pas trop mal. Sinon, il reste toujours l'alternative pour laquelle vient d'opter le groupe Celebration : distribuer toute sa musique gratuitement.






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