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Musique fusionnée, remixée, transcendée. Grande torsion de la matière sonore, ouvrez grand les oreilles !
La Rage comme au bon vieux tempsAprès The Police, Genesis, The Jam sans Paul Weller ou encore les Smashing Pumpkins sans James Iha, les reformations ne paient pas forcément de mine en ce moment. Pourtant, une en particulier nous fait presque saliver d'avance (pour les fans) ou bien attisera les curiosités (pour les moins fans), celle de Rage Against The Machine. Perdus dans un projet Audioslave peu convaincant, Tom Morello, Brad Wilk et Timmy C voient le retour de leur comparse et figure emblématique de Rage Against The Machine, Zach de la Rocha en ce début d'année. Annoncés sur l'affiche de la prochaine édition du festival de Coachella (Californie) qui essayait de les convaincre de les faire jouer sur scène depuis un bon moment déjà. Motivés pour des raisons politiques à rejouer ensemble, Rage Against The Machine revient sur le devant d'une scène en enjambant une fois de plus leur cheval d'arçon favori : "Est-ce une coïncidence si, en sept ans d'absence de Rage Against The Machine, le pays ait glissé dans un purgatoire de droite ? Je ne pense pas. [...] Nous nous sommes rendus compte que la période était bonne pour voir si nous pouvions entraîner l'administration Bush dans sa chute, et nous espérons bien mener à bien cette tâche" déclare Morello. Engagé et volontaire, Rage Against The Machine fut l'une des plus grosses bombes sonores de la décénnie passée, politiquement sans équivoque, intègre et musicalement impressionnant. Rage Against The Machine, avant, c'était ça :
Know Your Enemy (Mexico, Octobre 1999)
Le 16 avril, la première apparition du groupe (ici, juste Morello et De La Rocha) depuis le split en 2000, à Chicago. Surprenant. Fini les dreads, fini le sautillement incessant de la sauterelle en furie, un set acoustique mais non moins intense. On retrouve Morello et surtout Zach De La Rocha. Moins explosif, mais plus corrosif, De La Rocha se veut désormais prêcheur de son message, de son dessein de justice sociale, debout sur scène, accompagné par une simple guitare, Rage Against The Machine is back. Différent. Mais tout redevient comme avant. Ils nous avaient manqués. Bulls On Parade (Chicago, Avril 2007) DJ Food & DK : L'auberge espagnole
En ce sens, Dj Food (PC et Strictly Kev) et DK, et plus généralement toute la clique de Ninja Tune, sont les dignes héritiers de cette époque où l'éclectisme était de mise et où l'ouverture d'esprit régnait sans partage. Et Now Listen Again ! en est la parfaite illustration. Rien d'étonnant puisque PC, Strictly Kev et DK sont des pionniers eux-aussi. Le collectif DJ Food animait déjà les "Solid Steel sessions" sur Kiss FM en compagnie de Coldcut en 1988 (!). Sur ce volume le collectif Dj Food reprend la formule initiée par des outsiders comme Flash et Bambaataa, et mixe allègrement new wave et classique hip hop, metal et funk 70, psychédélisme et trip hop, soul, ragga et r'n'b, le tout avec un enthousiasme et une énergie ultra-communicative. Parmi les meilleurs moments signalons l'union contre-nature (et pourtant féconde) du "Being Boiled" de The Human League avec la version acapella de "I Know You Got Soul" d'Eric B & Rakim, du "Nannou" d'Aphex Twin avec The Irresistible Force, du "The Beach" de New Order et des Freestylers, sans oublier DJ Shadow/Moroder ou Primal Scream/Bomb The Bass. Finalement DJ Food fait avec le hip hop, ses canons et sa batterie de clichés jouissifs (les incantations "Listen to this !", "This is the sound !", scratch, break et cut) ce que les cadors du punk-funk actuel font au disco, avec un petit supplément toutefois. En véritable turntablistes, DJ Food et DK ne se contentent pas de mixer les disques, ou de pratiquer des edits, ils les reconstruisent littéralement à coup de cut et de scratch sauvages. Sous les doigts de ces sorciers des platines, l'ensemble sonne revivifié, revigoré. Manipulations du code source de toutes ces musiques et étalage de virtuosité leur donnent de nouvelles teintes tout en repoussant toujours et encore, les limites du groove et du plaisir. Du grand art ! DJ Food & DK - Now Listen Again ! (Ninja Tune/PIAS, avril 2007) http://www.myspace.com/strictlykev
DADvSI : la boulette Trouvé sur le blog de Karl Zéro (oui bon, je surfe où je veux d'abord !), ce petit mashup associant "La Boulette" de Diam's - qui est, même si il nie tout en bloc, la chanson préférée de flyer - aux paroles des parlementaires, à propos de la Loi DADvSI sur les droits d'auteurs. Ce texte absurde est passé mais le combat continue ! Avec Diam's, voilà un renfort de poids dans nos rangs. Sir Alice : Atrocity Exhibition Sir Alice est le projet post-punk chaotique et electronica expérimentale d'Alice Daquet. Collaboratrice de la très sérieuse IRCAM (l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique), la tumultueuse demoiselle est déjà à l'origine de deux EP, sobrement intitulés 1 et 2 chez Tigersushi. Deux courts manifestes expressionnistes et trash, dans lesquels elle réveille la chanson française à coup d'électrochocs. Vient aujourd'hui s'ajouter "?" qui parachève - et prolonge - ce voyage souvent douloureux dans l'imaginaire déjanté d'une jeune femme moderne. Car Alice est à la fois atteinte du syndrome de Peter Pan et d'un sévère trouble de la personnalité. Sur ?, des titres comme "L'amour made in Taiwan", flirt avec l'electro dancefloor agrémentée d'une touche d'EBM 80's tandis que "te souviens tu de toi" ou "aaa" donnent carrément dans le bruitisme le plus dur et l'électro expérimentale (le fameux "Je veux être partout, je veux être tout le monde, et je veux tout savoir", hurlé en fin de morceau donne le ton de tout l'album).A la manière d'un Bashung sur Novice (quand le dandy noir s'appropriait Colin Newman de Wire et Blixa Bargeld d'Einsturzende Neubauten), Sir Alice emprunte aux rythmiques pilonnées de Nine Inch Nails et aux guitares désaccordées de Sonic Youth, en soulignant le tout d'une production absolument hallucinante (son parcours d'ingénieur sans doute ?) saupoudrée d'électronique. Bref, un album stimulant, qui tend à prouver qu'il y a encore de bien belles choses à découvrir chez nous... Pour en savoir plus, rendez-vous sur Flu, le mag, pour une interview exclusive de Sir Alice. En attendant, rendez-vous sur sa page MySpace pour écouter "Docteur X", "Te souviens tu de toi", "aaa" et "l'Amour made in Taiwan". Sir Alice - ? - (Tigersushi/Kwaidan/Discograph) Matmos, c'était gratuit à la Villette Sonique À 16 heures pile poil, les deux trublions électroniques de Matmos lancent leur mini concert en plein air. Ils sont accompagnés d'une improbable paire de batteurs qui utilisent des bouquets de roses en guise de baguette. Qu'importe si l'on n'entend pas ces derniers, tant que la performance prête à sourire ou à poétiser la musique tordue des américains. Le set de 4 morceaux est plié en 35 minutes arty et doucement rigolotes. Déflagrations bruyantes, samples de cuivres ou jeu en direct de derboukas et de guitare, le groupe distille son univers avant-gardiste baigné de mélodies catchy et de grooves dance floor. Le public est captivé, intrigué ou carrément conquis par l'originalité du concert - à moins que ce ne soit la superbe chemisette éponge à losanges bleus de Drew Daniel qui l'ait fasciné. Nouvelles stars de la musique électronique (ils accompagnent l'incontournable Björk en tournée et en album), Matmos n'échappent pas à une razzia de fans et improvise une séance d'autographes. Pour ceux qui n'étaient pas là, voilà à quoi ça ressemblait en son. Matmos - "Steam and Sequins for Larry Levan" MàJ : Et sur Flu, le mag, une délicieuse (et longue) interview de Matmos, autour du passionnant concept de leur dernier album, The Rose has teeth in the Mouth of a Beast. Photo - Clément Mallet
Mi Delpech, mi Mode = Delpech Mode Équation : hier, Myosotis nous parlait des cover bands. De temps en temps, on vous parle de mash up / bootlegs. Résultat : aujourd'hui je vous présente Delpech Mode, un groupe qui imite à la fois Michel Delpech et Depeche Mode en malaxant leurs morceaux. Ses deux membres, qui sont aussi de joyeux drilles, se présentent comme le "premier groupe des années 150 (70+80) (...), recueillant les mots de Michel Delpech (MD 70) et les mariant aux harmonies de Depeche Mode (DM 80) (...), mixant les époques pour en créer une nouvelle : le futur antérieur." Tout celà nous donne des morceaux du genre "Enjoy the Loir et Cher" (mon préféré), "Just can't j'étais chanteur" ou "Shake the flirt". Mmm comment dire... intéressant. Et pour voir les vrais Depeche Mode, direction Belfort ! (Merci Marvin Rouge !) Tom Zé ZüberPosté par Flyer le 26.06.06 à 17:44 | tags : vidéos musicales, fusion, youtube, contemporaine, web, mp3, tom zé
Je suis tombé sur Tom Zé pour la première fois lors des Eurockéennes 2005, et ce bonhomme jovial avait totalement séduit mon acolyte depuis 30 ans DaveintheHay et moi-même. Et en passant sur Said the Gramophone aujourd'hui, j'étais bien heureux de tomber sur une joyeuse dythirambe du Zé avec le morceau "Ave Dor Maria" à télécharger. Laissez moi juste le temps d'y ajouter cette vidéo live...
Et vous obtiendrez une entrée en matière pour vous plonger dans l'univers de ce Brésilien farfelu et politique, et qui prouve continuellement qu'à plus de 70 ans, on peut toujours avoir des milliers de tours dans son sac. Zapping vidéo-sonique![]() Le site intitulé DailySoundZaping a mis au point un procédé complétement inutile mais tout à fait rigolo. Une fois la page ouverte, de petites fourmis virtuelles partent fouiner dans la base de donnée pharaonique de Daily Motion, sélectionnent des vidéos choisies de façon aléatoire et mélangent leurs sons. Le hasard est total, que ce soit dans le choix des vidéos ou la durée des sons utilisés. Le résultat est étonnant, souvent difficilement audible mais peut parfois donner - on sait jamais - un chef d'oeuvre. Encore faut-il avoir de la chance. (via WFMU) Jouez avec les Baleines ! Vous aimez les baleines ? Vous aimez les iPods ? Vous aimez la musique ? Vous voulez aider à sauver des baleines et remporter un iPod vidéo de 60 GB, tout ça grace à votre musique ? L'IFAW (le Fond International pour la Sauvegarde des Espèces) propose depuis deux semaines un concours de remixes à base de samples de véritables chants de baleines. L'idée étant de diffuser ces chansons pour sensibiliser le public sur la chasse de ces animaux majestueux. Les samples sont donc téléchargeables pour mixer ce que vous voulez chez vous. Les moins remixeurs d'entre nous pourrons utiliser la console de mix proposée en ligne : un clavier, huit octaves de chants sous-marins, et des "rythmes d'océans"... le résultat n'est pas forcément génial. Un blog Myspace regroupant quelques unes des compos "stars" proposées jusqu'à maintenant a été mis en place. C'est super décevant, et c'est très dommage vu la cause et la sauvagerie dont sont victimes ces animaux pourtant paisibles, souvent chassés jusque dans les eaux protégées de l'Antarctique. J'ai donc demandé à mon ami Fraise de nous pondre un petit mix, ce qu'il a fait rapidement et avec joie. Il m'a juste dit de préciser que sa chanson n'"est pas finie et elle est pas encore extra"... Pas grave. Merci tout plein Fraise ! En tout cas, il vous reste jusqu'au 11 juin pour soumettre vos participations sur le site de l'IFAW. Bonne chance ! MàJ : en art contestataire de la chasse aux baleines, Drawing Restraint 9 faisait fort. La chronique est dispo sur Flu, le mag. Four Tet (Dj) Kicks AssJ'aime beaucoup Kieran Hebden et ce qu'il fait sous le pseudo de Four Tet . Parfois cela dit, Kieran part très loin... c'est ainsi que depuis trois semaines, j'écoute le deuxième disque issu de ses sessions d'enregistrements avec le grand Steve Reid sans vraiment réussir à en comprendre quelque chose. Enfin...
L'info du jour, c'est que le bon Kieran s'est occupé du 27e volume de DJ Kicks, une collection de remixes lancée en 1995 par le label !K7 et confiée chaque fois à un nouvel artiste. Monsieur Four Tet s'y est donc lancé, produisant une inédite ("Pockets") et reprenant 19 morceaux existants, dont du Animal Collective, du Curtis Mayfield, du Madvillain... Le bon Chicagoan de I guess i'm floatting propose quatre morceaux de l'album, alors jetez y un pavillon (d'oreille) ! Kronos Quartet - live à l'Abbaye de l'EpauJ'assiste en moyenne une fois par an à des concerts de musique classique ou d'opéras. Autant dire que je suis à la fois très sélectif et mal outillé pour faire des comparaisons savantes. Hier, le Kronos Quartet donnait un concert, après un passage la veille au Théâtre de la Ville, dans la splendide Abbaye cistercienne de l'Epau, au Mans, centré sur la musique contemporaine américaine et ce fut une vraie réussite.
Parmi les morceaux choisis par le Quatuor : un extrait de la composition magistrale Sun Rings de Terry Riley, "Venus Upstream", très efficace et planant, une série de "chansons pour cordes" de la compostrice Meredith Monk, un peu mollassonnes et pas très convaincantes, et une pièce exceptionnelle du pape de l'école minimaliste Steve Reich : le Triple Quartet. Cette pièce (3 mouvements joués) composée pour 3 quartets est jouée à partir de bandes pour les 2 premiers, d'un quartet live pour le denier tiers, et c'est une vraie merveille, enlevée, à la progression cyclique et à l'énergie incroyable.Le point culminant de la soirée devait être la présentation européenne d'une oeuvre du jeune Michael Gordon intitulée Sad Park et consacrée aux attentats du 11 septembre 2001, en quatre parties (la 1ère s'appelle "There was a big boom and then there was teeny fiery coming out", la dernière "All the persons that were in the airplane died"). L'oeuvre s'articule autour de mouvements répétitifs sur les 2 premières parties et d'enregistrements de voix d'enfants évoquant l'attentat, étirées et travaillées informatiquement. Le dispositif promettait sur le plan théorique mais j'ai eu du mal à accrocher, l'ensemble ne m'évoquant pas du tout les attentats mais plutôt un choeur de charcutiers homos découpant une carcasse de cheval en rythme. Ambitieux mais un peu trop expérimental à mon goût. Le final plutôt enlevé proposait un morceau irakien très politique ("Mummy, the handsome guy just torches me out"! dixit le jeune irakien devant le soldat au lance-flammes), une gige libanaise et un morceau planant des Sigur Ros.Le Quartet emmené par son fondateur David Harrington (illus.), et que j'avais découvert sur son album de reprises classiques de Kraftwerk, reste après 30 ans d'existence une structure étonnamment évolutive et ouverte sur l'actualité musicale. En avant, Garde ! Gagnez des places pour la Super Avant-Garde Night du Jazz in Japan 06 Le coup d'envoi de la sixième édition du festival Jazz in Japan sera bientôt donné à la Maison de la Culture du Japon à Paris. Du 30 mai au 3 juin, la fine fleur Jazz de l'archipel où dort le soleil passera par les salles de la MCJ, pour un festival haut en cuivres et en cordes, à la croisée de l'histoire, des traditions et l'expérimention musicale japonaise.Et c'est l'expérimental qui nous intéresse particulièrement aujourd'hui. Parce qu'une soirée du Jazz in Japan, celle du vendredi 2 juin, sera consacrée à l'avant-garde du jazz nippon : la Super Avant-Garde Night (oui, le titre est étrange). Cette soirée accueillera donc quatre formations alternatives, menées par des concepteurs musiciens mêlant allégrement les expériences sonores et visuelles, à l'image de Yoshimitsu Ichikaru (primé à l'Ars Eletronica 2005 et qui nous reviendra en juin à la Cité de la Musique, accompagné de son groupe psyché), batteur expérimental qui travaille dans la contingence, voire le dialogue, entre sons et images (il s'était récemment amusé à battre les fûts sur des images de Kill Bill). Entre poésie sonore, musiques électroniques, noisy pop, onkyô-ha et montages expérimentaux, les performances successives d'Aki Onda, Masahiko Ôkura et Atsuhirô Itô (illus.) promettent également un voyage musical aux confins du jazz nippon. Pour l'évènement, votre dévoué Playlist se propose de vous faire remporter 5 paires d'invitations à la Super Avant-garde Night du vendredi 2 juin. Pour cela, rien de plus simple, envoyez un mail, avant le 20 mai à minuit, à avec pour sujet "En avant, garde !" , et en précisant vos noms et prénoms en corps du mail. Bonne chance ! Ouvrez les oreilles ! Nathan Fake : c'est pour de vrai ! Objet hype par excellence : Drowning in a Sea of Love est la preuve que, parfois, la hype a du nez ! Si la plupart des clubbers du monde entier avaient déjà remarqué le trancey The Sky Was Pink de Nathan Fake, parfait pour danser les bras en l'air dans sa version remixé par James Holden (compagnon de label du-dit Fake et co-fondateur avec le même, de Border Community), ils étaient certainement loin de se douter de la teneur de ce Drowning in a Sea of Love.De fait, le malentendu est de taille, tout le monde s'attendant plus ou moins à un album techno-trance et minimal, et se retrouvant au final avec un croisement fabuleux – et, il faut bien le dire, inespéré - entre le meilleur de Boards of Canada et la quintessence de l'écurie Kompakt. Soit, un album d'electronica mélodique, tout en bruitages subtiles et en beat cotonneux, qui enchaîne perles psychédéliques et comptines lysergiques, comme ce Grandfathered à réveiller un Kevin Shield ou la formidable version originale de The Sky Was Pink, acide en diable, et dont décidément, on ne se lasse pas. Du grand art ! A noter la parution du maxi, Drowning in a sea of remixes avec la participation d'Apparat (aka (certainement le plus beau), de Jake FairleyFairmont), de Vincent Oliver et Fortdax.
OuMuPo #1 : Tristes trompettesThe Third Eye Foundation Vs Jochen Gerner
A Matt Elliott, alias The Third Eye Foundation, incombait la lourde tâche d’ouvrir la collection. Le résultat est incontestablement à la hauteur, puisque le bristolien parvient à recréer les ambiances crépusculaires de ses travaux tout en utilisant des titres qui lui ont été imposés. Ce tour de force est notamment rendu possible grâce à de subtils samples de trompettes accompagnant les pérégrinations musicales citées. Aux commandes de la Bd accompagnant le disque, Jochen Gerner construit un étrange Bulletin météorologique muet, où les cases de cieux, tantôt radieux, tantôt courroucés, se juxtaposent... en un ballet graphique superbe et expérimental. Retour sur : L'OuMuPo du mercredi (no. 2), l'OuMuPo du mardi (no. 3), l'OuMuPo du lundi (no. 4), et (ouf !) la chronique de l'OuMuPo 5 sur Flu, le mag'. OuMuPo #2 : le Scratcheur hypnotisé...Rob Swift Vs Etienne Lecroart
Le plus planant de tous, avec ses plages de 7 minutes… Mis à part deux sursauts hip hop signés Gravité Zéro, l’atmosphère léthargique distillée par le DJ américain Rob Swift procure un engourdissement agréable… au point que lui-même semble hypnotisé par sa matière et n’ose la toucher ! Des scratches un peu rare mais savament menés et des transitions nettes font de l’OuMuPo #2 une douce compilation. Rompu à l’exercice, Etienne Lecroart propose une histoire gentiment sexuelle, où la même vignette peut changer quatre fois de signification, et où les textes tirés de Bds érotiques désuètes sont à mourir de rire. Retour sur : L'OuMuPo du mardi (no. 3), l'OuMuPo du lundi (no. 4), et la chronique de l'OuMuPo 5 sur Flu, le mag. OuMuPo #3 : les Danses cachéesRubin Steiner Vs Luz
Complètement barré et loufoque à la manière de Bosco, le mix du Tourangeau prend à contrepied l’esprit de l’OuMuPo 2 (voir demain !). Le catalogue Ici d’ailleurs regorge de potentialités dancefloor insoupçonnées ! Démentielle, la version jungle survitaminée d’une mignonette chanson de Tiersen. Anthologique, le Programme enquillé par l’accordéon musette du "Bal à Mimile". Le final, boucle de piano rehaussé d’une pointe rythmique, n’est pas sans rappeler un certain… Matt Elliott. On en oublierait presque l’OuBaPo de Luz, accompagnant le disque, nuit blanche hallucinée du Personnage Récurrent. Retour sur : L'OuMuPo du lundi (no. 4), et la chronique de l'OuMuPo 5 sur Flu. OuMuPo #4 : Broyez, mélangez, versez !Kid Loco Vs JC Menu
En livrant un mix kaléïdoscopique proche de Dj Shadow, Kid Loco est le premier OuMuPien à faire fondre les extraits musicaux dans une piste unique. Assemblage méticuleux de boucles de Bed, Married Monk, ou Amor Belhom Duo (38 sources en tout !), l’ensemble prend des airs de blind test qui plaira aux fans du label Ici d'ailleurs.La pulsation relativement régulière sur 42 minutes confère à ce 4e volet un équilibre remarquable, tout en explorant les penchants rock, électro ou jazz du label. Le disque est accompagné d’une Bd de JC Menu, version revisitée des 10 petits nègres… à moins qu’il ne s’agisse d’une interprétation païenne de l’Apocalypse. Y sont dépeints les derniers jours de "Comixville", où 7 personnages provenant de 7 Bds différentes mourront tour à tour… sur 7 jours. A lire : la chronique du tout frais OuMuPo 5 sur Flu, le mag'. OuMuPo ? Kézako ? En écho à la sortie du 5e volume de la série d'OuMuPo (Ouvroirs de Musique Potentiel) initiée en 2004 par le (gentil) label Ici d'ailleurs, nous reviendrons tout au long de la semaine sur les précédents OuMuPo du label. Mais d'abord : cékoidon un OuMuPo ? Tout simplement un album de mixes provenant du catalogue du label Ici d'ailleurs. Mais des mixes qui suivent une charte établie par le label depuis 2004, avec des contraintes à respecter, du genre : "* Une itération d'un minimum de trente secondes doit intervenir 2 fois dans l'album. * La durée de l'exercice doit être égale à 42 minutes. * L'album doit pouvoir s'écouter en boucle continue, la fin de celui-ci doit s'enchaîner avec le début. * L'artiste doit s'imposer sa propre contrainte et la rendre publique." (Charte complète à consulter par ici). Tout au long de la semaine, c'est "éèêë" (qui a déjà sévi sur ce blog), l'avatar diabolique de François C. (euh, non, conservons son anonymat, c'est F. Clos) qui viendra nous donner un cours de rattrapage sur chacun des précédents OuMuPo, par ordre antéchronologique (parce que j'aime utiliser des mots compliqués). Bonne fin de Week end ! Do the Strand !![]() Alors que le monde attend confortablement des annonces sans surprise comme celle de la reformation des Smashing Pumpkins, la sortie de Chinese Democracy ou la mort du pape d'Elizabeth 2, sortie de nulle part, une news nous prend par surprise: Brian Eno rejoint Roxy Music. Pour les plus jeunes, rappelons que Roxy Music était, dans les années soixante-dix un groupe de jeunes hommes qui s'habillaient très mal pour jouer un rock d'avant garde, trouvant un équilibre improbable entre les ambitions de crooner de Brian Ferry, les guitares cubistes de Phil Manzarena et les bidouillages électroniques d'Eno. Et je ne vous parle même pas du hautbois. Bien évidemment cela ne pouvait durer longtemps, et Eno quitta le navire après seulement deux albums pour aller inventer la new wave, l'ambient et la création artistique par jeu de carte. Le groupe continua, sans lui, pour quelques albums au moins aussi intéressants. Cerise sur le gâteau, la reformation ne se fait pas juste pour une tournée-moissoneuse à la Pixies, mais pour un véritable album inédit. Reste a espérer que les costumes de scène resteront au placard. Note: Des esprits chagrins ont laissé entendre que cette info était bidon. Ils ont raison. Sampleurs et sans reproche Dans la série des "cékoidonc", aujourd’hui, le sample. Je vais m’éviter une explication fastidieuse, Monsieur Wikipédia fait ça mieux que moi : "Un sample ("échantillon" en anglais) est un extrait de musique ou un son réutilisé en dehors de son contexte d'origine afin de recréer une nouvelle composition musicale. L'extrait peut être une note ou un motif musical.""Le plus beau jeu depuis l’invention du Scrabble", selon Matt Black du duo ninja Coldcut (illus.), est largement utilisé dans l’ensemble des musiques dites "électroniques", hip hop, house (merci les samples funk !), techno et leur dérivés plus ou moins chargés en BPM. Le sample est un véritable exercice de funambule. Soit il est bien réalisé et c’est le top méga hit assuré, parce que "faire du neuf avec du vieux" ça marche. Soit son auteur, assourdi par le magot en perspective, tombe dans le méchant plagiat. C’est mal, mais malheureusement ça n’empêche pas non plus le succès commercial… Ce très bon site se place en quelque sorte comme justicier, rendant à César ce qui lui appartient. Ainsi vous serez déçu (je n’en doute pas) d’entendre (en mp3) que Daft Punk n’a rien inventé (heureusement pour les fans - dont je fait partie - ce n’est pas le cas pour tous leurs morceaux) ou que le tube french touch qui fait se rouler des pelles aux gens, You are my high de Demon vs Heartbreaker à été piqué à The Gap Band. Mais vous pourrez aussi découvrir d’où vient la sombre instru du Regulate de Warren G et celle, si magnifique, utilisée par Portishead pour Glory Box. Mais heureusement pour nos gentils artistes en panne (passagère ?) d’imagination, le public a souvent la mémoire courte, le plagiat d’un morceau leur est rarement reproché… au grand dam des géniteurs.MàJ : en parlant de Coldcut, pourquoi ne pas aller jeter un oeil à la longue interview du groupe sur Flu, le mag' ? Bootleg = détournement de son = bootlegLe bootleg, cékoidonc ? On va essayer de faire simple, et de toute façon c’est simple. Littéralement en anglais "jambe de botte", le bootleg est une sorte de chanson mutante résultant du mélange de deux morceaux. La recette : prendre d'un côté l’a capella du premier, de l'autre l’instru du second... et touiller dans une grande marmite numérique.
Une foultitude de bidouilleurs/alchimistes, avec à leur tête ceux qui ont démocratisé le genre (j’ai nommé les illustres 2 Many DJ’s et le très actif DJ Zebra), s’adonnent à l’art du bootleg, et font entendre leurs créations en ligne. Pacifiste le bootleg : il contribue à faire tomber les clivages musicaux, en mixant des artistes et des styles que tout oppose. Au menu, d’alléchantes et saugrenues rencontres Led Zepellin vs Jackson Five, Grand Popo Football Club vs TTC, Camille en duo virtuel avec Nirvana, Shaggy pactisant avec Rage Against the Machine, ou encore un très funky "J’adore mon daddy", où Philippe Katerine nous fait part de son adoration des gens sur fond de "Daddy, daddy cool". Parce que la musique aussi est un produit recyclable. La musique contemporaine, vous connaissez ?Non ? Eh bien, vous devriez. Hier, à l'invitation de l'Ensemble intercontemporain, je suis allée écouter trois oeuvres de Magnus Lindberg, compositeur finlandais, interprétées conjointement par l'Ensemble intercontemporain et l'Orchestre des étudiants du Conservatoire de Paris.
Une bonne quarantaine de musiciens sur la scène de la Cité de la musique, des instruments classiques et d'autres que je ne saurai même pas nommer, pour un concert qui s'est transformé en véritable expérience auditive et visuelle. Par moment, certains ensembles se levaient pour venir prendre place dans la salle, autour du public. Puis revenaient sur scène. Des musiciens jonglaient entre leur instrument et toutes sortes de petites percus métalliques. Un vrai spectacle. Sur un plan purement musical, c'est un peu dur, il faut bien le dire. Pour des oreilles non habituées à la musique contemporaine, tout cela semble destructuré, laborieux... on cherche l'air à chantonner en sortant, et certains seraient tentés de se dire "c'est quoi ce bruit ?". Alors bon, pour écouter en Cd chez soi, je ne sais pas... Mais aller y plonger les yeux et les oreilles en concert, c'est extraordinaire. (illus. Ensemble intercontemporain. Petit aperçu du dispositif instrumental...) Audio visual chaos !Une notule légère aujourd'hui (c'est le jour des - grands - enfants). Fiery Furnaces : en direct du futurC'est mardi matin, et Ash vous propose un peu de musique genre pop (enfin, dans ce goût là...) avec des extraits de l'album à venir des Fiery Furnaces, Bitter Tea, prévu pour le 17 avril :
"Toujours aussi expérimental et abstrait que leur précédent Rehearsing my choir. 4 titres en écoute : Black Hearted Boy / Bitter Tea / I'm in no mood / Nevers" Perso, je vous conseillerai bien le joyeux bordel style Game-boy-déglinguée de Bitter Tea. En tout cas, merci Ash ! Beastie Boys à poilLes Beastie Boys mettent gratuitement à disposition 33 chansons a cappella de leur répertoire. Le but : donner gratuitement les pistes voix de leurs titres pour le bonheur des remixeurs, dont les oeuvres sont déjà à dénicher sur le forum des Beastie Boys.
L'avis de Dereck : "C'est gigantesque, non, intergalactique !" |
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