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Hip Hop : contestation sociale ou rebelles en paillettes qui se descendent au Magnum (de champagne) ?
A lire aussi sur Flu : notre histoire du hip hop. En écoutant ? Da radio hip hop. Vladimir Poutine kiffe grave le hip hopOn peut dire ce qu'on veut sur Vladimir Poutine : qu'il n'aime pas trop les journalistes, les Tchétchènes ou les écologistes, mais on ne peut pas dire qu'il n'aime pas le hip hop, pour lequel il a tenu à professer son amour lors de l'emission télévisée russe "Battle For Respect". Il kiffe le "réalisme social" des rappeurs, il trouve que le graffiti ça gère et il admire les break dancers straight edge. Bien sûr, tout ce bel amour n'est pas à sens unique puisque le rappeur invité de l'emmission kiffe Poutine, "une icône, un modèle". Total respect. C'est beau et authentique comme une track de Pierre Sarkozy pour Doc Gyneco.
Pourquoi tout le monde parle du SOS de Diams ?La sortie du nouvel album de Diam's est un événement médiatique autant que musical. Un retour réussi, pour la rappeuse, expliqué en 5 points.
1. Parce que c'est une femme et qu'une femme qui rappe, en France, c'est inhabituel On peut aligner les noms et tester ça autour de soi. Il est à parier que Diams est la seule rappeuse française connue du grand public. Qui connaît Princess Anies, Bam's, Casey, Sté ou Lady Laistee ? Si on parle de Diam's, c'est parce que "les gens" et les jeunes en particulier préfèrent généralement les chanteuses aux chanteurs (voir la Star Ac et autres nouvelles stars) et que Diams est la seule chanteuse du genre sortie du néant des musiques urbaines.
2. Parce que ça change de Joey Starr : aussi Dans un univers de blanchettes où le rap reste associé aux bad boys, aux blacks à chaîne, aux bagouzes, et aux cités, l'assez peu féminin de Diams offre une alternative séduisante qui officie quelque part entre Grand Corps Malade (une telle fille ne peut pas faire de mal) et Mc Solaar (le côté délicat). Diams, et cela devrait s'amplifier, présente une image morale du rap qui gagne pas à pas du terrain avec les années. La face émergée du mouvement avec le glissement progressif du NTM via Kool Shen vers des positions plus responsables est désormais sous dominante daisy age, relatif, mais daisy age tout de même.
3. Parce qu'elle a soi-disant viré islam radical
4. Parce qu'elle ne parle pas On n'y revient pas. Le refus de s'exprimer reste dans notre société le moyen le plus sûr de faire causer de soi. On dit : bien joué. Le discours : "je ne parle plus aux médias parce que j'ai trop donné et souffert avant, je cherche à me protéger" rappelle évidemment la rhétorique sarkozyste. C'est assez amusant, paradoxal et évident. Les victimes sont des victimes parce qu'elles sont les meilleures coupables.
5. Parce que son album est bon
L'album lui-même embarque plusieurs chansons impeccables comme le "Mélanie" d'ouverture où Diams dialogue avec son inspiration (très bon), l'introspectif "I Am Somebody" (bien mieux que le single au demeurant). "Dans le noir" ou "Coeur de bombe" font également mouche dans des registres différents. D'une manière générale, Diams se donne ici à "coeur ouvert" comme on dit, revenant sur une période difficile de sa vie, faite de déceptions, de doutes et de souffrances. Ces moments là font généralement de bons disques : ce qui est le cas ici. On pourra évidemment épingler ces sempiternels mêmes défauts du rap français : des titres sans épaisseur ou aux textes lourdement démonstratifs comme "L'honneur d'un peuple" ou "Rose de bitume". L'un dans l'autre, Diams confirme qu'elle est une artiste majeure de cette scène-là. Elle a des choses à dire et les crache plutôt bien. Si nous vivions dans un monde parfait, on ne retiendrait évidemment que ça.
Diams - X Factor - les Enfants du désert
Bob Dylan bien samplé
Naturellement on se méfie de ce genre d'hagiographie d'icônes qui, depuis longtemps, enrichissent plus les vendeurs de t-shirts que nos esprits mais pour le coup, celles-là présentent l'avantage d'être avant tout musicalement irréprochables. Sampler Bob Marley et Fela bien sûr, ça n'a rien d'inédit, mais Dylan a bien plus rarement la faveur des DJ et c'est donc son chapitre qui nous intéresse le plus. J.Period a eu l'intelligence de donner une patine vieillote à ses beats qui se marrient du coup très bien avec le grain des samples de Dylan. K'NAAN n'arrive bien sûr pas à la cheville de son sujet mais s'en sort très bien quand il se cantonne au rôle d'animateur et ne va pas chercher Dylan sur le terrain de la poésie. A notre connaissance, le résultat est le meilleur jamais obtenu par la rencontre de Dylan et du hip hop, mais bien sûr ça n'est pas très difficile.
Pour preuve, jetez une oreille sur ce Don't Think Twice. It's alright.
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Lil Wayne est un gâteau![]()
On attend toujours Rebirth, Tha Carter IV, T-Wayne et le reste de la demi douzaine d'albums que Lil Wayne a promis d'ici la fin de l'année mais peu importe la musique, Lil Wayne est un gateau.
Réalisé spécialement pour l'occasion par une patisserie de luxe de Beverly Hills, ce gâteau aux dreads de réglisse sera le clou de la fête des 14 ans d'Ireland, la fille de Kim Bassinger et Alec Baldwin. On rêve d'avoir des photos du moment surréaliste où le rappeur sera découpé en morceaux pour être mangé par de riches gamines d'Hollywood. On est seulement déçu que, selon toute vraissemblance, on ait fait un gâteau Lil Wayne et ce n'est même pas un space cake. Donovan ne fait pas du psyché folk, non madame![]()
Oubliez le gentil barde psychédélique des 60's ici. Donovan, c'est deux petits gars fondus de musiques black, électroniques ou non, qui écument les clubs et la scène depuis 2006.
Reconnus pour leur DJ set ultra-festifs, ils se produisent également avec les pionniers de Cassius, Moby, Princess Superstar, Metronomy, Teenage Bad Girl, Vitalic, et "French Touch 2.0" oblige, Justice. A l'instar de leurs ancêtres Daft Punk, leur musique remonte aux racines de l'electro, à l'époque où celle-ci se nommait encore "electrofunk", un dérivé du hip hop des origines lancé par Afrika Bambaataa dans les années 80 avec le fameux "Planet Rock", et n'était pas encore l'abréviation de tout ce que la musique produit d'électronique. Pas révolutionnaires pour deux sous donc, les deux Donovan (Nicolas Nekmouche et David Saïd) ne sont pas non plus des suiveurs, ils marchent à l'enthousiasme et à l'énergie communicative. Deux qualités qui les feront tourner entre 2006 et aujourd'hui, dans toute l'Europe mais également en Australie en 2008.
Avec Chord, leur premier mini-EP, ils montrent également qu'ils ont également su trouver un son original tout en restant dans le périmètre bien protégé de l'electro grand public. A la fois faciles et pointus, des titres comme "Bang", sont tout aussi idéal pour animer la bande son d'un mag culturel de qualité que pour danser sur les pistes du monde entier. Donovan c'est tout simple, mais finalement ça fait mouche à chaque fois.
Kanye West + The Noisettes = Wild Young Heartbreak
A l'écoute de la mixtape, on se rend compte que... c'est bien le cas. Les Urban & Boogie auraient pu tirer n'importe quels autres noms de leur chapeau, les producteurs chargés des remixes (parmi lesquels Double O, 6th Sense ou Apple Juice Kid) ont de toute façon totalement réarrangés les beats de Kanye pour coller avec les vocalises de Shingai Shoniwa, la chanteuse des Noisettes. Rien ne prédisposait ces deux albums à se rencontrer et la mixtape n'en n'est que plus impressionante. Il n'y a vraiment aucune raison pour que ça marche si bien, si ce n'est que ces gars là doivent être plutôt doués. En images : ces albums qui n'ont jamais vu le jourPosté par Shangri La le 21.10.09 à 16:14 | tags : music biz, label, soul, rock, pop, hip hop, funk, en jpeg
Ce n’est pas une nouveauté : maisons de disques et artistes se retrouvent régulièrement dans des situations de conflit, où ils se chamaillent sur des sujets plus ou moins cruciaux quant à l’avenir d’un album : tracklisting, promotion, teneur des paroles. Dans le pire des scénarios, les différends sont tels que l’album en question ne voit même pas le jour, avec de fâcheuses répercussions sur une partie ou l’autre. Quand en 2000 un type de chez Columbia refuse à 50 Cent la sortie de son premier album, arguant qu’un artiste qui vient de se prendre 9 balles dans le buffet risque plus de devenir une source d’ennui qu’autre chose, il est fort à parier qu’il s’est mordu les doigts en voyant quelques années plus tard Get Rich Or Die Tryin se vendre à 12 millions de copies à travers le monde.
Plus tragique, le destin du rappeur américain Ras Kass, dont le 3ème album ne verra finalement jamais le jour pour de sombres histoires de fusion de labels, ce qui aura pour effet de mettre un coup d’arrêt à sa carrière : il n’a depuis sorti que des mixtapes, sombré dans la drogue et passé pas mal de temps derrière les barreaux. Mais les responsables de ce type d’échecs qui rendent fous les fans ne sont pas toujours les mêmes grands méchants de l’industrie musicale. Connus pour défendre leur patrimoine bec et ongles, les Beatles ont notamment empêché la sortie d’un best-of de titres exclusifs issus de différentes sessions d’enregistrement, qu’EMI a désespérément essayé de sortir en 1985 sous le nom de Sessions. Quoi qu’il en soit, entre les versions bootleguées disponibles sur le net et les morceaux casés sur des albums suivants, très peu de titres demeurent aujourd’hui introuvables, et souvent ces albums avortés ont donné une certaine aura à des chansons, comme le désormais célèbre "Andrew’s Blues" des Stones. Flu vous propose un petit tour d'horizon en images de ces albums jamais sortis.
Antipop Consortium : après la chronique, le clip !![]() On ne reviendra pas sur l'aspect futuriste du hip hop d'Antipop Consortium, on en parle déjà longuement dans la chronique que nous consacrons à Fluorescent Black, cinquième véritable album des new yorkais, et nouveau chef-d'oeuvre qui marquera certainement une fois de plus l'histoire du rap indépendant.
On profitera par contre de la sortie (attendue) de ce nouveau clip pour insister sur la reformation de ce combo mythique et sa redoutable efficacité. Si nous n'aurions pas forcément choisi "Volcano" comme single (le deuxième, entre parenthèse, puisque précédé par l'impeccable "Apparently" il y a un peu plus d'un mois), ni comme clip, impossible de nier que ce titre est emblématique du retour en majesté d'un trio majeur du hip hop américain (quatuor, si l'on compte la présence de leur indéfectible producteur, Earl Blaize). En image et en son, les quatres d'APC font preuves d'une synthèse toujours aussi efficace, la symbiose fonctionnant à plein sur cet hymne martial, chant et contre-chant, chacun y allant de son phrasé, son flow affuté, vif ou trainant, plus ou moins rythmé et influencé par les racines du genre (ragga, oldschool hip hop, slam) et ses perspectives (électroniques ! Toujours !)
Certain remarqueront également que le groupe creuse son esthétique véritablement post-moderne, mélangeant ancien et nouveau, en gros une fusion visuelle de Sun Ra, Parliament ou Herbie Hancock avec les néons débridés de Tron Legacy (celui du come-back, avec Daft Punk à la bande son) et des clichés, ici savamment détournés, du bon vieux Rn'B.
On concluera sur ces mots, un brin provocateurs : "Antipop Consortium, c'est un peu mieux que Kanye West non ?" ;-)
En images : Controverses et hip hop français, une longue histoireFrédéric Mitterrand qui réagit à la dernière vidéo de Morsay, ça n'a rien de nouveau. Le hip hop français a régulièrement fait l'objet de nombreuses controverses, rappels historique et en images des plus grandes polémiques du hip hop français.
D'un côté un rappeur (Morsay) qui provoque, d'un autre un politique (Frédéric Mitterrand) qui a besoin de faire parler de lui. Dans le cas Mitterand, bien sur, on parle déjà de lui, mais il voudrait bien qu'on parle de lui pour autre chose, et quoi de mieux pour rassurer l'électorat de droite que de s'attaquer à un rappeur ?
Pour Morsay aussi, c'est tout bénéf. On l'avait déjà inclu dans notre diapo des polémiques du hip hop français avec une vidéo de son collectif Truand 2 la galère. Sauf que c'était pour rire, on n'imaginait pas que quelqu'un leur accorderait un quelconque crédit. Maintenant, pourtant, la police et le ministère prennent l'affaire au sérieux, alors les médias, du moins ceux qui ne sont pas trop occupés à comploter contre Jean Sarkozy, vont leur emboîter le pas et expliquer pourquoi on doit avoir peur de Morsay, de son autotune cheap et des ses vidéos filmées avec un mobile. L'histoire se répète sans cesse, et même (ou plutôt surtout) si sa vidéo est interdite, Morsay va finir avec un vrai contrat sur un vrai label, on peut le parier. C'est un bel exemple de cross promotion.
La polémique et le hip hop français vont main dans la main depuis une vingtaine d'année, et il n'y a aucune raison que ça s'arrête. Regardez simplement la liste qu'on a déjà dressée, en attendant qu'elle s'allonge.
Frédéric Mitterrand s'indigne contre le nouveau clip de MorsayAprès avoir pris la défense, cet été, du rappeur OrelSan, Frédéric Mitterrand part en guerre, cette fois contre Morsay, du groupe Truand 2 La Galère. C'est le clip de son titre "J'ai 40 Meufs" qui a valu au ministre de la Culture une prise de position sur cette vidéo qu'il juge "intolérable". Une polémique, une de plus, dans le milieu, à ce sujet rappel des faits marquants avec les polémiques du hip hop français.
Hier c'est le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui a annoncé que la "liberté d'expression ne doit pas être le prétexte à des dérives incitant à la haine ou à la violence". Il appelle à présent "au sens des responsabilités des dirigeants de radios, de chaînes de télévision et de sites internet (...) et aux internautes, pour qu'ils ne cautionnent, ni n'encouragent de tels excès". Mitterrand réagit, donc après le SNPM et l'UMP, et au grand étonnement de certains qui l'avait vu défendre, au début de l'été, le rappeur OrelSan, accusé par la classe politique toute entière de propos mysogynes. Pour rappel, OrelSan avait été mis sur le bûcher pour les paroles de son titre "Sale Pute", Mitterrand avait à l'époque déclaré : "Orelsan exprime le dépit amoureux, avec des termes qui ne sont pas les miens, moi je ne parle pas exactement la même langue, mais il a tout à fait le droit de l'exprimer". S'il avait passé l'éponge sur le rappeur originaire de Caen à l'époque, Mitterrand ne lâchera sûrement pas celui du 95 pour le cumul de propos contre les forces de l'ordre, mysogynes et incitant à la haine.
P Diddy perd son anneau et son sang froid
Puis c'est le drame : dans un geste sans doute un poil trop enthousiaste, Diddy laisse glisser de son doigt un anneau d'une valeur de 20 000$ qui s'envole dans la foule. L'enregistrement est arrêté, on annonce que l'anneau a été perdu et la foule se met à chercher partout au sol, mais personne ne rapporte l'anneau. La sécurité se dépêche alors de verrouiller les portes du studio et entreprend de fouiller chaque spectateur un par un, s'aidant d'un détecteur de métal. L'anneau n'est pas retrouvé pour autant.
Plus tard sur son Twitter, Diddy déclare : "Moi aussi je perds des choses. Parfois on gagne, parfois on perd. Ma perte est le gain de quelqu'un d'autre." puis "C'est OK de perdre des choses parce que ça te fait apprécier ce qu'il te reste. J'aimais même pas cet anneau de toute façon. Lol Lol let's go!!!!". C'est bien parlé. Parlé comme quelqu'un qui n'a pas peur de lancer de véritables billets de 100$ comme des confettis. Pas vraiment comme quelqu'un qui emprisonne son public et le soumet à des fouilles illégales en s'exposant à de probables poursuites judiciaires. Enfin bon, Diddy n'allait tout de même pas tweeter "gollum! gollum!", n'est-ce pas ?
We Were Once A Fairytale, Spike Jonze filme la rédemption de Kanye WestC'est une vidéo étrange qui vient tout juste de sortir : We Were Once A Fairytale, qui associe le clippeur Spike Jonze et le rappeur Kanye West. Pendant 11 minutes, la caméra suit la star lors d'une soirée en boîte, qui vire un peu au cauchemard. Descente aux enfers, prise de conscience d'être allé trop loin... le réal a très bien réussi à cerner les excès et les questionnements de celui qui se prétend être l'un des plus grands musiciens actuels.
Le court-métrage aurait été tourné avant l'incident de Kanye West aux MTV Video Music Awards, qui d'une part a fait rire une bonne partie des gens et d'autre part a sacrément entaché la réputation de Kanye West, déjà connu pour ses nombreux excès et les conneries sorties à tout bout de champ. Le rappeur est devenu en quelques années, et malgré la qualité de ses disques, l'équivalent hip hop et US, des frères Gallagher d'Oasis. People, mégalomane, grande gueule et comédien à ses heures perdues, on a pu le voir sur le plateau de Jay Leno quelques jours après la cérémonie des VMA pour réitérer ses excuses. L'interview atteint des sommets de dramaturgie quand le présentateur demande au musicien ce qu'aurait pensé sa mère (décédé en 2007) de cet incident... s'en est suivi un long silence gênant, pas de larmes, mais presque et un geste de compassion de Leno.
Avec la caution de Jonze, réalisateur respecté de clips, entre autres, et avec qui il avait déjà bossé sur la vidéo de son titre "Flashing Lights", West poursuit son oeuvre de rédemption grâce à We Were Once A Fairytale, petit objet filmique qui suit sa descente aux enfers. Un samedi soir à Los Angeles, peut-être, dans une boite huppée, Kanye West fête son anniversaire. Champagne et gâteau payés par le propriétaire du lieu, Kanye West bourré sort de ses poches des billets en pagaille. Entre regards gênés des clients, ricanements et vacillements, la star se représente seule, comme le boulet de la soirée, qui ne connaît personne et qui tente l'incruste à tout va. Ca se termine dans les toilettes de la boîte, la tête barbouillée... limite science-fiction. Voir We Were Once A Fairytale ce-dessous.
Pourquoi Diam's cache son voile ?
On raconte plein de petits détails plus ou moins vérifiés pour ajouter à la polémique : "elle refuse de faire la bise aux garçons" ("c a koz 2 la grippe A LOL"), "Sur scène elle restera habillée comme avant mais cachera ses cheveux sous une casquette", "elle ne donnera aucune interview pour promouvoir son nouvel album", "parlant de sa dépression post-succès en 2008 qui l'a mené en hopital psy, elle aurait déclaré "Ce que la médecine n'a pas pu m'apporter à cette période, je l'ai trouvé dans la religion""...Mais ce qui enflamme vraiment les passions, c'est cette photo voilée.
Pour être plus précise que "ni pute ni soumise" Diam's se déclarait "ni salope ni bigote". La photo de Paris Match montre un revirement philosophique, une redéfinition totale de l'identité de Diam's qui n'était pas vraiment audible à l'écoute des déclarations de bonnes intentions de son nouveau single "Les Enfants du Désert" mais qui aujourd'hui colore très différemment les paroles. Imaginez une Diam's voilée qui chante ces paroles et d'un coup elles prennent un accent de prosélytisme qui a du mal à passer auprès d'une grande partie du public historique de Diam's (ayons une pensée émue pour Ségolène Royale, dont on aimerait bien voir aujourd'hui la réaction si elle se retrouvait à nouveau sur le même plateau que sa rappeuse préférée).
Le fait est en tout cas que Diam's n'a pas voulu parler au public de sa conversion et que les photos volées de Paris Match vont certainement valoir un procès au magazine. Passer sous silence un fait aussi important dans sa vie est tout de même assez étrange de la part d'une artiste qui n'hésite pas à évoquer son passage en hopital psy dans une de ses chansons. On ne peut que supposer qu'elle a souhaité échapper au débat assez navrant auquel on assiste aujourd'hui. En images : Les musicos et leurs tatouagesLes tatouages, on en voit aujourd'hui partout et malgré cette popularisation, ils restent chez les musiciens un accessoire chéri et un signe distinctif, au même titre que les fringues. Les musiciens sont les clients privilégiés des salons de tatouages et autrefois, fortement attaché au rock, le tatouage est aujourd'hui porté par rappeurs, popeux ou chanteuses rnb. Preuve en images avec une galerie photos des tatouages de musiciens.
Si on atteste ici et là (à des époques assez reculées) de traces de tatouages ce n'est qu'à la fin du 19ème siècle que l'art du tatouage va se généraliser grâce à l'invention de la machine à tatouer électrique par Samuel O’Reilly (en 1891). Courant 20ème, le tatouage est notamment récupéré par les Nazis et c'est dans les années 50 en Angleterre et lors des 60's aux USA que les Teddy Boys et les hippies vont contribuer à la prolifération du tattoo. Depuis, ce sont diverses communautés telles les Hell's Angels et les punks qui ont parachevé la profusion du tatouage. Aujourd'hui punks, rockeurs et métaleux ne sont plus les seuls à exhiber un tatouatge et ont été rejoints par stars de la pop, du rnb ou du hip hop.
Public Enemy lance une souscriptionLe groupe le plus important de la planète hip-hop aurait-il des difficultés à trouver une maison de disques traditionnelle ? Public Enemy a révélé, il y a quelques jours, par l'intermédiaire de son leader Chuck D avoir signé un contrat de production avec l'entreprise Sellaband dont le principe est de produire des albums de groupes connus ou pas (plutôt pas, au démarrage) grâce au financement des fans. Le groupe de rap espère lever ainsi 250 000 dollars (à coups d'actions à 25 dollars) pour enregistrer son prochain album.
Chuck D a semblé très enthousiaste lors de sa communication au sujet du business model de la société hollandaise. "Il s'agit de recomposer le modèle économique qui soutient la création musicale et, pour ainsi dire, de le rembobiner. Cela commence par les fans qui sont le premier maillon de la chaîne et puis il y a les artistes qui créent à partir de là (???). En fait, tout ce qui compte dans la musique c'est de trouver et de rencontrer des fans. Ici, on prend la chose dans l'autre sens. On démarre par les fans. Ainsi, ceux-ci sont déjà à bord quand tout commence." Convaincus ? Le groupe de Long Island n'a plus rien enregistré depuis l'excellent How You Sell Soul To A Soulless people who sold their soul ? de 2007 et son très bon premier single "Harder Than You Think".
Public Enemy - Harder Than You Think Les Enfants du Désert : Diam's revient de toutLa dernière image marquante qu'on a en tête, quand on pense à Diam's, c'est le moment où elle a fait danser Ségolène Royal au Grand Journal. Il lui aura, semble-t-il, fallu du temps pour se remettre après ce qui aura été sans doute le plus grand moment du royalisme et du désir d'avenir. Pendant ce laps de temps, Diam's a eu le temps de faire pas mal d'introspection, de se rendre compte qu'elle n'est qu'une machine à fric pour l'industrie du divertissement et un outil pour les médias et les politiques, que l'important est ailleurs que dans l'argent et que les singles commerciaux, elle s'en fout. Tout ça, elle l'expliquait en juin dernier dans "I Am Somebody", titre rageux et anti commercial de plus de 9 minutes qu'on a entendu à peu près nulle part.
Aujourd'hui elle revient avec "Les Enfants du désert", single agrémenté d'un piano façon Grand Corps Malade, d'un beat plus calme et d'un format plus radio-friendly. Elle y dit en gros la même chose : "gros capitalistes de merde", "aujourd'hui j'ai tout connu"... Tout, sauf "j'm'en fous des singles" parce que bon, hein, c'est bien joli tout ça mais y a un album qui sort le 16 novembre et il s'agirait de rameuter les foules maintenant.
En un été, Diam's est passée d'une position ambigüe vis-à-vis de son succès à "voici la nouvelle Diam’s en paix avec elle-même". La génération sky bloggueuse dont elle porte la voix se reconnaitra-t-elle plus dans une Diam's revenue de tout que dans la jeune femme en proie au doute du mois de juin ?
Dizzee Rascal : avant - aprèsMais qu'est-il donc arrivé à Dizzee Rascal ? C'est la question que l'on peut se poser à l'écoute du dernier disque du rappeur anglais, Tongue N' Cheek, qui atteint des sommets de racolage.
Pour illustrer cette dérive de Dizzee, qui n'a cessé d'édulcorer son style au fil de ses quatre albums studio, pas besoin de longs discours. Une comparaison entre deux singles du MC londien, le tube grime "Fix Up, Look Sharp" (2003) et son dernier méfait en date, "Holiday", suffit amplement.
Alors, certes, Dizzee reste sur une série de trois singles numéro 1 en Angleterre ("Dance Wiv Me", "Bonkers" et donc "Holiday"), mais à quel prix ? Patrick Swayze, icône hip-hopDerrière ce titre mystique se cache une vraie analyse. Explications. Le lien entre le danseur de Dirty Dancing et le rap n'est au départ pas évident. Et pourtant. En apprenant la mort de l'acteur, la communauté hip-hop a elle aussi versé sa petite larme en se remémorant le temps où le nom de Patrick Swayze était un des name-dropping préféré des rappeurs.
Tout commence au début des années 90. Suite au succès retentissant du film Ghost, où Pat incarne un mari décédé qui tente de communiquer avec sa veuve (Demi Moore), "Patrick Swayze" (prononcé "Swayzy") devient dans la foulée un synonyme de disparition dans l'argot urbain. Les rappeurs en tirent même un verbe, "to Swayze", qui signifie donc partir, s'en aller. Rares ceux qui n'auront pas succombé à la mode, de Kool G Rap à Big Noyd en passant par Method Man, PMD et j'en passe. Mais la palme de la meilleure "Swayze Quote" revient sans doute à feu Notorious B.I.G., qui s'était complètement lâché dans "Big Booty Hoes", avec Too Short :
Lick your toes, bitch? Fuck no, you must be crazy
La décence m'interdit de traduire ce passage, mais vous en aurez sans doute saisi l'essence... (écoutez le passage à partir de 0 min 18) :
The DJ : le trip lubrique et drolatique de DJ Hell featuring P.Diddy![]()
Impossible de passer à côté de ce clip de DJ Hell qui, pour le coup, retrouve le "DJ" précédant son patronyme ! Normal, c'est aussi le titre d'un des meilleurs morceaux de Teufelswerk, son dernier album. "The DJ", un track sur lequel le rappeur P. Diddy est invité à se lancer dans une longue et virulente déclaration sur laquelle il harangue à sa manière tous les DJ de la planète en les incitant à jouer de plus longs tracks, à exploiter l'hypnose et la folie du dancefloor, que génère un DJ set bien contrôlé. Un vrai morceau de bravoure qui valut au morceau d'être taxé de "the most ridiculous, brilliant things you will have heard in a long time." par le Guardian.
Outrancier, profondément malsain, mais drôle aussi, le clip censé illustrer "The DJ" est produit dans un style home made (et même "home made amateur porn") que notre confrère 2Goldfish qualifierait certainement de "réalisé avec Windows Movie Maker et une paire de moufles". Flash d'images dérangeantes à peine animées, semi-pornographiques et extrêmement inquiétantes, tous les éléments de la vidéo de "The DJ" (clown rigolard, postures obscènes, ambiance de backroom) s'inscrivent pourtant parfaitement dans l'esthétique macho-travelo-beauf de DJ Hell. Un penchant pour la décadence et le mauvais goût que le Munichois et son label cultivent depuis de longues années. En effet, qu'il s'agisse des pochettes estampillées de silhouettes de Schwarzenegger et Sid Vicious, de l'apparition récurrente de l'icône trash Amanda Lepore (née Armand Lepore !) ou de la mulette que le bonhomme arborait avec des santiags (!) il y a quelques années, DJ Hell et International DJ Gigolos, ont toujours su manier avec humour, culte du kitsch, déclin des valeurs morales et ambiance de bains turcs surchauffé (et ne vous baissez surtout pas pour ramassez le savon !)
Cela mis à part, on appréciera aussi "The DJ" pour son texte (à écouter au casque), une évocation qui nous ramène à la période disco, époque où les premiers DJ réceptifs à la transe qui envoûtait les danseurs dans les soirées new yorkaises et chicagoan, se mirent à trafiquer les morceaux, enregistrant les premiers edits, rallongeant les parties rythmiques, les poussant jusqu'à 10 ou 12 minutes (quand ce n'était pas 18 ou 20), inventant même les maxi-45t pour arriver à leurs fins !! Bref, "The DJ" est aussi une leçon de djing promulguée par un rappeur, et ça, c'est assez marrant pour être souligné. A noter que Hell vient également de terminer le shooting du single "U Can Dance" (feat. Bryan Ferry) et ça aussi nous l'attendons avec impatience !
Quelles sont vos meilleures kanyewesteries ?Kanye West s'est ridiculisé hier soir aux MTV Video Video Awards. Pas la première, ni la dernière fois que le rappeur fait un petit écart de conduite. Est-il allé trop loin, au point que l'on soit contraint d'employer un nouveau terme pour qualifier ses frasques ? A vous de voir en participant au forum Les Kanyewesteries : quand Kanye West dérape
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Que ce soit dans la presse, à la télé, en direct ou sur son site internet, il n'est pas rare de voir Kanye West péter les plombs, sortir des conneries à tout va. Après les oasismes des frères Gallagher, doit-on faire rentrer dans notre vocabulaire courant les "kanyewesteries" pour qualifier tous les dérapages du musicien ? L'incident d'hier, le pétage de cable face à Justice aux European Music Awards de 2007, Justin Timberlake le nouveau Michael Jackson... Alors à défaut de pouvoir le stopper, regroupons les âneries du rappeur sur le forum des Kanyewesteries pour le bien commun. Speech Debelle remporte le Mercury Prize 2009
- en images : Les albums les plus attendus de l'automne 2009 - 15 ans de la Britpop en vidéos Tunez les infos avec AutoTune The NewsLe crédo d'Autotune The News : tout sonne mieux avec autotune. Une affirmation qui semble suspecte mais que leurs vidéos d'info remixées ne démentent pas. Il faut dire qu'ils choisissent bien leurs cibles : ce n'est pas le discours version autotunée de Joe Biden, vice président américain, qui va soufrir d'un petit remix R&B façon T-Pain.
Si on cherche un peu, il y a peut-être même un sens à ce détournement comique, peut-être un commentaire sarcastique sur la mise en scène des sentiments dans les news médias américains. Avec une double couche d'ironie post moderne quand on finit par réfléchir à la façon dont les voix robotisées sont aujourd'hui utilisées pour ajouter de l'émotion bien sirupeuse à des voix banalement humaines. Est-ce un excès de sentimentalité dans les médias qui fait qu'aujourd'hui on est plus ému par un robot que par un homme ?
2000-2009, une décennie dans le rétro : N*E*R*D* - Lapdance (2001)A priori, "Lapdance" part dans la course avec de sacrés handicaps. Pharell Williams qui essaie de jouer les durs, qui peut y croire ? On peut considérer les paroles comme affligeante : comparer les politiens à des strip-teaseuses, c'est le degré zéro du commentaire politique. Et puis le rap de Lee Harvey en featuring est non seulement misogyne, il est aussi assez médiocre. Pourtant il y a ce gros riff de guitare,le"Walk This Way" d'une génération. Tournez le comme vous voulez, Pharrell peut pour vous être un insupportable poseur ou le type le plus cool de la planète, il faut faire face au fait : en 2001 aucun disque de hip hop ne rockait autant (et bien qu'on n'ait pas le verbe pour le dire, l'inverse est tout aussi vrai). Lapdance est surement une chanson totalement fausse : Pharrel Williams n'est ni un dur, ni un violent, ni un rockeur. Et alors ? Au même moment sortait le premier album des Strokes et la presse rock s'amourachait d'un fils de millionaire. Qui ça intéresse, l'authenticité ? Une strip teaseuse professionelle n'est jamais "sincère", elle n'en est pas moins efficace.
DC Recordings : Death Before Distemper, et de 4 !![]()
C'est confirmé, c'est bien Kelpe, la créature lutine et subaquatique de DC recordings (dont nous chroniquions l'album ici), qui prendra les manettes du quatrième volume de la collection Death Before Distemper proposée tous les ans par l'excellent label londonien, à paraître le 7 septembre prochain.
Un quatrième opus nettement plus abstrait et moins (néo) disco que les précédents qui voit ce chantre d'une electronica très originale et teintée de funk, se pencher sur les racines électro hip hop du label en faisant honneur à son fondateur, J Saul Kane, aka Depth Charge (pas moins de 6 morceaux du maître sélectionnés si l'on excepte ses multiples autres incarnations...) sans pour autant négliger l'aspect electro funk rugueux et analogique qui fait la réputation de DC Recordings ! Death Before Distemper 4 est un vrai mix album (48 morceaux pour 46 minutes !), extrêmement virtuose, bardé de scratch et de break absolument furieux, l'ensemble formant un hybride détonnant entre l'habituel kraut-disco proposé par son label d'accueil et les divagations expérimentales du platiniste Kelpe.
Rappelons que les précédents volumes n'étaient pas moins bons : Death Before Distemper 1 étant une compilation de morceaux phares, Death Before Distemper 2 (Revenge of the iron Ferret), une sélection d'inédits et Death Before Distemper 3 (For a Fistfulof Ferrets), un exercice de cosmic disco psychédélique absolument bluffant mené de main de maître par le duo pionnier Idjut Boys.
Après l'acclamé Ex-Aquarium, sorti chez DC Recordings l'an dernier (accompagné quelques mois plus tard d'Extraquarium, un mini-album de remixes, offert au format numérique, de Zombie Zombie, Wes Coats, The Oscillation et The Boats) Death Before Distemper 4 est aussi une manière d'annoncer le prochain album de Kelpe à paraître en octobre 2009. Quoiqu'il en soit, encore une bonne pioche pour ce label pour l'instant exemplaire ! Rocket Experience : Buzz Aldrin rappe avec Snoop DoggPour célébrer les 40 ans de sa promenade sur la lune, Buzz Aldrin a enregistré un rap avec Snoop Dogg. Tous les profits de la vente du mp3 iront soutenir les programmes spatiaux de la NASA, ce qui, à la vue du clip, ne suffira certainement pas à nous emmener sur Mars...
Le truc qui ne vous aura pas échappé, c'est que la vidéo vient du site comique Funny Or Die. Ah, c'est donc fait exprès si c'est mauvais ? Oui, mais le making of (featuring Talib Kweli, Snoop Dogg, Quincy Jones & Soulja Boy ne répond pas à l'autre question qu'on se pose inévitablement :
"C'est censé être drôle ?". On soupçonne que la réponse est "oui". L'un des principaux ressort comiques de Funny Or Die étant de remplacer les "blagues" si courantes chez les autres soi disant comiques par des "célébrités". C'est toujours plus facile quand on en a les moyens. Dans le genre, il faut reconnaitre qu'avoir convaincu un des rares moonwalkers encore en vie de se ridiculiser de la sorte, c'est un gros coup, digne du Saturday Night Live, les inventeurs du programme d'échange "blagues contre célébrité". |
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